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Législative partielle : le Rdpc remporte les 13 sièges

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Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais maintient sa place de premier sans concurrent à l’Assemblée Nationale. A l’issue de la reprise du scrutin du 22 mars dernier, dans 11 circonscriptions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette formation politique a remporté 13 nouveaux sièges. Le résultat a été rendu public mardi dernier par le Conseil Constitutionnel, au cours d’une audience solennelle portant de proclamation des résultats. Cette victoire porte ainsi à 152, le nombre de député que comptera le parti au pouvoir au sein de l’hémicycle de Ngoa-Ekelle. Parmi les nouveaux députés élus au cours de ce scrutin partiel on compte 3 députés femmes et 10 hommes.
Un très faible taux de participation
Selon le rapport de la Commission générale de recensement des votes que dirigeait Emile Essombe, il ressort que dans les 11 circonscriptions où le scrutin a été repris, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a remporté haut la main les 13 sièges en compétition. Le résultat officiel proclamé par Clément Atangana, le président du Conseil Constitutionnel donne donc : 423 664 inscrits dans les 11 circonscriptions, dont 10 dans le Nord-Ouest et 1 dans le Sud-Ouest ; 40233 votants, 332 bulletins nuls ; 383431 abstentions et 39901 suffrages valablement exprimés. Pour Clément Atangana, président du Conseil Constitutionnel, les différents acteurs du processus électoral, Elecam, l’Administration Territoriale, les candidats, les ONG, les observateurs électoraux, les medias, ont fait preuve de responsabilité et de professionnalisme comme lors du scrutin du 09 février. Un fait qui selon lui démontre une maturité relative de la démocratie camerounaise. Le président de la haute juridiction a ainsi salué un dénouement heureux d’un scrutin serein et transparent.

7 partis politiques représentés à la chambre basse
C’est donc au total, 7 partis politiques qui vont représenter le peuple à l’Assemblée Nationale. Parmi eux, le Rassemblement Démocratique du peuple Camerounais-Rdpc (152 députés) ; l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès-Undp (7députés) ; le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale-Pcrn (5 députés) ; le Social Democratic Front-SDF (5 députés) ; l’Union Démocratique du Cameroun-UDC (4sieges) ; le Front National pour le Salut du Cameroun –Fnsc (3 députés) ; le Mouvement pour la Défense de la République-MDR (2 députés) ; l’Union des Mouvements Socialistes-UMS (2 députés).
Tous les recours de l’opposition rejetés
Au lendemain de la reprise des élections du 22 mars dernier ; le SDF avait de nouveau saisi le Conseil Constitutionnel pour demander une nouvelle annulation du scrutin, prétextant que cette élection avait été entachée d’irrégularités. La haute juridiction a siégé et a décidé de rejeter tous les recours introduits par la formation politique que dirige Ni John Fru Ndi. Une décision qui n’arrange pas les militants du parti historique. « Bien que nous n’acceptons pas cette décision, nous sommes tenus de la respecter », avait déclaré au sortir de l’audience, Joshua Osih, l’un des députés du SDF.
Joseph Essama

Frontière Cameroun Guinée-Equatoriale : le Cameroun ne veut pas de guerre

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Un conflit frontalier couve entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale depuis plus d’un an. Fort de sa renommée dans la résolution pacifique des conflits frontaliers, le Cameroun tente par tous les moyens d’éviter que la situation se dégrade. Le 03 mars dernier, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo et son homologue de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, ont effectué une visite de travail à Kye Ossi, pour examiner la situation de crise qui prévaut dans cette zone. Il était question pour Joseph Beti Assomo et Paul Atanga Nji de vérifier sur le terrain les informations selon lesquelles, Malabo a lancé, sur la partie camerounaise, la construction d’un mur le long de la frontière entre les deux pays. Constat fait, les émissaires de Paul Biya ont réalisé que la Guinée Equatoriale a, « tout au long de la frontière construit une route bitumée ; entamé un terrassement et entre déposé des pierres pour la construction d’un mur de séparation et des miradors », a confié une source qui a fait le déplacement pour Kye Ossi. « Ces travaux ont heureusement été arrêtés grâce à la présence renforcée des troupes camerounaises », a ajouté notre source.
Eviter que la situation dégénère
S’adressant aux autorités militaires au cours de la réunion de sécurité tenue à la mairie de Kye-Ossi à cette occasion, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo a porté aux militaires le message de félicitations du président de la République « pour leur devoir ; leur vigilance et surtout le sang-froid dont ils font preuves depuis le début de ces incidents ». Il les a ensuite appelé à maintenir le cap et surtout à ne pas céder à la tentation de poser un acte qui puisse faire dégénérer la situation. Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense a ensuite exhorté ses éléments à veiller sans relâche pour que l’intégrité du Cameroun dans cette zone soit préservée.
A son tour le ministre de l’Administration territoriale, reprenant les recommandations qui avaient déjà faites par son homologue de la Défense, a profité de la circonstance, pour inviter les autorités administratives à sensibiliser les populations à prendre des mesures contre la pandémie du coronavirus.
Une provocation à temps plein
Les manœuvres de provocation de la Guinée Equatoriale, au niveau de la frontière avec le Cameroun sont récurrentes, affirment les autorités locales. L’incursion des militaires Equato-guinéens en zone camerounaise avait poussé le Cameroun à installer un dispositif militaire renforcé dans la zone. En plus de ces incursions, les autorités de Malabo avaient de manière unilatérale, fermé leur frontière le 11 octobre dernier. Pourtant le principe de la libre circulation des biens et des personnes dans la zone Cemac est encore en vigueur.
On se souvient qu’il y a quelques mois, Malabo avait lancé la construction d’un mur de séparation au niveau de sa frontière avec le Cameroun. Un projet qui n’a pas été du gout des autorités camerounaises, ce d’autant plus que ce chantier avait visiblement empiété sur le sol camerounais. Yaoundé a ainsi demandé à Malabo de mettre fin à son projet. Ce que Malabo a accepté sans conditions. Mais à la grande surprise de tous, Malabo a relancé, depuis quelques mois, la construction des miradors le long de cette frontière. Malgré « les velléités expansionnistes de la Guinée Equatoriale, qui tente à tout prix d’enliser la situation », Yaoundé entend résoudre le pacifiquement le différend. « Les deux chefs d’Etat frères et amis trouveront une solution à ce problème », annoncent confiantes les autorités en charge de ce dossier.
Joseph Essama

Covid-19 : 7 nouvelles mesures de lutte édictées

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Après deux semaines d’une lutte dont les grandes lignes ont été élaborées par le seul gouvernement, Joseph Dion Ngute a évolué d’un cran. Au cours de la journée d’hier, le Premier ministre a tenu deux concertations. La première avec les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, et la seconde avec des membres du gouvernement. C’est à l’issue de ce comité interministériel que le combattant en chef du coronavirus a édicté sept nouvelles mesures dans le cadre de la lutte contre cette pandémie, au Cameroun.

Les sept mesures sont :

1 – A partir de lundi 13 avril 2020, généralisation du port du masque dans les espaces ouverts au public…

2- Production locale des médicaments, des tests de dépistage, des masques de protection et de gels hydroalcoolique

3 – Centre spécialisé de traitement des patients du Covid-19 dans tous les chefs-lieux de régions

4- Intensification campagne dépistage du Covid-19

5- Intensification de la campagne de sensibilisation dans les langues officielles et locales

6 – Poursuite des activités essentielles de l’économie

7 – La sanction systématique de tout contrevenant aux mesures de restriction en vigueur et de confinement imposé aux personnes à risque.

Yaoundé : Un immeuble s’effondre à Obili

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Un immeuble vient de s’effondrer à Yaoundé, au quartier Obili, lieu-dit Carrefour Scalom, dans le 6ème arrondissement de la ville de Yaoundé. Au premier décompte, l’on a enregistré quatre morts et de nombreux blessés dont des cas jugés graves, transportés dans des hôpitaux. A en croire les premières informations, le bâtiment habité depuis des années a enseveli plusieurs de ses résidents. Le confinement ayant amené les enfants à rester à la maison, ainsi que certains parents.

Les secours n’ont pas tardé à intervenir. Police, gendarmerie et sapeurs-pompiers ont rejoint des volontaires accourus aussitôt sauver ce qui pouvait encore l’être. A l’aide d’engins, les gravats sont en train d’être fouillés pour essayer de retrouver des vivants.

Collecte de fonds : Nourane Fotsing sollicite l’accord d’Atanga Nji

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Nourane Fotsing n’a pas abandonné son projet de levée de fonds dans le cadre de sa manifestation à la solidarité nationale. A travers un courrier adressé au ministre de l’Administration territoriale (Minat), le député du Wouri sollicite une « autorisation d’une opération de collecte de fonds…en vue d’une riposte u niveau local contre la pandémie du Covid-19 ». Suivant de ce fait les directives légales rappées par Paul Atanga Nji le Minat hier. Une attitude qui pourrait trancher avec le radicalisme affiché hier soir sur les antennes de la chaîne de télévision Canal 2 international. Invitée de Michaël Tchipkio dans l’émission Parole d’hommes, Nourane Moluh, épouse Fotsing, a assuré qu’elle fera sa levée de fonds avec ou sans l’autorisation du Minat, de par son statut de député qui lui confère une autorité certaine. Et sur sa page facebook, la requérante annonce avoir « été reçue en audience par le Ministre de l’administration territoriale pendant 40 min ». Précisant qu’«une demande d’autorisation a belle et bien été introduite. Nous avons également évoqué des sujets aussi divers que variés notamment la stratégie de l’État du Cameroun dans la lutte contre la pandémie du Covid-19 ! ». Saluant « une belle prise de contact entre votre Député 2.0 et le « ministre de l’intérieur » ». L’audience a-t-elle ramollit celle qui s’est présentée en rebelle hier à la télévision ? On le verra les prochains jours.

Toujours est-il qu’en attendant la suite que le Minat réserve à cette requête, la machine Nourane a peut-être ralenti, sans freiner. L’élue du peuple a rendu public le logo de son organisation, baptisée « Solidarité Covid 237». Et la campagne de réception des dons volontaires se poursuit sur le terrain. Des sources crédibles parlent de milliers de masques de protection déjà reçus, ainsi que des flacons de gels hydroalcooliques. Celle qui, depuis la campagne électorale en vue du double scrutin du 9 février dernier est très populaire aux yeux de la jeunesse et des internautes qui apprécient les sorties médiatiques de l’opératrice économique, tient à marquer son pas personnel dans cette opération de solidarité nationale.

Dans une mise en garde hier, le patron de l’administration intérieure a sommé les organisations et leaders politiques de suspendre les opérations de levée de fonds qu’ils ont initiées dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Sans les citer, l’on a pu identifier les cibles du tir de Paul Atanga Nji : le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto, le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) de Cabral Libii et l’honorable Nourane Fotsing, député du Pcrn. Leur rappelant que l’initiative de levée de fonds pour une opération de générosité nationale appartient exclusivement à l’Etat. A défaut, toute personne physique ou morale qui veut s’y engager devra requérir au préalable l’autorisation du ministre en charge de l’Administration territoriale.

Coronavirus/collecte de fonds : Le Mrc tient tête à Atanga Nji

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« Le MRC ne lâchera rien car l’opération SURVIE CAMEROUN n’est pas une initiative du MRC… Les populations ont besoin de nous. Ces actions que nous menons visent à venir en aide à nos populations. Nous devons apporter une aide matérielle au corps médical…». Tiriane Balbine Noah est claire. Mieux, « nous sommes dans la logique d’une guerre et d’une survie humanitaire. Nous sommes installés dans la survie des camerounais. Même le Minsanté a demandé que tout le monde mette la main à la pâte. Nous avons l’obligation de venir en aide et de secourir les populations», s’est-elle justifiée.

Invitée d’Abk radio ce matin, la 2ème vice-présidente du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a défendu le projet de collecte de fonds dans le cadre de la lutte contre le coronavirus lancé par son parti et qui rencontre l’opposition du ministre de l’Administration territoriale (Minat). Paul Atanga Nji a instruit les opposants s’étant lancés dans ces opérations, en invoquant la législation en vigueur. Notamment la loi N°N°88/002 du 21 juillet 1983 régissant les appels à la générosité publique et le décret N°85/1131 du 14 août 1985 fixant les conditions d’octroi d’autorisation d’appel à la générosité publique. Pour conclure à une illégalité de l’action posée par le Mrc, le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) et l’honorable Nourane Fotsing du même parti.

Faux, pense-t-on au Mrc. « En tant de guerre, je vous assure que même la loi ne fait pas foi», enseigne Tiriane Noah. Mais a priori, « la loi, on l’a connait. Nous ne sommes pas passés au-dessus de la loi », assure-t-elle. Et au cas où le Mrc serait en erreur, « il y a plusieurs collectes qui ont été menées dans ce pays. Un parti politique avait fait une collecte pour sa campagne électorale, il n’y avait pas de problème », convoque-t-elle le passé. Pour asséner que « je suppose que Monsieur Atanga Nji était un peu amnésique à ce moment, vu qu’il ne s’y est pas opposé ». Parlant certainement de la collecte effectuée par Cabral Libii dans le cadre de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle 2018. L’association 11 millions d’inscrits, devenue 11 millions de citoyens, promue par l’actuel président du Pcrn, avait lancé une campagne de collecte de fonds à travers le territoire national et à l’extérieur, pour les besoins de la campagne électorale. Le parti Univers qui l’avait investi ne disposant pas de moyens conséquents pour les besoins de la cause.

Défaut de confiance

De toutes les façons, « quand il s’agit de droit et de survie des populations, ce qui prime, c’est la survie des populations. Ce qui doit être fait, sera fait », a-t-elle juré. Et « que les camerounais soient sereins et qu’ils fassent confiance à tout ce que certaines personnes pourront mobilier pour les aider. Qu’ils solidaires d’eux-mêmes et solidaires pour les autres, en respectant les mesures barrières. Il faut faire confiance à ceux qui veulent vous aider. Nous ne sommes pas dans une mesure insurrectionnelle, nous voulons travailler avec les membres de gouvernement», a-t-elle lancé à l’endroit des populations et des éventuelles donateurs.

Au Mrc, on doute de la confiance des pouvoirs publics à garantir une gestion fiable des fonds levés pour le compte de la lutte contre le coronavirus : « Aucun camerounais ne fais confiance à la gestion du Minat. Qu’est ce qui prouve que nos fonds reversés dans les caisses de l’État seront bien gérés?», s’interroge l’invitée d’Abk. Or « l’avantage avec le professeur Maurice Kamto c’est que, quand il parle, le message est tellement claire. Mais certaines personnes font l’effort de ne pas comprendre », regrette-t-elle. Avant de conclure, « monsieur Atanga Nji gagnerait plutôt à participer à cette opération au lieu de s’y opposer », a-t-elle conclu.

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Les mécanismes institutionnels de la vacance du pouvoir présidentiel au Cameroun

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Les mécanismes institutionnels de la vacance du pouvoir présidentiel au Cameroun

Si dans les sept jours, Monsieur Paul Biya n’assume pas les fonctions présidentielles qu’il s’est octroyé par la fraude électorale, alors je vous donnerai, par divers canaux, la conduite à tenir afin que nous nous prenions en charge nous-mêmes. ». C’est en ces termes menaçants que Maurice Kamto concluait sa déclaration sur le Covid-19 rendue publique le 27 mars dernier. Une déclaration qui n’a pas été du goût des pontes du régime et même de certains leaders de l’opposition, en commençant par son ancien directeur de campagne Paul Éric Kingue. Cela n’empêche que pendant les 7 jours suivants, l’opinion publique nationale, déjà tétanisée par les décomptes macabres quotidiens du ministre de la santé sur les affres du Coronavirus au Cameroun, vivait au rythme du compte à rebours. Chacun se demandant ce que le « professeur » allait bien sortir de son chapeau à l’échéance. Sans glissement de date, Maurice Kamto était bel et bien au rendez-vous. Et dans une déclaration écrite de 8 pages, et publiée le 3 avril dans la soirée, le président du MRC revient de long en large sur ce qu’il considère comme étant les défaillances du gouvernement, et annonce pêle-mêle un ensemble de mesures qu’il recommande à la population et entend mettre en œuvre lui-même. C’est ainsi qu’il achève une fois de plus son propos par un autre ultimatum : « Mais si, dans les 7 jours suivant la publication de la présente déclaration le Président de facto du Cameroun n’avait pas donné une preuve physique de ce que c’est bien lui qui est aux commandes de l’Etat, nous nous trouverions dans l’obligation d’engager les procédures juridiques adéquates pour obtenir le constat, par les instances compétentes, de la vacance présidentielle et ses suites constitutionnelles ». Cette posture, loin d’être hasardeuse, va en droite ligne avec les annonces répétitives de certains de ses partisans ces derniers jours, et qui font état du décès du président de la république, Paul Biya. Ce qui emmène à se pencher sur les mécanismes institutionnels de la vacance du pouvoir présidentiel au Cameroun.

Le cadre général de la vacance du pouvoir au Cameroun

 Il faut dire que depuis fort longtemps, bon nombre de Camerounais ont cessé de croire aux élections. Ainsi, ils ne perçoivent le départ de Paul Biya, au-delà des scenarios catastrophes, qu’à travers une des formes engendrant la vacance du pouvoir à savoir : la mort ou la démission. Le cadre général de gestion de la vacance présidentielle est établi par l’article 6(4) de la constitution, et par les articles 142 à 146 du code électoral. Et ce pour les deux cas de figures. Il prévoit globalement qu’« en cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil Constitutionnel, l’intérim du Président de la République est exercé de plein droit jusqu’à l’élection du nouveau Président par le Président du Sénat, et si ce dernier est, à son tour, empêché, par son suppléant, suivant l’ordre de préséance du Sénat. ». En d’autres termes, si Paul Biya démissionne ou meurt, actuellement au pouvoir, il sera remplacé par Marcel Niat Njifenji. Et si celui-ci est lui-même empêché, il est sera remplacé par son 1er Vice-président, Aboubakary Abdoulaye, le très puissant lamido de Rey-Bouba. Et en cas d’empêchement de celui-ci, l’intérim sera assuré par l’un des quatre autres vice-présidents et dans l’ordre suivant : Tjoues Généviève, Nkeze Emilia Kalebong, Naah Ondoua Sylvestre et Chief Tabe Tando Ndieb-Nso. Par ailleurs, il est précisé que : « Le Président de la République par intérim – le Président du Sénat ou son suppléant – ne peut modifier ni la Constitution, ni la composition du Gouvernement. Il ne peut recourir au référendum ni être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République. » Cependant, l’alinéa 2 de l’article 144 du code électoral dispose que : « Toutefois, en cas de nécessité liée à l’organisation de l’élection présidentielle, le Président de la République par intérim peut, après consultation du Conseil Constitutionnel, modifier la composition du Gouvernement. ». Ce qui est très vicieux ou pour le moins embarrassant, dans la mesure où on ne précise pas la nature de ces « nécessités », la portée de cette modification et surtout les attributions de ministres ainsi nommés ; de même que les activités du président de transition lui-même durant l’intérim. Ceci est d’autant plus préoccupant qu’on connait le rôle central de certains ministères tels que la défense, la sûreté nationale, l’administration territoriale, la justice et les finances, en période électorale. Aussi, la perte de ces postes par certains peut-elle engendrer de profondes frustrations, sources de tensions, voire de rébellion.

Paul Biya démissionne

Les Camerounais y pensent souvent, bien que Paul Biya et son entourage semblent énormément apprécier les délices du pouvoir, ainsi que les saveurs des palais. Mais on ne sait jamais ! Qui aurait cru, qu’Ahidjo, fraichement réélu en 1980, allait démissionner 2 ans plus tard, et à l’âge de 60 ans, voire 58 environ, selon les sources. Mais, « le père de la nation » est bel et bien parti ! Et ce en dépit des supplications et jérémiades de son entourage. Alors, que se passerait-il si Paul Biya démissionne un bon (beau ?) matin ? Si Paul Biya démissionne, il devra informer la Nation par voie de message et remettre ensuite sa démission au président du conseil constitutionnel, qui adressera à son tour une copie au président du sénat. Le message de démission sera « publié suivant la procédure d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français et en anglais. ». Une fois cela fait, l’intérim sera ouvert d’office. Une élection présidentielle sera organisée dans un délai de 20 jours au moins et 120 jours au plus, après cette ouverture d’intérim. Le président intérimaire restera en poste jusqu’à la prestation de serment du nouveau président élu. Pour se trouver un candidat, le RDPC, conformément à l’article 22 de ses statuts, devra réunir son congrès pour élire son président national qui est « candidat aux élections présidentielles ». Pour cela, le bureau politique, conduit par le doyen d’âge, procédera à la convocation d’un congrès extraordinaire. La cheville ouvrière de la convocation et de l’organisation d’un tel congrès étant le secrétaire général du comité central, détenteur du sommier politique et de la liste des délégués du parti, l’on s’imagine bien « l’incontournabilité » de Jean Nkueté !

Paul Biya meurt au pouvoir !

 L’on ne saurait souhaiter la mort de qui que ce soit, même pas celle de son pire ennemi. Mais, il y va de la fatalité. Et la mort est la finalité de toute vie humaine. Surtout lorsqu’on a atteint un âge certainement avancé ! S’il arrivait qu’un jour l’on annonce la mort du Président Paul Biya, « L’empêchement définitif du Président de la République est constaté par le Conseil Constitutionnel statuant à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres. ». « Il est saisi à cet effet par le Président de l’Assemblée Nationale, dans les conditions fixées par voie réglementaire. », « La déclaration de vacance de la Présidence de la République (…) est publiée par le Conseil Constitutionnel suivant la procédure d’urgence, puis insérée au Journal Officiel en français et en anglais. ». En termes plus clairs, si Paul Biya meurt au pouvoir ou est définitivement empêché, c’est Cavaye Yéguié Djibril, le président de l’Assemblée nationale, qui est la seule personnalité compétente pour saisir Clément Atangana, le président du conseil constitutionnel, afin de constater la vacance du pouvoir présidentiel. Ce dernier se chargera alors de réunir au moins les 2/3 des membres de l’auguste institution pour constater la vacance du pouvoir présidentiel. Ensuite, Clément Atangana va publier cette déclaration en procédure d’urgence et l’insérer au journal officiel en français et en anglais. Une fois cela fait, c’est Niat Njifendji Marcel, ou en cas d’empêchement, l’un de ses suppléants tel que sus-évoqué, qui deviendra président par intérim et organisera une autre élection présidentielle dans les conditions et les délais sus-mentionnés. Et il restera président intérimaire dans les conditions que nous avons exposées plus haut, jusqu’à la prestation du nouveau président élu. Cette procédure exclut alors fondamentalement toute possibilité pour un quelconque citoyen de pourvoir saisir une quelconque institution, ou d’engager une certaine procédure juridique, afin de constater la vacance du pouvoir présidentiel. Et ce n’est pas Maurice Kamto, constitutionnaliste et auteur la thèse de doctorat soutenue en 1983 à l’université de Nice sous le thème, Pouvoir et Droit en Afrique noire. Essai sur les fondements du constitutionnalisme dans les Etats d’Afrique Noire francophone, qui l’ignorerait.

Par Moussa Njoya, Politologue ( Défis Actuels 470)

Lutte contre le coronavirus : Guerre ouverte entre Atanga Nji et Maurice Kamto

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Dans une mise en garde lue sur les antennes du poste national de la Cameroon radio television (Crtv), Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale, somme les partis et leaders politiques engagés dans des levées de fonds en vue de la lutte contre la pandémie du coronavirus, d’« y mettre fine cesser leurs activités immédiatement, à faire clôturer les comptes bancaire ouvert à cet effet et à lui rendre compte dans les meilleurs délais, sans préjudice de sanctions prévues par la législation en vigueur ». Le Minat tient ainsi à recadrer les initiatives privées lancées en marge de la loi encadrant les levées de fonds aux fins publiques. Citant « la loi N°88/002 du 21 juillet 1983 régissant les appels à la générosité publique » et « le décret N°85/1131 du 14 août 1985 fixant les conditions d’octroi d’autorisation d’appel à la générosité publique ». Lesquels textes accordent à l’Etat seul et aux organisations reconnues d’utilité publique le privilège d’organiser des collectes de fonds et soumettent les autres initiatives privées à l’autorisation préalable du ministre de l’Administration territoriale. Le Minat rappelle à l’occasion que le chef de l’Etat a organisé la solidarité nationale au profit de la lutte contre la pandémie du coronavirus en créant déjà un fonds dédié à la collecte et à la gestion des fonds issus de cette générosité. Ainsi, « tout individu de bonne foi souhaitant apporter une contribution financière ou matérielle à la lutte contre le coronavirus , peut le faire en toute transparence dans e cadre défini par le Chef de l’Etat et mis en œuvre par le Premier ministre, Chef du gouvernement».

La mise en garde de Paul Atanga Nji arrive au moment où trois initiatives concurrentes de celle du chef de l’Etat sont déjà annoncées. Notamment le Survie-Cameroon-Survival initiative (Scsi) du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). Mais aussi celles de l’honorable Nourane Fotsing à lancer le 10 avril, elle-même déjà concurrente de celle du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), son parti politique, prévue pour être lancée dans les prochains jours. Si l’on parle de près de 5000 masques déjà collectés par la député du Wouri avant même son lancement, l’initiative du Mrc de Maurice Kamto avait déjà décollé, selon des sources, plus de deux cents millions de francs, en trois jours. Or c’est ce 7 avril que Maurice Kamto, le président national du Mrc, a nommé le président du comité de gestion des fonds à collecter, en la personne de Christian Penda Ekoka.

Mais l’ancien conseiller aux affaires économiques du Cabinet civil n’a pas eu le temps de prendre ses fonctions officiellement que jour que le Minat l’a dégonflé. Mais l’homme avance, faisant fi de l’injonction du Minat : «c’est un programme humanitaire et républicain », salue au préalable le gestionnaire des fonds de solidarité du Mrc. Dans un courrier adressé dans le même temps au ministre des Finances : « c’est dans cet esprit que nous vous prions de bien vouloir désigner un/une de vos cadres pour représenter a sein du comité de gestion dudit projet», invite-t-il le collègue du Minat. Non sans souligner que «la participation aux travaux dudit projet sont bénévoles ».

Une sorte de dialogue de sourds. Ni le Mrc, ni le Pcrn, ni même Nourane Fotsing, n’ont encore réagi à la sortie de Paul Atanga Nji. Toujours est-il qu’il semble que c’est une nouvelle bataille entre le parti qui continue de revendiquer deux ans après, la victoire à la dernière élection présidentielle, et le Minat qui avait déjà averti le Pr Maurice Kamto qu’«il se retrouvera au village de si je savais », s’il continuait sur la même lancée. Le Conseil constitutionnel ayant déclaré Paul Biya vainqueur.

Maurice Kamto, lui, est engagé dans une nouvelle bataille. L’opposant a donné un ultimatum au président Paul Biya de donner signe de vie dans sept jours sinon il sera obligé d’appeler le peuple à tirer les conséquences de son abandon par celui qui préside à sa destinée, alors que le pays est en « guerre » contre le coronavirus. En attendant, Maurice Kamto a engagé une campagne de solidarité dans le cadre de la lutte contre cette maladie qui a déjà atteint 685 Camerounais selon les derniers pointages au 7 avril 2020. Les prochains jours en diront long sur cette autre bataille.

Covid-19 : ces enfants qui flirtent avec les risques de contamination

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Benjamin, 10 ans, élève au CM2, bassine à la tête, il vend de l’eau glacée. Son compagnon, 13 ans élève en classe de 5e, lui s’est consacré à la vente de la banane mûre. Ils sillonnent en longueur de journée les artères du marché Nkoabang et ratissent également les points chauds de ce quartier. Les deux amis se sont ainsi lancés dans le petit commerce depuis le 19 mars dernier, soit le lendemain de la décision du gouvernement de suspendre les cours. « Ma mère m’a dit de l’aider à vendre comme il n’y a pas école. Je fais beaucoup de recette. Je vends près de 3 000 par jours », raconte Benjamin avec enthousiasme. Il ne sait certainement pas le danger qu’il courre en menant son activité à cette période où la pandémie du coronavirus sévit au Cameroun. A la poste centrale, de jeunes lycéens voire des écoliers exercent de petit commerce tout autour des feux de signalisation. Sans masque nez, ils accourent derrières les taxis et de rapprochent de temps à autre leur tête devant les chauffeurs ou les passagers pour mieux entendre leurs commandes. « Nous profitons de cette période morte pour nous faire un peu d’argent. Cela nous permettra de mieux faire les économies pour la rentrée prochaine », fait savoir Raoul, élève en classe de seconde. En effet, pour éviter la propagation du Coronavirus après la détection d’une vingtaine de cas au Cameroun, le gouvernement a décidé le 17 mars de la suspendre les cours et de la fermeture des écoles. Mais au lieu de rester à la maison, comme le conseille le ministre de la Santé et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ces écoliers, élèves et étudiants écument les marchés, supermarchés et artères de la capitale politique pour écouler leurs marchandises, s’exposant ainsi au Covid-19. « Ma mère m’a dit que le coronavirus ne tue pas les enfants. C’est ce qui me motive à sortir. Du coup je n’ai pas peur de sortir », indique un gamin. A cause de cet incivisme, plusieurs enfants ne parviennent pas à suivre les cours dispensés à la télévision nationale comme l’avait précisé le ministre de l’Eduction de base. « Quand les cours passent à la télé moi je suis au pointage. Je n’ai pas le temps de regarder ça. Les gens sont devenus méfiants qu’il n’est plus possible de visionner dans un bar. déclare un élève, je vais demander les cours là à mes camarades lorsque l’école va recommencer ». « Je ne savais pas qu’on dispensait les cours à la télévision. Je sais néanmoins que le coronavirus fait des ravages mais ça ne touche pas enfants », renchérit un autre.

MARCHES INTERDITS AU MOINS DE 16 ANS

Face à cet incivisme, certains maires ont pris des mesures répressives pour éloigner les enfants des marchés. Tenez par exemple, dans l’arrondissement de Yaoundé II, les marchés de cette circonscription ont été interdits aux enfants de moins de 16 ans. Et ceux en âge de fréquenter ce lieu public sont astreints au port de masque. « Je viens d’apprendre que le maire a interdit les enfants dans les marchés de sa circonscription. Et pourtant mon fils m’aidait à vendre. Mon fils s’est fait prendre par les gros bras mais il a été aussitôt relâché après supplication. Il a demandé de garder les enfants à la maison et si on les voit encore ici on va les mettre en cellule et nous allons payer les amendes pour les faire sortir. J’ai dit à mon fils de rentrer à la maison », confie une vendeuse en faisant passer le message à ses voisines.

Surcharge : les contraventions pleuvent

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 Lundi 30 mars, il est 18 heures 45 minutes au Terminus Mimboman à Yaoundé. A cette heure de pointe, le carrefour est bondé de monde. Les conducteurs de taxis et de mototaxis en profitent pour augmenter les enchères et surtout surcharger leurs engins. A un jet de pierre de là, quelques hommes en tenue discrets contrôlent les surcharges. « Monsieur c’est vous qui bafouez les instructions du chef de l’Etat ? Vous ne savez pas qu’on ne porte pas plus de trois clients ? On vous dit que le Coronavirus fait des ravages et vous ne prenez pas des précautions pour éviter la propagation de la maladie. Passagers à bord descendez et la prochaine fois que vous accepteriez le surcharge vous irez à la brigade. Garez votre voiture là-bas, elle ira en fourrière », instruit le gendarme avec condescendance. « Pardonnez-moi chef. Je n’étais pas au courant de la nouvelle donne. Ma voiture est en panne depuis quelques jours et ce n’est que tout à l’heure que j’ai repris le travail », supplie le taximan tout en s’exécutant. Mais la décision de cet officier de gendarmerie est irrévocable. D’ailleurs, une dizaine de mototaxi et trois véhicules attendent d’être amenées en fourrière. « Il faut réprimer pour se faire entendre. Quand ils vont payer 25 000 francs CFA, ils n’accepteront plus jamais de surcharger. En tout cas, les conducteurs vont respecter la mesure de limitation du nombre de personne dans les véhicules coûte que vaille », susurre l’homme en tenue.

 PAS DE CORRUPTION  

Le week-end dernier, les éléments de la brigade de Melen ont saisi plusieurs motos au quartier Olézoa et à Nsam. « Vos cas serviront d’exemple aux autres récidivistes et n’essayez surtout pas de soudoyer mes éléments », avait lancé le chef d’escadron. Le week-end dernier a également été mouvementé au carrefour Mvog-Mbi. Au moins cinq taximen sont passés sous la trappe des éléments du poste de police qui y est situé. Mais à défaut d’envoyer les engins en fourrière, les policiers ont tout simplement donné des contreventions de 25 000 francs aux « rebelles » et confisqué les dossiers des véhicules. « Allez payer à la Trésorerie générale et revenez avec les reçus de paiement pour entrer en possession de vos dossiers », fait savoir un officier policier. « Pardon chef ! Prenez votre bière », dit un taximan en lui glissant un billet de 5 000 francs CFA. « Je ne peux pas prendre cet argent même si vous me donnez 100 000 francs CFA. Les instructions viennent du chef de l’Etat. Il faut appliquer la loi. Je ne veux pas perdre mon travail », réplique l’officier.  

DES PATROUILLES EN CONTINU

  En effet, depuis la décision du ministre des Transports, Ernest Ngalle Bibehe, de limiter à quatre y compris le chauffeur le nombre de place dans les taxis, les forces de maintien de l’ordre sensibilisent et veillent au strict respect de cette mesure pour combattre le Covid-19 dans ce secteur. Ainsi, de jour comme de nuit, c’est-à-dire de 18 heures à 22 heures les équipes de patrouille sillonnent les artères de la capitale politique pour contrôler les surcharges dans les véhicules. Au coeur de la nuit, entre 22 heures et 4 heures du matin, ces dernières intensifient la répression. Elles s’attaquent principalement aux bus des agences de voyage qui effectuent les voyages de nuit. « Nous devons nous assurer qu’il n’y ait pas de surcharge. Nous veillons à ce que le quota prescrit par le ministre des Transports soit respecté. Nous savons tous que les bus en provenance de la région de l’Ouest ou des villes éloignées sont généralement surchargés à cause du ramassage. Et c’est à cette heure-là que nous traquons les bus qui font le voyage de nuit », indiquent nos sources. Il est en effet recommandé pour le transport urbain de masse et interurbain de limiter le nombre de places à 50 pour les bus de plus de 50 places et à 30 pour ceux de 35places. Toutefois, malgré l’interpellation de quelques usagers récalcitrants, l’on note d’une manière générale la prise de conscience des agences de voyages et des usagers de la route.    

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