Par un décret signé ce 4 mai 2026, le président de la République, a prorogé le mandat des conseillers municipaux jusqu’au 28 février 2027. Avec prise d’effet le 1er juin 2026, date de fin du mandat en cours et qui courait jusqu’au 31 mai 2026. Ainsi, les conseillers municipaux bénéficient d’une seconde rallonge après celle survenue en 2025, à l’expiration de leur mandat initial. C’était une décision attendue. D’autant plus qu’en mars dernier, lors de la session parlementaire, le gouverneur manœuvrait pour une seconde prorogation du mandat des conseillers municipaux, après que le même stratagème en faveur des députés (jusqu’en décembre 2026). Mais l’examen du projet de loi y relatif avait été suspendu lorsque le régime s’est rendu compte sue l’initiative était illégale. Du coup, une session du congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis) a été convoquée pour préalablement modifier la constitution afin de permettre au président de la République d’aller au-delà de 18 mois de prorogation du mandat des conseillers municipaux.
A ce qu’il semble, Paul Biya veut convoquer le corps électoral pour un scrutin couplé comme il le fait depuis 2002. Entre janvier et février 2027. Même si comme dans le cas des députés en mars dernier, il est indiqué la mention «…sauf tenue, durant cette période, d’élections municipales dans les conditions prescrites par la loi ». Le maître de l’horloge politique nationale pouvant à tout moment interrompre cette pige supplémentaire qu’il accorde aux élus actuels.
Élus le 9 février 2020, le mandat des conseillers municipaux devrait être renouvelé en mars 2025. Le gouvernement avait évoqué des difficultés financières,au motif que quatre élections étaient prévues la même année : présidentielle, legislative, municipale, sénatoriale et régionale. Seule l’élection régionale a pu se tenir après la présidentielle du 12 octobre. En mars dernier, le gouvernement avait évoqué des difficultés et les difficultés logistiques d’Elections Cameroon (Elecam), l’organe chargé de l’organisation des élections, en raison des violences de la crise post-électorale de 2025.
Calendrier désormais imprécis
Aujourd’hui la Constitution modifiée en avril dernier a fait sauter le verrou de la limitation des prorogations du mandat des conseillers municipaux. Du coup, Paul Biya qui ne pouvait pas excéder 18 mois de prorogation, a les pleins pouvoirs pour étendre le mandat des conseillers municipaux autant qu’il voudra. Toujours est-il que rien n’empêche le président de la République de convoquer le corps électoral à tout moment dès l’expiration du mandat initial. Les partis politiques sont donc avertis. Tout peut arriver à tout moment.







