vendredi, avril 10, 2026
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Partenariats public-privé: des cadres du Minfi et du Feicom à l’école du Carpa

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Le Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (CARPA) poursuit sa mission de vulgarisation des partenariats public-privé (PPP), dans le but d’en faire un mécanisme incontournable pour le développement des infrastructures et des services publics au Cameroun. Ses conseils et son expertise pour faciliter l’appropriation de ce mode de contractualisation des projets, cet organisme créé par décret présidentiel il y a plus de 10 ans, et placé sous la tutelle du ministère de l’Economie, en fait profiter aux différentes administrations lors d’ateliers de formation organisés de manière récurrente. Après celui de Yaoundé il y a un mois, c’est la ville d’Ebolowa, dans la région du Sud qui a accueilli la séance de formation la plus récente. Du 22 au 26 juillet 2024 les experts du Carpa, conduits par Dieudonné Bondoma Yokono le président de cette structure, ont distillé à une dizaine de responsables du ministère des Finances (Minfi), du Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (Feicom) et de la CCIMA, les clés pour une bonne maîtrise des PPP.

Modules de formation

Il y a près d’un mois à Yaoundé, on parlait de structuration. A Ebolowa, on s’est plutôt appesanti sur le cadre légal, la gestion financière, la responsabilité institutionnelle et la surveillance des programmes de partenariats public-privé. Alphonse Marie Onambele, expert juridique, a ouvert le bal des exposés. «Il a édifié les participants sur la transparence dans le processus de PPP et a mis en exergue les mécanismes qui permettent de la garantir», indique le Carpa. Selon cet expert, «le Parlement joue un rôle clé dans le processus de recevabilité des acteurs publics qui doivent rendre compte aux représentants du peuple, qui sont les parlementaires. En outre, la lutte contre la corruption dans les PPP doit être considérée comme l’objectif principal de la transparence dans les pays en développement», a-t-il déclaré. Son intervention a été suivie par celle de Jean Noël Ekoman, expert en génie civil. Ce dernier s’est attardé sur les critères qui doivent encadrer le choix de tout projet que le gouvernement souhaite réaliser en mode PPP. Il cite notamment l’intérêt du secteur privé, les précédents similaires, la disponibilité du site, les considérations environnementales et le statut des études déjà réalisées.

Marcel Blaise Mbella, coordonnateur de la Cellule technique du Carpa a ensuite pris le relais en livrant une analyse sur la composante «coût-bénéfice» qui, selon lui, est un préalable incontournable pour jauger la solidité ou la viabilité économique d’un projet. «C’est une méthode utilisée pour évaluer les avantages et les coûts d’un projet, pour déterminer sa rentabilité. Il met l’accent sur l’évaluation des coûts d’opportunités et les besoins d’ajustement, en présentant les principes de l’analyse coût bénéfice. Il souligne l’importance de prendre en compte les coûts et les bénéfices d’un projet, ainsi que les ajustements nécessaires pour obtenir une évaluation précise» indiquent les services de communication du Carpa qui ont fait l’économie de sa présentation. L’atelier s’est refermé sur une évaluation des compétences acquises par les participants. D’après les chiffres dévoilés à la fin des travaux, les enseignements du Carpa ont été assimilés par les participants à hauteur de 70%.

D’autres formations à venir

Pour finir, cette structure a annoncé qu’elle compte poursuivre sa formation sur la préparation à la certification internationale des PPP amorcée à Ebolowa, à une date qui sera communiquée dans quelques jours.

Pr. Ngah Esther : « L’Egcim facilite le transfert de technologies avancées vers le secteur industriel »

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Pouvez-vous nous présenter la 4e Semaine de l’ingénieur notamment les activités qui l’ont meublée ?

Les activités suivantes ont meublé la quatrième Semaine de l’ingénieur de l’Egcim parrainée par son excellence monsieur le secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco et l’Icesco : Une leçon inaugurale donnée par trois conférenciers sur le thème de la semaine « Technologies émergentes : support d’innovation dans les secteurs miniers et énergétiques » qui a présenté la place importante de ces secteurs dans la stratégie politique du Chef de l’Etat, des innovations développées par les enseignants de l’Egcim dans ces secteurs et le support qu’apporte les technologies dans ces innovations. Des conférences pour changer la façon de penser des élèves ingénieurs qui souhaitent entreprendre ou faire émerger leur leadership d’une part, et des opportunités de carrière dans leur métier d’autre part ; Des ateliers sur la recherche de l’Emploi, animés par le l’Agence du Fonds National de L’Emploi (FNE) de l’Adamaoua, le Minpmeesa et le Minefop ; des expositions du savoir-faire des élèves ingénieurs de l’Egcim ; la soutenance des travaux de fin d’étude de 152 élèves ingénieurs ; la mise sur pied du réseau des anciens élèves ingénieurs de l’Egcim : « Egcim Alumni ». Ainsi que la célébration de l’excellence académique, du leadership, de l’innovation et de l’entrepreneuriat et la première édition de la cérémonie de graduation de l’Egcim des deux premières promotions de l’Egcim.

Quels sont les objectifs principaux de cet événement ?

Cette semaine avait pour objectifs principaux de permettre la soutenance des travaux de fin d’étude des élèves ingénieurs de la 4e promotion, de mettre sur pied le réseau des anciens élèves ingénieurs de l’Egcim, de réunir des entreprises désireuses de collaborer avec l’Egcim, d’organiser des ateliers sur la recherche de l’emploi et l’entrepreneuriat, et de célébrer l’excellence, l’innovation et l’entrepreneuriat.

 Pourquoi avez-vous choisi le thème : « Technologies émergentes, support d’innovation dans les secteurs miniers et énergétiques » ?

Nous avons choisi ce thème pour explorer comment les innovations technologiques comme l’intelligence artificielle, l’Internet des objets et les énergies renouvelables transforment ces industries. Ces technologies permettent d’améliorer l’efficacité opérationnelle, de réduire les coûts, et d’optimiser l’utilisation des ressources, tout en minimisant l’impact environnemental. Elles jouent également un rôle crucial dans la transition énergétique vers des sources d’énergie plus durables, tout en augmentant la compétitivité et la sécurité des opérations. Nous voulions également informer le public que l’Egcim a déjà emboîté le pas. En effet, depuis la conférence internationale que nous avons organisée en Octobre 2023 sur les technologies émergentes, nous travaillons leur exploitation réelle.

Selon vous, quel est le rôle des technologies émergentes dans le développement des secteurs miniers et énergétiques ?

Les technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT) et les énergies renouvelables, jouent un rôle central dans la transformation des secteurs miniers et énergétiques. Elles permettent une gestion plus précise et efficace des ressources, réduisent les risques et les coûts grâce à l’automatisation et à la surveillance à distance, et favorisent une transition vers des pratiques plus durables. Par exemple, l’IA aide à prédire les défaillances des équipements, réduisant ainsi les interruptions coûteuses, tandis que l’IoT optimise les processus de production en temps réel. Ces innovations sont essentielles pour répondre aux défis environnementaux et économiques actuels, tout en soutenant la croissance et la compétitivité des industries concernées.

 Quels sont les défis et les opportunités liés à l’adoption de ces technologies ?

L’adoption des technologies émergentes dans les secteurs miniers et énergétiques présente à la fois des défis et des opportunités. Parmi les défis, on trouve le coût élevé des technologies et des infrastructures nécessaires, ainsi que la nécessité de former le personnel pour utiliser ces nouvelles technologies efficacement. De plus, l’intégration de systèmes avancés peut poser des problèmes de cybersécurité, nécessitant des mesures de protection accrues. Cependant, les opportunités sont nombreuses : les technologies émergentes permettent d’améliorer l’efficacité opérationnelle, de réduire les coûts de production et de minimiser l’impact environnemental. Elles offrent également la possibilité d’explorer de nouvelles ressources et de développer des solutions énergétiques plus durables. Par exemple, l’utilisation de l’intelligence artificielle et des capteurs pour la maintenance prédictive peut prévenir les pannes d’équipement et prolonger la durée de vie des installations.

Comment l’Egcim contribue-telle à la promotion de la recherche et du développement dans des secteurs miniers et énergétiques du pays ?

L’Egcim joue un rôle essentiel dans la promotion de la recherche et du développement dans les secteurs miniers et énergétiques du pays en fournissant une formation de pointe et en menant des recherches innovantes. Elle offre des programmes académiques spécialisés qui préparent les étudiants aux défis techniques et environnementaux de ces industries. En outre, l’école collabore avec des entreprises locales et internationales pour des projets de recherche appliquée, facilitant ainsi le transfert de technologies avancées vers le secteur industriel. Ces collaborations permettent aux étudiants et aux chercheurs d’accéder à des ressources et à des technologies de pointe, stimulant ainsi l’innovation. Par exemple, des projets de recherche sur l’efficacité énergétique ou l’extraction de minéraux critiques mettent en lumière les possibilités offertes par les technologies émergentes pour améliorer la durabilité et la compétitivité des industries locales.

Quel message souhaitez-vous adresser aux étudiants et aux professionnels des secteurs miniers et énergétiques ?

Aux étudiants et aux professionnels des secteurs miniers et énergétiques, nous souhaitons transmettre un message de vision et d’innovation. Face aux défis environnementaux et technologiques croissants, il est crucial d’adopter une approche proactive et de se former continuellement aux nouvelles technologies et aux pratiques durables. En investissant dans l’apprentissage et la recherche, vous pouvez non seulement améliorer vos compétences mais aussi contribuer à transformer ces industries pour un avenir plus durable et efficient. N’oubliez pas que votre rôle est essentiel pour l’évolution des méthodes de production et pour la mise en place de solutions énergétiques plus propres et plus efficaces. Engagez-vous à être des leaders dans l’adoption de nouvelles technologies et des pratiques éthiques, et participez activement à la création d’un avenir énergétique et minier plus responsable. Notre pays en a besoin !

Le C2D évalue les réformes des finances publiques

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Présenter les résultats et les perspectives du Programme d’Appui à la Gouvernance Financière (PAGFI) aux hommes de médias. C’était l’objectif principal au menu de cette traditionnelle rencontre du C2D. Un programme dont le but est d’améliorer la gestion prévisionnelle de la dépense et l’exécution de la dépense publique. Le PAGFI, qui a bénéficié d’un financement de 4 millions d’euros par le C2D pour sa deuxième phase (PAGFI 2), visait à renforcer la capacité de l’État à maîtriser l’exécution de son budget.

Les objectifs majeurs du PAGFI II étaient « de renforcer la gestion prévisionnelle de la dépense afin de disposer de la trésorerie nécessaire pour faire face aux engagements de l’État et améliorer le suivi financier et la transparence budgétaire pour une allocation plus efficace des ressources publiques », a rappelé Sophie Boumsong, la Cheffe de Division de la Réforme Budgétaire au Minfi, par ailleurs coordonnatrice de l’unité de gestion du projet. À en croire cette dernière, le projet a permis, entre octobre 2019 et avril 2024, « la définition de l’architecture du nouveau Compte Unique du Trésor (CUT) avec un compte pivot et des souscomptes intégrant les comptes des correspondants », a-t-elle présenté. Selon Sophie Boumsong, la phase II du PAGFI a favorisé l’optimisation de la gestion de la trésorerie, notamment avec le développement et la mise en production d’une plateforme dématérialisée de collecte des recettes non-fiscales dénommée « TRESOR PAY ». En outre, les résultats de cette composante se matérialisent par les signatures des décrets portant gestion de la trésorerie de l’État et des autres entités publiques, et sur les paiements électroniques, ainsi que la signature de l’arrêté portant réorganisation du Comité de Trésorerie et de Régulation Budgétaire.

Le PAGFI 3, dont la convention a été signée le 5 septembre 2023, bénéficie d’une subvention de plus de 4 milliards de FCFA (soit 6,1 millions d’euros) du C2D. Lancée le 14 juin dernier par le ministre des Finances, la troisième phase a pour objectif principal d’améliorer la gestion des finances publiques à travers le soutien des réformes tant au niveau central qu’au niveau des administrations décentralisées et parapubliques, apprend-on. Elle vise également à renforcer la crédibilité budgétaire, à améliorer l’information budgétaire et comptable, ainsi qu’à maîtriser les risques budgétaires des entreprises et établissements publics. « Dans le cadre de PAGFI III, nous avons cette ambition d’optimiser les systèmes d’information. Parce que, quand on parle budget et comptabilité, cela doit être fait dans des systèmes d’information suffisamment robustes, pour que l’État lui-même puisse maîtriser ses données statistiques, et centraliser les autres informations publiques pour pouvoir mieux suivre les risques de ces entités. Il y a un nouveau volet qui couvre les 4 prochaines années et porte sur l’amélioration du pilotage des autres entités publiques qui sont les établissements publics et les entreprises publiques. Nous allons véritablement travailler pour améliorer la gouvernance par le ministère des Finances de ces entités en essayant de nous capaciter à mieux suivre ces entités et à leur donner la place qui est la leur. Comme nous sommes dans une mesure de performance de suivi contractuel avec ces entités », avait expliqué la Cheffe de Division de la Réforme Budgétaire au Minfi. Et de poursuivre : « Nous devons travailler à rendre le Compte Unique du Trésor effectif en renforçant l’appropriation par les parties prenantes de ce nouveau modèle qui est innovateur dans tous les pays de la sous-région ». Lors de la rencontre avec les journalistes le 31 juillet dernier, Sophie Boumsong a annoncé une probable opérationnalisation du Compte Unique du Trésor en décembre 2024.

Réactions

SOPHIE BOUMSONG, Cheffe de division de la réforme Budgétaire au Minfi et Coordonnatrice de l’Unité de gestion du Projet

Le PAGFI est le projet qui montre la visibilité sur ce que l’État fait en matière de gestion des finances publiques. Les finances publiques, pour le commun des mortels, ce sont les ressources. C’est lorsque je pose un acte, lorsque j’ai un engagement avec l’État, qu’il me paye. Lorsque l’État me recrute, qu’il me paye à temps, qu’il me paye mes arriérés. Donc, le rôle du PAGFI, c’est que justement l’État puisse faire face à ses engagements en temps opportun pour que l’économie puisse fonctionner. À l’heure actuelle, le programme a mis en place des bases juridiques et des bases logistiques pour que la réforme fonctionne. Pour le PAGFI III, il sera question d’optimiser cela au niveau de l’État, au niveau des collectivités territoriales, mais également de travailler pour que les entités que sont les entreprises publiques, avec le soutien de l’État, puissent être capables également d’apporter sur le plan financier tout ce qui est attendu d’elles. Donc, améliorer la capacité de l’État à pouvoir accompagner les entreprises publiques en tant que tutelle et en tant qu’État actionnaire.

BENOIT SABLAYROLLES, chef de projet PAGFI Cameroun

Le passage en comptabilité patrimoniale pour l’État, l’appui sur la modernisation des systèmes d’information, donc le PAGFI 2, a été pendant 4 ans une action très forte pour moderniser le cadre budgétaire et comptable de l’État. Le PAGFI 3 élargit les perspectives du PAGFI vers les autres entités publiques, qui sont des acteurs majeurs aussi au Cameroun, que sont les collectivités territoriales décentralisées, ainsi que les établissements publics. Et vous avez vu également une troisième composante vers les entreprises publiques. Donc, c’est une ambition très forte, comme vous l’avez souligné, et nous serons donc, j’espère, à la hauteur de cette ambition en mettant à disposition dans le cadre du PAGFI, du PAGFI 3, de l’expertise technique soutenue, comme nous l’avons fait dans le cadre du PAGFI II, avec plus de 88 missions qui ont été mises à disposition et qui ont appuyé aussi bien l’élaboration des textes législatifs et réglementaires, la consolidation des systèmes d’information et également l’appui à la formation. Donc, j’espère que nous serons à la hauteur de cette ambition dans le cadre du PAGFI III, qui sera une action à la fois de consolidation de ce qui a été apporté dans le cadre du PAGFI II et une extension aux autres entités publiques que sont les CTD, entreprises publiques et établissements publics.

Willy Stéphane Zogo, fondateur du Cabinet Droit Médias Finance: «Limiter les investisseurs a permis au Cameroun de réussir son emprunt»

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Le Cameroun vient de recourir à emprunt international pour lever 335 milliards de fCfA, trois ans après sa dernière sollicitation sur ce marché. Qu’est-ce qui selon vous a poussé les autorités camerounaises à opter pour ce choix ?

Je vous remercie de l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer sur cet aspect de la politique financière de l’Etat du Cameroun. Tout d’abord, je veux restituer les raisons officielles qui soutiennent cette troisième émission obligataire de l’Etat camerounais sur le marché financier international. Dans le Décret du 22 juillet 2024 qui a précédé et a autorisé le bouclage de l’opération de levée de ces 335 milliards de FCFA, le président de la République a bien évoqué le fait que ces fonds serviront à l’apurement des restes à payer. Effectivement, nous pouvons penser que ce troisième Eurobond est sous-tendu par l’engagement du Cameroun à procéder dans les délais contractuels au remboursement des arriérés intérieurs chiffrés à 261,6 milliards de FCFA fin août 2023, sur une dette intérieure globale ayant franchi les 1 979 milliards FCFA et exigeant une ressource de long terme. Tout ceci intervient dans un contexte où le marché des capitaux sous-régional de la CEMAC n’est pas forcément en capacité de pleinement satisfaire à ces attentes. Comme vous le savez, sur les mêmes maturités, le Cameroun ne parvient souvent à lever que 200 voire 150 milliards de FCFA…et même qu’il y a eu en avril un report d’une opération similaire.

Contrairement à la plupart des pays africains qui ont opté pour un eurobond par appel public à l’épargne cette année, le Cameroun a préféré un emprunt privé qu’est-ce qui peut justifier le choix d’une telle stratégie?

Le placement privé qui a effectivement été adopté comme modalité de cette opération, sans doute en accord avec Citigroup Global Markets Ltd comme unique agent de placement et en coarrangement avec Cygnum Capital Middle East, ne peut viser qu’un seul but : la garantie et le contrôle dans le but d’atteindre efficacement et dans les brefs délais l’objectif de la levée de fonds. En effet, le placement privé ici permet à l’émetteur, en l’occurrence, l’Etat du Cameroun, de se focaliser sur des investisseurs précis préalablement identifiés sur le marché primaire et le marché gris (dans le monde financier, c’est un marché non officiel, de gré à gré, qui permet aux investisseurs d’échanger des titres avant leur cotation en Bourse, ndlr) comme ayant les capacités financières de répondre à l’offre.

Depuis que les résultats de cette opération ont été rendus publics, les analystes sont tous d’accord que le coût de cet emprunt est très élevé, avec un taux d’intérêt à deux chiffres. Partagez-vous cette analyse ?

D’après ce que nous savons à ce stade, effectivement, le premier Eurobond du Cameroun de 2015 était rémunéré à 9,50% et le deuxième de 2021 l’était à 5,95 %. Pourtant, sur cette dernière opération de 2024, il ne faut pas oublier que les conditions du marché financier international sont plus ou moins rigides pour tout le monde. Mais aussi, la notation du Cameroun en monnaies étrangères sur les dettes de long terme selon des agences de notation se présente en B ou B- selon les cas. Pourquoi le Cameroun n’a pas renoncé ? L’urgence peut-être… Selon toutes les évidences, le Cameroun ne prendrait pas plaisir à payer fort une dette si la liberté lui était totalement offerte. L’obligation de liquider la dette intérieure qui se présente déjà sous forme d’arriérés comme indiqué plus haut pouvait être soldée lentement, sauf que le Fonds Monétaire International aurait recommandé un apurement plus urgent pour le bien des finances publiques. Donc, voilà la lecture qui peut justifier cette posture du Cameroun sur cette opération.

Certaines sources parlent des conditions particulières du marché pour justifier cet emprunt. Quelles sont-elles à votre avis ?

 Les conditions de marché pour les prêts des Etats africains en matière d’Eurobond sont un peu plus difficiles depuis au moins deux à trois ans. Le lien peut être établi avec la sortie de la pandémie de Covid-19 qui, si elle n’a pas été ressentie en interne, elle a été ressentie sur les marchés internationaux. On peut également invoquer la guerre en Ukraine qui est loin d’avoir livré son dernier chapitre ou encore la hausse des taux d’intérêt dans les grandes puissances comme les Etats-Unis. La situation des monnaies locales en difficulté est aussi un facteur pouvant susciter de la méfiance auprès des investisseurs qui peuvent se montrer intéressés par les actifs des économies émergentes. Ils peuvent se dire que leurs placements seraient trop risqués. Mais, pour le cas particulier du Cameroun, il faut indiquer que les investisseurs tiennent également compte de l’encours des obligations déjà en circulation et dont l’émetteur est le Cameroun pour se faire une idée.

Avec les notes relativement bonnes attribuées au Cameroun ces dernières semaines par les agences de notation financière, il n’était pas vain d’espérer des taux d’intérêt moins élevés. Etes-vous d’accord avec cette analyse ?

Pour des raisons déjà invoquées, on ne peut pas corréler le taux d’intérêt de plus de 10% de cette opération uniquement à la notation financière récente du Cameroun par Standard & Poor ou Fitch. Et même, il faut relativiser, vous le dites vous-même, les notations à considérer pour cet Eurobond ne sont pas celles globales, mais plutôt celles liées à l’endettement en devises étrangères. Sur ce point, il me souvient qu’en mai dernier, Fitch a bien confirmé la note de défaut d’émetteur à long terme en devises étrangères du Cameroun à « B » avec une perspective négative. En dernière analyse, la réponse doit également être recherchée sur le fait que les rendements des obligations en dollars du Cameroun arrivant à échéance en novembre 2025 ont baissé de 36 points de base quelques jours avant l’émission, pour s’échanger à 10,53%, le niveau le plus bas depuis plus de deux mois.

Avec cet emprunt, le Cameroun ne fait-il pas une entorse à sa politique de réduction des emprunts de type non concessionnels suggérée par le fmI dans le cadre de leur programme économique et financier commun ?

Avec une rémunération de 10,75% le dernier Eurobond de l’Etat camerounais est tout sauf «concessionnel». Si le FMI lui suggère des emprunts de type non concessionnels, il faut aussi dire que le même FMI peut comprendre exceptionnellement ses « débiteurs ». Si l’on se réfère à la position officielle du FMI en juin dernier, le Cameroun peut se permettre une marge de manœuvre tant « la mise en œuvre du programme appuyé par la facilité élargie de crédit est globalement conforme aux attentes. [Même s’] Il convient de poursuivre les efforts pour accélérer la réforme de la gestion des finances publiques, favoriser la transformation structurelle»

La justice sociale est la meilleure des politiques

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Gilbert-F.-Houngbo-et-Luiz-Inacio-Lula-da-Silva www.newsducamer.com
Gilbert-F.-Houngbo-et-Luiz-Inacio-Lula-da-Silva www.newsducamer.com

GENÈVE – Il est facile d’être pessimiste en ces temps difficiles et incertains. L’instabilité augmente et les conflits se déroulent tous les jours sur nos écrans. La reprise économique post-Covid s’avère inégale et inéquitable. Les femmes et les plus pauvres bénéficiant le moins des gains récents. Même si l’on peut s’attendre à ce que le taux de chômage moyen mondial diminue légèrement cette année, passant de 5 % en 2023 à 4,9 % selon les projections, des déficits persistants subsistent en matière de travail décent.

Par exemple, seulement 45,6 % des femmes en âge de travailler (15-64 ans) ont un emploi déclaré, contre 69,2 % des hommes. Dans les pays à revenu élevé, les femmes ne gagnent toujours que 73 cents en moyenne pour chaque dollar gagné par les hommes. Dans les pays à faible revenu, ce chiffre tombe à 44 cents.

Dans le même temps, la crise climatique continue de faire des ravages sur la planète et les communautés vulnérables. Les douze derniers mois ont été les plus chauds jamais enregistrés, ce qui a eu des répercussions considérables sur la vie, les moyens de subsistance et la santé de milliards de personnes. À elle seule, la chaleur excessive touche 2,4 milliards de personnes – soit 70 % de la population active mondiale. Elle tue près de 19 000 travailleurs chaque année.

En outre, en raison des sécheresses et d’autres facteurs, la faim continue de s’étendre et les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits. Les fruits du développement semblent de plus en plus avoir été accaparés par une poignée de privilégiés. Et comme si toutes ces évolutions ne suffisaient pas, les guerres et les conflits qui ont déjà coûté la vie à des millions d’innocents semblent s’être enracinés.

Il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi. Une bien meilleure approche du développement, de l’action climatique et de la gouvernance mondiale serait axée sur la justice sociale. Ce principe est la clé d’un monde meilleur et plus équitable. C’est le fil conducteur de l’Agenda 2030 pour le développement durable des Nations unies. Mais il est généralement formulé de manière abstraite, plutôt que comme un objectif politique concret.

C’est ce qui doit changer. La justice sociale doit être poursuivie avec la même urgence et le même niveau d’engagement qu’une transition énergétique juste et des règles commerciales plus équitables. Ces objectifs sont en fait interdépendants, car les progrès réalisés sur chacun d’entre eux nous aideront à progresser sur les autres. 

Nous ne pouvons pas parvenir à la justice sociale si nous ne protégeons pas les travailleurs et les entreprises des effets délétères du changement climatique. Nous ne pouvons pas avoir un commerce durable si les emplois dans les usines et le long des chaînes d’approvisionnement ne sont pas décents, avec des garanties professionnelles de base et des salaires décents. Nous ne pouvons pas garantir que nos sociétés resteront pacifiques si les individus ne sont pas en mesure de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille grâce à leur travail. De même, il ne peut y avoir de prospérité sans paix, et les guerres sont souvent enracinées dans la pauvreté, la dégradation de l’environnement et d’autres manifestations d’injustice.

Mais pour progresser dans l’un ou l’autre de ces domaines, nous aurons besoin de politiques plus solides pour promouvoir l’égalité, les droits et l’inclusion sur les marchés du travail et au-delà. Cela signifie qu’il faut garantir l’égalité d’accès à des emplois décents, à des soins de santé et à une éducation de qualité, à des formations qualifiantes et à l’apprentissage tout au long de la vie, ainsi qu’à un environnement sûr et sain.

Pour que la demande de justice sociale devienne réalité, il faut mobiliser tous ceux qui croient au pouvoir de la collaboration, de la coopération, du dialogue social et du multilatéralisme. La Coalition mondiale pour la justice sociale, qui a tenu son forum inaugural à Genève en juin dernier, en est un parfait exemple. Plus de 300 partenaires ont déjà rejoint cette initiative qui rassemble des gouvernements, des organisations d’employeurs et de travailleurs, des organisations internationales onusiennes et régionales, des banques régionales de développement, des entreprises, des ONG et des institutions académiques, convaincus que des politiques véritablement inclusives doivent être mises en œuvre à tous les niveaux de gouvernance – mondial, régional, national et local.

Nous nous trouvons à un moment historique. L’année prochaine, la communauté mondiale aura l’occasion de faire progresser l’objectif de la justice sociale lorsque les Nations unies organiseront le deuxième sommet mondial pour le développement social. L’objectif est d’aider tous les pays à aligner leurs efforts sur les engagements internationaux, y compris ceux inscrits dans les objectifs de développement durable. Les gouvernements et les dirigeants de la société civile auront l’occasion d’œuvrer pour que chacun puisse bénéficier de protections sociales adéquates et universelles et que toutes les personnes et les communautés soient dotées des compétences, de l’éducation et des connaissances dont elles ont besoin pour faire face aux grandes transitions économiques et aux bouleversements mondiaux.

Nous nous engageons à faire notre part et à agir en tant que vecteur de progrès, par l’intermédiaire de la Coalition mondiale pour la justice sociale, lors du sommet mondial et au-delà. Nous invitons d’autres personnes à nous rejoindre. L’avenir ne doit pas nécessairement ressembler au présent, mais ce sera le cas si nous n’adoptons pas un nouvel état d’esprit, axé sur des priorités politiques qui incarnent la quête de la justice sociale.

Gilbert F. Houngbo, directeur général de l’Organisation internationale du travail et  Luiz Inácio Lula da Silva, Président du Brésil.

Copyright : Project Syndicate, 2024.
www.project-syndicate.org

Dr AHMADOU SARDAOUNA : « Nous avons résorbé un déficit de 18 milliards de FCFA que nous avions trouvé »

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Expliquez-nous l’aisance financière de la SIC. Qu’est-ce qui se passe pour que la société immobilière du Cameroun (SIC) ait autant d’argent aujourd’hui ?

La SIC a respecté la volonté du gouvernement, suivant la feuille de route établie depuis 2007. Si nous avons réussi en 2019, c’est parce que nous avons bien compris ce qui nous était demandé et avons fait travailler nos responsables en conséquence. Nous avons mis en place une ingénierie financière qui a permis non seulement de combler les manques à gagner, mais aussi d’apporter un soutien déterminant aux ressources propres. Il y a eu une croissance de 88 % des capitaux propres en 5 ans. Cela a permis de résorber un déficit de 18 milliards de FCFA que nous avions trouvé, car la SIC perdait 4 milliards de FCFA par an pendant 6 à 7 ans. Ce développement d’une ingénierie financière a donné un coup de pouce à la société. Ce n’est pas de la magie, c’est le respect des règles établies par le gouvernement. Nous sommes heureux de respecter ce qui est instruit par l’État pour avoir de la consistance dans ce que nous faisons. Je pense que chaque entité devrait le faire, car quand l’État dicte quelque chose, il sait où il va.

 Dans un contexte où l’on fait la promotion des matériaux locaux, j’aimerais savoir le pourcentage qui est pris en compte dans le cas de constructions que vous réalisez ?

Dès mon arrivée dans cette entreprise en 2013, le chef de l’État avait demandé de diversifier et d’innover. La SIC a collaboré avec l’entreprise Cimenteries du Cameroun (Cimencam) et la Mission de promotion des matériaux locaux (Mipromalo) pour construire des logements convenables avec des matériaux locaux. Nous mélangeons le ciment avec la latérite pour augmenter sa portance. Cela nous permettait, avec le projet terre-ciment, d’obtenir des logements de 12 à 15 millions de FCFA pour un appartement. En 2021, le ministre de l’Habitat et du Développement urbain a posé la première pierre à Garoua (chef-lieu de la région du Nord) pour 200 logements par région. Cette avancée a été stoppée parce que, dans la structuration, il y avait 30 % que le gouvernement devait fournir et le reste devait être financé. Vous savez, pour qu’un logement soit social, il faut qu’il soit conventionné par l’État. Les 30 % doivent couvrir les aménagements, l’approvisionnement en eau et électricité pour que la production commence. La SIC, prête avec Cimencam et Mipromalo, a rencontré un blocage car les processus demandent la constitution d’un central d’achat pour réduire les prix des matériaux. Mais cela n’a pas été possible car la Direction générale avait demandé une résolution permettant à la SIC de composer, moyennant paiement de facture, en dehors de la compétition de marché public et des travaux en régie. L’État a mis en place ce qu’on appelle les marchés adaptés. Une résolution devait appliquer ces marchés adaptés, puisque c’est dans nos régimes de marché. Nous ne l’avons pas obtenue, et Cimencam, ne pouvant pas être une entreprise pour faire les marchés publics, est restée sur ses positions. Voilà ce qui a arrêté ce projet. Mais avec l’embellie financière que la SIC a obtenue, on devrait relancer ce processus qui a connu un succès au Kenya où plus de 500 logements ont été construits en matériaux locaux.

Lutte contre le braconnage : Quatre suspects arrêtés pour trafic d’ivoire d’éléphant dans le Sud

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Parmi les trafiquants, on compte un ingénieur des eaux et forêts, un enseignant du secondaire et un ingénieur électromécanicien. Ils ont été appréhendés à Ebolowa, à quelques kilomètres de Carrefour Samba, alors qu’ils tentaient de vendre les défenses d’éléphant. L’ingénieur des eaux et forêts travaille pour une société d’exploitation forestière, tandis que les deux autres sont employés dans la fonction publique.

Le quatrième trafiquant, considéré comme le cerveau du commerce illégal, a tenté de se cacher pour éviter d’être arrêté, mais a été appréhendé peu de temps après par des agents des forêts et de la faune. Il a été conduit dans les locaux de la Délégation Régionale des Forêts et de la Faune pour la suite de la procédure. Ils appartiendraient à un réseau de trafic d’ivoire opérant dans la région. Une organisation d’appui à la mise en application de la législation sur les espèces sauvages, connue sous le nom de LAGA, a fourni une assistance technique au cours de l’opération.

Le réseau est composé de trafiquants ayant chacun un rôle spécifique dans la vente illégale des défenses d’éléphants. L’un d’entre eux collectait et stockait les défenses à son domicile, tandis que les autres jouaient les rôles d’intermédiaire et de vendeur. L’un des trafiquants a transporté les défenses d’Ambam à Ebolowa, dissimulées dans un sac de riz. Les quatre suspects ont été présentés au procureur et inculpés pour détention illégale d’ivoire.

Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, on estime à 6 830 le nombre d’éléphants vivant dans le pays, ce qui en fait l’une des plus grandes populations d’éléphants d’Afrique. Cependant, cette population diminue rapidement en raison du braconnage qui alimente le commerce illégal de l’ivoire, dont la forte demande provient d’Asie.

Afin de protéger les éléphants, le gouvernement, par le biais de la Loi de 1994 sur la faune sauvage, intensifie ses efforts pour lutter contre le commerce illégal de l’ivoire, afin que les éléphants soient totalement protégés dans le pays. Il convient de noter que le Président de la République vient de promulguer une nouvelle loi qui abroge les dispositions contraires de la loi de 1994.

L’éléphant, le plus grand animal terrestre du monde, joue un rôle crucial en tant que « jardinier » de la forêt, aidant à maintenir l’écosystème de la forêt et de la savane pour les autres espèces.

Nécrologie : Suzanne Kala Lobe casse sa plume

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Fin de combat pour la liberté d’expression pour Suzanne Kala Lobe. Le public ne vivra plus jamais de coups de gueules de l’ancienne éditorialiste de La Nouvelle Expression et consultante de Droit de réponse sur Equinoxe TV. La journaliste émérite est morte la nuit dernière des suites de maladie. L’information a réveillé le monde de la presse au Cameroun. Les réseaux sociaux en ont fait leurs choux gras.

Et du coup, c’est une pluie de réactions en hommage. David Nouwou, rédacteur-en-chef de La Nouvelle Expression, journal dans lequel l’ancienne éditorialiste a passé plus d’une dizaine d’années, garde de la défunte « très opiniâtre. Quand elle voulait faire quelque chose, elle tenait absolument à le faire jusqu’au bout ». Christophe Bobiokono connaît davantage la femme : « C’était quelqu’un qui polémiquait à longueur de journée, avec des opinions qui variaient tous les jours et savait toujours mobiliser ses arguments pour défendre ses points de vue dans chacune des postures qu’elle avait », déclare-t-il, convoquant l’émission Polémos que présentait Suzanne Kala Lobe sur Radio Equinoxe, de sa « très belle voix radiophonique » qu’il salue.

«Sur les traces de son père»

Mais l’homme ne peint pas une obstinée de la polémique : «Elle aimait prendre le contrepied de l’opinion courante, et c’est ce qui la caractérisait. Elle avait beaucoup de talents », précise celui qui a côtoyé Suzanne Kala Lobe dans le cadre de Polémos, mais beaucoup plus au Conseil national de la communication (CNC). Et de fait, les deux journalistes ont fait partie de la première cuvée de membres du CNC reformé. Le directeur de publication de Kalara est d’autant plus estomaqué que « de nous tous qui avons été de cette vague, elle était celle qui donnait le plus de ses nouvelles à tout le monde », renseigne-t-il. Pour insinuer que « dans des circonstances normales, elle nous aurait informés de sa maladie ».

Née le 16 janvier 1953 à Douala, Suzanne Kala Lobé est moulée à l’école de l’Union des populations du Cameroun (UPC), qui contribue à bâtir la forte personnalité de cette intellectuelle avisée des questions politiques et littéraires. La fille d’Iwiyè Kala-Lobè (décédé en 1991, Ndlr) suit les pas de son géniteur, fondateur de la prestigieuse revue Présence Africaine, et rejoint la rédaction de La Nouvelle Expression en 1992. Elle y connaitra une ascension fulgurante, pour finir éditorialiste. Au soir de sa carrière, Suzanne Kala Lobe embrasse l’audiovisuel et se fait remarquer dans plusieurs émissions au début des années 2000, et anime des émissions sur Radio Equinoxe telles que telles que Polémos, Livres noirs, et Musique d’Afrique. Et se fait remarquer en télévision à travers l’émission Vendredi soir sur Equinoxe TV. Avant de créer sa propre structure de production baptisée EBK Productions. Boite qui produit le magazine « Actu » diffusé sur la chaîne Canal 2 International. Lorsqu’elle abandonne ce couloir médiatique, Suzanne Kala Lobe rejoint l’entreprise Hysacam où elle officie à la cellule de communication. Un retrait progressif de l’espace médiatique public, jusqu’à sa disparition ce 1er août 2024, à 71 ans.

Electricité: un nouveau cadre de collaboration entre ENEO et les consommateurs

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  Le document relatif à ce partenariat a  été signé il y a quelques jours à Douala par le DG d’Eneo et la plateforme pôle des Associations de Consommateurs pour la Protection de l’Intérêt Socio-Economique du Cameroun.

Un nouvel instrument pour améliorer la qualité de services offerts aux usagers dans le sous-secteur de l’électricité vient de voir le jour. Il est le fruit de la bonne collaboration entre le distributeur de l’énergie électrique au Cameroun et  la Plate-forme pôle des Associations de Consommateurs pour la Protection de l’Intérêt Socio-Economique du Cameroon (PAIES). Il s’agit  en effet d’une convention de bonne collaboration, version révisée de celle qui date d’Avril 2022.

 Le nouveau cadre  a été signé  le 17 Juillet  dernier à Douala par le DG d’Eneo Amine Homann Ludiye et le président de la PAIES Georges Ngono Edzoa.  « Cette convention encadre les activités commerciales et techniques pour le bien être du secteur de l’électricité en général et des usagers en particulier »,  rapporte le président de l’association des consommateurs. Il annonce que ce changement permettra de répondre encore mieux aux besoins des consommateurs d’électricité partout sur le territoire national.

  Côté Eneo,  un communiqué indique que cette convention «  précise les modalités   de coopération  entre les deux parties pour une meilleure visibilité  des actions contre les pertes non techniques ».  Ce serait donc un partenariat qui permettra aux deux parties de faire passer leurs causes. Pour les consommateurs, la prise en compte de leurs difficultés quotidiennes dans la fourniture d’énergie. Pour Eneo, la possibilité de compter sur la contribution des usagers dans la lutte contre la fraude. Car, dans le domaine de l’électricité, les pertes non techniques sont notamment  relatives à la fraude. Ces pratiques selon les estimations d’Eneo font perdre plus de 60 milliards de FCFA chaque année. L’entreprise compte donc sur la responsabilité des consommateurs pour réduire cette facture.

SIC : 15,9 milliards de F CFA d’impôts payés en 6 ans

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Après une trentaine d’années de latence, « la Société immobilière du Cameroun (SIC) a renoué en 2021 avec la production », a rappelé Dr Ahmadou Sardaouna, directeur général de ce bras séculier de l’Etat en matière de logement au Cameroun. C’était à l’occasion de la 13ème édition du Salon de l’Action gouvernementale qui s’est déroulée du 20 au 27 juillet dernier dans la capitale politique du pays.

À ce jour, le bilan financier de la SIC est au vert, rappelle un cadre de l’entreprise. Cette santé financière positive est, selon ce dernier, due à une ingénierie qui a permis d’assainir les états financiers de la société. Avec un élan de satisfaction, Rolland Mengueme, directeur financier et comptable de la SIC, déroule le bilan financier de la société créée le 18 juillet 1952, avec pour mission la mise en œuvre de la politique de logement social au Cameroun. C’était lors d’une conférence organisée la Société sur le thème : « Gouvernance et relance de la production : Gage de l’amélioration des conditions de vie des populations ».Selon le top management de l’entreprise, cette dernière assume la charge fiscale à la place de ses locataires. Chaque année, la SIC « verse une TVA de 500 millions de francs au nom de ses locataires », révèle le directeur financier à l’entame de sa présentation.

Entre 2018 et 2024, la SIC a versé 15,9 milliards de francs à l’administration fiscale par deux mécanismes : 12,7 milliards par compensations dans le cadre des avenants et 3,1 milliards en flux financiers directs, apprend-on. « Les impôts sont payés par un système OTP (payement en ligne). Une fois que les déclarations sont faites, les impôts sont systématiquement payés », a révélé Rolland Mengueme. Ce processus efficace place la SIC parmi « les entreprises qui soutiennent activement l’administration fiscale », se vante-t-il. Pour y parvenir, apprend-on, le ministère des Finances a joué un rôle crucial en accompagnant la SIC à travers la signature de six conventions depuis 1994, permettant à l’entreprise de renouer avec des résultats comptables positifs. « À ce jour, les conventions signées ont permis à la SIC d’engranger 58 milliards de FCFA. Sur ces 58 milliards de FCFA, les mêmes conventions ont permis de procéder à la liquidation de nos impôts, ce qui fait que nous avons eu un solde en faveur de la SIC de 45 milliards FCFA. Ces fonds nous permettent effectivement de relancer la production », a expliqué le directeur financier et comptable de la SIC.

Cette performance financière a permis à la SIC de réaliser le projet Mfoundi avec un taux d’endettement nul alors qu’elle avait, à travers la syndication bancaire pilotée notamment par la Commercial Bank Of Cameroon (CBC) et des banques locales, emprunté de l’argent pour lancer ledit projet, pour un montant de 10 milliards de FCFA. La rentabilité financière est également un des indicateurs qui démontrent que la Société Immobilière du Cameroun est aujourd’hui une entreprise qui se porte bien. Notamment les capitaux propres de l’entreprise publique qui ont connu un taux d’accroissement de 88 % entre 2018 et 2023.

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