vendredi, avril 10, 2026
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Droits humains : le cas Ramon Cota préoccupe Maurice Kamto

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« Le gouvernement doit donner, sans délai et publiquement, la preuve de vie de M. Steeve Akam alias Ramon Cotta, et s’il est encore en vie, qu’il ne subit pas la torture ». L’exigence est du Pr Maurice Kamto. Dans un communiqué rendu public ce 7 août 2024, le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) relève que « plus de deux semaines après [que l’activiste politique ait été livré au gouvernement du Cameroun par le gouvernement de transition du Gabon], on est sans aucune nouvelle du malheureux compatriote».

Le leader du principal parti de l’opposition est d’autant plus méfiant qu’il a subi les foudres du régime de Yaoundé en 2019, et certains militants et sympathisants de son parti se trouvent encore derrière les barreaux pour avoir planifié ou organisé des manifestations de protestation contre la malgouvernance ; et ont subi de lourdes sévisses. « Les militants du MRC ont subi plusieurs vagues de violences, séquestration et de détentions au secret depuis le hold-up électoral de 2018. Aussi en savons-nous assez sur les pratiques cruelles et inhumaines qui ont cours dans certains de nos services de sécurité pour lancer cette alerte rouge sur le cas de Steeve Akam », insiste Maurice Kamto.

Martinez Zogo

Face au silence des autorités de Yaoundé depuis l’arrestation de Ramon Cotta par les autorités gabonaises, puis sa remise au pouvoir de Yaoundé, Maurice Kamto redoute le pire : « serions-nous face à une nouvelle Affaire Martinez Zogo que le pouvoir tente de dissimuler?», se demande-t-il. Faisant un lien avec cet animateur radio enlevé en janvier 2023 par des éléments du contre-espionnage camerounais (Dgre), torturé à mort et dont le corps a été retrouvé dans la brousse d’une banlieue de Yaoundé quelques jours après. « Personne n’ayant aucune nouvelle de lui jusqu’à présent, il faut craindre que ses bourreaux ne lui aient déjà réservé le sort tragique fait à Martinez Zogo par la Dgre ; ou, pour être optimiste, qu’il ait été à ce point amoché par la torture que ses bourreaux le cachent, le temps pour eux de soigner son corps meurtri avant d’envisager le présenter à la justice», suppute-t-il. Quoi qu’il en soit, Maurice Kamto « regrette que les autorités de transition de la République du Gabon aient accepté de contribuer à un tel fait internationalement illicite ».

Junior Ngombè

La voix de Maurice Kamto résonne fort pour porter une préoccupation déjà soulevée par d’autres voix moins audibles, depuis la libération de Junior Ngombè, un autre activiste qui s’en était pris vertement au régime de Yaoundé dans une vidéo, pour sa gouvernance. Le cas du jeune homme de 20 ans, interpellé dans la même période, avait bénéficié d’un mouvement de masse et près d’une semaine après son interpellation manu militari, le garçon avait été libéré, avec l’appui d’avocats constitués pro bono. Face à la presse, l’activiste, aux côtés de l’ancien bâtonnier Akéré Muna, avait soutenu n’avoir pas subi de torture, et surtout avoir été bien traité. Ce que nombre d’observateurs avaient soupçonné être un arrangement obtenu avec le concours de l’ancien bâtonnier, pour la libération du bagnard, face à la pression.

Samuel Wazizi

D’autres cas similaires confortent les partisans de cette thèse d’une opération kilav. Yaoundé avait déjà été sourd de la sorte face à la disparition du capitaine Guérandi, jadis exilé au Burkina Faso et qui a disparu de la circulation sans traces. Jeune Afrique avait décrit un récit de l’assassinat du soldat qui avait échappé aux arrestations liées au coup d’Etat manqué du 6 avril 1984, mais qui semblait n’avoir jamais capitulé. Il y a également Samuel Wazizi, un journaliste arrêté par les forces de défense et de sécurité dans la région du Sud-Ouest et convoyé à Yaoundé il y a plus de trois ans, dans des conditions restées.

Cela survient au moment où séjourne au Cameroun, Volker Türk, le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Le haut représentant des Nations unies a rencontré les autorités du pays depuis le haut sommet de l’Etat, ainsi que les responsables des associations de défense des droits de l’homme et des partis politiques.obscures. Le gouvernement avait finalement avoué son décès dans le cours des événements, mais n’a jamais officiellement remis le cadavre à la famille. Autant de cas qui font craindre Maurice Kamto.

Rupture : Divorce entre la Fécafoot et One all sport

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Le temps des sourires est passé

C’est fini entre la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) et One all sport (Oas). Dans un communiqué rendu public ce soir du 07 août 2024, la Fécafoot annonce « la résiliation de son partenariat avec l’équipementier One all sport, habilleur des sélections nationales de football du Cameroun». Le document signé de Blaise Djounang, le secrétaire général de la Fédération, mentionne que « la Fédération camerounaise de football attache du prix à la bonne exécution des engagements contractuels librement consentis par les parties». Une justification indirecte de cette rupture.

Cela survient à quelques semaines de la prochaine période Fifa, marquée par les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Logé dans le groupe J, le Cameroun affrontera la Namibie le 2 septembre et le Zimbabwé le 10 septembre 2024. Ce seront les deux dernières occasions pour les Lions indomptables d’arborer la tunique à polémiques.

Pour la suite, la Fécafoot annonce pour bientôt un appel d’offres en vue de sélectionner un nouvel équipementier qu’elle veut « à la dimension du prestige des sélections nationales du Cameroun». C’est donc un marché juteux sur lequel devraient se jeter des poids lourds du domaine. Il y a un peu plus d’un an Samuel Eto’o laissait deviner un possible retour de Puma dont il était un des ambassadeurs. A travers un post sur ses plateformes numériques. Sans précision. Un recours vers des équipementiers n’ayant jamais flirté avec le Cameroun est possible. Le Coq sportif ayant déjà cassé sa crête face au Lion, est certainement d’office hors-jeu, au cas où le Français envisageait une nouvelle opération avec le premier équipementier à accompagner les Lions indomptables en Coupe du monde, en partie détenu par le Franco-Camerounais Yannick Noah. D’ailleurs les deux parties ont un contentieux non encore réglé par le Cameroun, perdant dans l’affaire devant la justice.

L’annonce du contrat en 2022

« Contrat le plus lucratif de l’histoire »

Le divorce était prédit depuis longtemps. Dans une émission sur les antennes de Canal 2 international, Ernest Obama, ci-devant porte-parole du président de la Fécafoot, en faisait l’annonce. Le journaliste dénonçait alors le non-respect des clauses contractuelles par le remplaçant de Le Coq sportif. Dans un contrat resté mystérieux, que Samuel Eto’o, présentait comme « le contrat le plus lucratif jamais signé par la Fécafoot». Le tout nouveau président de la Fécafoot (élu le 21 décembre 2021, Ndlr) indiquait que OAS offrira deux bus aux équipes nationales de football du Cameroun, et des retombées financières mirobolantes. Rien de cela n’a été respecté, aux dires des dirigeants de la Fécafoot. Alors que l’instance faîtière du football camerounais doit verser plus d’un milliard Fcfa de compensation au Coq sportif.

Elevage : le Minepia mise sur les vétérinaires pour booster la production locale

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Placé sous le thème : « Faire progresser l’excellence en médecine vétérinaire en transformant l’éducation pour un avenir durable », ce premier Symposium organisé par l’Université de Ngaoundéré dans la capitale politique intervient dans le contexte de la mise en œuvre de la politique d’import-substitution. Dans la leçon inaugurale, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), Dr Taïga, a souligné l’importance de la politique de substitution des importations dans le secteur des industries animales.

Pour lui, certains aliments tels que les œufs, les poissons ou les poulets doivent être produits localement et non importés de l’étranger. « Nous importons beaucoup de poissons alors que nous sommes entourés de 300 km de côte maritime sur la façade Atlantique et que nous sommes baignés par deux bassins hydrographiques. La politique de l’import-substitution va nous permettre de domestiquer les devises. Nous importons beaucoup de lait, je reste centré sur les domaines dont j’ai la charge, le produire permet également de domestiquer ces ressources », a déclaré Dr Taïga dans sa leçon inaugurale. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS) sur le commerce extérieur du Cameroun en 2023, le pays a importé plus de 260 600 tonnes de produits du règne animal et d’animaux destinés à la consommation (lait, œufs, poissons, miel, viande et animaux vivants). Ce qui a coûté plus de 231,6 milliards de FCFA au Cameroun.

L’enjeu est d’augmenter la production. Pour ce faire, il est déterminant de maintenir les animaux en bonne santé, ce qui nécessite l’intervention des vétérinaires. Le Minépia a saisi ce cadre de réflexion, dont les travaux ont officiellement été lancés le 1er août par le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr. Jacques Fame Ndongo, pour inviter les vétérinaires à plus d’engagement en matière de santé animale, de production de seconde génération, de recherche et de développement dans son ensemble. Lors de la première édition du Symposium vétérinaire du Cameroun, qui s’est achevée samedi dernier au Palais des Congrès de Yaoundé, le Pr Jacques Fame Ndongo a encouragé les participants à créer des entreprises. Il a souligné la possibilité de bénéficier du fonds de facilitation à l’offre de crédit, destiné au développement des chaînes de valeur agricole et d’élevage. Ce fonds, mis en place par les pouvoirs publics, dispose d’un financement initial de 5,5 milliards de FCFA, dédié aux jeunes entrepreneurs de la filière vétérinaire issus des universités.

« Nous devons encourager les projets de recherche qui visent à améliorer la santé animale, à développer de nouvelles méthodes de diagnostic et de traitement, et à comprendre les liens complexes entre la santé animale, la santé humaine et l’environnement. La recherche vétérinaire est un pilier crucial pour faire face aux défis de notre époque, tels que les zoonoses et les impacts du changement climatique sur la santé animale. La recherche et l’innovation permettent également de développer des solutions locales adaptées aux réalités camerounaises, réduisant ainsi notre dépendance aux produits importés et renforçant notre souveraineté économique. Cela nécessite une coopération étroite entre le gouvernement, les établissements d’enseignement, les instituts de recherche, les organisations professionnelles et les acteurs du secteur privé. Ensemble, nous pouvons créer un écosystème favorable à l’innovation et à l’excellence », a déclaré Jacques Fame Ndongo.

Yaoundé : le bébé volé a été retrouvé

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La présumée voleuse

Stéphanol Diffo peut enfin retrouver le sourire. Le bébé mis au monde par son épouse et volé dimanche 4 août 2024 à l’hôpital baptiste d’Ekoumdoum par Yaoundé, a été retrouvé dans un centre de santé du quartier Nkoabang, après quelques jours entre des mains inconnues. L’auteure présumée de l’enlèvement, est en cours d’exploitation dans une brigade de gendarmerie du 4ème arrondissement de la ville de Yaoundé. Selon des informations de sources sécuritaires rapportées par le lanceur d’alertes Paul Chouta, généralement bien renseigné, « le bébé chauffant toute la nuit, la voleuse l’a conduit dans un centre de santé à Nkoabang, dans la Mefou-et-Afamba. L’infirmière qui prenait soin du bébé a constaté beaucoup d’incohérences sur les déclarations de la fausse maman. C’est ainsi qu’elle alerte sa hiérarchie et les forces de maintien de l’ordre qui se rendront immédiatement sur les lieux ». On en apprend que, « appréhendée, la voleuse est passée aux aveux complets».

Le bébé volé

Informé, le sous-préfet de Yaoundé 4 est descendu sur le terrain, en compagnie de ses collaborateurs et des forces de maintien de l’ordre, et de la vraie mère du bébé, qui a reconnu son nourrisson. L’affaire se trouve entre les mains du procureur de la République pour une suite judiciaire.

Aussitôt ce dénouement ébruité, les populations d’Ekoumdoum sont sorties en liesse pour manifester leur joie. Elles qui étaient sur les dents ces derniers jours, menaçant de descendre dans la rue, et surtout de mener des représailles sur l’hôpital baptiste où l’enfant a disparu en fin de semaine dernière. A ce jour, ni le ministère de la Santé publique, ni les autorités de Yaoundé, n’avaient communiqué sur le sujet.

Douala : l’inflation plombe les travaux routiers au premier semestre 2024

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Selon la mairie de la ville, plusieurs prestataires expriment des difficultés dans l’exécution des chantiers en même temps que la Régie des routes a du mal à démarrer.

 La hausse généralisée des prix affecte l’exécution des projets de la CUD. C’est  ce qu’affirme l’exécutif  de cette municipalité, faisant le bilan à mi-parcours de l’exercice budgétaire en cours.   D’après le maire de la ville, Roger Mbassa Ndiné,  « de nombreux prestataires estiment qu’il leur est devenu extrêmement difficile de réaliser les contrats signés avec la CUD sur la base des offres qu’ils avaient présentées avant la flambée des prix ».

 Cette déclaration du magistrat municipal  intervient dans un contexte où plusieurs axes routiers de la capitale économique sont en mauvais état.   La mairie de la ville mène en effet depuis plusieurs mois,  des campagnes d’aménagement et de réhabilitation de la voirie urbaine, revêtue ou non revêtue. Certains travaux engagés de part et d’autre dans la  ville peinent à être livrés. Notamment les travaux de réhabilitation des routes dénaturées par des nids de poule et d’aménagement des voies en pavés. La situation est mal vécue par les usagers surtout en cette saison de pluies. Pour le maire,  ces lenteurs observées dans l’exécution des travaux  sont  aussi dues aux tensions de  trésorerie.  « Force est de constater que les tensions de trésorerie sur les finances publiques de notre pays sont demeurées très fortes au cours du premier semestre de l’année, avec toutes les répercussions induites sur la trésorerie de la CUD et leurs conséquences directes ou indirectes sur l’exécution du budget », relate Roger Mbassa Ndiné.

 Selon l’évaluation faite par la communauté, l’exécution du budget au premier semestre a aussi été affectée par le retard qu’enregistre la régie des routes et de  constructions. Cette régie mise sur pied par la CUD pour exécuter les travaux  d’entretien routier  ou de curage des drains et caniveaux n’a toujours pas selon le super maire, pu acquérir des engins nécessaires pour son bon fonctionnement.   Pourtant, dit-il, « les ressources nécessaires pour l’acquisition desdits engins attendent oisivement en banque, en attendant que se dénouent des difficultés diverses qui se sont révélées dans la phase de préparation et de passation des marchés ».

 Globalement, le budget de la CUD arrêté en dépenses et en recettes au montant de 63,9 milliards de FCFA, affiche des indicateurs positifs à fin juin 2024.  En l’occurrence, les émissions de recettes  sont de l’ordre de 44,36 milliards FCFA, soit 57,4 % des prévisions.  Des restes à recouvrer  sont de 17,05 milliards FCFA au 30 juin 2024, contre 16,2 milliards au 31 décembre 2023; des restes à payer de 13,35 milliards FCFA au 30 juin 2024, contre 15,2 milliards FCFA au 31 décembre 2023. Le solde de sortie au 30 juin  affiche  de son côté une trésorerie de 26,49 milliards, dont 17,65 milliards dans les livres du Trésor public.

Marché des Capitaux: YUNUS, la fintech camerounaise, lève plus de 3 200 milliards de FCFA pour le Gabon

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La holding Yunus a rehaussé la capacité d’emprunt du Gabon par un mécanisme de financement structuré et a obtenu une ligne de financement d’un montant de 5 milliards d’euros (3 280 milliards de FCFA, Ndlr) d’une holding financière privée enregistrée à la Securities & Exchange Commission aux Philippines, et dont l’actionnariat est anglo-philippin », écrit la startup camerounaise sur sa page LinkedIn. Selon certains observateurs internationaux, cette réussite n’est pas seulement une preuve de la confiance des investisseurs internationaux dans le potentiel du Gabon, mais également une illustration de la compétence et de l’ingéniosité de la fintech camerounaise dans le domaine de la finance structurée.

Pour cette opération, l’entreprise Yunus était représentée par le PDG du groupe Yunus, Jehu Ndoumi, et la directrice du développement de Yunus Invest, Jeanne Claire Kanga. Cette enveloppe représente 78,8 % du budget de l’État gabonais pour l’exercice 2024, qui s’élève à 4 162 milliards de FCFA. Avec ces fonds levés sur le marché des capitaux et de la finance privée, Yunus SA pave la voie pour une transformation économique durable. Concrètement, cet argent est destiné au financement des projets de développement contenus dans le Plan national de développement de la Transition au Gabon.

Cette opération intervient au lendemain de sa désignation par le gouvernement gabonais en tant que « Groupe développeur pour le Gabon » le 15 juillet 2024. Une nomination qui lui confie la responsabilité de piloter les projets prioritaires de la transition économique du Gabon et de structurer de manière opérationnelle leur financement. Avant cette nomination, la holding Yunus avait déjà joué un rôle crucial en alignant la situation économique du pays avec les exigences des bailleurs de fonds internationaux. En adaptant les spécificités économiques gabonaises aux normes des financements internationaux, Yunus a réussi à établir un lien efficace entre le Gabon et ses partenaires financiers. Cette capacité d’adaptation a permis de concilier les besoins locaux avec les attentes des investisseurs, garantissant ainsi une collaboration fructueuse.

Les projets financés par la fintech Yunus SA comprennent des investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures de transport, qui sont essentiels pour le développement. Le succès de ces projets pourrait également encourager d’autres acteurs économiques à s’engager dans des partenariats similaires, estiment les observateurs internationaux. Yunus S.A est une entreprise de fintech dédiée à la création de solutions financières innovantes pour les pays d’Afrique centrale. Son objectif principal est de faciliter l’accès au financement pour les projets de développement, afin de stimuler la croissance économique. Grâce à des partenariats solides et des investissements stratégiques, Yunus S.A se positionne comme un acteur clé de la transformation économique au Gabon. L’entreprise vise à promouvoir une économie diversifiée et résiliente, capable de relever les défis mondiaux actuels.

Dans son pays natal, le Cameroun, en vue de faciliter l’inclusion financière, la fintech, en collaboration avec la Campost, l’opérateur postal public camerounais, a lancé en novembre 2023 la plateforme Campost-Yunus Pay, qui facilite l’accès aux micro-crédits pour les Camerounais désireux d’entreprendre. Avant cela, le duo a lancé en avril de la même année la plateforme en ligne YunusTM (Yunus Trade Mark), pour faciliter l’accès aux nouveaux services financiers mobiles pour les populations des zones reculées et encourager la bancarisation.

Amine Homman Ludiye, directeur Général, Eneo : «L’équilibre entre l’offre et la demande d’énergie électrique est fragile»

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Ces dernières semaines, la fourniture de l’électricité a été fortement impactée par le différend entre ENEO et Globeleq puis par l’étiage sur le Ntem. Quels sont les termes du problème et où en est la résolution ?

Le fournisseur et producteur indépendant Globeleq a, à plusieurs reprises, mis en application une disposition contractuelle qui lui permet d’arrêter partiellement ou totalement ses machines (Dibamba fuel et Kribi gaz) quand il estime que les impayés d’ENEO dans ses livres sont arrivés à un niveau insoutenable. Et à chaque fois, les profondeurs de délestages ont tourné autour de 200 MW, donc environ 20% de production en moins dans le Réseau Interconnecté Sud. La situation de la trésorerie d’ENEO est tellement dégradée, du fait de l’accumulation des impayés de ses plus grands consommateurs et le retard d’autres paiements attendus. Une situation qui met l’entreprise en mauvaise posture vis-à-vis de ses fournisseurs et sous-traitants. En concertation avec le Gouvernement, un train de mesures est pris. Nous comprenons que Globeleq s’impatiente quand la mise en œuvre prend du temps. Mais en toute transparence, nous partageons avec ce fournisseur, l’évolution des discussions et des dossiers dont le bouclage permettrait de soulager cette dette. En marge de ces contraintes financières, il y a le problème de l’étiage. La centrale hydroélectrique de Memve’ele est construite sur le Ntem, un fleuve qui connaît deux étiages annuels.

Un étiage étant une baisse drastique du niveau d’eau, ou un assèchement naturel du lit du fleuve, l’ouvrage qui produit de l’électricité à partir de l’eau enregistre une baisse importante de sa production (de 200 mégawatts à 35-60 en moyenne, et parfois à zéro). Et pour terminer, le déséquilibre offre-demande de ces derniers temps a aussi été accentué par le retard des premières capacités de Nachtigal, annoncées depuis fin 2023. Ce qu’il faut retenir : Sur le plan structurel, le rapport entre l’offre de production et la demande est équilibré. Les capacités installées dans le pays et les pics de puissances appelées par les industries et les ménages tournent autour de 1200 MW. Mais c’est un équilibre fragile.

En raison de certaines contraintes naturelles et conjoncturelles (hydrologie, sécheresse), ou technique (la saturation des réseaux de transport et de distribution) ou encore financières et contractuelles évoquées plus haut, cet équilibre peut être rompu à tout moment. C’est ce qui est survenu ces derniers mois. Nous avons connu des rationnements pour cause de baisse ou déficit de production dans la centrale de Memve’ele affectée par l’étiage sur le Ntem et le retard des premières capacités du barrage de Nachtigal. Pour y faire face, ENEO a dû engager des dépenses imprévues en combustibles pour mettre à contribution toutes ses centrales thermiques, avec des surcoûts moyens de 8 milliards mensuels sur la période difficile. Il faut rappeler que toutes ces contingences interviennent alors que le plan de 2024 validé par le régulateur en fin 2023, intégrait les premières capacités de Nachtigal et la limitation du niveau des dépenses en combustibles ; et surtout, dans un contexte de trésorerie sérieusement dégradé d’ENEO. Cette situation remet sur la sellette la question persistante de l’équilibre financier du secteur de l’électricité.

Cette situation remet sur la sellette la question persistante de l’équilibre financier du secteur de l’électricité. Quelle est l’ampleur de la difficulté ? Et quelles solutions structurelles préconisez-vous ?

La question de l’équilibre financier est au centre des problématiques du secteur de l’électricité. Elle contraint aujourd’hui fortement le déploiement et le développement des différents acteurs du secteur. Que ce soit ceux, nombreux, qui opèrent aux côtés d’ENEO dans la production(en attendant Nachtigal : ENEO principal producteur du pays avec 65% des capacités, et 35% les autres), la SONATREL dans le transport ou ENEO dans la distribution et la commercialisation. Une situation qui impacte durement les clients qui, naturellement, accusent un faible niveau de fourniture en quantité et en qualité, en deçà des attentes. Nous sommes très peinés et frustrés de ne pas avoir la capacité d’apporter le niveau de service requis. Le déséquilibre est nourri pour l’essentiel par les impayés accumulés des factures des entités publiques vis-à-vis du secteur. ENEO a beau être une entreprise rentable sur le plan comptable, elle fait face à une crise de trésorerie aiguë qu’elle, en tant que collecteur du secteur, répercute à tous les acteurs de la chaîne de fourniture de l’électricité. Cette situation n’est évidemment pas une fatalité.

Nous apprécions le plan de redressement du secteur de l’électricité monté par le Gouvernement, avec le soutien des bailleurs de fonds. L’un des objectifs principaux de ce plan est l’assainissement des finances du secteur de l’électricité. Des actions prévues dans ce plan sont clairement orientées vers l’amélioration, à la fois de la desserte et des recouvrements. Il est ainsi du développement des extensions prioritaires des réseaux de transport et de distribution ciblant notamment les zones industrielles en croissance, du déploiement des compteurs prépayés et intelligents sur les installations des administrations publiques, du projet d’installation (branchements neufs ou conversions) de 2 millions de compteurs prépayés. Dans le même temps, des pistes conduisent vers la mise en place d’un plan d’ajustement des tarifs pour se rapprocher, à tout le moins, de la vérité des prix. Parce qu’il faut bien comprendre qu’aujourd’hui, le KWH d’électricité coûte à ENEO 106 francs CFA, mais le prix moyen appliqué aux clients est de 80 Francs CFA. La différence est facturée à l’Etat en termes de compensation. Ce qui contribue pour beaucoup à la facture globale de l’Etat. Réduire cette différence allègerait le poids de la dette de l’Etat vis à vis du secteur de l’électricité

Les créances sur l’Etat sont une des sources majeures des difficultés. Quels sont les montants en jeu, et où en est le recouvrement ?

La dette est dynamique. Il faut préciser que le problème ce n’est pas que l’Etat ne paie pas ses factures. Mais qu’il paie dans des délais longs, obligeant l’entreprise à recourir au soutien quasi permanent mais très pénalisant des banques. Nous avons noté des questionnements sur cette dette qui en retardent la validation par le régulateur. C’est légitime qu’il y ait des questions. Nous apportons des réponses dans le cadre des discussions avec le régulateur. Nous souhaitons que ces discussions soient accélérées. Surtout que la capacité d’ENEO à mobiliser des financements aujourd’hui auprès des prêteurs locaux en est tributaire. Il est important de souligner l’engagement d’Eneo envers une gestion orthodoxe. Eneo est une entreprise régulée, dotée d’une gouvernance solide, et dont les comptes sont audités par deux commissaires aux comptes : l’un désigné par Actis, l’autre par l’État. Et les comptes de l’année 2022 ont été certifiés sans observation. Il est également important de noter que même les montants validés ne sont pas nécessairement versés immédiatement.

S’agissant de la fraude, quel est son impact sur vos revenus, et quelles sont les avancées dans la lutte contre ce phénomène ?

La lutte contre la fraude est un combat de tous les instants qui doit être érigée en cause nationale, tant les enjeux sont nombreux. Il s’agit en effet de lever des contraintes qui pèsent sur : 1. La qualité de service ; 2. La sécurité et la vie des personnes (que ce soit les fraudeurs, ou leurs complices et les bénéficiaires dans les communautés) ; 3. Les finances et par conséquent la capacité d’investir pour améliorer la qualité de service. Ces dernières années, les moyens importants déployés dans cette lutte ont contribué, aux côtés d’autres actions, à améliorer le rendement de distribution qui est à ce jour à 75%, contre 68% en 2019, et se situe au-dessus des objectifs de rendement fixés par le Gouvernement. Mais il faut faire plus, parce que les pertes financières pour le secteur demeurent trop élevées, environ 60 milliards de francs CFA par an. Nous continuons de travailler avec le régulateur et les associations de consommateurs pour lutter contre le phénomène. La décentralisation en cours chez ENEO participe des mécanismes internes de renforcement de cette lutte.

La situation financière d’ENEO semble également préoccupante du fait d’un lourd endettement. Pouvez-vous nous en dire davantage, y compris sur votre stratégie visant à alléger ou résorber cet endettement ?

La dette d’ENEO vis-à-vis de ses fournisseurs et de ses partenaires bancaires est lourde. Et elle est la conséquence directe des difficultés d’encaissement et de recouvrement auxquelles nous faisions référence plus tôt. Nous travaillons avec nos partenaires financiers sur un reprofilage de la dette bancaire à hauteur de 150 milliards de francs CFA. Ce qui nous permettra de repousser d’une vingtaine de mois les échéances de remboursement d’ENEO. Cela offrira un bol d’air à notre trésorerie. L’étau légèrement desserré sur cette trésorerie nous permettra d’améliorer le déploiement opérationnel. Ce reprofilage s’adosse sur la confiance qu’inspirent les plans de redressement du secteur en cours de mise en œuvre avec l’Etat. Ainsi, progressivement l’entreprise devrait se donner les moyens d’assainir ses rapports avec ses fournisseurs et partenaires.

Un des points difficiles semble également être le dilemme et les pertes sèches dans les régions de Nord-ouest et du Sud-Ouest. A savoir la nécessité de fournir de l’électricité et la quasi-impossibilité de recouvrer les sommes dues. Comment évolue cette situation ?

Par responsabilité, ENEO a continué d’opérer et d’assurer le service électrique dans les régions du Nord-ouest et du Sudouest, malgré les conditions sécuritaires drastiques. C’est une épreuve que nos équipes affrontent avec beaucoup de résilience et de courage. C’est aussi une épreuve pour les finances de l’entreprise. Vous avez raison. Les taux de recouvrement sont au plus bas dans ces régions, les montants non facturés ou recouvrés avoisinant 70 milliards durant les 5 dernières années. La question de la gestion de cette situation se pose effectivement. Nous espérons qu’avec le Gouvernement, nous pourrons trouver des solutions.

Dans ces conditions difficiles, comment parvenez-vous à mobiliser les financements nécessaires pour investir ?

 Le déséquilibre financier du secteur contraint l’entreprise et limite ses investissements. Il est difficile d’obtenir des bailleurs de fonds qu’ils s’engagent. Malgré tout, en dix ans ENEO revendique 350 milliards de francs CFA d’investissements, une bonne partie sur fonds propres. C’est certainement loin de ce qui aurait pu être fait dans les conditions normales, mais ces investissements ont permis d’améliorer la desserte, l’accès à l’électricité et la qualité de la fourniture. Aujourd’hui, il faut regarder l’avenir avec optimisme. Le plan de redressement du secteur piloté par le gouvernement avec la contribution de tous les acteurs suscite l’espoir. Ce plan manifeste une prise de conscience de la nécessité d’assainir les finances du secteur pour donner aux opérateurs les moyens d’exprimer leurs potentiels.

Sur le plan des investissements, ENEO a engagé un programme de développement des énergies renouvelables. Où en est sa mise en œuvre ?

ENEO s’est engagée à renforcer/développer des sources d’énergie non polluantes. Sa stratégie repose sur : – La préservation dans son parc des grandes centrales hydroélectriques (l’hydraulique est la première source d’énergie renouvelable) en assurant leur maintenance et des investissements pour rallonger leur durée de vie ; – L’hybridation au solaire des centrales thermiques isolées ; – Le démantèlement progressif, en accord avec le Gouvernement, des unités de productions thermiques ; – Le développement des parcs solaires importants avec des partenaires. Dans ce cadre, ENEO a déjà développé dans une logique d’hybridation, des capacités solaires dans les centrales thermiques de Djoum, Lomié et Garoua Boulai. Ces solutions fonctionnent et permettent de moins faire appel au thermique dans ces localités. Le plus grand investissement est celui qui est visible dans le septentrion, et qui depuis fin 2022, contribue à y stabiliser l’équilibre entre l’offre et la demande. Il s’agit des parcs géants de 30 MW de capacités développées à Guider (15 MW) et Maroua (15 MW) avec le partenaire SCATEC et l’appui de plusieurs acteurs du secteur, sous la coordination du MINEE. Le plan d’ENEO en 2024 prévoit d’engager l’extension de ces centrales solaires. Sous réserve de l’approbation du conseil d’administration, nous projetons d’ajouter 18 MW à Maroua et 8 MW à Guider.

Ce qui à terme portera les capacités de ces champs solaires à 56 MW contre 30 MW aujourd’hui. Toujours en 2024, Eneo poursuivra les démarches l’hybridation de 06 autres centrales isolées (Banyo, Ngaoundal, Touboro, Yoko, Yokadouma et Mouloundou). La stratégie est d’effectuer l’hybridation progressive de toutes nos centrales thermiques isolées en partenariat avec des entreprises exerçant dans le domaine. Il faut rappeler qu’il s’agit d’adjoindre aux sources thermiques présentes dans ces sites isolés des sources solaires afin de diminuer la part de la production thermique de ces centrales au profit de la production solaire.

Que se passe-t-il avec les compteurs prépayés et quelle est leur place dans la stratégie de développement d’ENEO ?

ENEO est en train de mettre en œuvre une campagne de mise à jour de certains compteurs prépayés de son parc. C’est une demande des éditeurs des logiciels qui font fonctionner la solution de prépaiement. La mise à jour des systèmes informatiques ou des appareils tels les téléphones ou les compteurs communicants est une opération routinière qui peut à un moment laisser pour un temps un sentiment que ça ne marche pas. Pour la mise à jour d’un appareil électronique, l’utilisateur reçoit des messages d’alerte et dans le cas des prépayés, ENEO a lancé une campagne de communication de masse, et envoie des messages à ses clients concernés. ENEO invite ses clients à ne pas les ignorer, et à suivre les instructions qu’ils contiennent.

En cas de difficultés, ils peuvent faire recours à ENEO qui a mis en place un dispositif d’accompagnement. Nous avons jusqu’à fin novembre 2024 pour procéder à cette mise à jour. L’opération est en cours, et plus de 95% des clients éligibles à cette mise à jour ont déjà reçu les tokens dédiés et un sondage nous permet de dire qu’à minima 85 à 90% des clients concernés avaient mis à jour leurs compteurs à fin mai 2024. En dehors de la campagne de mise à jour en cours, nous devons noter que la cyberattaque dont a été victime le système informatique d’ENEO a provoqué des désagréments chez des clients qui n’arrivaient pas à acheter des tokens ou à les recharger. La cyber-attaque a été maîtrisée en environ une semaine, mettant fin à ces désagréments conjoncturels. Maintenant, seule l’opération de mise à jour provoque chez certains un inconfort…A titre d’illustration, nous émettons pour environ 7 milliards de FCFA de factures mensuelles à l’égard des entités publiques (administrations, hôpitaux, universités), mais depuis le début de cette année 2024, nos recouvrements se sont limités à 1,5 milliards de FCFA en janvier, à 1,8 milliards en février….» 4 8 7 3 du jeudi 6 au 9 juin 2024 passager. Et pour cela, nous recommandons aux clients de prêter attention aux communications d’ENEO sur le sujet, et de se faire assister par les équipes en cas de soucis.

Nous le rappelons : Le compteur prépayé est l’avenir du secteur de l’électricité. Il est largement plébiscité par les clients qui apprécient pouvoir contrôler leurs budgets et consommations. Le compteur prépayé est l’avenir du secteur de l’électricité. Il est largement plébiscité par les clients qui apprécient pouvoir contrôler leurs budgets et consommations. Il occupe une place de choix dans le plan de redressement du secteur de l’électricité élaboré par le Gouvernement, avec le soutien des bailleurs de fonds. L’un des objectifs principaux de ce plan est l’assainissement des finances du secteur de l’électricité, avec la contribution du déploiement des compteurs prépayés et intelligents dans les administrations publiques, et du projet d’installation de 2 millions de compteurs prépayés.

Comment procédez-vous à maintenir un climat social serein au sein de l’entreprise?

La première richesse d’ENEO est ses 3600 agents compétents et très engagés. Un climat social serein est absolument nécessaire pour continuer d’obtenir de ces ressources un engagement fort, à la mesure des enjeux de l’entreprise. Depuis notre arrivée, nous nous sommes employés à traiter des points d’attention qui dégradaient le climat social. Les employés sont plus confiants. Le dialogue, l’écoute, l’empathie et la transparence sont les clés de cette évolution. Des groupes de travail créés se sont penchés sur la question de l’assurance maladie, l’application de la nouvelle convention collective et le problème que pose le véhicule des 5% du capital de l’entreprise réservés aux agents. Sur l’assurance maladie, un nouveau prestataire a été choisi. Il est opérationnel depuis le début de l’année. Nous observons son déploiement et traitons les soucis que remontent les agents. 

Sur la convention collective, il faut noter que sa mise en œuvre est satisfaisante sur l’essentiel de ses innovations, sauf l’une qui a consisté à aligner le poids de chacun des postes sur les critères d’une formule jusque-là non utilisée, à savoir l’approche Hay. En vertu des nouveaux critères et de la pesée effectuée il y a quelques années, il ressort que 50% des postes gardent leur poids, 33% sont revalorisés et 17% perdent du poids et donc sont reclassés dans des cases plus basses dans la hiérarchie. En appliquant les nouvelles classifications, les occupants des 17% des postes ont eu le sentiment de reculer et dans une certaine mesure ceux du lot de 50% le sentiment de stagnation. Les mesures proposées par le groupe de travail et validées par le Comité de direction, CODIR, ont été de maintenir au moins les mêmes niveaux de rémunération qu’avant pour ceux dont les postes baissaient en force. Et de les prioriser dans les situations de besoin à des postes ayant une plus grande valeur que la leur. Nous avons expliqué la situation et les solutions au personnel en les rencontrant physiquement dans les différentes régions.

Nous leur avons aussi présenté un projet structurant, et confié au nouveau Directeur des ressources humaines, concernant la mise en place d’un véritable plan de gestion des carrières. Chaque agent doit être en mesure de se projeter verticalement ou horizontalement dans l’entreprise. Sur le véhicule des actions du personnel dans le capital de l’entreprise, nous travaillons avec les leaders dudit véhicule, plusieurs experts et des associations représentant les agents retraités ou encore dans l’entreprise. Les agents retraités qui ont investi dans ce véhicule demandent à être remboursés conformément à des projections de rentabilité de leurs investissements qui avaient été faites au lancement. Les réflexions avec tous les acteurs se poursuivent et nous avons bon espoir que la question trouvera solution le plus rapidement possible. De même, que des solutions devront être trouvées pour la viabilité et la crédibilité de ce véhicule aux yeux de tous afin qu’il puisse intéresser davantage de souscripteurs en interne.

Depuis quelques mois, il y a dans l’actualité le sujet de la renationalisation d’ENEO. Quelles en sont les raisons et où en est le processus ?

 Après 10 ans au Cameroun, Actis a émis le vœu de se retirer de l’actionnariat d’ENEO. En tant que fonds d’investissements, c’est dans son ADN de se retirer après des années d’investissement dont la maturité moyenne est souvent de 5 ans. Le Gouvernement a accepté d’acquérir les actions d’Actis. Les deux parties sont en discussion pour conclure cette transaction. Et comme vous pouvez le noter, des milliers de transactions du genre rachat, vente d’actions, ont lieu dans l’actionnariat des entreprises à travers le monde. Cela ne change ni la nature de la mission de l’entreprise, ni ses opérations. C’est le cas pour ENEO. Elle restera, quelle que soit la structure de son actionnariat à venir, une entreprise qui assume une mission de service public. Après la transaction, l’Etat aura 95 % des actions, et de fait elle deviendra une entreprise publique. Mais aura-t-elle vocation à le rester ? Il me semble que c’est à partir de ce moment que l’Etat fera le choix du type d’actionnariat. Ça pourra être une renationalisation, ou alors un partenariat public-privé, ou encore un affermage. Mais quel que soit le format du partenariat à venir, la question centrale est de savoir si tout est organisé pour donner à ENEO et au secteur les moyens de se développer mieux qu’aujourd’hui

Quelles sont vos stratégies et actions phares en matière de RSE ?

Chez ENEO, la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) est ancrée dans toutes nos valeurs fondamentales. Nous considérons qu’en tant qu’entreprise socialement responsable, ENEO doit être crédible auprès de toutes ses Parties Prenantes, utiliser durablement ses ressources et moyens, traiter convenablement ses employés, clients et communautés, maîtriser les impacts sociaux, économiques, sanitaires et environnementaux de ses activités, honorer ses obligations réglementaires et légales. C’est ce que nous nous employons à faire par exemple quand nous arrivons à justifier en 10 ans de 700 milliards d’impôts et taxes diverses payés à l’Etat, 1400 milliards engagés au profit des entreprises locales, du recrutement de 1200 jeunes, de l’accès à l’électricité à plus d’1 million de ménages et commerces, de l’encadrement suivant les règles de 3600 employés et de 10 000 ressources humaines indirectes, d’un dialogue permanent avec nos entreprises partenaires sur la gestion de nos relations, des actions pour le bien être des communautés qui nous entourent. Au profit des communautés et des usagers du courant en général, ENEO déploie en permanence une campagne de sensibilisation sur les dangers du courant électrique. Parmi les autres axes d’intervention, ceux ci-après déployés entre 2020 et 2023 mobilisent beaucoup l’attention de l’entreprise aujourd’hui : – Renforcement de l’accès à l’eau potable (Programme WASH) et à l’électricité dans les zones rurales à travers des solutions autonomes (MICROSOLAR Programme) : 09 forages d’eau potable offerts aux communautés villageoises et 09 kits solaires photovoltaïques autonomes installés sur des sites sociaux entre 2020 et 2023 (orphelinats, établissements scolaires et centres de santé dans la zone rurale), pour un coût total estimé à 166 millions de FCFA et environ 415.000 bénéficiaires directs.

Programme de reboisement et de lutte contre la désertification : 21.000 arbres plantés entre 2020 et 2021 pour contribuer à la lutte contre l’avancée de la désertification dans la partie septentrionale du pays, pour un coût total estimé à 7 millions de FCFA octroyés à la phase pilote et 300 emplois saisonniers, une main d’œuvre essentiellement recrutée dans la zone rurale. – Programme de lutte contre les invasions de la simulie dans le Bassin de la Sanaga (Black Fly Control Program) : plus de 200 millions de FCFA investis régulièrement depuis plus de 10 ans pour réduire la recrudescence de la simulie, vecteur de l’onchocercose et de réduction des activités agricoles, économiques et scolaires dans les communautés locales. Plus de 40 villages couverts par le programme le long du fleuve Sanaga y inclus les affluents, depuis Nachtigal jusqu’à Edéa.

Déploiement des projets sociaux visant à contribuer au bien-être des communautés locales et au renforcement de la bonne cohabitation avec ENEO(projets sociaux associés aux projets d’investissements d’ENEO, projets sociaux autonomes et adaptés aux besoins et attentes des communautés locales) : plus de 350 millions de FCFA investis entre 2021 et 2023 dans le renforcement du réseau ou la construction de nouvelles lignes électriques dans la zone rurale, afin de permettre aux communautés locales d’avoir accès à une électricité fiable, continue et sécurisée. Déjà plus de 10 villages couverts par ce programme. Aussi, la mobilisation de plus de 70 groupements d’initiatives communes (GIC) à travers le pays pour l’entretien des corridors des lignes de distribution. Cette activité permet de soutenir l’amélioration de la qualité de vie dans les communautés par la rémunération d’un millier de personnes membres de ces GIC. – Solidarité Sociale : Près de 200 millions de FCFA mis à contribution en 2020 pour soutenir les efforts de l’Etat du Cameroun dans la lutte contre la COVID-19. 10 Arrondissements couverts avec des dons de matériels de santé et produits de désinfestation et prévention. – Continuité de service dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, à perte, malgré la situation sécuritaire difficile et la trésorerie singulièrement dégradée de l’entreprise. 

Progrès : Le chèque santé étendu au NOSO

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La Couverture santé universelle marque un pas de plus dès ce 5 août 2024. Le chèque santé s’étend désormais aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso). L’annonce a été faite par Malachie Manaouda, le ministre de la Santé publique (Minsanté), au cours d’une conférence de presse. Elle a pour objectif principal « l’amélioration des indicateurs de santé de la femme enceinte e de l’enfant, dans ces deux régions, comme l’ont été ceux des régions de l’Extrême-Nord, du Nord et du Sud ». De façon plus précise, « avec cette nouvelle phase, la Couverture santé universelle devrait être portée de 50% à 70%, la volonté ici étant d’atteindre, dans les prochaines années, une couverture de l’ensemble du territoire national, ceci en fonction de l’évolution de la mise en œuvre du projet et de la levée de certaines contraintes d’ordre juridique, financier et social », a expliqué le Minsanté.

Lancé le 12 avril 2023 sur les acquis du programme chèque santé promu depuis plusieurs années avec l’assistance technique et financière de la France et de l’Allemagne à travers l’Agence française de développement (AFD) et la coopération technique allemande (KFD), la CSU est un package de soins couvrant des aspects préventifs, curatifs et promotionnels aux cibles comprenant es femmes enceintes, les enfants de 0 à 5 ans et les personnes souffrant d’insuffisance rénale. La phase 1 de la CSU s’est concentrée sur les régions septentrionales, l’Est et le Sud. Les chiffres du Minsanté font état de 3 765 078 (trois millions sept cent soixante-cinq mille soixante-dix-huit) personnes pré-enrôlées, 2 976 156 (deux millions neuf cent soixante-seize mille cent cinquante-six) personnes enrôlées. Autant de personnes qui ont reçu des soins à coût presque nul.

Résultats

De façon concrète, « sur le plan curatif, ce sont 642 090 enfants consultés gratuitement et 364 324 enfants de 0 à 5 ans traités gratuitement contre le paludisme simple et grave. Par ailleurs, 346 395 femmes enceintes ont fait leur consultations prénatales jusqu’à l’accouchement déboursant uniquement 6000F », a vanté Malachie Manaouda. « Concernant les accouchements, 140 416 accouchements ont été réalisés gratuitement dont 7 066 césariennes», ainsi que « 57 384 séances de dyalise réalisées», a ajouté le Minsanté. Mentionnant également des milliers de doses de vaccins et de déparasitants (mebendazole).

En lançant l’extension du chèque santé dans le Noso, le patron de la Santé publique au Cameroun indique que cela « nécessite une implication de toutes les parties prenantes », notamment les pouvoirs publics, la société civile, les hommes d’affaires, les autorités traditionnelles et religieuses, les étudiants, les élèves, les parlementaires, a-t-il cité. Insistant sur « les professionnels des médias, y compris pour une bonne information sur la CSU phase 1, l’explication et la sensibilisation de tous pour perpétuer, mieux, maximiser l’adhésion des populations». Le Minsanté pense que « tous sont appelés à donner un message clair, lisible et audible, afin de contribuer à la réduction drastique du taux de morbi-mortalité maternelle et infantile en particulier ».

BVMAC :   cotation des titres  obligataires  de la BDEAC le 7 août

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 Il s’agira de  la première cotation des titres obligataires à tranches multiples de BDEAC (6,20%-5,95%-4,70%) NET 2024-2031.

 Après un succès  récolté il y a quelques mois sur le compartiment des actions,  le titre BDEAC (6,20%-5,95%-4,70)  de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique  Centrale, passe à une autre étape.  Le titre est attendu  le 07 Août 2024 sur le compartiment des obligations de la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC).  Il s’agira de la première cotation des titres obligataires à tranches multiples de ce titre  qui   a obtenu   au mois  d’avril dernier, un montant global de 54 769 710 000 FCFA au terme d’une opération de levée de fonds.

 L’Emprunt Obligataire par Appel Public à l’Epargne dénommé « BDEAC (6,20% – 5,95% – 4,70%) Net 2024-2031 »  a en effet été lancé le  04 mars au 26 avril 2024. Cette opération, qui représente la première tranche du programme annuel 2024, visait à lever FCFA 50 milliards à travers un Syndicat de Placement réparti dans les six pays de la CEMAC. La Banque s’est faite accompagnée par un Consortium d’Arrangeurs, ayant pour chef de file Contacturer Capital S.A. et composé de : L’Archer Capital Securities, Elite Capital Securities SA et Upline Securities Central Africa (USCA). La démarche se situe dans le cadre du programme de développement de la banque pour la période 2024-2027. Il est question cette année de lever 100 milliards de FCFA sur le marché financier régional.  La BDEAC avait obtenu l’autorisation de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF), autorité de régulation du marché, pour absorber les sommes sursouscrites.

 L’opération qui est annoncée le 7 août 2024 au siège de la BVMAC à Douala, pourra permettre à la BDEAC  de conclure avec une ou plusieurs sociétés de bourse de son choix un contrat de liquidité permettant de rendre son titre attractif pour les petits investisseurs dans la gestion de leur trésorerie.

 La BDEAC est l’une des principales entités qui animent le marché financier sous régional.  Cette institution sous régionale de financement a l’ambition est de devenir une Banque moderne socle du développement durable des économies de l’Afrique Centrale.

Douala. La livraison de la chaussée de la pénétrante Est  prévue en décembre 2024

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 L’évaluation de l’avancement de ce chantier à fin juillet 2024, affiche un taux de réalisation d’environ 60%. Les prestataires accusent l’abondance des pluies.

 Entamés depuis trois ans, les travaux de la deuxième phase de la pénétrante Est de Douala  d’un linéaire de 9 KM avancent tout doucement. Au 30 juillet 2024,  le taux de réalisation global se situe à 55% pour une consommation du délai contractuel de 83%.

D’un coût total d’environ 90 milliards de FCFA, cette phase consiste à l’aménagement des voies alternatives, le déplacement des réseaux d’eau, d’électricité et de téléphone, l’élargissement de 2×1 voies à 3×2 voies de 3,50m, la construction de quatre giratoires (carrefour ARI, hôpital gynéco, Yassa et Japoma), la construction des ouvrages d’art et d’assainissement dont un échangeur type Pipo au Carrefour Yassa et un échangeur de Type Spda à l’entrée du stade de Japoma.  Les travaux prévoient également  la mise en place des réseaux d’alimentation en eau, électricité et télécommunications, de même que l’aménagement  de 3 voies en pavés autobloquants à Ari-Logements sociaux (3,1 km), Ari-Ecole publique Yatchika (4 km) et Collège CPlan-Cimétière de Nyalla-Pariso (3,8 km).

 A fin juillet 2024,  ces différents travaux subdivisés en lots affichent de faibles progressions.  Le déplacement des conduits  de  Camtel est en cours de réception. Celui  d’eau potable Camwater est réalisé à  95%  et 92% pour le réseau ENEO. Le lot ouvrages d’art (passage supérieur de Yassa et passage inférieur de Japoma va démarrer le 15 août prochain tandis que la livraison de la chaussée est  annoncée pour décembre 2024. Les travaux de ce lot  sont réalisés à 70%, renseignent les prestataires lors d’une visite de la presse sur le chantier de la pénétrante Est de Douala, organisée le 30 juillet 2024 par le ministère des Travaux publics. Ce lot chaussée en cours depuis mars 2023 a connu une rallonge de 3 mois sur le délai initial de 15 mois. Il devrait donc être livré en juin dernier. Sa livraison risque encore d’accuser un retard. Car, les prestataires se disent menacés par les pluies. « L’abondance des pluies dans la zone du projet perturbe énormément l’exécution des travaux de chaussée », indique Hervé Nyame, coordonnateur  de la plateforme Magil. La construction des voies de contournement va par ailleurs démarrer dès la fin de la saison pluvieuse, a-t-il indiqué.

 Ce chantier d’abord en arrêt depuis fin février 2020 a été relancé en février 2023 après la levée de certains blocages financiers et l’arrivée d’un nouvel opérateur : Mag Sarl. Sous-traitant de Magil, c’est cette société qui dirige les travaux laissés par Razel qui réclamait plus de 17 milliards de FCFA d’impayés.  Initialement, cette route devait être livrée pour la CAN qui a eu lieu début 2022.

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