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Coronavirus/Masques : le ministre de l’Industrie et l’Anor fixent les normes

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C’est ce 13 avril 2020 que Gabriel Dodo Ndoke a rendu publiques les normes de fabrication des masques de protection contre l’infection au coronavirus. Appliquant ainsi une prescription du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Lors de la dernière réunion interministérielle en fin de semaine dernière, le Premier ministre, chef du gouvernement, avait instruit le ministre de l’Industrie et du développement technologique (Minimidt) de proposer des normes devant permettre de fabriquer des masques emplissant les mesures de protection requises. En même temps qu’il décidait d’imposer le port obligatoire du masque dès ce lundi sur toute l’étendue du territoire national.

Le Minimidt et ses services techniques s’y sont mis. Mais c’est après l’implémentation de la mesure du port obligatoire du masque que les normes arrivent. Entre temps, les rues des grandes villes du pays ont déjà été envahies par des masques davantage produits commerciaux que pharmaceutiques ou sécuritaires.

SDF : décès de l’ancien député Joseph Mbah Ndam, bras droit de John Fru Ndi

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L’honorable Mbah Ndam n’est plus. L’ancien député du Social democratic front (Sdf) s’est éteint ce matin des suites de maladie à Yaoundé. D’aucuns ont soupçonné le coronavirus, mais la communication du Sdf a démenti cette information. A en croire Jean Robert Wafo, le ministre de la communication et porte-parole du parti de Ni John Fru Ndi, le conseiller juridique du Sdf souffrait depuis trois ans de maladie. Sans détails. Mbah Ndam n’avait déjà pas été aperçu à la dernière audience du Conseil constitutionnel dans le cadre du contentieux post-électoral pour lequel il défendait la cause de son parti, en espérant lui-même être réélu dans le Momo.

L’homme n’a pas pu être réélu lors du dernier scrutin du 9 février 2020. La faute aux sécessionnistes qui règnent dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest depuis novembre 2016. Ces combattants armés qui ont séquestré deux jours durant leur élu en 2017 dans son domicile de Batibo, exigeant de lui qu’il démissionnât de l’Assemblée nationale, pour accompagner la lutte pour la sécession dans laquelle ils sont engagés. L’ancien vice-président de la Chambre basse du parlement avait fini par céder, et donné son accord de principe, avant de se dédire une fois parvenu à Yaoundé. Un affront que les « Ambazoniens » n’avaient pas digéré.

Un héros au sein du SDF

Et à l’occasion des élections municipales et législatives dernières, le parti de John Fru Ndi avait annoncé son désistement, avant que le leader du parti ne décide unilatéralement d’investir tous les anciens élus. A l’exception d’Awudu Mbaya du Donga Mantung qui avait jeté l’éponge, arguant qu’il ne pouvait pas s’engager dans une élection, sans être capable d’aller battre campagne sur le terrain ; et surtout, « les électeurs sont soit mort, soit ont abandonné leur terroir, soit ne peuvent pas se mobiliser pour la campagne électorale ou aller voter», s’était justifié l’ancien questeur. Mais Mbah Ndam dont la résidence à Batibo a été incendiée, et les autres s’étaient contentés de la candidature. Et n’ont pas été élus. Le Sdf s’en sort avec cinq députés. Les 13 autres postes en jeu dans les 11 circonscriptions électorales où le scrutin législatif a été repris dans les deux régions en crise, étant revenus au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir.

Ainsi s’achevait la carrière parlementaire de celui qui a rejoint le navire du Suffer don finish en 1991, quelques mois après la création du parti. Le natif de Batibo sera élu comme tous les premiers députés du Sdf, en 1997. Depuis lors, le membre de la cellule nationale des conseillers du Sdf avait été réélu. Jusqu’à 2020. De 1997 à 2007, Mbah Ndam a été président du Groupe parlementaire du Sdf à l’Assemblée nationale, avant de céder le poste à Joseph Banadzem (du Donga-Mantung) qui l’a précédé il y a quelques mois en 2019, dans l’au-delà. Pour devenir vice-président de l’Auguste Chambre. La crise sécessionniste qui sévit dans la partie dite anglophone du pays a eu raison de la volonté de l’un des hommes clés du système Fru Ndi, de poursuivre la partie à l’Assemblée nationale. Joseph Mbah Ndam quitte ainsi la terre des hommes, comme un héros contraint à la lâcheté.

Nécrologie : Covid-19 frappe à la Fécafoot

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Dimanche matin, l’on a appris le décès de Samuel Wembe. L’ancien président du Racing club de Bafoussam a succombé à l’attaque du Covid-19 depuis la ville de Douala où il était interné. Samuel Wembe était à sa mort membre du Comité exécutif de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) et président de la Ligue spécialisée de football Corpo et Vétéran à la Fécafoot. Mais avant cela, le sénateur et ancien vice-président de la a été président de la Fécafoot. Ligue départementale de football du Wouri, président de la Ligue régionale de football de l’Ouest. Le sénateur de l’Ouest n’est pas la seule victime du tueur de l’heure ces derniers jours, dans la famille sportive. Séidou Mbombo Njoya a salué la mémoire de ce grand acteur du football camerounais.

Bernard Momo

Peu avant Wembe, la foudre du Covid-19 venait de frapper Bernard Momo. Plus connu sous sa casquette d’homme politique, Bernard Momo était coordonnateur national du Programme national de gouvernance logé dans les Services du Premier ministre. Mais l’homme politique ne manquait pas d’intérêt pour le football. Bernard Momo sauva l’Aigle royal de la Menoua lorsque le club fut abandonné en 2010. Juste une saison, le temps d’organiser les structures du parti, avant de céder le fauteuil.

Les ravages du Covid-19 se poursuivent dans le monde du sport et particulièrement la famille mondiale du ballon rond. Si Joël Matip et d’autres premiers cas d’infection dans le monde du sport se sont relevés, ce ne sera pas le cas de Pape Diouf. Le Franco-Sénégalais, ancien président de l’Olympique de Marseille, a succombé au virus, depuis son Sénégal natal. Alors que les acteurs du mouvement sportif sont en arrêt d’activité depuis plusieurs semaines, le virus a fouillé hors des arènes et a pu happer dans les rangs camerounais.

Législative partielle : le Rdpc remporte les 13 sièges

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Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais maintient sa place de premier sans concurrent à l’Assemblée Nationale. A l’issue de la reprise du scrutin du 22 mars dernier, dans 11 circonscriptions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette formation politique a remporté 13 nouveaux sièges. Le résultat a été rendu public mardi dernier par le Conseil Constitutionnel, au cours d’une audience solennelle portant de proclamation des résultats. Cette victoire porte ainsi à 152, le nombre de député que comptera le parti au pouvoir au sein de l’hémicycle de Ngoa-Ekelle. Parmi les nouveaux députés élus au cours de ce scrutin partiel on compte 3 députés femmes et 10 hommes.
Un très faible taux de participation
Selon le rapport de la Commission générale de recensement des votes que dirigeait Emile Essombe, il ressort que dans les 11 circonscriptions où le scrutin a été repris, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a remporté haut la main les 13 sièges en compétition. Le résultat officiel proclamé par Clément Atangana, le président du Conseil Constitutionnel donne donc : 423 664 inscrits dans les 11 circonscriptions, dont 10 dans le Nord-Ouest et 1 dans le Sud-Ouest ; 40233 votants, 332 bulletins nuls ; 383431 abstentions et 39901 suffrages valablement exprimés. Pour Clément Atangana, président du Conseil Constitutionnel, les différents acteurs du processus électoral, Elecam, l’Administration Territoriale, les candidats, les ONG, les observateurs électoraux, les medias, ont fait preuve de responsabilité et de professionnalisme comme lors du scrutin du 09 février. Un fait qui selon lui démontre une maturité relative de la démocratie camerounaise. Le président de la haute juridiction a ainsi salué un dénouement heureux d’un scrutin serein et transparent.

7 partis politiques représentés à la chambre basse
C’est donc au total, 7 partis politiques qui vont représenter le peuple à l’Assemblée Nationale. Parmi eux, le Rassemblement Démocratique du peuple Camerounais-Rdpc (152 députés) ; l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès-Undp (7députés) ; le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale-Pcrn (5 députés) ; le Social Democratic Front-SDF (5 députés) ; l’Union Démocratique du Cameroun-UDC (4sieges) ; le Front National pour le Salut du Cameroun –Fnsc (3 députés) ; le Mouvement pour la Défense de la République-MDR (2 députés) ; l’Union des Mouvements Socialistes-UMS (2 députés).
Tous les recours de l’opposition rejetés
Au lendemain de la reprise des élections du 22 mars dernier ; le SDF avait de nouveau saisi le Conseil Constitutionnel pour demander une nouvelle annulation du scrutin, prétextant que cette élection avait été entachée d’irrégularités. La haute juridiction a siégé et a décidé de rejeter tous les recours introduits par la formation politique que dirige Ni John Fru Ndi. Une décision qui n’arrange pas les militants du parti historique. « Bien que nous n’acceptons pas cette décision, nous sommes tenus de la respecter », avait déclaré au sortir de l’audience, Joshua Osih, l’un des députés du SDF.
Joseph Essama

Frontière Cameroun Guinée-Equatoriale : le Cameroun ne veut pas de guerre

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Un conflit frontalier couve entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale depuis plus d’un an. Fort de sa renommée dans la résolution pacifique des conflits frontaliers, le Cameroun tente par tous les moyens d’éviter que la situation se dégrade. Le 03 mars dernier, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo et son homologue de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, ont effectué une visite de travail à Kye Ossi, pour examiner la situation de crise qui prévaut dans cette zone. Il était question pour Joseph Beti Assomo et Paul Atanga Nji de vérifier sur le terrain les informations selon lesquelles, Malabo a lancé, sur la partie camerounaise, la construction d’un mur le long de la frontière entre les deux pays. Constat fait, les émissaires de Paul Biya ont réalisé que la Guinée Equatoriale a, « tout au long de la frontière construit une route bitumée ; entamé un terrassement et entre déposé des pierres pour la construction d’un mur de séparation et des miradors », a confié une source qui a fait le déplacement pour Kye Ossi. « Ces travaux ont heureusement été arrêtés grâce à la présence renforcée des troupes camerounaises », a ajouté notre source.
Eviter que la situation dégénère
S’adressant aux autorités militaires au cours de la réunion de sécurité tenue à la mairie de Kye-Ossi à cette occasion, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo a porté aux militaires le message de félicitations du président de la République « pour leur devoir ; leur vigilance et surtout le sang-froid dont ils font preuves depuis le début de ces incidents ». Il les a ensuite appelé à maintenir le cap et surtout à ne pas céder à la tentation de poser un acte qui puisse faire dégénérer la situation. Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense a ensuite exhorté ses éléments à veiller sans relâche pour que l’intégrité du Cameroun dans cette zone soit préservée.
A son tour le ministre de l’Administration territoriale, reprenant les recommandations qui avaient déjà faites par son homologue de la Défense, a profité de la circonstance, pour inviter les autorités administratives à sensibiliser les populations à prendre des mesures contre la pandémie du coronavirus.
Une provocation à temps plein
Les manœuvres de provocation de la Guinée Equatoriale, au niveau de la frontière avec le Cameroun sont récurrentes, affirment les autorités locales. L’incursion des militaires Equato-guinéens en zone camerounaise avait poussé le Cameroun à installer un dispositif militaire renforcé dans la zone. En plus de ces incursions, les autorités de Malabo avaient de manière unilatérale, fermé leur frontière le 11 octobre dernier. Pourtant le principe de la libre circulation des biens et des personnes dans la zone Cemac est encore en vigueur.
On se souvient qu’il y a quelques mois, Malabo avait lancé la construction d’un mur de séparation au niveau de sa frontière avec le Cameroun. Un projet qui n’a pas été du gout des autorités camerounaises, ce d’autant plus que ce chantier avait visiblement empiété sur le sol camerounais. Yaoundé a ainsi demandé à Malabo de mettre fin à son projet. Ce que Malabo a accepté sans conditions. Mais à la grande surprise de tous, Malabo a relancé, depuis quelques mois, la construction des miradors le long de cette frontière. Malgré « les velléités expansionnistes de la Guinée Equatoriale, qui tente à tout prix d’enliser la situation », Yaoundé entend résoudre le pacifiquement le différend. « Les deux chefs d’Etat frères et amis trouveront une solution à ce problème », annoncent confiantes les autorités en charge de ce dossier.
Joseph Essama

Covid-19 : 7 nouvelles mesures de lutte édictées

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Après deux semaines d’une lutte dont les grandes lignes ont été élaborées par le seul gouvernement, Joseph Dion Ngute a évolué d’un cran. Au cours de la journée d’hier, le Premier ministre a tenu deux concertations. La première avec les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, et la seconde avec des membres du gouvernement. C’est à l’issue de ce comité interministériel que le combattant en chef du coronavirus a édicté sept nouvelles mesures dans le cadre de la lutte contre cette pandémie, au Cameroun.

Les sept mesures sont :

1 – A partir de lundi 13 avril 2020, généralisation du port du masque dans les espaces ouverts au public…

2- Production locale des médicaments, des tests de dépistage, des masques de protection et de gels hydroalcoolique

3 – Centre spécialisé de traitement des patients du Covid-19 dans tous les chefs-lieux de régions

4- Intensification campagne dépistage du Covid-19

5- Intensification de la campagne de sensibilisation dans les langues officielles et locales

6 – Poursuite des activités essentielles de l’économie

7 – La sanction systématique de tout contrevenant aux mesures de restriction en vigueur et de confinement imposé aux personnes à risque.

Yaoundé : Un immeuble s’effondre à Obili

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Un immeuble vient de s’effondrer à Yaoundé, au quartier Obili, lieu-dit Carrefour Scalom, dans le 6ème arrondissement de la ville de Yaoundé. Au premier décompte, l’on a enregistré quatre morts et de nombreux blessés dont des cas jugés graves, transportés dans des hôpitaux. A en croire les premières informations, le bâtiment habité depuis des années a enseveli plusieurs de ses résidents. Le confinement ayant amené les enfants à rester à la maison, ainsi que certains parents.

Les secours n’ont pas tardé à intervenir. Police, gendarmerie et sapeurs-pompiers ont rejoint des volontaires accourus aussitôt sauver ce qui pouvait encore l’être. A l’aide d’engins, les gravats sont en train d’être fouillés pour essayer de retrouver des vivants.

Collecte de fonds : Nourane Fotsing sollicite l’accord d’Atanga Nji

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Nourane Fotsing n’a pas abandonné son projet de levée de fonds dans le cadre de sa manifestation à la solidarité nationale. A travers un courrier adressé au ministre de l’Administration territoriale (Minat), le député du Wouri sollicite une « autorisation d’une opération de collecte de fonds…en vue d’une riposte u niveau local contre la pandémie du Covid-19 ». Suivant de ce fait les directives légales rappées par Paul Atanga Nji le Minat hier. Une attitude qui pourrait trancher avec le radicalisme affiché hier soir sur les antennes de la chaîne de télévision Canal 2 international. Invitée de Michaël Tchipkio dans l’émission Parole d’hommes, Nourane Moluh, épouse Fotsing, a assuré qu’elle fera sa levée de fonds avec ou sans l’autorisation du Minat, de par son statut de député qui lui confère une autorité certaine. Et sur sa page facebook, la requérante annonce avoir « été reçue en audience par le Ministre de l’administration territoriale pendant 40 min ». Précisant qu’«une demande d’autorisation a belle et bien été introduite. Nous avons également évoqué des sujets aussi divers que variés notamment la stratégie de l’État du Cameroun dans la lutte contre la pandémie du Covid-19 ! ». Saluant « une belle prise de contact entre votre Député 2.0 et le « ministre de l’intérieur » ». L’audience a-t-elle ramollit celle qui s’est présentée en rebelle hier à la télévision ? On le verra les prochains jours.

Toujours est-il qu’en attendant la suite que le Minat réserve à cette requête, la machine Nourane a peut-être ralenti, sans freiner. L’élue du peuple a rendu public le logo de son organisation, baptisée « Solidarité Covid 237». Et la campagne de réception des dons volontaires se poursuit sur le terrain. Des sources crédibles parlent de milliers de masques de protection déjà reçus, ainsi que des flacons de gels hydroalcooliques. Celle qui, depuis la campagne électorale en vue du double scrutin du 9 février dernier est très populaire aux yeux de la jeunesse et des internautes qui apprécient les sorties médiatiques de l’opératrice économique, tient à marquer son pas personnel dans cette opération de solidarité nationale.

Dans une mise en garde hier, le patron de l’administration intérieure a sommé les organisations et leaders politiques de suspendre les opérations de levée de fonds qu’ils ont initiées dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Sans les citer, l’on a pu identifier les cibles du tir de Paul Atanga Nji : le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto, le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) de Cabral Libii et l’honorable Nourane Fotsing, député du Pcrn. Leur rappelant que l’initiative de levée de fonds pour une opération de générosité nationale appartient exclusivement à l’Etat. A défaut, toute personne physique ou morale qui veut s’y engager devra requérir au préalable l’autorisation du ministre en charge de l’Administration territoriale.

Coronavirus/collecte de fonds : Le Mrc tient tête à Atanga Nji

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« Le MRC ne lâchera rien car l’opération SURVIE CAMEROUN n’est pas une initiative du MRC… Les populations ont besoin de nous. Ces actions que nous menons visent à venir en aide à nos populations. Nous devons apporter une aide matérielle au corps médical…». Tiriane Balbine Noah est claire. Mieux, « nous sommes dans la logique d’une guerre et d’une survie humanitaire. Nous sommes installés dans la survie des camerounais. Même le Minsanté a demandé que tout le monde mette la main à la pâte. Nous avons l’obligation de venir en aide et de secourir les populations», s’est-elle justifiée.

Invitée d’Abk radio ce matin, la 2ème vice-présidente du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a défendu le projet de collecte de fonds dans le cadre de la lutte contre le coronavirus lancé par son parti et qui rencontre l’opposition du ministre de l’Administration territoriale (Minat). Paul Atanga Nji a instruit les opposants s’étant lancés dans ces opérations, en invoquant la législation en vigueur. Notamment la loi N°N°88/002 du 21 juillet 1983 régissant les appels à la générosité publique et le décret N°85/1131 du 14 août 1985 fixant les conditions d’octroi d’autorisation d’appel à la générosité publique. Pour conclure à une illégalité de l’action posée par le Mrc, le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) et l’honorable Nourane Fotsing du même parti.

Faux, pense-t-on au Mrc. « En tant de guerre, je vous assure que même la loi ne fait pas foi», enseigne Tiriane Noah. Mais a priori, « la loi, on l’a connait. Nous ne sommes pas passés au-dessus de la loi », assure-t-elle. Et au cas où le Mrc serait en erreur, « il y a plusieurs collectes qui ont été menées dans ce pays. Un parti politique avait fait une collecte pour sa campagne électorale, il n’y avait pas de problème », convoque-t-elle le passé. Pour asséner que « je suppose que Monsieur Atanga Nji était un peu amnésique à ce moment, vu qu’il ne s’y est pas opposé ». Parlant certainement de la collecte effectuée par Cabral Libii dans le cadre de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle 2018. L’association 11 millions d’inscrits, devenue 11 millions de citoyens, promue par l’actuel président du Pcrn, avait lancé une campagne de collecte de fonds à travers le territoire national et à l’extérieur, pour les besoins de la campagne électorale. Le parti Univers qui l’avait investi ne disposant pas de moyens conséquents pour les besoins de la cause.

Défaut de confiance

De toutes les façons, « quand il s’agit de droit et de survie des populations, ce qui prime, c’est la survie des populations. Ce qui doit être fait, sera fait », a-t-elle juré. Et « que les camerounais soient sereins et qu’ils fassent confiance à tout ce que certaines personnes pourront mobilier pour les aider. Qu’ils solidaires d’eux-mêmes et solidaires pour les autres, en respectant les mesures barrières. Il faut faire confiance à ceux qui veulent vous aider. Nous ne sommes pas dans une mesure insurrectionnelle, nous voulons travailler avec les membres de gouvernement», a-t-elle lancé à l’endroit des populations et des éventuelles donateurs.

Au Mrc, on doute de la confiance des pouvoirs publics à garantir une gestion fiable des fonds levés pour le compte de la lutte contre le coronavirus : « Aucun camerounais ne fais confiance à la gestion du Minat. Qu’est ce qui prouve que nos fonds reversés dans les caisses de l’État seront bien gérés?», s’interroge l’invitée d’Abk. Or « l’avantage avec le professeur Maurice Kamto c’est que, quand il parle, le message est tellement claire. Mais certaines personnes font l’effort de ne pas comprendre », regrette-t-elle. Avant de conclure, « monsieur Atanga Nji gagnerait plutôt à participer à cette opération au lieu de s’y opposer », a-t-elle conclu.

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Les mécanismes institutionnels de la vacance du pouvoir présidentiel au Cameroun

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Les mécanismes institutionnels de la vacance du pouvoir présidentiel au Cameroun

Si dans les sept jours, Monsieur Paul Biya n’assume pas les fonctions présidentielles qu’il s’est octroyé par la fraude électorale, alors je vous donnerai, par divers canaux, la conduite à tenir afin que nous nous prenions en charge nous-mêmes. ». C’est en ces termes menaçants que Maurice Kamto concluait sa déclaration sur le Covid-19 rendue publique le 27 mars dernier. Une déclaration qui n’a pas été du goût des pontes du régime et même de certains leaders de l’opposition, en commençant par son ancien directeur de campagne Paul Éric Kingue. Cela n’empêche que pendant les 7 jours suivants, l’opinion publique nationale, déjà tétanisée par les décomptes macabres quotidiens du ministre de la santé sur les affres du Coronavirus au Cameroun, vivait au rythme du compte à rebours. Chacun se demandant ce que le « professeur » allait bien sortir de son chapeau à l’échéance. Sans glissement de date, Maurice Kamto était bel et bien au rendez-vous. Et dans une déclaration écrite de 8 pages, et publiée le 3 avril dans la soirée, le président du MRC revient de long en large sur ce qu’il considère comme étant les défaillances du gouvernement, et annonce pêle-mêle un ensemble de mesures qu’il recommande à la population et entend mettre en œuvre lui-même. C’est ainsi qu’il achève une fois de plus son propos par un autre ultimatum : « Mais si, dans les 7 jours suivant la publication de la présente déclaration le Président de facto du Cameroun n’avait pas donné une preuve physique de ce que c’est bien lui qui est aux commandes de l’Etat, nous nous trouverions dans l’obligation d’engager les procédures juridiques adéquates pour obtenir le constat, par les instances compétentes, de la vacance présidentielle et ses suites constitutionnelles ». Cette posture, loin d’être hasardeuse, va en droite ligne avec les annonces répétitives de certains de ses partisans ces derniers jours, et qui font état du décès du président de la république, Paul Biya. Ce qui emmène à se pencher sur les mécanismes institutionnels de la vacance du pouvoir présidentiel au Cameroun.

Le cadre général de la vacance du pouvoir au Cameroun

 Il faut dire que depuis fort longtemps, bon nombre de Camerounais ont cessé de croire aux élections. Ainsi, ils ne perçoivent le départ de Paul Biya, au-delà des scenarios catastrophes, qu’à travers une des formes engendrant la vacance du pouvoir à savoir : la mort ou la démission. Le cadre général de gestion de la vacance présidentielle est établi par l’article 6(4) de la constitution, et par les articles 142 à 146 du code électoral. Et ce pour les deux cas de figures. Il prévoit globalement qu’« en cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil Constitutionnel, l’intérim du Président de la République est exercé de plein droit jusqu’à l’élection du nouveau Président par le Président du Sénat, et si ce dernier est, à son tour, empêché, par son suppléant, suivant l’ordre de préséance du Sénat. ». En d’autres termes, si Paul Biya démissionne ou meurt, actuellement au pouvoir, il sera remplacé par Marcel Niat Njifenji. Et si celui-ci est lui-même empêché, il est sera remplacé par son 1er Vice-président, Aboubakary Abdoulaye, le très puissant lamido de Rey-Bouba. Et en cas d’empêchement de celui-ci, l’intérim sera assuré par l’un des quatre autres vice-présidents et dans l’ordre suivant : Tjoues Généviève, Nkeze Emilia Kalebong, Naah Ondoua Sylvestre et Chief Tabe Tando Ndieb-Nso. Par ailleurs, il est précisé que : « Le Président de la République par intérim – le Président du Sénat ou son suppléant – ne peut modifier ni la Constitution, ni la composition du Gouvernement. Il ne peut recourir au référendum ni être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République. » Cependant, l’alinéa 2 de l’article 144 du code électoral dispose que : « Toutefois, en cas de nécessité liée à l’organisation de l’élection présidentielle, le Président de la République par intérim peut, après consultation du Conseil Constitutionnel, modifier la composition du Gouvernement. ». Ce qui est très vicieux ou pour le moins embarrassant, dans la mesure où on ne précise pas la nature de ces « nécessités », la portée de cette modification et surtout les attributions de ministres ainsi nommés ; de même que les activités du président de transition lui-même durant l’intérim. Ceci est d’autant plus préoccupant qu’on connait le rôle central de certains ministères tels que la défense, la sûreté nationale, l’administration territoriale, la justice et les finances, en période électorale. Aussi, la perte de ces postes par certains peut-elle engendrer de profondes frustrations, sources de tensions, voire de rébellion.

Paul Biya démissionne

Les Camerounais y pensent souvent, bien que Paul Biya et son entourage semblent énormément apprécier les délices du pouvoir, ainsi que les saveurs des palais. Mais on ne sait jamais ! Qui aurait cru, qu’Ahidjo, fraichement réélu en 1980, allait démissionner 2 ans plus tard, et à l’âge de 60 ans, voire 58 environ, selon les sources. Mais, « le père de la nation » est bel et bien parti ! Et ce en dépit des supplications et jérémiades de son entourage. Alors, que se passerait-il si Paul Biya démissionne un bon (beau ?) matin ? Si Paul Biya démissionne, il devra informer la Nation par voie de message et remettre ensuite sa démission au président du conseil constitutionnel, qui adressera à son tour une copie au président du sénat. Le message de démission sera « publié suivant la procédure d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français et en anglais. ». Une fois cela fait, l’intérim sera ouvert d’office. Une élection présidentielle sera organisée dans un délai de 20 jours au moins et 120 jours au plus, après cette ouverture d’intérim. Le président intérimaire restera en poste jusqu’à la prestation de serment du nouveau président élu. Pour se trouver un candidat, le RDPC, conformément à l’article 22 de ses statuts, devra réunir son congrès pour élire son président national qui est « candidat aux élections présidentielles ». Pour cela, le bureau politique, conduit par le doyen d’âge, procédera à la convocation d’un congrès extraordinaire. La cheville ouvrière de la convocation et de l’organisation d’un tel congrès étant le secrétaire général du comité central, détenteur du sommier politique et de la liste des délégués du parti, l’on s’imagine bien « l’incontournabilité » de Jean Nkueté !

Paul Biya meurt au pouvoir !

 L’on ne saurait souhaiter la mort de qui que ce soit, même pas celle de son pire ennemi. Mais, il y va de la fatalité. Et la mort est la finalité de toute vie humaine. Surtout lorsqu’on a atteint un âge certainement avancé ! S’il arrivait qu’un jour l’on annonce la mort du Président Paul Biya, « L’empêchement définitif du Président de la République est constaté par le Conseil Constitutionnel statuant à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres. ». « Il est saisi à cet effet par le Président de l’Assemblée Nationale, dans les conditions fixées par voie réglementaire. », « La déclaration de vacance de la Présidence de la République (…) est publiée par le Conseil Constitutionnel suivant la procédure d’urgence, puis insérée au Journal Officiel en français et en anglais. ». En termes plus clairs, si Paul Biya meurt au pouvoir ou est définitivement empêché, c’est Cavaye Yéguié Djibril, le président de l’Assemblée nationale, qui est la seule personnalité compétente pour saisir Clément Atangana, le président du conseil constitutionnel, afin de constater la vacance du pouvoir présidentiel. Ce dernier se chargera alors de réunir au moins les 2/3 des membres de l’auguste institution pour constater la vacance du pouvoir présidentiel. Ensuite, Clément Atangana va publier cette déclaration en procédure d’urgence et l’insérer au journal officiel en français et en anglais. Une fois cela fait, c’est Niat Njifendji Marcel, ou en cas d’empêchement, l’un de ses suppléants tel que sus-évoqué, qui deviendra président par intérim et organisera une autre élection présidentielle dans les conditions et les délais sus-mentionnés. Et il restera président intérimaire dans les conditions que nous avons exposées plus haut, jusqu’à la prestation du nouveau président élu. Cette procédure exclut alors fondamentalement toute possibilité pour un quelconque citoyen de pourvoir saisir une quelconque institution, ou d’engager une certaine procédure juridique, afin de constater la vacance du pouvoir présidentiel. Et ce n’est pas Maurice Kamto, constitutionnaliste et auteur la thèse de doctorat soutenue en 1983 à l’université de Nice sous le thème, Pouvoir et Droit en Afrique noire. Essai sur les fondements du constitutionnalisme dans les Etats d’Afrique Noire francophone, qui l’ignorerait.

Par Moussa Njoya, Politologue ( Défis Actuels 470)

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