samedi, avril 4, 2026
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Douala : BGFIBank Cameroun auprès des malades indigents de l’Hôpital Général.

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 BGFIBank Cameroun se positionne une fois encore comme acteur au service de la santé. A travers ce geste, la Banque entend soutenir les enfants et adolescents en situation précaire.  « C’est pour qu’on n’ait pas de jeunes qui arrivent au centre d’hémodialyse de l’hôpital général de Douala avec une santé qui se dégrade parce qu’ils n’ont pas les moyens nécessaires. L’accompagnement numéraire va  permettre aux adolescents d’avoir des soins entièrement pris en charge », souligne Abakal Mahamat, l’ADG de BGFIBank Cameroun.

A côté de ce soutien financier, BGFIBank Cameroun a également offert un don matériel le 19 septembre 2024 au centre d’hémodialyse de cet hôpital considéré comme le plus grand centre en la matière dans la région du Littoral.  Le geste est constitué de matériel de soins (une balance multifonction, des boîtes de gants de soins et de gants stériles); mais aussi des appareils et des chaises pour améliorer le cadre d’accueil dans ce centre.  Il s’agit notamment des climatiseurs, de grands ventilateurs muraux, des chaises avec et sans accoudoirs.  Elias Njiki, patient est particulièrement touché par ce matériel qui va leur apporter du confort.  « Ces ventilateurs et climatiseurs vont beaucoup nous aider nous les patients du centre d’hémodialyse de l’hôpital Général de Douala. Vous voyez comment on transpire.  Désormais, nous serons à l’aise …», a-t-il déclaré.  Le don a été remis solennellement au Pr Henry Namme Luma, Directeur Général de l’Hôpital Général de Douala par Abakal MAHAMAT, Administrateur Directeur Général de BGFIBank Cameroun accompagné de son Directeur Général Adjoint, Hyacinthe OPIRA.

Ce n’est pas la première fois que BGFIBank Cameroun soutient les services de santé.  La Banque avait aménagé les services de maternité de l’hôpital de district de Dibombari ainsi que son laboratoire, ceci en plus de divers dons matériels. Un geste qui intervenait après l’Hôpital Laquintinie de Douala, où BGFIBank Cameroun avait offert un groupe électrogène et un forage.

Réactions

 Abakal MAHAMAT, ADG BGFIBank Cameroun

 « Nous voulons soutenir les efforts de l’Etat en matière de santé »

« De manière générale, les problèmes de santé sont ceux qui intéressent notre Fondation, la fondation BGFIBank, qui œuvre depuis 10 ans pour que les populations aient des conditions de vie assez acceptables. Aujourd’hui nous avons décidé de venir au centre d’hémodialyse de l’hôpital général de Douala apporter notre modeste contribution pour que les patients puissent avoir des conditions meilleures en termes de prise en charge. Nous avons trouvé un centre d’hémodialyse bien équipé. Et comme nous l’avons toujours dit, l’État ne peut pas tout faire. Et donc il était important pour nous, entreprise citoyenne, d’apporter notre petite pierre à l’édifice pour accompagner l’État dans cet élan. Nous avons offert notre soutien au centre d’hémodialyse pour que les conditions d’accueil et de soins soient améliorées, pour que la prise en charge soit améliorée surtout pour les enfants et adolescents indigents ».

 Pr Henry Namme LUMA, Directeur Général de l’Hôpital Général de Douala »

« Notre centre prend en charge 25% des malades dialysés au Cameroun »

« Les domaines phares de l’action sociale de BGFI Bank Cameroun sont la santé, l’éducation et l’entrepreneuriat féminin tous nécessaires pour le développement d’un capital humain sain et productif. La visite de BGFIBank Cameroun témoigne de son engagement à soutenir le système de santé dans notre pays et nous souhaitons vivement que cela continue en participant à la prise en charge des patients atteints de cancer et des indigents. Notre centre s’occupe de 25% des malades dialysés au Cameroun.  Ce partenariat est aussi l’expression de la vision du Cameroun à l’horizon 2035 où la participation des communautés est sollicitée en vue de la réalisation du potentiel santé. Nous savons que l’Etat camerounais apporte déjà beaucoup pour ces malades d’insuffisance rénale chronique. Déjà avec la couverture santé universelle, un malade paie seulement 15 mille francs par an. Avec en plus ce don, la prise en charge de nos patients sera améliorée. »

 Pr Marie Patrice HALLE Chef service Hémodialyse et Néphrologie

 « Ce don répond à nos besoins »

« Ce don de BGFIBank Cameroun va véritablement améliorer la prise en charge, surtout des jeunes et des adolescents qui ont reçu un don numéraire spécial pour leur prise en charge. On va déployer ce soutien de manière classique. Tout ce qui est don en nature sera installé. Par exemple, la balance multifonction sera installée. Notre service technique est là pour l’installation des climatiseurs. Sachez que tout ce que nous avons reçu ce sont des besoins réels que nous avons exprimés à la Banque qui nous y a répondu. Chaque fois que nous serons en rupture, nous allons avoir recours à ces kits. Actuellement dans notre centre nous avons une cohorte de 280 malades hémodialysés. Je n’ai pas inclus l’hémodialyse aiguë. Donc c’est le plus grand centre en termes de capacité. Les malades y reçoivent régulièrement leurs séances 2 fois par semaine.

Présidentielle 2025 : Akere Muna, premier candidat d’une coalition de l’opposition

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Akere Tabeng Muna est candidat à la prochaine élection présidentielle au Cameroun, prévue en octobre 2025. Le fils de Solomon Tandeng Muna portera les couleurs du part Univers du Pr Nkou Mvondo. L’annonce a été faite ce soir du 28 septembre 2024, au terme d’une énième réunion de membres de l’Alliance pour une alternance pacifique promue par le Pr Olivier Bilé. L’ancien candidat à la présidentielle 2018 qui avait capitulé pour rallier le camp du Pr Maurice Kamto, bénéficie cette fois-ci d’une coalition, tant il est porté par plusieurs partis et leaders de la société civile. Une candidature qui semble susciter une certaine adhésion populaire. Parmi les soutiens de la première heure de cette candidature, un certain Eric Chinje. L’ancien rédacteur-en-chef de la Cameroon radio television (Crtv), invité par Nkou Mvondo, a aussitôt donné son quitus pour ce profil, non sans tancer le régime de Yaoundé dont le leader Paul Biya, lui avait lancé une menace à peine voilée, au détour d’une interview à laquelle l’homme avait osé embarrasser le président de la République.

C’était déjà le profil idéal que dessinaient les membres de la coalition portée par Olivier Bilé. Lors des travaux préparatoires du projet de candidature unique de l’opposition, les membres souhaitaient promouvoir une candidature d’un homme qui ne devrait pas aspirer à un autre mandat au-delà de celui de la transition, et qui peut proposer un discours conciliant,… Akere Muna connu pour être le champion de la lutte contre la corruption, paraissait être le candidat idéal de cette coalition à laquelle on a souvent aperçu des émissaires de Cabral Libi’i. Lui qui est le plus âgé du groupe, bilingue, et qui connaît assez bien le régime de Yaoundé auquel a appartenu son père, avant de s’en éloigner au soir de sa vie.

Cabral Libii et Maurice Kamto

C’est un premier candidat de l’opposition qui se lance ainsi dans la course pour la succession de Paul Biya, aujourd’hui âgé de 92 ans dont 42 passés à la tête du pays, et qui n’a pas encore l’intention de céder la place, malgré l’usure du pouvoir. Cabral Libi’i qui vient d’être conforté à la tête du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), ne s’est que très peu présenté aux travaux de l’ATP, et est vu par ses partisans comme « l’unique profil pour une candidature de l’opposition». D’ailleurs le député a rédigé un document cadre pour une candidature unique de l’opposition.

Il y a également Maurice Kamto, arrivé 2ème à la dernière élection présidentielle, et qui continue de revendiquer la victoire. L’ancien ministre délégué auprès du ministre de la Justice, est le candidat d’une autre coalition, portée par le député Jean Michel Nintcheu. Mu par une popularité que ses partisans lui attribuent, Maurice Kamto, au sortir du dernier congrès du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), son parti en 2023, avait déjà été présenté comme le « candidat unique de l’opposition. Ces deux anciens candidats qui se disputent le leadership de l’opposition, devraient certainement se présenter eux aussi à cette prochaine élection. Le cas Maurice Kamto fait l’objet d’un débat juridique, tant le MRC ne dispose pas d’élus. Du coup, le Code électoral prévoit que l’homme sollicite des parrainages dans les dix régions ; alors que le spécialiste du droit brandit la Constitution, pour confondre ses adversaires.

Gastronomie : l’art de la table au service du tourisme Camerounais

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Qui peut se dire Camerounais sans évoquer les saveurs incontournables de notre terroir ? Pays aux multiples facettes, le Cameroun ne se limite pas à sa diversité culturelle et géographique. Il est aussi un véritable paradis gastronomique, riche en mets et traditions culinaires qui reflètent l’âme de ses différentes régions. Des feuilles de Ndolé au manioc, en passant par les épices typiques et les crevettes fraîches des côtes, chaque plat raconte une histoire, celle d’un pays où la gastronomie et l’identité culturelle sont intimement liées.

 Lorsqu’on observe ce pays surnommé « l’Afrique en miniature », il devient évident que le tourisme ne peut s’y dissocier de la gastronomie. « Quand un touriste arrive quelque part, il va au restaurant et demande la cuisine locale. C’est cette cuisine qu’il garde en mémoire, qui peut lui donner envie de revenir pour visiter la destination. C’est ce que nous avons entrepris de faire », affirme Maïgari Bello Bouba. Cette déclaration résume parfaitement l’ambition derrière la valorisation de la cuisine camerounaise : inscrire le Cameroun sur la carte mondiale des destinations gastronomiques incontournables.

Le Cameroun, seul pays au monde dont le nom découle d’un crustacé (« Rio Dos Camaroes » ce qui signifie rivière des crevettes), est comme prédestiné à unir ses richesses naturelles et culinaires pour séduire les voyageurs. C’est dans ce cadre que le gouvernement a mis sur pied le Festival des Saveurs du Cameroun et du Monde, afin de booster la destination gastronomique du Cameroun. Cet événement, vitrine des saveurs camerounaises, met en lumière ce secteur clé pour l’économie nationale : la gastronomie. À travers ses mets uniques, le pays aspire à attirer un nombre croissant de touristes tout en renforçant son identité.

LABÉLISATION

En juin 2022, une nouvelle avancée a été réalisée dans cette direction. Le ministre camerounais du Tourisme, Maïgari Bello Bouba, a sélectionné 14 plats traditionnels en vue de les labellisés et de les transformer en véritables attraits touristiques. Il s’agit entre autres du Ndolé, Achu, Okok, Taro, Nkui, mets de pistache, Ekwang, Eru etc. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme plus vaste de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), intitulé « Propriété intellectuelle et tourisme gastronomique au Pérou et dans d’autres pays en développement ».

En collaboration avec l’OMPI, le gouvernement s’efforce de valoriser ces mets uniques. Parmi les plats sélectionnés figurent des créations culinaires variées et riches en saveurs, reflétant la diversité du patrimoine camerounais. Une fois labellisés, ces plats deviendront des ambassadeurs de la culture locale, capables de ravir les palais les plus exigeants et de laisser des souvenirs impérissables chez les visiteurs. Ce projet ne constitue pas une première pour le Cameroun, qui a déjà vu des produits emblématiques tels que le miel blanc d’Oku et le poivre de Penja obtenir un label. La labellisation de ces mets traditionnels marque une nouvelle étape dans la protection et la valorisation des trésors culinaires nationaux.

 DES AVANCÉES SIGNIFICATIVES

Depuis mai 2024 le gouvernement camerounais a entamé la phase 2 de ce projet intitulé : « Propriété intellectuelle et tourisme gastronomique ». C’est ainsi que le Ndolè a été officiellement reconnu et labellisé par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Le Ndolè a été choisi parmi 14 traditions culinaires camerounaises à préserver, devenant ainsi le premier plat à obtenir le label de l’OMPI. Cette labellisation, apprend-on, confère des perspectives économiques prometteuses pour le Cameroun, en attirant l’attention des gastronomes du monde entier et en stimulant le développement local et régional. A l’observation, la décision de labelliser le Ndolè s’inscrit dans les efforts du gouvernement pour promouvoir la culture et le patrimoine culinaire du pays. Elle vise à préserver l’authenticité de cette recette ancestrale et à encourager sa transmission aux générations futures.

Ce programme, lancé par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), vise à positionner le Cameroun comme une destination touristique incontournable en valorisant sa cuisine locale. « Le principal objectif de cette deuxième phase est de promouvoir l’usage de la propriété intellectuelle en lien avec le tourisme gastronomique au Cameroun, en Malaisie, au Maroc et au Pérou, tout en capitalisant sur les acquis de la phase initiale », précise le Ministère du Tourisme et des Loisirs (Mintoul).

La phase II de ce projet est financée par l’OMPI à hauteur de plus de 332,6 millions de FCFA. Elle fait suite au projet intitulé « Plan d’action pour le développement sur la propriété intellectuelle et le tourisme gastronomique au Pérou et dans d’autres pays en développement », dont l’objectif est de promouvoir le tourisme gastronomique à travers la propriété intellectuelle. Ce programme intervient dans un contexte où la cuisine camerounaise peine encore à se faire connaître à l’international, en grande partie en raison d’un manque de standardisation.

C’est justement sur cette diversité culinaire que le Ministère du Tourisme et des Loisirs (Mintoul) entend s’appuyer pour dynamiser le tourisme et en faire un moteur de développement et de croissance. Selon les prévisions publiées en mars 2018 par le World Travel & Tourism Council (WTTC), un forum dédié à l’industrie du voyage et du tourisme, ce secteur ne devrait représenter qu’un peu plus de 3 % du PIB camerounais d’ici 2028.

Les tour-operators (TO), moteurs de la relance du tourisme

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Selon Bello Bouba Maïgari, ministre du Tourisme et des Loisirs, le retour des tour-operators travaillant sur la destination Cameroun est un signe encourageant. Après une longue période marquée par la crise économique et un ralentissement dans le secteur touristique, ces acteurs jouent un rôle clé dans la relance de l’activité. Ces entreprises qui organisent des séjours touristiques en assemblant plusieurs prestations, proposent des offres « clés en main » qui mettent en avant la richesse du patrimoine camerounais, qu’il s’agisse du tourisme balnéaire, culturel, cynégétique ou sportif. En dépit des défis auxquels le secteur fait face, ces voyagistes ont le potentiel de redynamiser la fréquentation touristique, en particulier à l’échelle locale. Le ministre a souligné l’importance de l’initiative locale dans ce processus. En effet, les tour-opérateurs nationaux ont un rôle stratégique à jouer en proposant des produits de proximité à des prix abordables.

Le marché domestique est considéré comme un levier essentiel, comme l’ont démontré les grandes destinations touristiques internationales qui se sont d’abord construites sur une clientèle locale avant de s’ouvrir au monde. « Il y a de belles chaînes de valeurs à créer par le développement d’une offre locale », a-t-il déclaré. Cependant, l’offre touristique du Cameroun, bien que diversifiée et prometteuse, reste encore fragmentée. Si l’on peut constater une amélioration des capacités d’hébergement et la beauté incontestable des sites naturels et artificiels, le ministre a reconnu que l’infrastructure nécessaire pour relier ces points forts reste insuffisante. Les routes et les moyens de transport, notamment, représentent un obstacle majeur à l’émergence d’une véritable offre touristique cohérente et compétitive. « Nous avons de gros problèmes de routes, de moyens de transports », a-t-il affirmé, déplorant le manque de cohésion entre les différents acteurs du secteur. Cela limite considérablement l’accessibilité aux sites et freine ainsi le développement d’une destination touristique attractive, malgré les nombreuses potentialités du pays.

Pour le ministre, le développement du tourisme au Cameroun repose sur une approche globale, qui nécessite une meilleure coordination entre les prestataires de services et les pouvoirs publics, ainsi que des investissements plus conséquents dans les infrastructures. « Il ne suffit pas d’avoir de beaux sites, encore faut-il pouvoir y accéder », a-t-il conclu, tout en appelant à des efforts concertés pour moderniser le réseau routier et les moyens de transport

Politique monétaire : La Beac maintient sa cure d’austérité malgré la baisse annoncée de l’inflation

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Le siège de la BEAC

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac) s’est réuni à Yaoundé le 23 septembre 2024 pour sa troisième session ordinaire de l’année. À l’issue des délibérations, la décision a été prise de ne pas modifier les taux directeurs de l’institution, une stratégie qui interpelle au regard de la baisse continue de l’inflation dans la sous-région.

Avec un taux d’inflation moyen projeté à 4,2% en 2024 contre 5,6% l’année précédente, certains observateurs pouvaient s’attendre à un assouplissement des conditions monétaires. Pourtant, le CPM, sous la direction du gouverneur centrafricain Yvon Sana Bangui, a préféré jouer la carte de la prudence.

Le taux d’intérêt des appels d’offres reste donc fixé à 5%, le taux de facilité de prêt marginal à 6,75% et le taux de facilité de dépôt à 0%. Les réserves obligatoires des banques demeurent, elles aussi, inchangées à 7% pour les exigibilités à vue et 4,5% pour celles à terme.

UN STATU QUO STRATÉGIQUE

 La décision de maintenir les taux repose sur deux arguments principaux. Premièrement, malgré la baisse récente de l’inflation, celle-ci reste au-dessus du seuil communautaire de 3%, un niveau jugé acceptable par les instances régionales. Deuxièmement, les indicateurs de stabilité de la monnaie, mesurés à 69,2%, plaident pour la continuité d’une politique monétaire stricte. En clair, bien que la tendance inflationniste se calme, les conditions ne sont pas encore réunies pour un changement de cap.

Cette posture contraste avec les décisions récentes d’autres grandes banques centrales, telles que la Réserve fédérale américaine (FED) ou la Banque centrale européenne (BCE), qui ont opté pour des baisses de taux afin de stimuler leurs économies respectives. En maintenant ses taux inchangés pour la sixième fois consécutive, la Beac persiste dans une politique d’austérité monétaire qui, depuis trois ans, vise à contenir l’inflation et à préserver la stabilité monétaire.

UNE POLITIQUE D’AUSTÉRITÉ FACE À DES DÉFIS ÉCONOMIQUES

Cette politique rigoureuse de la Beac a entraîné une hausse progressive des taux d’intérêt des appels d’offres depuis 2022, atteignant 5% en mars 2023. Une telle politique vise notamment à contrôler la liquidité excédentaire dans le système bancaire à travers des émissions régulières de bons Beac, rendant ainsi la monnaie plus rare et plus chère pour les banques commerciales. Cela impacte inévitablement l’accès au crédit pour les entreprises et les ménages, freinant ainsi la demande intérieure et les investissements. Cependant, si cette stratégie permet de limiter la composante inflationniste provenant de l’excès de liquidité, elle pose un défi majeur en matière de croissance.

En effet, les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) sont confrontés à un besoin pressant de financements pour stimuler leurs économies. Le resserrement des conditions monétaires, bien que nécessaire pour stabiliser la monnaie, pourrait, à terme, freiner les efforts de relance économique.

 LES TENTATIVES DE RELANCE DE LA LIQUIDITÉ

Consciente de ce dilemme, la Beac a entrepris, depuis juin 2024, des opérations d’injection de liquidités dans le système bancaire. En quatre mois, 14 offres ont été effectuées pour un montant total de 2 500 milliards de FCFA. Ces opérations, souscrites à des taux élevés, témoignent de la forte demande de liquidités des banques commerciales. La dernière en date, portant sur 200 milliards de FCFA, a enregistré un taux de souscription de 218,5%, avec une demande atteignant 437 milliards de FCFA.

Ces injections à court terme, d’une maturité de sept jours, visent à réguler les flux monétaires et à alléger les tensions sur les crédits. Cependant, elles soulignent également l’ampleur des besoins financiers de la sous-région. Ainsi, la Beac doit composer avec deux impératifs : contrôler l’inflation tout en veillant à ne pas étouffer la dynamique économique.

Assainissement du fichier solde: Le Minfi supprime les primes indûment perçues par le corps médical

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Louis Paul Motaze www.newsducamer.com
Louis Paul Motaze Homme de année 2024 du Guardian Post Achievement Award

Les médecins fonctionnaires camerounais sont confrontés à des réalités complexes liées à la rémunération de leurs services. L’une des plus épineuses concerne les primes allouées au personnel soignant. En 2002, un décret présidentiel a mis fin à l’ancienne prime de « Technicité Agent Technique », la remplaçant par trois nouvelles primes : la prime de technicité, la prime de santé publique et la prime d’astreinte. Globalement, ces trois gratifications représentent une somme de 40 000 FCFA, soit un avantage significatif pour les médecins.

Pourtant, cette réforme n’a pas été correctement appliquée à l’époque, ce qui a donné lieu à des versements indus de la prime obsolète. Pendant près de deux décennies, certains personnels de santé ont donc continué de toucher une prime qui, au sens de la loi, n’existait plus.

Le manque à gagner pour l’État, estimé à 3 milliards de FCFA en 18 ans, l’a poussé à mettre fin à cette saignée financière en 2020. Cependant, ce processus de régularisation n’a pas mis fin à la déperdition des fonds publics.

A en croire Malachie Manaouda, le ministre de la Santé Publique, certains personnels ont continué à percevoir indûment la prime de « Technicité Agent Technique » pourtant supprimée. Pour corriger cette anomalie, le ministère des Finances, à la demande du ministère de la Santé Publique, a procédé à des coupes sur les salaires.

«Faisant suite à une rumeur qui se veut persistante sur les réseaux sociaux, relativement à une coupe de salaire qu’auraient subi les Médecins à la fin du mois d’août 2024, Je voudrais me permettre de préciser que le Ministère des Finances a effectivement procédé, depuis ce mois d’août, à l’émission des ordres de recettes à l’encontre des personnels qui ont continué à bénéficier indûment de la prime de Technicité Agent Technique, jadis servie aux personnels des corps de la Santé publique avant février 2002, date à laquelle le Président de la République leur a octroyé par décret, 03 primes de Santé, notamment : – la prime de technicité ; – la prime de santé publique ; – et la prime d’astreinte. Ledit décret a donc remplacé la prime de Technicité Agent Technique par la prime de Technicité chez les Médecins», a précisé Malachie Manaouda le 25 septembre 2024 sur X, anciennement Twitter.

A en croire le membre du gouvernement, la démarche actuelle qui ne concerne que ceux qui n’avaient pas actualisé leurs éléments de salaire, entend assainir le fichier des personnels de l’Etat pour permettre de liquider davantage les rappels stockés.

C’est ainsi que des ordres de recettes ont été dressés à tous les agents publics ayant bénéficié par le passé, volontairement ou non, des paiements indus. Pour éviter toute escalade, comme ce fut le cas en 2020, lors du lancement de la première opération de régularisation, Malachie Manaouda a, dans sa sortie, lancé un vibrant appel à l’apaisement.

«Nous comptons donc sur l’esprit républicain des soldats de la Santé, pour qu’ils ne cèdent pas aux sirènes d’instrumentalisation autour de chaque action du Gouvernement. Restons mobilisés pour l’implémentation de notre Phase 1 de la Couverture santé universelle, telle qu’instruite par le Chef de l’Etat»,a-t-il déclaré.

Le Cameroun s’engage pour un tourisme durable et innovant

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Le Cameroun, pays d’une grande diversité culturelle et géographique, abrite des trésors touristiques inestimables. Pour valoriser ce patrimoine et booster l’économie nationale, le gouvernement a lancé plusieurs initiatives pour promouvoir la destination Cameroun.

 « Le développement de l’activité touristique ne se décrète pas. Nous ne devons pas mettre la charrue avant les bœufs. Intéresser davantage les touristes nationaux et internationaux suppose des préalables. L’activité doit être rationnalisée, normée. Les différents acteurs et parties prenantes doivent effectivement prendre la mesure de ce qu’une activité touristique bien organisée crée de la richesse. Les stratégies sont en fait la traduction opérationnelle d’une vision. Nous devons déjà avoir une vision claire de ce que nous entendons faire pour développer le tourisme au niveau local (dans nos aires culturelles et touristiques). Nous devons développer en tenant compte des tendances mondiales qui sont toutes tournées vers un tourisme durable. Le chantier est grand, au regard du caractère concurrentiel de l’offre mondiale », a indiqué Bello Bouba Maïgari, ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintoul) dans une interview accordée en juin 2023 à Cameroon Business Today.

C’est ainsi que le ministère du Tourisme et des Loisirs a élaboré un cadre de dépense à moyen terme, sur la période 2024-2026. Avant cela, le gouvernement a lancé un chantier d’amélioration de la qualité et la durabilité de l’offre touristique et des loisirs, et de renforcement du cadre institutionnel et réglementaire. L’objectif principal est de renforcer la promotion du tourisme à l’intérieur et à l’extérieur du territoire camerounais.

Le gouvernement a investi dans la réhabilitation des infrastructures touristiques. Le 4 mars 2023, Maigari Bello Bouba a inauguré officiellement la station nautique de Lagdo, située dans la région du Nord, connue pour son barrage. Cette nouvelle station comprend des restaurants, salles de jeu, piscines et plages artificielles. Le coût total des équipements s’élève à plus de 40 millions de FCFA, tandis que les travaux d’aménagement supplémentaires ont atteint 45 millions de FCFA. D’après le ministère du Tourisme et des Loisirs, ces investissements visent à « améliorer et renforcer en permanence les infrastructures touristiques et de loisirs afin d’attirer davantage de visiteurs ». La veille, le ministre avait également lancé la station nautique de Maga, située à environ 82 km de Maroua, près de la frontière tchadienne, dans le département du Mayo-Danay.

ECOTOURISME

Sous l’impulsion du chef de l’État, le Mintoul a placé l’écotourisme au cœur de sa stratégie de développement touristique. Cette orientation stratégique s’inscrit dans une volonté de valoriser les richesses naturelles du pays tout en préservant les écosystèmes fragiles. Pour mener à bien cette mission, le département en charge du tourisme au Cameroun a noué des partenariats stratégiques avec plusieurs ministères, notamment le ministère des Forêts et de la Faune (Minfof). Ces collaborations ont donné naissance à des initiatives ambitieuses. Ce partenariat interministériel marque une étape importante dans la gestion durable des ressources naturelles touristiques. En abordant les questions de durabilité de manière transversale, cette convention garantit une exploitation responsable des sites naturels. Le Parc national de Campo-Ma’an : Ce parc emblématique est devenu un véritable laboratoire pour le développement de l’écotourisme au Cameroun. Grâce à la convention tripartite Mintoul-Minfof-ATM, de nouvelles perspectives se sont ouvertes pour la promotion de ce site exceptionnel. A l’actif de ce partenariat, s’ajoute la mise en place du Programme de promotion du tourisme, résilience et développement durable dans les Communes Forestières du Cameroun (PTRED CFC).

TOURISME GASTRONOMIQUE

Au-delà de ces partenariats, le Mintoul en collaboration avec la Chaîne des restaurateurs pour la promotion du patrimoine de la Cuisine camerounaise (Crespac), a mis sur pied en 2022 le festival des Saveurs du Cameroun et du monde, dont le but « de faire connaître, valoriser et promouvoir notre gastronomie tant au niveau national qu’international. Au regard de la plus-value touristique apportée par cette initiative, le gouvernement a tenu à apporter son concours multiforme et sa caution institutionnelle dans ce qui se veut désormais un partenariat public privé, pour une organisation régulière d’un festival d’envergure, montrant ainsi notre volonté de faire de notre gastronomie, l’un de nos produits touristiques phares », avait-indiqué Bello Bouba Maigari, ministre d’Etat, ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintoul) alors qu’il présidait la première édition de ce festival de saveurs.

Lutte contre la corruption : L’Etat a perdu  au moins 114,035 milliards Fcfa en 2023

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Le rapport 2023 de la Commission nationale anti-corruption (Conac) sur l’Etat de la corruption au Cameroun fait état de ce que l’Etat du Cameroun a subi un préjudice cumulé de 114 milliards 35 millions 922 502 francs CFA au cours de l’année 2023. Dieudonné Massi Gams, le président de la Conac indique que ce chiffre est le fruit de l’addition des chiffres obtenus à l’issue des missions d’investigation de la Conac, des actions du Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf) du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe), et du Tribunal criminel spécial (TCS).

Selon Dieudonné Massi Gams, le montant de ce préjudice est en augmentation de 109 milliards 412 millions 503 584 francs CFA, par rapport à l’année 2022. En rappelant qu’il était de 4 milliards 623 millions 418 918 Fcfa pour 2022. Une hausse qui « s’explique par le nombre de dossiers ayant donné lieu aux missions d’enquête (16), le nombre de décisions rendues par le Cdbf et le TCS (43 au total), et la nature des affaires ayant donné lieu aux missions d’enquête de la Conac » et à ces décisions. Mais il faut préciser que la réalité est certainement plus importante car tous les cas aboutissant à des pertes financières ne sont pas toujours portées devant ces instances étatiques. Autant dire que la situation est plus grave.

Au cours de la cérémonie de présentation du rapport sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun ce 26 septembre, Dieudonné Massi Gams a félicité toutes les entités étatiques qui ont contribué à l’établissement dudit rapport, ainsi indique les citoyens qui se sont prêtés au jeu de dénonciation : « ce sont ces dénonciations qui vont permettre de résoudre les problèmes», a souligné le président de la Conac. A propos, le rapport 2023 sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun est le fruit de 7 548. Un chiffre en hausse de 487 dénonciations car le précédent rapport avait enregistré 7 061 dénonciations. On apprend que 3 273 des dénonciations du rapport 2023 l’ont été par voie de courrier administratif, 1 245 à travers la ligne verte (1517), 770 par mail et 2260 par le numéro whatsApp.

La nature des pratiques dénoncée est diversifiée : les détournements des frais des Associations des parents d’élèves et enseignants (Apee), le détournement des fonds destinés au paiement des prestations des enseignants, les paiements irréguliers pour la délivrance des actes de naissance, l’arnaque des usagers de la route, l’exigence des frais non réglementaires pour la délivrance de la Carte nationale d’identité (CNI), la rémunération contre signature de documents administratifs, des fraudes lors des examens pour l’obtention du permis de conduire et la perception indue des pénalités par des agents préposés à la prévention routière.

Si l’Etat a subi un lourd préjudice financier, il a tout de même pu sauver une partie des fonds indument collectés par ses agents. Ainsi, le rapport 2023 de la Conac indique que le TCS a pu encaisser comme restitution du corps du délit, 1 477 917 993 milliard de francs CFA, la Société camerounaise de recouvrement des créances (SRC) a récupéré 7.018.325.423 Fcfa.

Eneo place la diversité comme un levier de performance

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 L’entreprise dédie une journée au multiculturalisme et du vivre ensemble pour célébrer les différences, en accord avec sa politique diversité et inclusion.

 ENEO Cameroon  fait des divergences de culture et d’opinion une force pour faire évoluer l’entreprise.  L’opérateur du secteur de l’électricité au Cameroun considère la multiplicité d’hommes et de femmes venant de toutes les aires culturelles du pays comme une ressource pour son progrès.  La compagnie a réuni le 18 septembre dernier à Douala,  l’ensemble du personnel de la région pour communier autour de la journée du bilinguisme, du multiculturalisme et du vivre ensemble instituée par la compagnie.  L’occasion de célébrer la diversité au centre de ses opérations.

L’entreprise emploie plus de 3600 agents d’horizons divers répartis dans plusieurs métiers allant du technique au commercial passant par l’administration.  Au total, plus de 200 métiers  dans l’ensemble du pays soutenus par  10 000 agents sous-traitants.  D’origine diverses, tous  sont pourtant astreints à un seul objectif : offrir une énergie en toute sécurité et une qualité de service fiable.  Surtout, se déployer pour répondre à la demande et aux exigences des consommateurs d’électricité, un secteur névralgique.

 La journée du bilinguisme, du multiculturalisme et du vivre ensemble est présentée par le Directeur Général d’Eneo Cameroon, comme un moyen de garder tout ce monde uni malgré leurs différences.  « Pour nous c’est particulièrement important par ce que ça permet à chaque région du Cameroun, à chaque culture qui fonde la richesse du Cameroun de s’exprimer,  à chacun de communier autour d’une richesse culturelle qui est extrêmement importante. Il est donc important que l’entreprise puisse s’inscrire dans cette diversité culturelle et que tous les agents  d’Eneo au-delà de la famille puissent communier avec cette diversité qui fait la richesse du Cameroun », indique Amine Homman Ludiye. 

  Cette journée est  en accord avec la politique diversité et inclusion  mise en place au  sein de l’entreprise.  Cette politique se décline autour de plusieurs autres actions. Entre autres, des concours avec des prix pour encourager les agents ;  deux journées bilingues obligatoires.  C’est aussi dans cette optique que l’entreprise s’engage à traduire tous ses documents dans les espaces clients, et à  former obligatoirement les caissiers et réceptionnistes sur les bases du français et/ou de l’anglais.

 Tout cela épouse les valeurs que s’est attribuées l’entreprise pour garantir sa croissance. «  A Eneo, nous croyons à la puissance de la diversité comme levier de performance. C’est pourquoi dans les valeurs de l’entreprise, au moins deux mettent en avant la diversité. Les valeurs respect et cohésion. Respecter les diversités, les sensibilités, les points de vue et en tirer l’énergie pour construire le présent avec optimisme et l’avenir avec audace. Et pour ce qui est de la COHESION, Eneo dit que Pour réussir, Eneo doit mobiliser l’ensemble de son corps social dans un même esprit d’équipe afin de faire de nos activités une source durable de progrès pour notre pays et d’épanouissement pour notre personnel » déclare Génie Ngongang Directrice régionale d’Eneo à Douala.

 Au premier semestre 2024, Eneo totalisait plus de 2 millions de  clients. Mais les défis subsistent. Garantir la continuité dans le service qui connait encore des interruptions, et connecter des zones rurales au réseau électrique. 40 % de la population camerounaise n’ont pas accès à l’électricité selon la banque mondiale.

Réaction

Génie  Ngongang, Directrice régionale Eneo Douala

 «  Les différentes cultures favorisent des idées constructives »

« Ce sont les hommes qui forment le socle de chaque société de chaque entreprise.  Donc pour la diversité c’est important que chaque camerounais se sente bien n’importe où  et dans n’importe quelle région. Il est ainsi important de par la diversité, de savoir que dans une entreprise, avec les différences  que nous avons; de savoir qu’on peut bâtir  quelque chose par ce que chacun viendra avec son point de vue qui est constructif. A travers cette journée, nous tous nous devons comprendre que la culture c’est plutôt une force et non une faiblesse. Donc on va le multiplier chaque fois le plus possible pour pouvoir garder cette cohésion entre les coéquipiers. Pour nous cette diversité reste la base de bonnes performances d’une entreprise.  Au niveau de la gouvernance, on a besoin qu’il y ait du respect. La cohésion est déjà là mais le simple respect entre nous permet que toutes les intelligences puissent se mettre ensemble pour qu’il n’y ait pas de frustrations  et c’est le message fort que  nous essayons de passer à tous. Que les frustrations peuvent exister mais il faut plutôt qu’on change et que cela devienne une force pour nous. On a beaucoup à donner pour pouvoir atteindre les performances. »

Formation médico-sanitaire: Les Instituts privés d’enseignement supérieur plaident pour un report de la Réforme gouvernementale

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Les membres de l'Anipes réunis le 4 juin 2024, lors d'une réunion organisée à l'Istag

Le Palais des Congrès de Yaoundé a été le théâtre d’un vibrant plaidoyer des promoteurs des Instituts Privés d’Enseignement Supérieur (IPES) le 23 septembre dernier. Réunis sous l’égide de l’Association nationale des instituts privés d’enseignement supérieur (Anipes), ces acteurs ont exprimé leur vive préoccupation face aux réformes mises en place par le ministère de la Santé publique (Minsanté) et le ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup).

Le débat porte principalement sur la capacité des IPES à former le personnel médico-sanitaire, une compétence que l’Ordre des professions médico-sanitaires (Opms) leur conteste depuis des années.

Face à l’urgence de la situation, les IPES, dans un communiqué, ont demandé un sursis afin de s’adapter aux nouvelles exigences. Ils soulignent notamment l’impact brutal de la réforme sur les étudiants inscrits et le personnel enseignant, ainsi qu’une mise en œuvre trop rapide des mesures. Parmi les demandes formulées, figurent l’élaboration de programmes harmonisés et la mise en place de dispositifs pédagogiques spécifiques pour les étudiants déjà en cours de formation.

Sur le plan économique, les promoteurs plaident également pour un temps d’adaptation, particulièrement pour ceux ayant contracté des prêts bancaires pour le développement de leurs infrastructures. En dépit de leurs inquiétudes, les IPES ont réaffirmé leur soutien aux réformes tout en appelant à une concertation pour garantir la réussite de la transition.

«les promoteurs des Ipes du cameroun  venus des 10 régions du cameroun et réunis ce jour au palais des congres de Yaoundé demandent très humblement au chef du gouvernement d’accorder un délai nécessaire afin que d’une part le comité  technique prévu dans le communiqué du 16 aout puisse se tenir et adresser tous les points que posent la mise en œuvre de la réforme de la formation des personnels medico-sanitaires au cameroun, d’autre part pour que les nouvelles mesures juridiques, académiques et pédagogiques devant encadrer les réformes soient prises au niveau de l’état», a indiqué l’Anipes.

Le point de discorde

La réforme qui cristallise ce débat a été initiée lors d’une réunion conjointe entre les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur le 16 août 2024. Désormais, les titulaires de diplômes comme le Brevet de Technicien Supérieur (BTS), le Higher National Diploma (HND) ou le Diplôme Supérieur d’Études Professionnelles (DSEP) devront passer un examen national d’aptitude à la profession médico-sanitaire pour intégrer l’Ordre des professionnels.

La première session de cet examen est prévue pour octobre 2024. En parallèle, un concours national sera mis en place pour l’admission dans les écoles de formation médico-sanitaire, tant publiques que privées, dès la rentrée 2024-2025. Une mesure qui répond à une revendication de longue date de l’Opms, qui dénonce la mauvaise qualité de formation dans certains établissements privés.

L’Opms a depuis longtemps exprimé ses réserves quant à la formation médico-sanitaire assurée par les IPES. En novembre 2020, l’Ordre avait déjà publié un communiqué dans lequel il remettait en question la légitimité des diplômes délivrés par ces établissements, comme le BTS en soins infirmiers ou le DSEP en santé.

Selon cette organisation, ces diplômes ne respectent pas les normes de formation requises pour garantir la sécurité des patients. En réponse, l’organisation a appelé à un encadrement strict des formations, à une harmonisation avec le système LMD (Licence-Master-Doctorat) et à la mise en place de concours rigoureux. Ce bras de fer avec les IPES s’est intensifié au fil des ans, jusqu’à aboutir à la réforme conjointe des ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur.

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