C’est le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, qui a présidé le 29 avril 2026 à Yaoundé la première revue annuelle du partenariat entre le Cameroun et l’Initiative pour les forêts de l’Afrique centrale, dite CAFI. L’exercice portait sur l’année 2025, première année opérationnelle depuis la signature de la lettre d’intention à Hambourg en octobre 2024 et le lancement de la phase pilote en 2025. Trois piliers ont été passés en revue.
La gestion durable des ressources naturelles, l’agriculture durable et la préservation du domaine forestier. Et sur le volet financier, le résultat a dépassé toutes les attentes. L’engagement initial du partenariat prévoyait de mobiliser conjointement 60 millions de dollars sur trois ans, soit environ 33,6 milliards de francs CFA. En une seule année, le Cameroun a sécurisé 130 millions de dollars, soit 72,7 milliards de FCFA, en combinant les apports de CAFI, du secteur privé local et d’autres institutions financières internationales.
Leslie Ouarzazi, cheffe adjointe du secrétariat technique de CAFI, n’a pas caché sa satisfaction. « Il y avait un engagement de mobilisation de 60 millions de dollars sur trois ans, et en fait, le pays a pu sécuriser environ 72,73 milliards de FCFA de CAFI et aussi mobiliser des cofinancements du secteur privé et d’autres organes internationaux. Vraiment, on peut se réjouir. On atteint largement les objectifs qui ont été énoncés. »
93 MILLIONS D’EUROS DÉJÀ APPROUVÉS POUR DES PROJETS EN ATTENTE DE DÉPLOIEMENT
Au-delà de la mobilisation, le conseil d’administration de CAFI a déjà approuvé des projets dont l’enveloppe d’exécution s’élève à plus de 61 milliards de FCFA. Ces fonds sont désormais fléchés, mais leur mise en œuvre effective reste à venir. C’est précisément ce point qui constitue le vrai thermomètre du partenariat.
Mobiliser est une chose. Transformer ces financements en projets productifs, mesurables et ancrés dans les territoires en est une autre. Leslie Ouarzazi l’a reconnu avec prudence. « On s’attend à encore plus de progrès en matière des engagements qui ont été faits sur l’agriculture et l’aménagement du territoire l’année prochaine. »
La phase de démarrage concrète du partenariat a été officiellement lancée le 20 février 2026 à Yaoundé, par le ministre Alamine Ousmane Mey. Elle repose sur quatre projets pilotes complémentaires couvrant la période 2025-2028, dotés d’un financement global d’environ 33,2 milliards de francs CFA, soit près de 60 millions de dollars. Ces projets s’inscrivent dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, dite SND30, et des Objectifs de développement durable.
Le texte des sources disponibles ne détaille pas projet par projet les montants individuels ni les capacités installées. C’est une lacune que les prochains rapports d’exécution devront combler pour permettre une lecture précise de l’impact réel sur le terrain.
UN HORIZON À 2035 ET 2, 5 MILLIARDS DOLLARS À MOBILISER
Le partenariat signé à Hambourg s’inscrit dans un cadre de long terme. Le Cameroun et CAFI se sont engagés à mobiliser conjointement 2,5 milliards de dollars, soit plus de 1 500 milliards de francs CFA, d’ici à 2035, pour accompagner la transition du pays vers une croissance économique verte. Cet objectif s’aligne sur la SND30 et sur le Plan de convergence de la Commission des forêts d’Afrique centrale, la Comifac, pour la gestion durable des écosystèmes forestiers africains.
Sur le volet des engagements politiques pris par Yaoundé, Leslie Ouarzazi a relevé des avancées tangibles. « Le gouvernement a mené un certain nombre d’actions pour finaliser sa contribution déterminée au niveau national. C’est un engagement par rapport à la Convention Climat pour valider son plan climat national. Il y a beaucoup d’avancées qui ont eu lieu cette dernière année, malgré le fait que les projets d’appui au gouvernement viennent juste d’être opérationnels. » Le Cameroun sort de cette première revue avec une image flatteuse sur la capacité à attirer les financements climatiques.
Doubler son objectif de levée de fonds en un an, c’est un signal fort pour les bailleurs internationaux et pour le secteur privé local qui a participé à l’effort. Mais la surperformance en mobilisation pose désormais une question symétrique : celle de la capacité d’absorption.
Des projets viennent à peine d’être opérationnels, 93 millions d’euros approuvés attendent leur déploiement effectif, et l’horizon de 2,5 milliards dollars à horizon 2035 suppose une machine d’exécution qui n’a pas encore été testée à cette échelle. La prochaine revue annuelle dira si le Cameroun sait non seulement lever l’argent, mais aussi le faire travailler.







