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Football : Ahmad Ahmad suspendu cinq ans

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Ahmad Ahmad hors-jeu pour cinq ans

Ahmad Ahmad vient d’être suspendu cinq ans par la Chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante de la Fédération internationale de football association (FIFA). Le communiqué de presse y relatif mentionne que le président de la Confédération africaine de football (CAF) et vice-président de la FIFA a été reconnu « coupable d’avoir enfreint les articles 15 (devoir de loyauté), 20 (acceptation et distribution de cadeaux ou autres avantages et 25 (abus de pouvoir) de l’édition 2020 du Code d’éthique de la FIFA, ainsi que l’article 28 (détournement de fonds) de son édition 2018 ». Les enquêtes portent sur les deux premières années de son mandat, et concernent le financement d’un pèlerinage à la Mecque et ses accointances avec l’entreprise d’équipement sportif Tactical steel, et d’autres activités. Ahmad Ahmad avait déjà été mis en détention en juin 2019, sur une décision du parquet de Paris, avant d’être relaxé. Puis le patron de la CAF avait été empêché d’assister à un congrès de la FIFA aux Etats-Unis, alors que les autorités policières des USA le traquaient. Mais l’homme n’avait pas cru devoir démissionner de son poste, malgré les accusations qui pesaient sur sa personne.

Le président de la CAF est ainsi « interdit de toute activité relative au football aux niveaux national et international pour une durée de cinq ans». En outre, l’homme devra payer une amende de 200 000F suisse. Notification lui a été faite ce jour même, mais la décision intégrale le sera dans 60 jours. Toujours est-il que la décision est déjà entrée en application. Le premier vice-président de la CAF, Constant Omari, assurera l’intérim du président jusqu’à la prochaine élection prévue en mars 2021.

La première conséquence de cette suspension est la disqualification de la candidature d’Ahmad Ahmad à la prochaine élection à la tête de la CAF. Le président sortant vivra donc en spectateur passif l’élection en vue de la désignation de son successeur. Lui qui avait déjà obtenu le soutien officiel de 46 présidents de fédérations africaines. Mais dès l’annonce de l’imminence des résultats des enquêtes entamées par la FIFA contre l’homme, plusieurs candidatures se sont réveillées, pour s’ajouter à celle de Jacques Anouma, l’ancien président de la Fédération ivoirienne de football qui avait déjà essayé en vain d’être candidat à ce poste.

Hors-jeu après trois ans de balbutiements

C’est donc la fin anticipée d’une transition post-Hayatou tourmentée par de nombreux soubresauts. Après avoir battu à plate couture Issa Hayatou le 16 mars 2017 au cours d’une élection que le président sortant, 29 ans de pouvoir ininterrompu, croyait à sa portée, le Malgache s’est lancé dans une opération de déconstruction de la mémoire de son prédécesseur, ouvrant le débat sur les principaux succès d’Hayatou contre l’UEFA et la FIFA. Non sans se lancer dans ce qui s’apparentait à une guerre contre le Cameroun. Dès juillet 2017, le tombeur d’Hayatou déclarait déjà au cours d’une visite à Ouagadougou, et avant même la première mission d’inspection de la CAF au pays organisateur de la prochaine édition de la CAN, que « le Cameroun ne sera pas prêt». Pire, que « même une CAN à quatre, le Cameroun ne peut pas organiser». De quoi irriter le Cameroun qui venait d’organiser la meilleure CAN féminine de l’histoire. La suite sera une série d’attaques contre le Cameroun, jusqu’au retrait de l’organisation de la CAN 2019, maquillée sous le concept de « glissement».

Par ailleurs, la CAN a été ramenée à juin, plutôt qu’en début d’année comme l’avait toujours défendu Issa Hayatou. Mais avant même d’avoir tenue une seule édition (Egypte 2019), la CAF sera obligée de ramener la meilleure des compétitions africaines de football, à janvier-février. Avec le soutien de footballeurs africains de renom. Il ne restait plus que la périodicité de la CAN que le successeur d’Issa Hayatou n’avait pas encore fait passer de deux à quatre ans.

SND 30/Financement : comment la facture sera réglée

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louis-paul-motaze, le MINFI

C’est un fait : la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement va coûter beaucoup d’argent à l’Etat. «Le volume des investissements requis pour mener à bien cette stratégie est tel qu’il risque de générer un surendettement à moyen ou long terme», avoue un cadre du ministère de l’Economie. C’est pourquoi le gouvernement entend recourir à différents leviers, notamment : les ressources budgétaires propres à travers une politique fiscale adéquate ; les ressources du marché financier ; les ressources de la coopération bilatérale et multilatérale ; les ressources propres au secteur privé ; les Partenariats Public Privé (PPP) ; la mobilisation de l’épargne nationale ; et les transferts de fonds de la diaspora.

Mise en œuvre de la stratégie

Trouver les fonds nécessaires au financement des nouveaux piliers de l’émerge c’est bien, mais réussir la mise en œuvre de cette stratégie et atteindre les résultats escomptés est encore mieux. C’est donc dans le but non seulement de rationaliser et unifier les principaux instruments de planification stratégique, mais aussi de mieux coordonner les actions de développement, qu’un Conseil National de Planification, instance de pilotage et de suivi-évaluation de la Stratégie Nationale de Développement et des stratégies sectorielles et thématiques sera mis en place. Ce Conseil, présidé par le Premier Ministre devrait comprendre des membres du gouvernement, des représentants du secteur privé et de la société civile. Ses missions : superviser la mise en œuvre de la stratégie ; statuer sur les grandes orientations du développement, les projets d’intérêt économique national, les options stratégiques de coopération économique, et l’évaluation des options de développement à des fins de réorientation. Sur le plan opérationnel, il est également proposé la mise en place d’un Comité national de suivi/évaluation de la mise en œuvre de la stratégie, sous l’autorité du ministre en charge de l’Economie. Celui-ci sera accompagné par une cellule de coordination et des secrétariats dédiés aux stratégies sectorielles dans les formats actuels. Ces secrétariats seraient coordonnés par des responsables de ministères sectoriels clés. De la même manière, il est envisagé la mise en place d’un calendrier statistique rigoureusement respecté, et élaboré par un système statistique national conformément à la Stratégie Nationale de Développement de la Statistique.

Promotion de l’émergence

La promotion de ce document stratégique n’est pas en reste. La mise en œuvre d’un plan de communication permettra en effet d’identifier les besoins en informations pour les différents acteurs ainsi que les formats adaptés à chacun des utilisateurs. De même, «la communication permettra de renforcer le dialogue autour des questions clés de la stratégie, et favorisera la dissémination des informations à tous les niveaux. Dans ce cadre, les sites Web du gouvernement, du ministère en charge de la Planification et de l’INS pourront servir de support pour faciliter le partage de l’information», apprend-on.

Par Arthur Wandji

Vision 2035 : la Stratégie Nationale de Développement dévoilée

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Le Premier ministre, chef du gouvernement

La vision reste la même, atteindre le statut de pays émergent d’ici 2035. Ce qui change, c’est l’instrument de planification dédié à l’atteinte de cet objectif. Il s’appelle désormais la Stratégie Nationale de Développement (SND 30) et remplace le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (Dsce), dont la première phase a expiré en décembre 2019. La SND 30 a été présentée lundi 16 novembre dernier à Yaoundé. C’est donc cette nouvelle stratégie qui devra guider la deuxième phase de construction de l’émergence du Cameroun, phase qui s’étend sur la décade 2020-2030. Cette cérémonie placée sous le haut patronage du Premier ministre chef du gouvernement Joseph Dion Ngute, a été présidée par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du territoire. La SND 30 est un document de 214 pages qui présente la nouvelle approche stratégique de développement du Cameroun. Son objectif repose sur quatre piliers stratégiques.

Le premier axe est la transformation structurelle de l’économie nationale afin d’obtenir des conditions favorables à la croissance économique et l’accumulation de la richesse nationale. Cette transformation se fera à travers entre autres, le rehaussement du niveau d’industrialisation du pays, l’augmentation de la production agricole et des infrastructures productives, la dynamisation du secteur privé et la transformation du système financier. Le second pilier est le développement du capital humain et du bien-être. A ce niveau, la stratégie prévoit le relèvement continu des politiques sociales, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la formation, de la santé, de la protection sociale et de l’emploi. Ce pilier vise également à promouvoir une équité dans la répartition des richesses créées. « […] Le principe cher de l’équité et du développement équilibré a guidé l’ensemble des orientations et des priorités indiquées dans ce document », souligne le Premier ministre en préface du document. Le troisième axe sur lequel repose la SND 30 est la promotion de l’emploi et de l’insertion économique. il traite de la problématique du sous-emploi, de l’adéquation formation emploi notamment l’adéquation de l’offre de formation à la demande du secteur productif en main-d’œuvre. Cet axe devra mettre en place un cadre efficace pour l’éclosion des entreprises les plus créatrices d’emploi, à savoir les très petites entreprises, les petites et moyennes entreprises et les petites moyennes industries, l’économie sociale notamment les coopératives et l’artisanat. Le quatrième pilier est la gouvernance, la décentralisation et la gestion stratégique de l’Etat. A ce niveau, outre les aspects classiques, ce dernier pilier inclut les questions liées au développement local, au multiculturalisme et au bilinguisme qui sont au centre de la troisième dimension de la vision 2035, à savoir «l’unité dans la diversité».

Entamée en janvier 2019, l’élaboration de la SND est le fruit de près de deux années de consultation. Pour sa mise en route, des considérations clés ont été définis, il s’agit notamment « de porter la part des ressources transférées aux Collectivités territoriales Décentralisées à au moins 15% des recettes de l’Etat; de porter à au moins 60% la part de la commande publique en biens et services produits localement; d’achever tous les projets en cours et finaliser toutes les modalités de mise en service complet des infrastructures issues des grands projets de 1ère génération; de finaliser la réforme foncière », renseigne la Stratégie Nationale de Développement. En présentiel ou en visio conférence, ont pris part à cette présentation une dizaine de membres du gouvernement, des universitaires, des hommes d’affaires, des représentants du corps diplomatique et des représentants de diverses administrations publiques.
Par Canicha Djakba

Vision 2035 : les acquis du Dsce

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le Dsce a permis d'amorcer de grands projets infrastructurels

Dans son ambition de devenir pays émergent à l’horizon 2035, le Cameroun a mis sur pied en 2009 sa stratégie de développement de long terme, baptisée vision 2035, dont les objectifs étaient de : réduire la pauvreté à un niveau socialement acceptable, atteindre le stade de pays à revenus intermédiaires, devenir un Nouveau Pays industrialisé, consolider le processus démocratique et renforcer l’unité nationale. Etendue sur trois phases successives, la première phase de la mise en œuvre de la vision 2035 s’est déclinée de 2010 à 2020 à travers le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (Dsce). Ce document visait précisément à: porter la croissance à 5,5 % en moyenne annuelle ; ramener le sous-emploi de 75,8 % à moins de 50 % ainsi que le taux de pauvreté monétaire de 39,9 % en 2007 à 28,7 % en 2020. Afin d’y parvenir, le Dsce a axé sa stratégie de croissance sur les projets structurants, la création de richesses inclusives et durables, qui devaient contribuer à l’amélioration structurelle de l’économie et relever le niveau de vie des populations. Malgré un bilan mitigé, le document de planification compte plusieurs réalisations à son actif.
Une croissance économique supérieure à celle des pays de la CEMAC
D’après le gouvernement, la mise en œuvre du Dsce a permis un relèvement notable du taux de croissance passant de 3 % à 4,5 % sous la période 2010- 2019. Bien qu’en dessous de 1 point par rapport aux prévisions de 5,5 %, le Cameroun a une croissance nettement au-dessus de celle du reste des pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Ce qui témoigne de la résilience de l’économie camerounaise face aux différents chocs économiques et sécuritaires dont elle a fait face à partir de 2015. Et pourtant, le pays était parti sur de bons résultats avec une croissance réelle qui est passée de 1,9 % à 5,9% entre 2009 et 2014.

Infrastructures : des réalisations considérables

Plusieurs projets structurants ont été réalisés dans divers secteurs sous l’ère du Dsce. Lesquels ont renforcé substantiellement le parc infrastructurel du pays aux plans portuaire, énergétique et routier… Dans le secteur des transports, on note la mise en service du port en eau profonde de Kribi, qui possède selon le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) l’un des meilleurs tirants d’eau du golfe de guinée et le deuxième pont sur le Wouri. A cela s’ajoute le bitumage de plus de 2000 km de routes (nationales, départementales et urbaines). En ce qui concerne le secteur de l’énergie, le Dsce a permis la construction de plusieurs barrages notamment le barrage de Lom Pangar, le barrage Hydroélectrique de Memve’ele et le barrage de Mekin. De grands projets qui ont boosté la production locale d’énergie électrique de près de 750 Mégawatts (MW). Et ce n’est pas tout, l’on enregistre aussi la construction de l’usine à gaz de Kribi dotée d’une capacité additionnelle de 216 MW.

Finances publiques : les recettes pétrolières en hausse

Malgré les perspectives à la baisse de la production pétrolière et l’entrée en vigueur des accords de Partenariat Economique (APE), le Dsce prévoyait que les recettes pétrolières totales se maintiennent au-dessus de 15 % du Produit intérieur Brut (PiB) à l’horizon 2020. Mais cet objectif a été dépassé de 1.1 point pour atteindre 16,1 %. De même, les recettes non pétrolières (13,5%) étaient en hausse de 0,4 point par rapport aux prévisions fixées à 13,1% du PiB. Par contre, une baisse moyenne de 8,2 points de la part des recettes pétrolières dans les recettes propres de l’Etat a été enregistrée sur la période 2010-2017, comparativement à la période de mise en œuvre du Document de Stratégie pour la réduction de la Pauvreté (Dsrp). En effet, précise le Minepat, cette part a baissé de 30,8 % à 22,6 % entre les deux périodes.

Gouvernance : des avancées considérables

Selon les experts, l’évolution de la situation de la gouvernance économique a été peu satisfaisante. En effet, plombée par la corruption, la complexité des procédures douanières, fiscales et les lenteurs administratives, le climat des affaires au Cameroun a évolué durant le Dsce en dent de scie. Mais, même si le niveau actuel de la gouvernance économique est encore en dessous de la cible visée, plusieurs progrès notables ont par contre été réalisés dans le secteur de la gouvernance institutionnelle depuis 2010 avec la mise sur pied du Sénat et de la Conseil Constitutionnel, le Code général des Collectivités territoriales Décentralisées. D’ailleurs les premières compétences ont été transférées aux communes par l’état central en 2010 et conformément au principe de progressivité, en 2018, 63 compétences ont été transférées par 21 ministères. En ce qui concerne les atteintes à la fortune publique, le dispositif a été renforcé avec la création et l’opérationnalisation du Tribunal criminel spécial (TCS) depuis 2012.

Emploi : sous-emploi fait peau dure

Le gouvernement comptait réduire la portion du secteur informel dans l’activité économique nationale et créer des dizaines de milliers d’emplois chaque année dans le secteur formel, avec la stratégie d’emploi contenue dans le Dsce. il s’était à cet effet fixé pour objectif de ramener le sous-emploi de 75,8 % à moins de 50 % à l’horizon 2020 en accroissant l’offre d’emplois décents et en améliorant l’adéquation de la demande d’emplois ainsi que l’efficacité du marche du travail. Sauf que, neuf ans plus tard, le sous-emploi touche encore 70,6 % d’actifs, soit 6,3 millions. au niveau national, 74 % de femmes occupées touchent une rémunération inferieure à 36 720 francs CFa tandis que 80,7 % des femmes en milieu rural sont dans la même situation.

La pauvreté s’est accrue

D’après le Minepat, durant la première phase de la mise en œuvre de la vision 2035, la pauvreté monétaire a légèrement diminué (de 2,4 points) entre 2001 et 2014, en passant de 39,9 % à 37,5 %. Toutefois, cette performance est en deçà des attentes du Dsce qui envisageait un taux de pauvreté de 28,7 % en 2020. Les inégalités se sont par contre accrues dans la mesure où l’indice de mesure des inégalités (gini) est passe de 41 en 2001 à 44 en 2014. La consommation des 20 % ménages les plus pauvres a reculé sur la période au profit de celle des 20 % ménages les plus riches. En conclusion, le Cameroun a fait reculer la pauvreté de 3 % là où l’on attendait 10 %.

Contraintes et perspectives

En somme, le Dsce n’a malheureusement pas permis au Cameroun d’atteindre ses objectifs de croissance du fait du double choc économique et sécuritaire intervenue à partir de 2015. En effet, le pays a été secoué la chute des cours des matières premières (pétrole) et l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ainsi que les exactions de la secte terroriste Boko-Haram dans l’Extrême-Nord. Cette crise économique a obligé le Cameroun d’adopter un Programme Economique et Financier avec le Fonds Monétaire international (FMi) au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). S’il est vrai que la paix est une condition préalable et indispensable aux aspirations d’émergence, la persistance de la crise dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, et l’Extrême-Nord pourrait une fois de plus plomber les ambitions de développement du pays à l’horizon 2030. La pandémie du coronavirus pourrait également constituer un frein à la bonne exécution de la Stratégie Nationale de Développement.
Par Ghislaine Ngancha

Football professionnel : pourquoi la Fécafoot met Semengue sur la touche

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Seidou Mbombo Njoya se déchire avec Pierre Semengue

Les deux prédécesseurs de Seidou Mbombo Njoya s’en sont rapprochés sur la pointe des pieds, sans jamais oser le toucher. Mais l’actuel président de la Fécafoot est bien décidé à assumer ses responsabilités face à un président de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (Lfpc) devenu «incontrôlable et désinvolte». Réhabilité dans ses fonctions à la faveur d’une décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) rendue le 14 septembre 2020, Pierre Semengue a depuis, dit-on à la Fécafoot, multiplié les actes de défiance vis-à-vis de sa tutelle.

Les «péchés» de Semengue

L’Assemblée générale de la Fécafoot qui acte la réhabilitation de Pierre Semengue (pour neuf mois supplémentaires) le 25 septembre dernier avait en effet débouché sur un certain nombre de recommandations visant la Ligue. L’Assemblée a par exemple donné le pouvoir au président de la Fécafoot de nommer le secrétaire général de la Lfpc. D’ailleurs, parmi les six membres ayant qualité – à l’époque – au sein du Conseil d’Administration de la Ligue, quatre avaient également donné leur accord pour que le futur secrétaire général de l’organe chargé d’organiser les championnats professionnels de football du Cameroun soit nommé par le président de la Fécafoot. Si Paul Mebizo’o a été désigné à cet effet, le président de la Ligue lui, ne l’a jamais approuvé. «Première faute», dit-on à la Fécafoot. La même Assemblée de la Fécafoot a également donné 30 jours à Pierre Semengue pour convoquer une Assemblée générale élective en vue du remplacement pour la durée du mandat restant, des membres du Conseil d’administration de la Lfpc ayant perdu leur qualité (5 membres sur 11). Une fois encore, la recommandation est bottée en touche par le patron de la Ligue. C’est la «deuxième faute», du point de vue de la Fécafoot.

La goutte d’eau qui va déborder le vase sera sans aucun contexte le lancement par la Lfpc de la saison le 1er novembre 2020. Outre les clubs de Coton Sports de Garoua et Panthère Sportive du Ndé qui ont disputé ce match d’ouverture avec des joueurs et encadreurs n’ayant aucune licence, la Ligue est allée chercher un trio d’arbitres équato-guinéens pour diriger cette rencontre.

Prise de position gratuite.

«Les statuts de la Ligue indiquent pourtant que celle-ci est subordonnée à la Fécafoot», précise un cadre de l’instance faîtière. De part ses statuts, la Ligue s’engage à se soumettre entièrement aux obligations fixées par les textes de la Fécafoot et aux autres obligations découlant des statuts et règlements de la Fifa, de la CAF et de la Fécafoot. « Organiser un match de championnat avec des clubs dont les joueurs n’ont présenté aucune licence valide est une violation grave des statuts de la Fécafoot, de la CAF et de la Fifa». Face à cette attitude «va-t-en-guerre » du Général Pierre Semengue, les membres du Comité Exécutif de la Fécafoot se sont réunis en session extraordinaire, du 2 au 4 novembre à Yaoundé.

Semengue hors-jeu, la Ligue sur la touche

L’issue de la réunion est fatale pour la Ligue, dissoute cinq jours plus tôt par une Assemblée générale extraordinaire des clubs de football professionnels. « Le Comité exécutif de la Fécafoot statut à l’unanimité des membres présents décide de retirer (…) l’ensemble des compétences déléguées à la Lfpc», indique le communiqué ayant sanctionné les travaux. La décision prise par la Fécafoot s’appuie sur plusieurs faits. Le premier est relatif aux «manquements, dysfonctionnements internes ou défaillances constatées de la Lfpc» qui transparaissent à travers la «remise en cause» des résolutions de l’Assemblée générale de la Fécafoot du 25 septembre 2020. Puis, il y a «la cacophonie dans l’organisation des Assemblées générales au sein de la Lfpc». Enfin, l’instance reproche à la Ligue d’avoir organisé «au mépris des statuts et règles de la Fifa, de la CAF, et de la Fécafoot» le match d’ouverture de la saison. Conséquence, les championnats vont reprendre de zéro. Et cette fois, l’organisatrice s’appelle la Fécafoot.

L’instance faîtière avait prévu d’ouvrir la saison ce mardi 10 novembre par un duel de Ligue 1 entre Union de Douala et FC Yaoundé II au stade Omnisports de Limbe. Mais le rendez-vous n’a pas eu lieu. On apprend que des clubs ont souhaité ce report pour donner une chance aux négociations engagées par la FIFA.

La FIFA veut voir clair

La Fédération Internationale de Football Association a convié les deux parties à une réunion en visioconférence ce lundi 9 novembre. «Afin d’avoir une vision complète de la situation avant de pouvoir apporter une recommandation à la Fécafoot sur des bases légales solides», a indiqué la Fifa dans une correspondance signée le 7 novembre. Quelques jours plus tôt, c’est la Confédération Africaine de Football qui écrivait à la Fécafoot pour lui réitérer la «nécessité d’une relation apaisée entra la Fécafoot et la Ligue», et condamner «toutes les défiances qui ont pu être initiées ». Rappelant au passage que «les Ligues ou autres groupements de clubs affiliés à un membre de la CAF sont subordonnés à celui-ci». Ladite visioconférence a finalement eu lieu ce vendredi 13 novembre, après des « problèmes techniques » évoqués le 9 novembre dernier.

Par Jean Luc Fassi

Marché monétaire : La BEAC lance son programme de rachat des titres

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La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) comme annoncé au Comité de Politique Monétaire (CPM) au mois de juillet dernier, a lancé son programme de rachats ponctuels et ciblés, sur le marché secondaire, des titres publics émis par les Etats membres de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale notamment le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, le 1er septembre 2020, rapporte nos confrères d’Investir au Cameroun. Ce programme, qui vise à soutenir les économies des pays de la sous-région dont l’économie a pris un sérieux coup avec la crise sanitaire liée au coronavirus, consiste pour la banque centrale à mette à la disposition des états concernés 600 milliards de francs CFA, soit 100 milliards par pays. Cette opération va s’étendre sur une période de six mois soit jusqu’en février 2021 mais avec une possibilité de prorogation de six mois en cas de nécessité et en cohérence avec les perspectives économiques de 2021.

Toutefois, la Beac précise que la maturité des titres publics concernés ne doit pas excédés 10 ans et cette procédure devrait être conforme avec le cadrage budgétaire des Etats à tel enseigne qu’en cas de déficit, un Etat peut émettre des titres pour compenser. La Beac n’est plus autorisée à financer directement les Etats et par ailleurs, les Etats doivent supporter certaines dépenses qui n’étaient pas prévues. Elle finance donc indirectement en rachetant sur le marché secondaire les titres que vont acheter les banques […] « les marges laissées par certains Etats pourraient être redistribuées à d’autres Etats ayant des besoins excédant 100 milliards de francs CFA », a rapporté l’institution. Et d’ajouter : « le refinancement sera réservé aux banques qui s’engagent à ne pas réduire le portefeuille à l’économie ».

A en croire nos confrères d’investir au Cameroun, deux mois après le démarrage du programme de rachat des titres publics par la Beac, aucun pays de la Cemac ne s’y est encore engagé. « De bonnes sources, le Cameroun, principal animateur du marché monétaire de la Cemac depuis sa création en 2011, a bien failli inaugurer ce mécanisme spécial il y a quelques jours, pour compléter à 35 milliards de FCFA l’enveloppe de 20 milliards de FCFA obtenue au terme de son émission d’Obligations du Trésor assimilables (OTA) à 10 ans de maturité, effectuée le 21 octobre 2020. Mais, apprend-on, la locomotive économique de la Cemac s’est rebiffée à la dernière minute. Le pays a préféré un abondement (réouverture des souscriptions aux mêmes conditions) annoncé pour décembre prochain, à ce nouveau mécanisme de financement…», peut-on lire sur le site investiraucameroun.com. Notons que pour bénéficier de ce programme de la Beac, apprend-on, le pays solliciteur doit au préalable émettre des OTA d’une maturité inférieure ou égale à 10 ans, avoir enregistré un taux de couverture de la demande d’au moins 50 % au terme de l’opération, n’avoir pas rejeté plus de 5% des offres reçues des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), ensuite justifier de la participation à l’opération d’au moins trois SVT.

Par Ghislaine Ngancha

Renaissance africaine : Miser sur l’excellence scolaire

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Guy Elessa, le promoteur de La nuit des majors

« L’excellence académique au service de la renaissance africaine». Tel est le thème du colloque qui s’ouvre à Yaoundé le 11 décembre prochain. L’initiative est de l’association African renaissance in the making (Aritma). Il sera question d’exalter les valeurs de l’école et son sa contribution irremplaçable dans la quête d’un avenir meilleur pour l’Afrique. Un continent dont le développement a été retardé par divers obstacles multiformes. Les organisateurs voudraient ainsi œuvrer à inciter la communauté éducative à s’investir chacun en ce qui le concerne, à donner à l’éducation la place de choix qui est la sienne, afin de former une jeunesse rompue à la tâche qui l’attend pour la « renaissance » de ce continent qui troque son développement contre la lutte contre la pauvreté.

C’est dans cette perspective que l’organisateur du colloque a pris déjà de l’avance en décidant d’organiser les Aritma academic awards, encore appelés La nuit des majors. C’est d’ailleurs dans le cadre de cet événement que s’incruste le colloque. Les 100 meilleurs bacheliers et détenteurs du GCE A. level de l’année scolaire précédente recevront des primes au Palais des Congrès de Yaounde le 12 decembre 2020. « L’objectif recherché est de distinguer et récompenser les meilleurs élèves du baccalauréat et du Gce advanced level ; mais aussi de susciter au sein de la jeunesse camerounaise en général, le goût de l’effort et de l’excellence ainsi qu’une concurrence saine en milieu scolaire », justifie Guy Elessa, le promoteur du prix. De quoi remonter le moral des acteurs de la communauté éducative national, après « une année scolaire 2019-2020 tumultueuse ». Une année scolaire perturbée et même précocement interrompue par la pandémie du Covid-19.

Entreprises publiques : La Sonara et Camair-Co cumulent une dette de 826 milliards

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camair-co, un gouffre financier

La dernière note de conjoncture de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) présente les deux entreprises comme étant les plus endettées du pays.
Sur un encours provisoire de la dette des entreprises estimée à 833 milliards de francs CFA, 826 milliards sont détenus par deux entreprises publiques. Il s’agit de la Société Nationale de Raffinage (Sonara) et de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co). Les chiffres sont présentés par la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) organisme publique en charge de la gestion des fonds d’emprunts publics. Dans sa dernière note de conjoncture sur la dette publique du Cameroun calculée en septembre dernier, la Sonara l’unique raffinerie de pétrole du pays et majoritairement à capitaux public comptabilise une dette de 704 milliards de francs CFA.

La compagnie aérienne publique quant à elle compte 122 milliards de francs CFA de dette au mois de septembre 2020. Selon le rapport de la CAA, ces statistiques sur la dette des entreprises publiques ne sont pas exhaustives. « La collecte des informations utiles sur la dette des entreprises et établissements publics se poursuit, en vue d’évaluer le niveau réel de ladite dette », indique l’entreprise. Autrement dit, encours réel de la date de ces entreprises publiques au 30 septembre 2020 devrait être plus important, notamment à cause des difficultés qu’elles rencontrent davantage en cette période de pandémie de coronavirus.

En 2017, la dette de 37 entreprises publiques ou à capitaux publics était évaluée par le ministère des Finances à plus de 2 624,4 milliards de francs CFA. A cette époque-là, la Sonara, l’entreprise des télécoms (Camtel) et la compagnie nationale des eaux (Camwater) occupaient déjà le top trois des entreprises publiques les plus endettées, avec des montants respectifs de 763,2 milliards de francs CFA, 554,5 milliards de francs CFA et 352,4 milliards de francs CFA.

Par Canicha Djakba

Placement illégal de fonds : 17 entreprises sommées de restituer les fonds des souscripteurs

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Le Minfi en guerre contre les placements illégaux

Elles sont au total 17 entreprises interdites de mener des activités d’appel à l’épargne au Cameroun. Et pour cause, ces structures spécialisées dans la crypto-monnaie collectent des capitaux importants auprès des opérateurs économiques nationaux et étrangers par appel public à l’épargne sans l’autorisation des autorités compétentes. Le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze dans un communiqué datant du 29 octobre 2020, explique qu’avec l’utilisation de divers moyens de communication, ces sociétés illégales de placement de fonds attirent les investisseurs potentiels par des promesses de gains exorbitants et irréalistes sur leurs placements. Le motif déclaré de ces levées de fonds par lesdites sociétés est le trading sur les crypto-actifs. Le ministre a à cet effet mis les souscripteurs en garde sur les risques réels de leur épargne afin de mettre fin à cette pratique qui prend de l’ampleur ces derniers temps, le ministre des Finances a non seulement sommé, sans délai, les promoteurs et dirigeants de ces sociétés de cesser immédiatement leurs opérations de collecte illégale des fonds par appel public à l’épargne avec recours aux annonces et autres publications via divers supports de communication. Mais aussi d’arrêter toute forme de publication, communication ou publicité en rapport avec ces placements sur les crypto-actif. Il leur a par ailleurs exigé de « restituer sans délais tous les fonds collectés auprès des opérateurs économiques nationaux et étrangers à travers ces opérations illicites». Et par conséquent, lui rendre compte du déroulement de ces remboursements. Toutefois, Louis Paul Motaze promet d’engager des poursuites judiciaires contre les entreprises qui ne respecteront pas ces exigences. « Le ministre des Finances se réserve le droit d’engager des procédures administratives appropriées et de saisir les autorités judiciaires compétentes pour l’ouverture des poursuites contre les promoteurs et dirigeants concernés, en cas de non-respect immédiat des prescriptions », a écrit le ministre.

Cette sortie du Minfi intervient moins d’un mois après la mise en garde de la Commission de Surveillance des Marchés Financier de l’Afrique Centrale (Cosumaf) contre 14 entreprises qui exercent illégalement le placement de fonds dans la sous-région.

Par Ghislaine Ngancha

Enseignement supérieur : une école virtuelle fait ses classes au Cameroun

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Ayant opté pour l’enseignement à distance, l’Ecole Supérieure des techniques Avancées pour le Développement (Estad) se veut être une alternative au modèle de formation proposé par les grandes écoles du pays.
Pendant la période du confinement qui a duré près de trois mois et durant laquelle les études ont été suspendues au Cameroun, des établissements de l’enseignement supérieur se sont lancés dans l’expérience nouvelle et inédite d’un nouveau mode d’apprentissage axé sur le e-learning. Une expérience appréciée par beaucoup de parents et d’étudiants. A l’Estad, c’est ce modèle d’enseignement qui est proposé. Rien à voir avec la crise sanitaire actuelle. «L’idée de ce projet est née en 1992, raconte Mezom Melouta, l’un des promoteur. Nous avons pris le temps de la murir et aujourd’hui, nous pouvons dire que nous sommes prêts».

Avantages

L’institut qui a ouvert ses portes pour la première fois ce 2 novembre 2020 à Yaoundé se présente comme une «école virtuelle». Logé dans l’enceinte du palais des Congrès, l’établissement propose l’enseignement à distance comme alternative au modèle de formation en vigueur dans les grandes écoles du pays, avec des adaptations permettant une transition douce nécessaire à tout changement. Parce que l’école à distance a de nombreux avantages notamment : la liberté pour l’apprenant d’organiser son temps ; la possibilité d’étudier à son rythme ; la possibilité d’exercer une autre activité en parallèle ; le confort de se former chez soi ; la possibilité d’apprendre même quand on est confiné chez soi, etc. «L’approche pédagogique adoptée à Estad est innovante dans notre système universitaire, explique le promoteur. Il s’agit d’une formation qui associe l’enseignement à distance et des regroupements en présentiel». L’Estad disposera en effet de Points de Présence (PoP) «en fonction de la demande. Ce sont des relais aménagés (salles de cours, Internet, dispositif de visioconférence, etc.) qui permettront aux étudiants de ne pas nécessairement se déplacer pour le campus mère du palais des Congrès de Yaoundé», explique Mezom Melouta.

Des cours en langues anglaise et française

Selon son promoteur, l’Estad propose des formations en génie électrique électrotechnique et énergies renouvelables), en réseaux et télécommunications (télécoms, réseaux et sécurité informatique) et enfin en génie informatique (développement logiciels et Base de données, maintenance informatique, informatique industrielle et automatisme, infographie et web design, E-commerce et marketing numérique, banque et finance). Les cours seront dispensés en français et anglais par des enseignants recrutés dans des écoles de renommée mondiale comme l’Université d’Oxford en Angleterre. «Le Cameroun est bilingue et c’est vraiment une providence divine, argue Mezom Melouta. Si nous visons à terme l’international, alors notre bilinguisme est un véritable atout. Les enseignants qui sont pour la plupart des Camerounais viennent des grandes universités du monde. Quoi de plus normal que de proposer des cours dans nos deux langues officielles ?».

Par Arthur Wandji

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