dimanche, avril 5, 2026
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Prêts d’honneur : 150 millions de FCFA distribués aux entrepreneurs en 2 ans

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Malgré une agriculture riche et diversifiée, le Cameroun fait face à des défis structurels qui freinent le développement du secteur rural. Parmi ces défis, on compte notamment le manque d’infrastructures adaptées, la faible valorisation des produits agricoles, et l’accès limité aux financements. L’accès au financement, en particulier, reste une problématique majeure. Les conditions de crédits souvent trop stricts, les exigences de garanties élevées et les forts taux d’intérêt élevés empêchent de nombreux agriculteurs et entrepreneurs ruraux de se développer. C’est dans ce contexte que les « Associations Initiative » jouent un rôle fondamental en proposant des solutions de financement flexibles et adaptées aux réalités du terrain, notamment les prêts d’honneur.

Il s’agit d’un dispositif de financement visant à soutenir la création et le développement d’entreprises. Ce mécanisme, développé avec l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD), se concentre principalement sur les jeunes et les femmes entrepreneurs dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’agroalimentaire, et l’élevage. «Le prêt d’honneur est un financement à taux zéro et sans garantie, souvent accompagné d’un suivi personnalisé pour les entrepreneurs, visant à les aider à renforcer leur fonds propres et à concrétiser leurs projets.

Ce soutien est particulièrement important pour les nouveaux entrepreneurs, qui font face à des défis comme l’accès au crédit traditionnel et le risque d’échec dans les premières années d’activité», explique le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. Ce dispositif financier s’inscrit dans le cadre de plusieurs programmes comme le Programme intégré de valorisation et transformation des produits agricoles et agroalimentaires (Transfagri), qui vise à améliorer la sécurité alimentaire et à promouvoir la création d’emplois. Les fonds proviennent principalement des partenaires internationaux, tels que l’AFD.

Les prêts d’honneur octroyés dans le cadre des « Associations Initiative » ont déjà montré leur efficacité. En moins d’un an, deux « Associations Initiative » opérationnelles à Obala et à Bafoussam ont permis le financement de 56 projets, dont 26 portés par des femmes et 30 conduits par des hommes. Avec un montant cumulé de 150,1 millions de FCFA, ces projets couvrent une large gamme d’activités agricoles, agroalimentaires et d’élevage, contribuant ainsi à la diversification des sources de revenus et à l’amélioration de la sécurité alimentaire.

«Ce modèle de financement inclusif s’inscrit dans une perspective de développement durable, en favorisant l’autonomisation des femmes, la création d’emplois et la pérennité des unités de production. Il offre également une réponse concrète à l’un des défis majeurs auxquels font face les PME rurales : l’accès aux financements adaptés à leurs cycles de production», explique le Minepat.

Inondations: les sinistrés devront attendre l’aide plus d’une semaine encore

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22 camions ont quitté le Boulevard du 20 mai à Yaoundé ce soir à destination de Yagoua dans l’Extrême-Nord. Ils sont chargés de produits de première nécessité, de produits alimentaires, de matériel de couchage,… bref tout ce dont les sinistrés ont besoin pour alléger leurs conditions difficiles dues aux inondations qui ont déstabilisé la vie normale dans la région. Les 22 camions sont accompagnés par des éléments des forces de défense et de sécurité. Pour des raisons de sécurité. En engageant la délégation, Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale, a indiqué que 12 de ces camions iront à Maroua et les 10 autres poursuivront le voyage sur Yagoua. D’autant plus que Yagoua et le Mayo-Danay ne sont pas les seules localités sinistrées. C’est toute la région qui est touchée par les inondations.

Le Minat prévoit la distribution des denrées et autres vendredi prochain ; mais cette date est difficile à tenir. C’est en tout 1157,2 km que les camions lourdement chargés vont parcourir pour rallier la capitale de la région de l’Extrême-Nord. Du coup, les populations nécessiteuses devront au bas mot une semaine pour que les cargaisons arrivent. D’autant plus que le voyage devrait durer minimalement cinq jours, En raison du mauvais état de la route Ngaoundéré-Garoua, le temps du voyage pourrait même durer plus d’une semaine. Puis l’axe Maroua-Yagoua pourrait prendre une autre journée de route.
Entre temps, les populations ont décidé de se prendre en main, en attendant les interventions des pouvoirs publics. Ainsi, un passage de fortune et en train d’être érigé à l’aide de sacs contenant du sable, que les populations entassent pour bloquer l’eau et créer un passage piéton au milieu des eaux.

A l’occasion, le Minat qui avait annoncé 1,6 milliards Fcfa comme enveloppe débloquée par le chef de l’Etat, dont 350 millions Fcfa pour les sinistrés vulnérables, a revu à la hausse cette enveloppe, qui est évaluée désormais à 1,9 milliard Fcfa.

Des pluies diluviennes s’abattent sur la partie septentrionale du Cameroun, et avec plus d’acuité dans la région de l’Extrême-Nord. Avec comme conséquences des inondations interminables, l’effondrement du pont sur le fleuve Danay à Yagoua et la cassure d’une partie de la digue à Melwé, près de Maga.

Cameroun : Canyon Resources projette d’investir près de 3 000 milliards de FCFA dans la mine de bauxite de Minim-Martap

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Canyon Resources, via sa filiale camerounaise Camalco, a obtenu la licence d’exploitation du gisement de bauxite de Minim-Martap, situé dans la région de l’Adamaoua. Cette licence, signée le 2 septembre 2024 par le président Paul Biya et remise officiellement 11 jours plus tard, autorise l’extraction et l’exportation de bauxite et d’alumine pour une durée de 20 ans, renouvelable par périodes de 10 ans. Canyon s’engage à investir près de 3 000 milliards de FCFA (5 milliards de dollars) dans ce projet majeur pour l’économie camerounaise, selon les autorités locales.

La production, prévue pour 2030, devrait atteindre 6,4 millions de tonnes de bauxite par an, avec un début des travaux de développement du gisement dans les deux ans. En termes de retombées, l’État camerounais, qui détient 10 % du capital de Camalco, percevra 5 % de la production annuelle, en plus d’une contribution d’1 % au fonds de développement minier et au compte de développement des capacités locales. Un fonds de restauration du site, alimenté à hauteur de 7 milliards de FCFA par an, est également prévu.

Le projet Minim-Martap, estimé à 892 millions de tonnes de bauxite sur seulement 16 des 79 plateaux identifiés, est considéré comme l’un des plus importants du monde, avec un potentiel pouvant atteindre 2 milliards de tonnes. Sa richesse en alumine (51,1 %) le rend particulièrement attractif pour la production d’aluminium. Toutefois, un obstacle majeur persiste : l’évacuation du minerai vers le port de Douala, un défi logistique que Canyon devra surmonter.

Le Cameroun a octroyé trois licences d’exploitation de mines solides ces dernières années, mais plusieurs projets, comme celui de Geovic en 2003 pour le nickel et cobalt, ou celui de Sinosteel en 2022 pour le fer, ont rencontré des retards. L’engagement de Canyon à respecter son calendrier, avec une première phase dès 2025, est crucial pour éviter un sort similaire.

Un Atelier pour optimiser les financements des PME

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Cet atelier, qui se déroule au Centre International de l’Artisanat de Yaoundé (CIAY), vise à doter les PME des outils nécessaires pour améliorer leur accès aux financements internationaux et optimiser leurs négociations contractuelles. Il s’inscrit dans le cadre de l’actualisation des guides pratiques sur le financement et des directives de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND 30). Les deux modules principaux de la formation couvrent les techniques de recherche de financements internationaux et les techniques de négociation de contrats internationaux.

Les participants ont été édifiés sur les mécanismes de financement disponibles, les modalités de financement de la diaspora, et les meilleures pratiques pour la préparation de dossiers bancables. Le deuxième module abordera la négociation de contrats internationaux, incluant les méthodes de négociation et les exigences spécifiques des marchés internationaux. L’atelier cible principalement les PME des sous-secteurs agro-industrie, coton-textile-confection/cuir, et forêt-bois, ainsi que les organisations faîtières et regroupements de PME.

 L’objectif est d’améliorer leur accès aux financements et leur capacité à négocier des contrats à l’international. Bien que représentant 90 % du tissu économique local, selon les données officielles, les PME constituent près de 35 % du PIB du Cameroun et 70 % des emplois, les PME ont toujours autant de difficultés à mobiliser des capitaux à travers les canaux de financement traditionnels.

TRANSPORT AÉRIEN: En Chine, le Cameroun ressuscite son projet d’aéroport international de classe mondiale

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Alamine Ousmane Mey, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire était à la tête de la délégation camerounaise qui a pris part à la 8e conférence des entrepreneurs chinois et africains organisée le 06 septembre 2024 à Beijing en Chine, en marge du Forum sur la coopération sino-africaine. Il était accompagné de ses homologues des ministères de l’Agriculture et du Développement rural et des Transports. Selon toute vraisemblance, le Cameroun compte capter une bonne partie des 33 000 milliards de FCFA que la Chine va investir en Afrique pendant les trois prochaines années. Le Forum susmentionné a donc donné l’occasion aux membres du gouvernement camerounais présent à cet évènement, de présenter aux investisseurs chinois, les domaines de coopération prioritaires.

Le secteur du transport aérien en est un. Quand Yaoundé évoque les projets qu’il souhaite mettre en place dans ce domaine, il pense grand. Notamment à la construction d’un nouvel aéroport de classe mondiale à Douala. «Un des projets infrastructurels, qui est également à la dimension des ambitions de notre pays, est la construction d’un aéroport de taille mondiale dans la métropole de Douala», a déclaré Ngalle Bibehe. Ce projet qui, pour le moment, se résume à cette simple annonce faite par le gouvernement, n’est pas inédit. Il fait partie intégrante de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui vise à faire du Cameroun une puissance émergente. Si elle n’est pas nouvelle, cette initiative revêt une importance stratégique pour la capitale économique du pays, Douala, principal centre d’affaires et de commerce.

 UN AUTRE PROJET DANS LE PIPE

 En parallèle, le pays est aux prises avec des retards dans la rénovation de l’actuel aéroport de Douala. Annoncés dès 2018, les travaux de réhabilitation de cet aéroport tardent à démarrer. La Société des Aéroports du Cameroun (ADC) a pourtant lancé un appel à manifestation d’intérêt international en mai 2024 pour moderniser les installations existantes. Ce plan prévoit la réorganisation des flux passagers, la création de nouveaux dispositifs de sécurité et la modernisation des équipements. Pour financer cette rénovation, un prêt de 66 milliards de FCFA a été sollicité auprès de l’Agence française de développement (AFD).

Ce n’est pas la première fois que l’ADC se tourne vers l’AFD : en 2016, un prêt de 30,3 milliards de FCFA avait déjà permis des améliorations partielles, notamment la réfection des chaussées aéronautiques et la création d’une deuxième voie d’accès à la piste. Pourtant, les améliorations attendues ne se sont pas concrétisées et le projet a pris du retard. La prochaine étape pour l’ADC est de mobiliser les financements nécessaires et de recruter un maître d’œuvre capable de superviser les travaux. Les entreprises intéressées, qu’elles soient locales ou internationales, sont invitées à soumettre leurs candidatures. Les prestataires devront démontrer leur expertise en matière de diagnostics techniques et d’avant-projet détaillé. Ce n’est qu’une fois ces étapes franchies que le chantier de rénovation pourra enfin commencer.

Mauvaise qualité des Télécommunications : les opérateurs indexent les problèmes d’énergie et l’instabilité de la fibre optique

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Au milieu de plaintes diverses des associations de consommateurs, mais aussi de nombreuses personnalités et institutions de la République, le communiqué rendu public mercredi dernier par l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) est venu rappeler les responsabilités de chacun : « Il ressort à l’issue des contrôles effectués par les équipes de l’ART que cette perturbation est causée par une offre insuffisante en énergie électrique, telle que constatée dans leurs réseaux actuels, et la difficulté d’approvisionnement des différents sites techniques des opérateurs d’infrastructures passives en carburant, surtout dans nos grandes métropoles. D’autre part, les multiples ruptures des câbles à fibre optique sur certains segments du réseau national aggravent la situation».

 C’est une intervention publique du régulateur qui satisfait Alain Blaise Batongue, Directeur des Affaires Institutionnelles et Réglementaires à Orange Cameroun : «Nous sommes encore plus préoccupés que nos millions de consommateurs par cette situation gênante. Mais le communiqué rendu public mercredi dernier par l’autorité de régulation fait un diagnostic exact et lucide de la situation, car les principales causes de cette dégradation continue ne dépendent pas toujours des opérateurs privés. Il y a bien sûr les ruptures régulières de l’approvisionnement en énergie électrique : un décompte sur les huit premiers mois de l’année donnerait des frissons. Même si nous avons beaucoup investi ces deux dernières années dans l’acquisition de puissants groupes électrogènes pour pallier ces coupures, et même si nous avons également beaucoup investi dans l’énergie solaire, ces nombreuses interruptions, à divers endroits du pays, continuent de peser sur la qualité de service»

 La situation est encore plus grave. Selon lui, concernant les coupures de la fibre optique : «Ce qui nous rend encore plus impuissants, c’est la gestion monopolistique de la fibre optique par l’opérateur historique et public, Camtel, selon la volonté du gouvernement. Les nombreuses coupures de cette fibre optique ces derniers mois sont la principale cause de cette dégradation continue, comme le reconnaît d’ailleurs le régulateur dans son communiqué. Petite illustration : au cours des trois derniers mois seulement, nous avons subi plus de 130 coupures de la fibre optique, avec des délais de rétablissement de plus en plus longs, certains pouvant durer 72 heures. Ces coupures sont souvent liées à des travaux de génie civil, mais aussi parfois à des actes de vandalisme. Ce qu’il faut savoir, c’est que, au-delà des conséquences directes sur les consommateurs pendant la durée de la coupure, les multiples réparations entraînent aussi, de facto, une dégradation naturelle de la qualité de service pour la voix et les données. ».

 Mitwa N’ganbi, DG de MTN Cameroon, un autre opérateur privé, partage le même avis dans une interview accordée à nos confrères d’Investir au Cameroun : « L’un de nos défis est notre dépendance à l’égard d’un tiers pour la fibre optique afin d’assurer l’interconnectivité entre les villes. Nous constatons aujourd’hui une augmentation exponentielle des coupures de fibre dues à divers facteurs. Il est nécessaire de collaborer activement avec nos partenaires en charge de la gestion de la fibre optique afin d’en assurer la stabilité. Au mois d’août 2024, nous avons enregistré le plus haut niveau d’instabilité de la fibre optique»

Réseau internet : vers la fin du monopole de Camtel sur la gestion de la fibre optique ?

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Que faire alors que l’ART annonce avoir reçu du Gouvernement des instructions pour réaliser un audit opérationnel du réseau national à fibre optique de Camtel ? La première réponse se trouve dans le même communiqué : «Bien que cette opération soit encore en cours, les premiers résultats montrent que cette infrastructure nationale à fibre optique est dans un état de dégradation continue, et les conditions actuelles de sa maintenance sont à réévaluer». Pour Mitwa N’ganbi, «en ce qui concerne les facteurs qui relèvent de notre contrôle, nous assurons à nos clients que des plans complets sont en place pour une amélioration continue. En ce qui concerne les facteurs externes, nous maintenons un engagement permanent avec les autorités afin de nous assurer que nous recevons le soutien nécessaire pour améliorer la qualité de nos services. » De son côté, Alain Blaise Batongue, d’Orange Cameroun, déclare : « Moderniser l’infrastructure à fibre optique du pays devient absolument indispensable pour améliorer l’expérience client.

Depuis le début de l’année, suivant les recommandations du Minpostel et conformément au plan d’investissement transmis au régulateur, Orange Cameroun a encore investi principalement dans la modernisation de nos sites, les rendant plus performants en augmentant les débits, la solarisation et la modernisation des batteries pour être plus résilients face aux coupures d’électricité, ainsi que dans le déploiement de plus de 150 sites en zones rurales pour accroître la couverture nationale. Ces efforts seront poursuivis en 2025, sous la vigilance du Régulateur». Tous les regards se tournent désormais vers le Régulateur, qui annonce que «Les pouvoirs publics sont déterminés à procéder non seulement à l’amélioration des conditions de maintenance du réseau national, mais aussi à sa réhabilitation et à son extension, dans l’optique de meilleures performances». Est-ce enfin la remise en cause du modèle économique basé sur le monopole de Camtel, au profit d’un schéma plus inclusif ?

René Ramses Meyong, climatologue de l’ONACC: «Nos informations ont été utilisées de façon optimale, sinon le bilan humain des inondations à l’Extrême-Nord serait plus lourd»

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L’une des missions de l’observatoire national des changements climatiques du Cameroun est de proposer des mesures préventives face aux changements climatiques, est ce que les évènements qui se sont déroulés dans la région de l’Extrême-Nord sont l’une des conséquences de ce phénomène ?

Bonjour et merci à pour cette opportunité qui nous est offerte, d’éclairer la lanterne des Camerounais sur cette actualité climatique, plutôt peu reluisante, de la Région de l’Extrême-Nord de notre pays et les enjeux qui lui sont associés. Pour répondre au premier volet de votre question, les inondations de Yagoua dans le Mayo-danay et de pas mal d’autres localités de la Région de l’Extrême-Nord (Blangoua, Makary, Maga, Zina etc.) depuis ces dernières semaines nous rappellent les évidences des changements climatiques dans notre pays en général, et dans la zone soudano-sahélienne en particulier. Cela s’explique par le caractère exceptionnel des épisodes pluvieux de cette année 2024 dans cette partie du pays, et même cette partie de l’Afrique (en regardant ce qui se passe au même moment au Tchad, au Nigeria etc.), sur le plan de l’abondance des précipitations et de leur distribution temporelle. En d’autres termes, il pleut abondamment et un peu plus que la normale cette année dans cette région, mais en moins de temps que d’habitude. Ainsi, les indices du nombre de jours de fortes précipitations ou de très fortes précipitations sont en augmentation (ce que nous appelons techniquement des pluies exceptionnelles). Et cette forte concentration pluviométrique, couplée aux autres facteurs déterminants au niveau du sol (topographie, modes d’aménagement, nature des sols etc.), contribue assez significativement à ce qui est vécu en ce moment, c’est à dire à la submersion assez fulgurante et longue des espaces par les eaux.

Avez-vous alerté les autorités camerounaises de la région sur ce qui se vit actuellement ?

Dans le cadre de la production des services climatologiques, c’est à dire des prévisions climatiques traduites dans le langage de leurs impacts potentiels sur les secteurs de développement, l’Onacc travaille en synergie avec les autorités sectorielles, tant au niveau central qu’au niveau déconcentré, de même qu’avec les partenaires au développement œuvrant dans le domaine de l’humanitaire, pour une meilleure exploitation des informations climatologiques à caractère prévisionnel mises à leur disposition. Et donc, que ce soit dans son bulletin saisonnier de prévision des paramètres climatiques des mois de septembre, octobre et novembre 2024, que ce soit dans ses différents bulletins de prévisions et d’alerte climatique décadaire (tous les dix jours), que ce soit même dans le Calendrier saisonnier multisectoriel 2024 de la Région de l’Extrême-Nord élaboré par l’ONG Action Contre la Faim (ACF) et les autres acteurs œuvrant dans l’humanitaire dans cette Région (FAO, OCHA, CRC, etc.) avec l’appui technique de l’Onacc, des informations de référence ont souvent été véhiculées, afin d’attirer l’attention des différents acteurs et éclairer leurs décisions pour une meilleure planification des actions anticipatoires. Et, fort du retour que nous avons, ainsi que des prévisions d’impacts, nous pensons que ces informations sont plutôt utilisées de façon optimale jusqu’ici, sinon le bilan humain (pour ne prendre que ce volet) serait plus lourd que ce qu’il n ‹est jusqu’ ici.

Comment selon vous, en quelques étapes, il faudrait procéder pour apporter un secours efficace aux populations ?

Du point de vue de ses missions, l’Onacc ne saurait apporter une réponse complète à cette question, au regard de la pluralité des acteurs impliqués tant en amont qu’en aval de l’encadrement ou de l’assistance des populations, dans la limite des missions et compétences de chacun. Toutefois, dans ce processus, l’une des étapes clés reste incontestablement la préparation, qui permet de planifier des actions anticipatoires en prévision du risque. Or, sous le prisme des missions de l’Onacc, la mise en œuvre de cette étape requiert des informations et données fiables sur la situation climatique qui prévaudra dans un espace donné du territoire national, a une période donnée. Cette connaissance de la situation climatique annoncée et des risques associés aide ainsi à mieux planifier les opérations qui pourraient être menées au cas où les aléas climatiques annoncés venaient à se produire sur le terrain. C’est la connaissance (et la prévision) du risque. Le même cheminement est valable dans la phase d’intervention, qui consacre la mise en œuvre effective des actions anticipatoires élaborées en prévision des risques.

Quelles sont les prévisions dans les jours à venir et des conseils pratiques ?

Pour les prochains jours, d’après le bulletin de Prévisions et d’alertes climatique décadaire de l’Onacc (que vous pouvez obtenir sur son site web ), il est annoncé une continuité de la situation pluviométrique déjà observée durant ces derniers jours dans la zone cible, entre autres, avec toutefois une relative diminution par rapport aux dix derniers jours (ce qui ne veut pas dire pour autant que le danger est déjà derrière nous, car avec la saturation actuelle des sols en eau dans cette partie du pays et avec l’occupation des espaces (surfaces) par les eaux jusqu’ici, la moindre pluies peut contribuer à exacerber le phénomène des inondations. D’où la vigilance permanente que nous ne cessons de recommander aussi bien aux populations elles-mêmes, mais aussi aux acteurs institutionnels (publics et privés) qui en assurent l’encadrement au quotidien en cette période difficile. Sur le plan pratique, les autorités en charge de la Protection Civile sont à pied d’œuvre, et l’ONACC (pour sa part) n’est là que pour continuer de mettre à leur disposition les informations climatiques à caractère prévisionnel utiles pour éclairer le processus de prise de décision dans les différentes interventions.

Performances économiques : Les entreprises locales résistent à la chute des prix du pétrole brut

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La baisse des ventes hors taxes dans l’extraction des hydrocarbures a été particulièrement marquée en 2023 par une contraction impressionnante de 27,1%, en raison de la chute des prix du Brent sur le marché international. Une tendance baissière qui a lourdement impacté les entreprises locales, notamment celles opérant dans le domaine des hydrocarbures, révèle le service officiel de la statistique dans sa note de synthèse qui évalue le rendement des entreprises en 2023. L’institut a évalué un échantillon de sociétés représentant 88% du chiffre d’affaires total des entreprises nationales et 75% des emplois permanents en 2023. Selon les résultats qui découlent de l’analyse des Déclarations statistiques et fiscales (DSF) de 1 091 entreprises, représentatives de l’économie nationale, le chiffre d’affaires global hors taxes n’a augmenté que de 0,9%. Ce chiffre contraste fortement avec la croissance impressionnante de 20% enregistrée en 2022, soulignant ainsi le ralentissement marqué de l’économie.

Ce ralentissement est principalement attribué au secteur secondaire, qui inclut l’extraction des hydrocarbures, un pilier de l’économie camerounaise. En 2023, ce secteur a contribué négativement à hauteur de 2,3 points de pourcentage à la croissance du chiffre d’affaires, après une contribution positive de 13,8 points en 2022. En outre, l’Ins note une stagnation de la valeur ajoutée dans le secteur pétrolier, avec une augmentation modeste de 0,1 %, après une forte croissance de 14,8 % l’année précédente ce qui a freiné la consolidation des profits d’exploitation des entreprises. L’une de ces conséquences est notamment la création d’emplois permanents qui a connu une hausse de seulement 0,9% en 2023, contre 2,8% en 2022. Le secteur secondaire a même enregistré une légère destruction d’emplois (-0,14%), révélant les défis auxquels il est confronté face à cette situation économique.

Malgré la conjoncture défavorable, les investissements dans l’industrie pétrolière ont augmenté de 18,9% en 2023, traduisant la détermination des entreprises à renforcer leur compétitivité. Cependant, ces efforts n’ont pas suffi à compenser la dégradation de l’outil de production, qui continue de vieillir, avec un taux de vieillissement des immobilisations atteignant 60,1%. L’amélioration de la trésorerie des entreprises, grâce à des fonds de roulement positifs pour la troisième année consécutive, a permis d’atténuer l’impact de la chute des prix du Brent. Toutefois, l’augmentation de l’endettement à long terme a aggravé le coefficient d’endettement des entreprises, qui a atteint 1,30 en 2023, dépassant la limite soutenable de 1.

Malgré les difficultés rencontrées par le secteur pétrolier, l’économie camerounaise a affiché une résilience remarquable avec un taux de croissance de 3,3% en 2023, légèrement inférieur à celui de 2022 (3,6%). Cette performance est largement soutenue par les investissements privés et une contribution équilibrée des trois principaux secteurs économiques. Cependant, l’inflation, principalement due à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des coûts des transports, a atteint 7,4% en 2023, exerçant une pression supplémentaire sur les ménages et l’économie en général. Du côté des prix à la production industrielle, une baisse globale de 5,4% a été observée, principalement en raison de la chute des prix dans la branche de l’extraction des hydrocarbures.

Inondations : Atanga Nji dans l’Extrême-Nord ce jour

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Le ministre de l’Administration territoriale va s’occuper des sinistrés du drame.
Paul Atanga Nji est attendu dans la région de l’Extrême-Nord ce jour. Le ministre de l’Administration territoriale (Minat) y arrive à la suite de ses collègues membres du gouvernement. Mais le ministre tutelle de la protection civile est certainement l’un des plus attendus sur ce terrain où règne la tristesse. C’est que le Minat est porteur de l’enveloppe de 350 millions Fcfa qu’il a annoncée en fin de semaine dernière comme celle débloquée par le président de la République en faveur des sinistrés des inondations qui sèment tristesse et désolation dans la région et notamment dans le département du Mayo-Danay. Les modalités de redistribution de cet appui devraient être expliquées sur le terrain par le porteur de la « manne ». Toujours est-il que « Dans la gestion des catastrophes, il y a plusieurs volets. Le plus précis, c’est ce qu’on appelle les secours d’urgences…. Les 350 millions FCFA concernent d’abord les gens qui sont directement impactés par les inondations », a expliqué Atanga Nji. Parlant des cas vulnérables. C’est dire si cette venue d’Atanga Nji est très attendue sur le terrain.

1,6 milliard Fcfa pour redonner sens à la vie

On est dans la débrouillardise en attendant l’Etat

En attendant l’arrivée du Minat dans le Mayo-Danay où une vingtaine de personnes ont déjà perdu la vie, plus de 60 mille personnes en détresse, le pont sur le fleuve Danay effondré, un pan de la digue sur le lac de Maga cassé, et de nombreux animaux tués par les eaux en furie, les populations se débrouillent à ériger manuellement une digue de fortune. Le ministère des Travaux publics, lui, a déjà trouvé deux solutions en vue du rétablissement de la circulation sur la régionale R0906. L’entreprise Sotcocog devrait s’atteler à parer au plus pressé, mais aussi, rebâtir un pont. Tous ces travaux, ajoutés à l’appui aux sinistrés vulnérables, constitue l’enveloppe globale de 1,6 milliard Fcfa débloquée par Paul Biya, selon le Minat, cité par L’œil du sahel, pour les besoins de la cause.

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