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Finances publiques : Le budget 2019 passe de 4850 à 5212 milliards

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Le collectif budgétaire signé le 29 mai dernier par le président de la République, Paul Biya, apporte plusieurs modifications dans la loi de finances exécutée depuis le début de l’exercice budgétaire en cours. Ainsi, le budget 2019 qui avait été arrêtée à 4 850,5 milliards de francs CFA, connait une hausse de 361,5 milliards de francs CFA pour se situer désormais à 5212 milliards de francs CFA. Bien plus, pour assurer l’équilibre de ce nouveau budget, notamment en termes de recettes et de dépenses, de nouvelles poches de recettes ont été définies. Soit 121,5 milliards de francs CFA de recettes propres, dont 56 milliards de recettes pétrolières et 24, 5 milliards de recettes fiscales et 240 milliards de francs CFA d’emprunts. Dans ce dernier registre, l’Etat a fixé le montant de ses emprunts extérieurs à 188 milliards de francs CFA. En matière de dépenses, on note globalement que les projections de dépenses courantes baissent de 14,5 milliards de francs CFA. Tout comme l’on observe certaines réallocations qui ont été effectuées concernant certains postes de dépenses. Le tout dicté par l’objectif de « maintenir le déficit du solde budgétaire à 2 % du Produit Intérieur Brut ». Mais comment est-on arrivé à ces modifications ?

Pour Edmond T, économiste, « Cette situation trouve son explication sur les évolutions récentes enregistrées sur certains données telles que les ressources pétrolières et fiscales », lesquelles reflètent, a-t-il insisté, « l’ensemble des mesures de discipline budgétaire et d’optimisation des recouvrements fiscaux imposées par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze ». Notamment la circulaire instruisant la rigueur dans les dépenses publiques, traduit entre autres par l’Opération de Comptage Physique, l’appel lancé à l’endroit régies financières, pour plus d’efforts dans la mobilisation des ressources internes, etc.

La circulaire du 11 mars 2019 : stop aux dépenses improductives

Tenir compte de la morosité du contexte économique, marquée entre autres par la baisse drastique des ressources pétrolières, éviter le gaspillage des ressources publiques en ne dépensant qu’à concurrence ce dont on dispose. Tel est résumé le contenu de la circulaire signée le 11 mars dernier par le Minfi, Louis Paul Motaze. Dans cette note adressée aux ordonnateurs du budget, maîtres d’ouvrages et autres contrôleurs financiers, le Minfi sonnait la fin des dépenses improductives, en expliquant par ailleurs que cette mesure pouvait permettre à l’Etat d’économiser des ressources pour des causes bien plus utiles. Il rappelait justement  que « le Cameroun est frappé de plein fouet par la crise économique préoccupante liée à la baisse des prix des matières premières , ce qui induit une baisse des recettes de l’Etat, tandis qu’au plan interne les défis à relever sont nombreux et exigent d’importantes ressources financières ». Parmi ces défis, il énumérait : « la perspective d’importantes échéances électorales, le renforcement de la décentralisation, la finalisation des projets d’infrastructures, et la lutte contre l’insécurité », se souvient Bertrand P, spécialiste des politiques publiques.

Résultats : baisse de 50 milliards sur les dépenses de biens et services

L’Opération de Comptage Physique du Personnel de l’Etat (Coppe) 2018 a permis de réaliser des économies budgétaires. En effet, les retombées de cette opération font ressortir « des économies de 3 milliards de francs CFA par mois », souligne-t-on au Minfi. Bien plus, en répercutant ces ressources sur la projection de la masse salariale 2019, les dépenses de personnels subissent « une diminution de 26 milliards de francs CFA », martèle-t-on du côté de ce même département ministériel. Par ailleurs, on enregistre désormais une baisse de 50 milliards de francs CFA sur les enveloppes des dépenses de biens et services des administrations, ce qui correspond, « à tous les blocages de précaution opérés dans les chapitres budgétaires en début d’exercice 2019 »,indiquent des sources proches du dossier au Minfi. Ces mêmes sources expliquent que l’on a pu en outre, effectuer « une réduction de 17,6 milliards de francs CFA des dépenses d’investissement sur ressources propres, compte tenu du fait que les dépenses d’investissement sur ressources extérieures ont connu une hausse importante ». Il était donc question d’éviter l’érosion du solde primaire, en maintenant le niveau du déficit à 2 % du Produit Intérieur Brut (PIB).

Augmentation des recettes fiscales 

« Même si l’on note des améliorations au niveau de la mobilisation des ressources internes, notamment les recettes fiscales et douanières, je me dois de rappeler à ces différents responsables l’obligation de faire mieux. Parce que le contexte économique qui est le nôtre ne nous en donne pas le choix ». Ce message du Minfi repris à plusieurs occasions, sonne tel un refrain dans l’esprit des responsables des administrations d’assiette et des douanes. Ceux-ci ont pris à bras le corps cette instruction, avec à la clé, des résultats qui ne sont pas faits attendre. En effet, selon des données officielles récentes, les réalisations de recettes fiscales à la fin 2018 ont été plus importantes que celles estimées lors de la préparation du budget et utilisées comme base de projection des recettes fiscales de 2019, explique-t-on du côté du Minfi. Concrètement, on note « une augmentation des recettes fiscales de 24,5 milliards de francs CFA ». De manière distincte, les recettes de l’administration fiscale connaissent une hausse de 16 milliards de francs CFA, tandis que l’administration douanière affiche 8,5 milliards de francs CFA. Tout ceci a donné lieu à une révision à la hausse de l’objectif projeté en 2019. Ainsi, l’objectif attendu au titre des recettes non fiscales passe de 180 milliards de francs CFA à 200 milliards, ce qui traduit une variation de 20 milliards de francs CFA.

Par ailleurs, au niveau des recettes pétrolières, des sources au Minfi soutiennent que « malgré la quasi stabilité observé par rapport à l’évolution des cours mondiaux de pétrole, les recettes pétrolières connaissent une augmentation de l’ordre de 56 milliards de francs du principalement à un accroissement de la production ».

Les priorités

Selon des sources au Minfi, le collectif budgétaire qui vient d’être signée, prend en charge « les nombreuses contraintes supplémentaires qui pèsent sur l’exécution du budget 2019 », notamment, précisent ces sources, « la réduction du stock d’arriérés intérieurs, le relèvement des dépenses d’investissements sur financement extérieurs, l’organisation des élections régionales et la mise en place des régions, le soutien du prix des carburants à la pompe, la sécurité et le relèvement de l’allocation dédiée  à la prise en charge des pensions ». Concrètement, il s’agit, expliquent ces sources, d’orienter ces ressources additionnels vers : « la provision à hauteur de 20,3 milliards des dépenses liées au soutien du prix du carburant à la pompe ; le renforcement de la provision de sécurité par un accroissement de 20 milliards, la recapitalisation de la Banque des Petites et Moyennes Entreprises à hauteur de 10 milliards, la prise en charge des dépenses liées à l’organisation des prochaines échéances électorales à hauteur de 30 milliards, etc  ».   

Junior Matock

Can 2019 : Le TAS délivre le Cameroun

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A 17 jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2019, le Tribunal arbitral du sport (Tas) a rendu sa décision sur le recours déposé par les Comores en disqualification du Cameroun du tournoi final. Pour le tribunal suprême mondial du sport, les Comores n’ont pas d’intérêt dans cette partie, étant classés 4ème de la poule des éliminatoires du tournoi, derrière le Malawi. Et de ce fait, le recours a été jugé « irrecevable ». Mettant un terme au rêve comorien de participer pour la première fois à la phase finale de la Can. Et du coup, le boulevard est ouvert pour le Cameroun qui, bien que se préparant pour Egypte 2019, n’avait pas l’assurance totale d’y être.

Le décision du TAS

Les Comores fondaient leur requête sur le retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (Can) au Cameroun. Et exigeaient l’application de l’article 92-3 du Règlement de la Confédération africaine de football (Caf), qui prévoit l’exclusion du Cameroun de deux éditions de Can, ainsi qu’une amende de 500 mille dollars américains. Et le manager général de l’équipe nationale des Comores estimait qu’au moment du retrait de la Can, son pays était deuxième du groupe et à cet effet, l’île était automatiquement qualifiée. A défaut, une annulation des matchs du Cameroun propulserait le pays à la seconde place.

En revanche, pour la Caf, il n’y a pas eu de retrait en ce qui concerne le Cameroun, mais « un glissement de date », déplaçant l’organisation camerounaise de 2019 à 2021, ainsi que la Côte d’ivoire et la Guinée, suivent le même effet sur 2023 et 2025. Pour autant, la résolution du Comité exécutif de la Caf du 30 novembre 2018 parlait bien de « retrait », motivé par l’énorme retard qu’accusait le pays dans les travaux de construction d’infrastructures. Après trois missions d’inspection. Et au cours d’une interview accordée à la chaîne de télévision Afrique media, Ahmad Ahmad, le président de la Caf avait reconnu que les dirigeants de la Caf étaient engagés dans une transition et ne pouvaient être rigoureux sur le respect des textes. Par ailleurs, le Malgache estimait que le président camerounais s’était beaucoup engagé dans l’organisation de cette Can et que les infrastructures sportives en construction méritaient d’être mises à exploitation. Toujours est-il que la Caf disposait d’un argument de poids face aux Comores : la non existence d’un Accord-cadre entre le propriétaire du tournoi et l’organisateur initial qu’était le Cameroun.

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Le Cameroun n’a pas toujours parlé d’une même voix

Coupe du monde féminine: Quelles Lionnes indomptables pour France 2019 ?

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Les Lionnes indomptables: Est-on vraiment sérein?

La Coupe du monde de football féminin s’ouvre ce vendredi 7 juin 2019 en France. Avec parmi les concurrentes, le Cameroun. Les Lionnes indomptables participeront ainsi pour la seconde fois consécutive à la fête mondiale du football féminin. Après Canada 2015 qui les a vues quitter le tournoi en 8ème de finale, en menaçant au passage de grandes nations du football féminin à l’échelle mondiale, notamment la Chine qui jouera plus tard la finale (perdue face aux Etats-Unis). Quatre ans après, le Cameroun aligne pratiquement la même sélection. Du moins les mêmes éléments qui constituent l’ossature de l’équipe. Pour quels résultats ? Les Lionnes n’ont perdu que deux de leurs six principaux matches de préparation. Ce qui présage peut-être de lendemains enchanteurs pour le Cameroun. Mises à part les problèmes extra sportifs comme les primes qui s’invitent souvent dans le jeu, et qui n’est pas encore résolue, les Lionnes ont affiché jusqu’ici un mental fort.

Un des atouts de la sélection nationale pourrait être l’attaque. Difficile pour autant de parier sur celle qui a émerveillé le monde du football il y a quatre ans : Gaëlle Enganamouit. Le ballon d’or africain 2015 brillera-t-elle encore comme ce fut le cas il y a quatre ans ? Difficile de le savoir. Celle dont la prestation en Coupe du monde avait largement influencé son sacre comme ballon d’or africain 2015, sort d’une longue période morte. Blessée, Gaëlle Déborah Enganamouit a longtemps usé son short sur le banc de touche de Malaga, D1 espagnole, avant de résilier son contrat, pour se concentrer sur des soins spécifiques, n’est certainement plus au top de sa forme d’antan. D’ailleurs, depuis 2015, la Lionne semble avoir perdu ses crocs. Attendue à la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2016 jouée à domicile, l’attaquante n’a été que l’ombre d’elle-même. Aucun but marqué dans un tournoi qui a pourtant vu le Cameroun tomber en finale devant le Nigeria. Le passage à vide se poursuivra tant en clubs qu’en sélection. Le retour de Gaëlle est la conjonction de divers facteurs davantage extra sportifs que techniques : alors qu’elle se trouve avec la sélection nationale dans un tournoi amical en Chine, la « légende », désormais rentrée dans les bonnes grâces de Samuel Eto’o, a été rappelée par la Fédération internationale de football association (Fifa) pour servir de mascotte pour le passage du trophée de la Coupe du monde. Du coup, il devenait difficile pour Alain Djeumfa de ne pas « faiblir » sur ce cas qui alimentait la chronique sportive. Lui qui s’est justifié en indiquant que la joueuse suivait des soins dans « un grand centre spécialisé en Europe ». Et même s’il s’avère que ledit centre se trouve au Qatar, il demeure que l’entraîneur principal n’avait pas d’autre choix que de retenir l’attaquante dans le groupe. Et la joueuse n’a livré aucun match amical.

Autant, le groupe est l’un des plus vieux, avec une moyenne d’âge de 28 ans. L’un des plus élevés de la Coupe du monde. Ce qui ne présagerait pas d’un bon rendement, tant de l’avis de nombreux spécialistes du football féminin, il y aura de la vitesse dans le jeu, au regard de la moyenne d’âge relativement jeune dans la plupart des sélections. Mais le Cameroun peut compter sur l’expérience de ses principales joueuses. Entre autres, Manie Christine, Annette Ngo Ndom, Aboudi Onguene, Meffometou, Feudjio Raïssa,… et surtout la nouvelle garde qui caracole au sommet des performances. Notamment les deux binationales que sont Michaella-Batya Abam et Estelle Laura Johnson, ainsi que la jeune Alexandra Takounda.

Quoi qu’il en soit, le Cameroun ne compte pas jouer les figurants à cette coupe du monde. Les Lionnes indomptables entrent en compétition le 10 juin contre le Canada. Les deux autres adversaires du premier tour sont la Belgique et la Nouvelle Zélande.

 

Les 23 Lionnes indomptables

Gardiennes : Annette Flore Ngo Ndom (Amazones FAP, Cameroun), Marthe Omgmahan (Awa Girls, Cameroun), Isabelle Mambingo (Sinshine Queen’s, Nigeria)

Défenseurs : Augustine Edjangue (Arna Bjornar, Norvège), Falone Meffoumetou (Guingamp, France), Yvonne Leuko (Strasbourg, France), Isis Sonkeng (Amazones FAP, Cameroun), Christine Mani (AS Lorraine, France), Aurèle Awona (Dijon, France), Estelle Laura Johnson (Sky Blue, États-Unis)

Milieux de terrain : Raïssa Feudjio (Tenerife, Espagne), Charlène Meyong (Louves Minproff, Cameroun), Geneviève Ngo Mbeleck (Amazones FAP, Cameroun), Jeannette Ngock Yango (US Saint-Malo, France), Marlyse Ngo Ndoumbouck (AS Nancy, France), Michaella-Batya Abam (Paris FC, France), Thérèse Abena (Louves Minproff)

Attaquantes : Gabrielle Aboudi Onguene (CSKA Moscou, Russie), Henriette Akaba (Amazones FAP, Cameroun), Gaëlle Enganamouit (sans club), Madeleine Ngono Mani (Ambilly FC, France), Alexandra Takounda (Éclair, Cameroun), Nchout Ajara (Valerenga, Norvège)

Crise anglophone : Dialogue inclusif, mode d’emploi 

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En finir au plus tôt avec la cacophonie !

Une tête d’un enseignant coupée et exposée au centre-ville de Bamenda. Un nourrisson tué dans son lit. Des cheptels massacrés. Tout le monde est désormais d’accord que la crise sécuritaire qui sévit dans les zones anglophones depuis 2016 a franchi un cap insoutenable et injustifiable.
Et face aux scènes d’horreur quasi-quotidiennes, la cause est désormais entendue de tous qu’il faille absolument un dialogue inclusif. Reste à en déterminer les contours, sur la base des pratiques et usages diplomatiques, juridiques et politiques qui ont été usités en pareilles circonstances.
Entre maximalisation et minimisation des revendications
En réponse à la déclaration du premier ministre Joseph Dion Ngute lors de sa tournée au Nord-ouest et au Sud-ouest et dans laquelle il faisait savoir que le pouvoir était disposé à discuter de tout en dehors de la sécession, le président autoproclamé de l’Ambazonie, Sisiku Julius Ayuk Tabe, a fait une sortie le 27 mai dernier pour se déclarer également prêt à dialoguer avec le pouvoir de Yaoundé. Pour cela, il pose des préalables dont les principales sont : le départ des forces et de défense ainsi que des fonctionnaires et autres autorités administratives en poste dans la zone anglophone ; la libération de toutes les personnes interpellées depuis 2016 dans le cadre de la crise ; l’égalité et la parité entre le Cameroun et les représentants de l’Ambazonie lors des négociations qui devront se tenir loin du pays sous l’égide des Nations-Unies avec la participation des « témoins », notamment le Royaume-Uni, la France, l’Union africaine, le Commonwealth, l’Union européenne et la CEDEAO. Ces négociations devant se pencher sur des sujets concernant la politique, l’économie et les aspects socio-culturels.
Cette démarche essentiellement politique semble être aux antipodes de celle du gouvernement du Cameroun qui, depuis 2016, après quelques moments d’atermoiements, a opté pour une dynamique largement bureaucratique et technocratique, et qui a consisté à discuter de manière sectorielle avec les leaders des corporations des avocats, des enseignants et des étudiants. A la suite de ces échanges, les autorités de Yaoundé, sous la houlette de Paul Biya ont pris des mesures dont les principales sont les recrutements spécialisés des anglophones dans l’enseignement secondaire, la magistrature et les greffes ; la réforme de l’Enam et la cour suprême avec la restauration des sections de la Common Law ; la traduction des actes uniformes de l’Ohada en anglais ; la nomination des anglophones dans les juridictions, les établissements scolaires et universitaires ainsi que l’administration dans les régions anglophones ; etc. A ces décisions à portée corporatistes, ont été adjointes des actions politiques notamment la nomination des anglophones à des fonctions ministérielles prestigieuses.
Dans ce face-à-face gouvernement-séparatistes, les partis politiques viennent en troisième larron. Les partis d’opposition accusent le gouvernement quant à la détérioration de la situation, les positions de certains tendant à se recouper en bien de points avec celles des sécessionnistes. Par conséquent, leurs propositions de forme du dialogue tendent à transformer celui-ci en une sorte de conférence nationale souveraine. Certains n’hésitant pas à appeler purement et simplement à l’instauration d’une transition.
La société civile n’est pas en reste en termes de propositions de dialogue. La plus célèbre étant la Anglophone General Conference (AGC) proposée par le Cardinal Christian Tumi. S’inspirant de la All Anglophone Conference du début des années 1990, cette initiative vise à réunir le plus grand nombre d’anglophones du pays et de la diaspora, afin de scruter les origines de la crise actuelle, de proposer des solutions durables et de servir d’interface entre le gouvernement et les populations anglophones.
Face à cette multitude de propositions, il est loisible de constater que chaque partie tend à tirer à la couverture à elle, et à attirer les autres sur le terrain qui lui est favorable. Résultat, la méfiance et défiance sont de mise. Et le fameux dialogue inclusif tend à se transformer à un véritable serpent de mer, alors que l’urgence de sa tenue n’est plus à démontrer.
Dialogue inclusif : la démarche à suivre
S’appuyant sur les expériences du continent Africain et d’ailleurs, certaines mesures peuvent servir de balises à l’ouverture du dialogue inclusif. Tout d’abord, il s’agit d’éviter toutes conditions préalables à l’ouverture du dialogue. En effet, le principe d’un dialogue inclusif est celui de l’intégration du plus grand nombre de parties prenantes et de la discussion de tous les sujets sans tabous. Les parties doivent ainsi éviter d’imposer des mesures préalables avant l’ouverture dialogue, à l’instar du départ des militaires et des fonctionnaires, car rien ne garantit la partie d’en face que cela ne viendra pas plutôt aggraver la situation en sa défaveur, comme on a eu à le vivre en Côte-d’Ivoire.
Cependant, les parties doivent éviter de vouloir régler tous les problèmes du pays à l’occasion de ces discussions. Il s’agira alors de veiller à la « spécificité » de ce dialogue qui devra tabler sur des domaines bien précis, afin qu’on ne s’enlise dans d’interminables débats, car qui trop embrasse mal étreint, et prévenir un éventuel « chevauchement des agendas » où certains acteurs voudront atteindre leurs objectifs personnels au détriment de l’intérêt général, comme on l’observe au Mali ou encore au Sud-Soudan.
Ensuite, il faudrait procéder à la mise en place des mesures de confiance entre les parties. Pour cela, l’on pourrait par exemple libérer certaines personnes dont la détention est difficilement justifiable, car dans la flopée des personnes interpellées, il est clair que la culpabilité de certaines est plus que problématique. Il sera surtout impérieux d’accorder des garanties d’immunité aux différents représentants, quelle qu’en soit la nature de leurs factions, et surtout d’éviter toute ruse ou violence, car il ne s’agit pas davantage de « neutraliser » les leaders, mais plutôt de convaincre les populations. La décapitation de la rébellion ne servant qu’à « martyrisation » des leaders, la radicalisation des combattants et la fabrication de nouvelles tendances.
L’ouverture des négociations doit se faire absolument sous l’égide d’une troisième partie, neutre et étrangère. Mais il serait indiqué d’éviter les Nations Unies et les grandes puissances dont l’expérience des échecs dans les médiations fait florès.
Aussi, des organisations comme la fondation Sant’Egidio peuvent-elles être mieux indiquées. En effet, la Communauté de Sant’Egidio est une association de fidèles catholiques fondée en 1968 à Rome par Andrea Riccardi. Cette organisation a, en matière de règlement des différends internationaux et de mise en place de médiations, des résultats très substantiels et des méthodes originales. Elle agit à la fois au plan local, national et transnational. Elle a pris une part importante dans le processus qui a abouti à la signature d’un accord de paix le 4 octobre 1992 au Mozambique, mettant fin à la guerre civile ; l’organisation d’une médiation entre les organisations politiques algériennes et sa concrétisation dans une plate-forme commune, dite de Plate-forme de Sant’Egidio ; la médiation pour la résolution du conflit au Kosovo ; la résolution des crises politico-militaires en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, notamment en RCA entre les Antibalaka et la Séléka, et au Sénégal entre le gouvernement et les indépendantistes casamançais.
Le choix de la Communauté de Sant’Egidio est d’autant plus indiqué eu égard à la soumission tant des populations anglophones que du président Paul Biya à l’église catholique.
C’est par l’entremise d’une telle troisième partie que pourront justement être négociées des « mesures conservatoires » telles que : le lieu du dialogue ; les différentes parties prenantes ainsi que leurs représentants ; les partenaires étrangers et observateurs au dialogue ; le cessez-le-feu ; la forme des discussions ; la libération éventuels des leaders de la sécession, etc.
Enfin, pour mieux garantir le succès de ce dialogue inclusif, il est impératif pour les représentants du gouvernement de se départir de leur posture habituelle d’arrogance, qui les incline au messianisme et à l’unilatéralisme dans les processus de prises de décisions.

Crise anglophone : La CDC à l’agonie

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CDC, Pamol et les entreprises brassicoles paient le prix fort.

C’est un fait. La Cameroon  Developpement Corporation  (CDC) est au bord de la faillite.  Après avoir suspendu ses exportations  de banane depuis septembre 2018 et  fermé plusieurs unités de production, le  deuxième employeur du Cameroun  (après l’Etat) vient de mettre 60 % de  ses effectifs soit 12 000 employés sur  22 000 au chômage technique.  L’entreprise basée dans la région du  Sud-Ouest paie ainsi le prix fort de la  crise anglophone qui sévit dans cette  partie du pays depuis près de trois ans  où elle détient la majorité de ses  plantations. « L’entreprise évolue en  moins de 10 % de ses capacités », a  martelé le directeur général de la CDC,  Franklin Ngoni Ikome Njie qui précise  que 40 % des employés étaient des  ouvriers sans salaire depuis près de 11  mois. Et pourtant, l’on se souvient  qu’en juin 2018, le top manager avait  prévenu le gouvernement de ce que : « la situation pourrait être pire dans un  avenir proche si la crise persiste,  surtout dans la région du Sud-Ouest ».  Franklin Ngoni Ikome Njie menaçait à  ce moment-là de suspendre près de 5  000 emplois si la crise perdurait. « A  partir de juin 2018, les travailleurs des  différents champs en crise devraient  être payés à hauteur de 50 % de leurs  salaires. Si la situation persiste, elle  baissera à 40 % en juillet, 35 % en  août, 30 % en septembre et après six  mois, ces travailleurs seront licenciés »,  avait-il averti.

En réalité, la CDC traverse une crise  financière sans précédent depuis le  début de la crise anglophone. La  Mastodonte a dû fermer 12 sites de  productions sur 29 à savoir Boa, Moulin  Illoani, Illoani, Mbonge, Mukonje,  Malende, Mungo, Meanja, et Tombel.  Le Groupement Inter Patronnal du  Cameroun (Gicam) précisait également  dans un de ses rapports que 10 autres  sites tournent au ralenti du fait des  attaques des sécessionnistes. Le  patronat indiquait également que  certains sites de productions sont  devenus le camp d’entrainement des  séparatistes.

Affaiblie et paralysée par la crise  anglophone qui sévit dans les régions  anglophones depuis deux ans, la CDC  avait récemment fait savoir au  gouvernement qu’elle avait besoin de  84 milliards de francs CFA pour sa  restructuration. D’après les  responsables de l’entreprise, cette  enveloppe sera destinée au  rajeunissement des plantations, la  fourniture des engrais, l’acquisition des  équipements, la formation du  personnel et à la régénération des  plantations afin d’accroitre la  production.

Défis Actuels

 

Hydrocarbures : Tradex affiche un chiffre d’affaires de 291 milliards en 2018

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Perrial Jean Nyodog, directeur général de Tradex

  La société de distribution et de  commercialisation des  produits pétroliers, Tradex, a  renforcé sa performance en 2018. Le  pétrolier camerounais a réalisé un  chiffre d’affaires de 291 milliards de  francs CFA et un résultat net de 10,3  milliards. Ce qui représente une  hausse respective 60 milliards et de  1,3 milliard de franc CFA par rapport  aux statistiques de 2016 où  l’entreprise avait dégagé un chiffre  d’affaires de 231 milliards pour un  résultat net de 9 milliards. « Le  Chiffre d’affaires 2018 dégagé par  notre entreprise fait de celle-ci la plus  importante et la plus rentable au  Cameroun en Afrique centrale et  même en Afrique », s’était réjoui le  directeur général de Tradex, Jean  Perrial Nyodock, le 1er mai dernier à  l’occasion de la fête du travail.

En effet, au cours de la période sous  revue, apprend-on, l’entreprise  fondée en 1999 par la Société  Nationale d’Hydrocarbures (SNH) a  vendu 597 158 mètre cube de  carburants, 97 952 tonnes de Gaz de  Pétrole Liquéfié (GNL) ou gaz  domestique ainsi que 1 100 tonnes de  lubrifiants. Alors qu’en 2016, le  marketeur a commercialisé 188 000  m3 de carburants, 581 tonnes de  lubrifiants et 7896 TM de gaz de  pétrole liquéfié. En termes  d’importations, Tradex a acheté 72  000 TM de GPL.

Créée en 1999, l’entreprise détenue à  54 % par la Société Nationale des  Hydrocarbures du Cameroun dispose  actuellement d’un réseau de plus de  91 stations-services dans trois pays  africains notamment le Cameroun, la  RCA et le Tchad. La filiale de la SNH  est aussi investie dans la  commercialisation du gaz et des  lubrifiants. Notons que c’est le 17  décembre 2018 que Tradex a été  autorisé de construire des stationsservice  et de commercialiser des  produits pétroliers en Guinée  équatoriale où le français Total  détenait le quasi monopole du  secteur de distribution et de  commercialisation des produits  pétroliers.

Ghislaine Ngancha (Défis Actuels)

Socaver a réalisé un bénéfice net de 97 millions en 2018

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Au cours de l’année 2018, la  Société Camerounaise de  Verrerie (Socaver) indique  avoir réalisé un bénéfice net de 97,294  millions de francs CFA sans distribué  de dividende. La filiale camerounaise  du groupe français Société Anonyme  des Brasseries du Cameroun (Sabc),  révèle également que la production,  avec les fours n° 1 (qui a fonctionné  jusqu’au 7 mai 2018) et n° 2, a atteint  36 700 tonnes de verre contre 34 000  tonnes prévues au budget et 49 800  tonnes produites en 2017. « Ce  volume a été réalisé avec un taux  moyen de groisil (débris de verre  pulvérisés utilisés dans la fabrication  des verres communs) de 72,71 % et  un rendement de 90,95 % »,  apprend-on auprès de l’entreprise.

Toujours à la période sous revue,  Socaver revendique une production de  538 000 casiers contre une prévision  de 1273 000 casiers et 1 842 000  casiers produits en 2017. « Les  chiffres du budget 2018 montrent une  anticipation à la baisse des activités  bouteilles et casiers de 31 % et 32 %  respectivement. L’activité en 2018 a  été particulièrement impactée par  l’export qui a chuté, au final, de 82 %  par rapport à 2017 (- 460 000 unités) », rapporte la filiale de la Sabc.

En rappel, Socaver envisage produire  19 000 tonnes de verre. A cette  production s’ajoutera le stock de 7  500 tonnes de verre disponibles  depuis le début de l’année. Ce qui  portera le stock de verre à 26 500  tonnes. La société compte ainsi  commercialiser au cours de l’année 22  000 tonnes de verre. « Les missions  assignées à Socaver pour le compte  de 2019 sont notamment la  production et la commercialisation des  bouteilles en verres et des casiers en  plastiques, dans un futur très proche  les préformes », apprend-on auprès  de l’entreprise. Pour atteindre ses  objectifs, l’entreprise s’est lancée dans  un vaste processus de modernisation  de son usine de production. Ainsi, elle  prévoit de reconstruire son Four N° 2  acquis en 2011 et arrivé en fin de vie.  La société projette également de  construire un atelier préformes et  d’acquérir des équipements  performants pour le contrôle qualité  etc.  Unique verrerie en Afrique centrale, la  Socaver commercialise également ses  produits au Tchad, en République  Centrafricaine, au Gabon, en Guinée  Equatoriale et au Congo Brazzaville. «  L’expertise de Socaver est également  reconnue dans plusieurs pays de  l’Afrique de l’ouest tels que la Cote  d’ivoire, le Sénégal, le Burkina-Faso,  le Mali, le Niger, la Guinée Conakry »,  se réjouit l’entreprise. Créée le 28 juin  1966 à Douala, la Société  Camerounaise de Verrerie est  spécialisée dans la fabrication du verre  creux et produit annuellement 55 000  tonnes de verre fondu.     

Ghislaine Ngancha (Défis Actuels)

Réorganisation de Camtel : ce qui va changer

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siège deCamtel à Yaoundé.

Le 28 mai dernier, le  président de la  République, Paul Biya a  procédé à la réorganisation de la  Cameroon Telecommunication  (Camtel). Les principaux  changements de ce décret sont  l’ouverture du capital de la société  camerounaise de télécoms aux  opérateurs privés, les modalités  de recrutement du personnel la  gestion de l’entreprise…

 Camtel s’ouvre au  secteur privé

 C’est l’article 2 du décret  N°2019/263 du 28 mai 2019 portant  réorganisation de la société Camtel  qui permet à l’opérateur historique  des télécoms au Cameroun d’ouvrir  son capital aux opérateurs privés.  En effet, les alinéas1 2 et 3 précise  que Camtel a pour actionnaire  unique l’Etat du Cameroun mais que  l’actionnariat peut être ouvert à  d’autres entités publiques ou  privées. Cependant, les modalités  de participation au capital social  sont définies par les statuts de  Camtel.

 Camtel dotée d’une  Assemblée générale 

Contrairement aux statuts de 1998,  la gestion de Camtel est désormais  assurée par trois organes au lieu de  deux (Conseil d’administration et  direction générale) comme par le  passé. Il s’agit notamment de  l’Assemblée générale, le Conseil  d’administration et la Direction  générale. « Les missions, la  composition et le fonctionnement  des organes sont de la gestion de  Camtel (Ndlr) sont fixés dans les  statuts », stipule l’article 6 alinéa 2.  Ainsi, ce décret dote la structure  d’une Assemblée générale.

Recrutements 

Grâce à ce décret présidentiel, sont  désormais considérés parmi les  effectifs de Camtel, le personnel  directement recruté par la structure,  les fonctionnaires en détachement,  les agents de l’Etat relevant du Code  du Travail mis à la disposition de  l’opérateur de télécoms et le  personnel occasionnel, saisonnier et  temporaire dont les modalités de  recrutement, de rémunération et de  rupture de contrat sont fixées par les  statuts du personnel. « Les  fonctionnaires en détachement et  les agents de l’Etat relevant du Code  du Travail mis à la disposition de  Camtel relèvent, pendant toute la  durée de leur emploi, de la  législation du travail, sous réserve  des dispositions du statut général de  la Fonction publique et des statuts  spécifiques relatifs à la retraite, à  l’avancement et à la fin du  détachement. Par ailleurs, quel que  soit leur statut d’origine, ils sont pris  totalement en charge par Camtel »,  précise le président de la  République.

Toutefois, Camtel reste sous la  tutelle technique du ministère des  Postes et Télécommunications et la  tutelle financière du ministère des  Finances, et a pour objet de  posséder, d’opérer et de fournir des  infrastructures et des services de  communications électroniques dans  le cadre des titres qui lui octroyés  par les autorités compétentes.

Ghislaine Ngancha (Défis Actuels)

Urgent: La Sonara en feu

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Une partie des installations de la Société nationale de raffinage (Sonara) est partie en feu cette nuit. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent de larges flammes s’échappant d’un incendie alimenté par les produits pétroliers et connexes, au plus profond de la nuit. Les premières informations font état de ce que l’incident serait provoqué par une coupure intempestive du courant électrique. On devrait en savoir davantage au cours des prochaines heures.

On apprend des services du ministre de l’Energie et de l’eau (Minée) que Gaston Eloundou Essomba, le patron de ce département ministériel, a pris la route pour Limbé tard dans la nuit, autour de 3h, pour s’imprégner de la situation. Aux dernières nouvelles, l’incendie a été maitrisé, mais les dégâts énormes.

 

Climat politique : La guerre contre les activistes se porte bien

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Paul Chouta dans les filets

Depuis la nuit de mardi, le lanceur d’alerte Paul Chouta est entre les mains de la police. Interpellé autour de 22h au quartier Biyem Assi à Yaoundé, par des antigangs, l’homme séjourne depuis dans une cellule de la Police judiciaire. « Selon l’avocat, il s’agit d’une plainte déposée par Calixte Beyala depuis un mois pour diffamation… officiellement du partage de la vidéo où elle échange violemment avec un Monsieur dans une école à Douala », rapporte Parfait Mvoum, vice-président provincial du Social democratic front (Sdf) pour le Centre. Le motif de l’arrestation porte donc sur cette vidéo devenue virale il y a un peu plus d’un mois sur les réseaux sociaux, et dans laquelle l’écrivaine se livrait à un spectacle avec un homme présenté par certains badauds comme « son amant ». Des échanges entre les deux acteurs principaux de la scène, il s’agirait d’une affaire de mœurs qui aurait tourné mal. Paul Chouta a ainsi contribué à relayer largement cette vidéo à travers le cyber espace.

Aujourd’hui, l’écrivaine est décidée à faire la peau à ce dernier. Mais de l’avis de certains proches de Paul Chouta et même des journalistes qui ont suivi cette affaire, « les circonstances de l’arrestation de Paul Chouta laissent croire que la plainte de Calixte Beyala n’était qu’un prétexte car on n’avait pas besoin de l’interpeller si tard, alors qu’on sait bien où et comment le prendre ». par ailleurs, dans les coulisses, l’on apprend que d’autres plaintes seraient parvenues à la police judiciaire pour davantage enfoncer le lancer d’alertes.

Situation similaire pour Georges Gilbert Baongla. Le journaliste qui s’autoproclame « fils de Paul Biya » a été arrêté manu militari mercredi dernier au lieu-dit Carrefour Etoa-Meki, par des flics en ténues civiles. Une scène filmée depuis l’hôtel Mont Fébé où l’homme séjournait, par une équipe de reportage de la chaîne de télévision Vision 4. Equipe avec laquelle « le fils de Paul Biya » a échangé à sa sortie de l’hôtel sis au sommet du Mont Nkolnyada entre le quartier Mbankolo et le palais présidentiel. Du reportage qu’en fait Vision 4 dans son journal de 20h, on apprend que Georges Gilbert Baongla est sous le coup d’une plainte de Jean Pierre Amougou Bélinga, le président directeur général du groupe L’anecdote, « pour escroquerie et diffamation ». Entre temps, des sources indiquent que d’autres plaintes arrivent à la Police judiciaire contre le même homme.

Selon une source bien introduite, « il s’agit d’une chasse contre les activistes et lanceurs d’alerte ». Un plan qui aurait été engagé avec Michel Biem, qui aura passé quelques mois à la prison centrale de Kondengui, aux côtés des sécessionnistes avec lesquels le journaliste collaborait. Ce qui justifiait son arrestation. La sortie du territoire de ce dernier aurait surpris les autorités de Yaoundé, qui tiendraient à relancer la suite de l’opération. « La libération de Michel Biem était conditionnée par son mutisme. Il a promis de se taire, et a été libéré, mais le voilà qui a quitté le territoire et a recommencé», confie un proche du journaliste activiste. Dans la foulée, le nom de Sébastien Ebala est évoqué. Celui-ci a déjà passé quelques semaines en prison en 2018, en compagnie du journaliste Michaël Dopas, pour une affaire de diffamation contre Samuel Eto’o.

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