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Lions indomptables : Le piège que tend Samuel Eto’o à Mouelle Kombi

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Dans un communiqué rendu public le 2 avril 2024, le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) annonçait le retrait de la Fédération de l’organisation des matchs Cameroun-Cap vert et Angola-Cameroun, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026. « Le Comité d’urgence de la Fécafoot, réuni en sa session de ce jour à 11h, a pris acte de l’exclusion de la Fécafoot de la préparation des rencontres devant opposer l’équipe nationale du Cameroun à celles du Cap vert et de l’Angola… », peut-on lire dans le communiqué signé le 3 juin 2024. Ce « afin de ne pas être complice d’un trouble à l‘ordre public et d’agissements qui méprisent à la fois les recommandations de Son Excellence monsieur le président de la République, les règles et usages en vigueur lors des compétitions organisées par la Fifa».

La Fécafoot abdiquait ainsi après avoir résisté deux mois dans une guerre qui l’oppose au ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep), au sujet des nominations à la tête des Lions indomptables. C’est que Samuel Eto’o avait définitivement perdu, lorsque les joueurs arrivés à Yaoundé pour le début du regroupement en vue des matchs contre le Cap vert et l’Angola, ont été pris en charge par le staff désigné par le gouvernement.

Et le lendemain, les joueurs ont engagé le stage sans équipements adéquats. La Fécafoot n’a pas mis à la disposition de la sélection nationale le matériel d’entraînement. « On n’a pas de ballons, on n’a pas de matériel, on n’a pas d’équipement. Est-ce que tu penses que le stage se passe bien ? Ça ne se passe pas bien. Déjà deux jours que c’est comme ça. C’est du jamais-vu. Ça fait 25 ans que je suis dans cette profession et je n’ai jamais vu ça », s’est énervé Marc Brys. Le technicien belge qui a organisé une marche dans les rues autour de l’hôtel des Lions, a d’abord déprogrammé la première séance d’entraînements, avant de se résoudre à la tenir. Avec des maillots achetés sur le marché ordinaire. Ainsi, l’on a essayé de colmater les brèches pour sauver les meubles.

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Mais le plus dur reste à venir. La Fécafoot sera appelée à jouer des rôles principaux les prochains jours. A leurs arrivées, les officiels et l’équipe nationale du Cap vert n’auront d’autre interlocuteur que la Fédération. Tant pour l’accueil, la réception, l’hébergement,… que l’organisation et la participation à la réunion technique. Bref l’organisation technique du match incombe à la fédération. Laquelle ne peut pas se débiner. Et c’est à ce niveau que Samuel Eto’o attend Narcisse Mouelle Kombi qui n’aura d’autre choix que de s’en remettre à la Fécafoot. Nul ne peut imaginer l’attitude de l’adversaire en ce moment-là. Elle qui a été éconduite sans façon de l’hôtel des Lions à l’arrivée des joueurs et de leurs encadreurs. Quoi qu’il en soit, la Fifa qui est restée silencieuse face aux événements parfois drôles ou dégradants de la crise qui secoue le football camerounais depuis quelques semaines, devra intervenir. Et la nature de cette intervention dépendra de la tournure et de l’ampleur que prendront la suite des événements. Une suspension plane sur la tête du Cameroun. En attendant, les joueurs et le staff technique poursuivent leurs entraînements au stade de Ngoa-Ekelle. Et la Fécafoot qui avait retiré les billets d’accès au stade du circuit commercial, les a remis en vente.

Le Cameroun affronte le Cap vert le 8 juin 2024 à Yaoundé, et s’envole le même jour à Luanda pour rencontrer l’Angola, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

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Gouvernance: Une stratégie financière de 102 milliards pour stimuler la croissance

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Tout est parti de plusieurs constats découlant d’une étude diagnostique menée en 2022 par le Comité national économique et financier du Cameroun (Cnef) et la Banque mondiale. Cet examen approfondi du système financier local a débouché sur 6 principales conclusions, présentées comme des entraves majeures à la contribution optimale de celui-ci à la création de la richesse nationale. Il s’agit notamment d’un manque de profondeur, une quasi absence de financements à long terme, un accès marginal des micro, petite et moyenne entreprises aux financements, la faible promotion de l’inclusion financière, un important déficit dans l’application des réglementations existantes, et l’inefficience des institutions publiques de financement. Au regard de ce qui précède, les intelligences du secteur public et privé qui siègent au Cnef, un organisme consultatif en matière bancaire, monétaire et financière, ont pensé qu’il était impérieux de mettre sur pied un palliatif.

Les travaux menés dans ce sens ont donné naissance à la Stratégie nationale de développement du secteur financier (Sndsf) qui a été présentée vendredi 31 mai 2024 à Yaoundé par Louis Paul Motaze, Ministre des Finances, par ailleurs président du Cnef. Annoncée comme un «Game Changer», c’est-à-dire une sorte d’outil révolutionnaire qui, en principe, doit permettre de rompre avec les insuffisances évoquées supra, elle sera mise en œuvre entre 2025 et 2030 par le Cnef. Ces concepteurs sont convaincus qu’implémenter de manière optimale, ce plan qui va coûter 102,5 milliards de FCFA va permettre au Cameroun d’obtenir un gain de croissance annuelle supplémentaire de 2,3% et générer des recettes budgétaires additionnelles de 105 milliards de FCFA par an, soit 630 milliards de FCFA sur la période 2025-2030.

Plan d’action

Dans le détail, la Stratégie nationale de développement du secteur financier est un florilège de propositions de réformes regroupées en 6 axes stratégiques. Globalement le Cnef propose de: restructurer le secteur de la micro finance ; mettre en œuvre un système de garantie de dépôts dans les établissements de micro finance ; améliorer le  Fonds de garantie de l’Afrique centrale (Fogadac) ; introduire la faisabilité d’introduire la compétition dans plusieurs parties  de la gestion des infrastructures de numérique de Camtel ; lancer sans délai le Bureau d’information sur le crédit (BIC) ; renforcer l’impact du Fichier bancaire national des entreprises (Fibane) ; créer un observatoire des pratiques commerciales dans le secteur financier ; améliorer le soutien au financement du logement, améliorer l’efficience  du recouvrement  par les structures publiques , notamment la Société nationale de recouvrement (SRC), améliorer le soutien au financement du logement ; soutenir l’émergence du marché immobilier  etc.

Pour finir, le Comité national économique et financier du Cameroun indique que  la Sndsf repose sur une gouvernance partenariale devant garantir son efficacité. Sur le plan opérationnel, un comité technique de pilotage, coordonné par le secrétariat général du Cnef, logé à la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), va assurer la mise en œuvre et le suivi de la stratégie. En outre, elle va s’appuyer sur six groupes de travail dédiés à chaque axe stratégique, chapeautés par un comité de pilotage présidé par le ministre des Finances. Deux évaluations (en 2027 et 2030) sont par ailleurs prévues

Minsep-Fecafoot: Les mauvais anges se réveillent

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La première journée du regroupement des Lions indomptables aura été une nouvelle bataille entre le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). A.leurs arrivées au Hilton hôtel de Yaoundé, les joueurs trouvent deux staffs administratifs à l’accueil. Benjamin Banlock désigné par le gouvernement et Benoît Angbwa nommé par le président de la Fecafoot. On se discute la préséance. Photo et vidéos accompagnent les débats et combats sur les réseaux sociaux, pour conquérir l’opinion. Les positions se raidissent.

Les capitaines des deux équipes en conflit manœuvrent dans l’ombre. Puis le Minsep Narcisse Mouelle Kombi debarque sur le théâtre des opérations. La raison d’État doit prévaloir. Mais Marc Brys, l’entraîneur sélectionneur qui avait déclaré travailler avec le ministère, consent à admettre dans son équipe cinq membres de l’équipe à Samuel Eto’o dont Narcisse Tinkeu (préparateur physique), le Dr Fotso (médecin), Idriss Carlos Kameni (entraîneur des gardiens). De quoi couper la poire en deux. Mais en face, on n’est pas satisfait. Entre autres Thierry Ndoh (team press officier), Martin Ndtoungou Mpile et David Pagou (entraîneurs adjoints) ne sont pas admis. Ce qui n’arrange pas la fédération qui tient à tout avoir.

Au Hilton où Marc Brys a choisi d’établir sa base, Benjamin Banlock avait fait les réservations d’hôtels longtemps à l’avance. Et à son arrivée, Benoît Angbwa n’a pas pu avoir accès aux chambres réservées. L’homme envoyé par Samuel Eto’o avait ainsi perdu sa part de combat. Finalement, le staff de la Fecafoot a capitulé nuitamment.

La réconciliation n’aura finalement duré que le temps des mots. Avec deux staffs d’encadrement qui continuent de se discuter la légitimité dans la tanière des Lions indomptables, les joueurs se retrouvent entre le marteau et l’enclume. Mais la réalité du terrain devrait imposer une place à chaque acteur. Les résultats de la sélection nationale pourraient également permettre de décanter la situation. Ou même relancer un autre épisode de la guerre.

Dette publique: Le Cameroun a remboursé 1 245,5 milliards de FCFA en 2023

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En 2023, le Cameroun a poursuivi sa politique d’endettement «visant à satisfaire les besoins de financement de l’Etat à moindre cout», indique le Rapport sur l’économie camerounaise au cours de la période sous-revue, que vient de publier le ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Cette politique a été menée en même temps que celle relative au service de la dette, afin de maintenir «la viabilité et la soutenabilité de ladite dette», peut-on lire dans le même document. Pour apurer partiellement la dette directe de l’administration centrale, le Cameroun a déboursé en 2023 la somme de 1 245,5 milliards de CFA (hors Bons du trésor assimilables). Dans le détail, 990,3 milliards de FCFA ont été mobilisés pour le remboursement du principal et 255,1 milliards de FCFA pour le paiement des intérêts, soit 64,2% pour la dette extérieure et 35,8% pour la dette intérieure.

Dette extérieure

De façon détaillée, pour ce qui est du service de la dette extérieure qui à fin décembre 2023 s’élève à 8 149 milliards de FCFA (28,1% du PIB) et composée de la dette multilatérale, bilatérale et commerciale, son paiement s’est établi à 800 milliards de FCFA en 2023, dont 590 milliards de FCFA au titre du remboursement du principal (soit 73,7%du service total) et 210 milliards de FCFA au titre du paiement des intérêts (soit 26,3% dudit service). Le remboursement de la dette bilatérale dont le montant cumulé est de 3 143 milliards de FCFA à fin 2023, a ponctionné l’essentiel de cette enveloppe avec un paiement consolidé de 466,6 milliards de FCFA (soit 58,3% du total du service), dont 369 milliards de FCFA pour le principal, et 97,6 milliards pour les intérêts. La dette multilatérale dont l’encours était de 4 043 milliards de FCFA en 2023, a été remboursée à hauteur de 169, 8 milliards de FCFA, dont 111,8 milliards pour le principal et 58 milliards pour le paiement des intérêts. Toujours dans la logique de contenter ces créanciers étrangers, le Cameroun a consenti un effort financier de 163,6 milliards de FCFA pour régler partiellement sa dette commerciale d’une valeur de 963 milliards de FCFA en 2023. 109,2 milliards de FCFA ont servi à rembourser le principal, tandis que 54,4 milliards ont été mis à contribution pour le paiement des intérêts.

Dette intérieure

En 2023, la dette intérieure est constituée des titres publics (hors Bons du trésor assimilables), de la dette structurée et de la dette non structurée. Au cours de l’exercice budgétaire 2023, le service de la dette intérieure s’est élevé à 445,5 milliards de FCFA, dont 400,4 milliards de FCFA pour l’amortissement du principal et 45,1 milliards pour les intérêts. Au cours de la période sous revue, ce service a été essentiellement orienté vers le règlement des titres publics pour un montant de 225, 3 milliard de FCFA, de la dette structurée pour une valeur de 217,4 milliards de FCFA et la dette non structurée réglée à hauteur de 2,8 milliards de FCFA. D’après le document du Minepat, la dette intérieure a été payée ainsi qu’il suit: 208,5 milliards de FCFA en principal et 16,8 milliards pour les intérêts liés aux titres publics. En ce qui concerne la dette structurée, le principal a été payé à hauteur de 189,1 milliards de FCFA et les intérêts à 28,3 milliards de FCFA. Quant à la dette non structurée, ce n’est que le principal qui a été payé pour un montant de 2,8 milliards de FCFA.

Crise Minsep-Fecafoot : le film d’une réconciliation inespérée

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« Je commencerai par vous présenter des excuses parce que lors de notre première malheureuse rencontre, il y a eu beaucoup d’émotions. Je préfère le dire comme ça. Mais comme vous savez le peuple camerounais étant plus important que nous, c’est le seul intérêt qui devrait nous animer à travailler ». En ces termes, Samuel Eto’o a tenu à faire son mea culpa à l’endroit de Marc Brys avec lequel il a eu une altercation le 28 mai dernier. Venu à une convocation du secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), le sélectionneur des Lions indomptables qui est venu avec tous ses collaborateurs techniques désignés par le gouvernement, s’est fait accompagner d’une délégation du ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep) conduite par Michel Dissake Mbarga l’inspecteur général des services, et Cyrille Tollo le conseiller technique N°2. Après s’être vus fermer la porte au nez, les accompagnateurs de Marc Brys seront admis dans l’enceinte, sur décision de Samuel Eto’o le président de la fédération. Pour que la suite soit une partie violente entre le patron des lieux et le sélectionneur et Marc Brys.

Deux jours après cet incident qui a vu le technicien belge être remplacé par un intérimaire (Martin Ndtoungou Mpile), la crise a pris des proportions inquiétantes. La Fécafoot tenait à reprendre de force le contrôle de la sélection nationale. Et une conférence de presse était ainsi convoquée pour ce 30 mai, avec pour objet la publication de la liste des joueurs retenus pour les deux matchs du regroupement de juin, en éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Avant que la vitesse soit brusquement ramenée à zéro.

Il n’y a donc pas eu de conférence de presse de Martin Ndtoungou Mpile. Initialement prévue pour se tenir au Centre d’excellence de la CAF, elle sera ramenée au siège de la Fécafoot à Tsinga. Mais à 11h, l’heure dite, pas de Martin Ndtoungou Mpile. La Fécafoot annonce le renvoi de l’échange à 15h, puis 16h. Entre temps, la maison du vieil entraîneur est encerclée par des hommes armés. La suite sera une démission manuscrite de l’homme, ainsi celles de ses adjoints David Pagou et Narcisse Tinkeu. Badauds et curieux campent devant le siège de la Fécafoot, d’où devrait se tourner le prochain épisode du film de guerre entre le Minsep et la Fécafoot. La polie qui a pris position des lieux depuis l’altercation, veille.

Le colonel Bamkoui et e ministre Mbarga Mboa en scène

Marc Brys, lui, est annoncé à l’ambassade de Belgique au Cameroun. Le Pr Mathias Eric Owona Nguini parle d’une « entrée en scène de la diplomatie belge mobilisée par la Fédération royale de Belgique pour sommer Brys de reconnaitre le président de la Fédération comme son patron direct ». C’est après ce passage à la représentation de son pas que le technicien belge va débarquer à la Fécafoot où l’a une nouvelle fois convoqué son employeur. Le Minsep tient une nouvelle fois à accompagner celui qu’il a recruté pour le compte du gouvernement. « Le chef central (Paul Biya, Ndlr) a procédé à une instruction de recadrage», renseigne Mathias Eric Owona Nguini. C’est que le ministre Philippe Mbarga Mboa est entré en jeu. L’homme a reçu Samuel Eto’o, au nom du chef de l’Etat, et a essayé de couper la poire en deux. Accédant à des doléances de la Fédération, mais en préservant l’image de l’autorité étatique, tout en sauvant les « Très hautes instructions » , objet de la discorde. Alors que la veille le colonel Emile Bamkoui, patron de la Sécurité militaire (le service de renseignement de l’armée), est entré en jeu. L’homme craint de toute a république a assisté à la réunion de préparation des matchs des Lions indomptables contre les Requins bleus du Cap vert et les Palancas négras d’Angola. Nul ne sait quel rôle jouait le puissant patron de la Semil à ces assises.

La délégation du Minsep arrive donc à 13h à Tsinga. Outre Michel Dissake, Marc Brys est accompagné seulement de son assistant Joachim Mununga et Christophe Manouvrier, préparateur physique. Une séance de travail à huis clos. Une heure durant. A la sortie, une communication à la presse. Le ton a changé. La page de la guerre est tournée. Il n’y aura pas de liste de joueurs, ni de communication d’un nouveau staff d’encadrement des Lions indomptables. Après ses excuses publiques, Samuel Eto’o annonce une nouvelle ère. « Je suis plutôt content d’avoir échangé avec le coach. Comme j’ai dit au sélectionneur, nous avons des convictions, nous ne changerons pas. (…) je pense que pour certains d’entre vous le côté administratif qui nous posait des problèmes à l’époque où on avait des résultats, on n’a plus ce problème. Et, je pense que le coach qui vient d’un environnement où il aura besoin de ce côté administratif très professionnel, il était donc important de maintenir le cap pour le Cameroun », indique Samuel Eto’o. « Nous avons eu des très bons entretiens. Et c’est un peu normal parce qu’on a le même objectif. C’est clair le plus important c’est les trente millions des Camerounais. Ça donne un peu de charge sur notre boulot, mais si on travaille tous ensemble, ça va arriver (…) », confirme Marc Brys.

Et l’émissaire du Minsep de conclure : « L’heure n’est plus à la verbalisation inutile. Je pense que monsieur le président a eu une très bonne séance de travail avec ses entraîneurs. En bon chrétien, je dirais que le diable a finalement eu honte. Les vertus du sport ont prévalu lors de cette séance de travail : le fair-play, l’acceptation de l’autre, le respect d’autrui ». L’homme invite les journalistes « d’être venus et nous vous prions de bien valoir transmettre la bonne nouvelle au peuple camerounais. Pour qu’au soir du premier match, tout le monde rentre chez lui étant satisfait et content, le Cameroun est un grand pays de football. Donc je pense que tous les différends ont été aplanis », assure-t-il. Avant d’entonner l’hymne national. Après la pluie, c’est le beau temps, espère-t-on.

APE: 71 milliards de FCFA de pertes fiscales en sept ans

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deposito aduanero

Les pays de l’Union européenne avec qui le Cameroun a signé un accord de partenariat économique (APE) en 2016, continuent d’être les principaux bénéficiaires de cet agrément commercial qui leur permet de faire entrer dans le pays, de nombreux produits en franchise totale ou partielle de Douanes. Selon le Rapport sur l’économie camerounaise en 2023, que vient de publier le ministère de l’Economie de la Planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), près de 10 ans après le début de sa mise en œuvre, nous sommes actuellement rendus à la fin de la 7ième phase du processus de démantèlement tarifaire, qui a laissé progressivement la place à la 8eme phase. Ce qui signifie qu’actuellement, la réduction des droits de douanes à l’importation pour des produits du 2e groupe tels que les plâtres, chaux, marbres, clinker, intrants pour industries alimentaires, véhicules automobiles pour le transport de marchandises, remorques et semi-remorques, brouettes, certaines parties et accessoires de véhicules, est de l’ordre de 90%. Les carburants, le ciment, les véhicules de tourisme, les véhicules de transport de personnes, les motocycles, les céréales telles que le blé, seigle, orge, sorgho, les préparations alimentaires pour enfants etc. qui font partie du 3e groupe de produits, bénéficient d’un démantèlement tarifaire à hauteur de 30%.En ce qui concerne la 8ième phase, qui devrait s’achever en août 2024, elle vise le démantèlement de 100% pour les produits des groupes 1 et 2 et 40% pour ceux du groupe 3.

A fin 2023, l’encours des pertes fiscales enregistrées par le Cameroun en raison de la mise en œuvre  de l’APE est de 70,5 milliards de FCFA. «Au 31 décembre 2023, le montant de la moins-value fiscale de l’APE CAM-UE est évalué à 70,5 milliards de FCFA depuis le début du démantèlement», peut-on lire dans le document susmentionné. Tandis que l’accord de partenariat entre le Cameroun et le Royaume-Uni signé en mars 2021 a enregistré des moins-values fiscales qui s’élèvent à hauteur de 687, 4 millions de FCFA. «Celui de l’APE CAM-RU est évalué à 687,4 millions de FCFA», souligne le Minepat. Ce qui représente des pertes fiscales globales d’un montant de 71,18 milliards de FCFA.

Les PME locales n’en profitent pas

 A en croire ce département ministériel, la mise en œuvre de ces deux accords ne profite guère aux Petites et moyennes entreprises camerounaises qui représentent plus de 90% du tissu économique local. Les seuls à en profiter sont  les grandes entreprises, qui exercent dans les secteurs de l’industrie agro-alimentaire (brasseries et fabrication des produits à base de céréales), des cimenteries, de l’énergie, des BTP, de la fabrication et la distribution des papiers). Ce qui fait dire au Minepat que «le tissu économique national étant en majorité constitué des Petites et Moyennes Entreprises, l’effet de l’APE sur l’activité économique reste peu perceptible, notamment en ce qui concerne la création d’emplois, l’accroissement et la diversification des exportations». Pour y remédier , il propose La négociation des clauses de rendez-vous sur le commerce des services et les investissements ; la tenue des focus group par secteur d’activité pour le suivi de la mise en œuvre des APE auprès du secteur privé ; le renforcement des capacités des Petites et Moyennes Entreprises (PME) pour qu’elles puissent mieux tirer parti des opportunités offertes par les APE ; le développement des programmes de formation et d’assistance technique pour accompagner les entreprises dans leur processus d’internationalisation et de conformité aux normes internationales.

Commerce extérieur: Le projet d’une Agence de Promotion des Exportations refait surface

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Dans son récent rapport sur l’économie camerounaise en 2023, le ministère de l’Economie de la Planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), donne des nouvelles de l’Agence de Promotion des Exportations (Apex). Prévue depuis 2002 dans le cadre de la charte des investissements, la mise en place de cette structure est en bonne voie, rassure le gouvernement. A en croire le Minepat, un projet de texte portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence de Promotion des Exportations a été transmis  aux services du Premier ministre, tout comme la Stratégie Nationale des Exportations. L’attention accordée à ce projet dans ce document d’une centaine de pages se résume à quelques lignes, qui ne précisent pas à quel moment les deux textes susmentionnés ont été soumis à l’appréciation du chef du gouvernement. 

Pourtant, en avril 2018,  lors de la conférence annuelle des responsables du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Narcisse Ghislain Olinga, alors sous-directeur des échanges commerciaux au ministère du Commerce, avait rappelé le rôle capital que peut jouer cette structure dans la dynamisation des exportations camerounaises. «Il y a nécessité, urgence même, de mettre en place l’Agence de promotion des exportations qui est prévue depuis 2002 dans le cadre de la charte des investissements. Cette agence devrait piloter et coordonner la politique nationale du commerce extérieur avec un déploiement qui serait véritablement tentaculaire. Elle s’occuperait des questions de financement, de dynamisation de notre appareil d’exportation». Selon nos confrères d’EcoMatin, cette suggestion avait même été consignée dans le rapport rédigé à l’issue de ladite réunion.

6 ans plus tard, on en est encore aux tractations relatives à la mise en place de l’Apex. Pendant ce temps, la balance commerciale camerounaise se maintient permanemment dans le déficit. En effet, Entre 2007 et 2020, le pays a perdu près de 8000 milliards de FCFA dans ses échanges économiques avec le reste du monde, indique le comité technique national de la balance des paiements qui s’est réuni à Yaoundé le 5 août 2021. Pour y remédier, le Cameroun devrait produire, transformer et exporter davantage pour rééquilibrer ses comptes extérieurs, notamment les avoirs de réserves. C’est d’ailleurs ce qu’il s’attelle à faire à travers la mise en œuvre de la politique d’import-substitution. Cependant, cette politique lancée officiellement en 2021 n’a pas encore un impact significatif. A titre d’illustration, les données rendues publiques par l’Institut national de la statistique (INS), indiquent qu’au 4ème trimestre de 2023, le déficit de la balance commerciale du Cameroun s’est accentué de 531,7 milliards de FCFA. Soit une chute de 94,5% par rapport à la même période en 2022 où il était de 273,3 milliards de FCFA.

Suspension du «Bôme François»: 3500 emplois menacés

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Le promoteur de François Santé en costume bleu recevant une distinction en compagnon de ces collaborateurs

Dans une lettre adressée le 21 mai 2024 à François Desiré Ekouma Ananga, promoteur de l’entreprise «François Santé», le ministre de la Santé Publique demande l’arrêt de la production et de la commercialisation de «Bôme François», son produit phare. Dans le même document, le membre du gouvernement précise que cette mesure sera effective jusqu’à «la mise en conformité et la régulation technique et administrative de l’usine de fabrication de cette pommade, ainsi que son circuit de distribution».

Collaborateurs aux abois

En attendant l’arrimage à ces prescriptions gouvernementales, les 3500 distributeurs [d’après des chiffres révélés par le promoteur] qui collaborent avec la société «François Santé», et qui percevaient 40% des bénéfices issues des ventes journalières [selon les données fournies par François Santé] sont aux abois. « Je suis commerciale du bôme François depuis deux ans (2 ans) et je m’en sors très bien. Je parviens même à économiser dix mille francs CFA (10 000frs) par jour en plus de mes dépenses journalières. Pour moi la société François santé est comme une deuxième famille, et j’y resterais jusqu’à ma mort » déclare Bofia Nicole commerciale distributrice de «bôme François». Il va sans dire que la décision de la suspension de «Bôme François» sur le marché, provoque indéniablement un goût amer pour ces commerciaux qui y trouvaient un moyen de s’en sortir financièrement. « Actuellement, je n’ai pas d’autres travail qui me génèrent de l’argent. Travailler pour François santé est ma seule source de revenus. En attendant que la situation se normalise, je compte vivre de mes économies (…) je sais quand même que notre papa François ne nous laissera pas ainsi et fera tout son possible pour normaliser la situation », affirme Bofia Nicole, commerciale de Bôme François.   

Arrimage aux normes

 Les craintes et les espoirs de Bofia Nicole sont certainement parvenus aux oreilles de François Ekouma qui dit ne ménager aucun effort  pour se conformer aux normes exigées par le ministère de la Santé Publique. Le tout premier chantier qu’il compte entamer est celui de la restructuration du mode de distribution de Bôme François. « Les distributeurs qui sont mes partenaires, mes collaborateurs et moi sommes en train de réfléchir sur une nouvelle stratégie marketing pour que les consommateurs soient au courant du nouveau produit et efficacement orienté vers celui-ci. Comme on a commencé avec un système de réseau, ce même système va continuer à la différence que cela ne sera plus à la criée mais les distributeurs seront déployés par agence, avec une zone de travail bien déterminée qu’ils couvriront. C’est dire qu’à chaque agence, il y aura des commerciaux fixes au point de vente. », A-t-il indiqué. Bien plus, pour rassurer le ministère de la Santé sur le nouveau produit, la société François santé compte envoyer ses producteurs et distributeurs suivre des formations de délégués médicaux, ce qui permettra à ceux-ci de maîtriser le langage pharmaceutique nécessaire pour rassurer les consommateurs. «Les commerciaux et distributeurs qui sont présents, doivent se transformer en délégués médicaux, même s’il faut leur faire suivre une formation pour qu’ils jouent leur rôle normalement», révèle-t-il.

Cette suspension va sans aucun doute créer un manque à gagner énorme pour la structure qui n’a pas eu le temps de se préparer à une telle éventualité. Cependant, d’après François Ekouma, le ministère de la Santé lui a permis d’écouler totalement l’ancien stock préalablement fabriqué pour que les pertes financières ne soient pas très grandes. Ce n’est qu’après cela, qu’il pourra introduire sur le marché, le nouveau «Bôme François» conforme aux exigences du Minsanté et de l’Ordre des pharmaciens. Cela bien que «l’ancienne formule ait subi les tests nécessaires de toxicité à l’Institut de recherches médicales et d’études de plantes médicinales (Ippm)», a-t-il assuré, tout en précisant que le seul défaut visible de ses produits réside au niveau de l’étiquetage qui n’est pas explicite au niveau des caractéristiques des composants du produit et leur dosage.

Lancé il y a 3 ans, Bôme François a connu une ascension fulgurante en plein covid-19 grâce aux valeurs thérapeutiques vantées par son concepteur. A en croire ce dernier, son produit est, de nos jours, distribué dans les 10 régions du Cameroun.

Bamio Monique (stagiaire)

Minsep-Fecafoot : la crise emporte deux entraîneurs de football

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Alors que l’on s’achemine vers le début du regroupement des Lions indomptables prévu le 3 juin 2024, les premières victimes collatérales de la guerre entre le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) sont tombées ce soir du 29 mai. Narcisse Tinkeu, entraîneur de football spécialisé en préparation physique, a été affecté à Moloundou dans la région de l’Est. Pour sa part, David Pagou qui était mis à la disposition du ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, et qui était en service à l’université de Yaoundé, a été muté à Salapoumbé, toujours dans la région de l’Est. Le même jour, l’homme a été remis à la disposition de son administration d’origine par son employeur, avant l’acte d’affection.

Les deux entraîneurs de football ont en commun d’être des adjoints de Martin Ndtoungou Mpile, nommés par Samuel Eto’o le président de la Fecafoot, la veille par intérim, à la tête des Lions indomptables. Le nom du Narcisse Tinkeu n’avait jamais figuré dans les listes précédentes, jusqu’à ce que le président de la Fecafoot décide de se séparer de Marc Brys et ses collaborateurs, après le clash survenu mardi entre le patron de la Fecafoot et la délégation venue du ministère pour la réunion convoquée par la Fecafoot.

C’est un secret de polichinelle que ces deux nominations portent le signe d’une sanction pour  »indiscipline » de la part des deux hommes qui sont fonctionnaires du Minsep. Le pedigree des deux hommes laisse croire que l’un et l’autre sont plus utiles à la nation ailleurs que dans mes deux localités où ils ont été affectés.

Cela survient alors que le staff intérimaire nommé par Samuel Eto’o compte donner une conférence de presse ce jeudi 30 mai au Centre d’Excellence de la CAF à Mbankomo, près de Yaoundé.

Lions indomptables : Samuel Eto’o nomme un staff intérimaire

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Au terme d’une réunion nocturne du Comité d’urgence, la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a suspendu Marc Brys de ses fonctions d’entraineur sélectionneur des Lions indomptables. Emportant également les collaborateurs du technicien belge. En lieu et place, le Comité d’urgence de la Fecafoot nomme Martin Ndtoungou Mpile comme entraîneur par intérim. L’ancien entraîneur adjoint des Lions indomptables sera assisté de David Pagou qui figurait déjà comme lui dans l’acte de nomination du 9 mai dernier. Narcisse Tinkeu en est le préparateur physique. C’est le nouveau nom dans ce groupe créé dans la guéguerre qui perdure depuis le 2 avril dernier. Narcisse Tinkeu a déjà occupé ce poste dans le staff de l’équipe nationale A’ dirigée par le même Ndtoungou Mpile, et qui a conduit le Cameroun au Championnat d’Afrique des nations (CHAN) au Rwanda en 2016.

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Cela survient quelques heures après le clash verbal entre Samuel Eto’o Fils et la délégation venue du ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep). Convoqué pour une réunion à la Fecafoot, Marc Brys venu en compagnie de l’inspecteur général des services du Minsep et Cyrille Tollo le conseiller technique numéro 2 du même département ministériel seront empêchés d’accéder dans l’enceinte de la Fecafoot. Tout comme les collaborateurs de Marc Brys nommés par le ministre. Lorsqu’ils finissent par tous entrer, c’est pour une explication verbale violente avec le patron des lieux.

Au moment où la Fecafoot nomme un staff intérimaire, le ministère convoque une réunion de préparation des matches contre le Cap Vert (le 8 juin) et l’Angola (le 11 juin). Il est clair que les batailles vont se poursuivre jusqu’au premier match. Pour un blocage total ou un désistement d’une partie.

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