mercredi, juin 3, 2026
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Munitions saisies à Tchabal: Le suspect identifié, la destination connue…

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Deux jours après la saisie de 3144 munitions au poste de contrôle douanier de Tchabal, près de Ngaoundéré, le journal L’œil du Sahel annonce dans sa parution de ce 1er novembre 2024, que « le suspect est identifié». Il s’agit d’un caporal-chef de l’armée nationale, ayant pour prénom Charles, « affecté au Bataillon de Commandement et de Soutien de la Région militaire Interarmées N°4 (BCS4), puis mis pour emploi à la 4e Région militaire et détaché au Centre médical militaire/Centre d’entrainement et d’aguerrissement en zone sahélienne (CMM/Ceas) ». Un centre qui se trouve à Mindif, dans le département du Mayo-Kani, où l’homme réside. Les premières informations issues de l’exploitation de ce caporal-chef à la Sécurité militaire (Sémil) à Yaoundé, révèlent qu’« il passait par les toilettes de l’infirmerie pour se retrouver au magasin parce que ce n’est pas plafonné ». Cependant, si l’on sait que les munitions pour armes de guerre et pistolets automatiques avaient pour destination Yaoundé, l’on ignore pour le moment l’usage ou du moins les destinataires desdites munitions. En attendant d’y voir plus clair, le commandant de la 4e Région militaire interarmées, « le général de division Saly Mohamadou, a instruit à toutes les unités de son commandement, une comptabilité de la gestion de leurs soutes à munitions sur les quantités existantes et éventuellement les déficits », rapporte L’œil du Sahel.

Avant Tchabal, le bus de 70 places transportant les munitions, parti de Maroua pour Yaoundé, avaient déjà traversé six postes de contrôles douaniers, ainsi que des contrôles de police et de gendarmerie. C’est au cours d’une fouille de routine que les éléments de la mission Halcomi III sont tombés sur le pot-au-rose, dans la nuit du 27 au 28 octobre 2024. On apprend que les 3 144 sont composées de 3 000 munitions pour armes de type M21, 25 munitions de pistolets automatiques, 119 munitions pour AK47.

Pour mieux comprendre : 3 144 munitions saisies à Ngaoundere

Cette saisie survient dans un contexte marqué par des crises sécuritaires. Avec la secte terroriste Boko Haram dans l’Extrême-Nord, particulièrement sur la ligne frontalière avec le Nigéria, la guerre séparatiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et des incursions de rebelles centrafricains sur la frontière est. Avec par moments des explosions et des braquages et agressions de bandes armées dans les grandes villes que sont Douala et Yaoundé.

Finances Publiques : Les journalistes s’approprient les enjeux de la réforme comptable

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À Mbankomo, petite commune nichée à une trentaine de kilomètres de Yaoundé, les échanges du lundi 28 octobre résonnaient d’un élan nouveau entre les médias et le ministère des Finances : l’implication des journalistes dans les réformes financières au Cameroun. « Les hommes de média ont leur place dans les réformes financières », a souligné avec insistance le représentant du Programme supérieur de spécialisation en Finances publiques (Pssfp). Cette caravane de sensibilisation des acteurs sur la réforme comptable au Cameroun qui a réuni les journalistes spécialisés en économie, mettait en lumière un enjeu : informer sur la réforme comptable, plus précisément sur la mise en œuvre de la 3ème phase du Projet d’appui à la gouvernance financière (Pagfi 3). Lancé en juin dernier, son objectif est d’améliorer la gestion des finances publiques en contribuant aux actions de réformes menées aussi bien au niveau central qu’aux niveaux décentralisé et parapublic. Le Pssfp, en collaboration avec le Minfi, a organisé cet atelier dans le but de rendre les réformes financières accessibles et compréhensibles pour tous. Cette transparence ne se limiterait pas à la simple communication, mais inclurait la participation active des médias dans le suivi de l’évolution de ces changements. Pour le représentant du ministère, les journalistes jouent un rôle clé : « Les décisions et actions gouvernementales, communiquées par les médias, permettent à la population de suivre les réformes et d’en comprendre les impacts. »

PLUS DE 2 800 COMPTES OUVERTS DANS UNE DIZAINE DE BANQUES EN 2022

La journée a vu défiler sept thèmes majeurs qui structurent les réformes en cours, des bases de la réforme des finances publiques en zone CEMAC au cadre conceptuel de la comptabilité générale de l’État. Les participants ont exploré les nouvelles responsabilités qui incombent aux acteurs comptables, ainsi que les exigences de certification des états financiers. Un focus particulier a été mis sur le Compte unique du Trésor (CUT), un dispositif visant à unifier et contrôler les liquidités de l’État pour optimiser les coûts de transaction et raccourcir les délais de versement des recettes publiques. C’est ainsi que l’on apprend qu’en 2022, plus de 2 800 comptes ouverts dans une dizaine de banques accumulaient ainsi environ 600 milliards de FCFA, y compris les fonds des bailleurs, illustrant l’ampleur du défi de la centralisation. Dans un plan d’action structuré, le Cameroun se prépare à mettre en œuvre un nouveau CUT qui prendra en compte plusieurs lacunes identifiées. La première étape est l’élargissement du périmètre du CUT afin d’y inclure toutes les administrations publiques et leurs ressources. Cette centralisation impliquera également des sous-comptes spécialisés pour les recettes fiscales, douanières et domaniales, qui seront automatiquement centralisées dans le compte pivot du Trésor à la fin de chaque journée.

L’une des annonces est le lancement d’une nouvelle plateforme de gestion baptisée AMS/X, prévu pour novembre 2024. Ce système automatisé sera destiné à faciliter la gestion des comptes uniques du Trésor, en intégrant des fonctionnalités techniques avancées pour assurer la fluidité et la transparence des transactions financières. Parmi les étapes préparatoires, des spécifications techniques ont été élaborées, et des sessions de formation pour les administrateurs du système sont en cours afin de garantir un déploiement efficace. Une autre mesure phare de la réforme est le rapatriement des fonds publics dispersés dans les banques commerciales. Conformément à la Loi de finances de 2023, les comptes des entités publiques encore hébergés dans les banques commerciales et les établissements de microfinance devront être fermés au plus tard le 31 décembre 2025. Au-delà de cette formation, le Pssfp ambitionne de pérenniser cet élan de coopération. Pour les responsables de cette initiative, renforcer la participation citoyenne passe par des sessions régulières de concertation et des échanges directs avec les journalistes, devenus de véritables acteurs dans la diffusion des réformes.

Ces initiatives, espère le gouvernement, ne doivent pas se réduire à des actions isolées mais s’ancrer dans une dynamique constante, où chaque session s’ajoute aux précédentes pour construire une transparence durable. Cette réforme budgétaire, fruit d’un effort de concertation, vise à donner au Cameroun un cadre de gestion financière plus rigoureux et stable, afin de répondre aux défis de demain. Dans cet engagement pour une information claire et accessible, les médias jouent ici leur rôle de « quatrième pouvoir », soutenant l’État dans ses efforts pour une gouvernance financière moderne et tournée vers l’avenir.

Dr Edouard Georges Mballa Zambo , PCP/ Programme supérieur de spécialisation en Finances publiques (Pssfp)

« Les hommes des médias ont leur place dans cette réforme »

« Vous préférez rester dans vos publications hebdomadaires pour aborder certains sujets. Mais lorsque cela ne se concrétise pas, lorsqu’il n’y a pas d’effet déclencheur permettant à l’ordonnateur de prendre une décision, rien ne sera fait à leur égard. C’est déjà un bon début ! Aujourd’hui, les journalistes sont dans un cadre de concertation où ils ont reçu une invitation du ministre des Finances. Ce cadre est conçu pour qu’ils puissent faire des propositions et participer activement aux échanges. Les hommes des médias ont leur place dans cette réforme financière, tout comme la société civile, qui a développé divers mécanismes complémentaires pour contribuer à ce processus. Je crois que la balle est désormais dans leur camp. Le ministère des Finances, à travers son programme de sensibilisation à la réforme des finances publiques, a fait appel aux journalistes pour qu’ils s’approprient cette sensibilisation et en font une priorité partagée. Chacun d’entre eux représente une force pour la nation. Ils se surnomment affectueusement le « quatrième pouvoir ». Dès lors qu’ils sont désignés comme un pouvoir, ils ont un rôle significatif à jouer, quel que soit le rang dans cette hiérarchie symbolique. La réforme est là, et elle nous concerne tous. Elle est destinée à éviter certains dysfonctionnements. Dans les réformes, il existe plusieurs volets conçus pour garantir que notre pays reste debout, réactif aux signaux d’alarme lorsque quelque chose ne va pas. Chacun doit se positionner à sa place pour accomplir sa mission. Ainsi, au niveau des médias, les journalistes ont un rôle précis à jouer dans cette réforme. Le ministère des Finances a aussi ses propres responsabilités. Chaque ministère, chaque acteur, que ce soit le ministère de l’Économie ou celui de l’Aménagement du Territoire, a une mission spécifique dans ce projet de réforme. Et tout cela, pour quel objectif final ? C’est pour que, au bout du compte, le panier de la ménagère ressente un impact positif.»

BVMAC : les chiffres à la hausse en 2023

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Les compartiments des actions et des obligations enregistrent une performance croissante avec un nombre record de lignes obligataires cotées jamais atteint depuis la création de cette bourse sous régionale.

La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) vient de publier son rapport annuel  pour l’exercice 2023. Malgré un contexte économique international  difficile, avec un taux d’inflation  estimé à environ 7%, la BVMAC  enregistre des performances positives. Le  marché est resté dynamique autant sur le compartiment des actions que sur celui des obligations.

Sur le compartiment des actions, 28 527 actions ont été échangées contre 14 908 actions en 2022. La valeur des transactions est passée de 1,5 milliard FCFA en 2022 à 4 milliards FCFA en 2023. Une augmentation tirée principalement par l’action BANGE qui a réalisé à elle seule 60% de volume total échangé et 89% de la valeur totale transigée en 2023 contre respectivement 39% en volume et 81% en valeur réalisés sur l’année 2022.  On note aussi une forte contribution de  SOCAPALM (270 millions FCFA, +139%), LA RÉGIONALE BANK (56 millions FCFA, +54%) et la SCG-Ré (41 millions de FCFA).

Pour la deuxième année consécutive, LA RÉGIONALE BANK est le titre le plus échangé  avec 79 transactions sur un total de 243, soit 33% sur l’année.  Les deuxième et troisième places sont occupées par SOCAPALM (78 transactions) et SAFACAM (44 transactions).  Globalement, le volume de ce compartiment est en hausse de +91%. En termes de valeur, le compteur affiche une croissance de +168% tandis que le nombre de transactions  est à +30%.

Sur le compartiment « C », la BVMAC enregistre un nombre record de lignes obligataires cotées jamais atteint depuis sa création. Ce sont 7 nouvelles lignes qui ont été comptabilisées  en 2023 contre 2 lignes en 2022. En 2023, les valeurs enregistrées sur le compartiment « C »  étaient en effet constituées des Obligations souveraines de l’État Gabonais dénommées « EOG 6,25% net 2022-2028 », admises à la cote le 26 janvier 2023 pour un montant de 175 milliards FCFA. On y retrouve aussi les obligations ordinaires de la BDEAC baptisées « BDEAC 6% net 2022-2029 », admises à la cote le 15 février 2023 pour un montant de 111 milliards FCFA.  Les Obligations souveraines de l’État Tchadien « EOTD 6,5% net 2022-2027 » admises à la cote le 16 mars 2023 pour un montant de 100 milliards FCFA  et les Obligations souveraines de l’État du Cameroun dénommées « ECMR 2023 À TRANCHES MULTIPLES »  admises à la cote le 23 novembre 2023.

Le compartiment des titres de créance n’est pas en reste. Il a réalisé une bonne performance en termes de volumes échangés et valeurs transigées au cours de l’année 2023, soit respectivement une hausse en valeur relative de 58,52% et 136,10% contre (-91,59%) et (-93,93%) en 2022.Cela est dû à deux importantes transactions d’un volume de 800 000 titres réalisées le 15 mars 2023 sur les deux valeurs de la BDEAC, représentant 95,21% de la valeur totale transigée.

En somme, au cours de l’exercice 2023, 844 649 obligations ont été échangées pour 8 405 millions FCFA comparé contre 532 obligations transigées évaluées à 3 560 millions FCFA en 2022. La valeur des  obligations transigées en 2023 se situe donc à 8 405 millions de FCFA, soit une hausse de 136,10% par rapport à 2022.

Ce rapport de la BVMAC démontre un attrait croissant des investisseurs vis-à-vis des produits financiers.

 Réaction

 Henri Claude OYIMA, PCA de la BVMAC

 «  La BVMAC a réalisé des avancées significatives en 2023 »

« Tout au long de l’année 2023, la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) a réalisé des avancées significatives, dans un environnement régional en pleine mutation et un contexte mondial devenu de plus en plus résilient. L’optimisation des délais de traitement des demandes d’admission à la cote des instruments financiers émis par appel public à l’épargne a permis d’accueillir cinq (05) nouvelles valeurs sur ses deux Compartiments dont une introduction en Bourse sur le Compartiment Actions (SCG Ré) et quatre nouvelles admissions à la Cote de lignes obligataires de l’Etat du Gabon, de la BDEAC, de l’Etat du Tchad et de l’Etat du Cameroun. Plusieurs réformes, bénéficiant du soutien du Conseil d’Administration, ont été conduites avec l’approbation de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF). Il s’agit notamment de la mise en place d’un Indice Boursier baptisé ‘’BVMAC All Share Index’’ ; du passage de trois (03) à cinq (05) jours de cotation fixing par semaine (de lundi à vendredi), et de l’activation sur son infrastructure de négociation, des ordres dits « au marché » ou ordres au mieux (market order en Anglais), tout Compartiment confondu. »

Innovation: 4 start-upers camerounais récompensés par Total Energies

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 Pour leurs différents projets jugés innovants, ils bénéficient  d’une aide financière, d’une visibilité médiatique ainsi que d’un coaching dans le cadre de la célébration du centenaire de ce groupe français.

 Ils sont quatre jeunes camerounais qui ont été sélectionnés parmi 100 lauréats à travers  l’Afrique dans le cadre du Challenge Startupper. Pour la quatrième édition de cette compétition, TotalEnergies  récompense cette année 100 entrepreneurs dans 32 pays africains, pour célébrer son centenaire.

   Les lauréats du Cameroun sont Agnès Virginie Tjahe, Grace Tonye, Boaz Bangui et  Didier Dinamou lauréat panafricain grâce à son projet Diwa innovation. Chacun  bénéficie d’une dotation financière d’un montant d’environ 7100 euros soit 4,5 millions de FCFA. En plus de cette aide financière dédiée à soutenir le développement de leurs entreprises, les lauréats vont aussi recevoir un accompagnement personnalisé à travers un coaching et une communication pour donner de la visibilité à leurs projets.

Le challenge était ouvert aux jeunes entrepreneurs âgés de 18 à 35 ans ayant un projet ou une start-up de moins de trois ans. Quel que soit le secteur d’activité, le projet devrait avoir un impact positif sur la communauté et ou la planète.  Les 4 lauréats camerounais se sont démarqués dans un lot de plus de 800 candidatures. Les critères de sélection portaient entre autres  sur la réponse aux enjeux du développement durable, le caractère innovant, la faisabilité et potentiel de développement, ainsi que le respect de l’égalité homme/femme et l’inclusion des femmes dans le projet. « Cette nouvelle édition permet à TotalEnergies de réaffirmer sa volonté de promouvoir l’innovation et l’entrepreneuriat ainsi que son soutien au développement socio-économique des pays dans lesquels la compagnie est implantée en Afrique », écrit l’entreprise dans un communiqué.

Le jury local  était composé d’experts, de personnes issues du monde des startups, de responsables d’entreprises, d’acteurs locaux du développement durable et de représentants de TotalEnergies Marketing.

Depuis 2015, 365 lauréats ont ainsi été récompensés  et accompagnés dans le cadre de programme, à travers le monde parmi plus de 40.000 dossiers reçus.

 Réaction

 Patrocle PETRIDIS, DG  Total Energies  Marketing Cameroun

« Le challenge start-uppers répond aux besoins de l’entrepreneur qui démarre ses activités »

 « On y met  cet esprit pionnier et l’importance qu’a  l’innovation pour total énergies marketing Cameroun. Ce qu’il faut savoir c’est qu’on pense que le développement durable du continent africain passera par l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes. Donc, investir dans  le challenge start-uper c’est investir dans  l’économie de demain ainsi que le développement énergétique.  Les défis principaux pour les start up au Cameroun sont de trois ordres. Tout d’abord il y a l’accès au financement. Ensuite il y a la disponibilité des infrastructures, l’existence ou non des compétences spécifiques dont peuvent avoir besoin certaines entreprises pour se développer. L’avantage du challenge start-uppers  est qu’il permet de fournir finalement ces trois types de besoin qu’a l’entrepreneur lorsqu’il démarre. C’est à dire que d’une part, il y a le financement  puisque les gagnants ont reçu une certaine somme pour se lancer. Ensuite, il y a l’exposition qui est donnée également à ces entreprises par rapport aux médias mais aussi ceux qui sont sélectionnés au concours panafricain, auront une exposition sur tout le continent et on va les accompagner dans leur communication de manière à être encore plus visible pour leurs potentiels clients, et les potentiels investisseurs.  Et enfin il y a l’accès à l’ensemble du réseau des experts Total énergies qui va leur permettre de les conseiller,  que ce soit dans le marketing ou dans la finance pour  pouvoir justement évoluer et se donner les moyens de ces ambitions. L’objectif c’est vraiment de créer un cadre holistique qui leur permettra d’atteindre le sommet. »

Cameroun: Les dernières exigences du FMI pour clore le programme économique et financier 2021-2025

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Alors que le programme économique et financier (PEF) triennal entre le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI) était censé s’achever en juillet 2024, les autorités camerounaises et l’institution de Bretton Woods ont décidé de le proroger jusqu’en 2025. Selon un communiqué publié par le ministère des Finances en décembre dernier, cette extension vise à permettre la réalisation de réformes essentielles pour garantir une clôture réussie du programme, particulièrement sur des problématiques complexes telles que la maîtrise de la dette publique, la gestion des risques climatiques et la réduction de l’inflation.

UNE SÉRIE DE RÉFORMES À IMPLÉMENTER

Dans cette perspective, le Cameroun et le FMI ont défini plusieurs actions prioritaires pour finaliser ce programme. Elles figurent dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025-2027. Parmi celles-ci, la constitution et la gestion d’un Parc intercommunal d’engins de génie civil et d’hydraulique, sous la responsabilité du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunal (FEICOM). Ce projet qui fait l’objet d’une convention de prêt d’un montant de 97,2 milliards de FCFA en mai 2024, vise à renforcer les capacités des collectivités territoriales décentralisées (CTD) dans les secteurs stratégiques des infrastructures et de l’assainissement hydraulique.

Un autre projet crucial est le Programme de Développement Économique et Social des Villes Secondaires Exposées à des Facteurs d’Instabilité (PRODESV2). Ce dernier cible les villes de l’arrière-pays particulièrement vulnérables aux chocs socioéconomiques, dans un contexte où la stabilité des zones urbaines secondaires apparaît «comme une condition sine qua non au développement harmonieux du territoire», souligne le gouvernement Par ailleurs, les autorités camerounaises entendent poursuivre la mise en œuvre du Projet d’Appui à l’Accélération et à l’Approfondissement de la Décentralisation et du Développement Local (PAADD).

Ce programme, qui vise la promotion de la gouvernance locale, s’inscrit, selon le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), dans la continuité des actions engagées dans le cadre du Programme national de développement participatif (PNDP). L’objectif est d’intensifier la dynamique de la décentralisation et d’améliorer les services publics locaux.

 L’OPTIMISATION DES RESSOURCES PUBLIQUES, UN AXE CENTRAL

Au-delà des réformes sur la décentralisation et le développement local, le gouvernement camerounais place la gestion des ressources humaines et financières publiques au cœur de ses préoccupations. Un des projets phares en ce sens est l’opérationnalisation du SIGIPES 2, un système informatique dédié à la gestion intégrée des personnels de l’État et de la solde. Cette nouvelle version, qui devait être déployée en 2023, ne verra finalement le jour qu’en 2025, conformément aux prévisions du ministère des Finances pour la période 2025-2027.

En parallèle, la numérisation des procédures de passation des marchés publics, à travers la plateforme e-procurement, demeure un autre enjeu crucial pour le gouvernement. Cette réforme vise à rendre les appels d’offres publics plus transparents, efficaces et compétitifs. Sa «mise en œuvre constitue un levier important pour l’amélioration de la gestion des finances publiques», rappelle Yaoundé, qui précise par ailleurs que son implémentation est l’une des exigences majeures du FMI dans le cadre de l’optimisation budgétaire.

VERS UN CONTRÔLE RENFORCÉ DE LA DETTE ET DU DÉFICIT BUDGÉTAIRE

 La prorogation du programme PEF offre au Cameroun une opportunité de réajuster ses politiques budgétaires pour maintenir la viabilité de sa dette. Le gouvernement s’est engagé à réduire le déficit primaire hors pétrole à moins de 2 % du PIB d’ici 2024, tout en limitant l’encours de la dette publique à environ 40 % du PIB. En 2023, ce ratio avait atteint 45 %, mais les projections du FMI pour 2024 prévoient une réduction à 42 %, grâce à une gestion plus rigoureuse des finances publiques.

Selon un expert en économie contacté, «l’atteinte de ces objectifs exige des efforts considérables en matière de discipline budgétaire et de rationalisation des dépenses publiques. Le programme est ambitieux, mais il repose sur des leviers concrets, tels que l’amélioration de la collecte des recettes et la maîtrise des dépenses courantes»

UN APPUI FINANCIER SUPPLÉMENTAIRE POUR CONSOLIDER LES RÉFORMES

Le soutien financier du FMI, par le biais de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), a déjà permis au Cameroun de recevoir environ 345 milliards de FCFA depuis le début du programme en 2021. À la suite de la prorogation du PEF, le pays bénéficiera de 45 milliards de FCFA supplémentaires, portant ainsi le financement total à environ 770 milliards de FCFA sur l’ensemble du programme.

Une partie de ces fonds proviendra également d’autres partenaires financiers internationaux, comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union européenne. «Cette enveloppe permettra d’offrir une certaine marge de manœuvre budgétaire pour la poursuite des réformes, tout en assurant la mise en place des infrastructures nécessaires au développement local et à la décentralisation», souligne un expert

BVMAC en 2023: Entre progression des échanges et baisse de la capitalisation

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Le compartiment «Actions» a été marqué par une seule introduction en Bourse, celle de la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance (SCG-Ré) en janvier 2023, avec une capitalisation boursière initiale de 25 milliards de FCFA, dont 5 milliards de flottant. Cependant, la radiation de la société SIAT Gabon en février a entraîné une baisse de 32 % de la capitalisation boursière globale, qui est passée de 653 milliards à 445 milliards de FCFA. Cette diminution, conjuguée à une évolution modérée des autres titres, a contribué à une baisse de la capitalisation globale de 25,54 %, atteignant 461 milliards de FCFA en fin d’année contre 619 milliards en 2022.

Sur le plan des transactions, le marché actions a montré un dynamisme accru avec un volume échangé de 28 527 actions, soit une augmentation de 91 % par rapport à 2022. La valeur des transactions a également suivi une forte tendance haussière, atteignant 4 milliards de FCFA, soit une hausse de 168 %. L’action de la Banque Nationale de Guinée Équatoriale (BANGE) a dominé les échanges, représentant à elle seule 60 % du volume total et 89 % de la valeur des transactions, pour un montant total de 3,52 milliards de FCFA.

La Socapalm et la Régionale ont également montré des performances remarquables avec des valeurs échangées en hausse de 139 % et 54 % respectivement. Le compartiment obligataire a également connu une année dynamique avec l’admission de sept nouvelles lignes pour un encours total de 562 milliards de FCFA, en progression de 61 % par rapport aux 350 milliards de 2022. Ces nouvelles émissions incluent des obligations souveraines émanant des États du Gabon, du Tchad et du Cameroun, démontrant un regain d’intérêt pour le financement par la dette.

PERSPECTIVES ET DÉFIS DE LA BVMAC POUR L’AVENIR

 En janvier 2024, Louis Banga Ntolo, directeur général de la Bvmac indiquait que l’institution qu’il dirige, compte désormais six sociétés cotées sur le compartiment «Actions» de la Bvmac, avec une capitalisation boursière atteignant 460 milliards de FCFA, soit une progression notable par rapport aux moins de 150 milliards au moment de la fusion des deux bourses. Cependant, malgré cette croissance, ce dernier déplorait le fait que le marché peine à attirer les personnes physiques. Sur une population de plus de 60 millions d’habitants, seuls 8 512 possèdent un compte-titre, a-t-il souligné à l’époque.

C’est la raison pour laquelle bien que des progrès aient été réalisés, Louis Banga Ntolo a reconnu que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour dynamiser le marché et attirer une gamme diversifiée d’investisseurs. Ce spécialiste du marché financier sous-régional a déjà élaboré un « plan Marshall » visant à faciliter l’accès aux actifs financiers, en s’appuyant notamment sur les services de mobile money, très prisés en Afrique centrale. MOBILE MONEY : UNE SOLUTION POUR

DIVERSIFIER LA BASE D’INVESTISSEURS

Dans cette optique, Louis Banga Ntolo envisage de positionner le wallet, ou portefeuille électronique, comme un moyen de paiement des actifs financiers cotés. «Cela permettra de rendre accessibles les actifs financiers en Bourse à une large gamme de population, y compris ceux ne disposant que des wallets comme mode de paiement. Nous souhaitons profiter du taux de pénétration du mobile, qui est très élevé» a-t-il déclaré.

En facilitant l’utilisation des comptes mobile money pour l’achat de valeurs mobilières, Banga Ntolo espère multiplier le nombre d’investisseurs par 1 000. La monnaie électronique bénéficie par ailleurs d’un encadrement juridique de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), offrant ainsi une sécurité et une transparence accrues pour les utilisateurs.

FRACTIONNEMENT DES TITRES : VERS UNE ACCESSIBILITÉ ACCRUE

Outre l’intégration du mobile money, le directeur général propose une autre réforme majeure pour encourager l’achat d’actions cotées à la Bvmac : le fractionnement des titres. Cette approche consiste à diviser la valeur des titres pour réduire le coût unitaire et permettre ainsi à un plus grand nombre de personnes d’accéder aux actifs de grandes entreprises à un prix d’entrée faible.

 En janvier, Louis Banga Ntolo révélait que les actions cotées à la BVMAC oscillent actuellement entre 20 000 et 200 000 FCFA, des niveaux qui demeurent inaccessibles pour une large majorité d’investisseurs potentiels. Pour la mise en œuvre de cette réforme, des concertations avec les entreprises émettrices seront nécessaires. Le directeur général de la Bvmac envisage notamment une démarche de dialogue pour obtenir leur accord, car elles sont directement impliquées dans cette transformation en vue de renforcer l’inclusion financière.

VERS UNE MODERNISATION DU SYSTÈME DE COTATION

Par ailleurs, la BVMAC a lancé un appel d’offres pour une mission d’audit externe de son système de cotation. Selon Louis Banga Ntolo, l’objectif de cet audit est de garantir la conformité de la plateforme aux normes en vigueur et de renforcer la crédibilité de la place boursière. Actuellement, la BVMAC utilise une infrastructure de cotation, le NSC V900, développée par Euronext, mais qui n’est plus sous maintenance depuis plusieurs années.

L’audit visera donc à évaluer la conformité de cette plateforme, à identifier ses points forts et ses faiblesses, et à proposer des recommandations pour une optimisation. Le processus de cotation, la sécurité des systèmes informatiques, la gestion des risques et la conformité réglementaire font partie des points essentiels examinés dans cet audit.

Pour les responsables de la BVMAC, cet audit est crucial pour assurer la transparence et la fiabilité des opérations. «La fiabilité et la transparence du système de cotation sont essentielles pour garantir la confiance des investisseurs et la fluidité des transactions», a souligné Louis Banga Ntolo.

LES CHIFFRES DE 2024

Entre avril et juin 2024, les sociétés de bourse (SDB) opérant dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ont connu une baisse marquée de leur activité. Selon la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), le volume des transactions a chuté de manière significative, malgré une augmentation du nombre d’actions échangées.

En effet, au 2ᵉ trimestre 2024, le volume des transactions s’est effondré à 182 millions de FCFA, contre 14,27 milliards de FCFA au 1ᵉʳ trimestre, marquant une baisse de 98,7%. Paradoxalement, le nombre d’actions échangées a progressé, passant de 2 826 au premier trimestre à 3 895 au second trimestre (+27,45%). Au premier trimestre 2024, ce sont 82 transactions qui ont été effectuées par 13 sociétés de bourse pour un volume global de 1 570 945 titres soit une valeur 14,26 milliards de FCFA au premier trimestre 2024.

RSE:la fondation BGFI Bank va renforcer son appui à l’éducation et à la formation

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 C’est l’une des principales recommandations prises par le groupe à l’issue de ses conférences budgétaires tenues à Libreville au Gabon.

 En 2025, la fondation BGFI Bank entend faire mieux que par le passé pour soutenir  l’éducation et la formation à travers le continent. L’annonce  a été faite par la secrétaire exécutive de ladite fondation à l’issue des conférences budgétaires 2024 du Groupe qui se sont déroulées à Libreville au Gabon.   Il sera question d’ « élargir la portée de nos initiatives en ciblant des projets à grande échelle dans nos domaines clés que sont l’éducation et la formation », a indiqué  Manying Garandeau, évoquant les perspectives pour 2025. Les investissements annoncés  devront  avoir  des résultats concrets et mesurables, alignés sur les besoins des communautés et les priorités des ODD, a ajouté la secrétaire exécutive.

La fondation BGFIbank couvre plusieurs domaines d’intervention. L’éducation, la formation et la solidarité. Depuis 10 ans, ce sont plus de 100 projets qui ont déjà été soutenus par la fondation, plus de 120 bourses d’études octroyées pour 4 milliards de FCFA de subvention.

Sur l’axe éducation, les actions de la fondation BGFI Bank visent la scolarisation des enfants démunis, la rénovation et l’équipement d’écoles et de bibliothèques, la fourniture d’équipements scolaires, le financement des bourses scolaires, le financement de projets innovants dans le domaine de l’éducation etc.

Quant au volet formation,  la banque  soutient la formation professionnelle et l’insertion des jeunes, notamment des jeunes vulnérables. Ceci, en mettant un accent sur des projets visant à mettre en place des dispositifs adaptés pour répondre aux besoins de chacun. L’accompagnement à l’insertion professionnelle passe par le mentorat. La banque encourage donc l’excellence  scolaire dans le domaine scientifique et technique.

La fondation BGFI Bank est active dans 21 filiales du Groupe réparties dans 12 pays.  En dehors des actions de la fondation, la banque a passé en revue ses activités menées au courant de cette année, tout en se projetant pour 2025. «Ensemble, en alliant ambition, expertise et détermination, nous avons les moyens de propulser le Groupe BGFIBank vers de nouveaux sommets et faire de 2025, dernière étape de notre plan d’entreprise « Dynamique 2025 », une année d’excellence pour l’ensemble de nos parties prenantes »,  a indiqué Henri-Claude Oyima, PDG du groupe BGFI Bank.

Accidents de la route : Ngalle Bibehe veut lui-même contrôler la circulation des gros porteurs

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Face à la recrudescence des accidents de la route, le ministre des Transports (Mint) vient de prendre de nouvelles mesures anticipatives. Les opérateurs du secteur des transports en commun sont désormais tenus : « l’installation d’un système de gestion et de suivi centralisés du transport interurbain dans tous les véhicules effectuant le transport des produits divers ou dangereux , notamment les produits de carrière, les grumes, les hydrocarbures, et tout autre produit ». En clair, il s’agit d’un système de géolocalisation contrôlable par l’administration publique. « Les propriétaires de véhicules déjà équipés d’un système similaire devront se rapprocher de la direction des transports routiers pour vérification de la compatibilité et interconnexion avec le système agréé par le ministère des Transport», prévoit-il. En fixant le délai au 31 décembre 2024. Passé ce délai, « seuls ceux équipés dudit système seront autorisés à circuler», prévient le ministre Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe.

Par ailleurs le Mint prévoit un dispositif plus préventif et qui n’est pas contraignant au quotidien. Il s’agit de « la mise en place d’un mécanisme périodique efficace à l’endroit des conducteurs qui garantit un temps de repos, un recyclage en conduite défensive ainsi qu’un bilan médical d’aptitude à la conduite, sous l’encadrement des services techniques compétents» du ministère en charge des transports.

Cette mesure survient quelques jours après l’accident du quartier Mimboman à Yaoundé, qui a impliqué un camion transportant un conteneur. Lequel s’est renversé sur deux véhicules de petit calibre. Plusieurs autres camions et bus de transport en commun ont été impliqués dans des accidents non plus seulement sur le Triangle de la mort (axes Yaoundé-Douala, Douala-Bafoussam et Bafoussam-Yaoundé), mais sur plusieurs axes routiers de la République comme à Kombé sur l’axe Yaoundé-Ebolowa. Si les enquêtes prescrites par le ministère des Transports à chaque fois pointent très souvent le défaut technique des véhicules ou l’erreur humaine. D’où cette autre paquet de mesures envisagées par le patron des transports au Cameroun. L’Etat, lui, reste attendu pour la qualité des infrastructures de plus en plus décriée tant elles présentent un état de dégradation très avancé pour beaucoup de routes nationales, pour ne prendre que celles-là.

FRANÇOISE MBANGO ETONE : « Mener les jeunes vers ces professions du sport encore méconnues »

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FRANÇOISE MBANGO, fondatrice de l’Institut des Sports et de l’Education Physique Françoise Mbango (ISEP–FM)

Quels sont les débouchés professionnels disponibles pour les jeunes au sein de l’industrie sportive camerounaise ?

 Le sport regorge de nombreux métiers encore méconnus des jeunes. Ce camp de formation leur permet donc de mieux connaître ces métiers, de comprendre l’impact et l’importance d’une formation longue et académique, et de les encourager à se former et à s’engager dans l’entrepreneuriat dans ce domaine. Certains métiers dans le domaine du sport leur sont ainsi présentés pendant cette période de formation. Par exemple, la kinésithérapie, la médecine du sport, les experts en droit du sport, les négociateurs de contrats sportifs, la diététique sportive et les nutritionnistes spécialisés dans le sport. Ce sont des métiers variés qu’ils découvrent au camp, et cette exposition leur permet de choisir la voie de formation qui pourrait les mener vers ces professions encore largement méconnues. Comme nous l’avons vu tout à l’heure lors de la présentation, par exemple, la médecine est un domaine vaste, mais il existe une spécialisation dans la médecine sportive. Au-delà d’une formation généraliste, il est possible de se spécialiser dans ce type de métier. L’enjeu est d’abord de sensibiliser et d’informer les jeunes sur les possibilités de formation.

Le sport peut-il être un moteur de développement ?

Chacun d’entre nous, je pense, doit, d’une manière ou d’une autre, apporter un minimum, aussi modeste soit-il, pour justement contribuer à poser des bases solides pour que le sport devienne véritablement un moteur de développement et ait un impact concret sur l’économie. À ce titre, il m’a toujours semblé regrettable de ne pas pouvoir être utile à notre mouvement sportif, camerounais et africain, car je n’étais impliqué nulle part. Vous le savez sans doute : vous ne me voyez dans aucune structure ou initiative sportive, que ce soit au Cameroun ou en Afrique, malgré tous mes titres. Cependant, cela ne m’a pas empêché de trouver un moyen d’aider cette jeunesse et de soutenir notre sport camerounais.

Qu’est-ce que vous avez fait pour le développement du mouvement sportif camerounais ?

Après quinze années de sport de haut niveau et de nombreuses victoires, j’ai voulu mettre cette expérience au service de la nation et des jeunes. Au Cameroun, le sport est une véritable culture. Tout le monde aime le sport, pratiquants ou non, chacun apprécie une discipline et vibre pour le sport. C’est l’un des rares domaines où l’on peut vraiment rassembler les gens et créer une unanimité. On l’a vu à Paris (pendant les Jeux Olympiques, Ndlr), pendant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), et même tous les week-ends dans nos clubs locaux. Le sport reste un puissant vecteur d’unité. Dans cette optique, j’ai voulu être utile en transmettant ce que j’ai appris durant ces années et en laissant un patrimoine pour la jeunesse camerounaise et le mouvement sportif. J’ai donc créé le programme « African Jump », qui travaille dans trois secteurs d’activité. Le premier est évidemment le sport, où nous agissons principalement dans la détection et l’accompagnement des talents, ainsi que dans les activités spécifiques à ce domaine. Dans le secteur de l’éducation, j’ai développé deux projets. Le premier vise à encourager la jeunesse au bilinguisme en offrant des bibliothèques dans les écoles, projet que je mène depuis au moins huit ans dans plusieurs régions. Le second, plus ambitieux, est l’ouverture d’un institut d’éducation physique et sportive pour accompagner l’État dans sa mission de formation des jeunes aux métiers du sport. Cet établissement, l’Institut Françoise Mbango, est le premier à recevoir les agréments du ministère de l’Enseignement supérieur, pour la tutelle académique, et du ministère des Sports et de l’Éducation physique, pour la tutelle technique. Ainsi, nous sommes habilités à délivrer des diplômes d’État et comptons déjà trois promotions de diplômés en BTS, ainsi qu’une promotion en management des organisations sportives pour les licences, sous la tutelle de l’université de Ngaoundéré. Nous en sommes maintenant à notre cinquième année. J’ai ouvert cet institut de sport, qui entre maintenant dans sa cinquième année d’existence. Nous avons déjà eu trois promotions, dont 100 % en BTS, et la première promotion en licence de management des organisations, sous la tutelle de l’Université de Ngaoundéré. À l’institut, nous accueillons ceux qui sont qualifiés pour des formations de niveau supérieur, c’est-à-dire ayant le baccalauréat ou un niveau équivalent. Nous offrons plusieurs filières, comme celles des Sciences et Techniques des Activités Physiques et sportives (STAPS), qui forme des professeurs de sport et des entraîneurs sportifs, et le management du sport, qui prépare à la gestion des infrastructures sportives. J’ai également ouvert un centre de formation professionnelle, car j’ai constaté que beaucoup de jeunes passionnés par le sport ne possèdent pas le baccalauréat, condition nécessaire pour intégrer l’enseignement supérieur. Nous avons eu l’honneur de recevoir l’agrément du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, qui est venu aujourd’hui à l’Institut pour marquer son soutien. C’est une grande avancée dans ma carrière, car ce centre permet de lancer un programme de formation pour les jeunes. Nous avons compris que, pour beaucoup d’entre eux, les métiers du sport restent peu connus. Ainsi, en plus de former les athlètes, nous avons lancé une campagne de découverte des métiers du sport pour ceux qui souhaitent travailler dans ce domaine sans être eux-mêmes sportifs de haut niveau. Nous avons donc accueilli cette semaine le ministre de l’Emploi et la Formation professionnelle, ainsi qu’une cinquantaine de jeunes pour une formation de deux semaines, bien que plus d’une centaine soient venus. À l’issue de ce camp, ils auront une meilleure compréhension des possibilités professionnelles dans le domaine sportif et pourront envisager des formations spécialisées. De plus, nous développons constamment de nouvelles formations au sein de l’institut pour permettre aux jeunes de se former ici, au Cameroun, avec la perspective d’approfondir leurs connaissances à l’étranger par la suite.

Comment les sportifs de haut niveau peuvent-ils contribuer au développement du mouvement sportif dans leur pays ?

Je pense qu’il est important de montrer ce que l’on peut accomplir en tant que sportif de haut niveau, quel que soit notre parcours. Nous avons tous quelque chose à offrir à notre pays. Je suis fier d’avoir trouvé une voie pour contribuer, par l’expérience que j’ai acquise, au développement du mouvement sportif camerounais, avec l’espoir d’un soutien durable pour un impact réel.

Adamaoua : 3 144 munitions saisies

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La mission Halte au commerce illicite (Halcomi) ont effectué une saisie record au poste contrôle de Tchabal, dans le département de la Vina, région de l’Adamaoua. Les gabelous de cette mission ont saisi 3 144 munitions d’armes de guerre et de pistolets automatiques, dans la nuit du 27 au 28 octobre 2024. L’information a été rendue publique par Edwin Fongod Nuvaga, le Directeur général des douanes, au cours de la réunion hebdomadaire de service lundi dernier. On apprend de la communication des Douanes que ces munitions étaient dissimulées dans un bus de transport en commun parti de Maroua pour Yaoundé.

Le détail des munitions Saisies

Cela rentre dans le cadre des missions principales assignées à cette administration, dont le principal cadre de travail est de veiller sur les portes d’entrée du pays. Dans un contexte marqué par des crises sécuritaires dans le Golfe de Guinée, et surtout les deux guerres internes que mène le pays contre la secte Boko Haram et les séparatistes anglophones, la douane est plus que jamais impliquée dans les missions sécuritaires régaliennes de l’Etat. Et de plus en plus les armes et véhicules de contrebande sont saisis par les éléments d’Halcomi.

ie de la cargaison

La réunion que présidait le DG des Douanes lundi dernier portait sur la préparation de la session parlementaire de novembre dédiée à l’adoption du budget de l’Etat pour l’exercice 2025, ainsi que sur le suivi-évaluation des recommandations précédemment formulées et la présentation du monitoring des éléments de la taxation des marchandises. Dans la circulaire du président de la République fixant les orientations de la prochaine Loi de finance, Paul Biya a prévu en matière de politique douanière, « la lutte contre le blanchiment des capitaux et le crime organisé, la poursuite du renforcement de la démarche partenariale auprès de tous les acteurs de la chaîne logistique, ainsi que la réduction des coûts et délais de passage des marchandises ; l’amélioration continue de la gouvernance douanière, à travers la lutte contre les mauvaises pratiques ». Edwin Fongod a davantage sensibilisé ses collaborateurs sur le volet sécuritaire des prérogatives de son administration.

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