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Loi de finances 2025: six réformes au profit des entreprises

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Par Henri Kouam, expert en politiques publiques

Introduction

La loi de finance 2025 a été approuvée le même jour par le parlement pour un montant de 7 250,8 milliards de francs CFA pour le budget général et de 66,9 milliards de francs CFA pour les Comptes d’affectation spéciale (CAS). Par rapport à l’année dernière, ces montants accusent une augmentation de 0,5% pour le budget général et de 1,5% pour les CAS. Quelles sont les principales réformes du budget et quel impact cela aura-t-il sur le développement économique dans les années à venir ? Cet article décrit un bref aperçu des principales réformes du budget avec des implications possibles sur le développement économique local.

Des réformes favorables aux entreprises dans le budget 2025

Le budget 2025 prévoit un certain nombre de réformes favorables aux entreprises, destinées à stimuler l’activité économique et à améliorer le climat des investissements au Cameroun. Ces réformes portent notamment sur les incitations fiscales pour les PME, les droits de douane et le soutien à des secteurs spécifiques.

1. Exonérations fiscales pour les PME

Les PME bénéficient d’une période d’exonération fiscale de trois ans à compter du début de leurs activités. Cette exonération s’applique à l’impôt sur les sociétés, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et d’autres taxes locales susceptibles d’entraver leur croissance initiale (article

14, paragraphe 7 de la loi de finances). La CEPI a plaidé en faveur de cette réforme en 2025 car elle allègera la charge financière des nouvelles entreprises, leur permettant d’investir davantage dans leurs activités et de contribuer à la création d’emplois. En permettant à ces entreprises d’opérer sans le fardeau de l’impôt pendant trois ans, la loi vise à créer un environnement commercial plus dynamique qui peut stimuler la croissance et l’innovation dans divers secteurs.

2. Réduction des droits de l’importation sur les compléments alimentaires pour animaux

L’une des réformes notables est la réduction de 50 % de la valeur imposable à l’importation des compléments alimentaires pour animaux qui ne sont pas produits localement. Cette mesure vise à soutenir le secteur de l’élevage en rendant les intrants essentiels plus abordables pour les agriculteurs et réduire les couts exagérés liée à la guerre en Ukraine et son impact sur le secteur. Selon le titre 5 de la loi de finances, cette réduction s’appliquera aux vitamines, aux acides aminés essentiels et aux sels minéraux destinés à être utilisés dans les préparations d’aliments pour animaux. « Le Cameroun dépend encore beaucoup des importations de viande de bœuf et de poulet ; cette initiative devrait améliorer la productivité du bétail et contribuer positivement à la sécurité alimentaire du pays »

3. Soutien à la promotion de l’énergie verte

En cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) et l’Accord de Paris sur le climat qui nous impose de réduire nos émissions, le budget 2025 prévoit des dispositions

visant à promouvoir les énergies vertes. Les véhicules et motos électriques bénéficieront d’une réduction de 50% de leur valeur imposable pendant une période de 24 mois. Cette réforme est prévue dans la sixième section de la loi de finances et encouragera l’adoption de modes de transport respectueux de l’environnement tels que les vélos électriques déjà présents à Douala. En réduisant les droits d’importation sur les véhicules électriques et leurs composants, le gouvernement cherche à favoriser une économie plus verte tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles.

4. Simplifications du dédouanement

Le budget propose également des simplifications dans les procédures de dédouanement des marchandises importées. Plus précisément, la section onze décrit des mesures qui permettent de dédouaner les machines et équipements de génie civil utilisés dans les travaux publics sur la base de la valeur transactionnelle plutôt que de la valeur marchande. Cela accélèrera les délais des projets et réduira les coûts associés au développement des infrastructures publiques.

En outre, en simplifiant les procédures douanières, le gouvernement vise à attirer davantage d’investissements étrangers dans des projets d’infrastructures critiques. Ces réformes visent collectivement à créer un environnement plus propice aux opérations commerciales au Cameroun, stimulant ainsi la production locale et attirant les investissements étrangers.

5. Zéro droits de l’importation pour les intrants agricoles

La loi de finances prévoit des secteurs spécifiques exemptés de droits d’importation, ce qui peut avoir un impact significatif sur la dynamique économique locale. Par exemple, les intrants agricoles tels que les semences et les engrais sont souvent exemptés de droits d’importation afin de promouvoir l’agriculture nationale.

Conséquences :

 Encouragement de la production locale : en exemptant certains intrants agricoles des droits d’importation, les agriculteurs locaux sont incités à augmenter leurs niveaux de production.

 Stabilisation des prix : l’absence de droits d’importation peut entraîner une baisse des prix pour les consommateurs, car les producteurs peuvent répercuter les économies réalisées grâce à la réduction des coûts.

Concurrence accrue : les exonérations peuvent également favoriser la concurrence entre les producteurs locaux, qui peuvent bénéficier de coûts de production inférieurs par rapport à leurs concurrents étrangers.

Il est toutefois essentiel que le gouvernement surveille de près ces exemptions afin de s’assurer qu’elles n’entrainent pas de conséquences imprévues telles que des distorsions du marché ou une dépendance excessive aux produits importés. Nous devons également nous efforcer de stimuler la production locale pour assurer un développement équilibré du secteur.

6. Produits avec taux de TVA suspendu ou réduit par rapport à 2024

Le budget 2025 introduit des modifications des taux de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour certains produits par rapport à l’année précédente. Le tableau suivant résume ces modifications :

Catégorie de produitTaux de TVA 2024Taux de TVA 2025Changement  
Produits alimentaires de base5%Suspendu-5%  
Équipement agricole19,25%Réduit à 10%-9,25%  
Produits d’énergie renouvelable19,25%Suspendu-19,25%         

« La suspension ou la réduction des taux de TVA sur les produits alimentaires de base rendra les biens essentiels plus abordables pour les consommateurs, améliorant potentiellement le niveau de vie, tandis que la réduction de la TVA sur les équipements agricoles encourage les agriculteurs à investir dans des machines modernes, augmentant ainsi la productivité ».

Conclusion

Les ajustements apportés au budget 2025 reflètent une approche stratégique du gouvernement camerounais visant à stimuler la croissance économique par le biais d’allègements fiscaux ciblés qui soutiennent les secteurs essentiels. S’il est correctement mis en œuvre, le budget peut jeter les bases d’une croissance économique stimulée, d’autant plus que les prix des carburants ne devraient pas augmenter.

Eneo : le management va injecter 240 millions dans la mutuelle des employés en 2025

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La contribution du patronat  va  passer de 60 à 80 millions par mois dès cette année  pour faire face à des défaillances du GIC P Eneo qui constitue l’actionnariat du personnel au sein de l’entreprise.

 Le management d’Eneo Cameroun a décidé  de renforcer son soutien à la Mutuelle de Retraite Complémentaire des Agents Eneo et Démembrements (MURCAS).  Le Directeur Général de l’entreprise a annoncé une hausse dès cette année des injections mensuelles du patronat. «   La contribution patronale d’ENEO dans la MURCAS connaitra une augmentation de 20 millions de francs CFA par mois à partir de l’année 2025 », a déclaré Amine Homman Ludiye adressant les vœux de nouvel an à son personnel.

 Cette décision  intervient dans un climat morose qui règne au sein des salariés de l’entreprise mais aussi des retraités.Tous se plaignent en réalité de n’avoir pas reçu dedividendes  de  GIC-P-ENEO qui porte 5%  des parts  détenues par le personnel dans le capital de l’entreprise. Ce, alors qu’il leur avait été promis une rentabilité  correspondant  pratiquement au double de la valeur injectée par chacun. Mais depuis, aucun radis n’a été perçu.  On assiste surtout à une grogne des retraités qui voulant quitter le GIC  n’ont perçu aucun droit.   Pour rentabiliser  donc les  investissements du personnel dans le capital social d’Eneo, la mutuelle qui réunit plus de 3000 agents Eneo et des salariés d’autres acteurs du secteur de l’électricité, a décidé d’injecter des fonds dans le  GIC-P-ENEO. Ceci en reprenant notamment les parts de certains agents plus particulièrement des retraités  pour  ainsi les désintéresser. « Grâce aux analyses approfondies et options présentées par la Direction Générale, le GIC-P et ses instances de gouvernance sont en bonne négociation avec la MURCAS. L’objectif étant d’injecter des liquidités dans le GIC-P-ENEO pour lui permettre d’engager la sortie des non-actifs, d’une part, et d’autre part mettre en place un dispositif permettant la gestion des actionnaires actifs », explique Amine Homman Ludiye.           

En augmentant la part du patronat dans la mutuelle, l’administration d’Eneo va surtout donner un coup de pouce aux retraités. La mutuelle a en effet pour objectif premier de préparer la retraite des employés. Avec 20 millions supplémentaires par mois, la contribution du patronat va ainsi passer de 60 à 80 millions de FCFA.  Soit 240 millions de plus en 2025.  

 Mais il faut dire que la question de la gestion de l’actionnariat salarié d’Eneo reste préoccupante. Le collectif des organisations syndicales présentes au sein de l’entreprise se montrent très inquiet depuis l’annonce des négociations avec l’Etat pour le rachat des parts  du fonds britannique actis, actionnaire majoritaire. Une autre étape historique qui vient se greffer au passé douloureux de GIC-P-ENEO.  En effet, cette prise de participation du personnel dans le capital de la société, quoi que prévue dans le contrat de concession du service public de l’électricité au Cameroun de 2001, n’avait jamais été rétrocédée au personnel par AES, ancien concessionnaire. Ce  n’est qu’en 2017, à l’arrivée d’Actis que les salariés ont pris contrôle  de 5% du capital de l’entreprise.

D’autres défis actuels qui interpellent le management de l’entreprise sur la gestion des ressources humaines en 2025 sont entre autres,la poursuite de l’implémentation de la nouvelle convention collective de 2022 et  l’optimisation de l’assurance maladie.

Le Cameroun ouvre la voie aux importations massives de voitures électriques

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photo générée par l'intellignce artificielle

Dans le cadre de la loi de finances 2025, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier dernier, les importations de véhicules électriques bénéficient désormais d’un cadre fiscal favorable. Ces véhicules sont exemptés du droit d’accises, auparavant fixé à 12,5 % à l’importation. Par ailleurs, un abattement de 50 % sur la valeur imposable est appliqué, pendant une période de deux ans, sur les véhicules neufs à moteur électrique ainsi que sur leurs batteries et bornes de recharge. L’objectif est d’encourager l’adoption de moyens de transport plus respectueux de l’environnement, conformément aux ambitions gouvernementales de réduction des émissions polluantes.

Une mobilisation du secteur privé

Le projet de vulgarisation des véhicules électriques au Cameroun s’appuie en grande partie sur des acteurs privés, regroupés notamment au sein de l’Association pour la promotion de la mobilité électrique du Cameroun (Apeme-Cam). Fondée en 2023, cette organisation est dirigée par le président-directeur général de 3S Motors, en partenariat avec Patrocle Petridis, directeur général de Total Energies Marketing Cameroun, qui en assure la vice-présidence. Selon les prévisions de l’Apeme-Cam, les routes camerounaises devraient accueillir dès 2025 une flotte diversifiée de véhicules électriques, incluant des modèles à quatre, trois et deux roues.

L’entrée en scène des acteurs internationaux

Ce nouvel environnement favorable aux importations massives de véhicules électriques attire également l’attention des entreprises internationales, notamment chinoises, déjà bien implantées sur le marché des véhicules thermiques. Parmi elles, Songuo Motors, un géant de l’électrique, se positionne comme un acteur clé de cette transition.

Lors d’une visite officielle au Cameroun le 1ᵉʳ novembre dernier, des représentants de Songuo Motors ont rencontré le Premier ministre et le ministre des Transports pour finaliser les détails d’un projet ambitieux dont le but est d’introduire des taxis et minibus électriques dans les grandes agglomérations camerounaises. Avec un capital social de 500 millions de RMB (environ 42,6 milliards de FCFA), l’entreprise promet de révolutionner le transport urbain grâce à des véhicules à l’autonomie étendue et au coût d’exploitation réduit.

Ce projet, dont les investissements sont estimés à plusieurs dizaines de millions de dollars, devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects. Après une phase pilote réussie en 2023, Songuo Motors entend faire du Cameroun sa première base dans la zone Cemac, renforçant ainsi sa présence sur le continent après son implantation en Afrique du Sud en 2019.

Une transition encore semée d’embûches

Malgré cet enthousiasme, le secteur camerounais des transports demeure dominé par les véhicules thermiques. En 2023, les importations de voitures neuves se sont chiffrées à 3 753 unités, contre près de 30 000 véhicules d’occasion, majoritairement des modèles anciens et très gourmands en carburant.

En outre, les défis pour intégrer durablement les véhicules électriques dans le paysage local sont nombreux. Ils incluent l’absence de tests et d’homologations pour ces véhicules, le manque d’infrastructures de recharge adaptées, ou encore la formation insuffisante des professionnels sur les spécificités techniques des batteries et bornes de recharge. Par ailleurs, la disponibilité en énergie électrique reste un enjeu majeur.

L’Etat veut économiser 5 milliards de FCFA chaque année en réduisant sa consommation d’électricité

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C ’est en 2019 que le gouvernement s’est résolument engagé dans une politique ambitieuse d’efficacité énergétique. Après plusieurs études et programmes initiés par le ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee), souvent sans résultats concrets, une collaboration stratégique a été nouée avec l’Organisation Internationale de la Francophonie. L’objectif principal de ce partenariat est de permettre à l’État de s’assurer qu’il paie le juste prix de sa consommation électrique dans les bâtiments publics à court terme et pour l’éclairage public à moyen terme.

Dans ce cadre, des équipements comme des serveurs, des postes clients (ordinateurs) et le logiciel Vsoft — conçu pour la vérification, l’optimisation et la facturation — ont été acquis dès 2023. Ce dispositif technologique a permis, l’année suivante, d’initier un contrôle approfondi et une optimisation des factures d’électricité du secteur public.

UNE SURCONSOMMATION DÉMESURÉE RÉVÉLÉE

Dans le détail, un audit exhaustif mené sur 267 abonnés en moyenne tension (MT) sur les 428 identifiés au 31 décembre 2023 a révélé une surévaluation des puissances souscrites par l’administration publique. Alors que les besoins réels en électricité ne dépassaient pas 17 MW, l’État avait contracté des abonnements totalisant 56 MW, soit plus de trois fois la consommation nécessaire.

Pour remédier à ce gaspillage énergétique et financier, Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie, a instruit Eneo, l’opérateur chargé de la distribution d’électricité, de ramener ces puissances souscrites à un niveau correspondant aux besoins réels. Cette mesure a permis à l’Etat « d’économiser 624,7 millions de FCFA sur sa facture d’électricité entre décembre 2023 et février 2024 », a révélé le membre du gouvernement devant les députés en décembre dernier.

DES ÉCONOMIES PROMISES À CROÎTRE

Selon les projections du gouvernement, ces économies devaient atteindre 2,4 milliards de FCFA à la fin de l’année 2024. « L’État avait souscrit à des abonnements d’électricité largement supérieurs à ses besoins réels. Par exemple, il payait pour une puissance totale de 56 MW, alors qu’il n’en utilisait que 17 MW. Cette situation équivalait à gaspiller de l’argent public. Grâce aux ajustements opérés par Eneo en 2024, l’État ne paie désormais que pour ce qu’il consomme réellement, soit 17 MW », explique une source proche du dossier.

En généralisant cette politique à l’ensemble du territoire, le gouvernement espère réduire ses coûts énergétiques de 10 % à 20 % par an, soit des économies annuelles estimées entre 3 et 5 milliards de FCFA. Gaston Eloundou Essomba conditionne cependant l’atteinte de ces objectifs à la mise en œuvre rigoureuse de plusieurs actions dès 2025. Il s’agit notamment d’optimiser les postes Moyenne tension (MT) clients état par l’installation de batteries de condensateurs ; d’assainir le fichier des abonnés MT et basse tension (BT) par une collecte de données techniques contradictoires et opposables à Eneo ; d’analyser les factures BT pour l’ensemble des 16 846 abonnés de l’état ; de vérifier la cohérence des index de facturation et des calculs à l’aide du logiciel Vsoft ; de déployer des mécanismes d’optimisation de l’éclairage public.

UNE DETTE QUI PÈSE SUR LES RELATIONS ENTRE L’ÉTAT ET ENEO

Ces initiatives, si elles sont bien appliquées, pourraient mettre fin aux tensions récurrentes sur la dette entre l’État et Eneo. Actuellement, selon les estimations officielles, l’État doit à Eneo environ 120 milliards de FCFA, tandis que la dette totale de l’entreprise envers ses créanciers atteint 489 milliards de FCFA. De son côté, Eneo réclame à l’État des arriérés évalués à 266 milliards de FCFA depuis 2022, dont 60 milliards au titre de l’éclairage public. Cependant, ces montants restent sujets à controverse. Eneo affirme que le différend sur l’éclairage public découle d’un manque de moyens de comptage fiables, une raison avancée par l’État pour contester certaines factures.

Elecam : Titi Nwel est mort

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Elections Cameroon (Elecam) est en deuil. Pierre Titi Nwel est mort. Le membre du Conseil électoral s’est éteint cette nuit, des suites de maladies, apprend-on. La nouvelle est confirmée par des sources concordantes, confirmées en interne par des sources internes à Elecam.

Une des dernières sorties public de l’homme était en novembre 2020. Pierre Titi Nwel et Dorothy Njeuma avaient été commis par le conseil électoral dans la région du Littoral, pour sensibiliser les acteurs électoraux de a région. En prélude aux élections régionales. A l’occasion, Titi Nwel avait invité les acteurs électoraux « à respecter sans haine ni passion, le verdict des urnes ». Depuis, l’homme est encore plus effacé. La délégation avait beaucoup sensibilisé les chefs traditionnels car ces derniers allaient rentrée officiellement dans le champ politique, puisque intégrés dans l’appareil institutionnel.

Coïncidence

Né le 1er novembre 1940 à Matomb dans la région du Centre, Titi Nwel état titulaire d’un doctorat en sociologie soutenu à l’université de Paris X (Nanterre). Après avoir enseigné entre 1973 et 2012, le Pr Titi Nwel s’est engagé dans la société civile. Il est membre fondateur de la Fondation pour l’éducation et la promotion des personnes déficientes auditives. L’ancien séminariste, a été particulièrement engagé aux côtés d’autres acteurs de la société civile, dans la création d’une commission électorale citoyenne indépendante en 2011, avant d’être nommé à Elecam. La coïncidence fait que Titi Nwel décède le jour même où il était attendu sur ce même terrain du Littoral, pour la même cause : la tournée dans les départements, au sujet des inscriptions sur les listes électorales.  

Décidément, l’ange de la mort rode à Elecam. Il y a à peine trois mois l’organe était doublement frappé. Le 26 septembre 2024, décédait Pierre Roger Efandene Bekono des suites de maladie. Alors qu’Elecam essayait de se relever du coup, quelques jours plus tard, notamment le 6 octobre 2024, mourait Mana Nschwangele, lui aussi membre du Conseil électoral, des suites de maladie, à 82 ans.

Crise au Noso : Une des clés à solutions s’est cassée

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Le Pr Abouem à Tchoyi est mort ce 15 janvier 2025. Au-delà de sa famille nucléaire, la disparition « subite » de l’ancien secrétaire général de la présidence de la République affecte particulièrement la commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme où l’homme était en fonction depuis xxx, comme simple membre. L’ancien gouverneur de la province du Nord-Ouest y a été nommé par un décret présidentiel. C’est un chorus d’hommages qui saluent la mémoire d’un homme a priori effacé mais qui était une mémoire précieuse pour le Cameroun tout entier. A propos, Jean Robert Waffo, secrétaire à la communication du Front pour le changement au Cameroun (FCC), regrette la mort d’un homme qui « aurait pu être un acteur extrêmement important et stabilisateur». En rapport avec la crise séparatiste qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis bientôt neuf ans déjà, dans sa phase armée.

C’est que, David Abouem à Tchoyi était un des derniers membres encore vivants de la commission jadis mise sur pied par le président Ahmadou Ahidjo, pour creuser la question anglophone » et trouver des solutions à la mauvaise humeur qui se dégageait déjà dans les cœurs et les esprits des Camerounais de l’ex Cameroun occidental, jadis placé sous mandat de la Société des nations (SDN), puis sous tutelle de l’Organisation des Nations unies (ONU), et administré à cet effet par la Grande Bretagne. Après le passage du statut d’Etat fédéral sous la dénomination République fédérale du Cameroun, le pays dirigé par Ahmadou Ahidjo changera de statut en 1972 après le référendum qui donna lieu à la République unie du Cameroun. Tournant ainsi le dos aux Accords de Foumban de 1961 qui fondirent l’Etat fédéral. Des sources historiques disent que les conférenciers de Foumban avaient convenu d’une résolution non écrite de la rotation du pouvoir entre francophones et anglophones. En adoptant l’Etat unitaire, le premier président remettait ainsi en question cette clause. Un parachèvement de l’Etat unitaire dont le processus avait déjà subrepticement été engagé avec les projets d’unification des années 60, comme l’adoption par fusion des différents partis politiques jadis en vigueur au pays, pour l’Union camerounaise devenue en 1965 Union nationale camerounaise (UNC).

Solution en six points

Des regards impuissants vont assister à cette évolution, mais des voix inaudibles vont tout de même dénoncer ce virage. C’est le cas de l’Union des populations du Cameroun (UPC), parti d’opposition contraint au maquis par le pouvoir de Yaoundé. Parti qui à sa naissance avait prévu d’abord la réunification puis l’indépendance des deux Camerouns. Mais a été contraint à fonctionner dans la clandestinité. C’est ainsi que le ressentiment de certains compatriotes nostalgiques de l’époque anglaise mais surtout, la peur d’une fusion qui effacerait le legs de la culture anglo-saxonne, vont nourrir une « frustration étouffée.

C’est dans l’optique de trouver des solutions à ce problème naissant qu’Ahidjo avait créé une commission dans laquelle se retrouvaient entre autres Abouem A Tchoyi, Dorothy Njeuma et un certain Paul Biya. D’où la sortie épistolaire d’Abouem A Tchoyi au déclenchement de la phase guerrière de la crise dans le Nord-Ouest et el Sud-Ouest. L’ancien gouverneur du Nord-Ouest et du Sud-Ouest attirait l’attention de Paul Biya à son devoir face à une situation qu’il connaissait assez bien. Et lorsque le président de la République crée la Cpbm le 23 janvier 2017, il nommera le 15 mars de la même année à son ancien acolyte de la commission chargée de résoudre ce conflit. Ce dernier qui venait de lui proposer six points pour résoudre le problème.

Sauf que la clé n’était pas destinée à la porte centrale de la maison. Sept ans aaprès, la clé de la porte secondaire s’est cassée. A 81 ans. Avant même que la principale n’ait pu réussir sa mission de premier plan. Un certain 15 janvier 2025, jour de son anniversaire. En effet, l’ancien administrateur civil est né le 15 janvier 1944 à Kribi.

A lire aussi: Mieux connaître Abouem à Tchoyi

La CSPH va investir 12,8 milliards de FCFA pour la construction de deux centres d’emplissage de gaz

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Le 31 décembre 2024, la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (CSPH a lancé un appel d’offres pour la construction d’un centre de stockage et d’emplissage de gaz de pétrole liquéfié (GPL) à Kumba, dans le département de la Meme, région du Sud-Ouest.

Avec un budget total de 6,4 milliards de FCFA, réparti sur deux exercices budgétaires (2024 et 2025), les travaux s’étaleront sur une période de 24 mois dès réception de l’ordre de service. Trois candidats, préalablement qualifiés à l’issue d’un appel à manifestation d’intérêt lancé en novembre 2024, sont en lice pour ce projet. Il s’agit des entreprises Amob Sarl, le Groupement Reapfields Resources LTD et Kraftmaster.

Avant cette étape, le 16 décembre 2024, la CSPH a également dévoilé les résultats d’un appel d’offres pour la construction d’un centre de stockage et d’emplissage de gaz à Mvila-Yeminsem. Le projet, dont le coût global atteint 6,2 milliards de FCFA, a été attribué à Parlym Cameroun pour le lot I, avec un contrat de 5,9 milliards de FCFA. Le lot II, d’un montant de 339,7 millions de FCFA, a été confié au groupe Mazal et associés. Pour les deux projets, la durée des travaux est de 24 mois

En attendant le lancement effectif des travaux à Ebolowa et Kumba, la CSPH prévoit d’inaugurer, avant la fin de l’année 2025, le centre emplisseur de gaz domestique de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest. Cette annonce a été faite le 16 février 2024 par le directeur général de la CSPH, Okié Johnson Ndoh, lors d’une visite de chantier.

Ces infrastructures, en plus de garantir un accès équitable à une énergie essentielle, visent à réduire les surcoûts liés à l’éloignement des centres de distribution actuels. À ce jour, le prix réglementé d’une bouteille de 12 kg est de 6 500 FCFA, mais il atteint parfois 10 000 FCFA dans les zones reculées, notamment en raison des frais de transport.

Des impacts environnementaux positifs

Au-delà de l’aspect économique, les centres d’emplissage jouent un rôle clé dans la préservation de l’environnement. En augmentant l’accès au gaz domestique, ils contribuent à limiter l’utilisation du bois de chauffage, principale source d’énergie dans de nombreux ménages. Cette pratique favorise la déforestation dans le sud et accélère la désertification dans le septentrion.

Selon le ministère des Forêts et de la Faune, le marché camerounais consomme chaque année des volumes de charbon représentant une valeur de 17 milliards de FCFA. Cette dynamique, bien que lucrative, constitue une menace environnementale majeure selon plusieurs ONG.

Garoua: Italiens et espagnols en compétition pour un projet de construction de 220 logements sociaux

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En septembre dernier, la Société immobilière du Cameroun (SIC), bras opérationnel de l’État en matière de construction et de gestion des logements sociaux, a lancé un appel à manifestation d’intérêt international. L’objectif était de recruter des prestataires proposant des technologies innovantes pour réduire les coûts et les délais de réalisation, en vue de la construction de 220 logements sociaux au quartier Kollere-Bornouans, à Garoua, dans la région du Nord.

À l’issue de ce processus, deux entreprises étrangères, disposant de représentations locales, ont été présélectionnées pour exécuter ce projet ambitieux. Il s’agit de Selip Spa, un acteur italien reconnu, et de Pablo & Nathalia Holding Group, un groupe espagnol. Les deux prétendants s’affronteront lors d’une nouvelle phase de sélection lancée par la SIC le 23 décembre 2024, sous forme d’un appel d’offres international restreint.

Le contrat, estimé à 12,3 milliards FCFA, couvre la construction de 17 immeubles R+4 : cinq immeubles de type 1 comprenant chacun 20 appartements T4, et douze immeubles de type 2 avec chacun 10 logements T4 modulables en T3. Le projet inclut également les voiries, les réseaux divers, ainsi que des aménagements extérieurs. Son financement sera assuré par le budget d’investissement de la SIC pour les exercices 2025 et suivants.

Un projet en gestation depuis 2018

Les logements sociaux du quartier Kollere-Bornouans ne datent pas d’hier. En 2018, Gabriel Bengono, alors directeur général de la SIC, avait visité le site prévu pour accueillir ce projet destiné théoriquement aux ménages les moins aisés. À l’époque, l’ambition initiale était de construire 700 logements sur une superficie de 4,5 hectares

Industrie: le centre technique agroalimentaire fait la promotion de ses activités

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 L’institution créée en 2016 avec pour mission d’apporter l’assistance technique aux entreprises du secteur de l’agroalimentaire en vue de l’amélioration de leur compétitivité reste peu connue.

Le Centre Technique Agroalimentaire (CTA-CAM) se dévoile au public. L’institution basée à Douala a ouvert ses portes à la presse le 9 janvier dernier. Objectif, se faire davantage connaître par l’opinion publique.

En effet, ce Groupement d’Intérêt Economique (GIE) , quoi qu’existant depuis 2016, reste effacé. Il est désormais question de se mettre au-devant de la scène pour faire valoir ses missions. Né novembre 2016,  le CTA-CAM est une institution de droit privé investie de missions de service et d’intérêt publics, bénéficiant de l’appui de l’Etat et ses partenaires au développement tels que  l’Union Européenne. Le CTA-CAM est issu d’un Partenariat Public Privé, signé entre l’Etat du Cameroun représenté par ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire et le secteur privé représenté par le président du Comité d’Orientation dudit Centre.

Le CTA-CAM a pour principale mission d’apporter l’assistance technique aux entreprises du secteur de l’agroalimentaire en vue de l’amélioration de leur compétitivité dans les domaines  de l’ évaluation et amélioration de la qualité des produits ; l’évaluation et amélioration des procédés technologiques ; bonnes pratiques d’hygiène et bonnes pratiques de fabrication ; mise en œuvre des normes et règlements techniques agroalimentaires ; veille commerciale, technologique et normative ; analyses et essais des matières premières et produits finis etc. Sont concernés par cet accompagnement les acteurs économiques de la production, de la transformation, du transport, de la distribution, de l’importation ou de l’exportation, de l’emballage ou du conditionnement, du stockage.

L’assistance technique aux PME des 08 branches du secteur de l’agroalimentaire  porte entre autres sur l’adoption des normes, de bonnes pratiques d’hygiène (BPH) et de fabrication (BPF) L’amélioration de la qualité des produits, la modernisation des procédés technologiques. Cet accompagnement  selon les responsables du CTA CAM,  vise à permettre un accroissement des exportations au niveau sous régional, régional ainsi que vers l’Union Européenne. Ce qui va aider les PME locales à capter des devises et des parts de marché dans la ZLECAF notamment.  

 Le centre propose des formations  régulières sur des thématiques telles que l’étiquetage et  le packaging, les exigences normes ISO 17025 ; les techniques de transformation et de conservation de produits agroalimentaire etc.

Le CTA-CAM dispose par ailleurs en son sein,  des laboratoires d’analyses microbiologiques, d’analyses physicochimiques et caractérisation sensorielle. Ce qui permet de faire des analyses pour l’autocontrôle des entreprises ; pour le contrôle officiel des entreprises et la certification de conformité, des analyses de recherche & développement ; des analyses pour le contrôle des matières premières,  des produits semis finis et des produits finis.

Le CTA CAM travaille également pour la protection de l’espace économique à travers l’accompagnement des acteurs de la chaîne de la sécurité sanitaire des aliments, pour s’assurer de la qualité des produits mis à la consommation du secteur de l’agroalimentaire.  Il élabore toute étude et prospection pour le développement et la promotion des exportations, assure la coordination avec les groupements interprofessionnels du secteur agroalimentaire dans toutes les actions concourant au développement du secteur,  la réalisation de toute expertise et analyse qui peut lui être confiée par l’Etat, les professionnels, les tribunaux et les particuliers dans le cadre de ses missions…

A ce jour, le CTA-CAM compte 50 membres et partenaires dont 28 membres fondateurs, opérant toutes dans sept des huit filières que compte le secteur agroalimentaire du Cameroun, deux chambres consulaires : la Chambre d’Agriculture, de l’Elevage, des Pêches et des Forêts du Cameroun (CAPEF) et la Chambre de Commerce, de l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat du Cameroun (CCIMA).

Réaction

 Jacquis KEMLEU, président du Comité d’Orientation du CTA CAM

« Nous avons déjà accompagné près 66 acteurs et on a impacté près de 900 »

« Aujourd’hui, nous avons déjà accompagné près 66 acteurs et on a impacté près de 900. Des organismes tels que le PNUD, l’UE, la FAO nous font confiance parce qu’on fait un travail de fourmis et dans le silence. Le CTA travaille dans la neutralité. Donc ce sont les consommateurs qui lorsqu’ils sentent que quelque chose ne va pas où les producteurs qui nous interpellent. Très souvent, le produit qui perturbe l’espace marchand est simplement amené au dépôt du  centre.  Et grâce à son grand laboratoire, rapidement on vous donne l’évaluation de ce produit. Il est important de savoir que cet outil existe et travaille à l’amélioration de la qualité et la mise à niveau et l’accompagnement du management ainsi qu’un rôle de veille. On a un besoin de protection de l’individu, un besoin de protection de l’économie nationale et même de l’environnement. Par ce que quand vous produisez, les eaux que vous rejetez par exemple, il faut qu’on s’assure qu’ils ne  contiennent pas des éléments limitativement  prévus qui puissent nuire à la santé.»

225 milliards de FCFA et 9 ministères pour lancer la budgétisation sensible au climat en 2025

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La Banque Mondiale veut mobiliser 13 000 milliards pour l'Afrique

Le Cameroun va pour la première fois intégrer la Budgétisation Sensible au Climat (BSC) dans sa loi de finances. En 2025, cette approche ambitieuse va mobiliser un montant de 225,3 milliards FCFA, soit 12,13 % du Budget d’Investissement Public (BIP), pour financer des actions adaptées aux enjeux climatiques. L’objectif est de mesurer et renforcer l’impact climatique des investissements publics, tout en honorant les engagements nationaux et internationaux en matière de développement durable.

Neuf ministères pilotes, soigneusement sélectionnés, sont au cœur de cette réforme. Le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee), avec 109,2 milliards FCFA, et celui de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), avec 44,6 milliards FCFA, concentrent l’essentiel des financements. Le ministère des Travaux Publics (Minee) et le ministère des Transports (Mint) figurent également parmi les principaux bénéficiaires, aux côtés des ministères de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), et des Forêts et de la Faune (Minfof).

Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded) et celui de la Santé publique (Minsante) complètent la liste. Ces ministères vont concentrer leurs efforts sur trois axes prioritaires : l’adaptation aux changements climatiques (47,57 % des dépenses), leur atténuation (51,85 %) et la préservation de la biodiversité (0,57 %).

Pour 2025, le gouvernement prévoit d’élargir la portée de la BSC. La réforme intégrera progressivement les dépenses de fonctionnement, tout en augmentant le nombre d’administrations concernées afin de couvrir l’ensemble des dépenses publiques, avec comme cadre de référence, le document budgétaire sensible au climat, annexé à la loi de finances 2025.

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