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Filière blé : L’Irad va bénéficier en 2025 d’une subvention présidentielle annoncée il y a 3 ans

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Devant les députés réunis en session ordinaire en décembre dernier, Madeleine Tchuinte, ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation (Minresi), a annoncé une nouvelle d’importance pour le secteur agricole. Selon la ministre, une enveloppe de 4 milliards de FCFA, représentant la première tranche de la subvention présidentielle de 10,3 milliards de FCFA, sera mise à disposition de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) en 2025.

Cette dotation spéciale, ordonnée par le Chef de l’État en juillet 2022, devait initialement être échelonnée sur cinq ans, avec un premier décaissement de 3 milliards dès 2022. Selon le calendrier défini dans une correspondance signée par Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la Présidence de la République, les autres tranches prévoyaient 2,75 milliards en 2023, 3,1 milliards en 2024, 1 milliard en 2025 et 450 millions en 2026. Cependant, aucune des sommes prévues pour les trois premières années n’a été versée. Ce n’est que trois ans plus tard que l’on évoque le déblocage d’une première tranche, réévaluée à 4 milliards de FCFA.

Un impact immédiat sur les initiatives agricoles

Ce retard a certainement freiné les efforts de relance de la culture du blé au Cameroun. En effet, le soutien financier de Paul Biya visait exclusivement à promouvoir à grande échelle, la culture de cette céréale. Mandaté pour piloter le projet, l’Irad devait concentrer ses ressources sur la production de semences de pré-base et de base, indispensables pour des rendements élevés et une relance effective. Pourtant, selon le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) pour la période 2024-2026, l’institut n’avait produit aucune semence de blé de cette variété en 2022, bien qu’il prévoyait une production de 500 tonnes dans un délai non précisé.

Malgré tout, dans son bulletin électronique d’information publié en mars 2024, l’Irad annonçait que des semences de pré-base, adaptées à la zone agroécologique soudano-sahélienne, étaient en cours de production à la station du Centre de recherche agricole de Maroua. En parallèle, dans les régions de l’Adamaoua, de l’Est, du Centre, du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Sud et du Sud-Ouest, des préparatifs tels que le choix des sites, la délimitation des parcelles, et la préparation des semences étaient en cours pour produire des semences de base, établir des champs de démonstration et effectuer des essais multi-locaux.

Cette initiative bénéficie également du soutien du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, qui a annoncé en 2023 un investissement de 500 millions de FCFA. Ce financement vise la mise en place de cinq fermes semencières (Wassandé, Bansoa, Avangane, Bangourin et Bambui), couvrant une superficie totale de 200 hectares et une production annuelle prévue de 600 tonnes de semences.

Des résultats encourageants, mais insuffisants

Les premiers résultats de ces initiatives commencent à apparaître. Lors de la présentation des vœux de nouvel an aux personnels de son ministère, le 17 janvier 2024 à Yaoundé, Madeleine Tchuinte a révélé que l’Irad avait mis au point 22 variétés de blé adaptées aux cinq zones agroécologiques du Cameroun. « Quatre de ces variétés sont égales ou supérieures au blé ukrainien », a-t-elle précisé. Selon la ministre, les champs pilotes de production de semences de blé, établis entre 2022 et 2023 sur une superficie de plus de 200 hectares, ont permis de produire environ 8 000 tonnes de semences.

Par ailleurs, 200 nouvelles variétés de blé sont actuellement en phase d’expérimentation à l’Irad pour répondre aux besoins spécifiques des zones agroécologiques. Ces variétés sont conçues pour être climato-intelligentes, résistantes aux maladies, à l’acidité des sols et à la sécheresse.

Cependant, malgré ces avancées, les perspectives restent sombres. Dans le Piisah, le gouvernement admet que « la production envisagée reste largement en dessous des 900 000 tonnes nécessaires pour satisfaire la demande ».  Conséquemment, l’État propose Comme alternative, la substitution progressive de la farine de blé, principal substrat entrant dans la fabrication du pain et d’autres denrées très prisées par les camerounais, par des farines issues de la transformation des tubercules telles que le manioc et la patate, « qui présentent des meilleures perspectives de production », argue le Piisah. A titre d’illustration, les simulations réalisées par le gouvernement indiquent que pour la période 2023-2025, «il est attendu une production de 195 750 tonnes de farine de manioc et 24 525 tonnes de farine de patate », contre «2 856 tonnes de farine de blé ».

Pour vulgariser cette alternative, le Cameroun a décidé dans la loi de finances 2025 en vigueur depuis le 1er janvier 2025 d’exonérer de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) les farines produites localement. D’après un document explicatif de la Direction générale des Impôts, cette mesure devrait induire la réduction des prix de ce produit sur le marché de 19,25%.

Une dépendance coûteuse aux importations

Pour rappel, les importations de blé au Cameroun sont passées de 618 000 tonnes en 2017 à 966 400 tonnes en 2021, soit une hausse de 42 %. Ces importations ont coûté environ 839,6 milliards de FCFA au cours des cinq dernières années, selon des données du commerce extérieur. En 2022, le pays a importé environ 920 000 tonnes de blé pour une facture estimée à 260 milliards de FCFA. En 2023, bien que marquées par une baisse de 31,6 % en glissement annuel, les importations de blé ont encore coûté 178,3 milliards de FCFA.

Cameroun-France : Macron reçoit le rapport du contentieux historique

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Restitution des travaux de la commission mixte

Les choses se précisent pour la « restitution » de la vérité dans le contentieux historique entre le Cameroun et la France. Le rapport du volet recherche et les propositions artistiques du volet culturel de la « Commission mixte franco-camerounaise pluridisciplinaire sur le rôle et l’engagement de la France au Cameroun dans la lutte contre les mouvements indépendantistes et d’opposition entre 1945 et 1971 » a été remis au président Français Emmanuel Macron dans la journée du 21 janvier 2025. L’information a été rendue publique par la présidence de la République française. Le communiqué de l’Elysée indique que la cérémonie a eu lieu « en présence d’une délégation camerounaise menée par le directeur du Cabinet civil de la présidence de la République camerounaise (Samuel Mvondo Ayolo, Ndlr), et du ministre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux, M. Thani Mohamed Soilihi ».

Sanglantes luttes indépendantistes

Dans ce communiqué, il est précisé qu’Emmanuel Macron a précisé que, « conformément à l’engagement pris à Yaoundé en juillet 2022, les archives françaises ont été rendues entièrement accessibles aux chercheurs de la Commission, afin de faire la lumière sur les événements de la période de l’indépendance camerounaise». Et que le successeur actuel du général De Gaulle « a tenu à saluer le travail scientifique mené par les chercheurs, tout comme le caractère inédit de cette première commission mixte et indépendante d’historiens et d’artistes ». Et surtout « rappelé son attachement à la poursuite du travail de mémoire et de vérité initié avec le Cameroun».

La suite prévoit « la restitution des travaux de la Commission mixte qui se poursuivra au Cameroun ». Selon les informations de Radio France international (RFI), ce sera la semaine prochaine. C’est après cette phase que l’opinion publique connaitra le contenu des travaux de la commission mixte coprésidée par l’historienne française Karine Ramondi et l’artiste musicienne camerounaise Blick Bassy.

La mise sur pied de la Commission mixte a été annoncée au cours de la visite du président français au Cameroun en juillet 2022. Dans le cadre de la quête de vérité souhaitée et même exigée par les nationalistes camerounais. Il est question de fouiller dans le passé « colonial » du Cameroun, pour établir notamment la responsabilité de la France, administratrice d’une partie du territoire camerounais pour le compte de la Société des Nations (SDN), puis de l’Organisation des Nations unies (ONU), dans la violente répression des luttes indépendantistes.

Touboro : Des hommes armés enlèvent un chef traditionnel

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Emmanuel Ropala, le chef enlevé

Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2025, Emmanuel Ropala, chef de 3ème degré du quartier Bitiou à Touboro, chef-lieu du département du Mayo-Rey, région du Nord, a été enlevé par des hommes armés non identifiés. Selon les informations du quotidien L’œil du Sahel, « les assaillants ont infiltré la concession nuitamment et lui ont tendu une embuscade à l’entrée de sa chambre, attendant l’heure idoine pour passer à l’action ». Le propriétaire des lieux n’est pas vite rentré. Mais ses visiteurs qui l’attendaient à l’entrée de sa chambre sont restés patients. « Il est rentré aux environs de 22h. Bien qu’ils lui aient tendu une embuscade dans des points stratégiques de la concession de façon à pouvoir le prendre à tout moment, ils l’ont laissé ouvrir le portail et entrer dans la concession. C’est lorsqu’il a voulu accéder à sa chambre qu’ils se sont rués sur lui et se sont emparés de lui. Ils l’ont maîtrisé et traîné avec eux », rapporte le journal, citant Gilbert Waliang, fils de ce chef. Sous les yeux de son épouse qui fondant en larmes, les suppliait de laisser son mari. « Elle a beau crier et les suivre jusqu’à la périphérie de la ville en les suppliant de relâcher son époux, ces criminels sont restés de marbre face à ses supplications. Ils ont menacé de la tuer si elle ne rebroussait pas chemin. Ne pouvant leur tenir tête, elle a fait demi-tour…», poursuit Gilbert Waliang. Depuis lors, l’on est sans nouvelles du chef du quartier Bitiou.

Peur

L’otage avait été prévenu, apprend-on. Ses ravisseurs lui avaient exigé de l’argent, menaçant de l’enlever. «Ces gens l’avaient appelé dans la journée et lui avaient proféré des menaces, mais le chef n’y avait pas cru. Ils n’en étaient pas à leur premier coup. Ils l’ont toujours appelé et proféré des menaces de ce genre, mais ils ne sont jamais passés à l’acte. Nous pensons que le chef a cru qu’il s’agissait d’une de leurs blagues. Il se disait probablement qu’il s’agissait d’arnaqueurs cherchant à lui extorquer de l’argent », renseigne Djouldé Maïna, voisin du chef enlevé.

Depuis le retour de la saison sèche, il y a une recrudescence de prises d’otages dans l région de l’Adamaoua et le département frontalier du Mayo Rey. Des informations font état d’hommes lourdement armés qui arpentent les rues et les brousses des localités du Mayo-Rey depuis plusieurs semaines, volant des bens et enlevant des personnes pour par la suite demander des rançons. « Tout porte à croire que nous sommes des laissés pour compte », s’inquiète Jacques Nguéléodi, habitant de Touboro. Lequel invite le gouvernement à investir les lieux pour rassurer les populations apeurées. C’est pourtant dans cette localité que le ministre de la Défense avait passé la nuit de la Saint Sylvestre.

Import-Substitution : Africa Processing Company va transformer 8000 tonnes de cacao par an

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Le Cameroun, reconnu pour son cacao de grande qualité, accueille un nouvel acteur dans la transformation de cette ressource prisée. Il s’agit de Africa Processing Company SA, une jeune industrie, qui a officiellement lancé ses activités le 15 janvier dernier, à Mbankomo, dans la région du Centre. Cet événement a réuni de nombreuses personnalités, notamment Fuh Calistus Gentry, ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique. Implantée sur un hectare, Africa Processing Company SA propose un plateau technique ayant une capacité de production de 8000 tonnes par an, réparties entre 6000 tonnes de produits semi-finis et 2000 tonnes de produits finis. Cette performance se traduit par un chiffre d’affaires annuel de plus de 500 millions de FCFA.

L’arrivée d’Africa Processing Company SA. renforce un secteur déjà dominé par des mastodontes tels que SIC Cacaos (Barry Callebaut), Neo Industry et Atlantic Cocoa. « Nous sommes dans le premier bassin de production de cacao au Cameroun, nous sommes à la fois en première et en deuxième transformation, nous servons les industries et nous servons les consommateurs finaux », a déclaré Lisette Claudia Tame Njambe, directrice générale de la société. Et de poursuivre : « Notre particularité c’est que nous sommes la seule industrie de ce genre, installée dans la région du Centre Cameroun réputée pour être la première en termes de production de fèves de cacao à travers le pays pour plus de 51% de la production nationale. Nous avons réalisé tout ceci pour moins de 637 millions de FCFA et nous sommes déjà capables de faire un chiffre d’affaires à dix chiffres. En termes d’emplois, nous en sommes actuellement à 61 postes directs et 247 indirects ».

RENFORCER LA PRÉSENCE DU MADE IN CAMEROON SUR LE MARCHÉ MONDIAL

Ainsi, l’entreprise propose une gamme variée de plus de 15 produits industriels destinés aux industries agroalimentaires et cosmétiques, aux boulangeries et aux pâtisseries. La poudre de cacao naturelle et alcalinisée, le beurre de cacao, la masse de cacao. Mais aussi, des produits finis destinés à la consommation directe, à l’instar de la pâte à tartiner ; des sticks de pâte à tartiner ; de la crème dessert ; de la compote de cacao-banane ; de l’ananas et des dattes enrobées, ainsi que du charbon écologique. Bref, « des produits pour tous les âges et toutes les bourses, avec un prix d’entrée de 25 FCFA », a précisé Lisette Claudia Tame Njambe, Directrice générale de la société.

Elle a partagé son enthousiasme en rappelant le chemin parcouru pour concrétiser ce projet. Ancienne responsable dans une confiserie, elle a transformé un rêve en une réalité ambitieuse. « Nos chocolats incarnent l’ardeur au travail et la finesse du cacao camerounais, » a-t-elle déclaré. Africa Processing Company SA prévoit d’étendre ses activités sur l’ensemble du territoire national et de renforcer la présence des produits « Made in Cameroun » sur le marché mondial. Avec une approche axée sur l’innovation et la qualité, cette entreprise s’inscrit dans la dynamique de transformation industrielle du Cameroun, contribuant à faire du cacao camerounais un produit phare sur la scène internationale.

 METTRE EN VALEUR LES RESSOURCES LOCALES

Ce nouvel acteur ambitionne de devenir le leader de la transformation secondaire au Cameroun. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une hausse des cours mondiaux du cacao, avec des prix atteignant un record de 6300 FCFA par kilogramme lors de la campagne 2023-2024. L’implantation de cette usine à Mbankomo symbolise également une volonté de décentralisation et de valorisation des ressources locales. Lors de l’inauguration, le ministre Fuh Calistus Gentry a félicité la promotrice pour son engagement et exhorté les producteurs à maintenir une qualité élevée des fèves. L’installation de cette usine, symbole de l’expansion de l’industrie camerounaise, est une source de fierté pour l’État du Cameroun et la filière cacao, dont certaines mesures de réorganisation commencent déjà à porter leurs fruits. « C’est un encouragement à l’endroit de toute la jeunesse pour suivre le président de la République dans cette notion d’import-substitution, qui grandit chaque jour au Cameroun, non seulement dans le secteur agro-alimentaire, mais aussi de la transformation du bois » a indiqué Fuh Calistus Gentry Selon les autorités, la mise en concurrence accrue entre les broyeurs pourrait bénéficier directement aux producteurs en améliorant les prix d’achat des fèves.

En 2023, 29,5% de la production nationale de cacao a été transformée localement, soit 73 236 tonnes de produits dérivés exportés, dont 49 411 tonnes de pâtes de cacao et 23 825 tonnes de beurre de cacao. La filière cacao génère environ 627 400 milliards de FCFA par an, selon le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt). La filière de transformation du cacao, quant à elle, génère des revenus de plus de 150 milliards de FCFA, selon l’Institut national de la Statistique.

Insécurité Alimentaire : Près de 3 millions de personnes menacées de famine

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Le Cameroun se confronte à d’importants défis en matière de sécurité alimentaire et de perturbations climatiques qui impactent gravement la production agricole. Selon l’analyse du Cadre harmonisé des zones à risque et l’identification des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle au Cameroun pour la période d’octobre à décembre 2024, entre juin et août 2025, 9,64% de la population camerounaise, soit 2,7 millions de personnes, pourraient être en insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë. Parmi elles, 231,003 personnes pourraient se trouver en situation d’urgence et 2,5 millions en situation de crise. Le document élaboré par le Programme national de veille et de renforcement de la sécurité alimentaire (Pnvrsa) indique en outre que 20% de la population totale, soit 5,5 millions de personnes, devraient être en phase 2, c’est-à-dire sous pression. Les principaux indicateurs ayant alimenté l’analyse du Cadre harmonisé proviennent de l’Enquête nationale sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (Ensan) réalisée sur l’ensemble du territoire du 8 au 17 septembre 2024 auprès de 13,275 ménages et 885 villages ou quartiers.

LES PRINCIPALES CAUSES

Les principaux facteurs déterminants enregistrés pendant cette période incluent les inondations dans la région de l’Extrême-Nord, particulièrement sévères dans les départements du Logone & Chari et du Mayo Danay, ainsi que les poches de sécheresse accrue dans les départements du Mayo Louti et de la Bénoué. La persistance de la crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du SudOuest, les enlèvements avec demande de rançon dans le Mayo Rey et l’Adamaoua, ainsi que les incursions sporadiques de Boko Haram dans les départements du Mayo Sava, du Mayo Tsanaga et du Logone et Chari ajoutent à la complexité de la situation. De plus, les attaques des chenilles légionnaires sur les céréales, dues aux poches de sécheresse dans la Bénoué et le Mayo Louti, et la hausse généralisée des prix des denrées alimentaires en raison de l’augmentation du prix du carburant, aggravent encore la situation. D’octobre à décembre 2024, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) a constaté une situation alimentaire globalement positive dans 17 départements (phase minimale).

Cependant, dans 28 départements, la situation restait acceptable mais sous pression, et se dégradait sérieusement dans 13 départements en phase de crise. Parmi ces derniers, cinq se trouvent dans le Sud-ouest (Kupe-Manenguba, Lebialem, Manyu, Meme, Ndian), quatre dans le Nord-Ouest (DongaMantung, Menchum, Momo, NgoKetunjia) et quatre dans l’Extrême-Nord (Logone et Chari, Mayo Danay, Mayo Sava, Mayo Tsanaga). Pour la période projetée de juin à août 2025, le Minader prévoit une amélioration de la situation alimentaire dans 28 départements (phase minimale).

Néanmoins, 21 départements resteront sous pression, et la situation pourrait encore se dégrader dans 9 départements en phase de crise, principalement situés dans l’Extrême-Nord (Logone et Chari, Mayo Danay, Mayo Sava, Mayo Tsanaga, Mayo Kani), le Nord-Ouest (DongaMantung, Menchum, Momo) et le Sud-Ouest (Ndian).

L’URGENCE DE CONCEVOIR DES PLANS DE RÉPONSE

 Pour améliorer la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages vulnérables ainsi que les futures analyses du Cadre Harmonisé, la cellule nationale recommande de développer et de mettre en œuvre des programmes d’urgence visant à fournir une assistance alimentaire et nutritionnelle immédiate aux populations en insécurité alimentaire aiguë, en particulier celles touchées par les inondations et l’insécurité civile. Elle préconise également de concevoir des plans de réponse pour protéger les moyens de subsistance des populations vulnérables, de faciliter l’accès des humanitaires aux interventions d’urgence dans les zones difficiles d’accès, et de renforcer les actions de prévention et de gestion de la malnutrition à travers des plans de réponse actualisés.

Par ailleurs, le gouvernement est invité à actualiser les plans de contingence dans les localités régulièrement touchées par des chocs climatiques, à rendre opérationnel le dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires et nutritionnelles, à soutenir les activités de contre-saison et celles générant des revenus pour les populations vulnérables, à maintenir une surveillance sur les attaques potentielles des ennemis des cultures et sur les ressources en eau dans les zones de cultures de contre-saison, ainsi qu’à renforcer les capacités des membres du Cadre National Harmonisé et des systèmes d’information nationaux. Des actions doivent aussi être menées pour consolider les pré-cadres harmonisés, assurer un financement pérenne pour la collecte de données et l’organisation des analyses, et renforcer l’Office Céréalier pour constituer des stocks de sécurité et réguler les prix des céréales.

Justice : Alice Nkom était à la gendarmerie nationale

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Cette fois-ci aura été la bonne. Me Alice Nkom s‘est rendue à la gendarmerie nationale. L’avocate et présidente du conseil d’administration du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) a déféré ce 20 janvier à la convocation du Service central de recherches judiciaires (Scrj) du Secrétariat d’Etat à la défense (SED), pour répondre des accusations de « financement du terrorisme »terrorisme portées contre elle par Lilian Maurice Koulou Engoulou, coordonnateur de l’Observatoire du développement sociétal (ODS). Selon Me Méli Hyppolite, conseil d’Alice Nkom, « elle a répondu à toutes les questions et nous attendons la phase des confrontations». Promettant que « l’opinion sera informée des suites».

Avant celle de ce 20 janvier, Me Alice Nkom avait déjà été convoquée au moins deux fois par le préfet du Wouri, aux fins de répondre des faits de bris de scellés sur les portes du Redhac par l’autorité administrative, à la suite de la suspension du Redhac et d’autres organisations non gouvernementales et associations par le ministre de l’Administration territoriale (Minat). Alice Nkom avait décliné les convocations, pour vices de procédures. Puis une autre affaire s’est déclenchée dans le couloir de la justice militaire, suite aux accusations portées par l’ODS contre la PCA du Redhac, de « financement du terrorisme ». Pour le 13 janvier dernier. Alice Nkom avait sollicité un report en raison de la coïncidence avec son 80ème anniversaire. La justice militaire a cédé et renvoyé au 20 janvier 2025.

La suite prévoit une confrontation entre les parties. C’est une étape très importante, qui devrait permettre certainement d’en avoir le cœur net. Entre temps, Me Emmanuel Simh, avocat et vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et Edith Kah Wallah, présidente du parti politique CPP, ont saisi la justice militaire pour exiger de comparaitre aux côtés d’Alice Nkom, pour avoir pris part aux activités citées par Lilian Koulou, pour soutenir ses accusations. Activités qui se sont tenues en Allemagne, il y a quelques années.

Trafic d’ivoire : un pasteur et deux complices pris en flagrant délit

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Emana, un quartier de Yaoundé en émoi : un pasteur arrêté pour trafic d’espèces protégées. Le 18 décembre dernier, ce pasteur pentecôtiste, respecté de ses fidèles, a été arrêté pour cette activité criminelle inattendue. Cette affaire a secoué les esprits et mis en lumière les ravages du commerce illégal d’ivoire. Cachées dans un sac de farine à bord d’un taxi « Yango », six défenses d’éléphants attendaient leur funeste sort. Les trafiquants, croyant réaliser une transaction discrète, ont été pris de court par une intervention musclée des agents de la délégation régionale des forêts et de la faune, épaulés par la police judiciaire et l’organisation LAGA. Le pasteur, considéré comme le cerveau de l’opération, n’était pas seul : il était accompagné d’un proche voisin de l’église, intermédiaire dans cette affaire, et d’un ancien magistrat, présumé fournisseur des défenses.


Les premiers éléments de l’enquête dévoilent une réalité troublante : un homme de foi, censé prêcher l’intégrité et la justice, aurait orchestré un réseau de trafic. Le matériel provenait de sources bien établies, avec des connexions au sein même de la communauté religieuse. La famille de l’ancien magistrat, fidèle à l’église, aurait servi de lien dans ce commerce illicite. L’arrestation des suspects résonne comme un cri d’alarme pour la protection des éléphants d’Afrique.

 Depuis vingt ans, les chiffres sont accablants : 3 004 éléphants ont été abattus illégalement, menaçant une population déjà décimée. Les éléphants, véritables jardiniers des écosystèmes forestiers et savanicoles, jouent un rôle crucial dans l’équilibre écologique. Leur déclin, alimenté par une demande persistante d’ivoire, met en péril l’ensemble de la biodiversité.

Une réponse ferme de la justice


Le gouvernement, déterminé à mettre fin à ce fléau, s’appuie sur la loi de 2024 sur les espèces sauvages, qui prévoit des peines sévères pour les contrevenants. Les trois suspects encourent jusqu’à 20 ans d’emprisonnement et une amende de 50 millions de FCFA. Une sanction exemplaire, à la hauteur du préjudice infligé à la nature. Cette affaire illustre l’urgence d’une mobilisation accrue pour protéger les espèces sauvages. Si des figures de confiance, comme ce pasteur, se laissent happer par les gains du trafic, qu’en est-il de la lutte contre ce commerce lucratif mais destructeur ?

La communauté, les autorités et les organisations environnementales sont appelées à redoubler d’efforts pour enrayer cette mécanique. Chaque arrestation est une victoire, mais le chemin vers la préservation des éléphants, symboles de force et de sagesse, reste long et semé d’embûches.

Port de Douala : 70 milliards mobilisés pour l’extension du terminal à conteneurs

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 Le projet consiste à construire, au port de Douala-Bonabéri un quai de 250 mètres linéaires supplémentaires  afin d’augmenter les capacités opérationnelles du terminal, et ainsi réduire les délais de traitement des navires et de manutention de la marchandise.

 Le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD) et  son homologue de l’entreprise française Negri ont signé  le 17 janvier dernier, plusieurs conventions portant sur le projet d’extension du terminal à conteneurs du Port. Le projet consiste à construire un quai de  250 mètres linéaires supplémentaires dénommé Quai 17, aménager 7,9 hectares de terre- plein et un poste RORO (Roll-on/Roll-off), ainsi qu’à prolonger de 1200 mètres le linéaire des voies de portique automatisé sur Pneu.

Le projet  qui fait partie du plan d’investissement de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC) pour la période 2021-2030 était attendu depuis. Car, la convention portant sur  le financement, les études, la construction, l’exploitation, la maintenance, ainsi que la rétrocession  de cet ouvrage a été signée en décembre 2022.  Cette convention a été conclue entre le PAD et la société de projet dénommée Société d’Exploitation et de Construction du Port de Douala-Bonabéri (SCEPDB) », filiale de la société NÉGRI.

La convention de partenariat a été signée pour une durée de 12 ans, dont 30 mois destinés aux études et construction. La mise en exploitation du quai est prévue en 2027. Dans  la réalisation de ce projet, la RTC intervient en qualité d’opérateur logistique et d’affacturage, étant ainsi exploitant exclusif du terminal à conteneurs.

Globalement, le coût des investissements  se chiffre à  47, 2 milliards de F CFA. Les travaux sont évalués à 46, 3 milliards et la maîtrise d’œuvre  à 952 millions  de FCFA. Un emprunt de FCFA 70  milliards de FCFA a été mobilisé auprès d’un pool de banques camerounaises au bénéfice de la SCEPDB. Ce montant doit être remboursé sur une durée de huit ans, dont deux  ans de différé pendant la phase de construction. Le paiement des décomptes sera assuré directement par la banque à NEGRI,  la société des travaux. Le remboursement de l’emprunt sera assuré par la SCEPDB. En contrepartie de l’exploitation de l’infrastructure, la RTC paiera à la SCEPDB une somme correspondant au service de la dette majoré des frais nécessaires au fonctionnement de la structure. Ce qui pour certains experts  est un mécanisme particulier de levée de fonds sans  exercer une pression sur les finances publiques.

La géographie des intervenants est aussi  particulière. « Ce qui fait la particularité de ce projet est qu’il associe à la fois le côté promoteur et le côté constructeur. Cette association présente un intérêt pour la partie publique, c’est qu’il ne peut pas y avoir de surcoût. Le promoteur et le constructeur étant la même entité, elles ne peuvent pas se réclamer l’argent elles-mêmes. Ce qui fait que contrairement à énormément de projets en cours de construction, le coût ne peut pas varier »,  explique le Directeur Afrique de Négri Stephane Delaplace.

Réactions 

Cyrius Ngo’o, DG du Port Autonome de Douala

 «  Les nouvelles capacités  du terminal contribueront à réduire les coûts logistiques des opérateurs »

 « Le Projet du quai n°17 du terminal à conteneurs transcende le cadre d’un simple projet d’infrastructure. Il symbolise un partenariat véritablement gagnant-gagnant entre le Port Autonome de Douala et des acteurs internationaux de renom. Par le biais du mécanisme de partenariat public- privé sectoriel, l’État du Cameroun offre au Port de Douala-Bonabéri, et en particulier à son terminal à conteneurs, des capacités d’accueil supplémentaires, sans imposer de pression financière sur les ressources publiques. Ces nouvelles capacités contribueront à réduire les coûts logistiques pour les opérateurs, à générer des emplois directs et indirects, et à positionner durablement le Combinat portuaire de Douala-Bonabéri comme un modèle endogène d’innovation, de croissance et de modernisation portuaire dans le golfe de Guinée. En cinq années de gestion du terminal à conteneurs, assurée par notre filiale qui est la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC), de nombreuses réalisations majeures ont transformé la physionomie de cette plateforme. Des investissements stratégiques ont permis l’acquisition d’équipements de pointe, notamment des portiques et des grues de dernière génération, rendant les opérations plus rapides et plus performantes. Par ailleurs, des systèmes innovants, visant l’automatisation et la fluidification de la gestion des flux de conteneurs, ont été implémentés, ce qui a contribué à réduire les coûts, tout en renforçant la transparence. » 

Raphaël Abouem,  Directeur commercial Afrique Négri 

« La construction du quai 17 est  hautement symbolique »h

« Ce projet pour nous est la concrétisation du partenariat qui a commencé il y a 10 ans avec le port de Douala. Nous avons beaucoup de projets que nous développons dans d’autres pays notamment en côte d’ivoire. Nous venons de livrer un terminal au port d’Abidjan. Mais ce projet du quai 17 était très important pour nous, par ce qu’en guise d’informations la première réunion que j’ai faite pour ce projet était en 2014. Et en tant que camerounais voir comment le projet a été structuré voir les intervenants qui peuvent permettre à ce projet de se réaliser voir le directeur du port autonome de Douala il faut ici féliciter l’expertise camerounaise. Il faut dire que tous ceux qui ont travaillé sur ce projet, que ce soit les banques, les arrangeurs et Negri, ce sont des camerounais pour dire qu’on peut faire confiance à la jeunesse camerounaise qui est brillante et qui est capable de faire des choses extraordinaires pour son pays. Nous venons de lever 70 milliards et on peut en être fières. Nous venons de livrer le terminal polyvalent au port de Douala. Nous avons livré en 2021 le seul terminal pétrolier et il fonctionne très bien. Et je pense que l’apothéose sera la construction du quai 17 qui est symbolique pour nous tous. »

Serge N’Guessan, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale: « En quatre ans, nous avons investi plus d’un milliard d’euros au Cameroun »

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Monsieur N’Guessan, quel bilan faites-vous de votre mandat de quatre ans au Cameroun ?

Je tiens d’emblée à remercier le ministre Alamine Ousmane Mey, gouverneur du groupe de la Banque africaine de développement pour le Cameroun, pour son soutien, sa disponibilité et l’environnement favorable mis en place par le gouvernement. Cela a permis à la Banque africaine de développement, sous mon leadership, de réaliser de grands résultats pour le pays. Aujourd’hui, nous avons un portefeuille de 1 700 milliards de FCFA, avec des décaissements annuels avoisinant les 150 milliards de FCFA injectés dans l’économie camerounaise. Ces résultats sont le fruit d’un travail colossal entre les équipes du ministre Mey et celles de la Banque sur le terrain.

Quels projets vous tiennent particulièrement à cœur ?

Plusieurs projets ont marqué mon mandat, mais je citerai notamment la Ring-Road, premier projet que j’ai lancé après mon arrivée en 2021. C’est un projet emblématique qui est aujourd’hui en pleine exécution. L’année dernière, en 2024, nous avons approuvé un autre grand projet : la construction et la réhabilitation du corridor Douala-Ndjamena, avec un accent particulier sur le tronçon Ngaoundéré-Garoua. Ces deux projets renforcent le rôle du Cameroun comme locomotive économique de la Cemac.

Au-delà des infrastructures, quels secteurs avez-vous soutenus ?

Nous avons également investi dans l’agriculture avec le lancement du projet de la plaine centrale, qui met en place des agro-parcs pour industrialiser l’agriculture et accélérer la politique d’import-substitution souhaitée par le chef de l’État. Dans l’énergie, des projets comme Nachtigal et Lom-Pangar ont bénéficié de financements importants de la BAD. Nous avons aussi soutenu le secteur social, en particulier l’emploi des jeunes. Avec l’appui du ministre Mey, nous avons signé cette année un projet majeur de formation des jeunes dans des secteurs porteurs comme les BTP, les télécommunications et l’énergie. Ce projet vise à créer plus d’emplois et à faciliter l’intégration des jeunes dans ces secteurs.

Comment évaluez-vous la coopération entre la BAD et le Cameroun ? 

La coopération est excellente, voire extraordinaire. En quatre ans, nous avons investi environ un milliard d’euros au Cameroun, soit ce que nous faisions auparavant en dix ans. Nous avons posé des bases solides pour l’avenir et les perspectives sont prometteuses. Entre 2025 et 2030, nous ambitionnons d’investir plus de 5 milliards d’euros dans les secteurs public et privé, ce dernier devenant une priorité dès 2025.

Quel message souhaitez-vous adresser en conclusion ?

Ces quatre années ont été une opportunité pour moi d’apporter ma modeste contribution au développement du Cameroun et de renforcer cette coopération fructueuse. Je remercie encore une fois le gouvernement et toutes les parties prenantes qui ont permis d’atteindre ces résultats. Je reste convaincu que la BAD continuera de jouer un rôle clé dans le développement économique et social de ce pays

Cameroun : La BAD annonce plus de 3 000 milliards de FCFA pour le Cameroun entre 2025 et 2030

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L’immeuble abritant les services du ministère de l’Economie a servi de cadre, le 16 janvier 2025, à une entrevue marquante entre Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), et Serge N’Guessan, directeur général pour l’Afrique centrale de la Banque africaine de développement (BAD). Cette rencontre, organisée à l’occasion de la fin de mandat de ce dernier au Cameroun, a permis de dresser un bilan éloquent des actions menées et de projeter les ambitions futures de l’institution financière.

Le ministre Alamine Ousmane Mey n’a pas manqué de souligner les résultats remarquables obtenus au cours des quatre années passées par Serge N’Guessan à la tête de la BAD pour la région. Sous sa direction, près de 574 milliards de FCFA ont été mobilisés pour financer des projets stratégiques dans divers secteurs, allant des infrastructures aux initiatives sous-régionales. « Une performance à saluer au regard de l’impact obtenu et à venir pour le développement économique et social du Cameroun », a déclaré le Minepat.

Parmi les projets emblématiques soutenus par la BAD, figurent notamment le pont sur le fleuve Logone, reliant les villes de Yagoua au Cameroun et de Bongor au Tchad, ainsi que d’autres initiatives intégratrices dans la sous-région. Depuis 1972, le portefeuille actif de la BAD au Cameroun s’est progressivement étoffé pour compter aujourd’hui 26 projets, représentant un financement global de 1 495 milliards de FCFA. Ce portefeuille se répartit à 73 % sur le secteur public national, 19,8 % sur des projets sous-régionaux et 7,2 % au bénéfice du secteur privé.

Au sortir de cette rencontre, Serge N’Guessan a dévoilé une annonce majeure. A en croire ce haut responsable, la BAD prévoit de mobiliser 5 milliards d’euros, soit environ 3 275 milliards de FCFA, pour le financement des projets prioritaires au Cameroun entre 2025 et 2030. Ces ressources serviront à renforcer les infrastructures économiques, améliorer les conditions de vie des populations et accompagner les ambitions du pays en matière d’industrialisation et de transformation locale des matières premières.

« Le Cameroun reste un partenaire stratégique pour la BAD. Nous nous engageons à accompagner le pays dans la mise en œuvre de projets innovants et durables », a affirmé Serge N’Guessan, visiblement ému en recevant la médaille d’Officier de l’Ordre national de la valeur des mains du Minepat.

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