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Parlement : La succession de Niat et Cavaye ouverte

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Ce mardi 10 mars 2020 était jour de rentrée pour les parlementaires camerounais. Et comme il est de coutume, l’ouverture de la première session de l’année sera principalement consacrée à l’élection des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat. En coulisses, les alliances se forgent en vue de potentielles candidatures. La succession de Cavaye Yéguie Djibril et de Niat Njifenji est en jeu. Et elle pourrait aboutir à l’élection (désignation) de nouveaux patrons à la tête de la Chambre basse et de la Chambre haute du Parlement.

Cavaye hors-course ?

Du côté de l’Assemblée Nationale, on est moins sûr que l’honorable Cavaye Yéguie Djibril qui trône à la tête de l’hémicycle depuis 1992, sera réélu. Encore moins candidat désigné par le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), majoritaire. Depuis plusieurs mois, « le président de l’Assemblée nationale est en évacuation sanitaire en France », dit-on au siège de l’institution située à Ngoa-Ekelle (Yaoundé). L’homme n’est rentré au pays que ce samedi. « Si le très honorable n’est pas de retour avant le jour de l’élection, il ne pourra donc pas briguer un nouveau mandat à la tête de l’Assemblée nationale », précisait déjà un employé de l’hémicycle. Plusieurs noms sont évoqués pour palier à une éventuelle absence de Cavaye Yéguie Djibril notamment celui de l’honorable Théophile Baoro, député Rdpc du Mbéré dans la région de l’Adamaoua. Celui qui pourrait être appelé a remplacé Cavaye Yéguie a l’avantage de bien connaître la maison. Membre du Bureau politique du Rdpc, il est député de l’Assemblée nationale depuis quatre mandats. Cet inspecteur principal des régies financières était d’ailleurs jusqu’à la dernière mandature, l’un des vice-présidents de la Chambre basse du Parlement.

Niat en pointillés

Au Senat, on devrait aussi s’attendre à un renouvellement de la classe dirigeante. En effet, Marcel Niat Njifenji qui préside le Sénat depuis 2013 serait encore convalescent. Après une longue période d’absence au Cameroun pour cause de maladie, il est finalement revenu le 28 janvier dernier. Des sources proches de sa famille indiquent que le président du Senat serait contraint d’observer une longue période de repos médical. Ce qui qui ne lui permettrait pas de se présenter candidat à la présidence du Senat. Pour lui succéder, plusieurs sources citent le sultan Ibrahim Mbombo Njoya.

Par Joseph Essama

Liberté de la presse : quand Atanga Nji ruine l’image du gouvernement

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En menaçant de représailles les médias et organisations de la société civile qui montrent une certaine indépendance, le ministre de l’Administration territoriale donne du gouvernement l’image d’un régime liberticide.

A Yaoundé, le ras-le-bol s’affiche à la Une de certains journaux parus mardi et mercredi derniers. « Atanga Nji, sinistre de la communication », titre le quotidien Le Jour. « Quand Atanga Nji menace de sévir », lâche La Nouvelle Expression. « ONG et médias privés : Atanga Nji étouffe de rage », indique Mutations. Alors que Le Messager emploie des mots plus durs : « Paul Atanga Nji, le ‘’fou’’ du roi ». Tout est parti d’un point de presse donné par le ministre de l’Administration Territoriale (Minat), le 9 mars dernier à Yaoundé. Ce jour-là, Paul Atanga Nji s’en est ouvertement pris à certains organes de presse privés. Leur crime ? Avoir relayé des informations contenues dans les rapports d’ONG internationales sur les cas de « violations des droits de l’homme » dans les régions du NordOuest et du Sud-Ouest du Cameroun. « Pour bien me faire comprendre, a–t-il déclaré, je vais employer cette métaphore bien connue : celui qui vend les œufs ne doit pas chercher la bagarre. Equinoxe TV, STV, Radio Balafon et le journal Le Jour sont particulièrement et singulièrement interpellés. Le Cameroun n’a pas besoin d’une radio mille collines ». L’ImAge Du gOuveRnement teRnIe Ce n’est pourtant pas la première fois que Paul Atanga Nji s’en prend aux journalistes et aux principes de la liberté d’- expression. Mais cette autre sortie jugée « hasardeuse » a surtout remis une couche sur l’image déjà ternie du gouvernement, et même sur la méthode de gouvernance qui est désormais attaquée de toute part. « Atanga Nji n’a pas la stature d’un ministre du gouvernement ou mieux, d’un homme d’Etat », tranche Christian Tchapmi. Le rédacteur en chef du quotidien Le Messager pense que le Minat manque de finesse, de charisme et de tact dans sa prise de parole et de décisions. « Il brille par sa maladresse, son habitude de va-t-en guerre et ses sorties médiatiques presque toujours explosives. Il ne sait pas ce qu’on appelle [avoir] de la mesure dans les propos ; il dégaine et s’en fout des conséquences. Il aime faire le show, masquer son impuissance à gérer un ministère comme le Minat derrière de fausses accusations et des fauxfuyants ».

Ce qui choque davantage certains confrères, c’est le ton et aussi les accusations portées par Paul Atanga Nji. « Le ton utilisé par le ministre Atanga Nji ne sied pas aux circonstances. Il accuse un certain nombre de médias d’avoir perçu de l’argent pour ‘’déstabiliser’’ le Cameroun. Venant d’un ministre, on ne peut pas tenir de tels propos avec autant de légèreté. Le ministre de l’Administration Territoriale devrait avoir un peu plus de mesure. Il a une fougue qui n’est pas digne de la fonction qui est la sienne, quelles que soient les circonstances », commente Jean Bruno Tagne, journaliste. Au sein de la rédaction du quotidien Le Messager, l’on est catégorique : les multiples sorties médiatiques de Paul Atanga Nji ne peuvent que contribuer à ternir l’image du gouvernement qui déjà n’a pas bonne presse. « Il n’est finalement qu’un pompier-pyromane, habitué du déni de la réalité mais toujours au-devant de la scène pour tenter d’éteindre le feu. Pourtant, le poste de ministre de l’intérieur confère à son occupant une certaine diplomatie, une finesse et une grandeur d’esprit. Il doit être le reflet de la politique intérieure du pays, le premier gardien de l’image de la Nation. Atanga Nji, lui, aime le tape-à-l’œil, l’agitation, la précipitation, la maladresse, l’esbroufe pour dire le moins », poursuit Christian Tchapmi.

Le Cameroun sous régime dictatorial ?

Les attaques verbales à répétition de Paul Atanga Nji répugnent en effet certains patrons de presse qui n’en peuvent plus de supporter son « manque d’élégance » et ses « sorties sans filtre ». Au point où d’aucuns estiment que le chef de l’Etat Paul Biya ferait mieux de s’en débarrasser. « C’est une sortie maladroite qu’on ne peut pas enregistrer dans un système qui a pour intention d’aller vers une démocratie. Si le Cameroun a l’intention de démocratiser son système, ce ministre ne mérite pas d’occuper son poste », a réagi Xavier Messe, directeur de la chaine Humanitarian TV, dont les propos sont relayés par Camer.be. Et de poursuivre : « Les journaux ont juste relayé les informations et lorsqu’une ONG publie un rapport sur le Cameroun, la seule possibilité de répondre à ces ONG c’est de donner les arguments solides et contradictoires. Annoncer la fermeture des organes de presse ou qualifier un organe de radio mille collines est une réaction dictatoriale ». « Dans les circonstances qui sont celles du Cameroun, le gouvernement n’a pas besoin d’ouvrir un autre front contre la presse, alors même qu’il n’a pas encore fini avec la crise sécuritaire qui a déjà endeuillé de nombreuses familles camerounaises et qui met notre pays en difficulté face à la communauté internationale », renchérit Jean Bruno Tagne.

Jeu d’intérêts ou jeu de dupes ?

Pourtant, à travers ses différentes sorties, Paul Atanga Nji se pose en défenseur des intérêts de la République et de son président. Mais à force, son attitude vis-à-vis de la presse (et de certains partis politiques de l’opposition) laisse peser des doutes sur ses réelles motivations. « Atanga Nji sait sur quel levier activer pour détourner l’attention et démontrer au président de la République qu’il est l’homme de la situation. Sa posture de Secrétaire permanent du Conseil national de la sécurité lui fait pousser des ailes et il se croît superpuissant, intouchable, indétrônable », conclue le rédacteur en chef du Messager.

Une « certaine presse » épargnée

Dans le fond, les menaces de Paul Atanga Nji sont bien ciblées. Elles ne concernent qu’une infime catégorie d’organes de presse privés. Certains journalistes s’étonnent d’ailleurs de ce que le Minat fait à chaque fois abstraction des bévues de ces médias réputés « proches du gouvernement, qui à longueur de journée font l’apologie du tribalisme en distillant foncièrement des messages de haine vis-à-vis d’une tribu bien précise. Ou appellent à la violence contre les femmes et la diaspora anglophone ». « Ceux des médias que le ministre Atanga Nji attaque ne sont pas les plus mauvais qu’on a dans ce pays, assure Jean Bruno Tagne. Au contraire, ce sont ces médias qui essaient de faire un travail journalistique remarquable. La pègre journalistique qu’on a au Cameroun semble être les alliés du ministre. Et il attaque malheureusement les quelques rares médias libres et indépendants qu’on a encore dans ce pays, et protège curieusement toute la pègre journalistique qui ternit l’image de ce digne métier ». Le journal Le Jour d’Haman Mana peut alors se montrer laconique : « Avec un certain ministre, le Cameroun n’a effectivement pas besoin d’une radio mille collines pour s’embraser ».

Christophe Guilhou, ambassadeur de France au Cameroun : « La France soutient l’intégrité territoriale du Cameroun »

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Monsieur l’ambassadeur, vous êtes au Cameroun depuis la fin du mois de juillet 2019, qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans ce pays depuis votre arrivée ?

 Ce qui m’a marqué depuis mon arrivée, c’est une extraordinaire effervescence. En venant ici, je n’imaginais pas de rencontrer un tel dynamisme. Je suis les affaires du Cameroun depuis le Quay D’Orsay il y’a environ 25 ans. Ce que je ne percevais pas, c’est la capacité à la fois des Camerounais à être tout le temps dans l’initiative et d’être doté d’un dynamisme assez impressionnant. La deuxième observation, c’est l’excellente formation en général dans tous les domaines. C’est assez exceptionnel ! Le Cameroun a une population assez variée qui est son premier signe de richesse, et surtout les Camerounais ont compris l’importance de l’éducation et de la formation avec une rigueur dans ce domaine qui est assez rare. J’ai beaucoup voyagé en Afrique et ailleurs, je vous rassure je suis assez impressionné de la formation que les Camerounais reçoivent et des exigences de cette formation.

Vous arrivez au Cameroun alors que le pays traverse une grave crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest quelle est la lecture que vous faites de ce conflit ?

C’est un conflit qui a duré depuis presque quatre ans, nous nous réjouissons du fait que le président Biya ait lancé au mois de septembre dernier, une phase politique pour montrer bien que la question militaire n’allait pas régler le problème au Nord-Ouest et au Sud-Ouest. C’était l’ouverture au Grand Dialogue National (GDN). Des recommandations y ont été adoptées et elles ont ensuite été traduites par des textes de loi. Maintenant, ces textes de loi sont mis en œuvre à travers la décentralisation que nous soutenons. Cette mise en œuvre de la décentralisation est la matérialisation des demandes qui ont été faites par les acteurs qui ont participé au GDN. Nous encourageons cela et nous sommes disponibles et prêts à accompagner cet effort de décentralisation, notamment par la formation des gens qui seront chargés de mettre en œuvre ce niveau nouveau dispositif au Cameroun, un pays historiquement centralisé depuis des dizaines d’années. Nous sommes prêts à partager notre expérience dans ses points positifs et ses points négatifs. Au-delà des textes législatifs et administratifs, nous encourageons tout ce qui peut encourager et constituer la reconstruction et le développement. Nous voulons montrer aux jeunes qui ont les armes aujourd’hui qu’il y’a une alternative et que la guerre n’est pas une fin en soi. L’utopie d’avoir un Etat indépendant est complètement irréelle. Il faut laisser tomber les armes, il faut travailler et participer au développement du pays qui a de réelles opportunités. Nous sommes prêts à accompagner cela, c’est d’ailleurs ce qu’a exprimé Jean Yves Le Drian, quand il est venu ici. Il a engagé la France sur un plan de contribution à la reconstruction du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Et nous ferons tout ce que nous pourrons, à la fois nous et nos entreprises. Moi-même j’ai eu l’occasion de me déplacer deux fois à Buea, et j’ai montré très concrètement l’engagement de la France aux cotés des jeunes du SudOuest à l’égard des pépinières d’entreprises, des startups et nous les avons encouragés.

De par sa dimension politique, ce conflit semble avoir occulté la lutte anti-terroriste contre Boko Haram dans le Septentrion. Est-ce votre analyse ?

Ce sont deux cas complétement différents. Le cas du Nord-Ouest et Sud-Ouest est un sujet Camerouno-Camerounais. Le cas de l’Extrême-Nord est un sujet Nigeriano-camerounais où le Cameroun subissait les conséquences de ce qui se passait au Nigeria avec le développement de Boko Haram. L’un est donc un conflit interne et l’autre un conflit externe. Le Cameroun souffre de cela, puisque ces forces de sécurité sont engagés dans l’Extrême-Nord pour défendre les frontières et empêcher les infiltrations. Les forces armées camerounaises sont soumises à rude épreuve et cela pèse sur la question du Nord-Ouest et Sud-Ouest et fait peser un gros effort budgétaire sur les ressources de l’Etat. Mais ce sont deux situations différentes, qui pèsent sur les troupes dans les deux localités et cela a, bien entendu, un impact sur l’économie. On considère qu’un tiers des activités des entreprises a été impacté par la situation dans le Nord-Ouest et Sud_Ouest. A l’Extrême-Nord, ce sont aussi les questions de développement qui sont à l’origine des attaques de Boko Haram, des attaques et pillages et de toutes les horreurs qu’on vit régulièrement.

On n’a pas tellement entendu la France prendre une position ferme contre les milices séparatistes et leurs soutiens financiers qui semblent jouir d’une totale impunité en occident. Quelle est votre position à ce sujet ?

En France à ma connaissance on n’a pas de leader sécessionniste installé. La position de la France est claire, nous soutenons l’intégrité territoriale du Cameroun. Il n’est pas question d’avoir une partie de l’Etat qui se détache. Nous soutenons l’unité du Cameroun. S’agissant de la situation dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest, ce sont des situations que nous suivons attentivement. Vous avez entendu le président de la République française, s’exprimer sur le sujet. Vous avez également entendu la déclaration du porte-parole du ministère des Affaires Etrangères sur ce qui s’est passé il y’ a quelques jours à Bamenda. Ce sont des situations dans lesquelles nous sommes intervenus pour condamner fermement les attaques contre des populations civiles.

Certains accusent la France d’héberger sur son sol des individus qui soutiennent la lutte armée au Cameroun et qui commettent des actes violents, notamment le saccage de l’ambassade du Cameroun à Paris et les agressions des autorités camerounaises et autres artistes qui ne partagent pas leurs opinions politiques. Paris a-t-il conféré une immunité à ces gens ?

Nous ne damnerons pas des individus ou des organisations parce qu’ils s’en sont pris aux signes de l’autorité camerounaise en France. Nous avons une population et dans cette population, certains ont saccagé l’ambassade du Cameroun en France, ces gens sont poursuivis par la justice. Des gens en manifestant ont porté atteinte, détruit et saccagé l’ambassade du Cameroun en France, ils répondront de leurs actes devant la justice. Nous ne défendons pas les gens qui sont allés saccager, au contraire, nous laissons la justice faire son travail.

Les récents propos du président Emmanuel Macron ont été perçus par une partie de l’opinion comme méprisants, vis-à-vis du Cameroun et son président. En avez-vous parlé lors de votre dernière entrevue avec le président camerounais ?

Nous avons évoqué les propos d’Emmanuel Macron. Et pour le président Paul Biya, la crise qui a provoqué ces propos est derrière nous. La France et le Cameroun ont beaucoup trop d’intérêts et une relation très ancienne, que tout passe et on se projette sur l’avenir dans tous les domaines. Nous sommes très attentifs sur la situation dans le Nord-Ouest et des conclusions qui seront tirées de la tragédie de Ngarbuh. Nous souhaitons et nous l’avons réaffirmé, que toute la lumière soit faite sur cette tragédie et que les auteurs de cette tragédie soient traduits en justice.

Le président Paul Biya vous a-t-il donné des assurances quant à la suite de certains dossiers économiques d’importance, tels que le terminal à conteneurs du port de Douala ou encore le redressement fiscal de certaines Grandes industries brassicoles ?

Nous n’avons pas évoqué la question du terminal à conteneur du Port Autonome de Douala. Il y’a une procédure qui a été lancée, le port a été repris par le Port Autonome de Douala et la concession de Bolloré a expiré le 31 décembre dernier. Les autorités ont tiré toutes les conséquences sachant qu’il y aura un nouvel appel d’offre pour savoir qui va prendre la concession du port après Bolloré. Quant aux entreprises françaises et la question fiscale, nous avons évoqué cette question et j’ai beaucoup insisté auprès du président pour que le Cameroun soit un pays beaucoup plus attractif pour les investisseurs étrangers. Il faut qu’il puisse attirer davantage de capitaux étrangers. Ce n’est pas en matraquant fiscalement les entreprises que vous arriverez à attirer de nouveaux investisseurs. Surtout pour des entreprises qui sont là depuis toujours, de grosses entreprises, comme le premier employeur privé du pays. On est dans une compétition mondiale, vous souhaitez avoir les meilleures entreprises en les mettant en concurrence les unes avec les autres, il faut aussi tenir compte du fait que le Cameroun est aussi en concurrence avec les autres pays, et de ce fait, il faut que le Cameroun rassure les investisseurs qui viennent mettre de l’argent ici qu’ils arriveront à faire du profit et que l’investissement fait au Cameroun sera profitable à leurs propres entreprises. C’est ce sujet là que nous avons évoqué. Quant à moi je ferai tout mon possible, et je l’ai déjà fait, pour faire en sorte que le Cameroun soit le plus attractif possible et qu’on ait davantage d’entreprises françaises au Cameroun. Et tout dépendra de la capacité qu’a le Cameroun à être attractif dans un système de compétition internationale et régionale.

Le sommet Afrique-France réunira 55 chefs d’Etats à Bordeaux au mois de juin prochain, quels sont les enjeux de ce sommet ? Et quels sont les projets entre la France et le Cameroun après ce sommet, pour ce qui est principalement du développement urbain durable ?

C’est un sommet que le président de la République a voulu innovent. C’est un sommet politique puisqu’il rassemblera les chefs d’Etats et de gouvernement de toute l’Afrique. Le président de la République a voulu lui donner un thème : « les villes et territoires durables ». L’idée qu’on se réunisse à Bordeaux, c’est que cette ville est un bel exemple de ville en dehors de la capitale, qui s’est beaucoup développée au cours de ces 30 dernières années. Ce que l’on souhaite, c’est que toutes les expériences qu’on a pu avoir à travers l’Afrique en matière de gestion de développement durable, puissent remonter à Bordeaux et être partagées entre les uns et les autres et c’est ce travail d’identification que nous sommes en train de faire avec les entreprises camerounaises et les jeunes camerounais. Identifier quelles sont les bonnes pratiques, qu’est ce qui a marché ici, et qui peut être partagé à Bordeaux entre les uns et les autres. L’idée c’est que, ce n’est pas la France qui dicte ce qu’il faut faire. La France est juste un facilitateur. On veut que les Africains trouvent entre africains les meilleures solutions pour les défis que représente le développement. Une grande partie de la population va être de plus en plus urbanisée, il faut anticiper tout cela avec les meilleures expériences et les meilleures initiatives. Bordeaux sera également l’occasion de mettre en valeur l’extraordinaire richesse du Cameroun, une richesse culturelle, une richesse sportive. Sur ce point nous sommes en train de travailler actuellement, mettre en valeur les grands noms de l’économie et de la vie sociale et culturelle camerounaise. Ce que je souhaite, et je pense qu’on y arrivera, c’est d’avoir une belle représentation du Cameroun qui regorge d’extraordinaire talents dans plusieurs domaines. Hier (Jeudi dernier) j’ai pu revoir Iman Ayissi un Camerounais qui est une figure mondiale en matière de couture, c’est sans équivalent. Le Cameroun a aussi des gens extraordinaires, dans le domaine du sport et du spectacle, y compris en France dans le domaine de la musique, de la chanson, c’est toute cette dynamique que nous souhaitons voir éclore à Bordeaux dans le cadre de ce sommet.

Par Joseph Essama

Portrait : Adamou Ndam Njoya et ses trois ‘’opposants’’ de toujours

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Dimanche 8 mars 2020, le Docteur Adamou Ndam Njoya, né le 8 mai 1942, a été définitivement porté en terre dans sa ville natale de Foumban. Dès l’annonce de son décès la veille, les hommages ont fusé des quatre coins du pays et même de l’étranger. Et pour cause : le fondateur de l’Udc, dont il aura été le président de 1991 jusqu’à sa mort, aura eu une assez longue et riche carrière politique et administrative.

Une trajectoire essentiellement marquée par l’adversité. Et qui se résumerait en trois visages : le président Paul Biya, le sultan Ibrahim Mbombo Njoya et Ni John Fru Ndi, le leader historique de l’opposition camerounaise.

Paul Biya, pas assez lettré et très peu compétent pour le diriger

Le moins que l’on puisse dire est qu’Adamou Ndam Njoya avait une très haute image de sa personne. Revendiquant volontiers son extraction aristocratique, il tenait comme à la prunelle de ses yeux à ce que sa stature d’intellectuel « surdiplômé » lui soit reconnue erga omnes.

C’est ainsi que lui, le Docteur d’Etat en Droit international public et science politique, supportait très peu ces administrateurs qui gouvernaient le Cameroun. Car pour lui ils étaient à peine lettrés, voire des illustres incultes, pas assez compétents pour diriger le Cameroun.

C’est notamment le cas du président Paul Biya, du temps où il fut premier ministre. Il faut dire qu’en 1975, alors que Paul Biya est nommé à la tête du gouvernement du Cameroun, et fait successeur constitutionnel du président Ahmadou Ahidjo, Adamou Ndam fait également son entrée au gouvernement en tant que vice-ministre des affaires étrangères.

Très tôt les premières dissensions naissent entre les deux individus, Adamou Ndam Njoya préférant rendre compte directement au président et non au premier ministre. Il convient de préciser qu’Adamou Ndam Njoya était avant tout le fils de Njoya Arouna, ami très personnel et comparse de lutte politique d’Ahidjo, dont il a été le bras droit et le ministre pendant la première décennie d’indépendance.

C’est en grande partie grâce à cela que malgré ces incartades, Adamou Ndam Njoya est tout de même promu ‘’ministre plein’’ à l’éducation nationale en 1977. C’est à ce poste qu’il gagnera sa réputation d’homme rigoureux et intègre avec l’instauration d’une « nouvelle éthique » dont l’un des éléments majeurs sera la fameuse « colle » qui interdisait de participation aux examens les candidats qui auront eu moins de 5 de moyenne ou qui se seront rendus coupables des faits de fraudes.

Naturellement l’opinion publique goute très peu ces mesures qui condamnent tout simplement à la déscolarisation les concernés, alors que l’objectif de l’éducation ne devrait pas être une sanction irréversible mais bien d’offrir une chance d’ascension et de rémission à tous.

Rappelé plusieurs fois à l’ordre, y compris par l’entremise de son ami d’alors, Jean Fochivé, Adamou Ndam Njoya n’en fera qu’à sa tête. Prenant un malin plaisir à snober le premier ministre. Une anecdote voudrait que suite à la controverse suscitée par certaines de ses décisions et orientations au ministère de l’éducation nationale, Adamou Ndam Njoya, comme à son habitude, aurait directement saisi le président Ahidjo, afin de lui expliquer la situation. A la question de ce dernier de savoir pourquoi il n’avait pas adressé cette correspondance au premier, chef du gouvernement, la réponse d’Adamou Ndam Njoya aura été cinglante : Paul Biya n’a tout bonnement pas le niveau intellectuel et surtout académique pour comprendre les reformes qu’il a engagées. Ahmadou Ahidjo, simple diplômé de l’école supérieur de Yaoundé et tout juste agent télégraphiste de profession, aurait pris cette réponse comme une véritable offense personnelle.

C’est donc tout naturellement qu’Ahidjo, déjà engagé dans la perspective de confier les rênes du pouvoir à Paul Biya, et très conscient du peu de considération que Ndam Njoya avait pour ce dernier, va le sortir du gouvernement en décembre 1981. Il sera numériquement remplacé, en tant que Bamoun, par Ibrahim Mbombo Njoya. Un autre adversaire de toujours.

Ibrahim Mbombo Njoya, le ‘’frère’’ qu’il n’aimait pas tant !

Ce chassé-croisé est surement le fondement de l’adversité qui aura perduré pendant des décennies entre Adamou Ndam Njoya et le sultan roi des Bamoun. Basculant même tout simplement en inimitié personnelle.

En effet, c’est peu de choses que de dire que ces deux personnalités ne s’appréciaient guère. Alors qu’en principe, bien de choses les rapprochaient. Tous deux originaires de Foumban, Adamou Ndam Njoya et Ibrahim Mbombo Njoya étaient des cousins éloignés.

Mieux encore, leurs deux parents étaient de solides partenaires politiques en plus de leurs affinités familiales très poussées. Ainsi, lorsqu’Ibrahim Mbombo Njoya va faire ses études en France à la fin des années 1950, c’est en compagnie du sénateur Njoya Arouna qu’il effectuera son voyage. Et c’est dans le domicile de ce dernier qu’il sera hébergé durant une bonne partie de cette pérégrination intellectuelle.

D’autre part, Adamou Ndam Njoya aura été toujours été considéré comme le ‘’fils adoptif’’ du défunt sultan Njimoluh Seidou, qui l’aimait tant et qui va l’anoblir dans les années 1980. Ce qui va lui attribuer son titre traditionnel de « Nji ».

Mais, jaloux de son statut de « lumière du Noun », Adamou Ndam Njoya n’acceptera jamais d’être éclipsé par Ibrahim Mbombo Njoya. Bien que celui-ci soit le « représentant » des Bamoun au gouvernement et surtout prince de sang. Alors que Ndam Njoya est de noblesse palatine, ou plus simplement de fausse notabilité.

La restauration du multipartisme au début des années 1990 couplée à l’accession au trône royal par  Ibrahim Mbombo Njoya ne va pas du tout arranger les choses. Bien au contraire, les relations entre les deux personnalités vont totalement se détériorer, après quelques années de paix de braves et de façade.

Et le premier affrontement direct aura lieu lors des élections municipales de 1996 où Adamou Ndam Njoya et Ibrahim Mbombo Njoya sont tous deux candidats. Le premier l’emportera sur le second.

Mais, le sultan n’aura pas dit son dernier mot. Et ce, jusqu’aux dernières élections locales. Cristallisant ainsi  l’une des adversités les plus épiques du landerneau politique camerounais.

Ni John Fru Ndi, le « Bamenda » derrière lequel il ne saurait s’aligner

Le 25 aout 1992, Paul Biya convoque le corps électoral pour le scrutin présidentiel du 11 octobre 1992. Décidée à en découdre avec le régime en place, l’opposition décide de mettre sur pieds une coalition dénommée « Union pour le changement ». A bien des égards, celle-ci se veut le prolongement de la coordination des partis d’opposition née dans la mouvance des assises de la conférence tripartite d’octobre-novembre 1991.

Très vite, le dévolu est jeté sur Ni John Fru Ndi comme porte-étendard de l’opposition. Adamou Ndam Njoya ne l’entend pas de cette oreille et décide de faire cavalier solitaire. Considérant qu’il ne pouvait aucunement s’aligner derrière Fru Ndi, petit « libraire illettré », comme il aimait bien l’appeler.

En fait, depuis la fin de la tripartite, les deux hommes étaient très loin de filer du bon coton. Adamou Ndam Njoya étant accusé d’avoir trahi l’opposition en mettant fin aux villes mortes par la signature de la fameuse déclaration du 13 novembre 1991.

Mais, l’issue des élections donneront tort à Adamou Ndam Njoya, car Ni John Fru Ndi s’en sortît officiellement avec plus de 35% des suffrages valablement obtenus. Alors que le fils du Noun n’arrivait pas à franchir la barre de 5%. Il ne fera d’ailleurs jamais lors des quatre élections présidentielles auxquelles il prendra part.

Comme notamment en 2004. En cette année, les Camerounais sont une fois de plus conviés aux urnes pour élire leur président de la république. Les opposants, conscients de leurs échecs successifs, et surtout pressés par la rue qui leur demande de taire leur divergence, afin qu’advienne enfin l’alternance, décident de mettre sur pieds une coalition. Des critères sont élaborés. Ils vont l’exigence de l’intégrité morale au bilinguisme des candidats.

A l’issue du processus de désignation, Adamou Ndam Njoya est désigné. Ni John Fru Ndi et le Sdf claquent la porte, en arguant que ce n’est pas à la mer de se reverser dans le fleuve, mais bien le contraire. Forts de leur force parlementaire et de la popularité de leur leader.

Ils n’auront pas véritablement tort car au sortir du scrutin, Adamou Ndam Njoya, bien que porté par la coalition, fera 4,5%. Alors que Fru Ndi culminera à plus de 17%.

Il faut dire qu’Adamou Ndam Njoya, contrairement à Fru Ndi, n’était pas un homme du grand peuple. Le port altier et la posture volontairement aristocratique, il n’aimait guère se mêler au peuple dont il voulait pourtant être le « guide ».

Et celui qui semble le mieux le résumer est l’opposant Djeukam Tchameni qui a écrit : « Le Président Ndam Njoya était avant tout un aristocrate, conscient et fier de son sang royal au nom duquel il s’obligeait à une discipline personnelle et exigeait des autres un respect et une reconnaissance d’une dignité acquise par droit de naissance. Auréolé par la rigueur qu’il avait instituée lors son passage au ministère de l’éducation nationale sous Ahidjo, il cultivait avec soin son image d’homme intègre et ne doutait point de son destin présidentiel.  Son parti l’UDC ne parvient malheureusement pas à se départir de la camisole départementale que le régime lui fit porter de gré ou de force. Toutefois, sa contribution pour la démocratisation du Cameroun a été remarquable et remarquée et l’histoire lui en saura gré.»

Par Moussa Njoya, Politologue (Défis Actuels N°462)

Droits de l’homme: le Cameroun subit la pression de la communauté internationale

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Le pays est depuis plusieurs mois la cible des critiques de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Le Cameroun est la cible des critiques de la communauté internationale. Depuis quelques mois, le pays est visé par les rapports de certaines Organisations Non Gouvernementales et certains pays amis qui l’accusent de ne pas respecter les droits de l’homme. Dans un rapport publié il y’a quelques jours, l’ONG Amnesty International demandait au gouvernement camerounais de s’expliquer sur la disparition de 130 personnes à l’Extrême-Nord Cameroun. Selon cette ONG, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, une expédition militaire menée dans le village Magdamé à l’Extrême-Nord, en 2014, avait conduit à l’enlèvement de près de 200 personnes, dont « 28 sont décédées en détention et quelques 42 ont été remis en liberté ».
Avant Amesty Internationnal, c’est l’ONG Human Right Watch qui accablait l’armée camerounaise dans son rapport du 25 février dernier. L’ONG attribue aux forces de défense et de sécurité camerounaises, la responsabilité du meurtre de plus de 20 personnes à Ngarbuh dans le Nord-Ouest.
Et ce n’est pas Crisis Group qui a été indulgent envers le Cameroun, dans son rapport mensuel du mois de février 2020, l’ONG pointe du doigt l’armée camerounaise. Elle lui impute la mort de 50 civils, tués dans les opérations de traque des séparatistes.
Le 17 février dernier le secrétaire général des Nations-Unis avait, par la voix de son porte-parole, appelé le gouvernement camerounais à ouvrir une enquête sur les massacres de Ngarbuh et à prendre les dispositions nécessaires pour que les coupables répondent de leurs actes. Quelques jours avant, dans une vidéo qui a largement été diffusée dans les réseaux sociaux, le président français Emmanuel Macron affirmait avoir mis la pression sur son homologue camerounais, au sujet de la crise anglophone et de l’arrestation de Maurice Kamto. Dans une autre vidéo tournée à l’Assemblée Nationale française, les membres de la Commission des Affaires Etrangères du parlement français ont annoncé que le sujet sur le Cameroun sera débattu au sein de cette chambre le 25 mars prochain.
Riposte
Coté Camerounais, les autorités ne se laissent pas accuser à tort. Leurs réactions ne se sont pas faites attendre. Rene Emmanuel Sadi, porte-parole du gouvernement a jugé infondées toutes les accusations portées contre le Cameroun, avant de dénoncer fermement la démarche de certaines ONG « qui illustre sans conteste la mauvaise foi de certaines organisations inlassablement déterminées à porter atteinte à l’image du Cameroun et à la stabilité des institutions ».
A sa suite, le ministre de l’Administration Territoriale Paul Atanga Nji, réagissant à ces sorties, a révélé, lundi dernier, un complot de certaines ONG contre le Cameroun. Il accuse certaines ONG notamment Human Right Watch, Transparency International, Crisis Group Ocha etc d’être « engagés dans une démarche conspirationniste contre le Cameroun et contre les forces de défense et de sécurité ».
Joseph Essama

Rentrée parlementaire: Cavaye Yeguie Djibril absent à la cérémonie d’ouverture

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Cavaye Yeguie était le grand absent mardi dernier à l’ouverture de la session de plein droit de l’Assemblée Nationale. Comme le protocole l’exigeait, une équipe a été installée au niveau du hall de l’immeuble pour accueillir les nouveaux élus. Chaque nouveau député déposait un dossier à l’entrée et inscrivait son numéro de téléphone à côté de son nom, sur la liste des élus de cette nouvelle législature. Sur cette liste, 166 députés ont inscrit et complété leur numéro de téléphone, excepté Cavaye Yeguié Djibril absent de la cérémonie. Le président sortant de l’Assemblée Nationale est encore malade et hospitalisé en Europe, insistent des sources proches de sa famille. Alors que le dossier de sa succession à la tête de la chambre basse du parlement, semble déjà clos, des sources dans son entourage annoncent que Cavaye Yeguie serait en pleine tractation pour revenir au pays avant jeudi. « Juste le temps de se faire réélire vendredi et repartir poursuivre son traitement ». Même s’il est de retour avant vendredi date prévue pour l’élection du bureau de l’Assemblée Nationale, Cavaye Yeguié sera-t-il désigné comme candidat de son parti ? Là demeure encore toute la question. Faut-il le rappeler c’est le président national du Rdpc qui désigne le candidat de son parti pour la course au poste de président l’Assemblée Nationale. Selon des confidences en haut lieu, la hiérarchie du Rdpc aurait décidé de tourner la page de celui qui trône à la tête du parlement depuis 1992. « La haute hiérarchie ne voulait plus de lui comme député. Vous avez d’ailleurs vu comment il a peiné pour passer aux investitures. Ce n’est qu’après plusieurs tractations que la haute hiérarchie a décidé de faire de lui un simple député », confie une source. C’est d’ailleurs, ajoute notre source, après la décision de le mettre de côté que Cavaye Yeguie a adressé une lettre au président national du Rdpc. Dans cette lettre, il accusait « Jean Kuete le secrétaire général du Comité central du Rdpc et ses conseillers de complot ». Dans une circulaire qui indiquait les modalités d’investiture, Jean Kuete avait évoqué la retraire parlementaire pour les élus qui avaient déjà fait plus de 4 mandats. Une mesure que le natif de Tokombere voit diriger contre lui.
Plus de 45 ans de députation
A 80 ans, Cavaye Yeguie a été élu député en 1970. Il y siègera jusqu’en 1988, date à laquelle il est nommé adjoint au préfet du Diamaré et quitte l’Assemblée Nationale. Il regagne l’hémicycle lors de la législature de mars 1992. Et c’est au cours de cette session, qu’il est élu président de l’Assemblée Nationale, poste qu’il a occupé jusqu’à la dernière législature. Selon plusieurs observateurs, Cavaye Yeguie jouit d’un parcours qui lui permet de bénéficier d’une bonne retraite parlementaire. L’article 118 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, stipule que les députés bénéficient de la pension proportionnelle ou d’ancienneté à la suite de 2 ou 3 mandats consécutifs, sans condition d’âge. Tout député peut prétendre à la pension de retraite parlementaire à condition de cumuler 10 annuités de cotisations pour une pension proportionnelle et de 15 annuités pour une pension retraite au cours de 1 ou de 2 mandats.

Joseph Essama

Agroalimentaire : pourquoi la filière banane-plantain se meurt

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Depuis 2017, la filière banane-plantain enregistre une chute vertigineuse de sa production et de ses exportations. Cette année là, le cinquième producteur mondial de banane a produit environ 213 000 tonnes de bananes soit une baisse de 30 000 tonnes par rapport à 2016 où elle se situait à 243 000 tonnes. Cette tendance baissière va continuer en 2018 avec une exportation de 60 000 tonnes de banane au premier trimestre contre 78 000 tonnes un an plustôt. Et au premier semestre 2019, le Cameroun a exporté 43 721 tonnes de bananes. Ce qui représente une baisse de 61% par rapport à la même période en 2018. En effet, ces exportations situaient à 113 600 tonnes au premier semestre de l’an dernier, soit une chute de 69 879 tonnes en valeur absolue. En 2020, la tendance se poursuit toujours avec des baisses drastiques des exportations, l’Association Bananière du Cameroun (Assobacam) indiquait que 14 965 tonnes de bananes ont été produites et 13 847 tonnes exportés, contre 19 737 tonnes à la même période en 2019. Ce qui révèle un gap de 5 890 tonnes. Et pourtant le Cameroun était le premier producteur de banane dans la zone Arique-Caraibe-Pacifique en 2015 avec une production record de 278 450 tonnes.

Raisons

 D’après les experts, l’Assobacam et le Centre Africain de Recherches sur Bananiers et Plantains (Carbap), cette contre performance de la filière qui a pour objectif de production 3millions de tonnes de plantain et 300 000 tonnes de banane par an, est due à l’insécurité dans les bassins de production, la manque de superficie cultivable, la rareté des plants, le manque de financement…

L’insécurité dans les bassins De production

La crise anglophone qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016, principaux bassins de production de la banane/plantain, a fortement impacté les activités et le rendement des grands producteurs de cette zone. A titre illustratif, la Cameroon Development Corporation (CDC), 2ème producteur de banane du pays après la société des Plantations du Haut Penja (PHP), a dû abandonner la majorité de ses plantations à cause des attaques des sécessionnistes. Ceci avec pour conséquence la baisse drastique de sa production. Le deuxième employeur camerounais après l’Etat affichait des exportations nulles en septembre et octobre 2017. Ce qui a conduit à son retrait du fichier des exportateurs de banane du Cameroun en 2018. En revanche, même les sociétés Plantations du Haut Penja, filiale Camerounaise de la compagnie fruitière de Marseille et Boh Plantations restent les seules entreprises exportatrices de banane au Cameroun, leur production a également considérablement baissé.

Surfaces cultivables insuffisantes

D’après le Carbap, 70 % des cultivateurs de banane plantain ont des exploitations inférieures à 2 hectares. Jusqu’ici seules les grandes entreprises détiennent des espaces pouvant assurer une grande production.

Manque de financement, semence et formation et infrastructures…

En 2013, la demande annuelle en plants pour la production de la banane-plantain était estimée à 20 millions de plants. Selon les indiscrétions, cette demande s’est accrue de près de 20 % à ce jour. Et les semences restent toujours rares chez les petits agriculteurs. Outre le faible accès aux semences en quantité et qualité, s’ajoute le manque de financement et la faible formation des producteurs. En effet, les petits producteurs ne maîtrisent non pas des itinéraires techniques mais aussi l’utilisation des systèmes d’irrigation pour garantir la production en contre saison et garantir la régularité des produits sur le marché. L’absence d’infrastructure de conservation et de transport causent des pertes post récolte dans l’ordre de 20 à 40 %. « L’absence de professionnalisme sur l’ensemble de la chaine (semenciers, planteurs, commerçants) et de normes standard soutenues par une régulation adéquate ne leur permet pas de proposer des produits de bonne qualité, au bon moment, à la bonne place et à un prix attractif pour les consommateurs. Ces derniers se tournent par conséquent vers des aliments qui sont plus accessibles et avec une valeur nutritionnelle nettement inférieure », rapporte une source.   

Climat des affaires: la Suisse offre 3 milliards aux PME

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La Suisse offre 3 milliards aux PME

Trois Petites et Moyennes Entreprises exerçant dans les domaines des énergies renouvelables, de l’hydraulique villageoise et de la structuration de la filière pomme de terre vont bénéficier de ressources supplémentaires dans le cadre de leurs activités respectives. Trois conventions d’un montant de 3 milliards de francs CFA ont été signées le 11 mars dernier à Yaoundé, entre le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey et l’ambassadeur de Suisse au Cameroun, Pietro Lazzeri. Dans le détail, le projet d’appui à la filière pomme de terre est exécuté dans la localité de Santa, région du Nord-Ouest, et est porté par la société coopérative Expérience Incorporated Cameroon (EIC). Cette entreprise a l’ambition, dans le cadre du programme de développement de la pomme de terre conduit par le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader), de « contribuer à faire de l’augmentation qualitative et quantitative de la production associée à un conditionnement amélioré et standardisé, une source majeure de revenus pour les jeunes et les femmes de la région tout en consolidant son statut de denrée alimentaire de base pour l’ensemble du pays ainsi que la possibilité d’exporter vers le Nigéria ». En ce qui concerne le projet d’électrification par système hybride microcentrale hydroélectrique et photovoltaïque du groupement Foresta, il est implémenté dans la commune de Dschang, département de la Menoua, région de l’Ouest. Ce projet est porté par la société privée Solarhydrowatt. Son objectif consiste à produire et injecter dans le réseau Eneo, de l’énergie permettant d’une part, d’alimenter ceux des quartiers du groupement non desservis par Enéo, et d’autre part, stabiliser l’alimentation de ceux déjà raccordés en limitant les chutes de tension. Pour ce qui est du projet Eau pour tous à travers l’Energie solaire, il est porté par Sahel Water Sanitation and Environnement (2SW). L’objectif poursuivi est la construction d’un nombre important de forages et de systèmes de pompage solaire pour l’adduction d’eau potable, l’irrigation et l’abreuvage du bétail ainsi que l’accès à l’électricité solaire pour les ménages dans quatre communes des régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Ces trois PME bénéficieront d’une enveloppe d’un milliard de franc CFA chacune. Il convient de souligner que les projets recherchés par le gouvernement Suisse, notamment en ce qui concerne le secteur privé, visent à créer ou ajouter de la valeur aux produits locaux à travers la création ou l’extension d’unités industrielles dans certains secteurs prioritaires, tandis que ceux dans le secteur des énergies renouvelables devraient porter sur la construction, l’exploitation et la maintenance de petites centrales hydroélectriques ou solaires d’une capacité maximale de 5 mégawatts pour l’électrification rurale.

 Par Junior Matock (DA 463)

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La BEI finance la contribution du Cameroun à l’ACA

La contribution du Cameroun au capital de l’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA) est désormais réglée. La signature du contrat de financement d’un montant de 11,370 millions d’euros, soit 7,4 milliards de francs CFA a été faite le 9 mars dernier entre le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey et le directeur de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) pour la région Afrique Centrale, Nikolaos Milianitis. A travers ce prêt accordé à l’Etat, la BEI vient régler la participation du Cameroun au capital de l’ACA, institution panafricaine qui propose des solutions de risques politiques aux sociétés, investisseurs et prêteurs intéressés à faire du commerce en Afrique. Ledit prêt permet ainsi au Cameroun de bénéficier des opportunités qu’offre cette institution en matière de promotion du commerce et des investissements, tout en favorisant une alternative de financement moins coûteux pour la mise en œuvre des projets de développement. Selon le Minepat, ce financement va contribuer à rehausser l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers, élément indispensable au développement des secteurs prioritaires. De plus, a-t-il souligné, la signature de cet accord de prêt est un « pas décisif vers la mobilisation accrue des financements complémentaires nécessaires à la mise en œuvre du vaste programme d’investissements publics du Cameroun ». Bien plus, il vient se greffer aux « réformes profondes et ambitieuses mises en œuvre pour améliorer structurellement la compétitivité de l’économie nationale et celle des entreprises publiques et parapubliques ». Pour Alamine Ousmane Mey, le recours à la couverture par l’assurance va certainement « améliorer le profil du risque des emprunteurs publics et privés camerounais lors de la recherche des financements. Ainsi, l’investissement dans les capacités productives existantes ou nouvelles sera multiplié et l’offre en produits et services de qualité élargie ». A titre de rappel, ce n’est pas la première fois que la BEI traduit son soutien au Cameroun. L’on se souvient qu’elle avait participé au financement du projet de construction du barrage hydroélectrique de Nachtigal-amont, à hauteur d’environ 49,2 milliards de francs CFA. Cette institution financière agit au Cameroun depuis 1965, à travers le financement de la Cotonnière Industrielle du Cameroun (Cicam). Cette structure a à ce jour bénéficié d’un montant de 26,6 milliards de francs CFA de la part de la BEI. Les secteurs tels que l’agriculture et le ferroviaire bénéficient également de l’attention de la BEI.

Par Junior Matock (DA 463)

Marie Madeleine Nga: « C’est la contribution du Pndp à l’atteinte de l’objectif de développement local »

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« C’est la contribution du Pndp à l’atteinte de l’objectif de développement local »

L’inauguration de cette radio ne peut produire en nous qu’un sentiment de satisfaction. C’est une opération spécifique sur les fonds C2D de deuxième génération issus de la coopération franco-camerounaise, notamment de la remise de la dette entre la France et le Cameroun. Cette opération a permis de donner une réponse contributive à l’objectif de la stratégie de la croissance et de l’emploi pour pouvoir mettre en place 400 radios afin de répondre au manquement de la radio dans certaines localités. C’est donc la contribution du Programme National de Développement Participatif à l’atteinte de cet objectif. Concrètement, il s’agit de 12 radios créées dans différentes communes qui ont par ailleurs compéti sur appel d’offre ; et 8 radios communautaires qui ont été réhabilitées. Ce qui fait au total 20 outils de communication dans les communes qui permettent de faciliter le dialogue entre les populations et les autorités. La commune d’Olamze fait donc partir des 12 radios créées, sur un montant de 900 millions de francs CFA, soit 1,3 million d’euros. Dans la convention que nous avons signée avec chacune des communes, il est bien retenu que la radio est un outil de développement local, mais pas un outil de propagande pour la commune.

Par Junior Matock ( DA 463)

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