mardi, avril 7, 2026
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Santé : Malachie Manaouda fait le point de la situation épidémiologique

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C’est la variole du singe désormais appelée mpox qui a particulièrement intéressé la presse que Malachie Manaouda a rencontrée ce 10 septembre 2024 au Centre de coordination des opérations d’urgences de santé publique (Cousp). A propos, le ministre de la Santé publique (Minsanté) annonce que depuis le début de l’année en cours, le Cameroun a enregistré 30 cas suspects, 05 cas confirmés et 02 décès. Avec comme foyers actifs les régions du Sud-Ouest (districts de santé de Mbonge, Buea et Limbé) et Nord-Ouest (districts de santé de Njikwa et Bamenda). Face à cette situation, le Minsanté a pris des mesures nécessaires pour circonscrire et maîtriser la propagation de l’épidémie au Cameroun, et surtout d’éviter l’importation de cas supplémentaires. Ce avec le concours des administrations connexes et de ses Partenaires techniques et financiers (PTF).

Le Cameroun n’est pas le seul pays touché par cette maladie de l’heure. En effet, le 13 août dernier, Africa CDC, l’agence de santé de l’Union africaine, a déclaré une « urgence sanitaire publique de sécurité continentale ». Indiquant renforcer le niveau d’alerte du continent face à l’épidémie de mpox. Par la suite, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a emboité le pas en déclarant une « urgence de santé publique de portée internationale ». Du coup, le Cameroun a activé une batterie de mesures en riposte. On apprend que les régions les plus touchées sont celles du Sud-Ouest, du Nord-Ouest, du Littoral, du Centre et de l’Est.

A l’occasion, Malachie Manaouda a fait le point de la situation épidémiologique générale au Cameroun, avec un focus sur le covid-19, le choléra, la diphtérie et la coqueluche. Toutes des maladies évitables grâce à la vaccination. En ce qui concerne le covid-19, début de cette année, 300 cas ont déjà été enregistrés sur le territoire national ; mais aucun décès enregistré. Par ailleurs, 708 cas de rougeole ont été enregistrés dans la même période. La riposte vaccinale a été engagée dans les districts de santé concernés.

En attendant de trouver une thérapie capable de neutraliser le virus du mpox, ainsi que les autres pathologies qui menacent la santé publique au Cameroun, le ministre de la Santé publique invite les parties prenantes de l’action gouvernementale à travailler en collaboration pour tenter de juguler la situation. «Je voudrais rappeler qu’il est essentiel d’adhérer aux mesures de prévention, notamment le respect des règles d’hygiène, l’éviction des contacts étroits avec les malades et l’acceptation de la vaccination », a sensibilisé Malachie Manaouda. « C’est à ce prix et celui de la solidarité, couplée à la vigilance que nous réussirons à garder notre pays indemne de ces menaces réelles mais bien que lointaines», a-t-il indiqué.

Cameroun : Hamadou Sali nommé PCA du Terminal Bois du Port de Douala

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Hamadou Sali a été nommé Président du Conseil d’administration (PCA) du Terminal Bois du Port autonome de Douala (TBPD) lors du Conseil d’administration du 2 mai 2024. L’annonce a été faite mardi, à travers une annonce légale publiée dans les colonnes du journal à capitaux publics, Cameroon Tribune. Il remplace à ce poste Aoudou Dandjouma, décédé en septembre 2023. Avec plus de dix ans d’expérience dans le transport et la logistique, Hamadou Sali est plus ou moins appelé à la rescousse pour résoudre les difficultés financières actuelles du terminal.

Député depuis 1997, Hamadou Sali possède également une expertise reconnue à l’international, ayant occupé des postes dans plusieurs entreprises telles que Camrail, Africa Global Logistics et Havas Cameroun. Diplômé du Centre stratégique africain d’études (CESA) et de l’École nationale d’administration (ENA) de Paris, il a aussi été vice-président de l’Union parlementaire de l’OCI.

Zimbabwé-Cameroun : les Lions accrochés par les Guerriers

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Le Cameroun a ramené juste un point de Kampala où il affrontait le Zimbabwé ce soir, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Un point obtenu au terme du nul vierge qui a sanctionné la partie. Un match qui a vu les poulains de Marc Brys en peine devant les buts adverses. Si la défense a rarement plié, l’attaque non plus n’a pu faire parler la poudre. Après soixante-cinq minutes infructueuses, le technicien belge injecte du sang neuf sur tous les compartiments. En défense, Nouhou Tollo qui n’avait déjà pas terminé le match contre la Namibie à Garoua en raison d’une blessure, est remplacé par Kilama. Au milieu, Kunde Malong remplace Zambo Anguissa, tandis qu’Yvan Neyou rentre à la place de Martin Hongla. Et en attaque, Christian Bassogog assez remuant sur le flanc gauche est remplacé par Franck Magri.

Peine perdue. Les Warriors du Zimbabwé s’accrochent sur les Lions indomptables et leur imposent un nul vierge à domicile. Une prestation peu convaincante que Vincent Aboubakar le capitaine des Lions indomptables, met au compte de l’absence d’entraînement en terre ougandaise. En effet, alors que le Zimbabwé y a passé quelques jours et s’est acclimaté, le Cameroun arrivé seulement samedi nuitamment, déjà en proie à une guerre de leadership dans sa tanière entre le ministère des Sports et de l’éducation physique et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), n’aura jamais pu faire corps avec la pelouse du National stadium de Kampala. Aucune séance d’entraînement même.

Pour autant, avec le point ramené de Kampala, le Cameroun est co-leader avec le Kenya qui a battu la Namibie. Avec quatre points. Lors de la prochaine journée, les deux premiers vont s’affronter pour déterminer le plus fort du groupe.

La BVMAC sollicite une expertise pour évaluer son système de cotation

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La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) vient de lancer un appel d’offres pour une mission d’audit externe de son système de cotation. Le Directeur Général justifie cette opération par la volonté de se rassurer d’avoir une  plateforme  dédiée à la cotation conforme aux normes. « La BVMAC dispose d’une infrastructure de cotation éditée par EURONEXT dénommée ‘’NSC V 900’’, mais n’étant plus sous maintenance de cet éditeur depuis plusieurs années », écrit Louis Banga Ntolo.

 Il est donc question de réaliser un « audit complet des usages en vigueur du système de cotation NSC V900 de la BVMAC »,  à lire l’avis d’appel d’offres. L’objectif  confiée à la mission  est d’évaluer la conformité de la plateforme aux normes règlementaires locales ;  identifier les points forts et les points de faiblesse actuels du système, notamment dans la gestion des tâches,  sur les connexions des User, les processus d’insertion de données, de validation, d’annulation et de suppression des paramétrages etc.  

L’audit  portera donc sur plusieurs  aspects.  Les systèmes informatiques et la sécurité, le processus de cotation, la conformité réglementaire, la gestion des risques. La mission va à terme formuler des recommandations pour l’amélioration et l’optimisation du système. Pour les responsables de la BVMAC, cet audit est un enjeu majeur pour la crédibilité de la place boursière. « La fiabilité et la transparence du système de cotation étant essentielles pour garantir la confiance des investisseurs et la fluidité des transactions boursières, la BVMAC souhaite engager un audit externe pour évaluer les processus, systèmes et pratiques des usagers internes de son système de cotation », affirme Louis Banga Ntolo.

 Les  intéressés  doivent soumettre leurs offres au plus tard le 18 septembre 2024.

Ngozi Okonjo-Iweala (DG OMC) : “Le Commerce Mondial est un catalyseur pour l’inclusion économique”

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Ngozi Okonjo-Iweala www.newsducamer.com
Ngozi Okonjo-Iweala www.newsducamer.com

Le commerce international s’est avéré être un puissant moteur d’inclusivité, comme le révèle le Rapport 2024 sur le Commerce Mondial publié par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). En examinant les tendances des trois dernières décennies, ce rapport met en lumière l’impact profond du commerce sur la réduction des disparités de revenus et la lutte contre la pauvreté dans les économies à faible et moyen revenu.

Selon Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice générale de l’OMC, ce rapport réaffirme le rôle essentiel du commerce dans la réduction des inégalités mondiales. « Le principal message à retenir du rapport est peut-être qu’il réaffirme le rôle transformateur du commerce dans la réduction de la pauvreté et la création d’une prospérité partagée », déclare-t-elle. Ce constat va à l’encontre de l’idée répandue selon laquelle la mondialisation aurait exacerbé les inégalités.

Le rapport souligne que, depuis la création de l’OMC il y a 30 ans, les économies à faible revenu ont vu leurs revenus par habitant tripler en moyenne, avec un taux de croissance significatif par rapport aux économies à revenu élevé. Ce phénomène de convergence économique est en grande partie dû à la réduction des coûts commerciaux, facilitée par les accords internationaux et les réformes institutionnelles menées sous l’égide de l’OMC. Les échanges entre les membres de l’organisation ont ainsi augmenté de 140 % en moyenne, avec un effet bénéfique sur la réduction de la pauvreté.

Cependant, le rapport n’occulte pas les défis restants. Si de nombreuses économies ont profité de cette dynamique commerciale, certaines régions, notamment en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient, continuent d’être distancées. La faible participation au commerce, la dépendance excessive aux exportations de matières premières, et des infrastructures commerciales inadaptées sont identifiées comme les principaux obstacles à une croissance inclusive dans ces zones.

L’économiste en chef de l’OMC, Ralph Ossa, souligne à cet égard que « moins d’échanges ne favorisera pas l’inclusion, et le commerce ne pourra pas non plus promouvoir l’inclusion à lui seul. Une véritable inclusion nécessite une stratégie globale — c’est-à-dire intégrant l’ouverture commerciale et des politiques nationales de soutien ainsi qu’une coopération internationale forte. »

Le rapport appelle donc à une stratégie globale pour maximiser les bénéfices du commerce international. Cette stratégie passe par des politiques nationales de soutien, telles que la formation professionnelle, l’éducation, ainsi que des réformes pour rendre le marché du travail plus flexible et inclusif. De plus, il met en avant l’importance d’adapter les règles commerciales aux nouveaux défis posés par la transformation numérique et l’économie verte, deux secteurs où le commerce mondial connaît une expansion rapide.

Le commerce numérique en particulier est vu comme une opportunité clé pour les économies les moins intégrées, ainsi que pour les petites et moyennes entreprises et les femmes. L’adoption de politiques favorisant une meilleure connectivité numérique et des infrastructures adaptées permettra d’accroître l’inclusivité dans le commerce mondial, selon le rapport.

Banque Atlantique Cameroun : Éric Valery Zoa reconduit à la Direction Générale pour trois ans

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L’information est tombée ce lundi 9 septembre à travers une annonce légale publiée dans Cameroun Tribune : Éric Valery Zoa, actuel directeur général de la Banque Atlantique Cameroun, a été reconduit pour un nouveau mandat de trois ans. À 53 ans, il continuera de diriger cette institution bancaire, quatre ans après avoir pris la tête de l’établissement en 2020.

Nommé à la direction générale de la Banque Atlantique Cameroun le 31 mars 2020, Éric Valery Zoa est un fin connaisseur de l’établissement. Il y a intégré ses rangs en 2001, après avoir obtenu une Maîtrise en Sciences de Technique de Gestion, option Finance, en 1996. Fort de 23 ans d’expérience au sein de la banque, il a gravi les échelons progressivement jusqu’à atteindre la fonction de directeur général adjoint en avril 2014. Il occupait ce poste jusqu’à sa promotion à la direction générale, où il succède à l’Ivoirien Olivier William Bene Sammarie.

Durant son mandat, Éric Valery Zoa a piloté plusieurs projets visant à consolider la place de la Banque Atlantique Cameroun sur le marché bancaire camerounais, renforçant sa compétitivité et son rôle dans le développement économique du pays. Sa reconduction pour trois ans témoigne de la confiance que lui accorde le Conseil d’administration pour poursuivre les réformes et initiatives stratégiques entamées sous sa direction.

En mai 2024, la filiale du groupe Atlantic Financial Group (AFG) a annoncé l’augmentation de son capital de 23,98 milliards à 28,8 milliards de FCFA, soit une hausse de 5 milliards de FCFA. Très active sur le marché des dépôts, elle a enregistré un encours de 723,6 milliards de FCFA au 31 décembre 2023. L’encours de crédits a également connu une forte progression, passant de 322 milliards en 2022 à 433 milliards en 2023.

Valorisation énergétique des déchets : China Tianying veut implanter une usine au Cameroun

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Lors du quatrième jour du Forum sur la coopération sino-africaine (Focac), le président camerounais Paul Biya, a rencontré Xu Chengzhi, vice-président de China Tianying Inc. (CNTY), une société chinoise spécialisée dans la gestion des déchets et les énergies renouvelables. CNTY a exprimé son ambition de construire la première usine de valorisation énergétique des déchets en Afrique, précisément au Cameroun.

Selon les informations disponibles, le projet de CNTY viserait à apporter une réponse à un besoin urgent de modernisation de la gestion des déchets au Cameroun, un pays où la croissance urbaine rapide entraîne une pression accrue sur les infrastructures de gestion des ordures. En transformant les déchets en énergie, l’entreprise propose une solution durable qui pourrait non seulement réduire l’empreinte écologique du pays, mais aussi produire de l’électricité pour répondre à la demande croissante.

Ce partenariat en gestation avec une entreprise dotée d’une solide expérience en gestion écologique offre des perspectives de développement à long terme. Les retombées pour le Cameroun seraient multiples : création d’emplois, réduction de la pollution, production d’énergie propre, et amélioration de la gestion des déchets. En Afrique, un tel projet pourrait faire du Cameroun un modèle en matière de gestion des déchets et d’énergie renouvelable.

China Tianying Inc. est un acteur clé dans le secteur des énergies renouvelables et de la gestion des déchets. Présente dans plusieurs pays à travers le monde, la société mène des projets allant de la gestion intelligente des services environnementaux urbains à la production d’énergie propre via la valorisation des déchets. L’entreprise s’est également imposée comme un partenaire fiable dans le domaine des technologies vertes, grâce à des innovations majeures dans le traitement des déchets solides et la production d’énergie renouvelable.

Lions indomptables : Vincent Aboubakar en passa d’écrire l’histoire

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Vincent Aboubakar court vers les cimes

En s’envolant pour la Zambie où les Lions indomptables affrontent le Zimbabwé pour le compte de la 2ème journée des Eliminatoires de la CAN 2025, Vincent Aboubakar est un capitaine revigoré. L’attaquant des Lions indomptables a inscrit l’unique but du match Cameroun-Namibie. Jouant sur sa terre natale, le natif de Garoua a eu de la peine à s’exprimer. Tenu en tenaille par une défense des Brave warriors particulièrement solide et regroupée, l’attaquant de pointe des Lions indomptables aura rongé sa frustration jusqu’à le 65ème minute de jeu. Reprenant un tir de Bryan Mbeumo bloqué par le portier namibien, le renard des surfaces trouvera enfin le chemin des filets. Délivrant un peuple qui aura pris d’assaut les gradins du stade Roumde Adjia de Garoua, en apprenant que le match initialement programmé à Japoma, a été reprogrammé à Garoua. Les gradins du stade Roumde Adjia ont bougé, les rues de Garoua envahis, la ville toute entière en émoi. « L’enfant du village » comme on l’appelle ici, a donné raison à ceux qui misaient sur lui pour faire la différence en faveur du Cameroun.

Mais au-delà de l’intérêt commun du peuple camerounais, Vincent Aboubakar améliore son compteur buts chez les Lions indomptables. Le serial scorer dont la carrière en club connaît quelques toussotements, sait renaître de ses centres. Alors qu’il est en panne de confiance auprès de son employeur, sait doper son mental pour avancer, même lorsque tout semble se bloquer. Par ce but contre la Namibie, Vincent Aboubakar marque un pas de plus vers la cime. L’homme est désormais le 2ème meilleur buteur des Lions indomptables avec 44 réalisations, derrière Samuel Eto’o Fils qui en est à 56. La légende Roger Milla étant désormais relégué au 3ème rang.

L’homme de 32 ans n’a plus la force physique nécessaire pour être le plus attendu des Lions indomptables ; mais sait mettre à profit le temps qui lui est consacré, pour donner raison aux différents entraîneurs des Lions indomptables depuis bientôt quatre ans. Le capitaine a même parfois perdu sa place de titulaire, mais à chaque entrée, il sait faire ce qui est attendu de lui : marquer. On se souvient encore du match de la 3ème place de la CAN 2021. A domicile, le Cameroun était en passe de perdre la partie face au Burkina Faso (0-3), à vingt minutes de la fin de la partie. Mais le joker que Rigobert Song a jeté à l’eau en cette fin de partie, a remonté la pente en douze minutes, marquant deux des trois buts du Cameroun. Aux tirs aux buts, le pays organisateur sera le plus fort.

Pour la rentrée des Lions indomptables après la foireuse Coupe du monde 2022, l’homme avait déjà marqué un des trois buts de son pays à Garoua. C’est dire que tout est possible. Vincent Aboubakar peut toujours battre le record de Samuel Eto’o comme meilleur buteur des Lions indomptables. Les éliminatoires de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2026 ne sont qu’à leur début.

Année 2024-2025 : C’est jour de rentrée des classes

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Quartier Mvog Ebanda dit Eleveur ce 9 septembre 2024. Il est 7h15. Un père et ses trois enfants se dirigent vers l’école de ses enfants. L’aîné va vite : « Attends ton goûter ; c’est le premier jour, on ne va pas te fouetter», essaie de lui expliquer son père qui veut s’approvisionner dans une boutique du coin. Celui-ci ne l’entend pas de cette oreille : «On est déjà en retard. On va me punir ; ce sont seulement les maternelles qu’on ne punit pas », reprend l’enfant qui tout de même s’arrête à la boutique et passe aussitôt sa commande. A peine servi, le jeune garçon qui va au cours moyen première année, se précipite dehors et court. « Il n’a pas oublié les habitudes de l’année dernière », apprécie un parent de cette école.

C’est une école très prisée du coin : le groupe scolaire privé bilingue Mewoulou. En ce premier jour de classe, le portail n’est pas fermé à 7h30. Le gardien qui fait office de portier en journée, est en poste, mais aide à accueillir les élèves et les parents. Dans la cour, les enseignantes sont vêtues de ténues uniformes, se distinguant dans une masse de personnes qui occupent la cour de l’école. Les enseignants accueillent les élèves à l’entrée, les orientent vers leurs classes. Beaucoup de parents attendent dans la cour et dans le couloir qui mène au bureau du directeur. Un homme a fini d’inscrire sa fille en maternelle, et veut la ramener : « comme on vient de l’inscrire, je peux la ramener et elle revient demain, n’est-ce pas ?», demande-t-il. «Elle rentre encore pourquoi ? Elle est déjà notre enfant », répond le fondateur qui se saisit de la main de l’enfant. Cette dernière résiste et s’accroche à la main de son géniteur. Sur ce, le responsable de l’école abandonne, mais a déjà permis que l’élève aille en classe. Au papa de se battre pour convaincre sa fillette de rester en classe.

Sur toute l’étendue du territoire, c’est une ambiance similaire qui. Des millions d’élèves du primaire et du secondaire ont repris le chemin des classes ce 9 septembre 2024. Quelques semaines après leurs enseignants et le personnel administratif. En effet, le ministre de l’Education de base Laurent Serge Etoundi Ngoa a tenu une réunion de ses services centraux et extérieurs le 6 août dernier à Yaoundé. Le Minedub a salué « la nette progression du taux de réussite aux examens certificatifs de la session 2024 ; ce, grâce aux efforts conjugués des uns et des autres ». Et a exhorté ses collaborateurs à travailler à « capitaliser les acquis de l’année scolaire écoulée; mais surtout de relever les nombreux défis qui existent encore ». Pour sa part, la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, a présidé la rentrée pédagogique le 21 août dernier à Yaoundé. L’année est placée sous le thème « L’impact des nouveaux outils didactiques sur le processus de digitalisation aux enseignements secondaires ».

Le premier trimestre ira jusqu’au 20 décembre 2024, puis les élèves iront en congés de Noël pour deux semaines, pour reprendre le 6 janvier 2025. L’année se bouclera le 31 juillet 202.

Frais d’APEE : l’épineuse question qui divise parents et autorités

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Adamou est boucher au marché de Nvog-Betsi, un quartier populaire de Yaoundé situé dans le 6ᵉ arrondissement de la capitale politique. Vendredi dernier, ce quadragénaire a patienté longuement au Lycée bilingue d’application de Yaoundé pour finaliser l’inscription de ses trois enfants. Il s’agissait concrètement du paiement des frais imposés par les associations des parents d’élèves et enseignants (APEE) et des frais d’inscription. « Je viens de dépenser 105 000 FCFA rien que pour l’inscription de mes enfants, dont 75 000 FCFA pour les frais d’APEE. Je trouve ça très lourd, surtout avec la situation économique actuelle », s’exclame ce commerçant. Il poursuit : « Vraiment, que le gouvernement revoie sa position en tenant compte du pouvoir d’achat actuel. » Ce type de revendication est devenu monnaie courante à l’échelle nationale. On observe un stress intense chez les parents.

Les frais d’APEE sont au cœur d’une polémique qui ne cesse de faire jaser. Les montants élevés et la gestion opaque de ces frais poussent de nombreux parents à les considérer comme une escroquerie. Pourtant, les représentants des associations de parents d’élèves affirment que ces frais servent à rémunérer les enseignants vacataires, à acheter du matériel informatique, à financer la construction de salles de classe et à acquérir des tables-bancs. « Certains établissements manquent de professeurs, et il faut que les parents contribuent pour engager des vacataires et acheter du matériel didactique. Ce n’est pas que nous le faisons de notre propre volonté ou qu’il y a des bénéfices à en tirer, mais c’est surtout pour accompagner le système éducatif », justifie Boniface Bayola, secrétaire d’État auprès du ministre des Enseignements secondaires, chargé de l’enseignement normal, lors d’un entretien à la CRTV, le média de l’Etat.

Les parents d’élèves camerounais ont été pris de court à l’approche de la rentrée scolaire par une rumeur faisant état de la suppression des frais d’APEE. Ces frais, pourtant présentés comme volontaires par la loi, sont souvent perçus comme obligatoires en raison de certaines directives ministérielles. Le ministre des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga, a rapidement mis fin à ces spéculations, rappelant l’importance des APEE dans le financement de l’éducation publique.

Nouveautés de la rentrée

Cette année scolaire apporte une grande nouveauté : l’introduction d’un matricule national unique pour chaque élève. Les numéros sont générés à partir de la plateforme mise en place par le ministère et attribués aux élèves. L’enfant peut lui-même obtenir ce numéro en se connectant sur la plateforme cartescolaire.cm. Des mesures ont été prises pour faciliter la tâche des parents : les fiches comportant les noms et les numéros d’identification uniques sont téléchargeables, et chaque numéro est inscrit sur le reçu de paiement des frais d’APEE afin de finaliser le règlement de la pension.

Réactions

BONIFACE BAYOLA, secrétaire d’État auprès du ministère des Enseignements secondaires, chargé de l’enseignement normal

« Les APEE viennent pallier les insuffisances du système éducatif »

Le problème des frais d’APEE réside dans le fait que les parents se retrouvent à combler les lacunes du système éducatif public. En effet, ces contributions servent souvent à financer des besoins essentiels comme les surveillants, l’entretien des locaux ou le matériel pédagogique, qui devraient normalement être assurés par l’État. La multiplication des établissements scolaires ces dernières années a mis à rude épreuve les ressources publiques. Avec un nombre d’enseignants limité et des infrastructures souvent dégradées, il est difficile d’offrir une éducation de qualité à tous. Dans ce contexte, les APEE apparaissent comme une solution de facilité pour pallier les insuffisances du système. Cependant, il est important de souligner que ces contributions ne sont pas une fin en soi. L’objectif à long terme doit être de renforcer le système éducatif public afin de réduire la dépendance aux APEE et d’assurer une égalité d’accès à l’éducation pour tous les élèves. En collaboration avec les autorités administratives, nous avons mis en place des dispositifs pour faciliter l’accès à l’école des enfants vivant dans les zones reculées. Des mesures ont été prises pour organiser leur transport vers les établissements scolaires ou pour assurer leur ramassage à la sortie des classes. Je suis heureux de vous annoncer qu’un projet d’autonomisation des femmes va bénéficier à 30 000 jeunes filles dans les trois régions du Nord pour cette rentrée scolaire. Ce projet comprend la distribution de kits scolaires comprenant notamment des lampes solaires et du matériel didactique. Par ailleurs, 3 000 filles vivant dans des zones très éloignées recevront des vélos. Cette initiative, menée en partenariat avec le ministère de l’Économie, vise à encourager la scolarisation des filles. Les bénéficiaires ont été identifiées l’année dernière et les premières distributions de kits sont prévues d’ici le 10 septembre ».

MBARBE KOMBELE ERIC, parent d’élèves

« Que l’utilisation de ces fonds se fasse dans la transparence »

« En ces temps où l’atmosphère économique n’est pas du tout favorable pour le plein épanouissement des citoyens, surtout des parents que nous sommes, je prends avec double analyse les réformes au Ministère des Enseignements secondaires. D’abord, le matricule unique : pour moi, je crois que c’est une très bonne chose de savoir qu’on tend déjà vers un fichier unique de tous les élèves du secondaire sur le territoire national. Cela permettra à coup sûr de réduire considérablement les fraudes sur les parcours des élèves en rassurant, par exemple, un responsable de lycée ou collège sur la provenance de l’élève qu’il veut recruter. Si cela est bien orchestré, même les transferts se feront simplement sur une plateforme. C’est une innovation à louer. D’un autre côté, le paiement exclusif par agence monétaire des frais exigibles et autres permettra aussi d’avoir un guichet unique de recouvrement et de sécuriser les recettes engrangées par les établissements. L’utilisation de ces fonds doit se faire dans la transparence qui nous évitera les détournements dont faisaient l’objet certains bureaux d’APEE en connivence avec certains chefs d’établissements et consorts. Les vacations seront prises en charge de manière efficiente et les rémunérations de ceux qui exercent ce métier seront améliorées. À mon avis, si ces réformes sont bien mises en place, le système éducatif se verra davantage transformé en un cadre agréable d’épanouissement pour nos jeunes enfants. Il reste maintenant à espérer que la mayonnaise prenne rapidement et que les lignes bougent. »

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