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L’Etat présente sept projets hydroélectriques totalisant 3238 MW aux investisseurs

Présentés aux investisseurs lors de la table ronde des bailleurs ouverte le 28 avril à Yaoundé, sept projets hydroélectriques constituent le socle de la stratégie énergétique camerounaise. Avec une capacité cumulée de plus de 3 000 MW à produire avant 2030, ces aménagements visent à combler le déficit national et à préparer le Cameroun à devenir exportateur d'énergie électrique dans la sous-région.

Le chiffre donne la mesure de l’ambition. Le Cameroun entend porter sa capacité installée de production électrique à 5 000 MW d’ici 2030. Pour y parvenir, le gouvernement a identifié sept projets hydroélectriques prioritaires, présentés le 28 avril aux investisseurs et bailleurs réunis à Yaoundé dans le cadre d’une table ronde consacrée au financement de 27 projets structurants en partenariat public-privé.

L’enveloppe globale visée sur trois ans atteint près de 21 000 milliards de FCFA, mobilisés à travers un montage hybride associant capitaux privés, financements concessionnels et instruments structurés. L’énergie électrique occupe dans ce dispositif une place centrale. Le gouvernement la présente comme un facteur décisif de développement socioéconomique et d’aménagement du territoire. Sans elle, pas d’industrie minière viable, pas de secteur de transformation, pas d’essor durable des services. Les sept projets hydroélectriques retenus traduisent cette conviction en béton et en mégawatts.

 GRAND EWENG, LE PROJET PHARE À 1 855 MILLIARDS FCFA

Le plus ambitieux des sept s’appelle Grand Eweng. Ce barrage hydroélectrique, à construire sur le fleuve Sanaga, figure en tête du schéma directeur de production d’électricité. Sa puissance installée atteint 1 080 MW, ce qui en fait de loin le projet le plus capacitaire du portefeuille. Son coût de réalisation, travaux et contrôle compris, s’élève à 1 855 milliards de FCFA. Le montage retenu repose sur une concession assortie d’un contrat d’achat d’énergie. La durée prévisionnelle des travaux est fixée à cinq ans. Le projet est porté par le ministère de l’Eau et de l’Énergie.

CHOLLET ET MOUILA MOUGUE, DEUX PROJETS DE GRANDE ENVERGURE SUR LE NYONG ET LA DJA

Avec une puissance installée de 600 MW, le barrage de Chollet constitue le deuxième projet en termes de capacité présenté aux investisseurs le 28 avril 2026. Il prend la forme d’un aménagement hydroélectrique sur la rivière Dja, dans le département du Nyong-et-Kellé. Ni le coût ni la durée des travaux n’ont encore été arrêtés, mais la forme de partenariat publicprivé retenue est la concession.

À quelques kilomètres, sur le fleuve Nyong dans le même département, le projet de Mouila Mougue vise une puissance installée de 420 MW pour un coût estimé à 1 300 milliards de FCFA. Lui aussi sera développé sous forme de concession. Ces deux projets ciblent en priorité la réduction du déficit énergétique du réseau interconnecté sud et la promotion des énergies renouvelables.

 MAKAÏ ET KATSINA ALA, DEUX SITES POUR ÉQUILIBRER LE RÉSEAU

Le projet de Makaï prévoit la construction d’un barrage hydroélectrique sur le fleuve Nyong, dans l’arrondissement de Ngog-Mapubi. Sa puissance installée attendue est de 400 MW. Les coûts et la durée des travaux restent à déterminer. La forme retenue est également la concession. Katsina Ala, lui, s’inscrit dans une logique différente. En plus de la construction d’un barrage réservoir et d’un réseau d’évacuation de l’énergie, le projet intègre la réhabilitation d’une voie d’accès de 60 kilomètres. Sa puissance installée est évaluée à 284 MW pour un productible annuel de 2 176 GWh.

NJOCK ET NGOILA, CES PROJETS AUX RETOMBÉES LOCALES RÉELLES

Le barrage de Njock, à construire sur le fleuve Nyong dans le département du Nyong-et-Kellé, est dimensionné à 170 MW. Ngoila ferme la liste avec une puissance installée de 84 MW. Ce projet, implanté sur le fleuve Dja, comprend la création d’une retenue de 204 millions de mètres cubes d’eau et la construction d’une ligne d’évacuation d’énergie double circuit de 225 kV jusqu’au poste d’Abong-Mbang, en passant par un nouveau poste à construire à Lomié. Il prévoit également l’électrification rurale des localités voisines du site. Son productible garanti annuel est estimé à 461 GWh pour un débit moyen de 297 mètres cubes par seconde.

RELIER LE NORD, SÉCURISER YAOUNDÉ ET DOUALA, EXPORTER VERS LE TCHAD

Au-delà des barrages eux-mêmes, le gouvernement camerounais porte une vision de réseau. À court terme, il entend réaliser les interconnexions entre les grands centres de consommation, renforcer et sécuriser les réseaux de Yaoundé et de Douala par deux boucles de 90 kV chacune, construire des lignes de 225 kV et 90 kV pour alimenter toute la zone ouest du pays, et préparer l’interconnexion avec le Tchad par des lignes de 225 kV dans la zone nord.

Pour accompagner cette transformation du secteur, le Cameroun a signé avec la Banque mondiale un programme de financement axé sur les résultats, dont l’objectif est d’améliorer la viabilité financière du secteur électrique, de renforcer sa performance opérationnelle et d’accroître l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire.

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