Le 15 novembre 2022 à Yaoundé, le Directeur général de la Cameroon water utilities corporation (Camwater) et l’entreprise Danoise Delphi/Gruffen ont signé une convention pour l’améliorer de la distribution en eau potable dans la ville de Douala.
Sous la supervision du ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, cette convention, à réhabiliter 4 forages en vue d’améliorer dans 08 mois, la desserte en eau potable dans la ville de Douala.
Selon la Camwater, ce partenariat «…permettra non seulement d’améliorer significativement le système de traitement d’eau, mais aussi d’accroître le taux de production en eau potable dans les quartiers Bonamoussadi, Makepe, Logpom, Logbessou et Bonangang dans la commune de Douala 5ème.
Cahier de charge
Il est donc important de mettre en œuvre la réalisation d’un diagnostic détaillé des forages afin de déterminer la quantité de fer et de manganèse contenue dans les eaux souterraines ; inspecter, réparer et/ou remplacer les pompes existantes ; remettre en état les équipements électriques. Et d’autre part, il s’agira d’améliorer l’alimentation électrique des sites ; de poser environ 12 km de conduites principales et de service ; de construire des réservoirs et d’installer des unités de traitement automatisées ; de réaliser des travaux de maçonnerie, et de construire une clôture de sécurité autour des sites de forage.
En fait, « les forages réparés produisant un total de 100 m3/h réduiront considérablement la pression et la demande sur le système général d’approvisionnement en eau de la ville de Douala ».
Le constat
Une étude menée en 2021 par un ingénieur en hydraulique, Patrick Adama, révèle que : sur 400 ménages enquêtés dans la ville de Douala (cours d’eau capté par la Camwater pour alimenter la ville), 70 % se ravitaillent au réseau Camwater, 7 % aux sources, 15 % aux forages, 5 % dans les rivières et 3 % aux puits. Cette étude a montré que tous n’ont pas accès au réseau public, à la source, au forage et au puits, et que certains ménages ont simultanément accès à deux ou trois sources.
Il existe un véritable problème de qualité des eaux de boisson dans la ville de Douala. La couleur de l’eau ne devrait pas être l’unique paramètre pris en compte. C’est en ce sens que les deux partenaires voudraient desservir les populations en une eau de qualité.
Près de 14 ans après sa création, les modalités de mise en place effective de cette structure ont été évoquées au cours d’une rencontre internationale organisée du 14 au 17 novembre 2022 à Yaoundé.
Une délégation internationale du Forum des Caisses de Dépôt et de Consignation (France, Côte d’Ivoire, Gabon, Maroc, Italie, Bénin, Sénégal…) a séjourné au Cameroun du 14 au 17 novembre dernier. L’objectif de cette visite de travail était de convaincre le Cameroun du bienfondé de l’opérationnalisation de sa Caisse de Dépôts et de Consignation (CDC), créée il y a 14 ans.
Ainsi, pendant trois jours, la mission conduite par Lassina Fofana, président de cette plateforme, a échangé avec les autorités camerounaises au cours d’un séminaire sur « le modèle économique des Caisses de dépôt, leur place dans le système institutionnel et dans l’écosystème financier ». Les travaux organisés au ministère des Finances (Minfi), de l’Economie (Minepat), de la Justice (Minjustice), la Caisse Auto nome d’Amortissement (CAA), le Fei com etc.
Arrimer le Cameroun
« La visite de travail du Forum dans notre pays, a déclaré le Minfi Louis Paul Motaze, permettra sans doute d’améliorer la perception des autorités et du public sur les enjeux et les défis de la mise en place d’une Caisse des dépôts, mais aussi d’apaiser les réticences de certains de nos partenaires quant à la complémentarité de cet instrument au service du développement des pays ». En effet, le point culminant de cette séance de travail est l’arrimage du Cameroun au modèle des Caisses de dépôt et de consignation (CDC). Un modèle développé par l’Union Africaine en 2015 comme solution à la mobilisation des ressources domestiques et au finance ment des économies des Etats. Parce que, disent les experts, pour faire face aux enjeux futurs en matière d’investissement et de croissance, il est nécessaire de mobiliser l’épargne de long terme. Une mission qui incomberait principalement aux CDC.
Ainsi donc, « l’un des mérites de cette rencontre est d’avoir permis de forger davantage les liens, échanger les points de vue et coordonner nos démarches pour enfin concrétiser nos projets. Les échanges ont permis de mettre en avant l’expertise et les expériences réussies par nos CDC sur toute la palette de leurs métiers et de les mettre à la disposition de nos frères de la République du Cameroun », a indiqué Adnane El Fassi de la Caisse de dépôts du Maroc. Les échanges entretenus durant ces 3 jours ont donc permis de mettre en évidence l’impact et les liaisons fortes entre le modèle de Caisse de Dépôt, la transformation de l’épargne, l’investissement de long terme et d’autre part, le triptyque qui encadre l’action des CDC à savoir la sécurité, la rentabilité et l’intérêt général.
Double mission
Créées en général par une loi, les Caisses de Dépôt et de Consignation, bien qu’étant l’émanation de la puissance publique, sont dotées d’une personnalité juridique propre, d’une l’autonomie financière et bénéficient de la garantie de l’Etat. D’une manière générale, les CDC disposent de deux organes de gouvernance : une Commission de Surveillance et une Di rection Générale. Elles ont une double mission. D’abord : mobiliser les ressources domestiques qui nécessitent une sécurité particulière, une disponibilité permanente et une gestion rigoureuse comme les dépôts et les consignations, avoirs publics ou privés parfois logés au trésor ou dans des établissements bancaires ; et l’épargne règlementée, créée pour permettre à tous ceux qui ne sont pas inclus financière ment de trouver un espace adéquat. Enfin : poursuivre une mission d’intérêt général, de financement des politiques publiques, sur un horizon de long terme, à travers le marché de la dette publique, le marché des capitaux, le développement du secteur privé, la bancarisation et le financement des investissements publics et de long terme. « Une Caisse de dépôt a ainsi une double mission d’acteur au service de l’intérêt général et d’acteur compétitif, capable d’œuvrer sur le long terme avec la prudence et la responsabilité nécessaires à la sécurisation des ressources mobilisées, leur transformation pour le développement du pays et intervenant avec un niveau de risque conforme aux règles du marché et à des perspectives de rentabilité », fait savoir le Forum. Hilton Hôtel de Yaoundé ont rassemblé les principales administrations des
Louis Paul Motaze, ministre des Finances « Les caisses de dépôts sont le trait d’union entre les secteurs public et privé »
Louis-Paul-Motazé-ministre-des-Finances
Extrait du discours prononcé par le ministre des finances, lors de l’ouverture du séminaire organisé le 16 novembre 2022, dans le cadre de la visite de travail du forum des Caisses de dépôt et de Consignation. « Le retour de l’inflation, dû en partie à la superposition des crises, et aux ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, ont contraint les principales banques centrales à relever leurs taux directeurs, du fait d’une fébrilité mondiale ayant eu un impact sur l’activité économique mondiale. Une des conséquences est l’élargissement des primes de risques et les coûts d’emprunts sur les marchés financiers, notamment pour les pays d’Afrique Sub-saharienne.
Malgré ces contraintes et une conjoncture extrêmement difficile dont le re tour à la stabilité reste incertain, les autorités de notre pays, au premier rang desquels Son Excellence mon sieur Paul Biya, Président de la République, ont fait preuve de détermination pour maintenir notre pays sur le sentier de l’émergence, en phase avec la Stratégie Nationale de Développement à l’horizon 2030 (SND30).
Cette stratégie vise principalement la transformation structurelle de l’économie, en opérant des changements fondamentaux dans les structures économiques et sociales, afin de favoriser un développement endogène et inclusif tout en préservant les chances des générations futures. En gros, le cap étant de faire du Cameroun un Nouveau Pays Industrialisé à l’horizon 2030.
Une des trois orientations fondamentales de ladite Stratégie, à côté de l’import/substitution et la planification impérative/indicative, est de disposer d’un Etat stratège et pragmatique qui met en place les facilités pour l’émergence du secteur privé comme principal moteur de la croissance économique et des interventions ci blées dans des secteurs hautement stratégiques.
Ces interventions ciblées nécessitent la mobilisation des ressources importantes et durables, lesquelles devront être allouées aux entreprises rentables ou prometteuses, ainsi qu’aux projets à forte valeur ajoutée.
Il est indéniable que l’atteinte des objectifs que nous nous sommes fixés, commande des instruments qui viennent en appui des politiques publiques et répondent aux besoins de financement, à travers la collecte des fonds en vue de financer à moyen et long terme le développement économique et social ».
Financement des projets
« En effet, le modèle des Caisses des dépôts repose sur la gestion et la sécurisation des ressources endo gènes, stables et diversifiées et leur transformation pour financer les pro jets à forte valeur ajoutée.
Dans les pays où elles sont fonctionnelles, les Caisses des Dépôts, par leur nature et les missions qui leurs sont dévolues, ont contribué à l’atteinte de ces objectifs, en constituant le trait d’union entre le secteur public et le secteur privé. C’est ainsi qu’elles appuient les politiques publiques dans di vers secteurs de l’économie jugés stratégiques à travers des prises de participations ou même des interventions sur le marché des titres publics. Il s’agit réellement d’un partenaire de choix au regard du potentiel des ressources mobilisables, de son impact en matière de création de richesses et d’emplois tout en garantissant, en sa qualité de tiers de confiance, la sécurité des ressources ainsi transformées. C’est fort de cette évidence, qu’une loi régissant les dépôts et consignations a été promulguée au Cameroun et la Caisse des Dépôts et Consignations en abrégée CDC a été créée par le Chef de l’Etat le 15 avril 2011 ».
» Au moment où vous vous apprêtez à descendre dans l’arène, je vous adresse, en mon nom propre et au nom du peuple camerounais, mes chaleureux encouragements. Je vous exhorte à donner le meilleur de vous-mêmes, à faire preuve de combativité, d’engagement et de discipline, afin de hisser encore plus haut le drapeau du Cameroun ». C’est la substance de la lettre écrite par le président de la République sous couvert de leur capitaine. Paul Biya rappelle aux à Vincent Aboubakar et ses coéquipiers, que » dans la même compétition, les Lions indomptables ont, par le passé, écrit les plus belles pages de l’histoire du football africain et mondial, face à des adversaires redoutables ». Faisant référence à l’épopée des Lions indomptables à l’édition 1990 qui a vu l’équipe nationale du Cameroun atteindre les quarts de finale du tournoi en terre italienne ; laissant sur le carreau des adversaires plus côtés tels l’Argentine de Diego Maradona, championne du monde en titre d’alors ou encore la Colombie d’Higuita. Pour terminer sa course en quart de finale, non sans avoir fait douter l’Angleterre du vieux Peter Shilton. Une odyssée qui avait commencé en présence du premier sportif national. L’exploit du Cameroun amena la FIFA à réviser à la hausse le nombre de participants africains à la plus prestigieuse des compétitions de l’instance mondiale du football.
La lettre de Paul Biya à Vincent Aboubakar
Après s’être fait représenté par le Directeur du Cabinet civil à la cérémonie de remise de l’étendard national aux Lions indomptables, le président de la République a ainsi écrit à la sélection nationale ce 21 novembre 2022. En prélude à l’entrée en scène des ambassadeurs du Cameroun à Qatar 2022. Question de jouer sa partition dans la mobilisation des troupes de Rigobert Song Bahanag, qui entrent en scène ce 24 novembre 2022.
Si le partie s’était arrêtée à la 83ème minute, le Sénégal aurait empoché un point de son premier match. Les Lions de la Teranga et les Oranje se neutralisaient jusque-là. Puis le destin a changé brutalement : sur une sortie manquée de Bernard Mendi, l’Ivoiro-Neerlandais CodyGakpo logeait de la tête le cuir dans les buts sénégalais. Une avance sur le score que le Sénégal a tenté deux fois de contester. Pape Gueye et BoulayeDia placèrent deux frappes que le grand Noppert se détendit à chaque fois pour dévier près de son montant gauche. Alors que les fans sénégalais caressaient l’espoir de voir leurs protégés saisir la rallonge de temps des huit minutes d’arrêt de jeu, Klaassen tuait le rêve des Africains.
La messe était dite. Le Sénégal encaissant ainsi une défaite en entrant en compétition. La première des trois fois que les Lions de la Teranga perdent leur premier match d’une Coupe du monde. Le Sénégal aura peu osé prendre des engagements sur le plan offensif, en même temps qu’il était hésitant sur le plan défensif. Sadio Mane aura manqué à la sélection d’Aliou Cissé. En son absence, peu d’actions sur ce compartiment. Il aura fallu attendre la seconde période avec notamment le renfort de Bamba Dieng et Pape Gueye, pour que le Sénégal totalise 15 tirs dont quatre cadrés, contre trois cadrés sur les 10 tirs hollandais. Derrière, Kalidou Coulibaly et ses compagnons auront souffert face à une équipe hollandaise pas très en forme pourtant, même si elle enregistre une possession de balle de 54%.
Début de calculs
Par cette fausse note, le champion d’Afrique discute la queue de classement avec le Qatar qui a mordu la poussière au match d’ouverture sur le même score face à l’Equateur. Lors de la deuxième journée du groupe, l’on assistera à deux chocs: l’un opposant les deux leaders et l’autre les deux canards boiteux. La meilleure chance africaine est obligée de remporter la partie pour espérer une qualification au second tour. En souhaitant par ailleurs une victoire de l’autre côté. Quoi qu’il en soit, le Sénégal qui a mal inauguré l’entrée en scène de l’Afrique, n’a plus droit à l’erreur. Afin d’éviter les calculs complexes comme ceux de Russie 2014 qui lui ont barré la voie pour le second tour, les poulains d‘Aliou Cissé devront arracher les six points restants.
Le match des nerfs a eu lieu ce 21 novembre 2022. Dans ce bistrot du quartier Mballa 2 à Yaoundé, il est 13h45. Deux fans de football viennent de s’installer et sirotent deux bières. S’emparant de la télécommande, l’un d’eux zappe sans arrêt, et finit par s’inquiéter : » mais il n’y a pas 435 ici? » se demande-t-il. Un des serveurs de la maison prend le relai. En vain. Entre temps, la maison accueille du monde, visiblement pour la même cause. » Si aucune chaîne ne diffuse le match, ça ne vaut pas la peine de rester ici », se décourage un des nouveaux venus. Le match a commencé depuis plus de trente minutes et aucune chaîne du bouquet Canal + ne diffuse ce match Angleterre-Iran.
Deux des chaînes Supersport sur les trois annoncées par le groupe français sont présentes. La 435 n’existe même pas. Des conseils sortent de partout mais aucune image du match n’apparaît à l’écran. » Vous n’avez donc pas la bonne formule », s’en moque un client. » Quelle que soit la formule, tu auras les trois Supersport », rassure Marcellin, un averti. L’homme récupère la télécommande et engage des manipulations, puis finit par » réinstaller » le décodeur. A la fin, la chaîne 435 apparaît enfin. Une salve d’applaudissements salue l’effort.
Selon un document en circulation sur la loi des finances 2023 (l’article 547), le timbre fiscal passera de 1000 FCFA connaîtra à 1500 FCFA à partir de janvier.
Les députés pourraient procéder à ce changement majeur, dans l’optique de trouver une solution à la situation économique difficile que traverse le pays. En ajoutant 500 Fcfa de plus sur les timbres qui coute jusqu’à ce jour 1000 Fcfa, le gouvernement camerounais compte faire face à ses difficultés économiques.
Il faut dire que, la politique fiscale joue un rôle déterminant pour soutenir la reprise économique et amortir le choc sur les prix d’un pays. De nombreux pays ont augmenté les incitations fiscales en faveur des entreprises pour stimuler l’investissement et l’innovation.
Au Cameroun par exemple, « pour la sécurisation des recettes fiscales, le ministère des budgets a entamé depuis 2020 la dématérialisation du timbre fiscal. Cette réforme vise à sécuriser les recettes fiscales. Elle participe également aux mesures de facilitation et de modernisation des modalités de beliefs des impôts et taxes. Par voie de conséquence, les collectibles figurines fiscales ou timbres mobiles ne sont plus mis en vente par le ministère des Funds depuis lors ».
La gestion
Le décret N° 2019/2652/PM du 05 août 2019 signé par le Premier ministre précise que les droits des timbres sont collectés au Cameroun suivant les modalités ci-après :
– Retenus à la source
– Apposition des empreintes des machines à timbrer
– Vente directe des figurines ou papiers timbrés
– Vente en ligne.
La vente de ces produits est confiée à des redevables légaux selon les modalités fixées par le Code Général des Impôts. Le contrôle des modalités et procédures de cette vente est assuré quant à lui par la Direction Générale des Impôts en relation avec la Direction Générale du Trésor pour ce qui est des machines à timbrer, des figurines et autres papiers timbrés.
Selon la feuille de route générale des Impôts (DGI) du ministère des Funds (Minfi), les recettes fiscales mobilisées pour le compte de l’État central ont connu une augmentation de 140 % entre 2010 et 2022, passant de 992 milliards de FCFA à 2 384 milliards de FCFA (projection). Ce qui correspond à une hausse de 1 392 milliards de FCFA en valeur absolue.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et Réforme fiscale
« La politique fiscale joue un rôle essentiel à l’heure où les pays s’efforcent de promouvoir la reprise économique après la pandémie de COVID-19 et de faire face aux conséquences » de la vie chère.
« Les réformes fiscales récentes visent à stimuler la reprise économique après la crise du COVID-19, tandis que les pays disposant d’une plus grande marge de manœuvre budgétaire accordent des avantages fiscaux plus généreux sur des périodes plus longues », a déclaré Pascal Saint‑Amans, Directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE. « En outre, les pays ont fait de la politique fiscale l’un de leurs principaux outils pour faire face à la hausse rapide des prix de l’énergie. »
Si la Banque des Etats de l’Afrique Centrale qui célèbre ses cinquante ans ce mois de novembre a engrangé de grandes victoires pendant son parcours, notamment en termes d’africanisation des postes, de déploiement des structures et équipements dans la zone d’émission, de modernisation de la gestion et de renforcement de la gouvernance, elle a également connu des moments difficiles avec des scandales de détournement. Évocation.
« Au cours des cinquante années qui viennent de s’écouler, la Beac a assumé, avec un succès certain, le rôle d’Institut d’Emission des six Etats membres de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (Umac), à savoir le Cameroun, la Ré publique Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad. Elle a eu à faire face à bon nombre de défis pour garantir non seulement la stabilité de la monnaie qu’elle émet, mais aussi assurer son rôle moteur dans le renforcement de l’intégration régionale en Afrique Centrale ». Pour Abbas Mahamat Tolli, Gouverneur de la Beac depuis 2017 et auteur de ces propos, aucun doute : au moment où la banque centrale commune aux six Etats de la Cemac célèbre son cinquantenaire, le bilan de son action est satisfaisant, sinon élogieux. Il salue d’ailleurs « le long chemin parcouru depuis 1972, lequel a été marqué par de grandes réformes engagées par l’insti tut d’émission, et qui ont contribué à renforcer durablement la résilience des économies de la Cemac face aux nombreux chocs extérieurs ».
Missions
Les missions principales de la Beac, consistent selon l’article 1er de ses Statuts, à émettre la monnaie de l’Union Monétaire et à en garantir la stabilité. Dans le détail, la Beac œuvre donc à définir et conduire la politique monétaire de l’Union Monétaire, émettre les billets de banque et les monnaies métalliques qui ont cours légal et pouvoir libératoire dans l’Union Monétaire ; conduire la politique de change de l’Union Monétaire ; détenir et gérer les réserves officielles de change des Etats membres. La promotion des systèmes de paiement et de règlement figure également en bonne place dans ses prérogatives, de même qu’elle doit veiller à leur bon fonctionnement et à la stabilité financière dans l’Union Monétaire. Détentrice du privilège exclusif de l’émission monétaire en Afrique centrale en vertu de l’article 20 du titre II de la Convention régissant l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (l’Umac) s’est acquittée de cette mission sans désemparer depuis sa création.
Ce privilège d’émettre les billets de banques et les monnaies métalliques qui ont cours légal et pouvoir libératoire dans les États de l’Union, consigné également dans les statuts de la Beac, est assorti d’un certain nombre d’obligations à travers lesquelles le grand public juge de l’efficience de son action : mettre à la disposition des agents économiques les quantités de signes monétaires nécessaires pour effectuer les transactions de toutes na tures ; garantir les utilisateurs de ces moyens de paiement contre les risques de falsification et de contrefaçon ; assurer une bonne qualité de la circulation des signes monétaires.
Mauvaises notes
Si les dirigeants de Banque centrale se montrent globalement satisfaits à l’exemple du gouverneur Abbas Maha mat Tolli, la rareté des pièces et billets de petites coupures reste une préoccupation importante pour les usagers et bride l’activité économique. Pourtant, selon la Banque centrale, des études sur les besoins du public sont régulièrement menées par la Direction centrale de l’émission à Yaoundé dans le but de rentre la monnaie disponible, mais aussi de veiller à leur qualité à travers le renforcement de la sécurité incorporée dans les billets, en s’arrimant continuellement aux innovations technologiques intervenues ces dernières années dans le traitement et la fabrication des billets de banque. « Des approvisionnements importants en signes monétaires sont régulièrement effectués afin de répartir sur l’ensemble des pays de la zone les billets et les pièces neufs et/ou valides ainsi que des billets à trier, et afin de procéder au rapatriement des billets déplacés de chaque État. La valeur faciale des billets transportés atteint chaque année environ 1000 milliards de FCFA, » sou tien-t-on à la Beac.
Outre ce problème persistant de rareté des pièces de monnaie et des petites coupures, il est également arrivé à la Beac au cours de son histoire de dé frayer la chronique, notamment pour des problèmes de gouvernance. Il s’est avéré que bien des magouilles se tramaient dans les couloirs capitonnés de l’immeuble abritant les services centraux à Yaoundé, mais surtout à Paris, où se trouve la plus importante représentation extérieure de Beac.
La déclaration du conseil d’administration de la Beac à l’issue de la session du 26 Octobre 2009 est édifiante sur l’ampleur du problème : « Des malversations ont été commises au Bureau Extérieur de la Beac à Paris. Au stade actuel des investigations (Rapport du Comité d’Audit du 19 au 24 octobre 2009), le préjudice subi porte sur un total de 16,6 milliards de F CFA, soit 14,3 milliards de F CFA imputables au compte de la Beac à la Société Générale (sur la période 2004-2007), et 2,3 milliards de F CFA sur le compte de la Beac à la BNP (au cours de l’année 2008). Les modes opératoires de ces malversations impliquent essentielle ment l’émission de chèques frauduleux, combinée avec d’autres techniques délictueuses comme les doubles paiements, les détournements de chèques au profit de particuliers et de sociétés, et l’utilisation frauduleuse de titres de transport. Ces malversations, révélait alors le conseil d’administration, ont été rendues possibles par des faiblesses dans le dispositif d’approvisionnement par les Services Centraux du Bureau Extérieur de Paris, donnant lieu à des autorisations de transfert de fonds de montants excessifs et injustifiés, à un rythme anormal ».
Alors que des responsables de la Banque centrale siphonnaient ainsi les ressources de l’institution, et un mal heur ne venant jamais seul, des placements des fonds (environ 328 milliards de francs CFA) de la Banque centrale sur les marchés via la Société Générale en France se sont avérés foireux, occasionnant une perte sèche de près de 16 milliards.
Réformes et défis
Suite à ces malversations et errements, des réformes profondes de la gouvernance de banque centrale ont été mises en place : le renforcement du dispositif du contrôle interne de la Beac à partir de 2010, afin de remédier aux insuffisances à l’origine des malversations financières et des mauvaises décisions de gestion ayant occasionné de lourdes pertes ; l’adoption en juin 2010 et la mise en œuvre du Code des marchés et du Manuel des procédures de gestion des marchés de la Beac, consacrant la transparence; l’égalité de traitement des prestataires et la mise en concurrence systématique. Ces me sures permettent aujourd’hui à la Beac de limiter l’éventualité des détournements massifs ou de placements financiers hasardeux. A cette occasion d’ailleurs, la proportion des réserves de change placée en compte d’opération au trésor français est passée de 65% à 50 %.
Au-delà de ces problèmes de gestion interne, la Beac a eu à affronter les crises économiques qui ont affecté tant les réserve de change que ses résultats. Pour le gouverneur Abbas Maha mat Tolli, la Beac est restée très résiliente, malgré les crises liées à la pandémie de Covid-19 et aux répercussions de la guerre en Ukraine, notamment l’inflation : « la Beac continue de faire preuve de résilience et d’une grande capacité d’adaptation et répondre aux besoins des économies de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Elle s’emploie ainsi à relever les défis actuels et futurs ; défis inhérents à une transmission plus efficace des impulsions de sa politique monétaire, à la modernisation des systèmes et moyens de paiement à l’ère de la digitalisation, à l’implémentation complète de la réglementation des changes et une gestion optimale des réserves extérieures, à la promotion de l’inclusion bancaire, au renforcement de la supervision bancaire et de la surveillance macroprudentielle, et enfin à la mise à disposition des signes monétaires plus sécurisés et sans cesse améliorés ».
Le 18 novembre 2022 dans la capital tchadienne,Abbas Mahamat Tolli lors de la conférence de presse en prélude à la première session extraordinaire du Comité de politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) de 2022, déconseille aux populations d’investir dans les actifsnumériques.
Selon Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de l’institut d’émission commun aux six États de la Cemac, « je tiens à préciser que pour tous les pays de la zone Cemac, la seule monnaie est le franc CFA… l’option de la Beac est de dire aux citoyens de ne pas investir dans ces actifs spéculatifs, parce qu’ils sont très risqués. Le Bitcoin, par exemple, a perdu plus de 70 % de sa valeur depuis le début de l’année 2022 ».
Non à la cryptomonnaie
Une sortie qui vient contredire la nouvelle réglementation régissant le marché financier commun au pays de la Cemac, dans lequel apparaissent les notations d’ « actifs numériques » et de « jetons numériques ». En fait, « les prestations de services sur actifs numériques » sont désormais autorisées sur le marché financier de la Cemac. Selon l’article 160, du « fait de proposer un ou plusieurs des services ou opérations ci-après : conservation d’activités numériques pour le compte d’un tiers ; achat d’actifs numériques contre une monnaie ayant cours légal ou contre d’autres actifs numériques ; exploitation d’une plateforme de négociation d’actifs numériques ; autres services sur actifs numériques tels que la réception et la transmission d’ordres pour le compte de tiers, la gestion de portefeuille pour le compte de tiers, le conseil, le placement ».
Le Fcfa comme seule monnaie de la Cemac
Pour le gouverneur de la Beac, les populations ne devraient pas investir sur ces actifs. Car une telle monnaie pourrait être source de nombreux problèmes. En plus n’ayant pas encore fait des preuves sur le marché financier, il est difficile de s’y intéresser sans connaître les contours de son utilisation. A cet effet, il réitère que la seule monnaie reconnue dans la sous-région reste le FCFA.
Les activités marquant la célébration du cinquantenaire de l’institution financière se tiennent à N’djamena (17-22 novembre 2022) sous la houlette du gouverneur Abbas Mahamat Tolli.
La Banque des Etats de l’Afrique Centrale à 50 ans. Et c’est la capitale du Tchad qui a été choisie pour être le théâtre de la célébration du cinquantenaire de l’institut d’émission commun aux six États de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA et Guinée équatoriale). Ainsi, depuis le 17 novembre dernier et ce, jusqu’au 22 du même mois, N’Dja mena est la capitale de la banque centrale. Présentée comme l’occasion d’une prise de conscience sur les réelles capacités de résilience de l’économie de la sous-régional, la célébration des 50 ans d’existence de la Banque des États de l’Afrique Centrale est placée sous le thème : « Cinquante ans au service de l’intégration des peuples de la Cemac ».
Symposium de haut niveau
« Cette célébration, informe la Beac, est l’occasion de s’engager dans une véritable réflexion tournée vers l’avenir afin de répondre aux besoins des économies de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) ». A cet effet, plusieurs articulations meublent la fête. Notamment : une exposition sur les 50 ans d’histoire de la monnaie en Afrique centrale ; un match de football ; une course hippique ; une soirée de Gala ; un grand concert gratuit. Le clou de cette célébration est le Symposium de haut niveau placé sous le thème : « Résilience des économies de la Cemac à l’aune des reformes monétaires et fi nancières ». Ce symposium souligne la Beac, réunira les six Chefs d’Etat de la Cemac, les gouverneurs de banques centrales, des responsables des institutions économiques et financières internationales, des décideurs du monde de la finance, des universitaires et représentants du secteur privé. Soit plus de 400 participants de tous les continents attendus dans le pays du gouverneur de la Beac, Abbas Mahamat Tolli.
Missions
Créée le 22 novembre 1972, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) est la banque centrale commune aux six Etats qui constituent la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Cette institution a pour mission de : définir et conduire la politique monétaire de l’union ; émettre et mettre en circulation le Franc CFA, monnaie commune de la zone Cemac ; conduire la politique de change de la zone Cemac ; détenir et gérer les ré serves officielles de change des Etats membres ; promouvoir les systèmes de paiement et de règlement et veiller à leur bon fonctionnement ; promouvoir la stabilité financière au sein de l’Union monétaire.