vendredi, mai 29, 2026
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Cimencam : le prix du ciment ne baissera pas

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Avec sa nouvelle usine de production de ciment opérationnelle à Nomayos, près de Yaoundé, Cimencam porte sa production annuelle à 2 millions de tonnes par an. Nomayos devant produire actuellement 500 mille tonnes par an, mais avec une capacité pouvant atteindre 700 mille tonnes/an. Un investissement de 27 milliards de francs Cfa. « Nous allons la développer progressivement, puisque c’est une usine modulaire. Au fur et à mesure du développement du marché, nous pouvons ajouter différents éléments », peut même se vanter Emmanuel Rigaux, le directeur Afrique centrale et de l’Ouest de Lafargeholcim Maroc Afrique. « Aujourd’hui, nous avons un silo, nous en aurons bientôt un deuxième. Cette capacité, nous allons accroître ». Mieux, « nous utilisons des ressources minérales locales, à savoir la pouzzolane pour fabriquer notre ciment. Nous limitons autant que possible l’import de matériaux qui viennent de l’étranger. C’est un élément important de notre production », agrémente-t-il.

Et pourtant, le prix restera élevé. Du moins chez l’ancien détenteur du monopole dans le secteur de la cimenterie. Aucun des hauts cadres de l’entreprise n’aborde directement la question. « Je pense que la bonne question est plutôt celle de la rentabilité. Si vous êtes un tenancier de fabrique de parpaings, combien de parpaings pouvez-vous faire avec un sac de ciment ? Avec notre ciment, vous pouvez produire plus de parpaings qu’avec n’importe quel autre ciment », dévie Emmanuel Rigaux. « Vous pouvez regarder le prix, et nous nous attelons à baisser le prix. Mais vous devez davantage considérer la qualité du produit. Et vous voyez qu’avec notre ciment, on construit des écoles, des ponts, diverses infrastructures lourdes », prolonge-t-il face à la relance de la presse. Cimencam a le regard ailleurs: « On travaille beaucoup l’innovation. On veut trouver de nouvelles solutions à tous nos concitoyens. Donc on met sur le marché un ciment qui va beaucoup plus répondre aux besoins des populations », réoriente Benoit Galichet, le directeur général de Cimencam. « On a par exemple un nouveau produit qui va être moins cher que Robust, et qui pourra résoudre beaucoup de problèmes. On va lancer le ciment blanc. Ça va nous différencier et ça va nous permettre de résoudre un certain nombre de problèmes. Nous allons bientôt lancer un ciment hydro qui, lorsqu’on en fait du béton, il ne pourra pas être attaqué par l’humidité. Il est question de fournir des solutions performantes à nos clients », argumente l’homme qui a la charge de la reconquête des parts de marché perdu sous le ciel du Cameroun.

En clair, le consommateur camerounais ne devra pas rêver d’une baisse du prix du sac de ciment de sitôt chez son compatriote Cimencam. En revanche, il en aura suffisamment et en temps réel. L’usine de Nomayos devant desservir prioritairement les régions du Centre, du Sud et de l’Est du pays. Avec des projections sur la République centrafricaine, envisage Cimencam.

Rdpc Ouest: Sylvestre Ngouchinghe dénonce ses camarades

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Profitant d’une séance de travail à la maison du parti de Bafoussam samedi dernier, le sénateur de la région de l’ouest a accusé ses camarades de médisance et de calomnie.
Les tensions entre certains militants du Rdpc de la région de l’Ouest étaient restées sous cape jusque-là. Mais depuis samedi dernier, elles ont été mises au gout du jour. Réuni avec ses camarades, dans le cadre d’une séance de travail à la maison du parti de Bafoussam, Sylvestre Ngouchinghe a exprimé sa colère contre certains de ses camarades. « Que dois-je encore faire pour mériter la confiance de mes camarades ?» a-t-il demandé devant Jean Kuete, Secrétaire général du comité central du Rdpc. Le sénateur de la Mifi accuse Crispin Pettang, le chargé de mission du Rdpc auprès de la délégation permanente régionale du comité central du Rdpc de l’Ouest, d’être à l’origine de ses malheurs au sein du parti. Pour le président directeur général de Congelcam, les manœuvres initiés contre lui, par son camarade de parti ont pour but de le déstabiliser politiquement et économiquement. S’adressant au Secrétaire général du comité central du Rdpc, Sylvestre Ngouchinghe a renouvelé sa loyauté, sans faille au Rdpc et à son président.

Origines des tensions

La brouille entre les 2 hommes proviendrait du fait qu’après l’élection présidentielle, Crispin Pettang aurait affirmé devant le comité central, qu’il détient la liste des cadres de son parti qui ont financé la campagne du MRC. Même si cette liste n’a pas encore été rendue publique. Sylvestre Ngouchinghe dit être pointé du doigt partout où il va, comme étant celui qui a financé la campagne de l’opposition. Pour calmer le jeu, Jean Nkuété a demandé à son camarade Sylvestre Ngouchingué de ne pas prendre en compte ces calomnies et médisances qui selon lui, sont des ingrédients du jeu politique. Le Secrétaire général du comité central du Rdpc, a dit avoir été lui-même accusé d’avoir financé la campagne de Cabral Libii, et a conseillé ses camarades de travailler plutôt pour la bonne marche du parti.

Diplomatie : Pourquoi Paul Biya nomme-t-il enfin un ambassadeur à Paris ?

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Alfred Nguini, le nouvel ambassadeur du Cameroun en France

Alfred Nguini est le nouvel ambassadeur du Cameroun en France. Il remplace à cette fonction, Samuel Mvondo Ayolo, nommé depuis le 03 mars 2018, au poste de directeur du cabinet civil de la présidence de la République. Une nomination qui vient ainsi mettre fin à plus d’un an de vacance à la tête de la représentation diplomatique camerounaise à Paris. Et qui survient juste 2 mois après les casses survenues dans cette ambassade à la fin du mois de janvier dernier et que l’on attribue à des Camerounais proches du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Ces actes de vandalismes auraient-ils poussé le président de la République à nommer enfin un ambassadeur à Paris ? Car de l’avis de plusieurs, l’absence d’un diplomate en poste en France aurait de quelque façon, favorisé les actes d’incivisme qu’a enregistré l’ambassade camerounaise, et surtout l’attitude de la police française qui n’avait manifesté aucun effort pour empêcher les casseurs de prendre d’assaut l’édifice.

Au lendemain de ces casses, le gouvernement camerounais par la voix de son ministre des Relations extérieures, a tenu à exprimer à Paris son mécontentement suite à ces incidents malheureux. Lejeune Mbella Mbella qui recevait en audience Gilles Thibault, l’ambassadeur de France au Cameroun, a exprimé les préoccupations de son gouvernement quant à la protection de son ambassade à Paris. Malgré cette position ferme de Yaoundé vis-à-vis de Paris, il est encore à redouter que les casseurs récidivent. La crainte est là, mais il est évident qu’au cas où une menace de ce genre refait surface, l’ambassadeur qui est déjà en poste à Paris, fera des réquisitions en bonne et due forme aux autorités françaises, afin qu’elles prennent des mesures sécuritaires appropriées.

La nomination d’Alfred Nguini est donc selon toute vraisemblance, une reprise en main du contrôle de la situation par les autorités camerounaises. Ce d’autant plus que du côté de la diaspora camerounaise à Paris, un spectre hostile au régime est né, la Brigade anti-sardinard, et menace de prendre à partie toutes les autorités camerounaises qui fouleront le sol parisien. En plus du simple fait de juguler la menace de la diaspora camerounaise, le nouvel ambassadeur pourra en principe peser de son poids auprès des autorités françaises pour diligenter les enquêtes ouvertes contre les casseurs de l’ambassade. Une procédure qui doit en effet produire, si elle existe, la preuve de la responsabilité de Maurice Kamto dans les casses de la représentation diplomatique du Cameroun en France et dont le Cameroun en aura besoin, pour enfoncer le leader du MRC devant le tribunal de Genève où ses avocats comptent déporter le procès.

Par Joseph Essama
Source : Défis actuels

Cour d’appel du Centre : le MrC manifeste contre les audiences à huis clos

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La détermination des leaders du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ne fait plus de doute. En audience mardi dernier, dans le procès en appel où ils comparaissaient pour dénoncer l’irrégularité du rejet de leurs requêtes par le TGI du Centre administratif de Yaoundé, Maurice Kamto et ses camarades l’ont encore démontré. Devant le juge de ladite cour, les militants du  n’ont pas emprunté quatre chemins pour manifester leur indignation contre la tenue des audiences à huis clos. « Nous sommes accusés d’hostilité à la patrie, il faut donc que la patrie puisse venir assister aux audiences », a martelé Alain Fogue, trésorier du parti lui aussi en détention. Pour cet enseignant de droit à l’université de Yaoundé II, les faits qui leur sont reprochés sont censés avoir été commis publiquement, il n’est donc pas question que le procès relatif à ses fais présumés, se tiennent en salle fermée. « Le hold-up électoral a été public, il faut  que les audiences le soient également », a -t-il ajouté. Ses coaccusés Albert Dzongang et Paul Éric Kingue n’ont pas eux aussi caché leur mécontentement. A la suite d’Alain Fogue, ils ont dénoncé à haute voix « le refoulement systématique des personnes désireuses de se rapprocher pour s’enquérir du déroulement de l’audience ». Ils ont en plus blâmé le fait que cette audience se tienne dans le cabinet du juge de la Cour d’appel du Centre, et ont demandé à ce dernier de prendre ses responsabilités. Car, ont-ils estimé, ce n’est pas un juge Yougoslave qui viendra « sanctionner les illégalités flagrantes » qui entachent le procès en cours.

Cette audience qui se tenait le 26 mars dernier, et qui concernait 14 personnes, s’est déroulée en 2 phases. Maurice Kamto et six de ses alliés ont comparu pour la première phase et leur procès a été renvoyé au 02 avril au motif de la mise en état du dossier. Le procès des 7 autres militants qui comparaissaient en deuxième lieu a lui aussi été renvoyé le 09 avril pour les mêmes motifs. Cette mise en état du dossier ayant motivé le renvoi du juge, repose sur la nécessité de produire au préalable, les pièces que sont le titre de détention en vertu duquel Maurice Kamto et les siens sont emprisonnés, ensuite le dossier sur la base duquel a statué le TGI, et l’expédition de l’ordonnance rendue par le juge de l’habeas corpus du tribunal en première instance et qui a débouté les militants du MRC, en rejetant toutes leurs requêtes, a précisé un des avocats de la défense au sortir de l’audience.

Il faut préciser que l’un des vice-présidents du MRC, Me Emmanuel Simh a annoncé que d’autres manifestations auront lieu, le 06 avril prochain.

Par Joseph Essama
Source : Défis actuels

Compétition : Le Feicom incite les collectivités à plus de performance

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Remise-du-prix-Féicom.-Image-d'archives

Le Fonds Spécial d’Equipement et d’Intervention Intercommunale (Feicom) a lancé le 29 mai dernier la 3e édition du Prix National des meilleures pratiques communales de développement local, soit trois ans après la dernière édition. Ce prix qui vise à récompenser les initiatives novatrices ou ayant contribué de façon remarquable et durable à l’amélioration du cadre de vie des populations est ouvert aux 360 communes et les 14 communautés urbaines du Cameroun. Contrairement aux années précédentes, les initiatives de cette 3e édition porteront sur cinq domaines au lieu de quatre. Il s’agit notamment de la gouvernance locale, la gestion des infrastructures et des équipements, la mobilisation des ressources, le développement durable et comme innovation, le développement économique. « Nous voulons voir si les projets qui sont mis en oeuvre au niveau des collectivités se font avec le concours de la population », fait savoir un cadre du Feicom.

D’après le Comité d’organisation, les initiatives retenues sont celles qui ont une durée de mise en œuvre d’au moins deux ans. Elles seront également primées la base de leur pertinence, leur efficacité, leur efficience, leur transparente, leur transférabilité et sur l’innovation. « Les communes et les communautés urbaines vont jusqu’au 29 mai pour concourir. Les initiatives doivent être portées par les communes et non par les individus et les ONG. […] Nous attendons pour cela plus de participation et des initiatives de qualité à l’accélération du processus de décentralisation », indique un membre du comité d’organisation. Outre des primes financières évaluées à 100 millions de francs CFA, le Feicom fera visiter les initiatives récompensées par d’autres collectivités. « Nous allons aussi présenter les initiatives primées à l’international mais nous nous assurerons au surpréalable qu’elles répondent toujours à nos attentes », ajoute un cadre du Feicom. En collaboration avec ONU-Habitat, la banque des communes a pour ambition, à travers « le prix Feicom » d’inciter les Collectivités Territoriales Décentralisées à adopter les meilleures pratiques de développement susceptibles d’améliorer le cadre et les conditions de vie des populations.

Par Ghislaine Ngancha
Source : Défis actuels

Couverture santé : la Cnps va payer la moitié de dépenses médicales des pensionnés

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Le Conseil d’administration de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (Cnps) a autorisé le 27 mars dernier, le directeur général, Olivier Mekulu Mvondo, de signer avec des formations hospitalières, des conventions pour la prise en charge de 50 % des soins médicaux des pensionnés, de bénéficiaires d’allocations de vieillesse et de rentes d’accident de travail. Cette mesure qui jusqu’ici concernait uniquement les pensionnés des formations hospitalières de l’entreprise s’étend désormais à l’ensemble des pensionnés inscrit dans leur fichier. Bien que la Cnps n’a pas encore déterminé les prestations concernées par cette décision, les responsables indiquent qu’il pourrait s’agir en un premier temps des frais de consultation, d’hospitalisation, d’examens et de soins divers. Le directeur général rassure à cet effet qu’une procédure de contrôle sera mise en place après la signature des conventions avec les hôpitaux pour qu’il n’y ait pas d’abus. A en croire la Cnps, ce clin d’oeil en faveur des pensionnés s’inscrit dans « une logique de contribution à la mise en place progressive et maîtrisée d’une couverture santé universelle ». Pour Olivier Mekulu Mvondo, il s’agit d’une forme d´expérimentation qui peut aider à la généralisation de la Couverture santé universelle. L’entreprise souligne par ailleurs que cette mesure a été approuvée grâce au « parfait état financier de la Cnps ». D’ailleurs, les chiffres indiquent qu’en 2018 l’organisme en charge de la sécurité sociale a réalisé un résultat positif net de 62,3 milliards de francs CFA contre 54, 3 milliards en 2017 et 43,7 milliards en 2016.

Notons que la Cnps a engagé depuis 2016 une batterie de reformes visant à améliorer les conditions de vie des Camerounais. Il s’agit notamment de l’augmentation du montant des allocations familiales de 1800 à 2800 francs CFA par mois et par enfant, le relèvement du taux des cotisations sociales de 7 à 8,4 % et le relèvement du plafond des cotisations de 300 000 à 750 000 francs CFA. Et ce n’est pas tout. Le directeur général ambitionne encore de procéder au relèvement des pensions anciennes afin de permettre aux anciens pensionnés dont le niveau des pensions est jugé faible faire face au coût élevé de la vie. Selon les sources de l’entreprise, bien qu’en examen, cette reforme a d’ores et déjà rencontré l’assentiment du gouvernement.

Par Ghislaine Ngancha
Source Défis actuels

Limitation des importations: l’Etat mise sur les PMe et la transformation locale

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Le gouvernement camerounais veut implémenter une piste de solution pour réduire les importations de certains produits de première nécessité. Il s’agit, tel que l’avait déjà suggéré le chef de l’Etat alors en campagne en vue de la présidentielle du 7 octobre 2018, du développement des industries de transformation locale et d’un soutien plus accru aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) ainsi qu’aux Petites et Moyennes Industries (PMI). Le sujet était au centre des discussions le 28 mars dernier, lors du Conseil de Cabinet présidé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Concrètement, il a été question des leviers de transformation industrielle des produits agricoles. L’on apprendra que les PME doivent être impliquées notamment à travers la création de chaînes de valeur en vue de la réduction des importations des biens et des services. « La chaîne de valeurs expliquait à Cameroon Tribune [édition du 29 mars 2019, Ndlr.] le ministre des PME, c’est un processus qui mérite qu’on lui accorde une très grande importance. Parce que dans le cadre de la balance commerciale des biens ou des services, on enregistre un déficit qui est de plus en plus abyssal ». Seulement, ces PME doivent se structurer autour de ces chaînes de valeur. Pourquoi ? « D’abord, il s’agit de bénéficier des financements pour renforcer leur production, de disposer du capital technologique nécessaire, de bénéficier des structures de mise à niveau, mais entend aussi, de respecter les normes et les certifications en termes de production », répond le ministre Achille Bassilekin III.

Mesures incitatives

Il existe en effet, à en croire le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, des possibilités de transformation industrielle des produits locaux. Selon Gabriel Dodo Ndoke, les leviers à actionner actuellement pour l’accélération locale de ces produits agricoles sont ceux qui devraient être assis sur l’existant industriel. « A savoir dit-il à Cameroon Tribune, accroître la capacité de production des unités existantes et mettre en place un maillage des acteurs qui interviennent directement dans le processus de production de la matière première et de la transformation ». Si cela est fait, « nous pensons que le processus de transformation locale devrait s’accélérer et être accompagné par des mesures incitatives et protectrices de ces produits sur le marché local », poursuit le ministre. Pour lui, les mines représentent près de 28% de la valeur ajoutée du secteur secondaire hors pétrole. Alors que l’on dénombre à ce jour 210 000 unités économiques dans le secteur des PME à qui le gouvernement entend apporter les différents appuis annoncés par le chef de l’Etat. Objectif : permettre à ces entreprises d’accroître leur production pour la couverture du marché national principalement.

Par Arthur Wandji
Source Défis actuels

Entreprises brassicoles : Plus de 40 milliards de perte

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Les entreprises brassicoles, industries meunières, industries laitières, dont les unités de production sont installées hors des régions du Sud-ouest et du Nord-ouest sont également impactées par la crise. Le climat d’insécurité a conduit au retrait des représentations commerciales et même à une impossible couverture de plusieurs zones de ces Régions. Plusieurs entreprises ont été contraintes au démantèlement des infrastructures logistiques et de commercialisation lorsque celles-ci ont échappé aux vandalismes et destructions.

De manière détaillée, les entreprises de fabrication des boissons observent notamment des pertes de chiffres d’affaires allant jusqu’à 40 milliards de francs CFA. Les actes de vol et de vandalismes ont déjà coûté à ces dernières plus de 500 millions de francs CFA en pertes matériels sans compter les sommes déboursées par leurs employés pour échapper aux rackets et autres menaces. Les industries meunières, bien que n’ayant pas minoterie installée dans ces régions voient également leurs activités souffrir de ce climat d’insécurité. Des camions de livraison leur appartenant ou à des tiers travaillant directement ou indirectement pour leur compte ont été incendiés. Les livraisons auprès des clients ont baissé, même si l’intensité diffère d’une entreprise à une autre. Elles vont notamment de 5% à 40% pour les entreprises les plus impactées. Le manque à gagner pour l’ensemble de la filière pourrait ainsi avoisiner 4,9 milliards francs CFA. Les entreprises ont notamment perdu le contact avec des clients boulangers et autres grossistes, le nombre de livraison a chuté, drastiquement dans certains cas. Des licenciements pouvant atteindre 15 % des effectifs sont en étude si la situation perdure.

Dans le secteur des services à l’agriculture, à savoir la distribution des produits phytosanitaires, machinisme agricole, conseil agricole, commercialisation,) s’en trouvent impactés. Le document du Gicam indique que pour la distribution des produits phytosanitaires en particulier, la chute des activités atteint 60 % des ventes en raison notamment des difficultés que rencontrent aussi bien les agro-industries que les petits producteurs de ces régions qui ont dû déguerpir les champs pour se réfugier dans les villes ou ailleurs.

Par Junior Matock
Source Défis actuels

Crise anglophone : CDC, Pamol et les entreprises brassicoles paient le prix fort

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« Me faire parler des effets de la crise anglophone, c’est comme si vous me demandiez de retourner le couteau dans la plaie. Je vis aujourd’hui à la solde des amis et autres membres de ma famille. Du fait de la persistance des menaces proférées par des sécessionnistes,il m’est très difficile de me rendre au travail. Du coup, je suis sans salaire et sans aucune autre ressources financière ». Ainsi s’exprimait, d’une voix à peine audible, le 29 mars dernier, Martins B, employé au chômage de la Cameroon Development Corporation (CDC). Depuis sa résidence située dans la localité de Muea, à quelques kilomètres du chef-lieu de la région du Sud-Ouest, Buea, il dit tirer désormais le diable par la queue. « Je ne peux non plus prendre soin de ma progéniture étant donné que les Amba boys ont fait main basse sur mes plantations ». Martins fait donc partie de la liste des employés de cette entreprise deuxième employeur du pays après l’Etat, dont la vie est semblable à un tronc de bananier desséché.

Cdc : 30 milliards pour relancer les opérations les opérations

Dans un entretien réalisé par une chaîne internationale et diffusé le 27 mars dernier, l’on apprend que 40 000 hectares de bananeraies sont abandonnés, seulement 7 sites sur 29 fonctionnent et de nombreuses usines d’emballage de bananes ont été mises à feu par les groupes sécessionnistes. Selon le directeur général de la CDC, Franklin Ngoni Njie, les pertes de l’entreprise se chiffrent à 35 milliards de francs CFA. Parce que 63% des activités de la société sont à l’arrêt. Bien plus, la société spécialisée dans la production de la banane a un besoin urgent de 30 milliards de francs CFA pour relancer ses opérations, d’après Franklin Ngoni Njie.

En outre, dans un rapport publié par le Groupement Inter patronal du Cameroun en juillet 2018, il était indiqué que la CDC a besoin des ressources urgentes pour entre autres : « payer des factures de fournisseurs afin de rétablir la confiance et reprendre les livraisons de matières premières/pièces de rechange nécessaires à la production ; remplacer les équipements de production détruits ; réhabiliter les plantations et amortir la dette sociale de l’entreprise ». Par ailleurs, une évaluation sommaire des pertes enregistrées chiffre les pertes de productions de banane, huile de palme et de caoutchouc à 9,2 milliards de francs CFA, un manque à gagner en chiffres d’affaires de 11,4 milliards de francs CFA. Les pertes en termes d’équipements volés/ détruits, rançons, vols, s’élèvent à 1,031 milliard de francs CFA, selon le rapport du Gicam. Cependant, des experts expliquent que ces données ont été largement dépassés à de nos jours, et même si aucun d’eux n’ose avancer un chiffre précis. A cela il faut ajouter les nombreux traumatismes et pressions morales et physiques subis par les employés de cette entreprise. De sources dignes de foi, on dénombre en moyenne 50 travailleurs grièvement blessés à la CDC par les séparatistes.

Pamol, un milliard toujours attendu de l’Etat

Du côté de Pamol, autre fleuron de l’agro-industrie basée dans la région du Sud-ouest, spécialisée dans la production d’huile de palme, les dégâts ne sont pas moins importants. A tel point que lors du lancement du cinquième emprunt obligataire, l’Etat avait prévu voler au secours de la Pamol à concurrence d’un milliard de francs CFA. Mais à date, aucune information ne filtre sur le sujet. Cette ressource devait permettre à l’entreprise de rénover ses équipements et appareils de production. Et pourtant, le document du Gicam précise à cet effet que « de nombreuses entreprises fournisseurs des agro industries tels que Pamol, pâtissent de la détresse de cette dernière. Les créances s’accumulent et aucune commande n’est plus enregistrée. De nombreux stocks de produits courent vers les dates limites de péremption, faute d’autres débouchés ».

Crise Anglophone : un lourd bilan social

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Incendie de l'hôpital de Kumba

Depuis près de deux ans, la crise dite anglophone dicte sa loi dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. C’est la guerre ouverte entre le pouvoir central et les séparatistes autoproclamés de l’Etat imaginaire qu’ils appellent « l’Ambazonie ». Depuis, des violences ont éclaté et le bilan est lourd. Plus de 500 civils ont été tués depuis le début du conflit, selon le centre d’analyse International Crisis Group (ICG). Or officiellement, aucun chiffre n’est rendu public sur le nombre de morts et de blessés enregistrés dans les deux camps.

Des écoles partent en fumée

Les violences débordent le cadre des affrontements entre manifestants séparatistes et forces de l’ordre. A Buea comme à Bamenda, l’on note des actes de vandalisme, des commerces pillés, pire encore, des hôpitaux et des établissements scolaires sont incendiés pour avoir ouvert leurs portes aux rares élèves déterminés à poursuivre leurs études. Ce sont entre autres, les cas du collège Saint Pius de la ville d’Ekondo Titi (département du Ndian, dans la région du Sud-Ouest), le collège évangélique de Bamenda, le Baptist Comprehensive college de Nkwen, le Sacred heart college, l’un des internats les plus prestigieux de la région, l’école publique d’Atuakom de Bamenda et le Maflekumen Higher Institute of Health and Science situé à Tiko. Au moins huit écoles sont déjà parties en fumée.

437 000 Déplacés selon l’onu

Du coup, pour poursuivre l’éducation de leurs enfants en toute tranquillité, certains parents ont choisi d’envoyer leurs dans des villes comme Douala, Yaoundé, Dschang, Mbouda etc. La conséquence de cet exode étant le surpeuplement des écoles, collèges et lycées des autres régions. Ce qui, selon les acteurs du système éducatif, impacte négativement sur le pilotage des élèves et étudiants au niveau pédagogique. Les salles de classe et les amphis accueillent plus d’apprenants que le nombre prévu, les enseignants sont surchargés et certains commenceraient même à se décourager. Or, à côté des élèves et étudiants qui ont dû quitter les zones touchées par cette crise anglophone, il y a ceux qui ont choisi l’immigration. Selon l’ONU, 437 000 personnes ont été déplacées dans les régions anglophones, et plus de 32 000 autres ont fui au Nigeria voisin.

Intimidation et psychose

Les populations vivent en effet dans la peur notamment à cause du maintien de l’opération de « villes mortes » qui plombent les activités économiques, mais aussi des messages d’intimidation et autres tracts véhiculés par les séparatistes qui menacent de s’en prendre violemment aux enfants qui s’entêtent à aller à l’école. Dernièrement, la psychose est montée d’un cran avec l’enlèvement de vingt joueurs de l’équipe de football de l’université de Buea, capitale du Sud-Ouest du Cameroun, alors qu’ils s’entraînaient. Retenus en captivité pendant plus d’une journée, les cops ont été ensuite libérés après avoir subi des actes de tortures.

Arthur Wandji

Source: Défis actuels

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