lundi, juin 1, 2026
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Christophe Guilhou, ambassadeur de France au Cameroun « Cette radio va accompagner les efforts de décentralisation du pays »

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« Cette radio va accompagner les efforts de décentralisation du pays »

C’est un projet important, compte tenu de sa proximité avec les populations. L’idée derrière c’est de toucher le maximum de population dans leurs langues, et ce pour le développement du pays. Puisqu’à travers une radio communautaire on fait passer des messages dans le domaine agricole, de la formation professionnelle et même de l’accès à l’information. Le deuxième facteur auquel nous sommes attachés c’est qu’une radio communautaire peut aussi accompagner les efforts de décentralisation mis en œuvre par le gouvernement depuis plusieurs mois. Nous sommes donc très contents d’avoir participé à la mise en œuvre de ce projet qui traduit une première phase avec une vingtaine de station radio réhabilitées à travers le pays.

Propos recueillis par Junior Matock ( DA 463)

Développement: la commune d’Olamze tient sa radio

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La commune d’Olamze tient sa radio

Fini le silence radio dans la commune d’Olamze, ville située dans le département de la Vallée du Ntem, région du Sud. Depuis le 9 mars dernier, les 12 000 habitants de cette localité peuvent désormais s’informer en toute quiétude en se connectant sur la 98.0 FM, fréquence de la chaine de radio Nku Nnam, inaugurée par l’ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou. L’objectif de cette radio consiste entre autres à souder les liens familiaux entre les différentes communautés, partager des informations dans le domaine de la santé, de l’agriculture, de la formation professionnelle et de la décentralisation, etc, selon l’ambassadeur de France au Cameroun. Trois langues seront utilisées pour diffuser les informations, en l’occurrence le français, l’anglais et bien entendu la langue locale, le Ntoumou. En clair, il est question, a renchéri le chef de mission diplomatique de la France au Cameroun, de faire de la radio Nku Nnam un outil de développement local. Autant dire qu’il n’y aura pas que la commune d’Olamze qui écoutera les informations provenant de cette radio. Les villes d’Oyem au Gabon, Mengoumou en Guinée Équatoriale seront également arrosées. L’ouverture de l’antenne est prévue pour 6 heures et la fermeture à 21 heures. Pour sortir les populations d’Olamze et d’ailleurs de la sécheresse informationnelle dans laquelle elles baignaient, la France n’a pas lésiné sur les moyens. C’est au total 900 millions de francs CFA qui ont été déboursés pour construire et réhabiliter 20 chaines de radio à travers le pays. Ces ressources ont permis au Programme National de Développement Participatif (Pndp) d’équiper cette radio d’un groupe électrogène, d’un mixeur, d’un onduleur, etc. Cette initiative est financée par la France, notamment l’Agence Française de Développement (AFD) à travers le mécanisme Contrat de Désendettement et de Développement (C2D). Et pour être parmi les communes bénéficiaires, il fallait se livrer à un processus de sélection encadré par un appel public à manifestation lancé par le Programme National de Développement Participatif (Pndp). L’inauguration de cette nouvelle chaîne intègre ainsi le projet radio mis en œuvre par le Programme National de Développement Participatif entamé en août 2013.

Par Junior Matock (DA 463)

Partis politiques : pas de démocratie sans démocrates !

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L’article 3 de la Constitution du Cameroun dispose que : « Les partis et les formations politiques concourent à l’expression du suffrage ». Faisant de ceux-ci les acteurs majeurs du pluralisme politique, et par conséquent, de la démocratie en construction au Cameroun. Et à juste titre, ces partis politiques ont fait de la promotion de la démocratie leur raison d’être. Mais, au regard de leur fonctionnement quotidien, les formations politiques sont elles-mêmes très loin d’être des modèles de démocratie. Comme l’ont une fois de plus démontré les dernières consultations électorales. Des partis confisqués par les états-majors Maroua, Douala, Yaoundé. Alors que la disposition du nouveau Code général des Collectivités Décentralisées instituant l’élection des maires de villes, en lieu et place de la nomination des délégués du gouvernement, était censée ouvrir une nouvelle page heureuse dans le mode de désignation des responsables locaux, force a été de constater que, comme à l’accoutumée au Cameroun, tout change pour que rien ne change. Car en lieu et place des élections libres et transparentes, et surtout de compétition pure et saine entre tous ceux qui auraient prétention à la direction de ces localités, les militants en particulier et les populations en général ont été dépités de se retrouver face à des directives du secrétariat général du Comité central qui imposaient des candidats et excluaient toute concurrence. Résultat des courses, il aura fallu des jours de négociations et de tractations, et au cours desquelles l’intimidation aura été l’argument massue, pour que les exécutifs soient désignés. Avec à la clé un grave déficit de légitimité de ces responsables, qui pour la très grande majorité auront été davantage nommés qu’élus. Cependant, cette situation assez choquante pour les citoyens soucieux de voir leur pays avancer démocratiquement est très loin d’être isolée. En fait, l’autocratie est la chose la mieux partagée dans le landerneau des partis politiques au Cameroun. En effet, lors des dernières élections municipales et législatives, les partis politiques ont dans leur totalité opté pour des investitures sans primaires. Et les différentes circulaires précisant les conditions à remplir pour être candidat ne devraient pas faire illusion quant à une quelconque compétition. Car dans la quasi-totalité des cas, l’élément déterminant pour être candidat la capacité n’était ni la durée du militantisme, ni l’activisme pour la promotion des idéaux du parti encore moins la popularité, mais surtout son niveau de connexion dans les réseaux de l’establishment du parti. C’est ainsi que des personnalités totalement inconnues ou honnies par la base ont été imposées comme candidats. Alors que d’autres potentiels candidats, aux états de services avérés et attestés ont été écartés. Avec à la clé des graves crises au sein des formations politiques, même en cas de victoire. Cela a été très visible non seulement au sein du Rdpc, mais également au sein des partis d’opposition. C’est ainsi que l’élection du maire de la commune de Foumban a donné lieu à une tension mémorable entre les militants et les responsables de l’UDC, et qui se sont soldées par des bagarres. Une situation similaire a été vécue au sein du Pcrn où un militant, Joseph Song Manguelle, suite à la mise sur pieds d’une cellule de veille et de suivi, témoigne sur sa page Facebook de son courroux et du malaise qui prévaut désormais au sein de cette formation politique et renseigne sur le déficit de démocratie qui habite son directoire : « Makak et Matomb, la suite de l’histoire : La Gestapo est créée au sein du Pcrn.

Des faits

Makak et Matomb ont refusé de recevoir l’ordre de la hiérarchie du parti, suite à l’entière nomination du maire et de ses adjoints dans les 2 communes. A Makak, il y a eu 12 conseillers municipaux qui ont refusé de participer au vote, parce qu’il y a eu 13 autres qui ont refusé d’accepter la nomination venant de la direction du parti. Cette dernière a donné l’illusion de faire à Yaoundé un vote interne ds les différentes communes où le Pcrna eu la majorité absolue, le parti refusant de publier les résultats du vote interne, pour leur sortir des nominations (voilées derrière les mécanismes PROPOSITION + MARTEAU DE LA DISCIPLINE DU PARTI, ha ha ha !!!). M. Nouga, avocat, déposa donc au nom du Président, une plainte en justice. A l’intérieur du parti, les récalcitrants qui décidèrent d’exercer leur droit de vote au détriment des injonctions de leur hiérarchie furent sanctionnés. Les gravités des sanctions étant inversement proportionnelles au degré de corruptibilité des conseillers rebelles: on te donne une petite sanction quand on estime que tu pourrais t’aligner aux directives du parti. Quelle perversité ! Il faut rappeler qu’on a vu le SDF, parti mourant, aussi calquer ce type de dictature en punissant ses conseillers qui ont refusé de voter les maires selon les injonctions de la direction du parti. Tous, des piètres copies du Rdpc qu’ils prétendent combattre. En politique, tant que les représentants élus par le peuple auront le dernier mot avec leurs votes, il y aura toujours incompatibilité entre les injonctions de la direction du parti, le désir supposé du peuple, et, les aspirations individuelles. Ce n’est pas à coup de sanctions, d’intimidations, de punitions qu’on pourra trouver le point d’équilibre, mais par des négociations préventives. Se fâcher contre la direction du parti qu’on n’a pas suivi les Très Hautes instructions de la Très Haute hiérarchie n’engendra ke des fissures au détriment du peuple. Parce qu’à la fin, c’est bien du peuple qu’il s’agit. On a vu que Makak et Matomb ont mené et gagné leur rébellion, échappant ainsi aux commandements de leur direction du parti.

Aux conséquences

Que fait donc le parti? Eh bien, il crée une Gestapo d’autosurveillance, d’espionnage entre partisans, afin de rapporter au plus haut sommet, toutes velléités de rébellion: VIVE LES INDICS, un nouveau métier vient d’être créer… Et comme dans le système actuel du R qui a conduit à ce Cameroun qu’on a, il y aura des récompenses/nominations pour les « dénonciateurs », certains travailleront pour les plus proches collaborateurs du président, eh bien. Cette tactique avait été déjà pratiquée par les maquisards de l’UPC, qui revenaient punir de manière tonitruante, pour ne pas dire exemplaire, ceux restés aux villages, et qui étaient dénoncés par d’autres individus… J’ai un oncle, Albert Lindjeck, qui échappa à une telle punition grâce à sa carte d’étudiant à Yaoundé. Revenu se ravitailler, un voisin l’accusa de crimes commis quand il était à Yaoundé, heureusement… Les Ambazoniens font également le même type d’expédition punitive dans les villages. MAIS ÇA, CE SONT DES REBELLIONS. Cette petite cellule qui vient de voir le jour, parce que certains ont refusé d’exécuter les ordres du Messie, sera transformée, si le messie prend la force de l’Etat, en une véritable machine d’extermination et de disparition des récalcitrants… Ce petit serpent que vous nourrissez petit à petit, deviendra le monstre qui vous dévorera tôt ou tard… » (Sic). Un courroux qui n’est pas sans rappeler celui de Célestin Djamen à la suite de la décision du MRC de ne pas participer à ces élections. Pour lui, la base et même le bureau du parti n’avaient pas été consultée par Maurice Kamto, qui avait pris tout seul une décision aussi grave.

 Intolérance grave contre toute divergence

Suite à cette prise de position divergente de celle de la haute direction, Célestin Djamen avait été invité à quitter purement et simplement le MRC par certains militants et responsables, y compris Maurice Kamto qui l’a dit en des termes à peine voilés lors de sa tournée en Occident. Alors que Maurice Kamto déclare lui-même dans l’avant-propos de son ouvrage, L’urgence de la pensée, que : « J’ai voulu y montrer le préjudice irréparable que trente ans d’unanimisme et de monolithisme ont causé aux peuples et aux Etats africains ; montrer que l’absence de pensée ou plus exactement d’une pensée libérée est la cause première de notre dérive collective ; que l’expression tolérante des idées divergentes dans un contexte de démocratie est, pour l’Afrique comme ce l’est déjà pour d’autres régions du monde, la seule véritable chance de survie ». Cette intolérance interne a son pendant externe qui est plus qu’agressif. Ainsi, les militants du MRC sont réputés pour leur violence contre toute personne qui exprimerait une once d’opposition quant à leurs positions. Criminalisant toute position contraire à la leur, ils insultent à tout va, fouillent les squelettes dans les placards et profèrent des menaces. Ce qui leur a valu des appellations telles que « la meute » ou encore « les talibans ». Toute chose qu’ils assument, mais qui effraie très durement tout partisan de la démocratie qui n’est rien d’autre que le règne de la persuasion et de la délibération Avec eux, ce n’est plus l’Etat qui se « criminalise » en Afrique comme le disait Achille Mbembe et Toulabor, mais bel et bien l’opposition. Une phase de criminalisation qui a été allègrement franchie par les militants de l’UDC, qui ont ni plus ni moins que décapité des personnes accusées d’appartenir au Rdpc et venues frauder le jour du dernier scrutin.

Le culte de la personnalité des leaders

Cette intolérance a pour principal fondement le culte de la personnalité qui entoure les chefs des partis politiques au Cameroun. Ils sont quasiment tous des « candidats naturels » de leurs formations politiques et les congrès d’investitures ne sont que des folklores sans aucun suspens quant à l’issue. Leur « stature » présidentielle passant par les divers titres dont ils se font affublés : « Docteur » par-ci, « Professeur » par-là, le nec plus ultra étant « Excellence » bien sûr. Mais le plus préoccupant étant le « mythe d’infaillibilité » dont ils sont nimbés. Ainsi, la parole ou les instructions du président national tiennent lieu de parole d’évangile. Exposant quiconque la conteste à ni plus ni moins que l’excommunication. Comme cela a été le cas de dizaines de militants du SDF tombés sous le coup du fameux article 8.2 qui aura fait tant de ravages.

Par Moussa Njoya, Politologue (DA 463)

Port de Douala : la Régie du Terminal à Conteneurs renforce ses performances

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  La productivité de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC) du Port Autonome de Douala monte progressivement en puissance. En février dernier, la régie a traité de 27 navires porte conteneurs opérés par la RTC par rapport aux 23 navires traités à la même période en 2019. Elle a également enregistré une hausse des livraisons de ses conteneurs passant ainsi de 9 000 l’année dernière à 10 000 à la période sous revue. De sources internes de l’entreprise, cette embellie a entrainé la réduction drastique du temps d’attente de navires porte-conteneurs en rade (navires porte-conteneurs en attente d’accostage à la bouée de base). « Malgré la forte hausse des livraisons de conteneurs enregistrée au mois de février dernier, avec près de 10 000 conteneurs contre moins de 9000 l’année dernière, l’atteinte de ces objectifs de performance restera cependant tributaire des capacités logistiques des transitaires, importateurs et chargeurs, clients de la Régie du Terminal à Conteneurs du Port de Douala- Bonabéri », apprend- on.

Et pour maintenir cette tendance, la Régie du Terminal à Conteneurs s’est engagé à oeuvrer pour le maintien de cette dynamique. « Saisissant l’opportunité qu’offre cette embellie, la RTC s’engage dès ce 10 mars 2020, à accroitre encore plus ses moyens, pour les livraisons et les réceptions de vos conteneurs dans de meilleures conditions », font savoir les responsables. La régie du Port Autonome de Douala s’est d’ailleurs donné pour ambition de « montrer par les faits et par les chiffres qu’une amélioration sensible des performances d’exploitation du terminal à conteneurs de Douala-Bonabéri est possible grâce à la mobilisation des ressources humaines et matérielles nécessaires et à une meilleure concertation avec les usagers du terminal ». Opérationnelle que depuis le 02 janvier 2020, la régie a atteint un nombre quotidien record de 556 conteneurs import livrés et 424 conteneurs export réceptionnés au 11 janvier 2020. Les chiffres de l’entreprise indiquent qu’entre le 02 janvier 2020 et le 12 janvier 2020, les navires porte-conteneurs et les deux navires ro-ro (roll-on/roll-off) opérés par RTC ont déchargé et chargé un total de 4 806 conteneurs contre 4 293 conteneurs en janvier 2019. Et en un mois d’activité, le chiffre d’affaires de la régie de la plateforme portuaire s’est accru de 4 % passant ainsi de 3,12 milliards de francs CFA au 31 janvier 2019 à 3,26 milliards de francs CFA cette année. La RTC déclare également avoir manutentionné et embarqué 13 020 conteneurs contre 13 763 en janvier 2019.

Ghislaine Ngancha (Défis Actuels)

Programme Economique et Financier: le FMI disposé à réorienter son programme dans la Cemac

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Le FMI disposé à réorienter son programme dans la Cemac

Le Fonds Monétaire International (FMI) est disposé à donner une nouvelle orientation au programme qu’il met en œuvre depuis 2017 dans des pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). L’institution de Bretton Woods l’a fait savoir au cours d’une rencontre avec le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac), Abbas Mahamat Tolli. Rencontre ayant eu lieu à Washington du 14 au 17 janvier dernier. En effet, dans un communiqué récemment publié, l’on apprend que les responsables du FMI et de la Beac ont convenu « de l’impérieuse nécessité de concevoir un deuxième cycle de programmes, résolument axés sur la croissance et la réduction de la pauvreté ». Ils se sont par conséquent accordés sur la nécessité « de réserver désormais une haute priorité aux mesures et politiques visant une relance économique inclusive et génératrice d’emplois ». A cet effet, le gouverneur de la Beac a plaidé pour « un accès accru pour les pays de la Cemac aux ressources du FMI et d’autres partenaires au développement des Etats membres de la Cemac sera primordial afin de réaliser les investissements indispensables à l’atteinte de cet objectif, à travers des appuis financiers adéquatement calibrés, séquencés et coordonnés ». Selon le communiqué de la Beac, cette deuxième génération de programmes sera lancée prochainement au cours d’une conférence internationale de haut niveau qui se tiendra dans la sous-région. Sur la question des projets, le gouverneur de la Beac a émis le vœu de voir augmenter les financements en direction des projets intégrateurs d’infrastructures routières, d’interconnexion électrique, etc. Il a également souhaité le « desserrement des contraintes infrastructurelles et des barrières non tarifaires », qui constitue un levier important pour accélérer les échanges intrarégionaux, facteurs essentiels à une croissance économique durable dans la sous-région.

Appréciations

Les discussions entre Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI et Abbas Mahamat Tolli ont également porté sur les perspectives de coopération bilatérale ainsi que sur la soutenabilité macroéconomique des pays de la Cemac. Le communiqué de la Beac précise que les Etats et les institutions de la Cemac doivent capitaliser les résultats obtenus jusqu’ici. Notamment la reconstitution graduelle des réserves de change.

 

Par Junior Matock (DA 462)

Flavienne Charlotte Ngo Binya:« Mes saucissons de poisson sont très appréciés »

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 Qu’est ce qui vous a motivé à fabriquer les saucissons à base de poisson ?

 J’ai une formation d’ingénieur en transformation et contrôle qualité des produits halieutiques. L’idée de fabrication des saucissons de poisson fait partie intégrante de la formation. Mais il faut savoir que c’est mon esprit entrepreneurial qui m’a motivé à revisiter le saucisson de viande. Déjà étant petite j’ai toujours des idées novatrices et après mes études je me suis dit, pourquoi ne pas me lancer dans la fabrication des saucissons de poisson surtout que personne n’avait jusque là eu cette idée. Notre entreprise, Country Food, n’est pas seulement spécialisée dans la fabrication des saucissons de poisson. Country Food a deux domaines notamment la confiserie (confiture d’ananas) et la charcuterie (saucissons à base de poisson). Nos saucissons sont faits à base de différents types de poisson notamment le Tilapia, le Bar, le Brochet…

Quel est à ce jour votre capacité de production ?

A ce jour, nous produisons plus de 350 barres de saucisson par semaine. En effet, la production dépend de la demande parce que nous évitons que les produits restent en stock pendant longtemps. Nous cherchons actuellement d’importants clients c’est-à- dire que des personnes qui pourraient prendre de grande quantité pour la distribution. Ce n’est pas évident d’imposer un nouveau produit sur le marché. Donc on peut produire 300 à 350 voire 500 barres de saucisson par semaine en fonction des commandes.

Pensez-vous que les produits made in Cameroon particulièrement les vôtres sont prisés par les Camerounais ?

Les Camerounais apprécient énormément les produits made in Cameroon. Cela fait un an et demi que je suis présente sur le marché camerounais et jusqu’ici mes produits n’ont pas eu de retour négatif. Je pense que se sont des produits qui sont certes appréciés mais ils ne sont pas encore véritablement connus de tous. Nos produits sont à la portée de tous parce que nous essayons de faire des prix préférentiels.

Quelles sont vos difficultés ?

 Notre principale difficulté en ce moment est la vente et la distribution des produits. C’est un problème majeur auquel notre entreprise fait face parce qu’on peut produire des tonnes mais si on n’arrive pas à les vendre cela ne sert à rien. L’autre difficulté est de faire connaitre le produit. La plupart des supermarchés sont réticents à l’idée de prendre sur eux la communication d’un tel produit qu’ils ne maitrisent même pas. La majorité de nos rejets dans ces supermarchés viennent du fait que ces surfaces ne connaissent pas le produit, ils trouvent que le produit est nouveau et pour cela, ils souhaiteraient qu’on prenne sur nous de faire une communication poussée c’est-à-dire une publicité nationale et internationale et ce n’est qu’à ce moment là qu’ils verront dans quelle mesure commander.

Quels sont vos projets ?

Nos projets à court et à long est de faire connaitre nos produits au Cameroun et à l’échelle internationale.

A peine entrée dans le marché camerounais et vous croulez déjà sous le poids des prix…

Exactement. J’ai reçu plusieurs prix entre août et octobre 2019 notamment le 1er prix de la femme entrepreneur camerounaise au salon de l’initiative féminin à Yaoundé, prix spécial de l’innovation à la foire des PME à Douala ; le 1er prix du Youth entrepreneurship innovation challenge et nous faisons désormais partie de Youth connect.

Autoroute Yaoundé-Douala: l’Etat recherche un partenaire pour la phase II

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Autoroute Yaoundé-Douala L’Etat recherche un partenaire pour la phase II

Le 4 mars dernier, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi a lancé un appel public international à manifestation d’intérêt pour la sélection d’entreprises ou groupement d’entreprises devant accompagner le gouvernement pour le financement, la conception, la construction, l’- exploitation et la maintenance de l’autoroute Yaoundé-Douala Bibodi-Douala ( 136 km). Cette section autoroutière se situe à la fin de la phase I actuellement en construction (échangeur de Bibodi) et la ville de Douala, en passant par Edéa, avec une vitesse de référence 90 km/h. L’approche que préconise le Mintp repose sur un Partenariat Public-Privé (PPP), afin de permettre de mettre à profit l’- expertise du secteur privé. A cet effet, Emmanuel Nganou Djoumessi se propose de confier ce projet à un partenaire qui aura démontré son expérience, son expertise, son intérêt, ses ressources et son potentiel ainsi que toutes les qualités nécessaires pour mener à bien ces travaux, peut-on lire dans la note portant lancement de ces travaux. Les travaux à mener sur ce tronçon autoroutier portent sur : cinq échangeurs (Bodmon pk 99), Edéa Est (132), Logbadjeck pk 161, Dibamba Beach pk 182 et Douala pk 194. Deux grands ouvrages de franchissement sont également projetés, notamment la construction du pont sur la Dibamba 250m, et la construction du pont sur la Sanaga (500m). Trois brettelles routières sont également prévues reliant l’autoroute à la nationale No 3 à l’Est d’Edea, au contournement d’Edea à l’Ouest et à Dibamba Beach. En ce qui concerne les caractéristiques, l’Etat prévoit 2×2 voies extensibles vers l’intérieure ultérieurement si le trafic l’exige, à 2×3 voies. Deux chaussées de 7,50 m chacune, deux bandes d’arrêt d’urgences de 3 m de largeur, deux bandes dérasées de gauche de 1 m chacune, une bande médiane de 9 mètres, une berne côté extérieur de 0,50 mètre de largeur, un arrondi de talus de 0,50 mètre de largeur en remblai ou n dispositif de drainage en déblai. Les dossiers de candidature doivent être déposés au ministère des Travaux Publics au plus tard le 21 mai 2020.

Par Junior Matock ( DA 462)

Infrastructures : le Mintp évalue l’évolution des chantiers routiers dans le sud

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Infrastructures : le Mintp évalue l’évolution des chantiers routiers dans le sud

Du 4 au 7 mars dernier, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi a visité les différents chantiers routiers en cours dans la région du Sud. Dans chacun de ces chantiers, il a pris la peine de s’arrêter pour faire le point sur l’évolution des travaux et s’enquérir des difficultés que rencontrent les entreprises en charge de la réalisation de la construction de ces routes.

Sangmelima-Bikoula : les travaux ont repris

Sur l’axe Sangmélima-Bikoula, long de 65 km, l’on a pu constater que les travaux ont repris. Et ce après l’arrêt observé sur la première section Sangmélima-Ouesso, causé par la suspension des financements par les bailleurs de fonds, de l’occupation des emprises et du faible déploiement de l’entreprise. Le 5 mars dernier, Emmanuel Nganou Djoumessi a pu se rendre compte de la reprise des activités, à travers les mouvements incessants des engins sur le terrain. Ainsi a-t-on pu apprendre de l’entreprise qu’à ce jour, les travaux sont exécutés à 62 %, pour une consommation des délais de 70 %. Dans le détail, informe-t-on du côté du Mintp « les travaux sont terminés entre les PK0+00 et PK 55+ 500 sur les zones sans obstacle et sont en cours d’exécution du de terrassement PK58+ 800 au PK65+000 ». En plus, le linéaire total des zones d’obstacles restant est de 7,2km tandis que les travaux de terrassement restant concernent 4km sur l’ensemble du linéaire. Pour lever les contraintes liées à la libération des emprises, le Mintp a prescrit le payement anticipé des populations qui sont encore sur l’emprise du projet, de même que le déploiement du Matgenie pour l’achèvement des travaux de terrassement.

Section Mintom-LéLé: fin des travaux prévus pour juin 2020

Sur la section Mintom-Lélé longue de 67,50 km, l’équipe descendue sur le terrain a pu se rendre compte que la circulation s’effectue sur une plateforme bitumée d’un bout à l’autre du tronçon. Les travaux ) effectuer sur cet axe portent sur la construction d’une route dont la structure de chaussée est composée d’une couche de fondation de 30cm de grave latéritique; d’une couche de base de 20cm de grave concassée; d’une couche de revêtement de 5cm de béton bitumineux avec une vitesse de référence de 80km/h en rase campagne et 60km/h en agglomération, d’après les explications données par le Mintp. En ce qui concerne les caractéristiques géométriques de la route, l’on apprend que outre son linéaire de 67,5km la largeur de la plate-forme est de 11,5m; la chaussée est de 2×3, 75m revêtue. Les pentes quant à elles sont revêtues en béton bitumineux et les accotements au niveau des pentes, en bicouche. L’avancement global des travaux se situe à 76,35 % pour un taux de consommation des délais de 77,50 au 02 mars 2020. Aussi apprend-on que dans le cadre de ces travaux, un pont est en construction à Lélé, il est fait de batteries de dalots ayant pour particularité, des fondations ferraillées. Routes communales : travaux en cours dans la boucle du Dja

Sur le réseau communal du Dja et Lobo situé dans la commune de Meyomessala, les travaux sont en cours en vue de faciliter l’acheminement des productions agricoles vers les marchés et autres points de consommation. Sur les trois itinéraires qui couvrent un linéaire de 62 km, les travaux concernent l’itinéraire Ndjom Ekombo-BiboukemanMessock-carrefour Bidjong; carrefour Bidjong-Biboulemam que l’itinéraire carrefour Zoumeyos-Mekin. Il est question ici de poser un tapis d’enrobés de 5cm pour les deux premiers tronçons et à réhabiliter le tronçon carrefour Zoumeyos –Mekin, à travers la construction ou la réparation des ouvrages et la réadaptation de la chaussée actuelle en couche de fondation entre autres. En termes de facture, l’on a appris que le coût total de ces interventions s’élève à plus de 14 milliards de francs CFA. Et pour ce qui est du taux d’avancement des travaux, il se situe à 25,80 % en ce début de mois de mars. Les difficultés majeures rencontrées par le projet portent sur « le payement des décomptes et la libération des emprises à travers le déplacement de la fibre optique ». L’entreprise chargée de la réalisation de ce marché à savoir Arab Contractor, est à l’attente d’une prolongation des délais pour l’élaboration d’un nouveau planning, a-t-on appris.

Mengong-Sangmelima : l’occupation des emprises freine l’évolution des travaux

Rendu à quelques mois de la fin du projet, l’évolution des travaux sur la route Mengong-Sangmélima est freinée par des problèmes d’occupation des emprises sur sept points le long des 74 km de l’itinéraire. Au cours de la visite du Mintp, l’on appris que pour contourner les difficultés, l’entreprise chargée de la réalisation des travaux a ouvert plusieurs fronts de travail, notamment à Mepho du point kilométrique 73+600 au point kilométrique 73+ 880 sur 280m; à Akak sur 150m; à Nkolngwa sur 1000m; à Oveng sur 200m; à Nselang sur 200m et à Eminevom sur plus de 2000m. Par ailleurs, explique-t-on du côté du Mintp, « les réseaux Camtel, ENEO et Nextell attendent d’être totalement déplacés. Toute chose qui ne permet pas à l’entreprise de tenir son chronogramme tel que souhaité par elle et le Maître d’ouvrage ». Dans le département de la Mvila particulièrement, de nombreuses tombes ont encore été dénombrées. Et il a été recommandé au cours de la concertation présidée par le Mintp, un dénombrement exact de ces dernières après identification, afin que les diligences nécessaires puissent être effectuées. Pour le reste, le taux d’exécution global des travaux se situe à 68 %. L’entreprise rassure sur l’achèvement des travaux le 23 décembre 2020. Il convient en outre de souligner que le projet de construction de la route Mengong-Sangmelima porte sur « la réalisation d’une route neuve de 74km de long et 11,5m de large y compris les accotements; la réalisation de 82 ouvrages hydrauliques, d’une station de pesage bi-blocs et d’un pont de 30 mètres de long sur la rivière Lobo ». Pour cette première section visitée par le Mintp, les équipes de ce département ministériel informent que « la couche de roulement est mise en œuvre sur 44,30 km sur les 74km, soit un pourcentage de 60 %. L’avancement global des travaux se situe à un taux de 68 % pour une consommation des délais de 84,31 % au 02 mars 2020. Les terrassements sont effectués sur 48,18km; la couche de fondation est mise en œuvre sur 46,22 km; la couche de base sur 44,59km ». Il y a lieu de souligner que la construction de cette route est financée entièrement par le Budget d’Investissement Public à hauteur de 57 milliards de francs CFA pour ce qui est des travaux. Le planning de l’entreprise prévoit une fin des travaux en décembre 2020, si toutes les contraintes sont levées; les plus importantes étant la libération des emprises sur près de 21 kilomètres, d’après des sources du Mintp.

Par Junior Matock (DA 462)

Portrait : Adamou Ndam Njoya et ses trois « opposants » de toujours

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Dimanche 8 mars 2020, le Docteur Adamou Ndam Njoya, né le 8 mai 1942, a été définitivement porté en terre dans sa ville natale de Foumban. Dès l’annonce de son décès la veille, les hommages ont fusé des quatre coins du pays et même de l’étranger. Et pour cause : le fondateur de l’Udc, dont il aura été le président de 1991 jusqu’à sa mort, aura eu une assez longue et riche carrière politique et administrative. Une trajectoire essentiellement marquée par l’adversité. Et qui se résumerait en trois visages : le président Paul Biya, le sultan Ibrahim Mbombo Njoya et Ni John Fru Ndi, le leader historique de l’opposition camerounaise.

PauL BIYA, pas assez lettré et très peu compétent pour le diriger

Le moins que l’on puisse dire est qu’Adamou Ndam Njoya avait une très haute image de sa personne. Revendiquant volontiers son extraction aristocratique, il tenait comme à la prunelle de ses yeux à ce que sa stature d’intellectuel « surdiplômé » lui soit reconnue erga omnes. C’est ainsi que lui, le Docteur d’Etat en Droit international public et science politique, supportait très peu ces administrateurs qui gouvernaient le Cameroun. Car pour lui ils étaient à peine lettrés, voire des illustres incultes, pas assez compétents pour diriger le Cameroun. C’est notamment le cas du président Paul Biya, du temps où il fut premier ministre. Il faut dire qu’en 1975, alors que Paul Biya est nommé à la tête du gouvernement du Cameroun, et fait successeur constitutionnel du président Ahmadou Ahidjo, Adamou Ndam fait également son entrée au gouvernement en tant que vice-ministre des affaires étrangères. Très tôt les premières dissensions naissent entre les deux individus, Adamou Ndam Njoya préférant rendre compte directement au président et non au premier ministre. Il convient de préciser qu’Adamou Ndam Njoya était avant tout le fils de Njoya Arouna, ami très personnel et comparse de lutte politique d’Ahidjo, dont il a été le bras droit et le ministre pendant la première décennie d’indépendance. C’est en grande partie grâce à cela que malgré ces incartades, Adamou Ndam Njoya est tout de même promu ‘’ministre plein’’ à l’éducation nationale en 1977. C’est à ce poste qu’il gagnera sa réputation d’homme rigoureux et intègre avec l’instauration d’une « nouvelle éthique » dont l’un des éléments majeurs sera la fameuse « colle » qui interdisait de participation aux examens les candidats qui auront eu moins de 5 de moyenne ou qui se seront rendus coupables des faits de fraudes. Naturellement l’opinion publique goute très peu ces mesures qui condamnent tout simplement à la déscolarisation les concernés, alors que l’objectif de l’éducation ne devrait pas être une sanction irréversible mais bien d’offrir une chance d’ascension et de rémission à tous. Rappelé plusieurs fois à l’ordre, y compris par l’entremise de son ami d’alors, Jean Fochivé, Adamou Ndam Njoya n’en fera qu’à sa tête. Prenant un malin plaisir à snober le premier ministre. Une anecdote voudrait que suite à la controverse suscitée par certaines de ses décisions et orientations au ministère de l’éducation nationale, Adamou Ndam Njoya, comme à son habitude, aurait directement saisi le président Ahidjo, afin de lui expliquer la situation. A la question de ce dernier de savoir pourquoi il n’avait pas adressé cette correspondance au premier, chef du gouvernement, la réponse d’Adamou Ndam Njoya aura été cinglante : Paul Biya n’a tout bonnement pas le niveau intellectuel et surtout académique pour comprendre les reformes qu’il a engagées. Ahmadou Ahidjo, simple diplômé de l’école supérieur de Yaoundé et tout juste agent télégraphiste de profession, aurait pris cette réponse comme une véritable offense personnelle. C’est donc tout naturellement qu’Ahidjo, déjà engagé dans la perspective de confier les rênes du pouvoir à Paul Biya, et très conscient du peu de considération que Ndam Njoya avait pour ce dernier, va le sortir du gouvernement en décembre 1981. Il sera numériquement remplacé, en tant que Bamoun, par Ibrahim Mbombo Njoya. Un autre adversaire de toujours.

Ibrahim MBOMBO NJOYA, le ‘’frère’’ qu’il n’aimait pas tant !

Ce chassé-croisé est surement le fondement de l’adversité qui aura perduré pendant des décennies entre Adamou Ndam Njoya et le sultan roi des Bamoun. Basculant même tout simplement en inimitié personnelle. En effet, c’est peu de choses que de dire que ces deux personnalités ne s’appréciaient guère. Alors qu’en principe, bien de choses les rapprochaient. Tous deux originaires de Foumban, Adamou Ndam Njoya et Ibrahim Mbombo Njoya étaient des cousins éloignés. Mieux encore, leurs deux parents étaient de solides partenaires politiques en plus de leurs affinités familiales très poussées. Ainsi, lorsqu’Ibrahim Mbombo Njoya va faire ses études en France à la fin des années 1950, c’est en compagnie du sénateur Njoya Arouna qu’il effectuera son voyage. Et c’est dans le domicile de ce dernier qu’il sera hébergé durant une bonne partie de cette pérégrination intellectuelle. D’autre part, Adamou Ndam Njoya aura été toujours été considéré comme le ‘’fils adoptif’’ du défunt sultan Njimoluh Seidou, qui l’aimait tant et qui va l’anoblir dans les années 1980. Ce qui va lui attribuer son titre traditionnel de « Nji ». Mais, jaloux de son statut de « lumière du Noun », Adamou Ndam Njoya n’acceptera jamais d’être éclipsé par Ibrahim Mbombo Njoya. Bien que celui-ci soit le « représentant » des Bamoun au gouvernement et surtout prince de sang. Alors que Ndam Njoya est de noblesse palatine, ou plus simplement de fausse notabilité. La restauration du multipartisme au début des années 1990 couplée à l’accession au trône royal par Ibrahim Mbombo Njoya ne va pas du tout arranger les choses. Bien au contraire, les relations entre les deux personnalités vont totalement se détériorer, après quelques années de paix de braves et de façade. Et le premier affrontement direct aura lieu lors des élections municipales de 1996 où Adamou Ndam Njoya et Ibrahim Mbombo Njoya sont tous deux candidats. Le premier l’emportera sur le second. Mais, le sultan n’aura pas dit son dernier mot. Et ce, jusqu’aux dernières élections locales. Cristallisant ainsi l’une des adversités les plus épiques du landerneau politique camerounais.

NI JOHN FRU NDI, le « Bamenda » derrière lequel il ne saurait s’aligner

Le 25 aout 1992, Paul Biya convoque le corps électoral pour le scrutin présidentiel du 11 octobre 1992. Décidée à en découdre avec le régime en place, l’opposition décide de mettre sur pieds une coalition dénommée « Union pour le changement ». A bien des égards, celle-ci se veut le prolongement de la coordination des partis d’opposition née dans la mouvance des assises de la conférence tripartite d’octobre-novembre 1991. Très vite, le dévolu est jeté sur Ni John Fru Ndi comme porte-étendard de l’opposition. Adamou Ndam Njoya ne l’entend pas de cette oreille et décide de faire cavalier solitaire. Considérant qu’il ne pouvait aucunement s’aligner derrière Fru Ndi, petit « libraire illettré », comme il aimait bien l’appeler. En fait, depuis la fin de la tripartite, les deux hommes étaient très loin de filer du bon coton. Adamou Ndam Njoya étant accusé d’avoir trahi l’opposition en mettant fin aux villes mortes par la signature de la fameuse déclaration du 13 novembre 1991. Mais, l’issue des élections donneront tort à Adamou Ndam Njoya, car Ni John Fru Ndi s’en sortît officiellement avec plus de 35% des suffrages valablement obtenus. Alors que le fils du Noun n’arrivait pas à franchir la barre de 5%. Il ne fera d’ailleurs jamais lors des quatre élections présidentielles auxquelles il prendra part. Comme notamment en 2004. En cette année, les Camerounais sont une fois de plus conviés aux urnes pour élire leur président de la république. Les opposants, conscients de leurs échecs successifs, et surtout pressés par la rue qui leur demande de taire leur divergence, afin qu’advienne enfin l’alternance, décident de mettre sur pieds une coalition. Des critères sont élaborés. Ils vont l’exigence de l’intégrité morale au bilinguisme des candidats. A l’issue du processus de désignation, Adamou Ndam Njoya est désigné. Ni John Fru Ndi et le Sdf claquent la porte, en arguant que ce n’est pas à la mer de se reverser dans le fleuve, mais bien le contraire. Forts de leur force parlementaire et de la popularité de leur leader. Ils n’auront pas véritablement tort car au sortir du scrutin, Adamou Ndam Njoya, bien que porté par la coalition, fera 4,5%. Alors que Fru Ndi culminera à plus de 17 %. Il faut dire qu’Adamou Ndam Njoya, contrairement à Fru Ndi, n’était pas un homme du grand peuple. Le port altier et la posture volontairement aristocratique, il n’aimait guère se mêler au peuple dont il voulait pourtant être le « guide ». Et celui qui semble le mieux le résumer est l’opposant Djeukam Tchameni qui a écrit : « le Président Ndam Njoya était avant tout un aristocrate, conscient et fier de son sang royal au nom duquel il s‘obligeait à une discipline personnelle et exigeait des autres un respect et une reconnaissance d’une dignité acquise par droit de naissance. Auréolé par la rigueur qu’il avait instituée lors son passage au ministère de l’éducation nationale sous Ahidjo, il cultivait avec soin son image d’homme intègre et ne doutait point de son destin présidentiel. Son parti l’UDC ne parvient malheureusement pas à se départir de la camisole départementale que le régime lui fit porter de gré ou de force. Toutefois, sa contribution pour la démocratisation du Cameroun a été remarquable et remarquée et l’histoire lui en saura gré. »

Par Moussa Njoya, Politologue ( DA 462)

Japon 2020 : Les Lionnes passeront par le Chili

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En match retour du 5ème et dernier tour éliminatoire des Jeux olympiques (JO) Japon 2020, les Lionnes indomptables viennent de se faire battre par les Copper queens de la Zambie (2-1). D’abord menées, les filles d’Alain Djeumfa qui étaient attendues à l’égalisation, ont plutôt laissé l’adversaire creuser l’écart à 2-0. Il faudra attendre vers la fin de la partie pour voir les visiteuses réduire l’écart à un but.

Mais il se faisait tard pour remonter la pente. Le match se termine sur ce score de 2-1. A l’aller à Yaoundé, le Cameroun avait certes remporté la partie, mais avec un score moins important. Les pouliches d’Alain Djeumfa avaient gagné par 3-2. En cumulant les deux matchs, les deux équipes sont à égalité, mais le nombre de buts inscrits à l’extérieur est supérieur pour les Zambiennes. Et se qualifient d’office pour le Japon.

Le Cameroun avait pourtant un pied au Japon et un en Zambie. Il n’a pas su négocier la traversée complète. Du coup, le pays des Lionnes indomptables garde la même position, mais cette fois-ci avec un pied en terre chilienne. En avril prochain, il faudra négocier le passage vers le Chili. Une demi-place prévue entre les zones Afrique et Amérique centrale. Cette fois-là, plus aucun faux pas ne sera permis, si les Lionnes indomptables tiennent à prendre part à ses deuxièmes jeux olympiques sur le terrain du football féminin.

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