vendredi, mai 22, 2026
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Paul Biya: « Qu’importe les critiques, je vous tiendrai toujours le langage de la vérité »

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Mes chers jeunes compatriotes,

M’adressant à vous l’année dernière, dans les mêmes circonstances, peu de temps après notre difficile campagne, lors de la Coupe d’Afrique des Nations en Côte d’Ivoire, je vous assurais que nous allions renouer avec la victoire.

Notre brillante qualification pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, qui se déroulera au Maroc, illustre bien ce que notre jeunesse, qui ne manque pas de talent et de courage, est capable d’accomplir, avec de la discipline et des efforts acharnés.

Je voudrais en votre nom à tous, adresser mes sincères félicitations à nos valeureux Lions Indomptables ainsi qu’à leurs encadreurs. Je leur demande d’aller de l’avant, de continuer à apporter joie et fierté au peuple camerounais et à servir d’exemple à notre jeunesse. Le gouvernement, sous mon autorité, ne ménagera aucun effort pour leur apporter tout le soutien nécessaire.

Il me semble toutefois opportun de souligner que la dynamique positive, dont nous nous félicitons aujourd’hui, ne portera tous les fruits espérés que si la concorde, la solidarité et l’esprit d’équipe règnent au sein et autour de celle-ci. J’en appelle à cet égard au sens des responsabilités de tous les acteurs.

Mes chers jeunes compatriotes,

L’année qui commence s’annonce pleine de défis, pour notre pays, pour notre peuple, pour notre jeunesse. Lors de mon récent message à la Nation, j’ai eu l’occasion de passer en revue les contraintes que nous avons à affronter dans notre marche vers le progrès.

Celles-ci procèdent pour certaines de l’environnement international et pour d’autres de la situation interne de notre pays. Je n’y reviendrai pas.

Je vous ai également fait part, à la même occasion, des efforts méritoires consentis par les pouvoirs publics pour faire face à ces contraintes et œuvrer activement en vue d’une amélioration continue des conditions de vie de nos concitoyens, assise sur un développement vigoureux de notre économie et sur le nécessaire maintien de la paix et de la sécurité.

Si l’écrasante majorité a apprécié la sincérité de mon propos, certains esprits chagrins ont cru devoir se focaliser sur le fait que telle ou telle chose n’ait pas été, ou pas encore pu être faite, faisant fi des contraintes réelles et vérifiables que j’ai évoquées.

Mes chers jeunes compatriotes,

Je voudrais vous dire ceci. Qu’importe les critiques, je vous tiendrai toujours le langage de la vérité.

Et la vérité, c’est que malgré les contraintes, nombreuses et complexes, qui entravent nos efforts de développement, nous avons, ensemble, énormément accompli. De formidables progrès ont en effet été enregistrés ces dernières années, grâce à notre action commune et au soutien sans faille que vous m’avez apporté.

Mes chers jeunes compatriotes,

Je sais que comme tous les autres jeunes du monde, vous êtes attachés à votre éducation et à votre formation. Vous êtes, avec raison, particulièrement soucieux de votre insertion dans le marché de l’emploi.

Parlons un instant de votre formation.

Il est incontestable que chaque année qui passe, l’offre dans ce domaine s’améliore quantitativement et qualitativement.

La carte scolaire et universitaire n’a cessé de s’étoffer et de se diversifier, avec la création de nouveaux établissements dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur.

De nouvelles filières spécialisées sont régulièrement ouvertes dans les lycées et institutions universitaires. La professionnalisation des curricula de formation se poursuit dans tous les ordres d’enseignement, afin de donner aux jeunes diplômés les compétences techniques susceptibles de faciliter leur accès au marché du travail.

De même, l’opérationnalisation des centres de formation permet aux jeunes non-diplômés d’apprendre un métier et de trouver leur place dans la société. Je me réjouis à cet égard de l’ouverture des Centres de Formation aux Métiers de Nanga-Eboko et de Lembe-Yézoum. D’autres centres sont en cours de construction dans plusieurs localités du pays.

J’ai également instruit le gouvernement d’accélérer la mise en place des Bureaux d’Emplois Municipaux, en vue d’un encadrement optimal des jeunes demandeurs d’emploi.

Parallèlement, le nombre d’apprenants dans les Centres de Formation Professionnelle d’Excellence a connu une augmentation substantielle, suite à la réduction des frais de scolarité dans ces établissements.

Mes chers jeunes compatriotes,

Le chômage des jeunes est un phénomène qui n’épargne aucun pays. Des efforts méritoires sont consentis pour le résorber. J’ai à cet égard prescrit au gouvernement de mettre en place un cadre règlementaire régissant l’aide à l’embauche des primodemandeurs d’emploi.

Ce dispositif vise à mieux accompagner les jeunes n’ayant jamais eu d’activité professionnelle, dans la recherche de leur premier emploi.

C’est dans cette perspective que s’inscrit également l’élaboration du répertoire national des emplois, métiers et professions. Il permettra de consolider, d’analyser et de diffuser les informations sur les opportunités d’emploi disponibles dans notre pays.

Le gouvernement continuera par ailleurs de s’assurer que l’offre de formation est la plus adaptée aux besoins réels du marché du travail, afin d’éviter que de nombreux diplômés se retrouvent sans emploi. Plusieurs bourses ont ainsi été octroyées à des centaines de jeunes Camerounais, au cours de l’année 2024.

J’ai en outre prescrit au gouvernement d’impliquer le plus grand nombre de jeunes dans la préservation de l’environnement et la lutte contre le changement climatique.

C’est le sens du Programme de Promotion des Emplois Verts en cours d’exécution. Il permettra à terme de créer plus de dix mille emplois à travers des activités génératrices de revenus, dans des domaines tels que l’assainissement, le recyclage des déchets ou l’agriculture biologique.

Dans les semaines qui vont suivre, l’opération de contractualisation des personnels de santé que j’ai annoncée en fin d’année dernière sera lancée. Elle permettra de sortir de la précarité, des milliers de jeunes diplômés du secteur de la santé et d’améliorer leurs conditions de vie.

Comme vous pouvez le constater, l’Etat s’emploie à développer des stratégies et des outils pour résorber le chômage des jeunes. Plusieurs administrations sont mobilisées à cet effet et d’importants moyens financiers sont, chaque année, consacrés à l’atteinte de cet objectif.

Croyez-moi, il ne peut y avoir de répit dans le combat que je mène depuis des années contre le chômage, en particulier celui des jeunes.

Mes chers jeunes compatriotes,

Je voudrais vous assurer que les recrutements dans la fonction publique vont se poursuivre. Mais, comme moi, vous savez que quelles que soient la volonté du gouvernement et les ressources financières dont notre pays peut disposer, elles ne seront jamais suffisantes pour offrir à tous les jeunes un emploi dans la fonction publique ou dans le secteur privé.

Je peux à cet égard comprendre la frustration de plusieurs d’entre vous. Je regrette hélas qu’elle pousse un certain nombre à prendre les chemins de traverse et à s’éloigner des valeurs morales.

D’autres, en désespoir de cause, choisissent les voies obscures et incertaines de l’immigration clandestine, dont l’issue, nous le savons tous, est le plus souvent fatale.

Pourtant l’emploi salarié, et vous le savez, n’est pas le seul moyen d’insertion dans le marché du travail.

Il existe d’autres voies. Je vous exhorte, une fois de plus, à saisir les opportunités qu’offrent des domaines tels que l’agriculture ou l’élevage. Le parcours de Samuel Tony OBAM BIKOUE qui a créé une industrie agricole ou encore du jeune TATA BAKARY, aujourd’hui à la tête d’un important complexe fermier, devrait vous inspirer.

Je voudrais vous rappeler que vous êtes sans doute la génération la plus imprégnée de technologie. Servez-vous donc des atouts qu’offre le numérique pour développer l’auto-emploi et relever les défis de votre époque.

Je souhaite également vous encourager à intégrer le Programme de Réarmement Moral, Civique et Entrepreneurial que le gouvernement a mis en place pour renforcer votre participation citoyenne.

Mes chers jeunes compatriotes,

Je comprends votre souhait légitime de voir vos rêves se réaliser et vos conditions de vie s’améliorer. Il est tout à fait naturel que vous attendiez du gouvernement des solutions appropriées aux préoccupations qui vous concernent, et qui sont essentielles à votre épanouissement.

Cette année encore, se tiendront, dans notre pays, d’importantes échéances électorales. Ce sera l’occasion pour ceux d’entre vous qui remplissent les conditions légales, d’exercer librement leur devoir citoyen. Il vous appartiendra, le moment venu, de faire votre choix en toute responsabilité, dans le calme et la sérénité.

Je vous demande donc de ne pas prêter l’oreille aux sirènes du chaos que font retentir certains irresponsables. Ne les laissez pas se servir de vous pour assouvir leur dessein pernicieux, à savoir créer le désordre dans notre cher et beau pays.

Ne vous laissez pas non plus endormir par les promesses fallacieuses et pour la plupart irréalisables qu’ils essaient de vous vendre.

Pour ma part, je puis vous assurer que je continuerai d’être à vos côtés pour relever les défis auxquels vous êtes confrontés.

Bonne Fête de la Jeunesse à toutes et à tous.

Je vous remercie.

Yaoundé, le 10 février 2025

  ST Digital lance la première plateforme d’hébergement IA en Afrique centrale et de l’Ouest

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 Destinée à garantir une souveraineté des données au niveau africain, l’invention va permettre à des centaines de start-ups et centres de recherche du continent de développer leurs solutions IA dans des conditions optimales.

La société camerounaise de services informatiques, ST Digital annonce la mise en place de la  première offre d’hébergement IA souveraine en Afrique  centrale et de l’Ouest. Disponible au Cameroun et en Côte d’Ivoire  dès le deuxième trimestre 2025, GPU CLOUD AFRICA se présente comme une offre souveraine d’hébergement de serveurs IA (intelligence artificielle) dotée de processeurs GPU NVIDIA. L’innovation met en effet  à disposition des entreprises et des institutions africaines,   une capacité de calcul « inégalée pour les applications d’intelligence artificielle », selon ST Digital.

 En plus de ses capacités de stockage, la plateforme d’hébergement développée vient surtout répondre à un enjeu de souveraineté numérique. Car,  la plupart des technologies  disponibles sur le continent à l’heure actuelle sont importées. ST Digital a ainsi pensé une solution locale adaptée aux  besoins des locaux, tout en garantissant une infrastructure capable de supporter les charges de calcul nécessaires à l’intelligence artificielle. « Nous sommes fiers de proposer une solution qui allie performance, sécurité et souveraineté des  données. GPU CLOUD AFRICA offre aux innovateurs africains les ressources nécessaires pour  développer leurs propres solutions IA, sans dépendre d’infrastructures étrangères », fait savoir le Directeur Général  du Groupe ST Digital, Anthony SAME.

L’objectif de cette innovation est de permettre à des centaines de start-ups et centres de recherche africains de développer leurs solutions IA dans des conditions optimales.  GPU CLOUD AFRICA  est présenté comme  garantissant un environnement sécurisé et souverain pour les données africaines, une tarification adaptée aux réalités locales et un support technique de proximité pour accompagner les développeurs. En gros, l’initiative entend donner un coup de pouce au développement de l’innovation IA en Afrique.  « Déployer des serveurs avec des GPU NVIDIA Tesla M10 à Douala et Abidjan est une étape essentielle vers une Afrique numériquement souveraine. Aujourd’hui, 95 % des talents africains en  IA sont contraints d’utiliser des infrastructures et des solutions aux capacités limitées. À titre  d’exemple, alors qu’une start-up du G7 peut ajuster son modèle d’IA en 30 minutes, nos innovateurs doivent attendre jusqu’à six jours. Cette situation n’est plus acceptable, surtout à l’heure où l’IA est  le moteur de la transformation économique mondiale », précise Anthony SAME.

Pionnier des solutions Cloud et Datacenter en Afrique, ST Digital a des compétences dans les métiers de la formation, l’Intégration et le conseil en transformation digitale.  Sa vision porte sur cinq axes. La transformation de la relation client, l’amélioration des processus opérationnels, la digitalisation du business model, les  infrastructures digitales de nouvelle génération (CLOUD). En 2024, ST Digital a lancé le premier cloud 100% camerounais.  Cette solution répond aux difficultés de coûts  souvent élevés pour les PME et les start up.

Extrême-Nord : le gouverneur et son état-major échappent de peu à un lynchage

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Midjiyawa Bakari, le préfet du Mayo-Danay et leurs états-majors sont des miraculeux. Le gouverneur de l’Extrême-Nord, le préfet du Mayo-Danay et leurs principaux collaborateurs n’ont eu la vie sauve ce 7 février 2025 que grâce à l’intervention énergique du Bataillon d’intervention rapide (BIR) venu en appui aux Forces de maintien de l’ordre dépassées par la fureur des populations de Kourbi. En tournée dans cette localité située entre Guidiguis et Kaële, le gouverneur et ses accompagnateurs ont été pris en captivité par une population sortie en masse et armée de gourdins. Très vite, le numéro un de la région et ses hommes ont été encerclés par les populations. Une haie en épines rapidement formée. Les populations locales s’opposent depuis quelques semaines à la création d’un parc national sur leurs terres et qui les sèvre de terres arables. Les opposants à la création dénoncent par ailleurs le nom de baptême du parc, « Ma mbed mbed« . Ce qui signifie en langue locale  »les non circoncis « . Appellation qui « est une injure pour les riverains  », selon un ressortissant du Mayo-Danay.

Du coup, pour ces deux raisons, les populations exigent que le Premier ministre annule le décret créant ce parc. « Ils disent que ça prend du temps. Ils veulent qu’on signe un autre décret pour annuler le premier sur le champ« , renseignait hier Rebeka Sintebe du journal L’œil du Sahel qui était témoin de la scène. Midjiyawa Bakari n’a pas pu dicter la loi de la République, ni se faire écouter. En face, une population déchaînée, et déterminée à entendre une annonce satisfaisante, au sujet de ce parc nouvellement créé.

C’est une situation compliquée pour l’Etat, tant les voix semblent s’accorder à Kourbis, Guidiguis et autres localités impactées par le parc de Ma Mbed Mbed. Hele Pierre, le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, soutien étatique du projet. Joseph Dion Ngute est interpellé.

Farines locales : 13 000 tonnes déjà produites sur un objectif de 336 000 d’ici 2026

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Quel est l’état des spéculations agricoles et les initiatives en cours pour booster la production locale ? Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) a apporté quelques éléments de réponses à cette préoccupation lors du Conseil des ministres tenu le 30 janvier dernier, ainsi qu’à la conférence annuelle des services centraux et déconcentrés des sociétés et organismes sous-tutelle de projet et programmes de son département, qui s’est tenue le 3 janvier 2024 à Yaoundé. Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique d’import-substitution, l’accent a été mis sur les diligences en cours au plan opérationnel pour améliorer leur production locale. L’on apprend de sa présentation que six variétés de blé à haut rendement ont été retenues et développées concomitamment en hautes et basses altitudes. Les premières productions font l’objet d’une redistribution aux agriculteurs en qualité de semences. Dans son discours d’ouverture de la conférence annuelle, lundi dernier, le Minader a rapporté qu’un accent a été mis pour le compte de 2024 sur l’augmentation des terres emblavées des filières prioritaires, visant un accroissement de 20 % de la production des principales spéculations. L’État a subventionné les engrais au profit des producteurs pour une valeur de 13,9 milliards FCFA et mis à disposition des semences variées pour 7 milliards FCFA. En ce qui concerne spécifiquement les farines panifiables, des essais sont réalisés avec du manioc et six unités de production sont d’ores et déjà fonctionnelles. L’année 2024 a marqué une avancée significative avec la validation de cinq normes sur les farines locales et la production de 13 000 tonnes de farine panifiable. Cette quantité ne représente que 4,28 % de la production projetée cumulée, estimée à 303,6 milliers de tonnes en 2026, comme l’indique le Plan intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (Piisah) pour le triennat 2024-2026.

LA PRODUCTION DU RIZ PADDY EN HAUSSE

L’objectif fixé par le gouvernement en ce qui concerne le riz est de produire 465 000 tonnes d’ici 2026 dans le cadre du Piisah. Les mesures du Plan devraient permettre de réduire les importations de riz de 70 %. À cet effet, l’on apprend qu’à un an de l’échéance, l’aménagement des périmètres hydroagricoles se poursuit. Il est également envisagé de produire des semences améliorées qui seront mises à la disposition des agriculteurs cette année. Selon les données officielles, la production de riz paddy a enregistré une progression de 3 %, atteignant ainsi 230 000 tonnes. Cette augmentation, explique le Minader, « a été facilitée par la distribution de 720 tonnes de semences certifiées, d’une valeur de plus de 1,3 milliard FCFA, ainsi que par les nouveaux aménagements des projets Viva Logone et Viva Bénoué, couvrant 7 500 hectares ». De plus, la construction de 10 entrepôts et de 2 aires de séchage par la Semry, ainsi que celle de plus de 20 magasins de stockage par l’Upper Noun Development Authority (Unvda), ont contribué à ce résultat. Les efforts du Programme d’appui au développement des filières agricoles (Padfa II) et du Projet de Développement de la Riziculture Irriguée et Pluviale (Proderip) justifient en outre cette performance. Pour ce qui est de l’huile de palme, le cap est fixé à une augmentation de la production d’environ 40 000 tonnes d’ici 2026. Dans cette optique, la modernisation des agro-industries de première transformation, telles que la Cameroon Development Corporation (CDC) et la Pamol Plantations, est devenue une priorité pour le gouvernement, soutient le Minader. L’initiative inclut également la construction de nouvelles unités d’extraction d’huile de palme et l’acquisition de pressoirs modernes pour les coopératives de planteurs. Un soutien spécifique est apporté aux acteurs pour faciliter l’accès aux engrais et aux produits phytosanitaires. Grâce à ces diverses mesures, 452 tonnes de semences ont déjà été produites et deux millions de tonnes d’engrais ont été mises à la disposition des producteurs.

PRODUIRE 3,6 MILLIONS DE TONNES DE MAÏS EN 2026

 Relativement au maïs et au soja, « la demande locale connaîtra une satisfaction progressive avec la création projetée dans la Plaine centrale, de vastes exploitations privées pratiquant une agriculture mécanisée », a rapporté le communiqué final du Conseil des ministres du 30 janvier dernier. Il convient de préciser que dans sa phase pilote, le projet Plaine centrale permettra notamment de produire « 600 000 tonnes de maïs, 50 000 tonnes de soja, 100 000 tonnes de riz paddy, 600 000 tonnes de pomme de terre et 400 000 tonnes de manioc ». Cependant, « il est principalement projeté de relever la production de maïs pour la faire passer de 2,7 millions de tonnes à 3,6 millions de tonnes en 2026, de renforcer la transformation à travers l’acquisition des équipements et d’améliorer la disponibilité des produits sur le marché. Il est envisagé de résorber complètement les importations de maïs », indique le Piisah 2024-2026. Lundi dernier, lors de la conférence annuelle du Minader, il a été révélé que la production de maïs a connu une augmentation de 5 % par rapport à l’année précédente, atteignant ainsi 2 400 000 tonnes. Cette hausse s’explique par l’acquisition et la distribution de 443 tonnes de semences de base certifiées de maïs, de 993 tonnes de semences certifiées de maïs, ainsi que par la mise à disposition de 5 751 tonnes d’engrais appropriés à la production du maïs, subventionnés à hauteur de 30 % par le Programme d’appui au renforcement de la production agricole au Cameroun (Parpac).

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : ENJEUX ET ACTIONS

Dans le cadre de la veille stratégique des indicateurs de la sécurité alimentaire, il ressort que 10,82 % des personnes sont en insécurité alimentaire aiguë, soit près de 3 millions de personnes dans le pays. Le Projet d’urgence de lutte contre la crise alimentaire (Pulcca) a permis, selon la même source, de distribuer des intrants agricoles à plus de 200 000 agriculteurs, ce qui a eu une incidence positive sur les rendements agricoles. En termes de gouvernance, il a été indiqué que l’arrêté portant cahier de charges, précisant les modalités techniques d’exercice de certaines compétences transférées par l’État aux communes en matière de promotion des activités de production agricole et de développement rural, a été signé depuis le 12 novembre 2024. La Déclaration de Kampala, adoptée le 11 janvier 2025 lors du sommet extraordinaire de l’Union Africaine pour le Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine (Pddaa), est en phase avec la politique d’import-substitution mise en œuvre par l’État depuis 2021 et constitue un catalyseur politique pour l’import-substitution au Cameroun. « Les objectifs de la Déclaration de Kampala résonnent étroitement avec notre ambition au Cameroun de réduire notre dépendance aux importations et de valoriser les ressources locales. Elle établit une feuille de route pour la transformation des systèmes agroalimentaires africains sur la période 2026-2035, avec pour objectifs principaux d’accroître de 45 % la production agroalimentaire africaine, de réduire de 50 % les pertes post-récolte, et de tripler les échanges intra-africains de produits agricoles. Ces engagements visent à bâtir des systèmes agroalimentaires résilients et à garantir une Afrique saine et prospère, en cohérence avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine », a expliqué Gabriel Mbaïrobé lundi dernier.

Lisette Claudia Tame Soumedjong : « Nous sommes la seule industrie locale du cacao offrant des produits intermédiaires et finis »

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LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel et de l’origine de votre rêve de faire dans la transformation du cacao et celui d’implanter une usine au Cameroun ?

Merci pour l’honneur que vous me faites de m’interviewer. Pour bien situer le contexte, je suis la fille d’un industriel. Mon père, Henri Tame Soumedjong, était l’un des premiers agro-industriels au Cameroun dans le secteur laitier (directeur général de Saplait SA., ndlr.). J’ai donc grandi parmi les machines et j’ai découvert en moi la même passion et la même vocation que mes parents. Après mon parcours académique, mes premières expériences professionnelles m’ont conduite dans le secteur de la chocolaterie à l’étranger, où j’ai été formée spécifiquement au métier de la transformation du cacao. J’avais déjà le rêve de suivre le chemin de mes parents, et cette opportunité dans l’industrie m’a permis de définir ma propre trajectoire. Après mon séjour à l’étranger, où j’ai vu de belles réalisations, j’ai souhaité faire de même chez moi, au Cameroun. Je suis donc revenue pour démarrer mon projet industriel. Je n’ai pas commencé tout de suite dans l’industrie, car il fallait des fonds que je n’avais pas. Ce projet (Africa Processing Company SA, ndlr ) n’est pas un héritage familial ni une entreprise familiale. Nous sommes partis de zéro. J’ai commencé par importer des produits de chocolat de toutes sortes de l’étranger pendant 4-5 ans. Cette activité m’a permis de bien connaître le marché. Ensuite, j’ai collaboré avec des structures qui installaient des chocolateries ici, et je les ai accompagnées dans leur implantation. À l’issue de cette expérience, j’ai lancé ce projet industriel pour mon propre compte.

 Quels ont été les principaux défis rencontrés lors du lancement d’Africa Processing Company SA. et comment les avez-vous surmontés ?

Je tiens à préciser que cette usine a été lancée depuis fin 2020. L’entreprise a été formalisée en janvier 2021, mais nous avions déjà commencé avant cette date. En janvier 2021, nous existions donc déjà depuis exactement quatre ans. Cette usine est simplement le fruit de notre propre réalisation. Avant, nous occupions des locaux que nous louions. Aujourd’hui, nous avons construit notre propre usine. Nous sommes installés ici depuis mai 2024. Ce n’est donc pas tout récent. Nous avons simplement procédé à l’inauguration il y a quelques semaines. Votre question portait sur les difficultés qu’il a fallu surmonter pour arriver ici. Naturellement, nous sommes partis sans aucun appui financier quelconque. Il a fallu réunir les ressources matérielles et financières nécessaires pour réaliser ce projet. Nous nous sommes appuyés sur notre activité. Le fait d’avoir travaillé longtemps à l’étranger nous avait offert plusieurs opportunités d’affaires et des clients qui ont cru en nous alors que nous étions encore tout petits, ce qui nous a permis d’engranger un certain nombre de moyens pour mettre ce projet en œuvre. Nous avons rencontré des difficultés financières et matérielles, bien entendu. Il y a aussi des difficultés liées à la ressource humaine, au capital humain. Voyez-vous, les métiers de l’industrie ne sont pas courants. Il n’y a pas d’école qui forme à ce que nous faisons. Donc, quelque part, il nous faut nous-mêmes former le personnel et lui apprendre le métier de la transformation de cacao. Ensuite, il y a la gestion de prestations de services, ce qui a nécessité de trouver des compétences pour réaliser cet ouvrage. Ce n’était pas la chose la plus aisée. Voilà en gros quelques difficultés que nous avons dû braver pour réaliser ce projet.

 Pourquoi avez-vous choisi Mbankomo pour implanter vos installations, et en quoi cet emplacement stratégique contribue-t-il à vos activités ?

Mbankomo est un véritable carrefour. Nous sommes implantés dans la région du Centre, qui est le premier bassin cacaoyé du Cameroun, représentant pratiquement 51-54% de la production nationale. Dans ce bassin, nous sommes idéalement situés, à un point stratégique qui nous permet de rallier facilement Douala et Yaoundé, les deux grandes villes du pays, ainsi que les deux principaux ports, Douala et Kribi. La route de Ngoumou, qui est censée atteindre Kribi, ou la nationale numéro 3 facilitent également les connexions. Ce positionnement est stratégique à deux niveaux : d’une part, il nous place au cœur du principal bassin de production cacaoyère, et d’autre part, il nous offre une situation géographique avantageuse pour les échanges économiques, nous permettant de rejoindre facilement les ports et les grandes villes.

Quels mécanismes avez-vous mis en place pour assurer un approvisionnement régulier en fèves de cacao de qualité ?

Les capacités que nous transformons sont relativement faibles par rapport à la production nationale. En tant que transformateurs, nous avons des marges de manœuvre bien plus confortables que les exportateurs ou les acheteurs, communément appelés coxeurs. Pour une différence de prix de 100 FCFA, nous pouvons surpasser un exportateur qui traite de gros volumes. Nous bénéficions donc de cette facilité sur les marchés où nous achetons, que ce soit en coopérative, auprès de producteurs ou encore auprès de sociétés spécialisées dans la revente des fèves.

Nous avons tissé un certain nombre de relations et signé des contrats de fournisseurs au début de chaque campagne, qui nous approvisionnent. Nous permettons aussi aux particuliers de nous vendre leur cacao directement à l’usine, ce qui marche bien et fait plaisir aux producteurs de la région. Grâce à cette approche, il est assez aisé de mobiliser les quantités que nous transformons. Pouvez-vous nous présenter en détail la gamme de produits que vous avez conçue, fruit d’une étude approfondie des besoins des professionnels de la chocolaterie et de la confiserie ? Nous sommes la seule entreprise camerounaise qui propose à la fois des produits de première transformation, c’est-à-dire des produits dédiés à l’industrie et des produits semi-finis, ainsi que des produits finis destinés à la consommation finale.

En ce qui concerne les produits semi-finis de cacao, il y a principalement trois types : la poudre de cacao, la masse de cacao et le beurre de cacao, avec des subtilités que seuls les professionnels connaissent. Globalement, ces trois produits se déclinent en plusieurs formats et nous les commercialisons principalement à l’étranger. En effet, 90 à 95 % de notre production est exportée vers l’Asie, l’Europe, le Maghreb et bientôt le MoyenOrient. Pour la deuxième transformation, nous développons une gamme de produits assez innovante. Habituellement, le cacao est transformé en pâte à tartiner ou en barres de chocolat, ce qui est courant sur notre marché. Cependant, nous créons de nouveaux produits pour toutes les générations de consommateurs : enfants, jeunes et adultes. Nous proposons aujourd’hui environ 15 produits différents, tant en première qu’en deuxième transformation.

 Quels sont les critères qui ont guidé le développement de votre gamme de produits innovants ?

Alors, déjà nous sommes partis de ce constat que je viens d’évoquer, que l’offre en termes de produits dérivés du cacao était faible. Quand on regarde à l’étranger ceux qui consomment principalement notre cacao, nous avons une panoplie tellement large. Et nous on se dit, mais pourquoi nous, qui sommes propriétaires de cette richesse, devons-nous nous restreindre à n’avoir qu’un ou deux produits de cacao qui sont connus et aimés du grand public. Donc, sur cette base-là, nous avons regardé les habitudes de consommation qui sont les nôtres, et identifié des besoins que nous pourrions susciter en rapport avec les habitudes de consommation de nos populations. Et il y va donc de notre ingéniosité, nous avons créé des produits assez innovants, comme je l’ai déjà dit, pour les enfants, pour les jeunes et les adultes, des produits innovants pour enrichir la consommation courante de cacao du Cameroun.

Parce qu’il faut noter que bien que nous soyons cinquième producteur mondial, nous ne consommons même pas 5% de notre production. Donc pour pouvoir susciter cette consommation-là, il fallait pouvoir proposer des produits nouveaux qui font envie et qui existent pour certains ailleurs, et d’autres non. Il y a des produits que nous avons quand même qui n’existent nulle part. Mais l’idée simplement au fond, c’est de pouvoir susciter cette nouvelle culture de consommation du cacao pour nos marchés intérieurs, à savoir le Cameroun, mais aussi l’Afrique.

Ces produits répondent-ils à la demande du marché ?

Ben écoutez, le peu que nous faisons aujourd’hui est largement demandé. Que ce soit en première ou en deuxième transformation, nous sommes en deçà de la demande de notre marché. Pour dire clairement, oui, tous nos produits ont trouvé un écho. Mais il faut dire que rien n’est fortuit dans ce que nous faisons. Comme je vous l’ai dit, nous avons étudié le marché pendant 4 à 5 ans avec des produits d’importation. Donc nous avons une idée des attentes du marché et nous essayons d’y répondre. C’est pour cela que nous rencontrons un certain succès avec nos produits.

Comment Africa Processing Company SA se positionne-t-elle face à des acteurs majeurs du secteur. Votre entreprise propose plus de 15 produits dérivés du cacao. Quelle est votre stratégie pour garantir la qualité et vous démarquer sur le marché local et mondial ?

Notre stratégie est basique : si vous voulez vous inscrire dans la durée et dans la qualité, la première chose à faire est d’avoir une bonne hygiène de production. C’est la base. Notre principe ici est de produire des choses que nous serions prêts à donner à manger à nos enfants. Nous garantissons donc une certaine qualité.

Nous disposons également d’outils pour nous aider. Nous avons installé un laboratoire pour suivre la qualité à travers différentes sortes d’analyses et de tests. Ces éléments nous permettent de garantir une certaine sécurité. Ensuite, il y a des organismes extérieurs comme le Centre Pasteur. Nous sommes certifiés Anor aujourd’hui. Nous avons aussi un médecin du travail qui accompagne le personnel pour veiller aux questions d’hygiène. En termes de qualité, nous avons sélectionné la matière première adéquate pour maintenir cette qualité.

Quelles mesures de soutien ou incitations gouvernementales avez-vous reçues et comment contribuent-elles au développement de votre entreprise ?

Bon, nous avons effectivement essayé de prendre connaissance de toutes les incitations qui existaient et nous les avons sollicitées. Nous avons demandé une subvention que nous n’avons pas obtenue, et un agrément pour pouvoir importer notre matériel que nous n’avons pas non plus reçu pour diverses raisons, ce n’est pas grave. La seule chose que nous avons demandée et que nous avons obtenue, c’est la concession de ce terrain. C’est ce dont nous avons bénéficié de la part de l’État.

Maintenant, nous avons également bénéficié du soutien de notre ministère de tutelle en matière de filière cacao, ce qui n’est pas négligeable. Nous avons également reçu le soutien des structures de cette filière, telles que l’ONCC et le CICC, qui se sont toujours montrés à notre écoute, nous ont conseillés et nous ont recommandés. À ce niveau-là, oui, nous avons eu ce genre de soutien. Mais en termes d’accompagnement et de facilitation de l’État, il n’y a eu que cette concession de terrain qui nous a été accordée.

Quels sont vos projets pour les années à venir, et comment envisagez-vous l’expansion d’Africa Processing Company SA à travers le Cameroun et au-delà ?

Aujourd’hui, le marché nous impose le projet de grandir. Comme je l’ai dit tantôt, notre production est totalement en deçà de la demande. Notre capacité installée est de 4 000 tonnes de broyage de fèves de cacao et de 4 000 tonnes de produits finis en ajoutant les autres intrants. Je tiens à le préciser parce que les gens font la confusion, ils disent qu’on broie 8 000 tonnes. Ce n’est pas vrai. Nous sommes capables de broyer 4 000 tonnes par an. Et lorsque nous ajoutons d’autres ingrédients pour les produits de consommation, on arrive aussi à 4 000 tonnes.

Donc un total de 8 000 tonnes de produits. Cette capacité est insuffisante et nous sommes obligés de renforcer rapidement notre matériel de production. C’est ce sur quoi nous travaillons à court et moyen terme. Peut-être d’élargir aussi notre zone de stockage. Mais notre véritable projet est d’arriver à construire notre usine d’ici 2028- 2029 sur le reste de notre site puisque nous n’occupons qu’un tiers du terrain, avec une usine d’une capacité de broyage de 24 000 tonnes de cacao.

L’Etat veut renforcer le potentiel de treize filières pour tenter de booster les exportations camerounaises

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Le gouvernement camerounais entend structurer sa politique d’exportation autour de treize filières phares. Cette sélection repose sur plusieurs critères, notamment la performance des produits sur le marché international entre 2021 et 2023, leur inscription dans les stratégies nationales comme la SND30 ou la Stratégie nationale des exportations, la dynamique des exportations sur la dernière décennie, leur notoriété internationale et l’évolution de la demande, particulièrement dans les pays ayant des accords commerciaux avec le Cameroun.

Au terme de cette analyse, les filières retenues couvrent une large palette de produits agricoles, industriels et de services : cacao, café, hévéa, coton, banane, bois, métallurgie (aluminium), produits chimiques (savons de ménage et autres), hydrocarbures, sidérurgie, services touristiques, poivre et noix de cajou.

DES FILIÈRES À FORT POTENTIEL D’EXPORTATION

Ces filières se distinguent par leur potentiel avéré sur les marchés internationaux. « Certaines, comme le cacao et le bois, bénéficient déjà d’une reconnaissance mondiale. En 2024, les exportations de cacao transformé devraient croître de 22,2 % entre 2025 et 2030 si la tendance actuelle de la production, estimée à +1,5 % par an, est portée à +5 % grâce à une montée en puissance des unités de transformation », prédit le gouvernement.

Le secteur de la banane connaît également un rebond encourageant. Après une période de crise, « la Cameroon Development Corporation (CDC) a exporté 31 643 tonnes en 2024, soit 15 % du volume total national, contre 8,4 % en 2021. Si l’État renforce son appui, la filière pourrait retrouver son niveau d’avant-crise, où la CDC produisait plus de 113 000 tonnes en 2016 », a souligné Pedie Strafort, conseiller technique n°4 au Minepat.

Dans l’industrie, « la sidérurgie prend de l’ampleur avec des projets à Kribi qui devraient entrer en production en 2027, tandis que l’aluminium camerounais maintient son rôle stratégique. Quant aux hydrocarbures, leur compétitivité dépendra de la réhabilitation de la SONARA et de la création d’industries dérivées comme une usine de production de bitume », rappelle-t-il.

Le poivre de Penja, dont l’Indication Géographique Protégée (IGP) assure une valeur ajoutée sur les marchés internationaux, bénéficie d’un prix avoisinant 10 000 dollars la tonne, un niveau comparable à celui du cacao, révèle le gouvernement. « Une meilleure structuration de cette filière pourrait en faire un moteur d’exportation », est convaincu l’économiste Strafort.

De son côté, l’anacarde fait l’objet d’une stratégie nationale 2025- 2029 pour tirer parti des conditions climatiques favorables dans l’Extrême-Nord, le Nord et l’Est, sur le modèle de la Côte d’Ivoire, leader mondial avec 1,225 million de tonnes produites en 2023.

OBSTACLES ET DÉFIS À SURMONTER

Malgré leur potentiel, ces filières font face à des défis majeurs. « L’environnement des affaires reste contraignant, avec un coût du crédit élevé et un accès limité au financement, notamment pour les PME exportatrices. Le manque de structures d’accompagnement et la lourdeur des procédures administratives aux frontières freinent également leur expansion », souligne le Minepat tout en précisant que « les infrastructures demeurent un frein, le réseau routier et ferroviaire est peu fiable, les coûts des facteurs de production sont toujours aussi élevés, la logistique persiste dans la déficience avec une quasi-absence d’unités de stockage et de conditionnement des produits frais, et les infrastructures TIC sont encore peu performantes ».

À cela s’ajoute un déficit au niveau de l’offre. Le même département ministériel cite notamment,  le vieillissement des producteurs et des vergers, l’enclavement des bassins de production, la faible mécanisation de certaines cultures et la difficulté d’accès à la main-d’œuvre qualifiée. A en croire ce dernier, l’exportation souffre également d’un manque d’adaptation aux normes internationales et d’une absence de veille commerciale efficace sur les marchés cibles.

DES OPPORTUNITÉS À SAISIR ET DES MENACES À ANTICIPER

Malgré ces défis, plusieurs opportunités s’offrent au Cameroun. « L’évolution favorable des cours mondiaux des matières premières, la proximité de grands marchés de consommation et la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ouvrent des perspectives intéressantes. Le développement en cours de zones industrielles à Kribi et Douala ainsi que l’actualisation des stratégies sectorielles (comme celles du coton et de l’anacarde) renforcent cette dynamique » énumère le ministère de l’Economie.

Il n’oublie pas de répertorier certaines menaces qui pèsent sur cette ambition. « Le changement climatique impacte les rendements agricoles, tandis que la montée du protectionnisme, notamment avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, pourrait affecter les échanges. À cela s’ajoutent les nouvelles exigences réglementaires de l’Union européenne, telles que la norme RDUE, qui entrera en vigueur le 30 décembre 2025, imposant des critères stricts aux exportations de produits agricoles ». La crise persistante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest compromet également la production de cultures clés comme le cacao et le café, tandis que l’insécurité dans certaines zones touristiques freine le développement de ce secteur.

UN PLAN D’ACTION POUR LEVER LES BARRIÈRES

Conscient de ces enjeux, le gouvernement met en place plusieurs mesures pour renforcer la compétitivité des filières exportatrices. Il prévoit d’investir «dans la formation et l’accompagnement des entreprises pour faciliter leur accès aux marchés internationaux, tout en professionnalisant les acteurs des filières stratégiques. L’adoption et la maîtrise des normes internationales sont également prioritaires, notamment pour lever les obstacles techniques imposés par les partenaires commerciaux ».

Sur le plan des infrastructures, « des investissements sont prévus pour moderniser le réseau de transport et la logistique, notamment avec la création de zones de stockage et de conditionnement adaptées aux produits frais ». Enfin, le gouvernement entend « stimuler le financement des filières prioritaires, en alignant les investissements sur les secteurs stratégiques et en développant des outils de gestion des risques liés au commerce international ».

Fintech : 24 000 milliards de FCFA de transactions mobile money en 2023

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photo générée par Mobile Money

Loin du déclin annoncé lors de l’instauration de la taxe sur les transferts d’argent (TTA) en 2022, le mobile money continue de s’imposer comme le principal canal de transactions financières au Cameroun. Selon le Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières du Cameroun publié en novembre 2024, l’activité de la monnaie électronique a enregistré une hausse de 24 % en 2023, atteignant une valeur totale de 18 381,6 milliards de FCFA contre 14 822,3 milliards de FCFA en 2022.

 Mieux encore, la valeur des transactions effectuées via le mobile money a bondi de 38,2 %, atteignant 24 331 milliards de FCFA. Cette croissance soutenue du mobile money témoigne de son enracinement dans les habitudes financières des Camerounais. Malgré la taxe de 0,2 % instaurée en 2022 sur les transferts et retraits d’argent, l’attrait pour ce mode de paiement n’a cessé de croître, reflétant un besoin croissant d’inclusion financière et de services accessibles pour une population majoritairement non bancarisée.

En outre, l’essor des services adossés à la monnaie électronique se confirme à l’échelle sous-régionale, porté par une dynamique particulièrement forte au Cameroun. Avec près de 25 millions de comptes de paiement enregistrés, le pays concentre à lui seul plus de 62 % des comptes actifs dans la CEMAC. Cette domination se reflète également dans le volume des transactions traitées par les prestataires de services de paiement, qui représente près des deux tiers de l’ensemble des échanges enregistrés dans la sous-région, en progression notable de 24 % par rapport à l’année précédente.

Le Mobile Money, fer de lance de cette transformation, connaît une accélération remarquable. D’après les données collectées auprès de la BEAC, le nombre de comptes recensés, tous opérateurs confondus, a bondi de 46,4 % en un an pour s’établir à plus de 24,2 millions. Toutefois, si l’adoption du service s’intensifie, l’activité des comptes connaît une légère érosion : le taux d’utilisation, qui mesure la proportion de comptes véritablement actifs, recule à 51,3 %, contre 64 % en 2022.

UNE ADOPTION CROISSANTE DU MOBILE MONEY

L’essor du mobile money au Cameroun n’est pas un phénomène isolé. D’après les résultats de la 5e Enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam 5), publiés en avril 2024 par l’Institut national de la statistique (INS), 42,7 % des Camerounais âgés de 15 ans et plus utilisaient le mobile money en 2022, contre 29,9 % en 2017. Une progression de 12,8 points en cinq ans, révélatrice d’une adoption massive des services financiers mobiles. Cette dynamique place le Cameroun en tête des pays de la zone Cemac en matière de transactions électroniques.

Selon la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), 96 % des transactions financières dans la sous-région ont été effectuées via le mobile money en 2022, soit 2,3 milliards d’opérations. Le Cameroun se distingue particulièrement, concentrant 71 % des transactions en volume (1,7 milliard d’opérations) et 55 % en valeur (59 003 milliards de FCFA), loin devant le Congo et le Gabon.

 UNE FISCALITÉ EN CONSTANTE ÉVOLUTION

Malgré son essor, le mobile money fait face à une fiscalité de plus en plus lourde. Après l’instauration de la TTA en 2022, la loi de finances 2025 a introduit un droit spécifique de 4 FCFA par transaction, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Ce prélèvement supplémentaire concerne non seulement les transactions via mobile money, mais aussi celles effectuées par les banques, établissements de crédit et de microfinance, jusque-là exonérés de la taxe proportionnelle. Par ailleurs, la loi de finances 2025 a relevé le taux de la TTA à 1 % pour les transactions liées aux jeux de hasard et de divertissement, en raison des flux financiers spécifiques à ce secteur. Ces nouvelles dispositions fiscales pourraient impacter le coût des transactions pour les usagers et influencer, à terme, l’évolution du marché.

Télécommunications: Camtel, entre ambitions stratégiques et souveraineté numérique

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Réuni le 30 décembre 2024 sous la présidence de Mohamadou Saoudi, le Conseil d’administration de Cameroon Telecommunications (Camtel) a adopté les orientations stratégiques de l’entreprise pour la période 2025-2027. Une trajectoire qui se veut résolument tournée vers l’innovation et la consolidation de sa place dans l’écosystème numérique national.

Dans cette optique, un budget de 326,3 milliards FCFA a été validé pour l’exercice 2025, marquant l’ambition de l’opérateur historique de moderniser ses infrastructures et de renforcer ses capacités opérationnelles. Mais au-delà des chiffres, ce projet budgétaire traduit une vision. Celle d’un acteur engagé pour la souveraineté numérique du Cameroun. Dans un contexte où les données sont devenues une ressource stratégique, Camtel se positionne comme un garant de leur sécurité et de leur exploitation dans le respect des intérêts nationaux.

Un opérateur en transformation

Pour accompagner cette dynamique, Camtel mise sur une optimisation de ses investissements et une diversification de ses services. L’extension de son réseau figure parmi ses priorités, avec des projets d’envergure visant à améliorer la couverture sur l’ensemble du territoire. Ces efforts s’inscrivent dans une volonté de sécurisation des infrastructures, souvent soumises à des contraintes externes pesant sur leur performance.

Les résultats financiers enregistrés ces dernières années confirment la pertinence de cette stratégie. En 2023, Camtel a affiché un bénéfice net de 11,2 milliards FCFA, en progression de 21,7 % par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires, quant à lui, a connu une hausse continue, passant de 108,8 milliards FCFA en 2018 à 207,4 milliards FCFA en 2023. Des performances qui permettent à l’opérateur de verser, pour la première fois de son histoire, un dividende de 4,65 milliards FCFA à l’État du Cameroun.

Un équilibre à préserver

Si ces indicateurs sont encourageants, ils ne doivent pas occulter certains défis structurels. L’endettement de Camtel, qui s’élevait à 648 milliards FCFA fin 2022, reste un sujet de préoccupation. Cette contrainte financière limite la capacité d’investissement et impose une gestion rigoureuse des ressources. Par ailleurs, la masse salariale, représentant plus du tiers de la valeur ajoutée de l’entreprise, nécessite une réflexion sur l’optimisation des charges pour garantir une rentabilité durable.

L’autre enjeu majeur c’est la qualité du réseau. Dans un environnement où l’exigence des utilisateurs ne cesse de croître, l’amélioration des services est un impératif. Malgré des investissements conséquents – 117 milliards FCFA en 2023 –, des défis subsistent, notamment dans la gestion des infrastructures stratégiques. La modernisation des équipements et le renforcement des capacités techniques seront donc au cœur des actions à venir.

Un acteur clé pour l’avenir numérique du Cameroun

Au-delà des considérations économiques, Camtel joue un rôle central dans l’édification d’un écosystème numérique souverain. Dans un monde où les flux d’informations sont au cœur des rapports de force, la capacité à préserver le contrôle des données constitue un enjeu fondamental. Camtel s’inscrit dans cette démarche, en veillant à ce que les infrastructures nationales demeurent au service des intérêts stratégiques du pays.

Loin de se cantonner à un rôle de simple fournisseur de services, l’opérateur se positionne comme un pilier de l’indépendance numérique du Cameroun. Grâce à une vision de long terme et à une gouvernance repensée, il entend poursuivre sa transformation tout en consolidant son rôle dans le paysage télécom national.

 BGFIBank fixe le cap pour 2025

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Introduction en bourse, risque de crédit, relation client… le groupe bancaire, leader de la zone Cemac vient de définir ses priorités pour 2025 à l’occasion de la convention des cadres dirigeants tenue à Douala.

Une stratégie a été pensée à l’issue de la onzième convention des cadres dirigeants du groupe BGFI Bank tenue du 29 au 31 Janvier 2025 sous la houlette d’Henri-Claude Oyima, Président-Directeur Général. Près de 120 professionnels du Groupe  se sont penchés sur diverses questions. Notamment le bilan de l’année 2024, les mécanismes de renforcement de la performance du groupe, l’approche par les risques, le Plan d’action en 2025 etc. En plus, des cadres dirigeants, les acteurs des filières commercial, engagements, trésorerie & ALM du Groupe BGFIBank étaient également réunis. L’accent  a donc été mis sur ces métiers porteurs de la productivité de l’entreprise, question selon Henri-Claude Oyima de «  renforcer l’efficacité opérationnelle  et de faire en sorte que les besoins des clients soient mis en avant ».  Il faut dire que le taux de sinistralité des crédits bancaires au Cameroun selon les données des acteurs du secteur  avoisinait 15% en 2022.
 L’une des grandes actions en 2025 sera l’introduction en bourse du Groupe. Son PDG l’avait déjà annoncé en décembre dernier, lors de la cérémonie d’inauguration du siège social de BGFIBank Cameroun.  «  BGFIBank s’apprête à franchir une étape stratégique de son histoire en procédant par l’introduction en bourse de sa société mère BGFIBank holding corporation auprès de la BVMAC par une offre publique spéciale en 2025 », avait indiqué Henri-Claude Oyima.
Cette rencontre des dirigeants du Groupe BGFI Bank se tenait dans un contexte où 2025, marque  la clôture du projet d’entreprise « Dynamique 2025 ».  Adopté par le groupe en septembre 2020, ce projet s’appuie sur 05 piliers stratégiques : renforcer la gouvernance, transformer le capital humain, garantir les ressources, maîtriser les risques et assurer le développement du Groupe. Les objectifs initialement fixés dans la mise en œuvre de ce projet ont été tous atteints, deux ans avant son terme.  BGFIHolding Corporation travaille depuis 50 ans auprès de la clientèle institutionnelle, des grandes entreprises, des particuliers haut de Gamme et PMEs/PMIs à fort potentiel.  Le groupe financier compte des sociétés spécialisées dans les métiers de la banque commerciale, la banque d’investissement, les services financiers spécialisés et les assurances. Il est présent dans 12 pays   d’Europe(France) en plus de l’Afrique centrale et de l’ouest ; notamment au Bénin,  en Côte d’Ivoire, au Gabon, Guinée Equatoriale, Madagascar, République Démocratique du
Congo, Sao Tomé et Principe.
réaction

 Henri Claude OYIMA, PDG BGFIBank
 « 2025 nous permettra de concevoir ensemble le plan 2026-2030« 
 «  Le Groupe BGFIBank est ici à Douala pour la deuxième fois consécutive afin de lancer les activités de l’année 2025. Et comme  il est de tradition dans notre Groupe, lorsque les organes délibérant de nos différentes entités ont décidé du budget de l’année,  je réunis tous les cadres dirigeants pour ordonner les outils, les mécanismes pour que  l’année se passe dans les bonnes conditions selon le budget arrêté ». Donc cette année l’objectif est de renforcer l’efficacité opérationnelle pour consolider les acquis. Par ce que 2025 c est la dernière année de notre projet d’entreprise dynamique 2025. Et c’est aussi  l’année qui nous permettra de concevoir ensemble le plan 2026 2030. Voilà pourquoi nous sommes au Cameroun. Le Cameroun est un pays très accueillant. Nous avons une équipe très dynamique ici. Nous avons inauguré notre siège et nous avons pensé que tous les collaborateurs voient ce que nous avons fait au Cameroun qui est un exemple dans le groupe BGFIBank. Ce que nous avons décidé  pour cette session d’amener des commerciaux, des équipes de trésorerie et des engagements. C’est par rapport aux objectifs de 2025. L’efficacité opérationnelle c’est d’abord le client. Nous avons mis le client en avant pour mieux l’accompagner,  mieux le servir. Nous avons décidé de faire en sorte que les besoins de nos clients, les financements de nos économies soient mis en avant. Et pour cela nous avons privilégié les commerciaux par ce que le risque de crédit est notre principal risque au niveau de notre métier de banquier. Quand on parle de commerciaux c’est tous ceux qui contribuent à la construction du produit net bancaire c’est à dire que les commerciaux, les engagements et la trésorerie qui apporte la ressource nécessaire pour accompagner cette belle aventure.  »

Secteur minier: L’Etat redoute un flop du fer camerounais sur les marchés internationaux

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image générée par l'intelligence artificielle

À la fin du mois de janvier, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry a dressé un état des lieux des projets miniers de fer en cours dans le pays. Parmi les plus importants figure l’exploitation du gisement transfrontalier de Mbalam-Nabeba, partagé entre le Cameroun et le Congo. La Cameroon Mining Company (CMC), en charge du volet camerounais, « a déjà sélectionné six transporteurs, dont deux entreprises locales, tandis que cent camions destinés au transport du minerai sont en route vers le pays. Par ailleurs, les travaux de bitumage de 40 kilomètres de route reliant Sangmélima, Ebolowa, Mengueme et Kribi avancent, en attendant la construction des voies ferrées nécessaires pour acheminer le minerai vers le Port Autonome de Kribi (PAK) », a révélé le membre du gouvernement.

Autre projet clé, celui de Bipindi-Grand Zambi, piloté par la société G-stones. « L’entreprise a récemment assemblé un concasseur principal d’une capacité de 1 000 tonnes par heure, en complément d’un concasseur mobile de 300 tonnes par heure déjà opérationnel », a indiqué le ministre. Avec un objectif de production de 6 millions de tonnes de minerai de fer à 30 %, enrichies en 2 millions de tonnes de concentré à 65 %, ce projet devrait voir ses premières exportations dès juin 2025, selon une annonce faite lors d’une visite du PAK sur le site en janvier dernier.

Quant au projet Kribi-Lobé, « la société chinoise Sinosteel a déjà reçu l’ensemble des autorisations requises, y compris le certificat de conformité environnementale. À ce jour, 60 % des équipements miniers et des infrastructures énergétiques (dont une centrale de 60 MW) sont en place, et l’arrivée des unités d’enrichissement est imminente » a déclaré Fuh Calistus Gentry. Avec des réserves prouvées de 632 millions de tonnes, Sinosteel prévoit une production annuelle de 10 millions de tonnes de minerai à 33 %, enrichies en 4 millions de tonnes de concentré à 65 %.

Enfin, des études avancées sur le gisement de Ngovayang ont permis d’estimer des ressources exploitables à 111,42 millions de tonnes. Ces chiffres, issus du rapport de la quatrième édition de la Convention internationale des mines et exposition du Cameroun (CIMEC) tenue en mai 2024, soulignent le potentiel minier du pays. Mais derrière ces perspectives prometteuses, des menaces pèsent sur la rentabilité de ces projets. C’est ce qu’a révélé le rapport gouvernemental sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières du Cameroun, publié en novembre 2024.

DES RISQUES MAJEURS SUR LA RENTABILITÉ DES PROJETS DE FER

Si la montée en puissance de l’industrie du fer au Cameroun est indéniable, elle intervient dans un contexte mondial particulièrement fragile. Le rapport évoqué supra, alerte sur plusieurs risques pesant sur l’écoulement du minerai. Le premier obstacle est la chute des cours du fer. Après un pic à 158,2 dollars la tonne en 2021, le prix du minerai est passé sous la barre des 100 dollars en 2024, atteignant son plus bas niveau en trois ans. Et la tendance ne semble pas près de s’inverser. Selon des projections du ministère des Finances et du Fonds monétaire international, le prix moyen devrait se stabiliser à 95,5 dollars en 2025, puis descendre à 90,6 dollars en 2027. « Cette baisse pourrait affecter directement la rentabilité des nouveaux projets camerounais, dont les modèles économiques reposaient sur des prévisions plus optimistes », souligne les deux institutions

D’après le gouvernement camerounais et le FMI, ce recul des prix s’explique en grande partie par la crise du secteur de la construction en Chine, premier consommateur mondial de fer. L’effondrement du géant immobilier Evergrande, placé en liquidation judiciaire en janvier 2024, avec une dette abyssale de 260 milliards d’euros, a entraîné dans sa chute tout le secteur de la construction en Chine, premier consommateur mondial de minerai de fer. « Pékin tente de stabiliser la situation, mais les sidérurgistes chinois peinent à absorber les chocs successifs. En plus d’un ralentissement de la demande, la surproduction d’acier en Chine accentue la pression sur les prix et réduit les marges des industriels, tandis que de nouvelles réglementations environnementales favorisent une production d’acier à faible empreinte carbone, moins gourmande en minerai de fer », peut-on lire dans le rapport susmentionné.

Le Cameroun, dont les projets miniers s’appuient largement sur des investisseurs chinois, pourrait subir de plein fouet ces turbulences, prédit Yaoundé. En effet, la Chine représentait plus de 70 % des importations mondiales de fer. Si l’appétit de l’Empire du Milieu diminue, la diversification des débouchés devient un impératif stratégique. Le Cameroun, en phase de lancement de sa production, arrive dans un contexte déjà saturé où les alternatives à la Chine restent limitées. Certes, d’autres pays comme le Japon (7,3 %), la Corée du Sud (4,9 %), l’Allemagne (2,8 %), Taïwan (1,7 %) et la France (1 %) – importent du fer, mais leurs volumes restent marginaux aux besoins chinois.

QUELLES ALTERNATIVES POUR SÉCURISER L’AVENIR DU SECTEUR ?

Toutefois, face à ces risques, le gouvernement camerounais explore plusieurs pistes pour sécuriser l’avenir de ses projets de fer. Il encourage les entreprises minières à investir dans des technologies d’enrichissement du minerai pour augmenter sa valeur ajoutée. Cette stratégie permettrait de compenser partiellement la baisse des cours mondiaux en produisant des concentrés de fer de haute qualité, plus demandés sur le marché international. Enfin, Yaoundé mise sur la construction d’infrastructures locales pour réduire les coûts de production et de transport. Le bitumage des routes et la construction de voies ferrées entre Kribi, Ebolowa et le Congo sont des étapes clés pour optimiser la logistique et rendre les projets plus compétitifs.

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