mercredi, juin 3, 2026
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Fiscalité : le délai de déclaration de l’Irpp repoussé

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Dans un communiqué rendu public ce 2 décembre 2024, le ministre des Finances (Minfi) informe l’opinion publique que « les contribuables n’ayant pas encore déclaré et payé leur impôt sur le revenu des personnes physiques, sont (…) invités à profiter de la journée du 2 décembre 2024 et du délai de relance amiable du 3 au 9 décembre 2024…pour régulariser leur situation fiscale». Ce en respect de l’article 1.3 du Code général des impôts. C’est une mesure exceptionnelle qu’accorde l’administration fiscale aux contribuables retardataires dans la déclaration de leurs revenus pour le compte de l’année 2023, notamment l’Impôt sur le revenu des personnes physiques (Irpp) prévue dans le Code général des impôts et qui n’a pas souvent fait l’objet d’une rigueur dans son application.

La raison de ce moratoire est l’engorgement de la plateforme de déclaration. En effet, « la plateforme de déclaration en ligne de l’impôt sur le revenu des personnes physiques a récemment rencontré une surcharge exceptionnelle, due à un afflux simultané de plusieurs dizaines de milliers de connexions », justifie Louis Paul Motaze le Minfi. Beaucoup de contribuables ayant attendu la dernière minute pour se lancer dans la déclaration de leurs revenus. « Face à cette situation, l’administration fiscale a immédiatement renforcé les capacités techniques de la plateforme pour mieux absorber le volume connexions ». Aussi, « en complément la plateforme Harmony Fiscalis est disponible pour offrir une alternative performante aux usagers », annonce-t-il. Pendant ce temps, les techniciens du Minfi s’attèlent à apporter des solutions et facilités aux usagers en difficulté, apprend-on.

Le communiqué du Minfi

Prévu dans le Code général des impôts, l’Irpp n’a pas souvent fait l’objet d’une rigueur dans son application. En décidant de soumettre les contribuables à leur devoir fiscal. Et pour la déclaration qui concerne l’exercice 2023, l’Etat avait initialement fixé le délai de déclaration au 30 juin 2024, avant de le repousser au 30 septembre dernier, et enfin au 1er décembre 2024. Dernière date qui s’est avérée être un dimanche. Du coup, l’administration fiscale l’a repoussée au 2 décembre. Les usagers qui ne se sont pas précipités à s’exécuter ont jusqu’au 9 décembre prochain pour se mettre à jour. Une semaine supplémentaire au cours de laquelle la pénalité ne sera pas appliquée aux retardataires comme initialement annoncée.

En déclarant ses revenus, le citoyen aura droit à la délivrance de l’attestation de conformité fiscale, l’obtention de visa en cas de voyage à l’extérieur,… Comme sanctions en cas de non déclaration, les sanctions prévues sont : « impossibilité d’obtenir l’attestation d’immatriculation, impossibilité de générer l’attestation de conformité fiscale, l’obtention du visa impossible, impossible d’ouverture des comptes bancaires, ainsi que les contrats de fournitures d’eau, d’électricité et de téléphones », prévient la Direction générale des Impôts.

Cemac : la copropriété des bateaux accentue la pêche illicite

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L’absence d’une industrie locale performante et le manque de capitaux entraînent une domination des exploitants étrangers dans le secteur de la pêche au Cameroun, au Congo et au Gabon. Ceux-ci s’attachent des partenariats avec des opérateurs locaux, dissimulant ainsi leur identité et leurs bénéfices réels. Au Cameroun par exemple, près de 85 tonnes de poissons pêchés de manière frauduleuse ont été saisies en 2023 tandis que les pertes fiscales sont estimées à environ 20 milliards de F Cfa par an.

Les bateaux Chang Long 6 et Hong Da au port de pêche de Douala le 13 septembre 2024. 

 

Le navire Chang Long 6, qui dresse sa superstructure défraîchie et rouillée en cette matinée du 13 septembre 2024 au port de Douala, vide le contenu de sa cale. Des hommes s’affairent sur le pont supérieur de ce navire-palangre qui a passé 10 jours en mer d’après des données de géo positionnement du site spécialisé dans la surveillance des activités de pêche à l’échelle mondiale, Global Fishing Watch.

A côté de ce navire, un autre bateau au nom de Hong Da, dont le numéro identifiant est dissimulé par les ouvriers qui débarquent les produits de mer. Ces deux bateaux sont bien connus au port de pêche de Douala, car des navires baptisés du même nom, mais portant des numérotations différentes, y accostent régulièrement.

La quantité moyenne de produits de pêche débarqués selon le ministère camerounais de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (Minepia)  est de 10 à 12 tonnes par navire et par sortie en mer (une sortie dure environ 8 jours). 70% des captures sont expédiées vers Yaoundé, 30% pour Douala et les autres régions. Les crevettes sont congelées et exportées vers l’Asie.

Il ressort également du rapport 2023 de la coopération japonaise sur la pêche au Cameroun, que la production halieutique nationale est passée de 200 000 tonnes en 2013 à 340 000 tonnes en 2019. « Le principal produit exporté, la crevette est notamment vendue en Asie-Pacifique (Malaisie, Vietnam, Taiwan, Australie, etc) », peut-on lire sur ce rapport.

Une analyse de l’historique du trafic des deux bateaux de pêche sus-cités  sur la plateforme Global Fishing Watch révèle que Chang long 6, d’origine inconnue, est aperçu sur les côtes camerounaises depuis le 12 avril 2022. Il a effectué 31 voyages entre cette date et le 17 septembre 2024, avec 31 visites au port de Douala, dont 9 entre juillet et octobre 2024. Quant au chalutier Hong Da, d’origine chinoise, il a effectué 8voyages sur la même période. Ces deux navires figurent dans la liste des bateaux ayant reçu une licence de pêche accordée par le Minepia en 2023 et 2024. Pourtant, la loi camerounaise interdit la propriété aux étrangers.

En effet, pour contourner l’obstacle réglementaire, les investisseurs étrangers optent pour la création des coentreprises avec les acteurs nationaux. « Plusieurs pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac ) autorisent la participation étrangère en permettant la création de coentreprises entre investisseurs nationaux et étrangers», explique Steve Trent, CEO cofondateur de Environmental Justice Foundation (EJF), une ONG anglaise qui milite pour la protection de l’environnement.

Une capture de l’historique du trafic du navire Hong Da réalisée le 19  novembre 2024

Contrat de collaboration

Ainsi, ajoute cet expert, « les navires appartenant à des coentreprises demandent une licence de pêche locale par l’intermédiaire du partenaire local, et ces arrangements leur permettent de s’immatriculer sous un pavillon local, même s’ils appartiennent en partie ou entièrement à des étrangers ». C’est notamment le cas de Hong Da, nom attribué à une flotte d’au moins 5 bateaux ( Hong Da 2, Hong Da 18, Hong Da 6…), qui sur la liste du  Minepia au Cameroun, appartient à Bertin Boukagne, un Camerounais. Mais, sur les fichiers de Global Fishing Watch, le navire arbore un drapeau chinois, ce qui laisse supposer des liens avec la Chine. Les principaux acteurs de la pêche industrielle ont recours à cette pratique dans les eaux du Cameroun, du Gabon et du Congo.

Bertin Boukagne est le propriétaire des Ets éponymes, l’une des 9 entreprises de pêche industrielle recensées au Cameroun en 2023. Ces structures exploitent un total de 35 navires de pêche qui bénéficient d’une licence de pêche délivrée par le Minepia en 2023. Les Ets Boukagne Bertin disposent d’un poste d’amarrage dans les villes de Limbé, Douala et Kribi.  En 2024, Bertin Boukagne a obtenu une licence de pêche pour une flotte de 9 navires.

Une capture de la présence de Hongda et Chang Long 6 dans la ZEE du Cameroun réalisée le 26 novembre 2024

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) explique dans son rapport sur la pêche que « tous les navires de pêche qui opèrent au Cameroun aujourd’hui sont la propriété d’entreprises étrangères, et entrent au Cameroun sous un régime d’affrètement coque nue. Une entreprise nationale gère le volet administratif national du partenariat, et est rémunérée sur la base d’un contrat entre les deux sociétés, qui prévoit une redevance mensuelle fixe par navire géré ».

Dans le principe, « les coentreprises impliquant des investisseurs étrangers sont justifiables, car elles permettent aux pays côtiers dépourvus de capitaux, d’infrastructures et de marchés de développer leurs propres industries de pêche industrielle avec l’appui de fonds étrangers », développe Steve Trent. Malheureusement, explique-t-il, ces joint-ventures ouvrent la voie à des magouilles qui favorisent la  pêche illicite non-déclarée et non-réglementée (INN). « Le manque de transparence dans les pêcheries mondiales a également permis la création de nombreuses coentreprises fictives, où le partenaire local ne sert que de “façade” ou d’agent pour l’investisseur étranger qui possède réellement l’entreprise », soutient-il.

 Sociétés nationales

A l’instar du Chinois Hong Da, la plupart des bateaux qui pêchent dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) des pays de la Cemac sont d’origine étrangère. Au Cameroun en l’occurrence, 63% des bateaux présents en 2023 appartiennent à des étrangers, constate EJF dans son rapport de 2023. Sur 171 navires, seuls 66 sont immatriculés au Cameroun. Soit 107 d’origine étrangère reliés à 32 juridictions différentes.

Ces informations corroborent celles du Center For Advanced Defense Study (C4ADS), une organisation spécialisée dans l’analyse des données transnationales sur la sécurité. Selon les données que nous avons exploitées, l’Espagne et la Chine sont les principaux pays d’origine des navires de pêche identifiés dans les eaux du Cameroun, du Gabon et du Congo entre 2019 et 2023.

Au Congo, les bateaux battant pavillon chinois représentent 25,7%, suivis des bateaux espagnols (22,8%). « La forte présence des navires de pêche étrangers dans les côtes camerounaises, gabonaises et congolaises s’explique par le fait que les Etats ne soutiennent pas les sociétés de pêche nationales. Pour le cas du Congo, il existait une société de pêche nationale, mais elle a aussi fermé faute de moyens financiers pour renouveler les équipements de pêche (navires de pêche) », confie Jean Michel Dziengue Toddy, consultant en gestion des pêcheries au Congo.

Dans les eaux gabonaises, on constate un grand nombre de bateaux espagnols, suivis de la France. La Chine, avec 14,4%, arrive en troisième position. Ces données révèlent également que le Cameroun enregistre le plus de navires sur ses eaux territoriales, 105 observés entre 2019 et 2023. Le Gabon figure en deuxième position avec 75 navires et précède le Congo (35).

A l’analyse des données du Minepia et de celles de C4ADS, on constate dans certains cas que plusieurs navires de pêche au Cameroun, au Congo et au Gabon ont les mêmes propriétaires. C’est notamment le cas de Rodriguez Mariscos, homme d’affaires espagnol, très présent au Congo et au Gabon. A l’exemple de Bertin Boukagne au Cameroun, l’Espagnol est seul propriétaire de sept navires sur une trentaine identifiés par C4ADS au Congo et de 6 au Gabon. Il s’agit principalement de San Jorge R, Jaime R, La Pinta R, Mazagon R, Torredeloro R, Andres R, et Virgen Milagro R. Il est l’un des dirigeants de Mariscos Rodriguez SA, dont l’une des activités est la pêche en mer.

Ce modèle de partenariats commerciaux entre les nationaux et les étrangers encourage aussi des pratiques illicites et des activités douteuses. « Ce n’est pas la pratique de l’immatriculation des navires étrangers qui pose problème en soi. C’est ainsi que certains pavillons facilitent le secret dans la propriété effective des navires, ce qui signifie que les bénéfices de la pêche dans les eaux du Cameroun disparaissent au-delà de ses frontières dans de nombreux cas, n’offrant rien aux Camerounais si ce n’est le déclin des populations de poissons pour leurs propres pêcheurs », déplore Steve Trent.

En 2023, EJF a recensé 18 navires d’origine inconnue au Cameroun. L’observation des navires en activité dans les zones économiques de ces trois pays de la Cemac laisse voir des navires d’identité inconnue dans les données combinées de Global Fishing Watch et de C4ADS. Ce vide est parfois engendré par le fait que ces bateaux ont potentiellement changé de pavillon.Une autre pratique récurrente employée par les propriétaires lorsque le navire a été sanctionné dans un pays. Ce qui leur permet de camoufler leur historique. Une fois fiché, le bateau peut, en plus du nom, changer de matricule. Dans ce cas de figure, « même les pays qui ont mis en place un certain niveau de contrôle sur l’historique de conformité des navires peuvent encore être trompés en raison du manque de transparence plus généralisé », confie le cofondateur de l’EJF.

Les failles du système

Même en gardant des informations authentiques, l’on remarque que certains navires ayant des antécédents de pêche INN, passent toujours inaperçus auprès des autorités. Du moins, ils continuent d’être en activité au Gabon, au Congo et au Cameroun. Le bateau Haixin 27 en l’occurrence est présent dans les trois pays. Or, il a été appréhendé en 2019 par l’armée gabonaise en provenance du Congo. Sa cale de poissons était pleine alors qu’il n’était pas autorisé à pêcher. Le navire Hong Da 2, détenteur d’une licence de pêche au Cameroun en 2023, a par exemple été verbalisé par le ministère de la production du Pérou. Le navire n’avait pas présenté ou remis les documents requis dans les formes et de la manière prévue par la réglementation en vigueur.

Pour Baba Inoussa, chercheur et expert en pêche, le Cameroun par exemple fait face à un déficit de collaboration entre le ministère des Transports (Mint) qui délivre les immatriculations des navires et le Minepia. « Le problème qui se pose souvent, est que les promoteurs de bateaux vont directement voir le ministère des Transports. Pour tout matériel flottant, c’est cette administration qui donne l’autorisation, souvent sans toutefois consulter le Minepia», explique  l’expert.

Un manque de collaboration que reconnaît Elie Badai, chef de la brigade de contrôle et de surveillance des activités de pêche au Minepia avec qui l’équipe de reporters a échangé au cours d’un séminaire en mai 2024. « Sur l’aspect d’immatriculation, nous avons suggéré qu’il y ait une bonne collaboration entre le MinTransports et le nôtre pour l’immatriculation des navires de pêche. Parce que ce qui est important dans les navires de pêche c’est l’historique dont dispose le navire et qui peut orienter l’attribution du pavillon », explique-t-il

A un niveau plus global, EJF pointe également le manque de transparence des pays sur ce secteur. « Les informations sur qui pêche quoi, quand et comment ne sont souvent pas rendues publiques et sont également rarement échangées entre les pays. Les organismes régionaux des pêches ne se sont pas révélés efficaces pour combler ces lacunes. De nombreux pays de la CEMAC ne publient pas d’informations cruciales sur les navires opérant dans leurs eaux, notamment des détails sur les sanctions liées à la pêche illégale et aux délits liés à la pêche. En outre, les informations sur la propriété des navires ne sont souvent pas rendues publiques », regrette le responsable d’EJF. 

Les bateaux ayant des historiques de pêche INN sont nombreux dans la pêche industrielle. Les données collectées par C4ADS montrent qu’un total de 20 navires ayant soit des cas présumés de pêche INN, soit des indicateurs de risque de pêche illégale, sont entrés dans la ZEE du Gabon entre 2019 et 2023. Sur ces 20 navires, près de la moitié (9) sont d’origine espagnole. Paradoxalement, le pays figure parmi ceux qui offrent leur aide dans la surveillance maritime dans les eaux du golfe de Guinée.

Les 20 navires ayant des antécédents de pêche INN qui ont pénétré dans la zone économique exclusive du Gabon, appartiennent en dernier ressort à l’Espagne, à la France, à la Chine et aux Bahamas. Les navires cités ont été notifiés, entre autres, pour défaut de licence, non-déclaration des captures, défaut d’affichage des documents appropriés.

Menace environnementale

Les pratiques illégales de pêche sont favorisées par une législation laxiste, peu adaptée au phénomène et par un manque de moyens des administrations de pêche à effectuer des contrôles. Au rang de ces pratiques, il y a le non-respect des zones de pêche. « Au Cameroun selon la loi, les bateaux de pêche devaient commencer leur pêche à partir detrois miles, c’est-à-dire à 4 kilomètres à partir de la côte, mais aujourd’hui on retrouve généralement les bateaux qui sont en deçà », observe Baba Inoussa.

C’est le constat fait aussi par la FAO qui note dans son rapport cité précédemment que « la zone d’exclusion des trois miles nautiques pour les chalutiers (…) est régulièrement l’objet de transgressions, et de chalutage illégal dans ces eaux. Ceci conduit à des conflits directs avec la pêche artisanale, les chalutiers détruisant les filets passifs des pêcheurs artisans qui souvent sont mal balisés ». En plus de cela, les navires se rendent aussi coupables de captures sous-déclarées et de transbordements en mer qui rendent « difficile le suivi de la chaîne d’approvisionnement du poisson capturé, et peuvent dissimuler la pêche illégale », souligne EJF.

L’analyse des données de C4ADS révèle que les chalutiers restent le type de bateau le plus utilisé dans les 3 pays malgré les alertes sur les dangers qu’ils comportent pour l’environnement. Sur 105 bateaux recensés en l’occurrence dans les eaux camerounaises ces 5 dernières années, la majorité (83) sont des chalutiers. Or, ces derniers utilisent le plus souvent, des filets modifiés avec des maillages illégaux qui occasionnent la capture des poissons de petite taille.

« La loi recommande que pour tous les engins traînants, les couvertures des mailles soient comprises entre 40 miles (4cm) au niveau du cul (zone de concentration et la zone de capture des espèces) du chalutier pour la pêche crevettière et pour le poisson c’est 50 milli mètres », affirme Baba Inoussa. Mais sur le terrain, « les captures accessoires qui font office du rejet varient entre 40 et 92% par le coup du chalut. C’est-à-dire que pour une traine qui passe 6 heures dans l’eau, après le tri, ce qu’on rejette constitue souvent 40 et 92% de cette capture. C’est excessif parce qu’en réalité, les captures accessoires ne devaient pas être au-delà de 30% de la capture », déplore l’expert.

Vide juridique

Au Cameroun, le Minepia déclare avoir saisi 85 tonnes de poissons pêchés de manière frauduleuse en 2023. Globalement, les pertes fiscales liées à la pêche INN, déplore ce ministère, sont estimées à environ 20 milliards de F Cfa par an. Avec une demande locale estimée à 500 mille tonnes de poisson, la production locale est evaluée à 200 mille tonnes par an. Pour combler le déficit, le gouvernement dépense plus de 100 milliards de F Cfa par an pour les importations de poissons.

Selon la Commission régionale des pêches du golfe de Guinée, près d’un quart du total des exportations annuelles de poissons d’Afrique provient de la pêche frauduleuse. Ceci pour des pertes économiques annuelles estimées à plus de 2,3 milliards de dollars, soit environ 1 400 milliards F Cfa.

A en croire Stève Trent, les opérateurs peu scrupuleux sont attirés par des lacunes systémiques dans la gouvernance des pêches. Ce qui signifie que la pêche illégale et la surpêche risquent de passer inaperçues. Dans plusieurs pays de la Cemac, les textes de loi favorisent certaines pratiques. Soit du fait du vide juridique sur certains aspects, soit du fait de l’incomplétude. Au Cameroun par exemple, la loi sur la pêche est en cours de révision.

En plus d’être vieille de plus de 30 ans, elle est jugée incomplète en termes de contenu. Sur la vingtaine de pages qui constituent ce document, seuls quelques passages traitent des questions de pêche tandis que des chapitres entiers sont consacrés à la forêt ou la chasse. « Il serait pertinent de réviser ce cadre juridique pour y intégrer des instruments conformes aux normes internationales facilitant ainsi la lutte contre la pêche INN », analyse Eddy Nnanga, ingénieur halieute et coordonnateur des projets sur les Aires Marines Protégées et Zones Humides à African Marine Mammal Conservation Organization (AMMCO).

En dehors de la réglementation, un autre facteur qui favorise la pêche INN, c’est la procédure d’octroi de la licence de pêche. Dans les pays de la Cemac, des organisations de la société civile soulèvent des irrégularités. « Au Congo, il n’y a pas de transparence dans l’attribution des licences de pêche. On note beaucoup des cas de corruption d’attribution des licences (pêche industrielle) et d’autorisation d’exercice de la pêche (pêche artisanale) », déclare Jean Michel Dziengue Toddy.

EJF recommande que les gouvernements nationaux et régionaux publient régulièrement les informations pertinentes sur les navires opérant dans leurs eaux, y compris les sanctions pour la pêche INN et les délits liés à la pêche, ainsi que des détails sur la propriété des navires. « Les États devraient renforcer leurs mécanismes de surveillance contre la pêche INN et, surtout, inscrire la Charte mondiale pour la transparence dans leur législation nationale », propose Steve Trent.

Or, pour le Minepia, ce sont les moyens qu’il faut renforcer. Car, ils sont insuffisants pour assurer le contrôle et la surveillance des activités de pêche. « Le Cameroun disposait d’un système de suivi contrôle et surveillance des activités via le VMS et l’Automatic Identification System (AIS). Mais ces équipements ont été piratés et nous nous retrouvons pratiquement à zéro. Cette année, grâce aux activités que nous avons menées, le ministre a bien voulu acquérir un nouveau système. Nous pensons l’avoir d’ici la fin d’année, et acquérir des balises dans le nouveau système que nous avons et réactualiser notre nouveau système VMS », explique le Dr Elie Badai. Il ajoute que la surveillance nécessite beaucoup de moyens, difficile à mobiliser.

Dans le cadre de cette enquête, toutes nos démarches pour échanger avec le Mintransport et le Minepia ont été vaines.

Tatiana MELIEDJE Y., Marie Louise MAMGUE, Ludovic AMARA

Ce travail a été réalisé dans le cadre de la deuxième cohorte du Projet d’enquête sur la gouvernance des ressources naturelles en Afrique Centrale (ODACA), initié par ADISI-Cameroun avec l’appui technique de DataCameroon.

Un palais d’environ 55 milliards FCFA pour les députés

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Le Cameroun a tourné une nouvelle page de son histoire parlementaire le samedi 30 novembre dernier, avec l’inauguration du tout nouveau Palais de l’Assemblée nationale à Yaoundé. Un événement présidé par Cavaye Yeguie Djibril, président de l’institution en présence de Zhang Qingwei, vice-président du comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de Chine. La remise des clés du nouveau siège de l’assemblée nationale du Cameroun marque l’aboutissement d’un projet ambitieux et stratégique.

En effet, ce complexe ultramoderne, érigé sur un site de 37 500 m², est le fruit d’une coopération étroite entre le Cameroun et la Chine, concrétisée par un accord signé en 2017. « Il faut le dire ce projet a, pendant plusieurs années été qualifié par beaucoup de serpent de mer. C’est ainsi qu’il aura connu cinq (05) maquettes sans suite, cependant grâce au dynamisme de la coopération sino-camerounaise, le rêve s’est réalisé à travers le soutien constant et indéfectible de notre grand ami et partenaire stratégique qu’est la Chine », souffle l’honorable Théodore Datouo, président du Comité de suivi des travaux.

Estimé à plus de 55 milliards de FCFA, le nouveau palais est un don offert par la République populaire de Chine, réalisée avec l’expertise et le financement de l’entreprise chinoise BUCG. « Indubitablement, le nouveau complexe que nous admirons en ce moment est le fruit, un de plus, de cette riche et historique amitié… Une coopération dynamique, concrète et réaliste, dans un esprit de gagnant-gagnant », a déclaré Cavaye Yeguie Djibril lors de son allocution.

DES INFRASTRUCTURES MODERNES AU SERVICE DES PARLEMENTAIRES

Le nouveau Palais comprend trois principaux bâtiments : une tour de 15 étages destinée aux bureaux administratifs, un nouvel hémicycle pouvant accueillir 480 parlementaires, et une salle de banquets d’une capacité de 1 000 places. Ces installations répondent aux besoins d’un parlement moderne et offrent des espaces adaptés à la gestion des affaires législatives. Cet édifice n’est pas qu’un simple bâtiment ; il incarne également une vision politique et culturelle ambitieuse. L’ancien hémicycle, ravagé par un incendie en novembre 2017, sera transformé en musée parlementaire, un lieu dédié à la mémoire historique et au patrimoine législatif du Cameroun.

En effet, le Cameroun et la Chine ont chacun, à sa manière, veillé à la matérialisation du projet de construction du nouvel immeuble siège de l’Assemblée nationale. Pour ce faire, bon nombre d’autorités chinoises et camerounaises ont fait le déplacement pour s’assurer de la bonne évolution des travaux conduits par l’entreprise chinoise BUCG pour la réalisation de ce projet, 65 techniciens chinois et environ 400 ouvriers camerounais ont été mobilisés.

 « Le nouvel immeuble siège de l’Assemblée nationale est non seulement un symbole de la solidarité et de l’amitié entre nos deux peuples, mais aussi porteur de nos attentes illimitées pour l’avenir. Sur ce nouveau point de départ, la partie chinoise continuera, comme par le passé, de soutenir l’édification du Cameroun et de travailler avec la partie camerounaise pour élargir et approfondir notre coopération mutuellement bénéfique dans divers domaines », a déclaré Zhang Qingwei, vice-président du comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de Chine. Pour lui, il est question « d’injecter sans cesse de nouvelles vitalités à l’amitié traditionnelle entre la Chine et le Cameroun et d’apporter une nouvelle contribution à la prospérité et au développement commun de nos deux pays ainsi qu’au bien-être commun de nos deux peuples ».

Projet Viva Bénoué : 39 milliards FCFA pour la poursuite des travaux en 2025

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Pour 2025, une provision financière de 39 milliards de FCFA sera mise à profit pour la poursuite des travaux du Projet d’Aménagement et de Valorisation des Investissements de la vallée de la Bénoué (VIVA Bénoué). Cette décision a été entérinée le 26 novembre 2024 lors de la cinquième session du Comité de Pilotage (Copil), tenue à Yaoundé sous la présidence de Jean Tchoffo, Secrétaire Général du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat).

Au cœur des discussions, l’évaluation des progrès réalisés et les stratégies pour surmonter les obstacles persistants. Selon Mahamat Habibou, coordonnateur du projet, le taux d’exécution physique et financière global stagne à 25 %. Cependant, le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2024 a été exécuté à 75 %, avec un taux d’exécution financière de 60 %.

Malgré ces résultats contrastés, les avancées récentes ont été saluées par Jean Tchoffo. Parmi elles, la validation des rapports d’avant-projet sommaire pour la sécurisation du barrage de Lagdo, la mise en place d’un système d’information hydrométéorologique et d’un dispositif d’alerte précoce pour les inondations. Les travaux d’aménagement hydro-agricole progressent également, avec des réalisations notables sur les deux rives de la vallée.

Sur la rive droite, la réhabilitation de 212 hectares est achevée, tandis que les travaux sur 910 hectares et le canal « tête morte » se poursuivent. À cela s’ajoutent le décapage de 109 km de pistes et le curage de 21,63 km de canaux. Sur la rive gauche, 4,3 km de routes principales, 7,6 km de drains et des conduites tertiaires en UPVC ont été installés.

Des défis climatiques et techniques persistants

Cependant, le projet fait face à des contraintes majeures. Les crues exceptionnelles enregistrées en 2023 et 2024 ont temporairement rendu certaines zones inaccessibles, interrompant les travaux. Ces retards s’ajoutent à des défis techniques et logistiques déjà identifiés. Pour pallier ces difficultés, des mécanismes correctifs ont été mis en place afin d’assurer le respect des délais. Jean Tchoffo a exhorté les équipes du projet, notamment le coordonnateur et les experts de l’unité de gestion, à redoubler d’efforts pour accélérer l’exécution des activités prévues en 2025.

Un pilier pour la souveraineté alimentaire

Viva Bénoué, né de la coopération entre le Cameroun et la Banque mondiale, s’inscrit dans le Plan Intégré d’Import Substitution Agropastoral et Halieutique 2024-2026 (PIISAH). Ce projet vise à accroître la production de riz pour réduire la dépendance aux importations et renforcer la sécurité alimentaire. À terme, le projet devrait contribuer à améliorer les revenus des communautés locales tout en répondant aux objectifs nationaux de souveraineté alimentaire.

Pour mémoire, Le projet Viva Bénoué, financé par la Banque mondiale, ambitionne de réhabiliter et d’aménager près de 11 000 hectares de périmètre hydro-agricole. À terme, sur une durée de sept ans, cette opération pourrait générer environ 27 000 emplois, selon la Banque mondiale, qui finance le projet.

Hydrocarbures : La subvention de carburant baisse de 263 à 15 milliards de FCFA en 2025

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Le projet de loi de finances 2025 soumis à la sanction des parlementaires, annonce une réorientation majeure de la politique budgétaire. Parmi les mesures phares, la réduction drastique des subventions aux carburants. Prévue pour passer de 263 milliards de FCFA en 2024 à seulement 15 milliards en 2025, cette diminution de 94,3 % s’inscrit dans une logique de rationalisation des dépenses publiques. Cette décision s’aligne sur les recommandations du Fonds monétaire international (FMI), qui plaide pour une gestion budgétaire plus efficiente et une réallocation des ressources vers des secteurs prioritaires, comme les infrastructures et les programmes sociaux.

DES HAUSSES À LA POMPE QUASI INÉVITABLES

 Depuis février 2023, le Cameroun a amorcé un ajustement progressif des prix des carburants. Le litre de super est ainsi passé de 630 à 840 FCFA entre janvier 2023 et février 2024, soit une augmentation de 33 %, tandis que le gasoil a vu son prix grimper de 575 à 828 FCFA. Ces hausses ont permis de réduire la part des subventions, passée de 1 000 milliards de FCFA en 2022 à 263 milliards en 2024. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2025 selon les prévisions du projet de loi de finances qui annonce une baisse drastique de ce soutien gouvernemental. Ce qui, par ricochet, va certainement entraîner de nouveaux ajustements des prix à la pompe. Bien que les autorités, appuyées par le FMI, envisagent des augmentations « minimes », leur impact cumulé sur les ménages pourrait être significatif, notamment pour les classes modestes et moyennes, déjà fragilisées par l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat.

 UNE RÉFORME SOUS CONTRAINTE INTERNATIONALE

La réduction des subventions s’inscrit également dans le cadre des engagements du Cameroun vis-à-vis du FMI, dans le cadre du Programme économique et financier (PEF) soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Lors de la 7e revue du programme, en octobre 2024, la délégation conduite par Cémile Sancak a salué les « progrès significatifs » réalisés par le gouvernement camerounais. Elle a cependant insisté sur la nécessité de créer un espace budgétaire pour financer les dépenses sociales et les infrastructures.

Loi de finances: Un budget de 7 317,7 milliards de FCFA en 2025

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Le budget 2025 de l’État du Cameroun est équilibré en ressources et en emplois à hauteur de 7 317,7 milliards de FCFA, enregistrant une progression modeste de 39,6 milliards (+0,5 %) par rapport à 2024. Ce montant se répartit entre le budget général, qui s’élève à 7 250,8 milliards, et les Comptes d’Affectation Spéciale (CAS), dont l’enveloppe atteint 66,9 milliards.

Ces derniers connaissent une augmentation de 1,3 milliard (+1,5 %) par rapport à l’année précédente. Les recettes internes et les dons sont projetés à 5 548,1 milliards de FCFA, en hausse de 313,1 milliards (+6 %) par rapport à 2024. Cependant, les recettes pétrolières, estimées à 734,8 milliards, enregistrent un recul de 66,8 milliards (-8,3 %), principalement en raison de la baisse des prix mondiaux du baril et du raffermissement du franc CFA face au dollar.

 DES DÉPENSES PUBLIQUES SOUTENUES

 Les dépenses budgétaires totales hors amortissement du principal de la dette s’élèvent à 5 563,6 milliards de FCFA, soit une augmentation de 283,3 milliards (+5,4 %) par rapport à 2024. Ces dépenses, qui représentent 76,7 % du budget de l’État, se décomposent comme suit: 1 586,6 milliards pour les dépenses de personnel ; 1 027,7 milliards pour les biens et services ; 920,8 milliards pour les transferts et subventions ; 378,2 milliards pour les Intérêts de la dette ; et enfin 1 650,2 milliards pour les dépenses en capital. Un point marquant de ce projet est l’augmentation notable du budget d’investissement public (BIP), qui passe à 1 863,1 milliards de FCFA (+16,1 %), représentant 33,5 % des dépenses totales en 2025.

 UNE RÉDUCTION DU BESOIN DE FINANCEMENT

Pour l’exercice 2025, le budget de l’État enregistre un déficit global de 107,8 milliards de FCFA, en baisse par rapport aux 137,9 milliards de l’année précédente. Cette réduction de 30,1 milliards traduit une diminution des besoins de financement budgétaire. Cependant, plusieurs obligations financières importantes restent à honorer. Parmi celles-ci figurent le remboursement de la dette extérieure, estimé à 729 milliards de FCFA, l’amortissement de la dette intérieure, évalué à 646,7 milliards de FCFA, le remboursement des crédits de TVA, pour un montant de 84 milliards de FCFA, le règlement des arriérés, incluant les dettes non structurées et flottantes, s’élevant à 207,5 milliards de FCFA.

 Selon le projet de loi de finances, l’Etat du Cameroun a également revu à la baisse son besoin de financement, qui s’établit à 1 795,0 milliards, contre 2 070,1 milliards l’année précédente. Pour couvrir ce besoin, le gouvernement mise sur des instruments financiers diversifiés. Il s’agit notamment des Tirages extérieurs sur prêts-projets (840,0 milliards de FCFA), les émissions de titres publics (380,0 milliards de FCFA), le Financement bancaire (220,6 milliards de FCFA), appuis budgétaires liés au Programme économique et financier (PEF) (165,0 milliards de FCFA) et les Financements exceptionnels (189,4 milliards de FCFA).

 DES ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES CLAIRES

Le budget de l’État pour l’exercice 2025 s’inscrit dans un environnement économique mondial encore marqué par les effets des crises récentes, mais témoigne de la résilience de l’activité. Tandis que le taux de croissance mondial devrait légèrement ralentir à 3,2 % en 2024 et 2025, l’économie camerounaise affiche des perspectives plus optimistes avec une croissance prévue à 4,1 % en 2025, contre 3,8 % en 2024.

Une dynamique principalement portée par le secteur non pétrolier, qui devrait progresser de 4,3 %, contrastant avec la contraction attendue de -1 % dans le secteur pétrolier. L’inflation, bien qu’en repli par rapport aux 5 % estimés pour 2024, reste au-dessus du seuil de convergence de 3 % fixé par la Cemac. Elle est projetée à 4 % en 2025, reflétant les défis persistants liés aux pressions sur les prix et la conjoncture internationale.

Transformation digitale : MTN livre des secrets aux chefs d’entreprises

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Environ 100 responsables des PME ont suivi à Douala, un programme de formation offert par la compagnie de télécoms dans le cadre de son initiative « SME Go Digital ».

MTN Business Academy  vient de livrer la 7eme vague de ses bénéficiaires. Il s’agit d’environ 100 participants qui ont pris part à la formation organisée par MTN Cameroun à Douala.  Pendant deux jours, des responsables de PME ont pu bénéficier d’un ensemble de modules  leur permettant d’opérer une transformation digitale de leurs projets et ainsi d’optimiser leurs performances commerciales.

Le MBA, est présenté comme un mini Master of Business Administration, spécialement conçu pour les entrepreneurs, managers et les promoteurs des petites et moyennes entreprises. L’objectif principal selon MTN, est de renforcer leurs capacités entrepreneuriales et managériales, pour améliorer la performance et la compétitivité de leurs entreprises. Surtout,  leur donner des connaissances nécessaires pour saisir les opportunités qu’offre le digital.

La formation portait sur six modules. L’entrepreneuriat & leadership, la finance et comptabilité pour  permettre aux participants de mieux comprendre la santé financière de leur entreprise, de prendre des décisions éclairées et de garantir une gestion efficace des ressources financières.  Des modules sur le marketing, notamment le marketing frugal pour une connaissance approfondie du marché et des concurrents, l’identification des attentes des clients et l’adaptation de la stratégie marketing en conséquence.  Le marketing digital pour l’utilisation efficace des outils du marketing digital pour améliorer la visibilité de l’entreprise et augmenter les ventes.  L’intelligence artificielle était aussi au programme. Il a été question de montrer  son utilité dans le monde des affaires. Notamment son impact dans la prise de décisions stratégiques, favoriser l’innovation et améliorer les performances organisationnelles et commerciales. Les dirigeants des PME ont également été outillés sur les techniques de recherche des financements, permettant ainsi d’aborder des questions telles que la présentation de business plans convaincants, l’analyse des sources de financement, et les stratégies de négociation avec les investisseurs.  « Un grand merci à MTN Cameroun pour l’organisation de cet événement qui nous permet d’acquérir de véritables outils d’entrepreneur. Je suis convaincu que ces compétences me permettront de mieux naviguer dans le monde des affaires et de contribuer de manière significative à mon environnement professionnel », se réjouit Mathieu Nguenkam, un participant.

Globalement, MTN Business Academy s’attaque aux principaux freins au développement des PME camerounaises que sont entre autres, l’accès au financement, la faible capacité managériale.  « C’est à la fois une exigence sociale et un devoir plaisant pour MTN Cameroon de contribuer au développement des initiatives entrepreneuriales à travers ces formations utiles qui dotent les entrepreneurs d’aptitudes pertinentes pour la conduite de leurs affaires », a indiqué Thierry Mindjos, senior Manager MTN Business.

Les participants ont reçu un certificat de fin de formation délivré conjointement par MTN Cameroon et le Centre d’Etudes et de Recherches Africaines en Management et Entrepreneuriat (CERAME) de l’ESSEC Business School de Douala. 

Naufrage de Darak : le bilan s’alourdit à 22 morts

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Les eaux du lac Tchad continuent de livrer les corps des victimes du naufrage du 28 novembre 2024. Quatre jours après l’accident, quatre autres corps ont été repêchés, tous de sexe féminin. Alourdissant le bilan à 22 morts. Jeudi dernier, les premières recherches avaient permis de sortir 18 corps : 13 filles de 7 à 16 ans, et un adulte de 30 ans.

Le 28 novembre dernier aux environs de 8h, une pirogue à moteur partie de Darak dans le département du Logone et Chari pour Doro Liman où avat lieu le marché hebdomadaire local, s’était renversé dans le lac Tchad, au lieu-dit Darak Garami (Petit Darak en langue Haoussa). Ali Ramat le maire de Darak, avait expliqué que «ce sont les vagues qui ont secoué la pirogue, et les passagers, pris de peur, ont voulu se précipiter pour se sauver. Le poids de la pirogue est allé d’un côté, ce qui a causé un déséquilibre, et la pirogue s’est renversée».

La probabilité de retrouver de nouveaux corps commencent à s’amenuiser, alors que l’on ignore le nombre de personnes qui avaient pris place à bord de cette pirogue à moteur. Aucun document ne permettant d’en savoir. Les autorités administratives au premier rang desquelles le préfet du Logone-et-Chari, Mathias Fombele Tayem qui a effectué une visite sur le site de l’accident, appellent les populations au calme et sensibilisent les promoteurs du transport par pirogue à plus de responsabilité.

Lac Tchad: Qui sont les 18 victimes du naufrage de Darak?

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Le lac Tchad a englouti une bonne partie des occupants d’une pirogue à moteur hier 28 novembre. Partie de Darak pour le marché hebdomadaire de Doro Liman, la pirogue a chaviré au large du lac Tchad, aux environs de 8h. « Ce sont les vagues qui ont secoué la pirogue, et les passagers, pris de peur, ont voulu se précipiter pour se sauver. Le poids de la pirogue est allé d’un côté, ce qui a causé un déséquilibre, et la pirogue s’est renversée, déversant ainsi les passagers dans les eaux», rapporte Ali Ramat, maire de Darak, dans les colonnes de Darak. Le bilan est lourd. Selon Mamat Zarma le sous-préfet de Darak, 18 personnes ont laisse leurs vies sur le carreau. Des personnes âgées entre 7 et 16 ans don’t 13 filles. Un adulte de 30 en fait également partie. Mais à en croire les autorités locales, le bilan pourraît être plus lourd, d’autant plus que l’on ignore le nombre exact de passagers qui avaient pris le depart, faute d’une fiche de bord. « Les recherches se poursuivent », a indiqué le sous-préfet. Sous la conduit du lieutenant Messapon, en service à la Force multinationale mixte à Darak.

Le préfet du Logone-et-Chari, Mathias Fombele Tayem, est annoncé ce jour sur les lieux du drame, pour évaluer la situation et réconforter les populations meurtries. A l’occasion, le préfet du Logone et Chari rencontrera les familles des victimes du naufrage du 15 novembre dernier dans le fleuve Chari en pleine nuit, et qui avait également endeuillé plusieurs familles. En effet, ce jour-là, une autre pirogue à moteur transportant une trentaine de passagers en provenance de Blangoua, pour le marché de Maltam prévu le lendemain, avait chaviré, faisant officiellement trois morts.

Bilan provisoire de l’accident

1- MARIAM Soûle, environ 11 ans

2- OUMI ABDOULAYE, environ 14 ans

3- RABI Alhadji, environ 15 ans

4- IYANDE, environ 11 ans

5- TOUMBA BALA MAGI, environ 15 ans

6- IYANOUMA, environ 12 ans

7- HADIDJA HABOU, environ 16 ans

8- IYABINTOU MOUSSA, environ 14 ans

9- AICHA Mohammed, environ 15 ans

10- SANI AWALI, environ 12 ans

11- SALE OUSMANE environ 13 ns

12- MOHAMED SANI, environ 30 ans

13- ROUFAI DAN BINTA, environ 9 ans

14- AWALI DAN TALO, environ 15 ans

15- MOURDAS DAN TALO, environ 7 ans

16- MESSA KALLA environ 13 ans

17- AICHA BALLO, environ 15 ans

18- ZEINAB ABDOU, environ 13 ans

Réformes: Le Compte unique du Trésor appelé à calquer le modèle des banques

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Au 31 octobre 2023, l’administration centrale camerounaise disposait de 148 comptes dans 16 banques commerciales pour un solde global de 711,9 milliards de FCFA, selon le ministère des Finances. Paradoxalement, malgré cette trésorerie conséquente, l’État a dû payer, d’après des données gouvernementales consultées au 31 octobre 2024, 38,75 milliards de FCFA d’intérêts sur des émissions obligataires d’un montant global de 890,54 milliards de FCFA. L’optimisation du Compte unique du Trésor (CUT), dont l’un des objectifs est de rapatrier les fonds publics logés dans les établissements de crédit dans une caisse centrale, apparaît donc comme une solution évidente pour réduire ces coûts. Cependant, cette réforme ambitieuse se heurte à des obstacles majeurs.

 Pierre Mba, chef de la Cellule de législation et de la codification à la direction générale du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, a rappelé, lors des Cafés thématiques sur les réformes de la gestion des finances publiques du 26 novembre 2024, que la modernisation nécessaire pour opérationnaliser pleinement le CUT n’est pas encore achevée. «Le Compte unique du Trésor nouvelle version n’est pas totalement livré », a-t-il indiqué, soulignant que des défis d’organisation et de qualité de service doivent être résolus avant tout transfert massif de fonds.

UN DIALOGUE CONSTANT AVEC LE SECTEUR BANCAIRE

 Le rapatriement des fonds publics des banques commerciales vers le CUT soulève des craintes quant à la stabilité du système financier. Au 31 décembre 2022, plus de 1 300 milliards de FCFA de dépôts publics étaient logés dans les banques, soit près de 18 % de leurs encours totaux, estimés à 7 000 milliards de FCFA. Retirer ces ressources sans préparation «pourrait sérieusement affecter la liquidité bancaire, compromettant leur capacité à financer l’économie», rappelle Pierre Mba. Conscient de ce risque, le Trésor public a initié des concertations avec l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit du Cameroun (Apeccam) et l’Association Nationale des Établissements de Microfinance (Anemcam).

Selon Pierre Mba, ce dialogue a permis d’instaurer un calendrier de transfert progressif des fonds, accepté par les banques pour limiter les perturbations. Moh Sylvester Tangongho, directeur général du Trésor, dans une interview accordée à Défis Actuels magazine souligne que « le principe est de procéder à un transfert progressif des fonds sans entamer l’équilibre des banques». Ainsi, des calendriers de rapatriement sont élaborés en accord avec chaque institution. Pour l’année 2023, 165,6 milliards de FCFA devraient être rapatriés d’ici au 31 décembre, conformément aux prévisions.

DES ENJEUX FINANCIERS MAJEURS

Le principal objectif de cette réforme est de rationaliser la gestion des finances publiques. «En concentrant les fonds publics au CUT, l’État espère réduire ses besoins de financement à court terme. Par ailleurs, une trésorerie centralisée renforcerait la transparence et l’efficacité dans l’utilisation des fonds publics», souligne le gouvernement. Cependant, cette transition nécessite une réorganisation interne du Trésor public. «Il faut que la trésorerie s’organise, se modernise et soit capable de remplir les fonctions bancaires du Trésor public », insiste Pierre Mba. Cela implique de fournir des services équivalents à ceux des banques commerciales pour répondre aux besoins des collectivités territoriales, des hôpitaux et des autres entités publiques.

Selon ce haut responsable, la réforme nécessite un saut qualitatif, tant sur le plan technique qu’organisationnel, afin de garantir que le CUT puisse répondre aux attentes des entités publiques. «Si on retire tout cet argent, il faut donner la réponse que la banque donnait aux entités publiques. C’est-à-dire aux CTD, aux hôpitaux, aux Pharmacies qui ont leur argent logé dans les banques. S’ils ont besoin de leur argent, il ne faudrait pas qu’on se mette à tergiverser. Donc il faut que la Trésorerie s’organise, se modernise, se mette en ordre de bataille pour pouvoir remplir la fonction bancaire du Trésor Public. Le saut qualitatif et mental doit être réalisé, de manière à ce que lorsqu’on rapatrie les fonds, que le Compte unique du Trésor puisse donner la même satisfaction que les banques», a-t-il déclaré.

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