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Centrale de Songloulou: près de 40% de la production du grand réseau entre 2024 et 2025

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 Malgré ses près de 50 ans d’âge et une maladie liée au sol, cet ouvrage apporte la plus grande contribution au réseau interconnecté sud du pays ces dernières années,  devant  Edea et Nachtigal récemment mis en service.

Ouvrage historique, la centrale  de Songloulou selon les dirigeants d’Eneo,  continue de jouer un rôle majeur dans le segment production de l’énergie au Cameroun. D’unecapacité installée de 384 MW, cette centrale va parfois au-delà cette puissance atteignant jusqu’à 400 MW.  Les chiffres tout au long de l’année 2024 en l’occurrence montrent une variation   des pics dont le plus bas niveau était de 396 MW en décembre et un pic de 410 MW consécutivement au mois de mai et de juin.  Soit 38% de la production du Réseau Interconnecté Sud (RIS) du pays qui repose sur trois centrales hydroélectriques de grande importance : Edea, Songloulou et Nachtigal.

La même tendance est observée depuis le début de cette année avec  un pic de  production de 400 MW en janvier, puis  à plus de 384 MW de février jusqu’à date. Globalement, le pointage fait état d’un niveau de performance qui fait de  Songloulou  le leader en termes de production.  De janvier à avril 2025, la centrale de Songloulou a enregistré 35%  de la production dans le réseau interconnecté sud. Elle est talonnée par Nachtigal  qui affiche un taux de 31% malgré sa mise en service récente, puis la centrale d’Edéa  avec 21%. « Songloulou est un pilier historique. Songloulou assure une base stable, mais Nachtigal redessine la carte énergétique, réduisant la dépendance historique à Songloulou », commente Eneo qui assure la gestion de cette centrale.

Songloulou face au défi technique

Avec ses 8 groupes de 48 MW chacun, le taux d’utilisation des machines se situe autour de 90%.  Mais l’ouvrage se bat pour survivre avec un gros défi. En effet,  cette infrastructure souffre d’une maladie détectée depuis les années 1980. Appelée Réaction Alcali-Granulat (RAG),  cette pathologie se manifeste par des fissures et des gonflements des bétons, laissant craindre le risque d’effondrement du barrage.  Mais, les responsables de l’ouvrage rassurent qu’il n’y a pas d’inquiétude.  « Nous connaissons bien cette pathologie. Il n’y a pas que Songloulou qui en souffre. Même les plus grands barrages dans le monde connaissent ce problème.  Une étude a permis de conclure en 2020 que le barrage de Songloulou est stable», affirme Ahmadou Bivoung, le directeur central de la production à Eneo lors d’une visite de presse effectuée sur le site le 8 mai dernier.

Selon les responsables de l’ouvrage,  plusieurs investissements ont été réalisés pour garantir la stabilité de  l’ouvrage.  C’est notamment le cas du programme Dam Safety  dont les actions permettent de sécuriser le barrage dans ses fondements, installer une technologie de pointe pour sa surveillance et réhabiliter certains équipements de modulation.  11 milliards de FCFA ontdéjà été mobilisés dans la phase 1 de ce programme qui couvrait la période 2015 – 2024. 

 Pour la phase 2 en cours, plus de 60 milliards sont nécessaires. Les premières études soulignent la nécessité durant cette phase de mener des actions de renouvellement et de renforcement du barrage afin d’allonger la durée de vie  de Songloulou d’au moins 30 ans. 

Réélu à la tête de l’EELC, le Rév. Baiguélé promet discipline, unité et renouveau

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Révérend Jean Baiguélé

Yaoundé, ville symbole de dialogue et d’unité, a ainsi accueilli ce moment charnière dans la vie de l’EELC, marquant l’aboutissement d’un premier mandat que le Rév. Baiguélé a lui-même qualifié de « fondations solides ». Son discours de candidature a d’ailleurs sonné comme un acte de lucidité et de réengagement : lucide sur les attentes inassouvies, humble dans la reconnaissance de ses limites, mais déterminé à inscrire son second mandat sous le sceau de la consolidation.

Un pasteur expérimenté au service de l’institution

Le parcours du Révérend Jean Baiguélé témoigne d’un engagement constant au service de l’Église évangélique luthérienne du Cameroun (EELC). De ses débuts comme aumônier universitaire à Ngaoundéré à ses fonctions de directeur de district à Douala, président régional du Centre, pasteur à Yaoundé, puis enseignant à l’Institut Luthérien de Théologie de Meiganga (ILTM) dans la région de l’Adamaoua, le département du Mbéré, chaque étape de sa trajectoire a renforcé un leadership mêlant pragmatisme pastoral et profondeur théologique. Ce cheminement, jalonné de responsabilités stratégiques, lui a permis d’acquérir une solide expérience, aujourd’hui mise au service de l’Église en tant qu’évêque national. Le Rév. Baiguélé incarne un ministère où se conjuguent foi, rigueur académique et action.

Formé à l’ILTM, dont il est diplômé du baccalauréat (1992-1997) et de la licence (2001-2003), il a également poursuivi deux Masters en management et en théologie, avant d’entamer un doctorat en théologie sur fonds propres. Cette double expertise, spirituelle et intellectuelle, renforce la crédibilité d’un homme appelé à conduire l’Église vers plus de stabilité, de visibilité et d’impact. Son second mandat s’inscrit dans la continuité d’un engagement profond, marqué par une volonté affirmée de faire rayonner l’EELC dans la fidélité, la discipline et l’ouverture.

Cap sur la réforme interne et l’ouverture extérieure

Au cœur de son programme : la restauration interne, la discipline ecclésiastique et un rayonnement renouvelé sur la scène nationale et africaine. Il s’agit, selon lui, de poursuivre les caravanes de prière, de mobiliser les évangélistes formés, mais aussi d’adapter la formation théologique aux réalités africaines, en insistant sur la cohérence entre foi, théorie et pratique. Sur le plan de la gouvernance, il s’est engagé à promouvoir la transparence, la bonne gestion, et l’inclusion des jeunes et des femmes dans les organes décisionnels. La consolidation des partenariats internationaux et le respect des engagements financiers sont également inscrits au cœur de ses priorités. Dans un passage particulièrement marquant de son allocution, le Rév. Baiguélé a demandé pardon aux fidèles pour les attentes non comblées. « Peut-être que certains, à distance, ne perçoivent pas les efforts fournis. Mais nous avons rétabli la confiance, amorcé la réconciliation et lancé des chantiers cruciaux », a-t-il affirmé.

Une Église en marche vers l’avenir

Le ton est donné pour ce second mandat : lisibilité des actions, consolidation des acquis, développement spirituel et institutionnel. Pour de nombreux observateurs, cette réélection ouvre une nouvelle page d’espérance, dans une Église qui cherche à se réconcilier avec elle-même, à renforcer son impact dans la société et à affirmer son rôle au sein du christianisme africain. Chargé de conduire le troupeau dans un contexte d’incertitudes, mais aussi d’opportunités, le Rév. Jean Baiguélé bénéficie désormais d’une légitimité renouvelée et d’une Église mobilisée à ses côtés. Le défi est grand, mais les bases semblent posées pour une EELC tournée vers l’essentiel : la foi, le service et la communion.

Exploitation Minière : La perte de 2 025 hectares de terres agricoles aggrave la crise alimentaire à l’Est

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Au cœur de la région de l’Est-Cameroun, un drame silencieux se joue : la terre, jadis nourricière, cède peu à peu la place aux pelles et aux dragues. Dans un rapport récent, l’organisation Forêts et Développement Rural (FODER) a présenté les résultats de deux études inédites sur les conséquences socio-environnementales de l’exploitation minière artisanale et semi-mécanisée dans les arrondissements de Batouri, Kétté et Kentzou. Il en ressort que l’essor incontrôlé de cette activité provoque une véritable saignée dans les terres agricoles, menaçant gravement la sécurité alimentaire de milliers de Camerounais.

 Entre 2010 et 2024, la superficie exploitée pour les activités minières dans cette région est passée de 82 hectares à plus de 4 600 hectares, soit une hausse fulgurante de 5 490 %. À elle seule, la commune de Batouri concentre 70 % de cette activité, avec 3 247 hectares aujourd’hui dévolus aux mines, contre seulement 79 hectares il y a 14 ans. Kétté suit de près, avec une progression tout aussi alarmante. Mais derrière ces chiffres impressionnants se cache une réalité plus sombre : celle de la disparition progressive des terres cultivables. Toujours selon FODER, 2 025 hectares de terres agricoles ont été transformés en sites miniers, soit 44 % de la surface minière totale.

Pour les communautés locales, cela signifie moins de champs de maïs, de manioc, de bananiers, et davantage de pénurie sur les marchés. « On ne peut plus nourrir nos familles comme avant », se lamente Marie, agricultrice à Kétté. « Chaque saison, un nouveau site minier prend notre champ. On nous dit que c’est pour l’or, mais nous, on ne mange pas l’or. » L’impact est direct sur les prix des denrées alimentaires. Moins de production locale signifie une dépendance accrue aux produits importés ou transportés depuis d’autres régions, avec des coûts élevés.

Cette pression aggrave une crise alimentaire déjà préoccupante : selon la Banque mondiale, près de 250 000 Camerounais font face à une insécurité alimentaire grave ou élevée, en grande partie à cause de la rareté et de l’inaccessibilité des produits de première nécessité. Le couvert végétal n’est pas épargné non plus. Près de 2 614 hectares de forêts ont été détruits, compromettant la biodiversité et la qualité des sols. L’usage incontrôlé du mercure et d’huiles de moteur pollue les rivières, réduisant encore les possibilités de pêche, autrefois ressource essentielle pour les habitants.

À ce rythme, les projections sont inquiétantes. Si rien n’est fait, la superficie exploitée pourrait dépasser les 7 500 hectares à Batouri d’ici 2040, selon les modèles prédictifs cités dans le rapport. Face à l’urgence, FODER recommande la création de comités locaux de surveillance, une réglementation plus stricte sur les produits chimiques, et surtout la réhabilitation des sites dégradés. Mais pour les populations, le mal est déjà profond. « Ce que nous demandons, c’est simple : qu’on nous rende nos terres ou qu’on nous donne les moyens de survivre autrement », conclut Paul, chef traditionnel de Kentzou

Barrage de Kikot-Mbebe: Suspense chez les candidats constructeurs

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Barrage de Kikot-Mbebe www.newsducamer.com
Barrage de Kikot-Mbebe www.newsducamer.com

Ce processus est une étape clé dans les opérations préparatoires à la construction des ouvrages du Projet. Les participants présents (représentants du gouvernement, responsables de KHPC) ainsi que les constructeurs candidats connectés à distance ont pu constater contradictoirement, sous l’œil avisé d’un huissier de justice dûment mandaté à cet effet, l’ouverture des lettres de candidatures et la liste des noms des constructeurs ayant déposé un dossier de candidature. Les opérations d’analyse de ces dossiers vont pouvoir débuter pour aboutir au terme du processus à la validation de la liste définitive des constructeurs qui auront l’opportunité de participer aux appels d’offres à venir pour chacun des lots concernés.

En effet, en application des standards définis par la Banque Mondiale, KHPC avait procédé, le 27 Janvier 2025, au lancement du processus de sélection initiale des entreprises pour la construction des ouvrages du projet de barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe. Les trois lots proposés aux candidats étaient les suivants :

Lot 1 : Génie Civil, comprenant principalement les travaux de Génie Civil et les équipements hydromécaniques du barrage usine ainsi que les structures métalliques ;
Lot 2 : Electromécanique, comprenant principalement les travaux et les équipements électromécaniques pour l’usine hydroélectrique ainsi que les travaux de Génie Civil de second œuvre de l’usine ;
Lot 3 : Ligne et Poste comprenant l’installation de la ligne d’évacuation de l’énergie, du poste d’évacuation de l’énergie ainsi que des liaisons usines/postes.

Dans l’annonce faite par la Direction Générale de KHPC à cette occasion, il était précisé que « seuls les candidats retenus à l’issue de cette sélection initiale seront ensuite invités à participer à la phase d’appel d’offres dont le lancement est prévu à ce stade en août ou septembre 2025. »

En rappel, les candidats intéressés par la construction des ouvrages du barrage de Kikot-Mbebe avaient été invités à contacter KHPC pour faire part de cet intérêt en envoyant un email à l’entreprise. Par la suite, il leur avait été envoyé un accord de confidentialité qu’ils ont retourné, accepté en l’état, dûment daté et signé par une personne habilitée à représenter le candidat, avec le pouvoir de délégation du signataire. A la réception de ces documents par KHPC, les candidats ont obtenu un accès sécurisé à la plateforme (data room) virtuelle baptisée « iDeals » sur laquelle ils ont téléchargé le dossier de sélection initiale.

Pour mémoire, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), l’Etat du Cameroun a défini comme méthode d’accroissement de l’offre de production d’électricité, le développement de nouveaux projets de production hydroélectrique en mode partenariat public-privé (PPP).

C’est dans ce contexte que l’Etat du Cameroun et la Société Electricité de France (EDF) ont décidé de codévelopper un aménagement hydroélectrique de grande importance sur le fleuve Sanaga. La puissance installée de la Centrale hydroélectrique de Kikot-Mbebe est de 500 MW. Cet aménagement sera équipé d’un barrage d’environ 1200 mètres de long et d’une usine disposant de 6 turbines Kaplan d’une puissance de 83,3 MW chacune, avec une hauteur de chute de l’ordre de 35 mètres.

Pour mettre en œuvre ce projet, une Société de droit camerounais dénommée Kikot-Mbebe Hydro Power Company SA (KHPC) a été créée le 25 septembre 2023. L’Etat du Cameroun et EDF détiennent chacun 50% des participations au sein de l’actionnariat de KHPC.

Concrètement, il s’agit d’un projet de type PPP (partenariat public-privé), pour la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance dudit barrage, à travers un contrat de concession dont les modalités seront fixées ultérieurement.

Le closing financier est prévu en avril 2026, avec un coût de construction estimé à environ FCFA 1 050 milliards. L’État devra y contribuer à hauteur de FCFA 150 milliards, au titre de sa quotité du capital à verser pour les travaux du barrage. Le reliquat du financement sera mobilisé auprès des préteurs et de EDF. Par ailleurs, la construction est prévue sur la période allant de 2026 à 2031, et la mise en service en 2031.

Plus de 1000 produits camerounais exportables sans droits de douane en Cemac

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Sept entreprises camerounaises sont désormais autorisées à faire circuler 128 produits dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale en franchise de droits de douane. Cet avantage leur est consacré par des agréments de régime préférentiel que le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana a procédé à la remise le 8 mai 2025 à Yaoundé. « Aujourd’hui, notre entreprise est présente au Cameroun, mais cet agrément nous permettra de faciliter les exportations, mais aussi de pouvoir bénéficier de cet agrément qui nous donne droit à 0% de droits de douane et on pourra être plus concurrentiel sur le marché de la zone CEMAC et bien évidemment, créer plus d’emplois dans les secteurs concernés », a expliqué avec un ton de reconnaissance Audrey Entcheu, directrice générale de Sika Cameroun, une société Spécialisé dans la vente de produits chimiques, Sika, une société spécialisée dans le développement et la production de systèmes et de produits dans les secteurs de la construction.

 Cette cérémonie fait suite aux conclusions de la dernière session du Comité Régional de l’Origine de la CEMAC, tenue du 9 au 13 décembre 2023, où ces entreprises ont été jugées éligibles à ce mécanisme stratégique de libre circulation des produits à l’intérieur de la sous-région. Avec ces nouvelles admissions, le Cameroun consolide sa position de premier pays bénéficiaire du Régime Préférentiel Communautaire en Afrique centrale. À ce jour, ce sont 1083 produits camerounais qui bénéficient de cette reconnaissance, dont 834 au titre de la CEMAC (69 entreprises) et 249 pour la CEEAC (36 entreprises). Ces résultats sont le fruit d’une politique volontariste de soutien aux exportations et à la valorisation du « Made in Cameroon ».

LES SEPT ENTREPRISES LAUREATES ET LEURS PRODUITS AGREES

 Les nouvelles entreprises agréées couvrent divers secteurs, allant de l’agroalimentaire à l’industrie chimique et céramique. Parmi elles, Sika Cameroon Sarl se distingue avec 55 produits, suivie de Hoka Industries avec 20 références et Top Food Cameroun avec 10 produits. Keda Cameroon Ceramics Limited et Jamalia Group Ltd apportent chacune 6 produits, tandis que la société M&M Product Sarl enrichit le marché de la Cemac avec 26 nouvelles offres. Sweet Choco complète la liste avec 5 produits, illustrant ainsi la diversité et la dynamique du paysage industriel camerounais. Pour ces entreprises, ces agréments constituent un tremplin pour l’expansion commerciale, la conquête de nouveaux marchés régionaux, et l’amélioration de la compétitivité. Ils permettent également de renforcer leur contribution à l’économie nationale dans un contexte marqué par la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). « C’est un soutien supplémentaire que le gouvernement nous autorise pour pouvoir développer nos activités au Cameroun », a reconnu Audrey Entcheu. Ce nouveau jalon s’inscrit dans la stratégie gouvernementale d’appui au secteur privé, axée sur la promotion des exportations et l’accélération de la politique d’import-substitution.

Le ministre du Commerce a en outre salué les performances des entreprises bénéficiaires et a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les producteurs camerounais dans leur processus de transformation, de certification et d’accès aux marchés régionaux. En attribuant ces « précieux sésames », le Cameroun affirme sa volonté de faire rayonner ses produits sur les marchés voisins, tout en consolidant l’intégration économique régionale. Le Régime Préférentiel CEMAC apparaît ainsi comme un levier stratégique pour booster la productivité, stimuler les exportations et faire du Cameroun un hub industriel régional.

Luc Magloire Mbarga Atangana : « Ces entreprises en régime préférentiel ciblent 1,3 milliard de consommateurs »

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Quel est l’objectif principal du processus d’agrément au régime préférentiel communautaire ?

Du processus d’agrément au régime préférentiel communautaire, cela peut concerner la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ou la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Il s’agit de textes communautaires régissant la libre circulation des biens au sein de l’espace communautaire. Cependant, il est essentiel de s’assurer de l’origine de ces biens. Ce processus d’agrément contribue ainsi à vérifier qu’il s’agit bien de produits industriels fabriqués au sein de la communauté. Dès lors que cette preuve est apportée à travers un dossier documenté préparé par chaque État, celui-ci est soumis aux instances de la CEMAC ou de la CEEAC, qui statuent en connaissance de cause. Une fois l’agrément délivré, il confère le droit d’accéder à l’espace communautaire sous-régional sans avoir à acquitter le moindre droit ni à rencontrer d’obstacles administratifs. C’est là toute la philosophie et l’essence de cet exercice. Aujourd’hui, nous évoluons vers une nouvelle dynamique : la mise en place d’un marché unique continental, appelé zone de libreéchange continentale (Zlecaf). Certains pourraient alors s’interroger sur la pertinence des agréments au niveau des sous-régions. Il s’avère que ce processus s’appuie sur des ensembles sous-régionaux, appelés Communautés économiques régionales (CER), qui constituent la base de la construction de cette zone de libre-échange. Ainsi, les agréments jouent également un rôle de facilitation d’accès à ce marché continental en offrant un privilège aux entreprises qui en sont titulaires : celui du statut d’opérateur économique agréé. Ce statut leur dispense de la justification systématique de l’origine de leurs produits, ce qui constitue un avantage stratégique. La mise en place de cette zone de libre-échange vise à favoriser les entreprises africaines et les produits africains, d’où l’importance de la certification de l’origine des marchandises. Grâce à un agrément, comme ceux délivrés ce matin à sept entreprises pour un total de 128 produits, ces entreprises n’auront plus à se soumettre aux contraintes des justifications d’origine. Elles bénéficieront ainsi d’une longueur d’avance sur leurs concurrents, qui devront encore s’acquitter de ces formalités, tandis qu’elles seront déjà présentes sur le marché. Ce privilège représente un avantage comparatif décisif et déterminant, leur permettant d’occuper rapidement le marché, pendant que d’autres seront encore absorbés par les démarches administratives.

Quelle directive essentielle le ministre a-t-il adressée aux nouvelles entreprises bénéficiant du régime différentiel ?

Ce sont des opérateurs économiques, ils savent ce qu’ils doivent faire. Ces armes qui leur sont offertes, c’est à eux de produire plus. Vous savez, nous sommes dans la sous-région, je parle sous le contrôle du représentant résident de la Commission économique pour l’Afrique (CEA). Nous sommes moins de 40 à 50 millions au sein de la CEMAC. C’est un marché certes important, mais ce n’est pas un marché extrêmement grand. Et la projection des entreprises, c’est de conquérir des espaces beaucoup plus vastes. Dans ce cas précis, la zone de libre-échange continentale africaine leur offre un marché de 1,3 milliard de consommateurs. Donc, c’est un marché qui compte, je veux dire, oui. Si je me permettais un exemple, même si, comme on dit, comparaison n’est pas raison, l’Europe est considérée comme un grand marché, mais elle compte moins de 460 millions de consommateurs. Alors, imaginez l’Europe que nous considérons comme un grand marché mondial : ce n’est même pas la moitié de ce qu’offre la zone de libre-échange continentale africaine. Prenons les États-Unis. Les États-Unis d’Amérique comptent 330 millions de consommateurs. Cela montre qu’il n’y a pas d’ordre à donner à nos opérateurs économiques. Ils savent ce qu’il faut faire maintenant : produire, c’est pouvoir vendre. Là, ils peuvent produire autant qu’ils veulent, ils sauront vendre parce que le marché existe. Et c’est en cela qu’il faut saluer l’acte pris par nos chefs d’État en créant cette zone de libre-échange continentale africaine. C’est une vision extrêmement futuriste.

 Quelle opportunité unique la zone de libre-échange continentale africaine offret-elle aux jeunes Africains ?

Je crois que ce message doit être compris par notre jeunesse. Les jeunes prennent la mer pour immigrer vers l’Europe ou l’Amérique. Pour aller faire quoi ? Alors que tout est ici. La zone de libre-échange continentale africaine leur offre une opportunité unique de créer des richesses sur place et d’améliorer leurs conditions de vie sans avoir à partir. Ils n’ont plus besoin, avec cet espace, de s’expatrier. D’ailleurs, je parie sur un renversement des tendances : ce sont les autres qui vont immigrer en Afrique. Ce ne seront plus les Africains qui iront en Europe ou en Amérique, mais désormais les Américains et les Européens qui viendront en Afrique. Alors faisons attention, ne leur laissons pas cet espace. Nous devons l’occuper nous-mêmes, de manière prioritaire. Stop à l’immigration sans raison. Nous avons le potentiel, nous avons le marché. Le marché est synonyme de développement : développement économique des États, développement humain, développement social et développement individuel. Nos chefs d’État ont fait ce qui était de leur devoir. À nous de prendre la suite.

Fiscalité locale : les CTD de l’Extrême-Nord à l’école de la modernisation

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Caravane impôts extrême nord www.newsducamer.com
Caravane impôts extrême nord www.newsducamer.com

C’est dans une salle comble du Cercle municipal de Maroua que s’est tenue, le 7 mai 2025, une importante rencontre d’explication de la nouvelle fiscalité locale à l’intention des maires, secrétaires généraux, receveurs municipaux, agents des impôts et du Trésor. Organisée par la Direction générale des impôts (DGI), cette activité s’inscrit dans le cadre d’une caravane nationale déployée dans les dix régions du Cameroun pour vulgariser les grands axes de la réforme. Un chantier stratégique, fruit d’un engagement politique affirmé en faveur de l’autonomie financière des collectivités territoriales décentralisées (CTD).

Abakar Idrissa, chef de mission mandaté par la DGI, a rappelé que cette réforme vise à doubler les recettes locales, pour les faire passer de 271 à 550 milliards de francs CFA. Elle repose sur deux piliers : une refonte de la politique fiscale locale et une modernisation de l’administration des prélèvements. À travers des mécanismes plus équitables et performants, le gouvernement entend faire passer la part des recettes fiscales locales dans les ressources de l’État de 7,3 % à 16 % dans les prochaines années.

Parmi les principales innovations présentées figurent la création d’un Impôt Général Synthétique (IGS) remplaçant l’impôt libératoire et le régime simplifié, la réduction du nombre de taxes directes de 21 à 12, l’élargissement des centimes additionnels communaux, et une meilleure affectation des ressources aux régions, notamment les redevances minières et pétrolières ou encore le droit de timbre local.

Mais au-delà de la fiscalité elle-même, la réforme engage une transformation de l’organisation administrative. Les anciens Centres Divisionnaires des Impôts deviennent des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP), désormais chargés de la gestion des impôts locaux sous la supervision de la DGI. Parallèlement, chaque CTD devra mettre en place une Unité de Suivi de la Fiscalité Locale (USFL) pour assurer une meilleure coordination avec les CFLP et garantir la traçabilité des recettes.

Autre avancée majeure : la mise en œuvre du compte unique du Trésor. Désormais, les recettes fiscales collectées seront reversées en temps réel sur les comptes des CTD logés à la Campost. Chaque receveur municipal disposera ainsi d’un Relevé d’Identité Bancaire (RIB) favorisant la célérité et la transparence dans les transferts.

Présent à la cérémonie, le gouverneur de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari, a salué une réforme « indispensable au développement local », tout en exhortant les CTD à sortir de leur dépendance vis-à-vis des centimes additionnels. « Nos communes regorgent de potentialités fiscales qu’il suffit d’identifier et d’exploiter dans le respect des textes », a-t-il souligné.

La réforme, selon ses initiateurs, s’inscrit dans le prolongement de plusieurs jalons majeurs de la décentralisation : les Assises Générales de la Commune en 2019, le Grand Dialogue National, le Code général des CTD et la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030. Elle marque une étape décisive dans la quête d’une gouvernance locale plus efficace, au service des populations.

L’administration fiscale, pour sa part, appelle les exécutifs communaux à jouer pleinement leur rôle dans l’enrôlement des contribuables, la collaboration avec les CFLP, et la mise en œuvre rapide des USFL. Une condition essentielle pour assurer le succès de cette réforme et accélérer la transformation des territoires.

Interview 

Abakar Idrissa, chef de la mission conjointe Minfi-Minddevel 


« Payer les impôts en temps réel aux collectivités : un tournant décisif pour la décentralisation »


En marge du lancement à Maroua de la caravane nationale de sensibilisation sur la réforme de la fiscalité locale, Abakar Idrissa, chef de la mission conjointe Minfi–Minddevel, détaille les ambitions, les innovations majeures et les attentes de cette réforme qui vise à doter les collectivités territoriales décentralisées de moyens financiers renforcés et plus transparents.

Vous venez de lancer la caravane d’information et de sensibilisation sur la réforme de la fiscalité locale. Quel est l’objectif principal de cette initiative ?

L’objectif principal de cette caravane est d’informer et de sensibiliser les acteurs de la décentralisation sur la réforme de la fiscalité locale, une réforme fondamentale pour renforcer la performance budgétaire et l’autonomie financière de nos Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). La mission est effectuée conformément aux instructions du Ministre des Finances et du Ministre de la Décentralisation et du développement local, contenues dans un  communiqué conjoint qu’ils ont signé le 05 mai 2025. Dans cette optique, le Directeur Général des Impôts, MEYONG ABATH Roger Athanase a déployé les représentants de l’Administration fiscale dans les chefs-lieux de dix régions administratives du Cameroun, à l’effet d’expliquer les enjeux, présenter les innovations et les modalités de mise en œuvre de la loi portant réforme de fiscalité locale afin d’assurer une appropriation collective. S’il faut revenir sur la genèse de cette réforme, il faut dire qu’elle  s’inscrit dans le cadre de l’accélération et de l’approfondissement du processus de décentralisation voulu par le Chef de l’État. Plusieurs événements et textes fondateurs, comme les Assises Générales de la Commune en 2019, le Grand Dialogue National, la promulgation du Code Général des CTD, et la Stratégie Nationale de Développement à l’horizon 2030, ont souligné la nécessité d’un renforcement des ressources propres des CTD pour leur permettre d’assumer efficacement leurs missions.

Quelles étaient les principales limites du système fiscal local précédent ?

Le système précédent souffrait de plusieurs faiblesses : une multiplicité de taxes (plus d’une quarantaine), un rendement faible pour certaines d’entre elles comme la taxe foncière, une répartition floue des compétences entre l’État et les CTD, une faible implication des CTD dans la gestion fiscale, et un développement encore très limité de la fiscalité régionale. Tout cela entravait la mobilisation efficace des recettes locales.

Que prévoit concrètement la nouvelle loi portant fiscalité locale ?

Elle introduit plusieurs innovations majeures. D’abord, la création d’un Impôt Général Synthétique remplaçant l’impôt libératoire et le régime simplifié. Ensuite, l’extension des centimes additionnels communaux à d’autres bases fiscales, et le renforcement des ressources affectées aux Régions, comme les redevances minières, pétrolières, et le droit de timbre local. En matière de fiscalité directe, le nombre de taxes a été réduit de 21 à 12 pour simplifier et améliorer le rendement. Vous comprendrez que cette réforme implique des changements au niveau de l’administration fiscale locale. Par exemple, les Centres Divisionnaires des Impôts ont été transformés en Centres de Fiscalité Locale et des particuliers (CFLP), avec pour mission de gérer les impôts locaux sous la supervision de l’administration fiscale. En parallèle, chaque collectivité territoriale devra mettre en place une Unité de Suivi de la Fiscalité Locale (USFL), pour faciliter la coopération entre les CTD et les CFLP.

 Comment se fera la répartition des recettes entre les différentes collectivités ?

La loi a prévu une approche méthodique et équitable, avec des critères clairs pour répartir les recettes affectées. Elle garantit une allocation équilibrée des ressources, tenant compte des compétences transférées, des efforts de recouvrement et des besoins locaux.  

Des mesures ont-elles été prises pour garantir la transparence et l’efficacité de la collecte des ressources ?

Oui, des adaptations sont prévues dans le fonctionnement du Compte unique du Trésor, pour permettre une mise à disposition rapide des ressources aux CTD. Chaque receveur bénéficiera désormais d’un Relevé d’Identité Bancaire auprès de la Campost, ce qui favorisera des transferts plus fluides et plus rapide des fonds collectés.

Quel appel lancez-vous aux exécutifs locaux et aux autres acteurs concernés ?

L’administration fiscale les invite à s’impliquer pleinement dans la mise en œuvre de la réforme, notamment en facilitant l’enrôlement massif des contribuables, en collaborant étroitement avec les CFLP, et en mettant rapidement en place les USFL. C’est un moment crucial pour renforcer la gouvernance locale et améliorer durablement les conditions de vie de nos populations.

Pape: L’Américain Robert Francis Prevost est l’élu

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Les cardinaux ont jeté leur dévolu sur Robert Francis Prevost pour être le nouveau chef de l’église catholique romaine. L’Américain n’était pas cité parmi les favoris. Et comme de tradition, rarement l’élu sort des rangs des favoris. Lorsque le cardinal Dominique Mamberti, doyen des cardinaux, a prononcé le nom du nouveau berger de l’église catholique, l’émotion s’est emparée de la foule amassée place Saint Pierre de Rome. Après le passage par la Chambre des larmes, où il devait se décharger de ses émotions, avant de se présenter au public. Très détendu, l’homme le plus attendu depuis la mort du pape François, s’est exprimé à son peuple, sourire aux lèvres. Pour lancer un message à la paix à tous les peuples du monde.

Le nouveau pape, premier Américain (Etats-unien) à devenir pape, a choisi comme nom de baptême Léon XIV. Issu de l’ordre de Saint Augustin, l’homme est présenté comme un progressiste modéré. Léon XIV devrait donc poursuivre l’ouverture engagée par François. Dans la lignée de Léon XIII. Pour avoir vécu entre 1878 et 1903, Léon XIII est le premier pape du XXe siècle. Il a passé l’essentiel de son ministère au Perou. « Passionné par son époque, il s’efforça de la comprendre et d’ouvrir l’Église à ses débats. Il avait à cœur la misère des nouvelles classes ouvrières et s’engagea sur les grandes questions sociales de son temps », écrit le journal La Croix sur son site internet.

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Né le 14 septembre 1955 à Chicago, d’un père d’ascendance française et italienne et d’une mère d’origine espagnole, le nouveau pape repéré au Pérou par François, a aussitôt gravi les marches du Vatican, pour intégrer la curie romaine. Nommé par François, administrateur apostolique du diocèse de Chiclayo au Pérou, il devient par la suite membre des Dicastères pour le Clergé en 2019, puis pour les Évêques en 2020. Le pape François l’élève archevêque, puis le nomme préfet du Dicastère pour les Évêques, en janvier 2023. De par cette fonction, beaucoup de nouveaux évêques et certainement de cardinaux, lui doivent leur promotion. C’est donc un homme qui connaît bien la maison qu’il va diriger, pour y avoir séjourné quelques années, aux côtés de François. C’est dire si la ligne est tracée pour poursuivre l’œuvre de ce dernier, notamment dans le domaine social.

Vatican: Habemus papam

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La fumée blanche est apparue au bout de la cheminée de la chapelle Sixtine. A peine deux jours de Conclave seulement, et la Vatican a un nouveau pape. En direct de la télévision vaticane dont les images sont reprises par des milliers de chaines de télévisions du monde, la place Saint Pierre de Rome grouille de monde. Cris et youyous. Des va-et-vient dans tous les sens, la garde suisse prend position dans la cour. Appareils photos et téléphones portables sont brandis pour immortaliser ce signe annonciateur d’un nouveau pape. Tous les yeux sont rivés vers le balcon où apparaitra l’élu de tous les chrétiens catholiques du monde.

Après quatre tours seulement, les 133 cardinaux ont accordé au moins les 2/3 des voix à un d’entre eux. L’église catholique romaine a un nouveau chef. François décédé le 26 avril dernier, au lendemain de la célébration de la Pâques, a un successeur. Son identité reste à déterminer.

Roger Stuart : « La BEI a investi 7,5 milliards FCFA pour l’entrée du Cameroun dans l’actionnariat d’ATIDI »

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ROGER STUART, Chef de Représentation régionale Afrique occidentale et Centrale de la Banque Européenne d’investissement

«Nous sommes particulièrement fiers de pouvoir soutenir le Cameroun à travers ATIDI. Nous avons accordé un prêt de 7,5 milliards de FCFA soit plus de 11,5 millions d’euros au gouvernement camerounais, lui permettant ainsi de souscrire à l’actionnariat de l’ATIDI. Grâce à cette participation, l’ATIDI a pu émettre 47 garanties jusqu’à présent, et ce chiffre continue de croître.

À ce jour, ces garanties ont contribué à attirer 224 millions d’euros vers le Cameroun, générant ainsi un effet de levier particulièrement significatif. La Banque européenne d’investissement a soutenu ATIDI dans plusieurs pays de la sous-région, notamment le Bénin, le Niger, le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Togo. Nous estimons que cette approche constitue un moyen très efficace de renforcer le secteur privé, qui joue un rôle essentiel dans le développement économique des nations.

En effet, le secteur privé est un pilier fondamental, que ce soit dans l’agriculture, les énergies renouvelables, l’industrie alimentaire, ou bien d’autres domaines. ATIDI, pour sa part, se spécialise dans l’octroi de garanties et d’assurances permettant de réduire les risques associés aux investissements et aux transactions. En supprimant les incertitudes liées aux contreparties, ATIDI facilite les échanges commerciaux et stimule l’investissement, contribuant ainsi à la croissance économique

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