lundi, juin 1, 2026
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Représailles : Atanga Nji destitue un chef traditionnel proche de Kamto

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Biloa Effa est un cacique du Mrc de Maurice Kamto

Sa Majesté Biloa Effa n’est plus chef traditionnel de 3ème degré de Messa Nkoba’a par Elig effa dans le 3ème arrondissement de Yaoundé. Ainsi en a décidé Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale. Au motif d’instigation et incitation à l’insurrection, insubordination et participation à une manifestation interdite ». Motifs qui semblent tirer leur origine aux événements post-présidentielle de 2018 qui ont vu Sa majesté Biloa Effa, conseiller du Pr Maurice Kamto, s’engager dans la contestation politique. Après avoir proclamé sa victoire au lendemain de cette élection, Maurice Kamto avait appelé aux marches blanches en contestation de la victoire attribuée à Paul Biya par le Conseil constitutionnel. Après huit mois passés derrière les barreaux, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) que dirige Maurice Kamto, a décidé de ne pas prendre part aux élections législatives et municipales du 9 février prochain, au motif du mauvais Code électoral et de la persistance de la guerre dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Paul Atanga Nji ne s’est pas encombré des textes en vigueur, notamment le décret du président de la République du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles, modifié et complété par le décret n°82/241 du 24 juin 1982. Le Minat a ainsi décidé en lieu et place du préfet qui est habilité à nommer les chefs de 3ème degré et dont la destitution incombe à « l’autorité compétente ».

Le Mrc dont la victime est un membre influent, n’a pas encore officiellement réagi à cette décision du Minat. Mais déjà, les premières contestations viennent de personnes originaires de l’ère Béti, qui condamnent l’intrusion politique dans la chose traditionnelle. Les prochains jours s’annoncent certainement animés. D’autant plus que l’homme que l’on sait très influent dans la capitale, a déjà été courtisé plusieurs fois par des pontes du régime pour rejoindre les rangs du parti au pouvoir. Mais l’opposant a jusqu’ici opposé une fin de non recevoir à cette main tendue.

Gouvernance: Paul Biya efface le dernier vestige d’Ahidjo

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Au cours du journal parlé du 17-18h du poste national de la Cameroon radio television (Crtv), le président de la république Paul Biya a nommé de nouveaux responsables à la tête du Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema).

Nommant ainsi Abdou Namba et Mme Mebande Bate née Ekotto Minkouna Andrée Caroline Mélanie, respectivement président du Conseil d’administration (Pca) et directrice générale du Ceneema. Paul Biya met ainsi à la touche Ernest Ela Evina qui trône à la tête de cette structure depuis sa création en 1974. En effet, lorsque le président Ahmadou Ahidjo crée cette structure chargée de la mécanisation agricole, il nomme Ernest Ela Evina qu’il ne démet pas avant de quitter les affaires. Et depuis, l’homme a été oublié en poste. Jusquà ce 6 décembre 2019. 45 ans après, Ernest Ela Evina est remplacé, à la faveur de la nouvelle loi sur les entreprises publiques et parapubliques.

Pour mieux comprendre le sujet:

Un fonctionnaire d’Ahidjo encore aux affaires 43 ans après

Port de Douala : La cour suprême donne raison à Bolloré

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La chambre administrative de la Cour suprême du Cameroun a rejeté hier le pourvoi en cassation formé par le Port autonome de Douala au sujet de l’ordonnance du Tribunal administratif du Littoral. Au sujet du marché pour la reprise du Terminal à conteneurs du Port autonome de Douala (PAD) dont le consortium Apmt/Bolloré a été mis à l’écart. Ainsi, la justice camerounaise donne raison à l’opérateur sortant qui avait obtenu du tribunal administratif la suspension du processus d’attribution de ce marché qu’il gère depuis 15 ans et dont le contrat arrive à expiration le 31 décembre prochain.

L’autorité portuaire s’appuyait sur ce pourvoi pour poursuivre ledit processus. Après avoir lancé le marché pour la reprise du marché qui sera ainsi libre dès le 1er janvier 2020, l’autorité portuaire avait mis à l’écart en janvier dernier le consortium franco-danois Apmt/Bolloré qu’elle classa 7ème sur neuf. Pour plus tard choisir en septembre dernier l’Italo-Suisse Terminal investment limited (Til) parmi les cinq concurrents retenus.
Apmt/Bolloré qui opère sous le label Douala international terminal (Dit) avait alors saisi la justice pour dénoncer sa mise à l’écart. Dans sa contre-attaque médiatique, le PAD avait fait comprendre que le total de toutes les redevances de concession proposées par TIL, sur les 15 années du contrat à venir, est de 357 milliards FCfa, contre 62 milliards FCfa obtenus de Dit. En marge de la voie judiciaire, Bolloré avait également saisi Paul Biya pour arbitrage. Et après une audience accordée par le président de la République au ministre français des Affaires étrangères, Paul Biya avait ordonné la suspension du processus d’attribution dudit marché, jusqu’à épuisement de l’affaire pendante en justice. Aujourd’hui, la justice a rendu sa décision. Mais la partie n’est certainement pas terminée.

Pour mieux comprendre le sujet:

PAD/Terminal à conteneurs: Paul Biya relance le marché

Terminal à conteneurs: Bolloré campe sur la voie judiciaire

 

Eramet obtient le permis d’explorer le bloc rutilifère d’Akonolinga

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Le 29 novembre dernier, le ministre camerounais des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique Gabriel Dodo Ndoke a signé pour le compte du gouvernement, le cahier de charges relatif aux travaux de recherche que va mener la société Eramet Cameroun sur le bloc rutilifère d’Akonolinga, dans la région du Centre. Dans la perspective de l’exploitation de ce bloc rutilifère, la filiale camerounaise du groupe français Eramet prévoit un investissement global de 2,4 milliards de francs CFA.

Trois ans pour explorer le bloc

C’est en effet à l’issue d’une procédure d’appel d’offres lancée en septembre 2018, que le groupe Eramet obtient du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt) des permis de recherche sur le bloc rutilifère d’Akonolinga. D’une durée de trois ans, ces permis vont permettre aux équipes du groupe minier de réaliser les travaux de terrain et les études de faisabilité nécessaires à l’obtention d’une convention minière d’exploitation. « Ces permis situés dans la région du Centre du Cameroun ont fait l’objet par le passé de campagnes préliminaires d’exploration minière qui ont identifié un fort potentiel en rutile, minéral titanifère de sables minéralisés utilisé essentiellement dans la production de pigments », explique sous cape, un fonctionnaire du ministre camerounais des Mines.

D’après une source proche d’Eramet, le projet sus évoqué devrait permettre de diversifier son offre en produits sur le marché du rutile particulièrement attractif et viendrait renforcer les activités de sables minéralisés actuellement opérées au Sénégal par le groupe minier. « Ce développement s’inscrit pleinement dans la stratégie d’Eramet de développer un portefeuille diversifié d’actifs par l’exploration minière sur ses métaux stratégiques et dans de nouveaux pays », lit-on dans les colonnes de Capital. « Dans une logique de partenariat de long terme avec le gouvernement camerounais, Eramet souhaite identifier d’autres opportunités dans le pays sur des métaux déjà opérés par le groupe, notamment le nickel et le cobalt », poursuit le site français.

Bon à savoir : le rutile est connu au Cameroun depuis le début du siècle. Mais il n’a été exploité qu’entre 1935 et 1955. Selon le ministère camerounais des Mines, la production totale de rutile recensée depuis le temps est de près de 15 000 tonnes avec une exploitation essentiellement artisanale. Pourtant, le Cameroun estime son potentiel rutilifère à 2,9 millions de tonnes. Un chiffre qui ferait du pays, la deuxième réserve mondiale en rutile, juste derrière la Sierra Leone. Notons que le groupe Eramet est considéré comme le leader mondial des métaux d’alliages (notamment le manganèse et le nickel) et de la métallurgie. En Afrique, il opère au Gabon à travers sa filiale dénommée Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) et au Sénégal.

Par Arthur Wandji

Législatives et municipales : Dix jours pour examiner les dossiers de candidature

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Enow Abrams Egbe, le président du Conseil électoral d'Elecam

L’article 10 du Code électoral dispose que le Conseil électoral « veille au respect de la loi électorale par tous les intervenants de manière à assurer la régularité, l’impartialité, l’objectivité, la transparence et la sincérité des scrutins ». Pour cela, il « opère les vérifications et les contrôles qu’il juge opportuns ; examine les dossiers de candidature et publie la liste ou les listes définitives des candidats à l’élection présidentielle, aux élections législatives, sénatoriales, régionales et municipales ; transmet les procès-verbaux des élections au Conseil Constitutionnel ou aux instances prévues par la loi ; veille à ce que la liste des membres des commissions locales de vote soit publiée et notifiée, dans les délais impartis; contrôle la mise en place du matériel électoral et des documents électoraux dans les délais impartis par la loi…Etc ». En conformité avec le respect de ces dispositions, les membres du Conseil électoral sont réunis à Yaoundé depuis le 29 novembre dernier, en vue des élections législatives et municipales du 09 février prochain. Enow Abrams Egbe et ses collaborateurs ont dix jours pour examiner et valider les candidatures. Il sera question selon le président du Conseil électoral, « de travailler d’arrache-pied en procédant à l’examen minutieux, mais surtout rigoureux et objectifs des centaines de dossiers de candidature » déposés auprès d’Elecam par les candidats.

Accroître la crédibilité du processus électoral

Dans le contexte de contestations politiques actuel, le système électoral camerounais est sous le feu des critiques depuis la dernière élection présidentielle. Le Conseil électoral le sait et souhaite corriger le tir. Ainsi, Enow Abrams Egbe appelle ses collègues, dans le cadre des travaux en cours, « à demeurer le plus légaliste possible, tout en gardant à l’esprit la sauvegarde de l’intérêt général » et de faire prévaloir « la réputation de facilitateurs du processus électoral au service de l’Etat de droit et de la démocratie». Pour lui, ces travaux doivent accorder un intérêt particulier à la prise en compte des composantes sociologiques et de genre, tel que prévu dans le Code électoral. Chose qui au bout du compte participera à « la crédibilité du processus électoral », et reflétera toute l’intégrité morale et les hautes qualités intellectuelles des membres du Conseil électoral.

Après l’examen des dossiers, le Conseil électoral va publier les listes des candidats et transmettre les procès-verbaux au Conseil Constitutionnel ou aux instances prévues par la loi. En cas de contestation, le Conseil électoral peut ordonner « les rectifications rendues nécessaires à la suite de l’examen des réclamations ou contestations reçues, relatives aux élections ». Les décisions du Conseil électoral sont « prises par consensus ou, à défaut, à la majorité simple des membres présents. En cas de partage des voix, celle du Président est prépondérante ».

Par Joseph Essama

Crise anglophone : Paul Biya prié d’accélérer la mise en œuvre des résolutions du GDN

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Biya en audience avec les émissaires de l'UA, du Commonwealth et de la Francophonie

Moussa Faki Mahamat, Louise Mushikiwabo et Patricia Scotland ont séjourné à Yaoundé du 26 au 28 novembre dernier. En visite officielle sur le sol camerounais, le président de la Commission de l’Union Africaine (UA) et les deux secrétaires généraux de la l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et du Commonwealth ont tour à tour rencontré le chef de l’Etat Paul Biya et le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Au centre des échanges, de nombreux sujets d’actualité parmi lesquels la crise sociopolitique qui secoue depuis trois ans, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Ayant pris le soin de féliciter Yaoundé de manière solennelle, pour avoir organisé un Grand Dialogue National (GDN) du 30 septembre au 4 octobre dernier à l’effet de trouver des solutions définitives à cette crise dite « anglophone », les trois émissaires de l’UA, de la Francophonie et du Commonwealth ont invité leurs hôtes à accélérer la mise en œuvre des résolutions de ces assises qui ont mobilisé plus de 400 participants venus de toutes les villes du pays, et même de la diaspora. « Le but de la mission tripartite était d’encourager les efforts nationaux en cours pour la mise en œuvre des conclusions du Grand Dialogue National et de soutenir la pacification de la situation, la consolidation de la paix, la cohésion et l’unité nationale dans cet important pays, membre des trois organisations », a écrit Daniel Keel, le patron de la Division des communications au Secrétariat du Commonwealth.
Décentralisation, statut particulier…

D’après ce dernier, le président de la Commission de l’UA, les secrétaires généraux de l’OIF et du Commonwealth se sont surtout réjouis de la convocation du Grand Dialogue National parce que, de leur avis, celui-ci « a inauguré une nouvelle dynamique ». Moussa Faki Mahamat, Louise Mushikiwabo et Patricia Scotland ont à cet effet recommandé, entre autres, « l’accélération de la décentralisation, le statut particulier du Nord-Ouest et du Sud- Ouest et la révision des systèmes éducatif et juridique, y compris les mesures prises par le président Biya pour désamorcer les tensions politiques », révèle le responsable des relations avec les médias, au Secrétariat du Commonwealth. « Le Cameroun est un membre précieux de l’Union africaine, du Commonwealth et de la Francophonie, dont la riche diversité doit être célébrée, poursuit le porte-parole de l’institution basée à Londres. Chaque Camerounais mérite la paix et le retour à la normale ». Seulement, à en croire Louise Mushikiwabo « le gros du travail viendra des Camerounais eux-mêmes ». Pour la secrétaire générale de l’OIF, les organisations internationales « ne disposent pas de solutions miracles », mais œuvrent dans l’accompagnement des Etats à travers notamment « des conseils, des interventions dans des actions de médiation ou sur des sujets plus techniques, ou dans la contribution pour nos trois organisations, et particulièrement la Francophonie et le Commonwealth sur tout aspect du bilinguisme ».

Convaincus que le dialogue reste la voie privilégiée à encourager dans le contexte camerounais actuel, les trois émissaires qui ont également rencontré les principaux acteurs politiques, chefs religieux, représentants de la jeunesse et autres organisations de la société civile camerounaise ont encouragé toutes les parties prenantes à poursuivre la voie de la sagesse et de la responsabilité, en particulier celle du gouvernement dans la mise en œuvre des conclusions du Grand Dialogue National. Les trois dirigeants ont également demandé instamment que tout soit mis en œuvre pour rétablir la sécurité, la justice et les conditions permettant la reprise d’une vie normale dans les régions touchées par la crise. Et de réaffirmer leur détermination à aider les acteurs nationaux à rechercher les moyens de parvenir au consensus politique national nécessaire et à créer des conditions propices à la tenue des prochaines élections législatives et municipales, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays, en paix, dans l’unité nationale et conformément aux valeurs démocratiques.

Par Arthur Wandji

Affaire Piccini : Vers un feuilleton judiciaire

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Piccini et le Minsep se parlent sans se comprendre

« A défaut d’une annulation de cette décision dans les 72h, Gruppo Piccini fera valoir ses droits et entamera les procédures pour protéger ses intérêts sur le plan national et international ». La menace du Dr Makonnen Asmaron est claire. Le président du groupe Piccini refuse de concéder en victime résignée, la perte du marché de construction du Complexe sportif d’Olembe que lui a retiré le ministre des Sports et de l’Education Physique (Minsep), maître d’ouvrage dudit marché. Alors même que le marché a déjà été attribué à une autre entreprise : le Canadien Magil. Et a cru bien faire en glissant l’annonce de la signature d’un contrat avec le repreneur dudit marché.

Une situation qui se complique pour le maître d’ouvrage qui n’a visiblement pas donné une marge de temps mort à son partenaire, avant de céder le marché à un concurrent. Et l’adjudicataire traditionnel est d’autant plus remonté qu’il a vu son adversaire venir : « Nous constatons qu’en préparation de l’opinion, des commentaires ainsi que toutes sortes d’insinuations relatives à l’éventuelle résiliation ont été véhiculées dans les médias ; avec comme conséquence la déstabilisation des travailleurs, des fournisseurs et autres partenaires», fait remarquer le patron de Piccini. Une situation que l’entreprise italienne a vécue en silence, encaissant des coups jusqu’au fatal. « Il est de notre juste et légitime devoir, de de communiquer que cette décision du ministre des sports et de l’éducation physique est un acte administratif susceptible de tout recours approprié », rappelle Makonnen Asmaron.

Le temps presse

Les jours qui suivent pourraient être encore plus agités sur ce chantier dont le premier chef de projet avait déjà démissionné il y a un peu plus d’un an, en dénonçant des pressions qu’il recevait de personnalités réclamant des pots-de-vin. Ce qui avait contribué à retarder les travaux de ce complexe devant livrer à terme un stade de football annoncé comme devant être baptisé stade Paul Biya. Le complexe qui comprendra également un hôtel 4 étoiles, une piscine olympique et plusieurs stades d’entraînement, était prévu dans le projet de défense du Cameroun en 2014 pour accueillir une poule de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019. Mais les retards accusés dans la construction des infrastructures programmées pour cette compétition, ont conduit au « glissement » de la CAN de 2019 à 2021. Décision prise il y a un an exactement, soit le 30 novembre 2018. Du coup, les travaux se sont arrêtés pendant près de huit mois. Faute d’argent. Dès leur reprise, le gouvernement à travers ses ministères maîtres d’ouvrages, a réorganisé les marchés. Prime Potomac à Garoua en a pâti. Aujourd’hui Piccini subit à son tour. Mais l’entreprise qui ne comprend pas une décision qui arrive au moment où l’engagement de l’Etat de faciliter la mise à disposition des finances tarde à être implémenté, tient à ne pas laisser la balle traîner dans son camp.

Alors que le temps presse. La Confédération africaine de football (CAF) a donné six mois au Cameroun pour livrer les chantiers. Délai qui expire fin avril. Le couloir judiciaire pourrait avoir raison de la détermination du gouvernement à tenir le rendez-vous. Voire un autre retrait de la CAN.

Complexe sportif d’Olembe : Le chantier coincé entre accusations, démentis et contre-vérités

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Par une décision prise ce 29 novembre 2019, le Pr Narcisse Mouele Kombi a rompu le contrat qui liait l’Etat du Cameroun à l’entreprise italienne Piccini, dans le cadre du marché de construction du Complexe sportif d’Olembe. Le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), reproche à l’entreprise adjudicataire de ce marché cinq fautes : l’arrêt des travaux non autorisé par le maître d’ouvrage, l’abandon du chantier, la défaillance de l’entreprise caractérisé par le non-respect des engagements contractuels et des ordres de service s’y rapportant, et la sous-traitance avérée des prestations contractuelles sans autorisation du maître d’ouvrage et violation de la législation sociale caractérisée par l’accumulation des arriérés de salaire des travailleurs. Dans sa décision, le Minsep, par ailleurs président du Comité local d’organisation du Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2020 et de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2021, déclare avoir fait un constat d’huissier, avant de prendre la décision finale. Pour attester par voie légale et judiciaire de l’arrêt des travaux.

Piccini a aussitôt réagi face à cette sortie à gage. Dans un communiqué signé de Dr Makonnen Asmaron, son président : « Cette décision intervient alors même que les travaux se poursuivent sur le site, pour respecter les engagements mutuels pris en octobre, à l’issue des réunions des 18 et 19 octobre 2019 dans le cabinet du ministre», se montre surpris le patron de Gruppo Piccini. « Pendant ces réunions, le gouvernement camerounais par la voix du ministre maître d’ouvrage, nous a clairement et sans équivoque, instruit de prendre toutes les dispositions pour une livraison des travaux stade CAF à la fin du mois d’avril 2020 », poursuit-il. Non sans souligner que « le ministre s’engageait en contrepartie, pour un accompagnement financier avec paiement des décomptes en urgence». De quoi résoudre la question du financement qui fait défaut dans la plupart des chantiers liés à l’organisation du Chan et de la CAN que le Cameroun abrite en 2020 et 2021.

Tacle irrégulier

A en croire Makonnen Asmaron, le patron des sports avait « confirmé cette volonté d’accompagnement du projet par une garantie bancaire en vue de permettre à l’entreprise de refinancer l’accélération du projet ». Cependant, « cet engagement …n’a jamais été honoré, malgré la démonstration de la bonne foi de l’entreprise qui s’est imposé un nouveau chronogramme pour l’exécution des travaux », trahit-il. Jurant d’avoir ainsi tout fait pour « une livraison effective du terrain de jeu en décembre 2019 et non en janvier 2020 comme il était convenu». Le gouvernement ayant introduit une « requête de prorogation des financements italiens à la date du 31 mars 2021», mentionne-t-il. Piccini se dit victime d’un tacle irrégulier d’autant plus que les deux engagements pris par la partie camerounaise en vue de relancer et d’accélérer les travaux étaient « un gage de confiance et d’honnêteté des parties à respecter leurs engagements respectifs». Déjà que, « l’entreprise appelée à remplacer Piccini a été désignée bien avant la décision contestable de résiliation » du marché, fait observer le signataire du communiqué. Le Canadien Magil étant annoncé dans la décision de Narcisse Mouelle Kombi, comme ayant déjà paraphé son contrat pour reprendre le marché querellé.

Législatives Et municipales : Ces partis d’opposition qui menacent de boycotter les élections

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Le vent du boycott souffle au sein de l’opposition camerounaise. Après le Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui a déjà confirmé qu’il n’ira pas aux élections, deux autres partis politiques de l’opposition viennent d’exprimer leurs intentions de boycott. Le 28 novembre dernier, le Social Democratic Front (SDF) et le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) ont annoncé qu’ils pourraient eux aussi boycotter les élections si certaines conditions qu’ils ont posées ne sont pas réunies. Le Social Democratic Front (SDF) exige, comme condition de sa participation aux élections, le retour à la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Ce que nous demandons au gouvernement et rappelons au peuple camerounais, c’est que la seule personne qui a la responsabilité d’arrêter la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, c’est le président Biya lui-même. Et ce que nous espérons du fond de notre cœur, c’est qu’il le fera avant ce 9 février. Et s’il ne le fait pas, nous serons dans l’impossibilité de participer à cette élection, parce que nous ne voulons pas que cet exercice se transforme dans un bain de sang », a avisé Joshua Osih, avant de plaider pour un report des élections. « Nous lui [Paul Biya, ndrl] conseillons sincèrement d’envisager un report de ces élections pour permettre de revenir dans le processus de paix qui a été suspendu par la convocation du corps électoral ; processus qui, je peux le dire, a commencé, et dont le premier pas a été le grand dialogue national ». Au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée le 28 novembre dernier à Yaoundé, Cabral Libii du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) a aussi envisagé un possible boycott des élections. « Si le Conseil électoral ne donne pas 15 jours de plus pour le dépôt des dossiers, le Pcrn pourrait ne plus participer aux prochaines élections municipales et législatives », a averti Cabral Libii au cours de son adresse. Selon lui, cette rallonge permettra aux partis de l’opposition d’acheminer auprès du Conseil électoral, les dossiers de candidature ayant rencontrés des difficultés lors de leur constitution. Sur le plan du droit, Cabral Libii soutient sa demande par le fait qu’« aucune disposition n’interdit la prorogation des délais par le Conseil électoral, car en droit ce qui n’est pas interdit ne peut être empêché » . Avant le SDF et le Pcrn, c’est le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun qui a annoncé qu’il ne participera pas aux élections. La formation politique de Maurice Kamto pointe du doigt « un mauvais code électoral » et la crise anglophone qui secoue le pays depuis 2016.

Craintes et espoirs

Plusieurs acteurs de la société civile craignent que ce vent de boycott se propage auprès de toute la classe politique de l’opposition. « Ce qui va décrédibiliser les élections et renforcer les critiques de la communauté internationale sur le régime de Yaoundé », analyse un politologue. Mais à l’étude des enjeux, il est presqu’impossible que tous les partis de l’opposition se joigne à ce front de boycott. La société civile espère néanmoins que le pouvoir va faire preuve de concession en acceptant tout au moins de « reporter les élections pour réviser le Code électoral ». Un espoir difficile, mais pas impossible.

Complexe sportif d’Olembe : Mouelle Kombi retire le marché à Piccini

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L'ouvrage semblait pourtant avoir assez avancé

L’Italien Gruppo Piccini vient de perdre le marché de construction du Complexe sportif de Yaoundé-Olembe. Ainsi en a décidé le Pr Narcisse Mouelle Kombi. Le ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep), président du Comité local d’organisation du Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2020 et de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2021 justifie cette décision par cinq motifs : l’arrêt des travaux non autorisé par le maître d’ouvrage, abandon du chantier, défaillance de l’entreprise caractérisé par le non-respect des engagements contractuels et des ordres de service s’y rapportant, sous-traitance avérée des prestations contractuelles sans autorisation du maître d’ouvrage et violation de la législation sociale caractérisée par l’accumulation des arriérés de salaire des travailleurs.

Avant de sévir, Narcisse Mouelle Kombi indique avoir fait constater l’arrêt des travaux par voie d’huissier, a consulté le journal du chantier et les procès-verbaux des réunions mensuelles de septembre à novembre, sur l’avancement des travaux. Pour aboutir à l’incapacité de la société Gruppo Piccini, l’entreprise italienne adjudicataire du marché de construction du Complexe sportif d’Olembe. Marché attribué le 30 décembre 2015 et qui était sensé servir pour le Chan et la CAN 2019.

Après un constat général d’échec dans les travaux d’infrastructures, la Confédération africaine de football (Caf) avait décidé de retirer l’organisation de la Can 2019 au Cameroun, pour compenser par l’édition suivante, en y ajoutant le Chan 2020 retirée au Kenya. Sauf que dès le retrait de cette Can le 30 novembre 2018, le Cameroun a cessé de se presser. Seul le stade de Japoma construit par Yénigün a pu poursuivre ses travaux, avec l’engagement financier de la Turquie. Pendant ce temps, les autres chantiers sont restés à l’arrêt pendant plus de huit mois. Grèves, arrêts des travaux, réclamation de décomptes par les entreprises,… ont meublé le temps. Et en ce cqui concerne e stade d’Olembe qui n’a finalement pas été retenu par la Caf pour le Chan, et dont les travaux se sont désormais concentrés sur le stade principal et les deux stades d’entraînement, l’Etat du Cameroun et l’Italien Piccini se sont très souvent brouillés sur le terrain du financement. L’adjudicataire du marché accusant le maître d’ouvrage de ne pas fournir les moyens nécessaires pour faire avancer les travaux. Ce dernier a fini par rompre unilatéralement le contrat.

Dans l’entête de la décision du Minsep, on peut constater que le marché a été attribué à l’entreprise Magil, en procédure d’urgence. La Caf a donné un délai de six mois au Cameroun pour boucler les travaux restant. L’échéance est fixée au mois d’avril prochain.

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