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Me Claude Assira : « Le refus de reporter les élections ne contribue pas à l’apaisement »

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Malgré les demandes incessantes de report des élections formulées par certains partis politiques, le gouvernement vient de confirmer qu’il y aura élections en février 2020. Quel commentaire vous inspire cette décision ?

Cette décision ne me surprend pas beaucoup. Notre personnel gouvernant est l’un des rares dans le monde qui considère ses initiatives comme des vérités absolues. De fait, je n’ai jamais vu le gouvernement camerounais prendre en compte des opinions émanant de ses adversaires politiques ou de son Peuple. Il recule peu sur la demande des autres acteurs politiques. Le centralisme excessif du pouvoir et son hyper concentration autour du président de la République font que lui seul peut décider de ce qui est bon ou pas, sans d’ailleurs risquer de s’aliéner l’adhésion de ceux qu’il aura contredits. Donc, seul le président de la République peut décider du report des futures élections et il le fera pour des raisons et à un moment qui relèveront de sa seule discrétion. Cela étant, je regrette profondément la décision du gouvernement qui ne contribue pas véritablement à l’apaisement auquel j’avais commencé à croire au sortir du Grand Dialogue National.

Pour réfuter ce report, le gouvernement évoque certaines dispositions légales du Code électoral et la Constitution. Ces arguments sont-ils juridiquement valables ?

Certes, pour l’Assemblée Nationale, le Gouvernement invoque notamment l’article 15 (4) de la Constitution de 2008 aux termes duquel « en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l’exigent, le résident de la République peut, après consultation du président du Conseil Constitutionnel et des Bureaux de l’Assemblée Nationale et du Sénat, demander à l’Assemblée Nationale de décider, par une loi, de proroger ou d’abréger son mandat. Dans ce cas, l’élection d’une nouvelle assemblée a lieu quarante (40) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’expiration du délai de prorogation ou d’abrègement de mandat ». En d’autres termes, pour le gouvernement, une prorogation ne serait possible qu’en cas de « crise grave » ou « lorsque les « circonstances l’exigent » et cette prorogation ne peut excéder quatre mois calendaires. Mais ici, le gouvernement ne semble invoquer la loi et la Constitution que quand ça l’arrange. J’ai dans le souvenir de nombreuses dispositions constitutionnelles violées par le même gouvernement sans que cela n’émeuve les autorités qui font ces affirmations aujourd’hui. Vous aurez d’ailleurs remarqué au passage qu’ils n’ont pas peur de se contredire en citant une disposition qu’ils ont déjà allègrement violée puisque, nonobstant l’article 15, les prorogations successives auront dépassé seize (16) mois depuis octobre 2018 au lieu des quatre prévus par le texte suprême. En quoi une nouvelle prorogation eût-elle été scandaleuse ? Par ailleurs, le parlement est la représentation nationale, l’émanation et le réceptacle de la volonté populaire. Ce qu’il aurait décidé se vaudrait par lui-même puisqu’il est le législateur de sa propre légalité. Je pense qu’il était juridiquement envisageable de demander au parlement qui siège en session ordinaire au moment où se posent cette question ou même de le faire en session extraordinaire comme le prévoit la loi fondamentale, de suspendre provisoirement l’article 15 (4) dans l’attente d’un consensus politique, lequel semble subordonner à la question de la paix dans les régions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun. Pour les conseillers municipaux, le gouvernement prétend que l’article 170 du Code électoral interdit formellement toute prorogation, « même en cas de nécessité ». On remarquera que le texte ne dit rien sur la « crise grave » qui reste donc un motif pouvant justifier un report. Personne ne pourrait raisonnablement soutenir que la crise persistante depuis trois ans dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et sa cohorte de conséquences, dont certaines impactent inéluctablement le processus électoral, ne constituent pas une « crise grave ». Je m’interroge enfin sur la logique qui consiste à considérer que le mandat des conseillers municipaux serait plus sacré que celui des députés qui permet lui des aménagements.

Certains observateurs estiment quant à eux que la demande de reporter les élections, notamment pour la paix au nord-ouest et dans le sud-ouest, n’est pas un problème de droit. il s’agit d’une affaire d’intérêt national. Quel est votre avis sur la question ?

Bien sûr qu’ils ont raison. Il est apparu que des raisons juridiques pouvaient justifier ce report. Mais, au-delà des raisons juridiques, il y en a d’autres qui justifieraient le report, au nombre desquelles la justice électorale et l’intérêt national. Le droit n’est pas la justice et dans certaines circonstances, le droit conduit même à l’injustice. En l’espèce, une grande partie de l’électorat de l’opposition se trouve dans les parties en conflit qui ne seront pas en mesure de connaître un scrutin normal. Par souci d’équité et de justice, le gouvernement devrait suspendre le processus et reporter les élections. De la même manière, pour des raisons politiques, il eut été pertinent de donner tout son sens au Grand Dialogue National organisé à grand frais et à grand renfort de publicité. Si le but de ces assises était d’arriver à une normalisation de la situation dans ces deux régions, pourquoi ne pas attendre qu’il soit concret et que les populations aient la possibilité de faire librement connaître leur choix en toute sécurité ?

En refusant de reporter les élections, le gouvernement n’est-il pas en train de banaliser les arguments évoqués par les parties de l’opposition, notamment le retour à la paix dans les régions anglophones ?

Bien sûr. Mais, cette banalisation est dangereuse. Dans la situation actuelle, les élections couplées municipales et législatives de 2020 seraient à l’image de la présidentielle de 2018, c’est-à-dire une consécration de la partition de fait, de la zone dite anglophone. Je ne pense pas que ce soit cela le « Statut Spécial » que le Grand Dialogue National a voulu pour ces régions.

Réalisée par Joseph Essama

Boycott : Jusqu’où peuvent aller le Sdf et le Pcrn ?

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La position du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) ne sera pas connue avant la décision du Conseil électoral. « Nous continuons à attendre la réponse du Conseil électoral qui a jusqu’au 11 décembre pour statuer sur notre requête. Nous n’avons pas saisi le gouvernement, nous n’attendions donc pas sa réponse. Le Code électoral dans son article 10 alinéa 2 stipule que le Conseil électoral  »examine les dossiers de candidature et publie la liste ou les listes définitives des candidats à l’élection présidentielle, aux élections législatives, sénatoriales, régionales et municipales », c’est donc ce conseil qui a qualité de veiller au respect de la loi électorale et non le gouvernement », a déclaré Armand Okol, directeur de cabinet de Cabral Libii, à la suite de la conférence de presse donnée lundi dernier par les ministres de la Communication et de l’Administration Territoriale . Au cours de cet entretien avec les journalistes, Paul Atanga Nji s’est voulu clair : « il ne s’agit pas d’un jeu d’enfant. Les dispositions légales en la matière sont claires. Elles imposent quinze jours après la convocation du corps électoral à chaque parti politique pour déposer ses listes de candidature. Aucun parti n’est exempt du respect de cette règle. L’on ne peut pas demander une chose et son contraire. L’on ne peut demander aux pouvoirs publics de violer la loi en la matière. Celle-ci s’impose à tous les acteurs électoraux qui devaient travailler en fonction du calendrier électoral, et notamment du fait qu’au bout de deux prorogations, en ce qui concerne les municipales, il allait désormais être difficile de demander une nouvelle prorogation », avait déclaré le ministre de l’Administration Territoriale face aux hommes de médias. Des propos vraisemblablement adressés à Cabral Libii qui avait demandé 15 jours supplémentaires pour acheminer auprès d’Elecam ses dossiers de candidature ayant rencontré des difficultés. Son parti avait avisé qu’en cas de refus de prolongation des délais, il pourrait s’abstenir de participer aux élections. Depuis la semaine dernière, le Pcrn a introduit une requête écrite auprès du Conseil électoral et attend toujours que celui-ci se prononce sur la recevabilité ou non de sa requête. Si le Conseil électoral ne décide pas avant les 10 jours qu’il a pour étudier les dossiers, ou alors s’il se prononce contre la requête du Pcrn, le parti de Cabral Libii va d’abord « se concerter avec ses coordinations locales avant de décider s’il va ou pas aux élections », a confié à Defis Actuels, un membre du directoire du Pcrn.

Après la sortie du gouvernement qui a réfuté un possible report des élections, la position du Social Democratic Front reste « inchangée » a déclaré Jean Robert Wafo, porte-parole de cette formation politique. Son parti avait déjà annoncé qu’il n’ira pas aux élections si la crise sécuritaire persiste dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Répondant à cet argument au cours de leur rencontre du 2 décembre dernier avec la presse, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale a jugé que « ceux qui évoquent la situation des régions du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest pour ne pas aller aux élections, font une fuite en avant. C’est un argument fallacieux qui ne repose sur rien. Si nous allons aux élections, convoquées par le chef d’État, ça veut dire que toute évaluation faite, ces élections sont possibles et peuvent se tenir dans des conditions de sérénité et de tranquillité. »

« Un boycott sans incidence sur les élections »

Même si ces deux formations politiques n’ont pas encore dit sur quel pied elles vont danser au cas où leurs requêtes ne sont pas prises en compte, certains analystes craignent déjà qu’elles suivent le vent de boycott déjà lancé par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Un boycott qui « donnera moins d’engouement à ces élections », analyse Patrick Medza, historien des élections au Cameroun. Même si le SDF et le Pcrn suivent les pas du MRC, il y aura élection, tranche le politologue Stéphane Zanga. Selon lui, « Le SDf et le Pcrn ne sont pas les seules formations politiques de l’opposition. Le Pcrn de Cabral Libii est à sa première participation aux élections locales, son poids politique reste à démontrer. Il a au contraire intérêt à y prendre part pour continuer à exister politiquement. Le SDF est quant à lui en agonie, son résultat lors du dernier est une parfaite illustration et son fief électoral du Nord-Ouest et Sud-Ouest est en crise. Le boycott de ces deux partis politiques n’aura donc pas un très grand impact sur la qualité du scrutin. En revanche, grâce à ces défections, nous risquons de noter une montée en puissance de certaines formations politiques qui jusqu’ici n’étaient pas connues du grand public », conclut-il.

Par Joseph Essama

Inflation : Bamenda, ville la plus chère du pays

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D’après les chiffres récemment publiés par l’Institut National de la Statistique (INS), l’augmentation des prix à la consommation a globalement touché les villes du Cameroun, à l’exception de celle de Maroua, dans l’Extrême-Nord. Dans cette mouvance, la ville de Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest détient le maillot jaune. Les données publiées par l’INS indiquent qu’avec 4,8 %, cette ville enregistre désormais la plus forte hausse. Elle est suivie de Buea, autre ville affectée par la crise dite anglophone qui affiche quant à elle 2,9 %. De l’avis de certains spécialistes, la persistance de cette crise sociopolitique a donné lieu à l’abandon des plantations agricoles par les populations des zones susmentionnées. Celles-ci fuyant leurs villages du fait des exactions perpétrées par les groupes sécessionnistes. La désertion involontaire des champs, poursuivent ces spécialistes, a conduit à la perte de quantités importantes de produits vivriers généralement destinés à la consommation et au commerce.

DouaLa : les produits frais dictent leur prix

Dans la liste des produits qui ont contribué à la hausse des prix dans la capitale économique figurent en bonne place les produits frais. D’après l’INS, ces produits ont principalement participé à hauteur de 6,6 % à l’augmentation des prix dans la ville. A cela s’ajoutent les prix des restaurants et hôtels (+3,9 %), des articles d’habillement et chaussures (+3,6 %) ainsi que des biens et services (+4,4 %). Par ailleurs, apprend-on toujours de l’INS, les prix des biens importés ont augmenté de 3,0 % et ceux des produits locaux de 2,3 %. Cependant, les prix de l’énergie quant à eux ont reculé de 3,6 %.

Les autres villes, apprend-on de l’INS, ont enregistré une hausse inférieure au niveau national. Il s’agit notamment de Bafoussam (2,2 %), de Ngaoundéré (2 %) et de Garoua (1,6 %).

Solutions

Face à cette flambée générale des prix, l’INS a formulé des solutions à l’intention du gouvernement. Cette institution suggère que le gouvernement poursuive sa politique de lutte contre la vie chère notamment par « le maintien de son soutien aux services sociaux de base ; le contrôle de l’application des prix homologués des produits de première nécessité à l’instar du riz, du poisson, du sucre et les actions d’apaisement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Aussi souligne-t-elle qu’en dépit de quelques incertitudes depuis l’incendie subi par la Société Nationale de Raffinage (Sonara) dans la nuit du 31 mai 2019 et qui a entraîné l’arrêt de la chaîne de production, « les prix des produits pétroliers sont restés inchangés et ne devraient pas changer à court terme, en raison du maintien des prix du carburant à la pompe », Toutefois, écrit l’INS, « des tensions sur les prix pourraient se poursuivre en raison des risques réels du ralentissement de l’économie lié au durcissement des conditions de sortie de devises ; des inondations ayant détruit les cultures et décimé le bétail à l’Extrême-Nord, et de la persistante de l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest avec pour conséquences la baisse de la production nationale et des perturbations dans l’approvisionnement des marchés ». Au regard de ces facteurs, prévient l’INS, « à l’approche des fêtes de fin d’année, et en l’absence des actions prises pour juguler, à plus ou moins brève échéance, la crise des devises et les actions spéculatives des distributeurs/commerçants, l’inflation pourrait avoisiner 2,7 % en fin 2019 ».

Par Junior Matock

Consommation : Les prix des produits flambent de 2,5 % entre janvier et septembre 2019

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Les ménages ont eu maille à partir dans la gestion de leurs budgets liés à la consommation. Du fait de la hausse continue de certains produits de grande consommation. C’est du moins ce que confirme l’Institut National de la Statistique (INS) dans l’une de ses notes récemment publiée. Cette institution informe en effet qu’au cours des trois premiers trimestre de l’année 2019, les prix ont connu une évolution de 2,3 %, comparé au 0,8 % en 2018. En moyenne sur les douze derniers mois, précise l’INS, la hausse est de 2,5 %, après +0,8 % en 2018 ; traduisant une remontée inflationniste due en grande partie à la progression des prix des produits alimentaires (2,8 %), des restaurants et hôtels (5,3 %), des articles d’habillement et chaussures (2,8 %) et des transports (2,0 %).

De manière détaillée, au cours de la période sous revue, le maquereau congelé a connu une hausse de +4 %), le riz +3 %, et la viande de bœuf +0,9 %. De plus, note l’INS, « l’augmentation des prix de certains produits brassicoles, de 25 francs CFA à 100 francs CFA a été effective dès le 1er mars 2019 ». Sans oublier le fait que dès février 2019, on a assisté à « l’entrée en vigueur de l’exonération de la Taxe sur la Valeur Ajoutée sur les consommations d’électricité et d’eau lorsque celles-ci sont inférieures par mois à 220 KWH pour l’électricité et 20 m3 pour l’eau ».

Les prix des fruits et légumes grimpent

Il n’y a pas que le riz et la viande qui ont faire perdre l’appétit aux ménages. Les fruits et légumes semblent avoir été contaminés par le phénomène de la hausse des prix. A titre d’illustration, les prix des fruits ont augmenté de 9,7 %, après avoir enregistré une hausse de 7,8 % au premier semestre. Et ce du fait à cause des produits tels que les fruits secs et noix, notamment les noix de coco, des agrumes, en l’occurrence les oranges, pamplemousse, citron, et des autres fruits frais tels que la pastèque, papaye, corossol, ananas, avocats, banane douce, d’après l’INS. Pour ce qui est des légumes, l’INS fait savoir que les prix ont grimpé de 6,8 % (après +2,7 % au premier semestre) du fait notamment de la remontée de 8,5 % des prix des légumes frais en fruits ou racines (oignon frais, carotte, tomate fraiche, concombre), de 6,2 % des prix des tubercules et plantains (banane fraiche non mûre, pommes de terre, manioc frais en tubercule, macabo, banane plantain fraiche mûre, banane plantain fraiche non mûre). Par contre, peut-on lire dans la note de l’INS, les prix des légumes frais en feuille (« zoom », « ndolé » lavé en boule, « keleng keleng, », etc.) ont fléchi de 6,9 %.

Pour l’INS, cette situation est à mettre « en liaison avec les dysfonctionnements dans la chaîne de distribution accentués probablement par des spéculations des acteurs qui profitent de la confusion induite par la rareté des devises pour réaliser de bénéfices substantiels ». Seulement, explique cette institution en charge de la gestion des statistiques, le niveau d’inflation n’a pas été le même dans toutes les grandes villes du Cameroun. La ville de Bamenda détient désormais le score le plus élevé, soit 4,8 %.

Par Junior Matock

Bon à savoir : Pourquoi l’Etat procède à des aménagements fiscaux

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Pour de nombreux spécialistes, les nouvelles taxations contenues dans la loi de finances 2020 ne sont en rien surprenantes. « Le contexte économique actuel qui se traduit par une rareté accrue des ressources financières ne pouvait que déboucher sur une telle décision. Il faut pouvoir être réaliste et voir la réalité en face », explique Vincent P, économiste. Pour Jean Louis B, cette mesure d’élargissement de l’assiette fiscale ne pouvait pas mieux tomber. « On a encore une bonne partie de notre économie qui ne supporte pas la taxation. Il est donc important de procéder à des mesures d’élargissement de l’assiette fiscale ». Dans une interview accordée à Défis Actuels en octobre 2018, le fiscaliste Albert Léonard Dikoumé avait déjà prédit cet élargissement de l’assiette fiscale. Les raisons qu’il avançait reposaient sur le fait que : « l’essentiel des ressources du budget de l’Etat proviennent des recettes fiscales, hormis les ventes de pétrole brut (quote-part de l’Etat). Ce sont ces ressources qui doivent permettre à l’Etat de réaliser ses ambitions en matière de développement ». Le fiscaliste avait à cette occasion suggéré d’autres niches fiscales qui pouvaient être exploitées pour permettre à l’Etat de moins recourir à l’endettement : « il existe de nombreuses niches fiscales que l’Etat peut exploiter pour augmenter ses recettes. Certaines sont connues par l’Etat, et d’autres ne le sont peut-être pas. On peut citer entre autres la maîtrise des dépenses fiscales et des prix de transfert dans le secteur extractif ».

En outre, si pour certains analystes, cet élargissement de l’assiette fiscale va accroître la pression fiscale, Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances, déclarait face à ses pairs le 8 octobre dernier, au cours de la réunion des ministres des Finances, que le « taux de pression fiscale demeure faible dans les pays de la zone franc ». Elle se situe, arguait-il, « à moins de 20 % du Produit Intérieur Brut dans la zone franc, elle devrait atteindre ce chiffre en 2020 », disait-il. Et comme pour mieux soutenir son propos, Bruno Le Maire suggérait alors l’argument de l’« énorme potentiel fiscal inexploité » dont disposeraient les pays membres de la zone franc. Par conséquent, avait-t-il soutenu, il faut « améliorer la collecte des taxes afin de disposer de plus de ressources pour financer leur croissance. » Car, a-t-il martelé, « une meilleure mobilisation des recettes fiscales, c’est plus de croissance et c’est moins d’endettement ». D’ailleurs l’un des spécialistes des questions fiscales, Alain Symphorien Ndzana Biloa, soulignait récemment que : «si on prend les données sur le Cameroun qui est la première et la plus diversifiée des économies de la Cemac, le taux de pression fiscale dans cette zone oscille entre 16 % en 2015 et 15,1 % en 2016. Or, tous les experts sont d’avis que la part des prélèvements obligatoires dans la richesse nationale doit atteindre au moins 25 % pour être significative et engendrer un véritable développement. Il faut dont faire encore des efforts pour optimiser la collecte des impôts dans la zone Cemac ».

Par Junior Matock

Législatives et municipales : L’Upc hors-course pour bicéphalisme

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En tout, 45 partis politiques seront engagés dans le double scrutin du 9 février 2020. Les chiffres communiqués par Elections Cameroon (Elecam) sont divers selon les versions anglaise et française. Toujours est-il qu’il est constant qu’aux législatives, 469 listes ont été présentées, par 35 partis politiques. Après examen des dossiers, 17 de ces listes, appartenant à dix partis politiques, ont été rejetées. L’Union des populations du Cameroun (Upc) en est le plus grand perdant. Le parti des crabes a vu toutes ses listes être invalidées pour bicéphalisme. Dans chacune des circonscriptions, le parti a présenté deux listes différentes. Baleguel Nkot et Bapooh Lipot continuent de se disputer le leadership au secrétariat général du parti. En attendant le contentieux préélectoral, l’Upc ne devrait donc pas avoir d’élus pour les cinq prochaines années.

Parmi les recalés, on retrouve également des listes des Patriotes démocrates pour le développement du Cameroun (Paddec) de Jean De Dieu Momo. Notamment dans la Mifi, le Moungo Sud, la Lékié Ouest. Et quelques partis presque inconnus comme le Pady dans la Mefou et Afamba, l’Ucdi dans la même circonscription, le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) de Cabral Libii dans le Wouri est, ou encore le Rdpf Kumzse dans la Menoua.

En revanche, l’organe en charge de l’organisation des élections n’a pas rendu publique les listes des candidats. L’article 187 du Code électoral prévoit que « soixante (60) jours au moins avant la date du scrutin, le Conseil Electoral arrête et publie les listes des candidats», en ce qui concerne les législatives et les municipales. Ce 9 décembre 2019 était le délai butoir pour la publication de ces listes de candidature.

LISTES-LEGISLATIVES-ACCEPTEES

LISTES-LEGISLATIVES-REJETEES

 

 

Impôts : de nouvelles taxations en vue

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Dès le 1er janvier 2020, de nouvelles taxes seront prélevées sur certains produits importés au Cameroun. Il s’agit en effet des droits d’accises que l’Etat va prélever sur une dizaine de marchandises telles que les produits cosmétiques, les cigarettes, etc.

50 % de taxation des produits éclaircissant

En ce qui concerne par exemple les produits éclaircissant, les droits d’accises sont fixés à 50 %, notamment pour les laits de toilette, les crèmes et autres savons à base d’hydroquinone. Cette mesure vise, selon des experts, à limiter la consommation de ces produits nocifs pour la peau. Aussi, les amoureux des produits tabacones vont également devoir débourser plus que ce qu’ils ne paient actuellement pour s’offrir cigares, cigarettes et les autres tabacs, à savoir les pipes et leurs parties, les tabacs et préparations pour pipes. Les droits d’accises qui y seront appliqués sont de 30 %, selon l’alinéa 2 de l’article six de la loi de finances 2020.

25 % des droits d’accises sur les jeux vidéos

Dans la même veine, pour les consoles et machines de jeux vidéo, articles pour jeux de société, y compris les jeux à moteur ou à mouvement, les billards, les tables spéciales pour jeux de casino et les enjeux de quilles automatiques, les droits d’accises sont de 25 %. En outre, les motocycles d’une cylindrée supérieure à 250 cm3 ; les véhicules de tourisme d’une cylindrée supérieure à 2500 cm3 de 0 à 15 ans d’âge ; les cheveux, perruques, barbes, cils, sourcils, mèches et autres matières textiles préparés pour la fabrication de perruques ou d’articles similaires se verront imposer des droits d’accises de 12,5 %. Par ailleurs, pour les chocolats et autres préparations à forte teneur de cacao, les sucreries sans cacao, les droits d’accises qui y seront appliqués s’élèvent à 5 %.

Taxation à L’exportation

Pour ce qui est des produits destinés à l’exportation, l’article cinq de la loi de finances précise que « la banane, les produits industriels manufacturés au Cameroun, les produits du cru d’origine animale, végétale et minière ayant subi une ouvraison substantielle ou transformés au Cameroun, au sens de produit fini, demeurent exonérés du droit de sortie à l’exportation ». Cependant, martèle cette disposition, « les produits semi-finis sont soumis à un droit de sortie au taux de 1 % de la valeur imposable ».

En outre, les produits d’origine camerounaise, poursuit l’article cinq, « sont soumis à un droit de sortie au taux de 10 % de la valeur imposable. Il s’agit : du diamant, l’or, le riz, l’huile de palme brute, le mil, le sorgho, la gomme arabique, la noix de cola, le gnetum africanum encore appelé  »Eru/Okok »». Aussi peut-on lire dans ce document, « le taux du droit de sortie applicable aux bois exportés en grumes est de 35 % de la valeur FOB (livraison sur le navire) du volume des essences ». Ce droit de sortie est fixé au taux de 10 % pour les bois ouvrés et semi-ouvrés exportés. «Les taux spécifiques susvisés s’appliquent à l’exportation desdites marchandises vers les zones franches industrielles et les régimes assimilés», souligne le projet de loi.

Entreprises pétrolières, gazières Et minières

L’article cinq suscité n’a pas mis de côté les questions relatives aux exportations des entreprises pétrolières. On note à cet effet que « les exportations des sociétés pétrolières, gazières et minières, ainsi que celles des sociétés agréées au régime des incitations à l’investissement privé, demeurent, sauf disposition expresse contraire, régies par les dispositions des lois fixant les codes sectoriels concernés et la loi n° 2013/04 du 18 avril 2013 fixant les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun. Ces codes sectoriels prévoient des exonérations au cas par cas, indique le projet de texte, sans plus de détails ». Toutefois, lit-on dans le document, « les marchandises faisant l’objet d’une mesure spéciale d’exonération totale, partielle ou de suspension des droits et taxes de douane doivent, avant toute réexpédition ou réexportation, donner lieu à l’acquittement préalable de la fraction des droits et taxes de douane non liquidés lors de leur importation, lorsqu’elles sont réexportées en l’état », indique le texte soumis au Parlement.

Par Junior Matock

Hydrocarbures : La SNH a transféré 392,66 milliards de F CFA à l’Etat

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Le Conseil d’Administration de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) s’est réuni le 3 décembre 2019. Les travaux de cette deuxième session ordinaire de l’année ont été l’occasion pour l’AdministrateurDirecteur Général Adolphe Moudiki de faire le point des activités menées par l’entreprise au cours de la période allant du 1er janvier au 31 octobre 2019. Ainsi, révèle le communiqué ayant sanctionné la réunion, « la SNH a poursuivi la mise en œuvre de son plan d’actions, avec des résultats positifs », malgré un contexte international marqué, au cours de cette période, par une baisse des cours du pétrole brut et du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) d’une part ; et d’autre part, par une hausse du cours en francs CFA du dollar américain. Illustrations ?

392,66 milliards transférés à l’Etat

Les ventes effectuées par la SNH ont permis de transférer au Trésor Public, après déduction des charges, la somme de 392,66 milliards de francs CFA au titre de sa contribution au budget de l’Etat, en augmentation de 19,52 % par rapport à la même période en 2018. De plus, la SNH a versé à l’Etat 7,48 milliards de francs CFA d’Impôts sur les Sociétés, 8 milliards de francs CFA de dividendes, et divers impôts et taxes pour un montant de 5,53 milliards de francs CFA, lit-on dans le communiqué final des travaux. Toujours au titre des bonnes performances de la SNH, les activités de promotion du domaine minier national ont abouti à la signature le 21 février dernier, avec la société Perenco Rio del Rey, d’un Contrat de Partage de Production pour la recherche et la production d’hydrocarbures sur le bloc Bomana dans le bassin Rio del Rey. Sur un autre plan, le Pipeline Tchad/Cameroun a généré des recettes de 29,97 milliards de francs CFA au titre du droit de transit, en hausse de 23,03 % grâce au relèvement des quantités transportées.

Hausse des investissements

En matière d’investissements, le budget des associations pétrolières consacré à la production d’hydrocarbures a été révisé à 463,96 millions USD (environ 274,5 milliards de francs CFA) pour l’exercice 2019, en croissance de 134,61 % par rapport aux réalisations de 2018. « Il en a résulté une augmentation de la production nationale de pétrole brut, qui se chiffre à 21,28 millions de barils au 31 octobre, pour des prévisions de clôture de 26,18 millions de barils, en hausse de 4,18 % par rapport aux réalisations de l’année 2018 », explique Ferdinand Ngoh Ngoh. Selon le Président du Conseil d’Administration de la SNH, la production nationale de gaz, portée par les exportations de GNL, s’élève quant à elle à 1 840,63 millions de m3 au 31 octobre, pour des prévisions de clôture de 2,232 milliards de mètres cubes, soit une hausse de 28,29 % par rapport aux réalisations de l’exercice 2018. Les quantités de pétrole brut vendues pour le compte de l’Etat s’élèvent quant à elles à 13,830 millions de barils au 31 octobre, en hausse de 17,92 %. « Cependant poursuit le PCA, dans le sillage des cours internationaux du pétrole et malgré l’amélioration des différentiels des bruts camerounais, le prix moyen de vente a reculé de 11,42 % (contre une baisse de 12,38 % pour le Brent Daté, brut de référence), pour s’établir à 64,40 USD par baril ». S’agissant du gaz naturel, la SNH a livré 8,320 milliards de pieds cubes de gaz (235,605 millions de m3) à la Centrale Thermique de Kribi pour la génération d’électricité. Cette consommation, en baisse de 15,44 % par rapport à la même période de l’exercice précédent, est inférieure au minimum contractuel et correspond à une capacité moyenne utilisée de 128,54 mégawatts, soit 59,51 % de la capacité installée de la centrale. En outre, 16 cargaisons de GNL d’un volume total de 2,295 millions de m3, représentant une quantité d’énergie de 53 202 960 millions de BTU (British Thermal Unit), ont été exportées, vendues au prix FOB de 7,155 dollars par millimètre BTU, en hausse de 33,15 % par rapport au prix moyen enregistré au 31 octobre 2018. La SNH a par ailleurs livré 20 545,05 tonnes de Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL, communément appelé gaz domestique) pour l’approvisionnement du marché national, soit l’équivalent de 1 643 604 bouteilles de 12,5 kg. Un bilan positif de l’avis du Conseil d’Administration qui n’a pas hésité à adresser ses vives félicitations à la Direction Générale pour les résultats positifs obtenus. Et d’approuver les comptes consolidés du Groupe SNH au titre de l’exercice 2018, après avoir passé en revue l’exécution du Plan de Développement de la société pour la période 2014-2019 et adopté le Plan de Développement 2020-2024, ainsi que le Plan d’Actions et le budget de l’entreprise pour l’exercice 2020.

Par Arthur Wandji

Paul Biya attendu à l’Assemblée Nationale ce jeudi

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La troisième session parlementaire qui bat son plein depuis le 12 novembre dernier pourrait être plus décontractée jeudi prochain. Le président de la République pourrait se rendre sur le site de cette institution, pour la pose de la première pierre du nouvel immeuble siège de l’Assemblée Nationale. A en croire nos sources au palais des verres de Ngoa-Ekelle, la cérémonie y relative pourrait commencer à 11 heures. Si plus d’informations n’ont pas filtré sur l’évènement en lui-même, nos sources confirment néanmoins que Paul Biya sera présent lui-même à cette cérémonie en compagnie de son épouse Chantal Biya et de Wang Sifa, l’ambassadeur de Chine au Cameroun.
Evalué à 54,5 milliards de francs CFA, le nouvel immeuble siège de l’Assemblée Nationale est un don sans contrepartie de la République populaire de Chine au Cameroun. Cet ouvrage dont les travaux doivent s’étaler sur 42 mois sera bâti à Ngoa-Ekelle sur une surface 37 500 m2. En juillet dernier, l’honorable Theodore Datouo, vice-président de l’Assemblée Nationale et président du comité de suivi de ce projet a annoncé que le gouvernement avait déjà dégagé 9hectares sur le site du chantier, qui vont de l’actuel site de l’Assemblée Nationale en passant par le camp du groupe d’escadron mobile N°1 de la gendarmerie nationale et la résidence du président du Conseil économique et social. La surface à bâtir abritera un édifice de 400 places, un bâtiment de 14 étages, une salle de fête de 1000 places, une caserne de pompiers, une station d’épuration des eaux entre autres. L’actuel hémicycle sera transformé en musée apprend-on de nos sources à l’Assemblée Nationale. En plus du financement, la République populaire de Chine entend apporter son expertise dans la réalisation de ce joyau architectural.
Joseph Essama

Port autonome de Douala : Une régie pour sauver le terminal à conteneurs

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Dès le 1er janvier 2020, le Terminal à conteneurs du Port de Douala sera géré par un régisseur. Le temps de régler définitivement le contentieux du marché qui met aux prises le consortium Apmt/Bolloré à l’autorité portuaire. Ce qui devra permettre de mettre entre parenthèses la guerre à laquelle se livre Bolloré et le Port autonome de Douala (PAD). Il est question pour le gouvernement de sécuriser les emplois et l’activité portuaire. Dans l’article 25 de la Résolution portant création et organisation de la Régie déléguée de gestion, d’exploitation et de maintenance du Terminal à conteneurs du port de Douala Bonabéri, il est clairement précisé que, peuvent faire partie du personnel de ladite Régie, les personnels employés par le Concessionnaire du Terminal en fin d’activité au 31 décembre 2019, les personnels recrutés aux postes de responsabilité définis par le Conseil de supervision, les personnels affectés ou détachés par le Port Autonome de Douala, et les personnels recrutés pour des besoins nouveaux.

Cette régie opérera donc jusqu’à l’aboutissement du processus d’attribution du marché. Le processus s’est englué dans des querelles politico-judiciaires dues à la mise à l’écart du consortium Atmp/Bolloré par le Pad qui l’avait classé 7ème sur 9 en janvier dernier. Le Franco-Danois avait alors saisi la justice pour le faire savoir et « réparer le tort ». Malgré la procédure pendante devant le Tribunal administratif de Douala, le Pad avait poursuivi le processus en attribuant le marché à l’Italo-Suisse Terminal investment limited (TIL). A la faveur de la récente visite du ministre français des Affaires étrangères, Paul Biya avait ordonné la suspension dudit processus, alors que TIL s’apprêtait à prendre le contrôle de l’infrastructure dès le 1er janvier 2020. Le bail de Bolloré prenant fin le 31 décembre 2019. Après 15 ans d’exploitation.

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Cette semaine, la Cour suprême a donné raison à Bolloré, remettant tout à plat. Mais le PAD a décidé de gérer son « affaire » à l’expiration du bail de Bolloré. Question de refuser de rouvrir éventuellement un marché que l’exploitant actuel pourrait gagner. Quelques heures après, le conseil d’administration en a décidé autrement. Yaoundé suit particulièrement ce dossier.

Pour mieux comprendre:

La Cour suprême donne raison à Bolloré

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