lundi, juin 1, 2026
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Lutte contre le coronavirus : Guerre ouverte entre Atanga Nji et Maurice Kamto

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Dans une mise en garde lue sur les antennes du poste national de la Cameroon radio television (Crtv), Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale, somme les partis et leaders politiques engagés dans des levées de fonds en vue de la lutte contre la pandémie du coronavirus, d’« y mettre fine cesser leurs activités immédiatement, à faire clôturer les comptes bancaire ouvert à cet effet et à lui rendre compte dans les meilleurs délais, sans préjudice de sanctions prévues par la législation en vigueur ». Le Minat tient ainsi à recadrer les initiatives privées lancées en marge de la loi encadrant les levées de fonds aux fins publiques. Citant « la loi N°88/002 du 21 juillet 1983 régissant les appels à la générosité publique » et « le décret N°85/1131 du 14 août 1985 fixant les conditions d’octroi d’autorisation d’appel à la générosité publique ». Lesquels textes accordent à l’Etat seul et aux organisations reconnues d’utilité publique le privilège d’organiser des collectes de fonds et soumettent les autres initiatives privées à l’autorisation préalable du ministre de l’Administration territoriale. Le Minat rappelle à l’occasion que le chef de l’Etat a organisé la solidarité nationale au profit de la lutte contre la pandémie du coronavirus en créant déjà un fonds dédié à la collecte et à la gestion des fonds issus de cette générosité. Ainsi, « tout individu de bonne foi souhaitant apporter une contribution financière ou matérielle à la lutte contre le coronavirus , peut le faire en toute transparence dans e cadre défini par le Chef de l’Etat et mis en œuvre par le Premier ministre, Chef du gouvernement».

La mise en garde de Paul Atanga Nji arrive au moment où trois initiatives concurrentes de celle du chef de l’Etat sont déjà annoncées. Notamment le Survie-Cameroon-Survival initiative (Scsi) du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). Mais aussi celles de l’honorable Nourane Fotsing à lancer le 10 avril, elle-même déjà concurrente de celle du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), son parti politique, prévue pour être lancée dans les prochains jours. Si l’on parle de près de 5000 masques déjà collectés par la député du Wouri avant même son lancement, l’initiative du Mrc de Maurice Kamto avait déjà décollé, selon des sources, plus de deux cents millions de francs, en trois jours. Or c’est ce 7 avril que Maurice Kamto, le président national du Mrc, a nommé le président du comité de gestion des fonds à collecter, en la personne de Christian Penda Ekoka.

Mais l’ancien conseiller aux affaires économiques du Cabinet civil n’a pas eu le temps de prendre ses fonctions officiellement que jour que le Minat l’a dégonflé. Mais l’homme avance, faisant fi de l’injonction du Minat : «c’est un programme humanitaire et républicain », salue au préalable le gestionnaire des fonds de solidarité du Mrc. Dans un courrier adressé dans le même temps au ministre des Finances : « c’est dans cet esprit que nous vous prions de bien vouloir désigner un/une de vos cadres pour représenter a sein du comité de gestion dudit projet», invite-t-il le collègue du Minat. Non sans souligner que «la participation aux travaux dudit projet sont bénévoles ».

Une sorte de dialogue de sourds. Ni le Mrc, ni le Pcrn, ni même Nourane Fotsing, n’ont encore réagi à la sortie de Paul Atanga Nji. Toujours est-il qu’il semble que c’est une nouvelle bataille entre le parti qui continue de revendiquer deux ans après, la victoire à la dernière élection présidentielle, et le Minat qui avait déjà averti le Pr Maurice Kamto qu’«il se retrouvera au village de si je savais », s’il continuait sur la même lancée. Le Conseil constitutionnel ayant déclaré Paul Biya vainqueur.

Maurice Kamto, lui, est engagé dans une nouvelle bataille. L’opposant a donné un ultimatum au président Paul Biya de donner signe de vie dans sept jours sinon il sera obligé d’appeler le peuple à tirer les conséquences de son abandon par celui qui préside à sa destinée, alors que le pays est en « guerre » contre le coronavirus. En attendant, Maurice Kamto a engagé une campagne de solidarité dans le cadre de la lutte contre cette maladie qui a déjà atteint 685 Camerounais selon les derniers pointages au 7 avril 2020. Les prochains jours en diront long sur cette autre bataille.

Covid-19 : ces enfants qui flirtent avec les risques de contamination

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Benjamin, 10 ans, élève au CM2, bassine à la tête, il vend de l’eau glacée. Son compagnon, 13 ans élève en classe de 5e, lui s’est consacré à la vente de la banane mûre. Ils sillonnent en longueur de journée les artères du marché Nkoabang et ratissent également les points chauds de ce quartier. Les deux amis se sont ainsi lancés dans le petit commerce depuis le 19 mars dernier, soit le lendemain de la décision du gouvernement de suspendre les cours. « Ma mère m’a dit de l’aider à vendre comme il n’y a pas école. Je fais beaucoup de recette. Je vends près de 3 000 par jours », raconte Benjamin avec enthousiasme. Il ne sait certainement pas le danger qu’il courre en menant son activité à cette période où la pandémie du coronavirus sévit au Cameroun. A la poste centrale, de jeunes lycéens voire des écoliers exercent de petit commerce tout autour des feux de signalisation. Sans masque nez, ils accourent derrières les taxis et de rapprochent de temps à autre leur tête devant les chauffeurs ou les passagers pour mieux entendre leurs commandes. « Nous profitons de cette période morte pour nous faire un peu d’argent. Cela nous permettra de mieux faire les économies pour la rentrée prochaine », fait savoir Raoul, élève en classe de seconde. En effet, pour éviter la propagation du Coronavirus après la détection d’une vingtaine de cas au Cameroun, le gouvernement a décidé le 17 mars de la suspendre les cours et de la fermeture des écoles. Mais au lieu de rester à la maison, comme le conseille le ministre de la Santé et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ces écoliers, élèves et étudiants écument les marchés, supermarchés et artères de la capitale politique pour écouler leurs marchandises, s’exposant ainsi au Covid-19. « Ma mère m’a dit que le coronavirus ne tue pas les enfants. C’est ce qui me motive à sortir. Du coup je n’ai pas peur de sortir », indique un gamin. A cause de cet incivisme, plusieurs enfants ne parviennent pas à suivre les cours dispensés à la télévision nationale comme l’avait précisé le ministre de l’Eduction de base. « Quand les cours passent à la télé moi je suis au pointage. Je n’ai pas le temps de regarder ça. Les gens sont devenus méfiants qu’il n’est plus possible de visionner dans un bar. déclare un élève, je vais demander les cours là à mes camarades lorsque l’école va recommencer ». « Je ne savais pas qu’on dispensait les cours à la télévision. Je sais néanmoins que le coronavirus fait des ravages mais ça ne touche pas enfants », renchérit un autre.

MARCHES INTERDITS AU MOINS DE 16 ANS

Face à cet incivisme, certains maires ont pris des mesures répressives pour éloigner les enfants des marchés. Tenez par exemple, dans l’arrondissement de Yaoundé II, les marchés de cette circonscription ont été interdits aux enfants de moins de 16 ans. Et ceux en âge de fréquenter ce lieu public sont astreints au port de masque. « Je viens d’apprendre que le maire a interdit les enfants dans les marchés de sa circonscription. Et pourtant mon fils m’aidait à vendre. Mon fils s’est fait prendre par les gros bras mais il a été aussitôt relâché après supplication. Il a demandé de garder les enfants à la maison et si on les voit encore ici on va les mettre en cellule et nous allons payer les amendes pour les faire sortir. J’ai dit à mon fils de rentrer à la maison », confie une vendeuse en faisant passer le message à ses voisines.

Surcharge : les contraventions pleuvent

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 Lundi 30 mars, il est 18 heures 45 minutes au Terminus Mimboman à Yaoundé. A cette heure de pointe, le carrefour est bondé de monde. Les conducteurs de taxis et de mototaxis en profitent pour augmenter les enchères et surtout surcharger leurs engins. A un jet de pierre de là, quelques hommes en tenue discrets contrôlent les surcharges. « Monsieur c’est vous qui bafouez les instructions du chef de l’Etat ? Vous ne savez pas qu’on ne porte pas plus de trois clients ? On vous dit que le Coronavirus fait des ravages et vous ne prenez pas des précautions pour éviter la propagation de la maladie. Passagers à bord descendez et la prochaine fois que vous accepteriez le surcharge vous irez à la brigade. Garez votre voiture là-bas, elle ira en fourrière », instruit le gendarme avec condescendance. « Pardonnez-moi chef. Je n’étais pas au courant de la nouvelle donne. Ma voiture est en panne depuis quelques jours et ce n’est que tout à l’heure que j’ai repris le travail », supplie le taximan tout en s’exécutant. Mais la décision de cet officier de gendarmerie est irrévocable. D’ailleurs, une dizaine de mototaxi et trois véhicules attendent d’être amenées en fourrière. « Il faut réprimer pour se faire entendre. Quand ils vont payer 25 000 francs CFA, ils n’accepteront plus jamais de surcharger. En tout cas, les conducteurs vont respecter la mesure de limitation du nombre de personne dans les véhicules coûte que vaille », susurre l’homme en tenue.

 PAS DE CORRUPTION  

Le week-end dernier, les éléments de la brigade de Melen ont saisi plusieurs motos au quartier Olézoa et à Nsam. « Vos cas serviront d’exemple aux autres récidivistes et n’essayez surtout pas de soudoyer mes éléments », avait lancé le chef d’escadron. Le week-end dernier a également été mouvementé au carrefour Mvog-Mbi. Au moins cinq taximen sont passés sous la trappe des éléments du poste de police qui y est situé. Mais à défaut d’envoyer les engins en fourrière, les policiers ont tout simplement donné des contreventions de 25 000 francs aux « rebelles » et confisqué les dossiers des véhicules. « Allez payer à la Trésorerie générale et revenez avec les reçus de paiement pour entrer en possession de vos dossiers », fait savoir un officier policier. « Pardon chef ! Prenez votre bière », dit un taximan en lui glissant un billet de 5 000 francs CFA. « Je ne peux pas prendre cet argent même si vous me donnez 100 000 francs CFA. Les instructions viennent du chef de l’Etat. Il faut appliquer la loi. Je ne veux pas perdre mon travail », réplique l’officier.  

DES PATROUILLES EN CONTINU

  En effet, depuis la décision du ministre des Transports, Ernest Ngalle Bibehe, de limiter à quatre y compris le chauffeur le nombre de place dans les taxis, les forces de maintien de l’ordre sensibilisent et veillent au strict respect de cette mesure pour combattre le Covid-19 dans ce secteur. Ainsi, de jour comme de nuit, c’est-à-dire de 18 heures à 22 heures les équipes de patrouille sillonnent les artères de la capitale politique pour contrôler les surcharges dans les véhicules. Au coeur de la nuit, entre 22 heures et 4 heures du matin, ces dernières intensifient la répression. Elles s’attaquent principalement aux bus des agences de voyage qui effectuent les voyages de nuit. « Nous devons nous assurer qu’il n’y ait pas de surcharge. Nous veillons à ce que le quota prescrit par le ministre des Transports soit respecté. Nous savons tous que les bus en provenance de la région de l’Ouest ou des villes éloignées sont généralement surchargés à cause du ramassage. Et c’est à cette heure-là que nous traquons les bus qui font le voyage de nuit », indiquent nos sources. Il est en effet recommandé pour le transport urbain de masse et interurbain de limiter le nombre de places à 50 pour les bus de plus de 50 places et à 30 pour ceux de 35places. Toutefois, malgré l’interpellation de quelques usagers récalcitrants, l’on note d’une manière générale la prise de conscience des agences de voyages et des usagers de la route.    

Covid-19 : tolérance zéro face à l’incivisme

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Il est 17 heures 50 minutes ce vendredi 28 mars 2020 au quartier Nsam à Yaoundé. Le carrefour grouille de monde. Les petits commerces installés çà et là accueillent du monde. Comme les débits de boisson qui ne désemplissent pas de clients. Pourtant, dans 10 minutes, il sera 18 heures. Heure fixée par les pouvoirs publics pour l’arrêt de toutes les activités commerciales dans les villes et quartiers, en application des mesures du président de la République visant à lutter contre la propagation du coronavirus. Ici, tout le monde (ou presque) semble l’avoir oublié. Quand soudain, un pick up de la Il est 17 heures 50 minutes ce vendredi 28 mars 2020 au quartier Nsam à Yaoundé. Le carrefour gendarmerie nationale se gare avec à son bord une dizaine d’élèves gendarmes. Munis d’un mégaphone et d’un porte-voix, les éléments de la patrouille passent à la sensibilisation « avant les représailles », disent-ils. « Populations de Nsam, il est 18 heures passées. Veuillez arrêter vos activités. Fermez tout et rentrez à la maison. Respectez les instructions du chef de l’Etat. C’est pour notre bien. Nous devons tous lutter contre la propagation du Coronavirus », sensibilise avec fermeté un gendarme. Mais ce message semble tomber dans les oreilles des sourds. En dehors d’un grand bar situé en plein carrefour, où les employés s’attèlent à ranger les chaises et tables afin de fermer, tous les autres commerces de poursuivent.  

FERMETURE ET SAISIES  

Vient alors 18 heures. Et la patrouille se rend immédiatement rendue au lieu-dit « mobile Olezoa » où, à la surprise générale, l’un des bistrots du coin dénommé « Point de rencontre » est en effervescence. Sur instruction du chef d’escorte, les clients vont être contraints de se lever, et les chaises quant à elles sont emportées par les hommes en tenue. Malgré l’opposition farouche de quelques clients, le débit de boisson sera fermé. « Madame, rangez vos poissons et éteignez le feu. Je m’adresse à vous tous ; que chacun range sa marchandise. Dépêchez-vous sinon je vais embarquer vos choses », ordonne un gendarme aux commerçants installés devant le bar. Au même moment, une autre équipe de patrouille sillonne le long de la rue, obligeant les commerçants à fermer boutique. Le secteur passe au peigne fin et les contrevenants aux instructions du chef de l’Etat voient leurs biens tout simplement confisquer. « Retrouvez-nous à la brigade de Melen », lancent les gendarmes après saisie.  Un tour au lieu-dit mobile Mvog-Ada le lendemain donne lieu au même spectacle : des commerçants entêtés sont restés ouverts après le couvre-feu. Mal leur en a pris ; en patrouille, des gendarmes vont procéder à la casse des comptoirs situés sur le trottoir sous le regard impuissant de leurs propriétaires. Les marchandises installées à l’extérieur des boutiques sont emportées et les commerçants sommés d’arrêter leurs activités immédiatement. « Vous voulez défier le chef de l’Etat ? On vous demande de fermer vous ne voulez pas ? Ce n’est pas une blague. Le Coronavirus tue, c’est une maladie dangereuse qui se propage très rapidement. Si vous suivez les instructions du gouvernement et de l’Organisation Mondiale de la Santé, nous allons vaincre cette maladie et tout va revenir à la normale », sensibilise un gendarme en saisissant la marchandise d’un contrevenant aux mesures édictées par le gouvernement. Sur l’axe Terminus Mimboman-Nkoabang, à 20 heures et quelques minutes, certaines boutiques sont encore ouvertes. Les véhicules des équipes de patrouille débarquent. Certains commerces sont mis sous scellés. Les plus chanceux voient une partie de leur marchandise emportée.  

Les banques à l’épreuve du coronavirus

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«Monsieur ne traversez pas la ligne rouge ». Ainsi rappelle à l’ordre avec sympathie une employé de la SCB un client. Il s’apprêtait a effectué une opération en s’approchant un peu trop du gestionnaire. D’ailleurs avant d’entrer dans cet établissement de crédit, tout comme les autres, les clients doivent impérativement désinfecter leurs mains. Ils ont ainsi droit à des noisettes de gel hydroalcoolique. A l’agence de CCA Ngoa Ekelle par exemple, un jeune d’une trentaine d’année impose la désinfection des mains avant toute opération au guichet automatique de billet. Un agent de sécurité s’occupe de l’ouverture et de la fermeture de la porte métallisée. Il veille également avec attention au respect de la distanciation d’un mètre entre les personnes dans les files d’attente. « Madame ne vous rapprochez pas trop de votre voisine. Respectez les écarts entre vous. Il y va de votre intérêt », répète-t-il sans cesse. Voilà quelques mesures prises par les banques pendant cette période de paiement de salaire, pour éviter la contamination des usagers au Coronavirus qui sévit actuellement au Cameroun.

LES MESURES PRESCRITES

En ce moment de forte affluence dans les établissements de crédit et les postes comptables assignataires, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a instruit les responsables établissements de crédit et postes comptables publics à veiller scrupuleusement au respect des mesures édictées par le gouvernement relatives à la lutte contre la propagation du coronavirus. Il s’agit notamment de la multiplication des caisses au sein des institutions ; le respect de la distanciation sociale d’au moins un mètre sur les fils d’attente tant à l’intérieur des agences et que devant les distributeurs automatique des billets ; la mise à disposition des solutions hydroalcooliques ; l’indication des points d’eau pour permettre aux usagers de se laver les mains ainsi que l’empêchement des rassemblements de plus de 50 personnes dans l’enceinte de ses structures.

INCIVISME

Mais alors que le pays compte déjà plus de 200 cas, et malgré les instructions du gouvernement, les usagers continuent de braver ces directives parfois sous le regard impuissant des responsables des banques. En fin de semaine dernière, l’agence de la Bicec de la Camair est bondée de monde. Les usagers se bousculent devant le guichet automatique. Des files d’attente interminables de personnes ralentissent la circulation. Ici, personne ne respectent la mesure de distanciation d’un mètre entre les individus. Dans cette cohue assortie d’une chaleur étouffante, un toussotement rappelle tout le monde à l’ordre. Chacun protège instinctivement son nez et sa bouche avec sa main ou son coude. « J’ai déjà demandé aux clients de faire un écart d’un mètre entre eux en vain. Leur seul souci est de faire leurs opérations. J’ai signalé cela à ma hiérarchie et j’attends les instructions », confie l’agent de sécurité. A la Trésorerie générale, les usagers sont agglutinés devant le portail arrière. Certains ont formé de groupuscule où ils débattent de l’actualité. En dépit de leur connaissance sur la pandémie actuelle, bon nombre ne prend pas les précautions. « Ils se font des poignées de main accompagnées de fou rire lorsqu’un d’entre eux lance un blague. Nous sommes obligés de leur imposés l’utilisation systématique du gel hydroalcoolique avant toute opération », apprend- on.

Covid1:  Maurice Kamto crée une polémique

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« Maurice Kamto est resté fidèle à son imposture », indiquait un internaute dans un groupe WhatsApp.  Dans une déclaration publiée le 03 avril dernier et intitulée, « défaillance de Monsieur Paul Biya, président de fait de la République du Cameroun », le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a, dans une posture de chef d’Etat, annoncé  des mesures sociales, économiques et financières pour accompagner les populations à lutter contre la pandémie du Coronavirus. « Les sociétés de distribution d’eau et d’électricité ne devront pas recouvrer les quittances d’électricité et d’eau pendant trois mois ; le payement des patentes pour les transporteurs est suspendu pour la même durée ; le payement des droits des marché par les vendeurs en détails et des bayam-salam est suspendu », a indiqué le président autoproclamé en guise de mesures sociales d’accompagnement.
Sur le plan économique et financier pour les entreprises, le candidat déchu à la présidentielle de 2018 a  exigé :  « afin d’éviter que le poids économique et financier de la lutte contre le Covid19 n’obère les activités et les ressources des entreprises principales pourvoyeuses d’emplois et des recettes fiscales de l’Etat, il est urgent pour le gouvernement d’ouvrir une discussion sérieuse avec les acteurs économiques tous secteurs confondus,   en vue d’arrêter de manière concertée un paquet de mesures financières et  fiscales à déployer pour soutenir l’activité économique, éviter la cessation même temporaire de l’activité économique   et à fortiori les dépôts des bilans. Si les mesures conséquentes n’étaient pas adoptées dans ce sens d’ici la fin du mois d’avril, les entreprises seraient en droit de ne plus s’acquitter de leurs impôts »
Délires
Dans la foulée des curiosités de la sortie de Maurice Kamto, l’on constate qu’il a fait une ampliation de son discours à la présidence de la République. « Lui qui se dit président élu, comment amplie-t-il son courrier à un président qu’il accuse de lui avoir volé le pouvoir », se demande Aristide Ateba, un internaute.   En plus, le leader du MRC indique qu’il sera obligé de constater la vacance présidentielle, si le président de la République ne donne pas un signe de vie. Une déclaration qui selon certains observateurs démontre la mauvaise foi du candidat déchu à la présidentielle de 2018.  Le politologue Moussa Njoya indique que ce n’est pas Maurice Kamto, constitutionnaliste qui peut se livrer à une telle « hérésie » « Maurice Kamto enseigne le droit dans les Universités. Maître de Conférences, il transgresse sciemment les principes du Droit constitutionnel. Il prétend péremptoirement établir un constat de « défaillance du Président de fait de la République du Cameroun », alors que cette prérogative incombe au Conseil Constitutionnel. A-t-il perdu le droit comme d’autres perdent le latin ? », s’interroge Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc.
Le satisfecit de ses partisans
Les adeptes de Maurice Kamto ont immédiatement exprimé leur satisfecit après sa sortie. « Maurice Kamto demande de ne pas payer l’eau, l’électricité pendant trois mois….voilà un vrai président », s’égaie l’internaute Boris Berthold  sur sa page Facebook. « Merci excellence ! vous restez jusqu’ici tout un espoir pour le peuple camerounais meurtrie. Je peux maintenant aller dormir », renchérit Madison Nlend par le même canal.   Takumbeng Bakinien a quant à lui salué « un homme d’Etat avisé et conscient des enjeux de l’heure ».
 
Joseph Essama

Covid 19: Quand les fonds de solidarité sont à la mode

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Emule ou rivalité ? La question reste encore au centre des préoccupations de plusieurs Camerounais. En effet, depuis l’arrivée de la pandémie du Covid 19, les hommes politiques camerounais n’ont eu de cesse de lancer des appels à la solidarité nationale en vue de venir en aide aux personnes touchées par cette pandémie. C’est dans le département de la Lekie, région du Centre qu’est venu le premier son de cloche. Le 25 mars dernier, Henri Eyebe Ayissi, élite de cette localité a lancé un fond de solidarité citoyenne contre la pandémie, pour l’organisation des campagnes communales de sensibilisation et de distribution des savons et autres matériels d’hygiène. A sa suite, le président de la République Paul Biya a décidé le 30 mars de la création d’une caisse de solidarité doté d’une enveloppe initiale d’un milliard de francs CFA. Selon Malachie Manaouda, ministre de la santé publique, cette caisse « doit être fourni par des apports privés et publics ». A en croire les chiffres rendus publics par les gestionnaires de cette caisse au ministère de la santé, en 5 jours, cette cagnotte a produit 770 150 000 (sept cent soixante-dix millions cent cinquante mille) francs CFA. Argent versé par les entreprises citoyennes et les personnes de bonne volonté.
Après Paul Biya, c’est Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, qui a créé le fond-survie-Cameroon-survival. Un fond qui doit permettre, selon Maurice Kamto, de « fournir des aliments et de l’eau aux personnes en confinement obligées de ne pas se déplacer ; le matériel de protection nécessaire dans les localités en confinement (masques, solutions hydroalcoolique) ; les combinaisons de protection, des thermomètres infrarouges, des kits de tests diagnostiques, des respirateurs, du matériel de soins, des médicaments aux personnels de santé, pour la prise en charge thérapeutique des cas ».
La députée du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale Nourane Foster a à son tour mis sur pied son fond de solidarité. Doté d’un budget prévisionnel de 50 millions de francs CFA, cette initiative de l’élu du Wouri-Est, vise à fournir aux populations entre autres 50 000 masques de protection et des kits respiratoires ; des produits agro-alimentaires (riz, sucre, lait etc) ; 200 points de lavage des mains ; 50 lits et matelas ; 10 kits respiratoires ; 10 000 gels hydroalcooliques.
Joseph Essama

Docteur André Francis Mfegue : « On ne peut pas trouver la vraie chloroquine au Cameroun. »

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Qu’est-ce qu’un faux médicament ?

Dans votre question il y a immédiatement deux notions qui le viennent à l’esprit, d’une part les médicaments contrefaits et d’autres part les médicaments non conformes. Il est à noter que dans les deux cas, les deux produits sont impropres à la consommation. Le plus souvent, le terme générique de faux médicaments renvoie aux médicaments de la rue et dont aux médicaments contrefaits. Ceci dit le « faux médicaments » ou médicaments contrefait est un produit qui est délibérément et frauduleusement muni d’une étiquette n’indiquant pas son identité et/ou sa source véritable. Il peut s’agir d’une spécialité ou d’un générique. Parler de médicaments contrefait (faux médicaments) c’est parler des produits qui ne contiennent pas le plus souvent des principes actifs et s’ils en contiennent, ce principe se trouve parfois en quantité insuffisante et le conditionnement (emballage) et dans la plupart des cas falsifié. Je voudrais que le citoyen lambda note le caractère illicite et dangereux des faux médicaments puisque dans la plupart des cas ces produits sont inefficaces contre les maladies et peuvent même mettre en danger la vie du patient.

Comment fait-on pour reconnaitre un médicament contrefait ?

Il n’est pas évident, pour un non professionnel, de reconnaître un médicament contrefait. Ce que je dis est tout à fait logique dans le sens où le médicament contrefait est fait dans la logique ou il doit ressembler à un vrai médicament. Ceci ne veut pas dire que le ministère de la santé avec tous ses experts n’a pas les moyens de reconnaitre un faux médicament bien au contraire, notre pays est doté de deux institutions capables de conforter les professionnels du médicament que sont les pharmaciens et la population de la qualité des médicaments qu’ils distribuent où consomment. Je veux parler de la DPML dont la mission est entre autre d’homologuer les médicaments et le Lanacome donc les missions sont entre autres de contrôler la qualité des produits pharmaceutiques sur toutes l’étendue du territoire. Il serait intéressant, même si cela était possible, de dire aux usagers comment reconnaître un médicament contrefait (faux médicaments), je préfère encourager les usagers, les patients à acheter leurs médicaments dans des endroits sûrs. Le seul endroit sûr que le pharmacien que je suis connaisse c’est la pharmacie.

Revenons à la question de la chloroquine qui est vendue actuellement dans le circuit du médicament, qu’en est-il exactement ?

Justement pour déboucher sur cette question de la chloroquine en rapport avec l’actualité sur le Covid19, j’aimerai préciser que le ministre de la Santé a fait une communication relative à la prise en charge des malades du Covid19 par l’Etat. Cependant la circulation anarchique des informations dans les réseaux sociaux fait en sorte que les usagers essayent de se soigner eux-mêmes en se ruant vers la chloroquine qui avait été annoncée par certains experts comme pouvant traiter cette maladie. A notre niveau, nous avons essayé de sensibiliser les usagers de ne pas se lancer vers cette course folle à la chloroquine. Ce qui est important de savoir c’est que la chloroquine qui était utilisée pour traiter le paludisme, avait été retirée depuis longtemps du marché du médicament, à cause des multiples résistances qu’on avait. De ce fait, il n’est pas évident de retrouver la chloroquine de nos jours dans une structure sanitaire agréee qui s’approvisionne dans le circuit normal. Par contre l’hydroxy chloroquine (PLAQUENIL) pouvait, il y a de cela 2 ou 3 semaine, être retrouvée dans certaines pharmacies. Mais celle-ci était prescrit dans le cadre de la prise en charge des polyarthrites rhumatoïde et non du paludisme. Maintenant avec le Covid 19, des personnes mal intentionnées ont trouvé l’opportunité pour se faire de l’argent, en produisant de la fausse chloroquine qui n’a pas d’autorisation de mise sur le marché au Cameroun. Il n’est donc pas envisageable pour un usager, en l’état actuel des choses, de trouver de la vraie chloroquine au Cameroun. Et s’il faut que la chloroquine revienne sur le marché, il faut attendre que les autorités mettent toutes les machines en marche pour que ce médicament soit remis sur le circuit normal de vente du médicament. Je suis donc désolé, attristé, voire même effrayé de voir que les usagers accourent vers ce qu’on leur vend et qu’on dit être de la chloroquine. Ceux qui consomment ces produits s’exposent à des complications graves. Il faut déjà préciser que si vous consommer la chloroquine originale sans le contrôle d’un médecin, vous vous exposez en cas de surdosage à un arrêt cardiaque ou respiratoire.

D’où viennent ces médicaments de mauvaise qualité ?

Les origines sont multiples, dans le cas des médicaments non conformes, ce sont des laboratoires déjà connus qui lors du processus de fabrication peuvent faire des erreur (mais c’est extrêmement rare). L’avantage dans ce cadre c’est qu’il existe un réel système de traçabilité des médicaments. Je dis toujours, c’est lors d’un contrôle qualité qu’on se rend compte qu’un médicament est contrefait ou non conforme. Dans le cas des médicaments contrefaits, il faut déjà voir de prime à bord, l’aspect illégal de ces médicaments. Maintenant n’importe qui peut s’asseoir et faire des mélanges douteux qu’il emballe et introduit dans le marché noir. Ce sont des gens qui fabriquent ces faux produits pour tromper les populations. Il arrive aussi et ce dans la plupart des cas que certaines personnes importent de façon totalement illicite des faux médicaments. Dans ces médicaments, on n’est jamais sûr qu’il y ait effectivement un principe actif et quand bien même il y en a, est ce que c’est le bon dosage, autant de question à n’en point finir.

Quelles sont les conséquences d’un médicament contrefait sur la santé ?

Les conséquences sont légions. Elles peuvent aller de la simple incapacitation du patient jusqu’à son décès. Imaginez-vous qu’un patient qui a le paludisme prenne un médicament qui n’a pas de principe actif, il sait qu’il se soigne, alors qu’il ne prend aucun médicament, son état va tout simplement empirer. Imagions un autre scenario où à l’intérieur d’un médicament, on a mis un poison, vous l’avalez, vous mourez. Il faut donc dire qu’il n’y a que du mauvais dans le médicament contrefait. De mon avis de pharmacien, l’Etat fait déjà beaucoup d’efforts pour lutter contre les médicaments contrefaits, et nous ne pouvons pas abandonner l’Etat dans cette guerre contre le médicament contrefait. Ce n’est pas une guerre qui concerne uniquement le ministère de la santé, c’est une guerre qui concerne tout le monde. Il est donc important que les populations comprennent et s’inscrivent dans cette bataille que mènent les autorités, en s’approvisionnant uniquement en médicament dans les circuits officiels.

Interview réalisée par Joseph Essama

Finances publiques: la nouvelle stratégie d’endettement de l’Etat

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Crédits tvA : l’etat paie 10 milliards aux entreprises
Les mesures fiscales vont coûter 114 milliards à l’Etat

Le ministère des Finances (Minfi) a rendu public le 1er avril dernier, la stratégie d’endettement à moyen terme du Cameroun sur la période 2020-2022. Le document d’information publié à cet effet, décline le montant que le gouvernement compte mobiliser au cours de la période, soit 3 440 milliards de francs CFA (y compris les appuis budgétaires), donc 1 217 milliards de francs CFA en 2020.  Concrètement, la stratégie d’endettement de l’Etat est structurée autour d’un portefeuille global de 77 % de dette extérieure libellée en devises, dont 25 % en dollar, et une enveloppe de dette intérieure fixée à 23 %, libellée cette fois en francs CFA. Partant bien entendu d’une composition projetée à fin 2019 à 77,8 % de dette extérieure ; 21,7 % de dette intérieure et 0,4 % de dette avalisée.  Pour atteindre cet objectif, le document du Minfi précise que l’Etat aura recours aux emprunts extérieurs et intérieurs destinés à la réalisation des projets et au financement des besoins de trésorerie à court terme, mais aussi, aux appuis budgétaires évalués à environ 100 milliards de francs CFA pour l’exercice 2020.  En ce qui concerne le plafond de ces nouveaux emprunts, le Minfi informe que la fixation du plafond pour la période 2020-2022 « tient compte des contraintes liées à la capacité de remboursement de la dette contractée et de la volonté des autorités de maintenir la dette viable tout en réduisant le risque de surendettement jugé élevé. Dans le détail, « ce plafond  est fixé à 1 950 milliards de  francs CFA pour les engagements  extérieurs, dont 650 milliards  de francs CFA en 2020  (300 milliards de francs CFA  pour les emprunts concessionnels  et 350 milliards de FCFA  pour les emprunts non concessionnels);  1 030 milliards de  francs CFA d’engagements intérieurs,  dont 320 milliards de  francs CFA en 2020 ; et 120 milliards  de francs CFA d’avals à  accorder par l’Etat, dont 40  milliards de francs CFA en  2020 ».  Il convient toutefois de souligner que la Stratégie d’Endettement à Moyen Terme (Semt) 2020-2022 ne déroge pas aux normes prescrites en la matière à la fois au Cameroun et dans la sous-région. Il est, apprend-on, « en conformité avec le cadrage macroéconomique et budgétaire élaboré dans le cadre de la loi de Finances et en respect des engagements pris avec le Fonds Monétaire International (FMI) suivant le Programme Economique et Financier (PEF) ». Il s’exécutera donc dans le sens de « la poursuite de la mise en application du Règlement Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac), portant cadre de référence de la politique d’endettement public et de gestion de la dette publique, et la recherche optimale des financements pour couvrir le besoin de financement de l’Etat tout en optimisant les coûts et risques et, promouvoir le développement du marché domestique ». Au niveau opérationnel, rajoute le document, « un accent sera mis d’une part, sur le règlement du service de la dette à bonne date et l’apurement de tous les arriérés intérieurs et extérieurs pendant la période, et d’autre part, sur la mobilisation efficiente des ressources extérieures et les émissions de titres publics ».      

Par Junior Matock (Défis Actuels 470) 

Marché monétaire: le Minfi en selle pour mobiliser 220 milliards

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Motaze veut mobiliser 220 milliards

En droite ligne de l’exécution de la Loi de finances 2020 qui prévoit la levée des ressources budgétaires pour financer les projets de développement, le Cameroun, à travers le ministre des Finances. Louis Paul Motaze, va bientôt procéder à l’émission des Obligations du Trésor Assimilables (OTA) d’un montant total de 220 milliards de francs CFA, sur le marché monétaire. Concrètement, cette opération va se dérouler en trois phases. La première, d’un montant de 50 milliards de francs CFA, est prévue pour ce 8 avril, pour une maturité de deux ans et un taux d’intérêt fixé à 3,5 %. Les remboursements de cet emprunt vont donc commencer en 2022. La deuxième émission porte quant à elle sur un montant de 70 milliards de francs CFA, pour une maturité de trois ans et 4 % de taux d’intérêt. La dernière émission, d’une enveloppe de 100 milliards de francs CFA, sera remboursable au bout de cinq ans pour un taux d’intérêt de 5,7 %. Selon le document de synthèse publié à cet effet par le Minfi, la valeur nominale d’une OTA est de 10 000 francs CFA. Et d’après le directeur général du Trésor Sylvestre Moh Tangongho, ces émissions sont ouvertes à tous les citoyens. Qui peut souscrire ? « Tout agent économique/investisseur (personne physique ou morale) désireux de faire un placement sûr et rentable. La souscription se fait par l’intermédiaire des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) que sont : les établissements de crédit ; les Sociétés de gestion et d’intermédiation », répond le Minfi. Pour ce qui est du payement des intérêts, ils seront faits annuellement sur la base du taux exprimé. Bien plus, ils sont calculés sur la base de l’année civile, soit 365 ou 366 jours, renseigne le document de synthèse du Minfi.

Avantages des OTA

Pour ce qui est des avantages de ces opérations, le Minfi explique que les titres publics sont un placement rentable, car les OTA sont rémunérées à des taux d’intérêt supérieurs au taux de rémunération de l’épargne. Bien plus, les intérêts de ces titres sont payés chaque année à la date d’anniversaire de la valeur. D’ailleurs les intérêts servis sur les OTA sont exonérés de tout impôt au Cameroun pour les souscripteurs résidents et non-résidents. En dehors d’être sans risque, «les OTA bénéficient de la garantie souveraine de l’Etat ; elles offrent aux souscripteurs un taux de rentabilité connu sur une période donnée ; les détenteurs des OTA peuvent les céder à tout moment auprès de leurs banques sans subir une décote substantielle ; les OTA sont admissibles en couverture des engagements règlementaires des compagnies d’assurances, au refinancement à la Beac et négociables (ventes, achats garanties) à travers les SVT du Cameroun », vante le ministre des Finances dans des propos relayés par Investir au Cameroun. Et encore : « l’Etat s’est recentré sur le marché monétaire de la Beac, qui est le marché traditionnel des Trésors publics et des banques, pour émettre des OTA dont la durée moyenne du prêt est plus longue que les emprunts obligataires », explique au même site internet Samuel Tela. Pour le directeur de la trésorerie à la Direction Générale du Trésor du ministère des Finances, les OTA offrent un délai de grâce plus long à l’Etat, dans la mesure où le principal n’est remboursé qu’au terme de sa maturité, contrairement aux emprunts obligataires dont le remboursement intervient généralement par quart, à partir de la 2e année. Bien plus dit-il encore, « l’OTA assure à l’agent économique une meilleure rentabilité. Car, il perçoit les intérêts sur toute la durée de vie du titre ». Il convient d’indiquer que la mobilisation de ces ressources découle des prévisions faites dans la Loi de finances de l’exercice budgétaire en cours qui prévoit que 320 milliards de francs CFA destinés au financement des projets soient levés en recourant aux émissions de titres publics. Aussi, elle intègre la nouvelle stratégie d’endettement à moyen terme du gouvernement qui révèle que les besoins en financement de l’Etat s’élèvent à 3 440 milliards de francs CFA sur la période 2020-2022, 3 440 milliards de francs CFA (y compris les appuis budgétaires de 100 milliards de francs CFA), donc 1 217 milliards de francs CFA à mobiliser en 2020.

Par Junior Matock (Défis Actuels 470)

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