vendredi, mai 29, 2026
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Crise anglophone : Le gouvernement conteste le rapport de Human rights Watch

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Les pouvoirs publics digèrent mal le récent rapport de l’ONG internationale Human Rights Watch, sur la crise sociopolitique qui secoue les deux régions anglophones du Cameroun. Parce que, selon le ministre de la Communication, Réné Emmanuel Sadi, le document intitulé « Cameroun, Evénements de 2018 », prend violemment à partie les forces de défense et de sécurité camerounaises, dans la lutte qu’elles mènent contre les bandes armées de sécessionnistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Lesquelles forces sont en effet accusées « d’exactions et autres graves atteintes aux droits de l’Homme, dirigées sur les cibles civiles ». Mais aussi « d’exécutions extrajudiciaires, d’usage excessif de la force envers les civils, de torture de terroristes capturés et d’incendies de maisons et d’autres biens appartenant aux populations ». René Emmanuel Sadi dénonce « une tendance systématique de certaines organisations humanitaires de discréditer les pouvoirs publics ».

Dénonciations calomnieuses

Le gouvernement camerounais rejette donc « catégoriquement ces accusations » portées « inconsidérément contre des forces républicaines », engagées dans un combat pour la préservation de l’intégrité territoriale de l’Etat et la protection des personnes et des biens, dans les régions anglophones du pays. Et ce, « conformément à leurs obligations régaliennes, dans le strict respect des conventions internationales en matière des droits de l’Homme, et parfaitement conscientes de leur responsabilité », précise le ministre de la Communication. De toute évidence dit-il, dans la présentation qu’elle fait de la situation sur le terrain, « l’ONG Human Rights Watch trahit comme un parti pris en faveur des bandes armées, en relativisant, voire en minorant la responsabilité de ces groupes dans les atrocités perpétrées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Le gouvernement estime en effet poursuit-il encore, qu’il est absolument inconséquent voire malsain, de vouloir mettre sur un pied d’égalité ou loger à la même enseigne, d’un côté, « ceux qui, incarnant la puissance publique, font un usage légitime, réfléchi et mesuré de la force », et de l’autre, « des hors-la-loi, qui usent illégalement de la force à des fins destructrices, malveillantes et nuisibles ».

Pour le porte-parole du gouvernement, il va de soi que les atrocités les plus criantes, les intimidations, les enlèvements de citoyens innocents, les incendies d’infrastructures, notamment d’hôpitaux, tel celui récent de Muyuka, les menaces de toute nature qui imposent les villes mortes, la fermeture de nombreux établissements scolaires, avec tout le préjudice imaginable sur la scolarité des enfants, ne sont pas, et ne sauraient être le fait des forces camerounaises de défense et de sécurité, mais, bel et bien, le fait des bandes armées sans foi ni loi et en totale perdition. En appelant au sérieux, à l’objectivité et au sens de responsabilité des partenaires humanitaires, qu’il s’agisse de Human Rights Watch ou des autres, dans leurs appréciations des faits et des réalités, René Emmanuel Sadi se veut tout de même rassurant : « la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dit-il, n’est nullement en cours de dégradation, mais, bien au contraire, en phase de reprise en main progressive par les forces nationales de défense et de sécurité ».

Cyrille Rolande Bechon : « le Groupe de travail de l’ONU ne rend pas de jugement »

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Le cabinet de l’avocat français Dupond Moretti, vient de saisir le groupe de travail de l’Onu, dans le cadre de l’affaire qui oppose les militants du MRC et l’Etat du Cameroun, quel commentaire vous inspire cette actualité ?

Le Groupe de travail sur les détentions arbitraires est un mécanisme spécial protection des droits de l’homme que tout le monde peut saisir, si vous disposez des données suffisantes sur une violation ou sur une situation favorable à la commission des violations. Donc cette actualité ne m’inspire rien de particulier, puisque qu’on n’a pas vraiment besoin d’un avocat pour saisir un groupe de travail. En plus au regard de la communication qu’il y a eu autour de l’arrivée de cet avocat au Cameroun, pour la défense du Pr Kamto, on s’attendait à plus que ça.

Quel est le rôle du groupe de travail de l’onu sur les détentions arbitraires ?

Le Groupe de travail sur les détentions arbitraires, comme tous les autres groupes thématiques, a pour rôle d’enquêter sur les allégations de violations et de les documenter. Il élabore donc des rapports avec des recommandations qu’il adresse au Haut-Commissaire des Droits de l’homme qui lui peut l’envoyer à d’autres instances de l’ONU. En dehors des rapports, si l’urgence se présente, il peut faire un communiqué ou un appel pour dénoncer et demander la cessation de la violation.

A quoi peut aboutir cette saisine sur le plan du droit ?

Le groupe de travail est une instance technique, il ne relève pas de la procédure contentieuse. Donc sur le plan du droit pur, il n’a aucun impact. Par contre, Il est plus à même de fournir des informations qui peuvent motiver une action ou une décision des organes conventionnels et politiques de l’ONU.

Ce groupe de travail peut-il exiger au Cameroun de libérer les détenus du MRC ? Si oui, l’Etat du Cameroun est-il tenu de respecter les décisions de ce groupe de travail ?

Comme je l’ai expliqué plus haut, le Groupe de travail ne rend pas de jugement ni de décisions. Il fait des recommandations qui donnent des pistes d’actions ou de décisions aux organes de l’ONU notamment le Secrétariat général ou le Haut Commissaire aux Droits de l’homme. On peut donc logiquement penser que le rapport de ce comité va contribuer à la préparation de la prochaine mission du Haut-Commissaire au Cameroun.

Au cas où le Cameroun n’exécute pas les décisions du groupe de travail de l’Onu, y’a t’il des moyens coercitifs que l’Onu peut initier contre le Cameroun ?

De manière générale, l’exécution des décisions des organes de traite (ensemble de mécanismes de protection des droits de l’homme créés par un traité ou une convention), relève de la bonne foi des États et de leur obligation contractuelle de mettre en œuvre les décisions des dits organes. Mais comme je l’ai dit précédemment, le groupe de travail ne prend pas de décision contre les Etats.

Réalisée par Joseph Essama
Source : Défis actuels

Affaire Maurice Kamto : Dupond Moretti attaque le Cameroun à l’ONU

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Dupont Moretti l’avait si bien annoncé, c’est donc désormais devant l’Organisation des Nations Unies (ONU) que va se jouer la bataille judiciaire, dans l’affaire qui oppose le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à l’Etat du Cameroun. Jeudi 04 avril dernier, l’avocat français a déposé une plainte, au nom « des opposants politiques camerounais victimes d’arrestation arbitraire, devant le Groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unis à Genève. Dans le cadre du collectif de défense des trois principaux leaders de l’opposition camerounaise et de leurs partisans détenus depuis plus de deux mois dans les conditions arbitraires, le Cabinet Dupond-Moretti et Vey a saisi le Croupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unis, à Genève sur leur situation », peut-on lire dans le communiqué rendu public par le cabinet de défense des leaders du MRC. Le même communiqué fait un rappel des faits ayant conduit à l’arrestation de Maurice Kamto et près de 150 militants de son parti, après les marches du 26 janvier dernier. Le cabinet Moretti rappelle que Maurice Kamto et les siens se trouvent en détention provisoire dans le cadre d’une instruction « ouverte près le tribunal militaire de Yaoundé, en violation de l’interdiction pour le tribunal militaire, de juger des civils, qui s’impose en droit camerounais ». Et demande, à l’instance technique onusienne, « au regard de l’inefficacité de tout recours interne et de l’opposition des autorités camerounaises à toute forme de dialogue… de constater les graves manquements à leurs droits les plus élémentaires et demandent leur libération immédiate », conclut-il.

Et pour confirmer ces allégations du Cabinet Moretti, depuis des semaines, les juges de la Cour d’appel, du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi n’arrivent pas à se prononcer sur la plainte déposée en habeas corpus pour la libération immédiate des militants du MRC. De passage à Yaoundé en mars dernier, l’avocat français avait eu un entretien avec Maurice Kamto dans sa cellule de la prison centrale de Kondengui. Au cours de la conférence de presse qu’il avait donnée, il a dit la volonté du président du MRC, de vouloir discuter avec son rival Paul Biya et avait annoncé qu’il n’avait pas fait le déplacement pour le Cameroun, dans le but de saisir la justice Camerounaise, mais avec l’objectif de déporter l’affaire auprès des juridictions internationales.

Maintenant que l’affaire est portée devant les tribunaux internationaux, les autorités camerounaises vont-elles diligenter la procédure et rendre le verdict dans cette affaire ? Rien n’est sûr, mais quelle que soit l’attitude de Yaoundé, les militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, se réjouissent déjà de la démarche initiée par l’avocat français. D’aucuns pensent qu’il s’agit de la première carte jetée par les soutiens de Maurice Kamto à l’international.

Par Joseph Essama
Source : Défis actuels

Financement des CTD : 160 milliards mobilisés chaque année

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C’est un dessein collectif que les 360 maires du Cameroun ont formulé à l’issue des Assises générales de la commune les 6 et 7 février derniers à Yaoundé. Après l’opérationnalisation de la décentralisation politique et de celle dite administrative, les chefs des exécutifs municipaux souhaitent un passage à une vitesse supérieure, à l’étape de la décentralisation financière, laquelle reste et demeure une préoccupation permanente pour le gouvernement. Parce que le transfert des compétences confère aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), l’initiative en matière de réalisation des équipements de base susceptibles de stimuler, de soutenir, de favoriser et d’animer l’activité économique afin de promouvoir le développement au niveau local. Seulement, de manière spécifique, indiquent des experts au ministère des Finances, le transfert de fiscalité reste la principale source de financement des Collectivités Territoriales Décentralisées avec une mobilisation moyenne de 160 milliards par an au cours de ces 3 dernières années. Ces ressources sont mobilisées par les services fiscaux de l’Etat, centralisées dans le compte unique du Trésor et reversées progressivement aux CTD. Alors que le produit des impôts soumis à péréquation fait l’objet d’un reversement trimestriel communément appelé Centimes Additionnels Communaux.

Autonomie financière : la grande équation

La loi N° 2004/17 du 22 juillet 2004 sur l’orientation de la décentralisation dispose en effet en son article 22 que « les ressources nécessaires à l’exercice par les collectivités territoriales de leurs compétences leur sont dévolues soit par transfert de fiscalité, soit par dotations, soit par les deux moyens à la fois ». Problème ? Les ressources transférées restent largement en déphasage avec le champ élargi des compétences des CTD (pour améliorer les conditions de vie de leurs citoyens) posant ainsi la problématique de l’autonomie financière dont elles jouissent. A la vérité, explique une source au ministère des Finances, « le transfert des ressources est au centre de toutes les problématiques relatives à la décentralisation. Ici comme un peu partout en Afrique, le financement de la décentralisation est une réelle préoccupation pour l’Etat et pour les différents partenaires au développement ». Pourtant, poursuit notre interlocuteur, la problématique des ressources propres est fondamentale puisqu’elle détermine la capacité de la collectivité à répondre de manière autonome aux besoins élémentaires de la population.

Cette problématique est d’autant plus poignante que nombre de collectivités ne sont pas en mesure d’assumer les compétences qui leur sont transférées notamment en matière fiscale. Par conséquent, elles sont largement dépendantes des ressources transférées par l’Etat, soit à travers les dotations budgétaires qui renvoient à tout transfert direct des ressources par procédure budgétaire, sous forme de subvention ou sous forme de délégations de crédit d’une part ; et soit à travers la fiscalité c’est-à-dire tous les prélèvements opérés par les services fiscaux de l’Etat au profit des Collectivités Territoriales Décentralisées, d’autre part. Pour mémoire, c’est à partir de 2009 que le processus de décentralisation au Cameroun va connaître une accélération avec la promulgation d’importants textes financiers notamment le régime financier des CTD, la loi portant fiscalité locale et la loi de finances 2010. Ce processus est rentré dans sa phase opérationnelle en 2010 avec les transferts effectifs aux CTD de certaines compétences jusqu’alors exercées exclusivement par l’Etat. En 2015, il a atteint sa plénitude avec le transfert intégral des compétences identifiées par la loi. Depuis, ces transferts des compétences s’accompagnent des transferts des ressources.

Par Arthur Wandji
Source : Défis actuels

Décentralisation : Un nouveau dispositif pour financer les communes

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Covid-19: un compte d'affectation spéciale créé

Du fait de la montée en puissance des dépenses sécuritaires, les contraintes de trésorerie de ces dernières années n’ont pas permis au Trésor Public camerounais de régler à date et dans l’intégralité, le montant trimestriel des Centimes Additionnels Communaux (CAC) destinés aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Du coup, dans une approche graduelle, le Trésor a payé en priorité les communes bénéficiaires de petits montants. D’où le retard constaté dans le transfert effectif des ressources. Mais tout ça, c’est (un peu) de l’histoire ancienne. Le ministre des Finances a trouvé une solution à ce problème qui a fini par engendrer plus d’un trimestre de retard dans le reversement des CAC. Louis Paul Motaze a mis sur pied depuis janvier 2019, un nouveau dispositif pour financer les Communes à travers un compte séquestre ouvert dans les livres de la Banque Centrale (Beac), dédié au financement de la décentralisation.

D’après des experts du ministère camerounais des Finances, ce dispositif est fondé sur un mécanisme de prélèvement automatique d’un montant de 5 milliards de francs CFA tous les mois sur le Compte Unique du Trésor. Une opération qui permet à l’Etat de disposer de 15 milliards de francs CFA à la fin de chaque trimestre pour payer les Centimes Additionnels Communaux « dont la moyenne trimestrielle apprend-on, oscille entre 17 et 20 milliards de francs CFA ». Ainsi donc, explique un cadre du ministère des Finances, « disposant déjà de 15 milliards, il est plus facile pour le Trésor de mobiliser le montant complémentaire afin de payer d’un trait toutes les CTD ». Preuve que ce nouveau dispositif de financement des communes fonctionne, les CAC du quatrième trimestre 2018 ont été payés dans leur intégralité au terme des trois premiers mois de l’année en cours, apprend-on. Au ministère des Finances, l’on est certain qu’avec ce dispositif, les CTD seront payées de manière régulière tous les trois mois, ce qui leur permettra de mieux planifier l’exécution de leur budget. Le paiement des CAC étant garanti par ce mécanisme, les autres ressources des CTD issues notamment de la dotation générale et des divers transferts budgétaires feront l’objet d’un paiement chronologique comme toutes les autres dépenses budgétaires de l’Etat.

Par Arthur Wandji
Source : Défis actuels

Hydrocarbures : Ce que prévoit le projet de loi portant code pétrolier

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Rien ne sera plus comme avant dans le secteur des hydrocarbures au Cameroun. Un projet de loi portant Code pétrolier a été déposé sur la table des sénateurs le 30 mars dernier. Selon l’exposé des motifs y relatif, ce texte s’applique « aux activités du secteur pétrolier en amont et encadre notamment la prospection, la recherche, l’- exploitation, le transport, le stockage et le traitement des hydrocarbures à l’état brut ». L’ambition de ce projet de loi est de « relancer l’exploitation des hydrocarbures, d’améliorer le niveau de leur production, d’accroître les revenus de l’Etat et l’épanouissement des populations ». Et ce, dans un contexte marqué par l’accélération de l’épuisement des champs pétroliers, peut-on lire dans l’exposé des motifs. A cet effet, dans l’optique d’éviter que l’exploitation de l’or noir ne fasse pas broyer du noir aux différents intervenants et bénéficiaires, le nouveau dispositif aménage des avantages à la fois de l’Etat, des compagnies pétrolières et des populations. Ainsi, pour l’Etat, le projet de loi « réaffirme la propriété exclusive de l’Etat sur les gisements d’hydrocarbures ». Toutefois, leur exploration, leur recherche et leur exploitation sont assujetties à son approbation préalable, sous forme de contrats ou d’autorisations spécifiques, dont les conditions de délivrance, de suspension et de retrait, précise le projet de loi. De même, les conditions de transfert des droits entre titulaires de contrats et les tiers ont été précisées, en aménageant une approbation préalable de l’Etat et un droit de préemption de celui-ci, dans toute hypothèse de cession partielle ou totale. Aussi, en matière de communication sur les découvertes effectuées dans les gisements, les données générées lors des opérations pétrolières, l’approbation préalable de l’Etat est de mise, étant donné que tout ceci est la propriété de l’Etat.

Compagnies pétrolières

Pour les compagnies pétrolières, le projet de loi simplifie les procédures et autorise les titulaires de contrats et autorisation, à exploiter conjointement des gisements, objets de contrats distincts, moyennant des « accords d’unitisation » approuvés par l’Etat. Dans la même perspective, le document déposé au Sénat souligne sans détails que « le régime fiscal, douanier ainsi que le régime de change applicables ont également été simplifiées ». Et qu’un dispositif d’incitations particulières a été aménagé pour ces compagnies, en cas de circonstances exceptionnelles. Pour les populations riveraines, le projet de loi aménage un « contenu local », censé garantir le bénéfice par les populations des retombées de l’activité pétrolière. Les compagnies pétrolières sont aussi désormais astreintes aux obligations de transparence, conformément aux engagements internationaux. Il convient de souligner que ce projet de loi s’inscrit dans le cadre des réflexions engagées par le gouvernement afin d’améliorer la compétitivité du secteur national des hydrocarbures, en l’adaptant aux évolutions enregistrées dans le secteur.

Par Junior Matock
Source :Défis actuels

Chantiers de la CAN 2021 : les paiements se poursuivent au ministère des Finances

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Les entreprises en charge de la construction ou de la rénovation des infrastructures sportives et hôtelières consignées dans le cahier de charges de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Cameroun 2021 n’ont pas respecté leurs engagements. Programmées pour être livrées le 31 mars dernier, aucune de ces infrastructures n’a été réceptionnée. Si dans certains chantiers la course contre la montre se poursuit, dans d’autres, les travaux sont complètement à l’arrêt. Et ce n’est pas de la faute des pouvoirs publics, comme certains médias tentent de faire croire. Loin de la vérité, le dernier journal à citer la (prétendue) responsabilité du gouvernement dans cet échec est sans aucun doute Jeune Afrique. Dans sa dernière parution, le journal panafricain accuse Yaoundé de procéder à des blocages administratifs et financiers notamment « le ministère des Finances » qui « a réduit les financements » destinés aux entreprises en les faisant passer de « 20 milliards de F CFA par semaine à 2 ou 3 milliards ». Faux, rétorque une source avisée.

En effet, les paiements se poursuivent. Tenez, dans les jours qui viennent, près de 11,5 milliards de francs CFA devraient être payés aux entreprises dont les décomptes sont soit en instance de traitement, soit en attente de paiement. Et parmi ces entreprises ne figurent ni Piccini, ni Prime Potomac. La première, en charge de la construction du Complexe Sportif d’Olembe a décidé d’appliquer une « interruption provisoire » d’activités sur le site suite à des mouvements d’humeur à répétition de son personnel qui réclament des salaires impayés. Tandis que la seconde, chargée de six marchés dont la construction de quatre terrains d’entrainement, la réhabilitation de l’hôtel Benoue et la construction d’un hôtel 4 étoiles s’est vue retirer ses marchés. Les travaux étant à l’arrêt depuis plusieurs mois faute de moyens pour payer les ouvriers. Les pouvoirs publics ont récemment décidé de reprendre ces projets en main et de faire exécuter les travaux en régie exceptionnelle.

Comprendre le rôle du ministère des Finances

« Le gouvernement a respecté ses engagements dans les délais et si retard il y aurait dans la conduite des chantiers, le blocage ne relèverait pas du ministère des Finances », confie l’un des acteurs stratégiques de la chaine de paiement desdits décomptes. Pour lui, « le ministère des Finances n’intervient davantage que pour le paiement par le guichet du Trésor des dépenses liées au Compte spécial de la CAN ». En d’autres termes ? « Le ministère des Finances n’a pas accès aux fonds destinés aux prestataires », dit-il. De quoi mettre fin aux incompréhensions nées ces dernières semaines, autour du rôle du ministère des Finances, dans le processus de paiement des décomptes aux entreprises adjudicataires des chantiers de la CAN camerounaise.

Selon les experts, la procédure de paiement des décomptes implique plusieurs maillons. Ainsi, apprend-on, l’ordonnateur du Compte CAN logé à la Banque centrale (Beac), autorise le Minfi à payer un prestataire. Les équipes techniques du ministère des Finances s’assurent de la conformité des documents et opèrent ensuite un certain nombre de vérifications notamment celles liées aux pièces fournies par le prestataire et transfèrent le dossier pour paiement, au Trésor où, l’agent comptable saisit la Beac afin que celle-ci débite ledit Compte CAN du montant demandé et le vire enfin dans le compte du prestataire en question. L’on apprendra encore, à cet effet, que l’effort consenti par les pouvoirs publics notamment le ministère des Finances est bien au-delà des prévisions faites dans le cadre des Lois de finances adoptées pour les exercices 2017 et 2018.

Jean Luc Fassi

 

Justice : Essimi Menye condamné à vie

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Essimi-Menye-pourrait-bien-rejoindre-la-prison-de-Kondengui

Le Tribunal Criminel Spécial (TCS) n’a pas été clément envers Essimi Menye. L’ancien ministre des Finances a été condamné à la prison à vie. Il a été reconnu coupable d’avoir versé 2,5 milliards de francs CFA au défunt expert-comptable, François Tchakoui, pour l’audit effectué sur les activités de la Société Générale de Surveillance (SGS). A titre de dommage et intérêt, Essimi Menye ainsi que la succession de Tchakoui François (décédé) doivent payer à l’Etat du Cameroun la somme de 2,5 milliards de francs CFA, et verser un montant de 20 millions en guise de frais de justice, a tranché le 28 mars dernier, le président du Tribunal Criminel Spécial, au cours d’une audience qui se tenait dans cette juridiction spécialisée.

Pour justifier sa décision, le TCS a évoqué la violation d’une règle de la fortune publique, les intentions criminelles à peine voilées de l’ancien ministre des Finances et les irrégularités de fond et de forme dans le processus de paiement de l’argent querellé. Ce verdict tombe malheureusement alors qu’Essimi Menyé et son coaccusé François Tchakoui qui a lui aussi été condamné, sont respectivement en fuite et décédé. Depuis sa création, le Tribunal Criminel Spécial a rendu des décisions allant des lourdes peines privatives de liberté, aux amandes exorbitantes. Les décisions de cette institution judiciaire semblent partager en commun le fait qu’aussi nombreuses qu’elles sont, elles s’avèrent inefficaces et improductives. En 2017, son président annonçait que l’instance qu’il dirige n’avait pu récupérer que 3 % de l’argent querellé. Pour le cas Essimi Menye qui vient d’être condamné à vie et par défaut, les signaux montrent que mis à part le fait que l’ancien ministre de l’Agriculture ne pourra plus revenir au Cameroun, il va continuer à vivre son exil douillet aux Etats-unis son pays d’accueil. Et ne vas jamais payer l’amende qui lui a été collée. Son coaccusé François Tchakoui qui a lui aussi été condamné est mort le 17 janvier dernier lors d’une audience, il est donc impossible qu’il fasse lui aussi la prison. A moins que la justice ne saisisse les biens de ses 2 condamnés, s’ils en ont, le fait le plus probable qui risque de clore tout cet imbroglio judiciaire, est que cette décision orne les annales du greffe du TCS.

Dans ce procès qui a abouti à sa condamnation, Essimi Menye est accusé d’avoir détourné 2,5 milliards de francs CFA, au titre d’avance d’honoraires à François Tchakoui, défunt expert-comptable au cabinet Challenger, pour l’audit effectué sur les activités de la Sgs, sur la vérification des importations. L’audit avait découvert un scandale financier de 46 milliards de francs CFA, imputé à l’entreprise suisse.

Par Joseph Essama
source : défis actuels

Revendications post-électorales : Le Mrc reporte sa marche du 6 avril

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Me Emmanuel Simh: le droit à la visite et à l'assistance ont été violés

Les militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ne marcheront plus samedi prochain. C’est ce qui ressort du communiqué signé par le directoire du parti, le 1er avril dernier. Dans cette communication virale, l’instance dirigeante du parti de Maurice Kamto, non sans évoquer les raisons qui ont motivé ce report, instruit ses militants de déposer, dès mardi 2 avril, et à travers tout le pays, les demandes pour une manifestation publique prévue le 13 avril, de 10 à 18 heures. « L’objet des déclarations est la redynamisation de nos activités. Cependant lors des meetings, nous allons demander avec force la libération immédiate du 3e président élu Maurice Kamto, nos alliés, nos militants, dénoncer la modification sélective du code électoral, en demandant encore une fois la reforme consensuelle du code électoral avant les élections, et le cas échéant exiger l’organisation des municipales avant les régionales, nous allons dénoncer la gabegie des fonds publics liés à l’organisation de la CAN », explique le communiqué. A travers les réseaux sociaux, les militants du MRC ont epousé l’idée du report des marches, affirmant qu’ils respecteront à la lettre les consignes du directoire du parti.

Controverses

Si les militants du MRC montrent de plus en plus leur détermination à poursuivre l’idée des marches blanches initiées depuis la fin de la dernière élection présidentielle, toute l’opinion et la classe politique ne partage toujours pas cette idée de continuer avec les marches. Le politologue Mathias Eric Owona Nguini a un point de vue tranché sur la question, dimanche dernier, il a condamné cet appel à manifester. L’enseignant de Sciences politiques à l’université de Soa estime que le MRC est avide de sang. Comme lui, Simon Metsengue, militant du Rdpc et candidat à la mairie de Lobo’o estime que : « les prétendus marches prévues au préalable le 06 avril, n’étaient qu’une malheureuse récupération d’une date qui pour les Camerounais représente, la victoire de la République sur la barbarie ». Pour lui, le fait que le communiqué du MRC ne donne pas les raisons qui ont motivé le report des marches, prouve à souhait que « ce parti engage des actions auxquelles il ne croit pas et se désengage à la moindre critique » Le sociologue Yves Ondoa a quant à lui, une opinion partagée. Selon lui, l’obsession du MRC à marcher, « témoigne de l’ampleur que prend la révolution. Ces marches sont légitimes et travaillent à redéfinir et à réinventer le système politique actuel. C’est l’expression même de la démocratie. Si on part du fait qu’il y’a un ensemble de règles à respecter par tous les citoyens, et qu’a un moment on se rend compte que ces règles sont favorables à une tendance politique, il est parfois légitime de les braver ». En revanche, ajoute-il, « Il est inopportun d’organiser de telles marches dans un contexte sociopolitique tendu comme le nôtre. Le MRC gagnerait à plus de retenue. La communication politique, dont se sert ce parti est inadaptée au contexte. L’époque des Sankara est révolue et l’Etat a le devoir de réguler tout ce qui touche à sa vie ».

Les demandes de manifestation sont déposées dans les sous-préfectures et préfectures du pays depuis mardi dernier, mais il faut déjà s’attendre que les autorités administratives refusent de façon concertée la tenue de ses manifestations. Le parti de Maurice Kamto n’a pas encore annoncé s’il va, comme d’habitude, braver cette interdiction. Mais au regard de la détermination de certains de ses militants, cette journée du 13 avril risque ouvrir la voie à un nouveau bras de fer entre les forces de l’ordre et les militants du MRC. Une situation qu’il faut craindre, dans un pays où le climat sociopolitique est déjà tendu et où l’on prête des intentions de déstabilisation à certaines puissances étrangères.

Par Joseph Essama
Source : Défis actuels

Vie et mort de Jean Pierre Saah

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Jean-Pierre ne peut pas mourir comme… Saah ! Avec la puissance financière qu’on lui prêtait et toutes ces légendes sur son rôle de Grand Maître de l’ordre des Feymen, je suis plutôt déçu par la facilité avec laquelle il est tombé. Un seul « gardien » pas formé et rien d’autre ? Un scénario ubuesque, digne d’un mauvais navet, plus idiot que certains scenarii de Télé Novelas ou Canal 2 Movies des soirs de déprime. Avec ces scènes et dialogues qui vous donnent envie de boire pour oublier, à défaut de vous tirer une balle dans la tête. Si JPS était le « Capo di tutti i capi » ou « Capo dei capi » alors on devrait l’excommunier pour atteinte grave à l’image et à la réputation d’une « noble » confrérie. Nous avons déjà tous vu au cinéma à quoi ressemble la sécurité autour de la résidence d’un Capo de la mafia. Entre les sentinelles, les caméras thermonucléaires, des filtres visibles et invisibles et des gros bras à la mine patibulaire, l’acteur a souvent recours à des ruses surréalistes pour déloger le chef bandit. Depuis quand un parrain est gardé par une seule personne dans une rue aussi facile d’accès ? Finalement c’était quel type de Capo ce JPS ?

J’ai rencontré Jean-Pierre Saah au début des années 2000 à Paris. Je faisais des reportages pour mon employeur et je conduisais des recherches académiques sur la question de la diffusion de nos musiques, en France notamment. JPS avait installé ses bureaux cossus au 124, sur la très distinguée Avenue de Wagram, au cœur de Paris. Quand on sait à peu près le prix du mètre carré dans ce périmètre entre le 8e et le 17e arrondissement, on n’était pas peu fier de voir une enseigne africaine côtoyée les majors de l’époque.

L’espace était bien tenu et décoré avec classe. Toutes les figures majeures des musiques africaines avaient signé chez JPS. Sauf celles qui étaient sous contrat avec des majors comme Youssou Ndour ou Salif Keita, Alpha Blondy etc. Tout le reste avait signé au moins pour un album avec JPS à travers le chanteur Elvis Kemayo alors directeur artistique de la maison. Un catalogue sans fin ni direction. Un investissement incontrôlable et quasi ingérable. L’organisation m’avait semblé peu rigoureuse mais sa signature généreuse avait ouvert la maison aux stars antillaises et même certaines vedettes noires américaines demandaient déjà le téléphone du boss.

De Magic System à Ben Decca, de Werrason à Manu Dibango…de Koffi Olomide à Lady Ponce, JPS Production était devenue la référence, « The place to be ». Un bureau ouvert à Douala voyait défiler tout ce que le pays compte de chanteurs connus ou non. Le carnet de chèques de JPS avait des allures de gâteau mille-feuille. A Paris, l’homme bien que discret roulait carrosse et son insolent parc automobile avait fini par intriguer le fisc français mais rien de répréhensible ne lui fut opposé.

D’où pouvait provenir une telle fortune ? On ne lui connaissait pas d’héritage ou de projets industriels. Les rumeurs les plus cinématographiques circulaient sur son compte. Mais sa réputation sulfureuse n’avait pas pu étouffer les voix qu’il avait fait émerger. Dans le milieu culturel, c’était un concert de louanges, aucune fausse note. JPS aimait les artistes qui le lui rendaient bien. N’empêche que je me suis tourné un soir vers tonton Manu Dibango pour lui demander si cette image douteuse de l’homme JPS ne lui posait pas un problème éthique ? Il est parti dans un grand éclat de rires qui m’a inondé. J’avais l’air con. Il a loué ma naïveté avant de m’inviter à aller lire l’histoire du Jazz. « Si Jean-Pierre est le parrain de la mafia dont on parle, alors rien de nouveau sous le soleil. S’il peut aider à créer nos conservatoires ou nos Berklee colleges of music…ça me va. Je ne suis pas policier ou juge. D’autres mafia vident les caisses de nos États et ne créent rien… ». Je suis un peu resté sans voix. Puis, je suis allé lire.

En effet, « les liens étroits entre la pègre des années 20/30 aux EtatUnis et les musiciens de jazz sont aujourd’hui connus ; les gangsters ont été des mécènes formidables pour l’épanouissement de cette musique en ouvrant des clubs et cabarets sophistiqués, en offrant des contrats de longue durée et bien rémunérés aux grands orchestres swing qui permirent à de nombreux génies d’éclore et de développer des œuvres musicales exceptionnelles ». L’on sait désormais les liens incestueux entre le légendaire Franck Sinatra et la Cosa Nostra. Le célèbre crooner américain a servi de transporteur de fonds pour la mafia, et il a même failli être arrêté en possession d’une valise contenant 3,5 millions de dollars en liquide. Selon l’une de ses dernières biographies.

JPS était-il une figure trouble de la mafia internationale ? Auquel cas avec son argent, il aura fait mécène, révolutionnant littéralement le monde de la production africaine et permettant à nos musiques de s’affirmer auprès de nombreux publics. Dans quel registre cette ligne sera-t-elle inscrite à son bilan ? Pour les artistes, la réponse est plutôt évidente.

La fin de Jean-Pierre me fait penser à certains films d’Alain Delon. Quand le criminel se croit hors de danger et qu’il a baissé la garde, c’est à ce moment que survient l’improbable. Avec la déception qu’ici le plan séquence est plutôt peu réussi. La légende/scénario voulait qu’il ait gagné les combats les plus durs, les luttes les plus féroces…et réussi les coups les plus tordus. Ce n’était pas pour s’échouer à l’heure du repos devant « d’ordinaires voyous » de bas étage au rez-de-chaussée de son palais non ? On ne quitte pas aussi pauvrement une scène qu’on a autant illuminée et enrichie. Qui plus est, à un pas du 1er avril ! Comme une farce qui a mal tourné. La fin de ce film doit être réécrite. Celui de la vie et de la mort de Jean Pierre Saah. A suivre donc.

Par Alex Siéwé, correspondance particulière

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