Simples, élégantes, parlantes et surtout actuelles les rimes de Severin Mebenga entrainent son lecteur dans des sensations et des vibrations d’un dialogue interne empreint de rationalité. Un dialogue qui combine à la fois, subjectivité, engagement et surtout optimisme. « Je rends hommage à tous les Hommes-mages qui ont initié ce voyage. Nous sommes des hommes en marche et non des ombres en marge. Nous ne sommes pas en retard non nous entamons seulement un autre départ », écrit-il à la page 32. Ecrire pour dévoiler à travers les rimes, un monde où l’homme est en guerre permanente contre lui-même, son frère et la société dans laquelle il vit. Ecrire aussi pour traduire un monde dominé par l’égoïsme, la méchanceté, l’intolérance, le mauvais cœur, le racisme et le tribalisme, bref le refus du vivre-ensemble diffèrent, telle est la mission que se donne ce poète. Ainsi écrit-il : « après tout, l’écriture reste une aventure, où l’Homme se bat contre ce qui le tue. L’écriture est une ombre qui se dévoile dans sa tension vers l’altérité. Une espérance d’amitié pour l’éternité ». En trois séquences : « paroles et pensées » ; « signes des temps » ; « les mots en fleur », Severin Mebenga transporte son lecteur vers les chemins de la renaissance. Une renaissance de l’homme, de son milieu de vie et de son continent. Cette nouvelle naissance revêt à la fois un caractère matériel et spirituel. Elle est donc très loin de la simple émergence, principalement encrée sur un matérialisme à outrance que proposent ce monde de consommation. Comme l’immortel Osiris, Severin Mebenga revêt une tunique qui est le symbole de la victoire du bien sur le mal. « Du nouveau, le tout puissant dans sa gloire foule la terre de son divin pied et fait voir au monde entier son pouvoir. Emoussé Satan convertit voit ses ailes repoussées. Ses yeux levés qui lui tend la main, le sourire radieux ». Cette victoire que clame le poète est aussi le symbole de la rédemption de l’Afrique qui a connu la colonisation, la pseudo indépendance, qui connait la nouvelle colonisation et qui doit impérativement briser les chaines qui l’avilissent pour se repositionner dans ses relations avec l’autre. Il s’agit d’une culture qui prône l’altérité, la fraternité, l’amour universel. Severin Mebenga se classe par sa poésie, à la suite des grands poètes comme Engelbert Mveng, ou Leopold Sédar Senghor qui avait déjà dessiné à travers leurs vers ce monde meilleur que l’on implore toujours de tous nos vœux.
En 111 pages, « Jet de mots » écrit par le jeune enseignant de français originaire de la région du Centre Cameroun se positionne comme un bréviaire de la fraternité universel.
Poésie: Severin Mebenga célèbre la renaissance
Liberté d’expression: PEN international demande la libération de Paul Chouta
« Les autorités camerounaises doivent libérer le journaliste Paul Chouta immédiatement et sans condition et abandonner les poursuites à son encontre », a déclaré intransigeante l’ONG PEN International. Cette organisation américaine estime que « Paul Chouta est en détention depuis cinq mois en vertu de lois qui restreignent sévèrement et indûment la liberté d’expression ». Salil Tripathi, le président du comité des écrivains en prison de PEN International, indique que « PEN a longtemps soutenu que, lorsque des questions de réputation sont en jeu, les auteurs de la plainte doivent utiliser des moyens civils, et non des lois pénales, pour demander réparation. Nous pensons donc que Chouta devrait être immédiatement libéré et autorisé à poursuivre ses reportages, même si c’est essentiel »
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), présente Paul Chouta comme « un critique du gouvernement, bien connu dans notamment pour ses interviews en vidéo et ses reportages en direct. Il a rapporté sur des sujets sensibles tels que l’arrestation d’un ancien fonctionnaire du gouvernement et des allégations d’abus contre la police. Son arrestation s’inscrit également dans un contexte plus large de répression des voix critiques (voir ci-dessous). Chouta étudie également le journalisme à l’ISTIC (Institut supérieur de traduction, d’interprétation et de communication) ».
Un procès qui se complique
« Le procès de Chouta a été soumis à de nombreux reports et complications », selon l’organisation. « Lors de l’audience du 10 septembre, les avocats de Chouta ont été informés qu’une demande de jonction de l’affaire de Chouta avec une autre affaire avait été présentée à la Cour. La demande de jonction concerne une autre personne qui avait également été accusée de diffamation et de fausses nouvelles par l’écrivaine franco-camerounaise. Les avocats de Chouta se sont opposés à la jonction. Toutefois, le juge a décidé de joindre les deux affaires et a ajourné l’audience au 8 octobre 2019. Lors de la dernière audience du 8 octobre, Paul Chouta n’était pas présent dans la salle d’audience et son équipe d’avocats a appris que les avocats du deuxième accusé avaient interjeté appel de la décision de joindre les dossiers. Son dossier est actuellement devant la cour d’appel pour examen. La raison de l’appel n’est pas claire ».
Ainsi : « PEN International s’oppose à l’utilisation de lois sur la diffamation pénale et les fausses informations pour restreindre la dissidence et appelle les autorités camerounaises à abolir rapidement leurs lois sur les fausses informations et la diffamation et à mettre en place des garanties suffisantes pour protéger le droit à la réputation par le droit civil, notamment en empêchant d’amendes excessives ou de dommages-intérêts ».
Joseph Essama
Afrique centrale : un Sommet de la Cemac imminent à Yaoundé
Rien n’est encore officiel, mais en observant les dernières actualités de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac), tout laisse croire que la Conférence des chefs d’Etats de la sous-région est proche. La semaine dernière, une réunion du Comité inter-Etats de la Cemac s’est tenue à Yaoundé en présence des experts dudit Comité. Avant elle, une autre réunion du Collège des commissaires de la Cemac avait eu lieu à Malabo le 26 octobre. Présidée par Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac, cette assise a arrêté quelques sujets qui pourront être soumis à l’attention des chefs d’Etats, lors de la conférence sous-régionale. Entre autres : « la problématique de la réforme du franc CFA, qui en échos à la déclaration du ministre des Finances français lors de la réunion ministérielle de la zone franc, pourrait être examiné par la Conférence des chefs d’Etats annoncée », indiquait le communiqué final. A la suite de cette réunion, le ministre des Finances camerounais Louis Paul Motaze a été dépêché par le président de la République auprès des chefs d’Etats équato-guinéen et Congolais. Porteur d’un pli fermé envoyé par Paul Biya à son homologue, Louis Paul Motaze a été reçu le 29 octobre dernier en audience par Theodoro Obiang Nguema au Palais du peuple à Malabo. Une audience au cours de laquelle, le dirigeant équato-guinéen et l’émissaire de Paul Biya ont tablé, devant le ministre équato-guinéen des Affaires Etrangères et l’ambassadeur du Cameroun en Guinée équatoriale, sur le renforcement de la coopération et des liens d’amitié qui existent entre les deux pays.
Ensuite Louis Paul Motaze s’est envolé pour Oyo au Congo où il a été reçu le 31 octobre dernier par le président Denis Sassou N’Guesso. Au sortir de l’audience que lui accordée l’homme fort de Brazzaville, Louis Paul Motaze a affirmé qu’il était « porteur d’un message du président Paul Biya du Cameroun ». Un message qui dit-il a été transmis au président congolais. Il a en outre révélé que Paul Biya et ses homologues aiment, à intervalles réguliers parler des problèmes de la Cemac. Et a ajouté qu’il « est fort possible qu’en tant que président en exercice de la Cémac, le président Biya reçoive un jour ses pairs pour parler des problèmes de la sous-région »
C’est depuis le mois de mars au sortir du 14e sommet de la Cemac qui s’est tenu à Ndjamena, que le président Paul Biya préside aux destinées de l’union sous-régionale. Désigné pour un mandat de 2 ans, il avait été chargé par ses pairs d’organiser la quinzième session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la Cemac.
Joseph Essama
06 Novembre 2018-2019: Paul Biya une année agitée
La première année du magistère du président de la République n’a pas été un long fleuve tranquille. A peine élu, Paul Biya n’a même pas pris le temps de jubiler sa victoire qu’il s’est confronté aux réalités de son mandat. Le 16 octobre 2018, la Commission nationale de recensement rend le résultat provisoire de l’élection présidentielle du 07 octobre. Ce résultat donne le candidat du Rdpc vainqueur avec 71.28% des suffrages exprimés en sa faveur. Aussitôt, connu, les principaux partis de l’opposition saisissent le Conseil constitutionnel pour l’annulation partielle et ou totale de ces résultats. Dès le premier jour, 16 des 18 requêtes introduites par l’opposition vont essuyer une fin de non-recevoir. Le 22 octobre, après un contentieux électoral houleux, l’organe chargé de la proclamer les résultats confirme la victoire de Paul Biya, une victoire rejetée par l’opposition notamment le MRC qui crie au hold-up électoral et lance un programme qu’il baptise « plan de Resistance National ». Le 19 janvier Maurice Kamto l’Union Africaine pour demander l’annulation des résultats de la présidentielle du 07 octobre 2018 et quelques jours plus tard, après avoir organisé à l’avance quelques manifestations sporadiques, il lance à Douala, le 26 janvier une grande marche, à la suite de laquelle plusieurs représentations diplomatiques du Cameroun à l’étranger sont saccagés. Maurice Kamto et plusieurs de ses alliés sont arrêtés et envoyés en prison.
Pendant que le pouvoir se bat contre Maurice Kamto et les siens qui envahissent les rues des grandes villes du pays, La Confédération Africaine de Football annonce début décembre 2018, le retrait de la Can que devait organiser le Cameroun au mois de juin 2019. Le gouvernement dénonce une injustice flagrante et les populations ne cachent pas leur mécontentement. Au même moment, du coté du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la crise anglophone bat son plein. Un prêtre Kenyan et un pasteur américain sont tués en l’espace de quelques jours. A côté de cela, plusieurs villages sont brulés, des civils et des militaires sont tués. Dans l’avalanche des assassinats, l’on constate avec regret une certaine banalisation de l’horreur. Des hommes sont tués, décapités et les parties de leur corps exhibé en trophée. Pour apaiser la situation, le président de la République prend certaines mesures dont : le plan d’assistance humanitaire, le programme de désarmement dans les zones en conflit, l’arrêt des poursuites contre plus de 300 personnes incarcérées dans le cadre de la crise anglophone. Malgré la volonté affichée du gouvernement de mettre fin à la crise sociopolitique que traverse le Cameroun, la communauté internationale ne se montre pas satisfaite. Dans leurs différents rapports, les ONG notamment Human Rights Whatch et Crisis Group critiquent violemment le gouvernement camerounais et les forces de défense qu’elles accusent de violer les droits de l’Homme dans le cadre de la crise anglophone et de la lutte contre Boko Haram, qui malgré une certaine accalmie continue de faire des morts. De leur côté, les Etats-Unis, l’Union Européenne et la France accentue la pression pour demander la libération de Maurice Kamto et ses alliés. Sous le feu des critiques, le gouvernement camerounais tente de se dédouaner en répondant, par la voix de Rene Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, à toutes les critiques qui sont lancées contre lui. Il accuse ses détracteurs de faire preuve « d’une méconnaissance des enjeux et des réalités …concernant l’arrestation de Kamto et de la situation dans les régions anglophones » et dénonce une « immixtion à peine voilée et inadmissible dans les affaires intérieures du Cameroun ». Pour se montrer de bonne foi, le gouvernement déclare être prêt à accueillir tous ceux de ses partenaires qui souhaitent venir au Cameroun toucher du doigt la situation. Dans cette main tendue, le sous-secrétaire des Etats-Unis chargé des affaires africaines, Tibor Nagy et Michelle Bachelet le Haut-commissaire des Nations-Unis aux droits de l’Homme vont se rendre tour à tour au Cameroun.
La première année du nouveau septennat de Paul Biya aura aussi été émaillé par plusieurs mouvements d’humeur, dont les émeutes d’Obala, celle de Sangmelima, la mutinerie à la prison centrale de Kondengui, ou encore les éboulements de Gouache survenu à Bafoussam il y’a quelques jours.
Joseph Essama
Sport : Yaoundé accueille un tournoi de boxe
Les boxeurs camerounais s’apprêtent à monter sur le ring, à l’occasion du tournoi baptisé « Tournoi de l’unité », une compétition de trois jours organisée par la Fédération Camerounaise de Boxe qui se déroulera du 08 au 10 novembre à partir de 16heures chaque jour, au camp de l’unité, apprend-on de la Fédération Camerounaise de Boxe. Selon les organisateurs du tournoi, la compétition réunira les cinquante meilleurs boxeurs du Cameroun repartis en huit catégories de poids. Et aura un double enjeu : « permettre le repérage des jeunes talents qui pourront intégrer l’équipe nationale de boxe et servir de tournoi de mise en jambe de des athlètes en vue des compétitions internationales qui se profilent à l’horizon notamment le Championnat d’Afrique de boxe amateur prévu en République Démocratique du Congo en janvier prochain et le dernier tournoi qualificatif des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 au Sénégal au mois de février prochain », indique une source auprès de la cellule de communication de l’instance nationale de boxe. Ce tournoi mettra en lice des athlètes internationaux et locaux, et du côté de la fédération, l’on se dit déjà fier du fait que plusieurs boxeurs de renommé ont déjà confirmé leur présence à cette compétition, notamment Dieudonné Tebokbe et Issouhou Mahaman, respectivement médaillé d’or et médaillé d’argent dans le championnat d’Afrique de Boxe Amateur de la « Zone 3 » à Libreville au mois de Mai 2019; Donatien Kond, médaillé d’or lors du Championnat d’Afrique de Boxe « Zone 2 » à Praia Cap Vert dans les 91kg ; ou encore Dorine Mambou, triple médaillée d’or dans les Championnats d’Afrique de Boxe Amateurs Zones 2 et 3 à Praia, Libreville et aux récents Jeux Africains de Casablanca. Au cotés de ces internationaux, d’autres talents locaux sont aussi attendus. A en croire le comité d’organisation, le tournoi qui s’ouvre dans quelques jours sera supervisé, coté technique par le collège d’entraineurs nationaux, et coté management par le président de la Fédération Camerounaise de Boxe.
Lions indomptables U17 : Thomas Libiih sacrifié
Thomas Libiih n’est plus l’entraîneur national des Lions indomptables cadets. Une décision du président de la fédération camerounaise de football (Fécafoot) met un terme aux fonctions du technicien qui assurait l’intérim depuis plus d’un an, depuis le décès de Diallo Siewe. L’ancien Lion indomptable emporte avec lui l’ensemble du staff technique, médical et administratif. Il leur est reproché d’une part l’élimination précoce de la Coupe du monde des cadets, Brésil 2019 ; et d’autre part « le refus de signature de l’acte d’adhésion à la charte des sélections nationales de football ».

C’est une décision qui était attendue. La Fécafoot préparait l’éviction de Thomas Libiih, vu les ennuis que traverse le staff technique des Lions indomptables cadets depuis plusieurs mois. Malgré le trophée continental arraché en Tanzanie, le staff n’a pas bénéficié des mêmes égards que les entraîneurs des autres sélections nationales. Thomas Libiih est resté intérimaire, sans contrat, pendant que de nouveaux entraîneurs étaient recrutés dans d’autres sélections, contrats en main. Et pour ne rien faciliter à celui qui subissait déjà des pressions suite à son « insoumission » face aux misères infligées à son équipe après cette Coupe d’Afrique remportée en Tanzanie en février dernier, il lui a été tendu le piège des joueurs expatriés lors du dernier stage préparatoire au Mondial. Thomas Libiih a invité ses « bourreaux » à lui donner une autorisation écrite pour contourner le décret présidentiel qui restreint les sélections U17 et inférieures aux joueurs locaux. Faute de garantie, Thomas Libiih avait livré sa liste à la Fifa sans les six joueurs expatriés dont les fils de Samuel Eto’o et Bill Tchato. Dans un contexte où la Fécafoot et le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) ne s’accordaient pas sur l’option à prendre. Le Cameroun sortira du Mondial sur trois défaites.
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Alternance : Penda Ekoka a déjà tourné la page Biya…
« Agir soutien MK2018 ». Le message floqué sur les T-shirt arborés par les membres du Comité d’organisation de la conférence de presse de Christian Penda Ekoka a vite tranché sur la rumeur annonçant la rupture entre Penda Ekoka et Maurice Kamto. D’ailleurs, l’échange avec la presse a vu la participation de plusieurs cadres du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). « Agir est en partenariat avec un mouvement politique. Et nous allons faire des partenariats avec le Mrc dans la perspective des élections à venir», a rassuré l’orateur. La prison n’a donc pas effrité le lien entre l’ex conseiller spécial de Paul Biya et le président du Mrc. Au contraire. « Étant en prison, on comprend mieux la situation : le régime a tout fait pour cacher son visage hideux », a confié Penda Ekoka. Et l’économiste croit que, « on ne peut changer ce régime que par une lutte politique». Du coup, la voie institutionnelle n’est pas la principale voie à emprunter car« la justice est aux ordres». Penda Ekoka rappelle que « même l’apartheid était régi par une loi ; Mandela et les autres l’ont compris ». Alors, « nous devons d’abord conscientiser l’opinion ». A celle-ci de faire le reste.

Christian Penda Ekoka s’est livré à un exercice d’évaluation du bilan du Renouveau en 37 ans. Un échec selon l’homme. Arguments à l’appui : « en 40 ans, le réseau ferroviaire s’est rétréci au lieu de s’étendre. A Mentchum, on n’a que les chutes, alors que le projet de barrage existe depuis des décennies. La route Bafoussam-Bamenda qui relie deux villes populaires, devrait déjà être une autoroute pour faciliter les échanges, mais la route existante s’est dégragée et n’existe même plus du tout. Le barrage de Lagdo a quatre turbines, mais à ce jour une seule fonctionne,… », passe-t-il en revue quelques domaines. « On fait la politique pour qu’il y ait développement politique, économique et social, mais sous le Renouveau, ce n’est pas ça», regrette-t-il. Accusant en partie les institutions financières internationales et les partenaires au développement. «Si vous êtes au chevet d’un malade pendant vingt à 25 ans et que le malade ne guérit pas, et que vous ne vous inquiétez pas, ça veut dire que vous-mêmes ne cherchent pas à savoir si le malade avance vers la guérison », pense-t-il.
Cette conférence de presse s’est déroulée au domicile de Christian Penda Ekoka. Faute d’avoir pu accéder à la Fondation Muna qui avait été retenue pour cet exercice. Le sous-préfet de Yaoundé 1er ayant opposé une fin de non recevoir à la déclaration de manifestation déposée par le mouvement Agir. Au motif qu’elle n’a pas précisé « l’objet » de la conférence de presse.
Rdpc : Le Pr Edmond Biloa se révolte, Nkuété le musèle
Edmond Biloa n’a pas terminé l’émission Equinoxe soir ce 5 novembre. Le vice-recteur de l’université de Yaoundé II a quitté précipitamment le plateau de l’émission, sur instruction de « la hiérarchie » de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). La décision vient de la communication du parti des flammes. Sans précisions sur la personnalité à l’origine de cet incident. Mais une telle décision ne peut venir que des hautes sphères du parti, notamment le secrétariat général qui gère le parti au quotidien. Notamment Jean Nkueté le patron de l’administration du parti, ou à défaut le Pr Jacques Fame Ndongo, le secrétaire à la communication. D’aucuns parlent d’une injonction du Pr Laurent Charles Boyomo Assala, directeur de l’Ecole supérieur des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic).
Toujours est-il que le professeur d’université a été obligé de quitter le plateau de l’émission à succès que présente Serge Alain Ottou. Le motif évoqué par le présentateur est « la titraille du journal d’Equinoxe». Le sommet du parti de Paul Biya n’aurait pas apprécié la titraille du journal d’Equinoxe Tv. Une édition qui est revenu entre autres sur la menace d’éboulement de terrain qui pèse sur l’arrondissement de Yaoundé 6, sous le regard spectateur des autorités gouvernementale, également la conférence de presse interdite de Christian Penda Ekoka. Quelques jours après une série de meetings du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) interdits par l’administration territoriale. Pendant que ceux du parti au pouvoir se tiennent sans souci. On sait par ailleurs qu’au menu du débat du soir sur la chaine du peuple, il y avait ce sujet qui alimente les polémiques sur l’espace public. Et le Pr Edmond Biloa qui représentait le Rdpc, a déclaré que « Si on veut la paix il faut laisser les partis politiques s’exprimer dans des meetings populaires encadrés par les forces de l’ordre ». Comme outré par les tares de son propre parti. C’est peut-être cette liberté de ton que n’a pas apprécié le parti de l’Homme Lion.
Cela survient à quelques heures de la célébration de l’anniversaire de l’accession à la magistrature suprême de Paul Biya. L’homme qui souhaitait autrefois que l’on retienne de lui le souvenir de « celui qui aura apporté la démocratie dans son pays ». Au soir de son long « règne », Paul Biya et son régime paniquent et sont aux abois. Les choses ne semblent plus bien tourner au sein de son parti. Après l’opposition, le régime s’auto-musèle.
Drame de Gouache : L’honorable Fostine Fotso Kamdem en mère Noël auprès des rescapés
Téléphones portables, draps de lits, serviettes de bain, survêtements pour hommes, Kabas Ngondo pour femmes, pyjamas, sacs de riz, sacs de sel de cuisine, paquets de papier hygiénique, cartons de savon, sacs de détergent, nécessaire complet pour petit déjeuner, sceaux de toilette, savon de toilette, pattes dentifrice, brosses à dent, gobelets, rouleaux de mouchoirs jetables, briquets, ouvre-bouteilles, crèmes de corps, sandalettes à eau, sous-vêtements,… l’honorable Dr Fostine Fotso Kamdem n’a presque rien oublié, qui peut servir au quotidien d’un être humain. En outre, la « mère », comme on l’appelle dans les Hauts plateaux, a commis son service traiteur à servir deux repas complets deux fois par semaine, notamment les lundis et jeudis, durant toute leur période d’hospitalisation, aux malades encore internés, à qui elle a offert à chacun une somme de dix mille francs.
Le député Rdpc des Hauts plateaux a débarqué à l’hôpital régional de Bafoussam ce 4 novembre en consolatrice des survivants du drame de Gouache, et particulièrement les blessés encore sous soins à l’hôpital régional de Bafoussam. Ignorant les frontières géographiques de son département d’origine, pour répondre à l’appel du cœur. Rendant par ailleurs à Bafoussam ce que cette ville lui a donné, l’accueil de sa naissance. Celle qui est née au quartier Djeleng 4, s’aligne derrière d’autres donateurs qui se sont spontanément manifestés dans le cadre de la solidarité nationale. Et a tenu à le faire à sa manière, celle d’une « femme de cœur ». Toute une cérémonie au rythme de sa fanfare, pour égayer ces âmes meurtris par l’effondrement des terres dans le 3ème arrondissement de la ville de Bafoussam mardi dernier. « Je sais que tout ceci ne remplacera pas les multiples biens meubles ainsi que les personnes que vous avez perdu. Mais une sagesse africaine dit: « On connait les vrais amis en période de malheur ». Je suis donc venu en amie, mère, fille, sœur, élue de la nation», a-t-elle flatté les sinistrés.
La juriste teintée de politique n’a pas manqué d’inviter les rescapés à accepter le don de 200 millions de francs débloqué par le président de la République, au profit des sinistrés, ainsi que le traitement gratuit de tous les accidentés rescapés dans les centres hospitaliers.
Toutefois, « notez que tout ce que Dieu fait et bon : » Il a donné, il a repris », le puissant maître du temps. Ne vous lancez point dans des explications et considérations inutiles. De votre vivant, vous continuerez à pérenniser la mémoire des membres de vos familles disparus », a-t-elle enseigné. Non sans sensibiliser ses compatriotes sur les risques auxquelles ils se sont exposés. «Je lance un cri de cœur à toute la population qui occupe encore les zones dites non-constructibles, de respecter les injonctions des pouvoirs publics et de ne pas s’aventurier dans les zones à risque. Ces zones sont des marécages, des collines etc… », s’est-elle joint à la symphonie des appels à la prise de conscience.
Opposition : Christian Penda Ekoka va-t-il lâcher Maurice Kamto ?
Sur l’affiche annonçant la conférence de presse qu’il donne ce matin, il est écrit que « Christian Penda Ekoka fera le point de la situation économique, politique et sociale du Cameroun et ses enjeux géostratégiques ». Une sorte de regard global sur le Cameroun face aux défis qui l’interpellent en ce moment, et dans ses relations avec ses partenaires. Lui qui sera à sa première sortie publique depuis sa sortie de prison, il y a exactement un mois. Du coup, l’homme sera attendu. Lui dont les analyses ont manqué à l’opinion depuis plus de neuf mois.
Mais sur l’espace public, beaucoup soupçonnent un message fort de l’ancien conseiller spécial de Paul Biya, qui a fait défection à la veille de l’élection présidentielle d’octobre 2018, pour rejoindre la coalition qui a accompagné Maurice Kamto dans cette aventure qui a vu le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) arriver en seconde position (avec 14%) derrière Paul Biya (71%). certaines sources parlent de brouille entre Maurice Kamto et ses alliés. Au moment où Albert Dzongang annonce la fusion-absorption de La Dynamique, son parti politique, avec le Mrc, Paul Eric Kingue, directeur de campagne du leader de la coalition qui a défié Paul Biya, faisait des déclarations fracassantes sur le Mrc, notamment ses militants qu’il qualifie de talibans, au regard de la « violence » de ces derniers. Christian Penda Ekoka va-t-il aussi lâcher le navire ? On le saura au terme de la conférence de presse que donne le leader du mouvement Agir.



















