CAN 2021 : Insatisfaite des travaux, la CAF profère de nouvelles menaces

Selon l'instance faîtière du football continental, le Cameroun ne coopère pas assez et engage des initiatives solitaires, alors que les travaux du stade d’Olembe patinent, diminuant les chances de ce stade d’abriter le match d’ouverture.

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« Je suis navré de constater que malgré les nombreuses visites, notamment celle du Président et du Secrétaire général de la CAF et du vice-président de la CAF et les promesses qui ont suivi, les actes n’ont pas suivi ». A une semaine de la rétrocession des infrastructures sportives à la Confédération africaine de football (CAF), Veron Mosengo, son secrétaire général, est amer vis-à-vis du pays organisateur. Et c’est encore le stade d’Olembe qui courrouce l’homme qui a personnellement effectué plusieurs visites d’inspection au Cameroun. « Selon le rapport photos que vous trouverez en annexe 1 (état au 16.11.2021) l’état d’avancement des extérieurs du stade d’Olembé, dont la livraison est promise pour le 30 novembre 2021, semble sans progrès depuis ma dernière visite datant du 22 octobre », prend-il Narcisse Mouelle Kombi au dépourvu. Alors que la semaine dernière, le destinataire de la lettre qui n’est autre que le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), a multiplié des tournées à fort ramdam médiatique, pour annoncer de grandes avancées sur ce chantier à l’origine des ennuis du Cameroun sur le terrain de l’organisation de la CAN depuis 2019.

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Olembe toujours à la traîne, Bangou impraticable

Le président du Comité local d’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (COCAN) est presque sommé de poser trois actions en urgence : « partager avec nous un plan de travail de l’entreprise chargée des travaux, vous assurer que la clôture du périmètre extérieur sera installée avant le (10 décembre) et constituer une équipe responsable de la gestion du stade et nous en présenter l’organigramme ». L’homme écrit qu’«aucune des recommandations émises par l’équipe d’experts de la CAF lors de sa tournée du 3 au 15 octobre 2021 pour des travaux d’aménagement n’a été prise en compte selon nos informations ». Il est attendu de Yaoundé, « un plan pour combler tous ces manquements». Les pelouses préoccupent également Veron Mosengo : «le programme de maintenance des pelouses reste inconsistant à ce jour. Le site de Bangou est impraticable, même pour des entrainements, et les travaux sont inachevés (cf annexe 2) », démonte-t-il le tableau peint par la mission de « contre-expertise » à objectif communicationnel commise par le président Paul Biya, et qui comprenait une bonne brochette d’anciennes gloires du football et de consultants médias de renom. Mission d’une quinzaine de personnes, qui a vendu les infrastructures futuristes du Cameroun. Et qui n’a pas apprécié la réserve de Philipe Doucet de Canal + sur l’évolution des travaux du stade d’Olembe.

A propos des pelouses, « la CAF enverra cette semaine une équipe de maintenance pelouse professionnelle qui effectuera les travaux nécessaires », a annoncé le patron de l’administration de la CAF. Sans rassurer Yaoundé que le match d’ouverture se jouerait dans ce joyau architectural qui fait office de tête de gondole dans la multitude d’ouvrages que le pays de Paul Biya a bâties ces dernières années, en perspective de cette CAN initialement prévue en 2019, mais qui a « glissé » sur 2021, et qui continue de patauger dans la boue des retards. De toutes les façons, « s’agissant du stade d’Olembe, sachez que si tout n’est pas réglé d’ici au 30 novembre 2021, le match d’ouverture aura lieu ailleurs. Des dispositions sont d’ores et déjà été prises dans ce sens, mais ce serait malheureux pour le Comité d’Organisation, pour la CAF et pour le Cameroun », menace-t-il dans une lettre adressée au président du COCAN 2021, depuis le 17 novembre, qu’elle a rendue publique ce soir sur son site internet.

Recrutement unilatéral des volontaires

A en croire la CAF, le Cameroun traîne le pas sur plusieurs autres aspects : en bonnes places, les volets marketing et sanitaires. Pour le premier point, la CAF dénonce « l’utilisation inappropriée du logo officiel du tournoi, de la mascotte officielle et du nom Officiel du tournoi », en relevant une « impression de faible qualité, association graphique, non-respect de la charte graphique… etc ». Alors « nous tenons à vous rappeler votre engagement à ne réaliser ou autoriser aucune utilisation du logo de la CAN 2021 avant validation écrite par la CAF du projet d’utilisation concernée ». A charge pour son équipe marketing de tout valider au préalable. En ce qui concerne le volet sanitaire, « nous sommes toujours dans l’attente d’un courrier des autorités sanitaires du pays nous indiquant les conditions posées par l’état camerounais à l’accueil de spectateurs au stade dans le cadre de la lutte contre la pandémie COVID-19 », regrette Veron Mosengo. Tout comme les facilités douanières que le pays organisateur envisage de prendre au bénéfice de la CAF, ses prestataires et sponsors. Sur ce plan, Yaoundé avait jusqu’au 20 novembre pour s’exécuter. Non sans dénoncer le recrutement unilatéral par le Cameroun, de volontaires, alors que « nos équipes ont travaillé ensemble afin de lancer un formulaire d’enregistrement des bénévoles au niveau national et international accompagné d’une campagne de communication pour célébrer ce volet important du tournoi», fait-il observer à Mouelle Kombi.

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