lundi, mai 18, 2026
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Bertoua : 11 milliards FCFA pour lancer la zone économique spéciale bois

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Longtemps resté en suspens, le projet de création d’une zone économique spéciale dans la capitale régionale de l’Est semble ainsi relancé. Yaoundé a en effet obtenu de la Banque mondiale un financement destiné à soutenir l’opérationnalisation de cette initiative. L’information a été révélée au cours d’une audience tenue le 14 avril 2026 au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), au cours de laquelle le ministre par intérim, Fuh Calistus Gentry, a échangé avec une délégation de l’institution de Bretton Woods.

Selon le Minmidt, « le conseil d’administration de la Banque mondiale, réuni le 31 mars 2026, a approuvé le financement du projet “économie forestière”, avec une enveloppe de plus de 11 milliards de FCFA destinée au développement de la zone économique spéciale bois de Bertoua ».

 Ce financement s’inscrit dans un dispositif plus large visant à transformer les économies forestières en Afrique centrale, en articulant exploitation, transformation locale et accompagnement des acteurs de la filière. Dans un communiqué publié le 31 mars 2026, la Banque mondiale indique qu’elle mobilisera environ 238 milliards de FCFA pour une première phase couvrant le Cameroun, la République centrafricaine et le Congo, sur un programme global estimé à près de 615 milliards de FCFA. Sans détailler la répartition exacte entre les pays bénéficiaires, les autorités camerounaises indiquent avoir obtenu une première allocation de plus de 11 milliards de FCFA pour la ZES bois de Bertoua.

Le projet vise la structuration d’un pôle industriel capable d’accueillir des unités de transformation avancée du bois. L’objectif est notamment de développer des activités de transformation de deuxième et troisième niveaux, telles que la production de bois d’ingénierie, d’assemblages, de contreplaqués ou encore de meubles. À ce jour, le Cameroun n’exporte que 36 % de sa production de bois sous forme transformée, contre 64 % sous forme de grumes. L’idée d’une zone industrielle spécialisée dans le bois à Bertoua n’est toutefois pas nouvelle.

 Elle remonte à 2019, avec un décret présidentiel fixant les modalités de création et de gestion des zones économiques spéciales au Cameroun. En 2021, Bertoua figurait parmi les quatre sites présélectionnés, aux côtés d’Edéa, Douala et Kribi. Ce choix s’expliquait notamment par la proximité de la ville avec la ligne de chemin de fer à Bélabo, le barrage hydroélectrique de Lom-Pangar, le vaste massif forestier de la région, ainsi que sa position stratégique sur les corridors Douala-Bangui et Douala-N’Djamena.

Le projet est piloté par le Minmidt, en collaboration avec la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi), avec l’appui de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA) et des Communes et villes unies du Cameroun (CVUC). Des travaux préparatoires ont déjà été engagés. Le 12 juillet 2024, un appel d’offres restreint a été lancé pour sélectionner un prestataire chargé de réaliser l’étude de faisabilité du parc industriel bois. Trois entreprises — Ets Cosmos Engineering, Cresi Sarl et Polygone Sarl — ont été présélectionnées.

Le cabinet retenu disposait de trois mois pour conduire ces études, pour un budget de 50 millions de FCFA. Selon des sources proches du dossier, ces travaux ont permis de définir les contours techniques du projet et d’identifier les besoins en infrastructures. Au-delà de la production industrielle, le programme soutenu par la Banque mondiale prévoit également un renforcement de la gouvernance forestière, avec un objectif d’augmentation de 15 % de la part de bois transformé légalement. Il intègre aussi des objectifs environnementaux, notamment une réduction annuelle estimée à 17,6 millions de tonnes équivalent CO₂. Par ailleurs, plus de 500 PME devraient bénéficier d’un accompagnement financier et technique. Le programme met également l’accen

Renaprov Finance lève 1,1 milliard FCFA pour la première phase de son introduction en bourse

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L’établissement de microfinance Renaprov Finance a mobilisé 1,1 milliard de FCFA à l’issue de la première séquence de son appel public à l’épargne, selon des informations issues d’un communiqué diffusé par son arrangeur, Afriland Bourse & Investissement.

Ce montant correspond aux souscriptions enregistrées entre décembre 2025 et mars 2026 dans le cadre de son opération d’introduction à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). « L’intégralité des titres souscrits lors de cette étape fera l’objet d’une admission officielle à la cote de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale, offrant ainsi aux premiers actionnaires la liquidité et la transparence garanties par le marché financier régional », souligne Afriland dans son communiqué.

Portée par un intérêt croissant des investisseurs au fil des dernières semaines, l’opération a enregistré une dynamique jugée positive. Afin de répondre aux nombreuses intentions de souscription restées insatisfaites en fin de période, Renaprov Finance a décidé, en concertation avec les autorités de régulation, d’ouvrir une ultime fenêtre de souscription de 30 jours, du 15 avril au 15 mai 2026.

« Face à un engouement exceptionnel et pour répondre aux intentions de souscription massives enregistrées en fin de période, une seconde et dernière fenêtre de 30 jours est ouverte. Elle constitue l’ultime opportunité de devenir actionnaire au prix préférentiel de 21 000 FCFA l’action. Cette phase de clôture s’adresse à quatre segments clés : les investisseurs institutionnels, le grand public, la diaspora, ainsi que les clients et les employés », précise le communiqué. La direction générale de l’établissement abonde dans le même sens : « Nous saluons la confiance des premiers investisseurs qui ont apporté 1,1 milliard de FCFA. Sur le socle de notre transformation ainsi posé, nous ouvrons cette dernière fenêtre pour transformer l’essai et bâtir, ensemble, l’avenir. »

 UN FINANCEMENT ORIENTÉ VERS LE CRÉDIT

Les ressources attendues de cette levée de fonds devraient être principalement orientées vers le financement de l’activité de crédit, cœur du modèle économique de l’établissement. Selon les éléments communiqués par les équipes de placement et confirmés par des sources proches du dossier, ces apports permettront de renforcer les fonds propres afin d’accompagner la montée en puissance du portefeuille et de soutenir la rentabilité.

Dans sa configuration globale, l’opération repose sur l’émission de 400 000 actions nouvelles dématérialisées, accessibles aux investisseurs de la zone CEMAC. La centralisation est assurée par Afriland Bourse & Investissement, chef de file d’un syndicat composé de BEM Securities, FedHen Capital, Horus Capital et Contacter Capital. Le prix de souscription, fixé à 21 000 FCFA, résulte d’une valorisation fondée sur plusieurs méthodes d’évaluation, ajustée par une décote limitée afin de préserver l’attractivité de l’offre. En cas de déséquilibre entre l’offre et la demande, des mécanismes d’ajustement sont prévus, allant de l’augmentation de l’enveloppe à une réduction proportionnelle des allocations.

 UNE TRAJECTOIRE ANCRÉE DANS LA MICROFINANCE

Créée en 1996, Renaprov Finance s’est progressivement structurée autour du financement des acteurs du secteur informel. L’établissement, qui dispose aujourd’hui de 28 agences, collecte l’épargne et distribue des crédits à une clientèle composée de commerçants, d’artisans et de petites entreprises. Son capital demeure majoritairement détenu par son fondateur, Emmanuel Noël Bissai, qui contrôle plus de 80 % des parts, aux côtés d’un noyau restreint d’actionnaires.

 Sur le plan financier, l’institution affiche une progression globale de ses performances au cours des dernières années, malgré un léger repli récent. Elle a ainsi enregistré un bénéfice net de 605 millions de FCFA en 2023, puis de 528 millions en 2024, dans un contexte marqué par une politique de distribution de dividendes suivie d’un renforcement des réserves.

Les fonds propres ont atteint près de 5,9 milliards de FCFA en 2025, soutenus notamment par des apports en numéraire et l’accumulation de résultats non distribués. Dans ce contexte, l’introduction en bourse en cours vise à élargir davantage cette base financière tout en ouvrant le capital à de nouveaux investisseurs, alors que les établissements de microfinance cherchent à diversifier leurs sources de financement au-delà des circuits traditionnels

La SNH a versé 385 milliards de FCFA au Trésor public à fin octobre 2025

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Au 31 octobre 2025, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) demeure une source substantielle de recettes pour le Trésor public au titre de ses activités pétrolières et gazières. Selon SNH Infos, le magazine d’information de l’entreprise, « la SNH a injecté 385,160 milliards de FCFA au Trésor public ». Ce niveau de transfert marque toutefois un recul en glissement annuel. À la même date en 2024, les versements atteignaient 440,350 milliards de FCFA.

L’écart s’élève ainsi à 55,190 milliards de FCFA, soit une baisse de 12,53 %. Au-delà de ces transferts directs, l’entreprise continue également de contribuer aux finances publiques à travers d’autres canaux fiscaux. D’après la même source, « à ces transferts s’ajoutent un dividende de 20,040 milliards de FCFA, 16,515 milliards de FCFA d’impôt sur les sociétés et 8,033 milliards de FCFA de divers autres impôts » à fin octobre 2025.

Cependant, ces contributions annexes sont elles aussi orientées à la baisse. À fin octobre 2024, la SNH avait versé un dividende de 25 milliards de FCFA, 22,855 milliards de FCFA au titre de l’impôt sur les sociétés et 8,391 milliards de FCFA d’autres taxes. En comparaison, les dividendes reculent de 4,96 milliards de FCFA, tandis que les recettes issues de l’impôt sur les sociétés diminuent de 6,34 milliards de FCFA.

Cette contraction intervient après une dynamique particulièrement soutenue observée en 2024. Selon SNH Infos, les transferts cumulés avaient fortement progressé entre fin juin et fin octobre 2024, passant de 265,316 milliards à 440,350 milliards de FCFA, soit une hausse de 175,034 milliards de FCFA (+65,96 %) sur cette période. Sur le plan opérationnel, la production nationale d’hydrocarbures s’établit à 29,083 millions de barils équivalent pétrole au 31 octobre 2025

Cyrus Ngo’o et Patrice Melom parmi les figures influentes de l’économie bleue africaine en 2025

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La liste des 50 personnalités qui influencent l’économie bleue en Afrique pour l’année 2025, publiée par le groupe de presse pentalingue MaritimAfrica, met sous les projecteurs deux responsables camerounais. Selon l’éditeur, cette sélection repose sur un processus combinant les analyses de l’équipe éditoriale et les contributions d’un réseau de professionnels du secteur maritime à l’échelle du continent. Cyrus Ngo’o, directeur général du Port autonome de Douala (PAD), et Patrice Melom, son homologue du Port autonome de Kribi (PAK), figurent ainsi parmi les acteurs retenus.

Au-delà de cette distinction commune, les deux dirigeants partagent une même ambition : transformer en profondeur les plateformes portuaires qu’ils pilotent. D’un côté, Douala, principale interface maritime du pays, caractérisée par une activité quasi ininterrompue ; de l’autre, Kribi, port en eau profonde mis en service en 2018, appelé à s’imposer comme un hub régional de premier plan. LA RÉGIE, LEVIER DE

SOUVERAINETÉ OPÉRATIONNELLE À DOUALA

 Administrateur civil de formation, diplômé de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), Cyrus Ngo’o prend la tête du PAD en 2016, dans un contexte marqué par des délais d’attente excessifs et une forte dépendance vis-à-vis d’opérateurs privés. Dès 2017, il engage une réforme structurelle en instaurant des régies autonomes destinées à reprendre le contrôle d’activités stratégiques. Le terminal à conteneurs, le dragage, le remorquage et la gestion immobilière passent progressivement sous gestion publique directe.

Cette réorganisation produit des résultats tangibles. La régie de dragage permet notamment l’enlèvement de vingt-cinq épaves historiques et l’assainissement durable du chenal d’accès. La régie de remorquage (RDR) illustre encore davantage cette dynamique. Entre 2021 et 2025, elle génère un chiffre d’affaires de 7,263 milliards de FCFA, soit plus du double des 3,389 milliards de FCFA réalisés par l’ancien concessionnaire sur dix-sept années d’activité.

 Parallèlement, plus de 44 milliards de FCFA sont investis entre 2020 et 2024 pour moderniser les équipements et accélérer la digitalisation des opérations portuaires. Dans cette trajectoire, le projet d’extension du terminal à conteneurs vise une capacité d’un million d’EVP à l’horizon 2030. À cela s’ajoutent le développement d’un terminal vraquier d’un coût estimé à 280 milliards de FCFA et la mise en place d’une zone industrialo-portuaire de 517 hectares à Dibamba.

 KRIBI, DE L’INFRASTRUCTURE AU HUB MONDIAL

À Kribi, la dynamique est tout aussi structurante. Patrice Melom, ingénieur statisticien-économiste, dirige le PAK depuis sa création et accompagne sa montée en puissance. Sous son impulsion, le port s’impose progressivement comme un pilier des recettes publiques, devenant le deuxième contributeur national en matière de recettes douanières. Celles-ci passent de 2 milliards de FCFA en 2017 à près de 300 milliards en 2024, puis entre 335 et 350 milliards de FCFA en 2025, soit environ 29 % des recettes nationales.

Depuis le démarrage des opérations en 2018, le port a ainsi généré plus de 1 228 milliards de FCFA de recettes cumulées. L’année 2025 constitue un tournant avec la mise en service de la phase II d’extension, qui permet de tripler les capacités du port. Le linéaire de quai dépasse désormais 1 300 mètres, avec une capacité visée comprise entre 1 et 1,2 million d’EVP par an. L’accueil du méga porte-conteneurs MSC Türkiye marque symboliquement l’entrée de Kribi dans la catégorie des grands ports mondiaux.

Sur le plan opérationnel, l’activité connaît une forte accélération : 559 navires sont accueillis en 2025, contre 412 l’année précédente, tandis que le trafic atteint 555 000 EVP, en hausse de plus de 80 % sur un an. Au-delà de l’infrastructure portuaire, Patrice Melom pilote également la Kribi Port Industrial Zone (KPIZ), un espace de 4 000 hectares destiné à générer jusqu’à 150 000 emplois. Il supervise en outre le développement d’un terminal minéralier stratégique pour le secteur extractif, renforçant ainsi l’intégration entre activités portuaires et industrielles.

ATONFACK, TROISIÈME FIGURE CAMEROUNAISE DISTINGUÉE

Le palmarès 2025 de MaritimAfrica ne se limite pas aux deux directeurs généraux. Une troisième personnalité camerounaise y figure : Cyrille Serge Atonfack Guemo, capitaine de vaisseau et conseiller technique au ministère de la Défense. Juriste spécialisé en droit de la mer, il est également chef de la division communication du ministère et porte-parole des forces armées.

À ce titre, il joue un rôle central dans la conception et la mise en œuvre de la stratégie maritime nationale, ainsi que dans le pilotage de l’action de l’État en mer et le renforcement de la coopération interministérielle.

À l’échelle régionale, il est considéré comme un acteur clé de l’Architecture de Yaoundé pour la sécurité et la sûreté maritimes dans le golfe de Guinée, dont il a assuré le suivi opérationnel. Point focal national de la stratégie africaine intégrée pour les mers et les océans à l’horizon 2050, son engagement lui a valu plusieurs distinctions, dont celle de chevalier dans l’ordre du Mérite maritime de la République française.

Visite papale : Léon XIV ouvre la voie de la rupture avec Paul Biya

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« Je viens parmi vous en tant que pasteur et serviteur du dialogue, de la fraternité et de la paix. Ma visite exprime l’affection du Successeur de Pierre pour tous les Camerounais, ainsi que le désir d’encourager chacun à poursuivre, avec enthousiasme et persévérance, la construction du bien commun ». Léon XIV l’a déclaré dès l’entame de son discours au Palais de l’Unité à Yaoundé. Peignant « une époque où la résignation se répand et où un sentiment d’impuissance tend à paralyser le renouveau que les peuples ressentent profondément. Que de faim et soif de justice ! Que de soif de participation, de visions, de choix courageux et de paix ! ». Prêchant dans un pays qui sied bien à ce monde qu’il décrit. Empêtré dans une guerre contre la secte terroriste Boko Haram depuis 2014 dans la région de l’Extrême-Nord, et en proie à une crise séparatiste que lui ont imposée des combattants sécessionnistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le régime de Yaoundé s’est évertué à créer un autre front : des crises post-électorales. Les élections présidentielles de 2018 et 2025 ont fait le lit d’un tissu social plus que jamais déchiqueté, avec des morts par dizaines, des arrestations par centaines, voire milliers, des exils d’opposants, et une exacerbation du tribalisme et des discours haineux.

Face à ces différentes situations, si Yaoundé ne cesse d’appeler au dialogue, offrant la possibilité aux combattants de déposer les armes contre une réinsertion sociale, il n’a jamais abandonné le bâton qu’il privilégie à la carotte. Pour le pape Léon XIV, « la paix, en effet, ne se décrète pas : elle s’accueille et se vit». Et d’enfoncer : « Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de domination, mais par devoir de subvenir aux besoins ; non par orgueil pour s’imposer, mais par compassion pour protéger », a-t-il souligné, empruntant chez Saint Augustin. Une parole vieille de 1600 ans qui trouve encore tout son écho au Cameroun, à ses yeux.

Gouvernance

Le 267ème successeur de Saint Pierre ne s’est pas arrêté là. Le souverain pontife s’est attaqué à la gouvernance, s’érigeant en apôtre du domaine : « les hautes fonctions que vous assumez exigent un double témoignage. Le premier témoignage se concrétise dans la collaboration entre les différents organes et niveaux administratifs de l’État au service du peuple, et en particulier des plus pauvres ; le second témoignage se réalise en unissant vos responsabilités institutionnelles et professionnelles à une conduite de vie intègre». Reprenant un discours tenu à l’intention des préfets de la République d’Italie en février, et qui semble être taillé pour le Cameroun. Avant d’enfoncer le couteau dans une plaie que le Cameroun connaît le mieux que de nombreux pas du monde, selon les rapports et classements de Transparency international : « Pour que la paix et la justice s’affirment, il faut en effet briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité. Il faut libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie», a-t-il souligné.

De façon plus globale, le successeur de François déclare que « le véritable gain c’est le développement humain intégral, c’est-à-dire la croissance équilibrée de tous les aspects qui font de la vie sur cette terre une bénédiction ». A cet effet, « le Cameroun dispose des ressources humaines, culturelles et spirituelles nécessaires pour surmonter les épreuves et les conflits, et avancer vers un avenir de stabilité et de prospérité partagée. Il faut que l’engagement commun en faveur du dialogue, de la justice et du développement intégral transforme les blessures du passé en sources de renouveau», a-t-il prêché.

Cessez-le-feu au Noso

C’est un discours que l’on n’a pas encore entendu d’un dirigeant du Vatican. De Jean Paul II venu deux fois, à l’actuel locataire de la Cité du Vatican, il y a eu Benoît XVI, et les mots n’ont pas eu autant de force. Le contexte aidant, Léon XVI qui a eu le bonheur de faire cesser les armes « ambazoniennes » pour trois jours, durée de son séjour au pays de Paul Biya, n’avait pas d’autre choix que de jouer le rôle d’apôtre de la paix qui lui colle à la peau depuis ses débuts dans le sacerdoce. Et pour mieux faire passer son message, l’homme a tenu un discours pour le moins de vérité. « Le Cameroun garde en mémoire les visites de mes Prédécesseurs : celle de saint Jean-Paul II [deux], messager d’espérance pour tous les peuples d’Afrique ; et celle de Benoît XVI [seize], qui souligna l’importance de la réconciliation, de la justice et de la paix, ainsi que la responsabilité morale des gouvernants. Je sais que ces moments ont marqué votre histoire nationale, telles des exhortations exigeantes à l’esprit de service, à l’unité et à la justice. Nous pouvons donc nous interroger : où en sommes-nous ? Comment la Parole qui nous a été annoncée a-t-elle porté ses fruits ? Et que reste-t-il à faire ?», a-t-il demandé à l’assistance constituée des corps constitués nationaux, du corps diplomatique et de la société civile. Seul Paul Biya qui a eu le privilège d’accueillir tous ces papes, et qui tient le gouvernail du Cameroun depuis 44 ans, pourra lui répondre.   

Minim Martap : livraison de locomotives et montée au capital de Camrail attendues au 2e trimestre

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Alors que les premiers essais d’extraction débutent ce mois-ci, Canyon Resources concentre ses efforts sur trois fronts stratégiques. La compagnie australienne attend, au cours de ce deuxième trimestre, l’arrivée de ses premières locomotives en provenance de Chine, souhaite finaliser son entrée au capital de Camrail et boucle parallèlement une étude pour la mise en place d’une unité de transformation locale.

Le deuxième trimestre 2026 concentre ainsi une série d’échéances majeures pour le projet de bauxite de Minim Martap, situé dans la région de l’Adamaoua. D’après les éléments communiqués par Canyon Resources dans un communiqué publié le 14 avril 2026, la société entend sécuriser, sur cette période, les maillons critiques de sa chaîne logistique, à commencer par la réception des locomotives destinées à l’évacuation du minerai vers le port de Douala.

L’entreprise précise que « les sept premières locomotives commandées auprès du constructeur chinois CRRC Ziyang ont été expédiées de Chine fin mars et devraient arriver au port de Douala vers la fin du deuxième trimestre 2026 ». Un calendrier toutefois ajusté après des modifications dans les délais de livraison. En conséquence, Canyon a revu son séquencement opérationnel : une première expédition test de bauxite est désormais programmée au troisième trimestre, afin de permettre une montée en puissance progressive avant un passage à pleine capacité au quatrième trimestre.

Au-delà de la logistique immédiate, l’autre dossier majeur du trimestre concerne la participation de Canyon dans Camrail. Détenant actuellement 9,1 % du capital, la société australienne négocie une augmentation de sa participation à plus de 20 %, une opération qui pourrait être finalisée au cours de ce trimestre.

Ce renforcement vise à peser davantage dans le projet de modernisation ferroviaire PQ2 dans lequel Camrail prend une part active. Ce programme, financé notamment par l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement, porte sur la rénovation des corridors Douala–Yaoundé et Bélabo–Ngaoundéré, avec un démarrage des travaux annoncé pour 2027. Il ambitionne d’améliorer la fluidité du trafic, de renforcer la sécurité et de soutenir l’intégration régionale.

Pour Canyon, l’enjeu est de sécuriser et optimiser le transport du minerai depuis l’Adamaoua jusqu’au port de Douala. La direction souligne que « cette montée au capital permettrait de jouer un rôle accru dans le projet PQ2 et de renforcer la fiabilité de la chaîne logistique mine-port », établissant ainsi un lien direct entre gouvernance ferroviaire et performance industrielle.

Une raffinerie pour capter davantage de valeur

Parallèlement aux enjeux logistiques et ferroviaires, Canyon Resources avance sur un projet industriel de long terme. L’étude de faisabilité relative à la construction d’une raffinerie d’alumine progresse conformément au calendrier et devrait être finalisée au troisième trimestre 2026.

L’ambition est de transformer localement la bauxite plutôt que de l’exporter brute, et positionner l’entreprise comme un acteur intégré de la chaîne de valeur mondiale de l’aluminium. Canyon met en avant plusieurs atouts, notamment la qualité du gisement de Minim Martap, caractérisé par une teneur d’environ 51 % en alumine et près de 2 % en silice. Cette faible teneur en silice constitue un avantage compétitif, en réduisant les coûts de traitement et en améliorant la rentabilité potentielle d’une future raffinerie.

Un financement sécurisé sans levée de fonds supplémentaire

Ce trimestre charnière intervient dans un contexte financier récemment clarifié. Début mars 2026, lors d’une assemblée générale extraordinaire, les actionnaires ont rejeté la seconde tranche d’un financement estimé à près de 69 milliards FCFA, impliquant notamment Afriland Bourse & Investissement et Eagle Eye Asset Holdings.

Malgré ce rejet, la direction assure que l’avancement du projet n’est pas compromis. Le directeur général, Peter Secker, indique que « des modélisations financières actualisées ont confirmé que les fonds de cette tranche 2 ne sont pas nécessaires pour financer le reste de la phase 1 ».

Selon les données communiquées, la trésorerie actuelle, combinée à la part non tirée d’une facilité de dette de 140 millions de dollars (environ 84 milliards FCFA) accordée par AFG Bank Cameroon, permet de couvrir l’ensemble des investissements de la phase 1, estimés à 97 millions de dollars (environ 58,2 milliards FCFA), jusqu’à la première expédition.

Dans le détail, Canyon disposerait d’environ 43 millions de dollars de liquidités (près de 25,8 milliards FCFA), auxquels s’ajoutent environ 95 millions de dollars encore mobilisables sur la ligne de crédit (soit près de 57 milliards FCFA). Une structure financière qui conforte la capacité du groupe à atteindre son premier jalon commercial sans recours à de nouveaux capitaux.

Sur le plan commercial, la compagnie indique être en discussions avec plusieurs partenaires potentiels pour des contrats d’enlèvement. Toutefois, elle privilégie une approche progressive : la finalisation de ces accords interviendra après les premières expéditions, « afin de démontrer concrètement la qualité du minerai » , souligne Canyon Resources dans son communiqué.

Après 2022 et 2024, Afriland First Bank partenaire majeur de Promote 2026

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« Entreprises privées et environnement des affaires : quels repères face aux défis économiques nationaux et internationaux ». C’est le thème retenu pour l’édition 2026 du Salon international de l’entreprise, de la PME et du partenariat de Yaoundé (Promote), qui se tiendra du 12 au 21 juin 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Après les éditions 2022 et 2024, Afriland First Bank sera une fois de plus le partenaire majeur de Promote 2026. Et pour cette 10e édition du salon Promote, qui se veut spéciale, car célébrant les 40 ans d’existence d’Afriland First Bank et 25 ans pour la Fondation Inter-Progress, d’organisateur mandaté du salon Promote, Afriland First Bank, comme l’a révélé son Administrateur directeur général, Célestin Guela Simo, lors de la signature de cette convention avec la Fondation InterProgress, s’engage à financer intégralement la participation de 40 PME, en écho à ses 40 ans d’existence.

 Aussi, Afriland First Bank propose une décote de 30 à 35% sur le coût de participation pour toutes les entreprises en relation avec elle., Tout comme la First Bank va proposer un accompagnement complet de ses clients exposants, notamment en conseils, mise en réseaux et visibilité pour faire de Promote, un véritable accélérateur de croissance.

Ces engagements, selon l’Administrateur directeur général d’Afriland First Bank, Célestin Guela Simo, « traduisent notre volonté de démocratiser l’accès à cet espace d’opportunités, de donner à chaque entrepreneur, les moyens de se montrer, de se connecter, de se développer. A travers ce partenariat renouvelé, Afriland First Bank réaffirme avec force sa foi dans l’économie africaine et dans les femmes et hommes qui la font avancer chaque jour ».

Avant d’ajouter que « nous croyons profondément que la force d’une économie réside dans la capacité de ses acteurs publics et privés à créer des synergies fertiles durables et tournées vers l’avenir. C’est dans cet esprit que nous avançons, guidés par nos valeurs fondatrices, notamment, l’entrepreneuriat africain comme moteur du développement du continent ; la proximité avec nos clients, nos communautés, nos territoires, l’innovation au service de l’inclusion financière ; la résilience et la solidarité comme fondements de l’action collective ; la souveraineté africaine comme horizon de notre vision ».

 PLUS DE 1200 MILLIARDS FCFA DE CRÉDITS AUX ENTREPRISES PRIVÉES

C’est fort de ces valeurs qu’Afriland First Bank, leader du marché bancaire camerounais, peut revendiquer aujourd’hui, un certain nombre de résultats tangibles et vérifiables, vante-t-on. C’est le cas avec plus de 1200 milliards de FCFA de crédits aux entreprises privées (grandes, moyennes et petites) au cours de l’année 2025, pour des encours de 1667 milliards de FCFA ; 20 333 milliards de FCFA de dépôts collectés en 2025, pour des encours de 1950 milliards de FCFA de mobilisation de l’épargne orientée vers l’accompagnement de l’entreprise ; 2 550 milliards de FCFA de total bilan en 2025.

Mais également, pour une présence au plus près des entreprises, y compris en zone rurale, 100 agences présentes sur le territoire camerounais. L’on n’oublie pas une vocation panafricaine, avec une présence dans 10 pays africains. En renouvelant sa confiance à Afriland First Bank comme partenaire majeur de Promote, la Fondation Inter-Progress, par la voix de Pierre Zumbach, Haut-Conseiller attaché à la présidence de la Fondation internationale Inter-Progress, reconnait que « Afriland First Bank contribue de façon exemplaire à réussir le tournant qui se prend dès lors pour améliorer l’utilité et l’attractivité d’un salon des affaires comme Promote, reconnu comme lieu de rencontres stratégiques pour booster les affaires, les entreprises et l’économie camerounaise, en rappelant que l’entreprise est le cœur où se fabrique la richesse ».

Pour Pierre Zumbach, l’utilité de salon Promote « est reconnue à la fois pour les entreprises qui créent la richesse dans l’économie nationale et au-delà, avec en ligne de mire, l’émergence économique du continent africain et son positionnement parmi les grands qui façonnent et façonneront demain, dans la concurrence régulée, l’économie mondiale ».

1500 ENTREPRISES ATTENDUES À PROMOTE 2026

Pendant 9 jours, le salon Promote, annonce-t-on, sera une plateforme d’échanges pointus, où seront mis en lumière les secteurs clés de l’économie au travers des thématiques spécialisées. Y sont attendus 1500 entreprises, 200 000 visiteurs et 40 pays représentés. Promote, c’est un gisement de contacts et d’informations qui, à travers des espaces d’exposition ; des rencontres professionnelles ; les conférences-débats ; les animations économiques et culturelles, permet d « élaborer des stratégies utiles pour le développement des entreprises, tout d’abord au Cameroun, en Afrique centrale, pour le continent et au-delà.

Promote 2026, précise-t-on, offrira un regroupement par filières thématiques. Notamment, agriculture et agro-industrie ; énergie, industrie et mines ; transport, infrastructures et BTP ; santé ; finance, microfinance, assurances ; artisanat et métiers manuels ; tourisme, loisirs ; communication et télécommunications, médias, commerce. Les acteurs d’un même secteur, liés soit par leur appartenance géographique ou par leur domaine d’activité, précise-t-on, pourront prendre part à des rencontres sous diverses formes, échanger leurs expériences et les contraintes liées à leurs activités, ainsi que les besoins rencontrés dans leur environnement dans le but de tisser ou amorcer des partenariats d’affaires pour le développement de leurs entreprises et celui de leurs secteurs d’activités.

Visite apostolique : Léon XIV interpelle les autorités sur la corruption et la gouvernance

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Le 15 avril, la pluie avait arrosé Yaoundé quelques heures plus tôt lorsque l’avion d’ITA Airways s’est posé à l’aéroport international de Nsimalen. Le souverain pontife venait d’Alger, où il avait séjourné 48 heures, sur les traces de saint Augustin, son père spirituel. Le vol avait parcouru 4 014 km en 5h10, apprend-on. Sur le tarmac, le Premier ministre Joseph Dion Ngute, représentant le président de la République, l’attendait. Un bouquet de fleurs, des acclamations de fidèles massés aux abords du tarmac, puis le cortège présidentiel en direction du Palais de l’Unité.

Biya ouvre les bras, Léon XIV ouvre le dossier

Paul Biya a accueilli le pape avec une formule solennelle. « C’est avec une joie immense que je vous accueille, à l’occasion de cette visite historique, la quatrième d’un Souverain pontife en terre camerounaise. Le peuple camerounais se réjouit de votre visite et mesure le privilège rare qui est le sien, de recevoir Votre Sainteté, lors de sa première tournée en Afrique et ce, quelques mois à peine après votre accession au Trône de Saint Pierre. Il vous en est particulièrement reconnaissant. », a déclaré le président de la République, Alors qu’il recevait le souverain pontife au Palais de l’Unité.   

Dans son discours de circonstance, le chef de l’État a évoqué un monde « secoué par des crises et des conflits de plus en plus graves », a salué le message de paix du pape et rappelé la tolérance religieuse du Cameroun, soulignant la contribution de l’Église catholique à la santé et à l’éducation nationales. Un discours de courtoisie, calibré pour l’accueil d’un hôte de rang exceptionnel.

Saint Augustin convoqué devant les autorités

Prenant la parole au Palais de l’Unité, le pape a d’abord rappelé les visites de ses prédécesseurs, Jean-Paul II et Benoît XVI, avant de poser une question que peu de gouvernants apprécient de s’entendre adresser en public. « Nous pouvons donc nous interroger : où en sommes-nous ? Comment la Parole qui nous a été annoncée a-t-elle porté ses fruits ? Et que reste-t-il à faire ? »

Pour y répondre, il a cité saint Augustin, qui écrivait il y a seize siècles que « ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de domination, mais par devoir de subvenir aux besoins ; non par orgueil pour s’imposer, mais par compassion pour protéger. » Une formule ancienne, portée devant des autorités contemporaines, dans un pays traversé par un conflit armé depuis 2017.

Léon XIV a ensuite nommé directement les réalités que Biya avait effleurées dans son discours de bienvenue. Les tensions et les violences dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord ont, a-t-il dit, « causé de profondes souffrances : des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir. Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires, des espérances brisées. »

Briser les chaînes de la corruption

Le passage le plus attendu du discours papal a porté sur la gouvernance. Léon XIV a appelé à « briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité » et à « libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie ». Il a réclamé des institutions « justes et crédibles » capables de devenir « des piliers de la stabilité » et a demandé aux responsables présents dans la salle d’assumer un « double témoignage », l’un dans la collaboration entre organes de l’État au service des plus pauvres, l’autre dans une conduite de vie personnellement intègre.

La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit, a-t-il ajouté, sont « essentiels pour rétablir la confiance ». Et d’appeler à « oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux ».

Les femmes et les jeunes au cœur du plaidoyer papal

Léon XIV a consacré une part importante de son discours aux femmes et à la jeunesse, deux catégories qu’il a présentées comme des leviers de transformation sociale sous-utilisés. Sur les femmes, il a déclaré qu’elles sont « souvent les premières victimes des préjugés et des violences » mais restent « des artisans infatigables de paix », dont l’engagement dans l’éducation, la médiation et la reconstruction du tissu social « constitue un frein à la corruption et aux abus de pouvoir ». Il a demandé que leur voix soit « pleinement reconnue dans les processus décisionnels ».

Sur les jeunes, il a alerté contre les effets du chômage et de l’exclusion, qui peuvent, a-t-il dit, transformer la frustration en violence. Investir dans l’éducation, la formation et l’esprit d’entreprise des jeunes, a-t-il soutenu, est « un choix stratégique pour la paix » et le seul moyen d’endiguer « l’hémorragie de talents merveilleux vers d’autres régions de la planète ».

La société civile comme force vitale

Le pape a également adressé un message aux acteurs non étatiques, qu’il a présentés comme des rouages irremplaçables de la cohésion nationale. Associations, organisations de femmes et de jeunes, syndicats, ONG humanitaires, chefs traditionnels et religieux ont été cités comme « les premiers à intervenir lorsque des tensions surgissent » et comme ceux qui « accompagnent les personnes déplacées, soutiennent les victimes, ouvrent des espaces de dialogue et encouragent la médiation locale ». Léon XIV a conclu sur ce point que « c’est en son sein que se prépare un avenir moins exposé à l’incertitude ».

Un agenda chargé pour les jours suivants

La première journée du pape au Cameroun a aussi inclus une visite de courtoisie au couple présidentiel, des rencontres avec les autorités administratives, le corps diplomatique et des représentants de la société civile, une visite dans un orphelinat catholique et un entretien privé avec les évêques du Cameroun.

Le programme des jours suivants prévoit un déplacement à Bamenda, considéré comme l’épicentre du conflit anglophone, où des groupes séparatistes ont annoncé une trêve de trois jours pour permettre d’accueillir le pape en sécurité. Le conflit, né en 2016 à la suite de manifestations pacifiques violemment réprimées, a fait au moins 6 000 morts parmi les civils depuis 2016, selon l’ONU. Le pape se rendra ensuite à Douala, où une messe dans un stade doit rassembler des centaines de milliers de fidèles. Son périple africain de 18 000 km se poursuivra ensuite en Angola et en Guinée équatoriale jusqu’au 23 avril.

Succession : Paul Biya promulgue la loi révisant la constitution

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Dix jours après l’adoption du projet de loi portant révision constitutionnelle, le président de la République a promulgué ladite loi. Le décret a été lu sur les antennes du poste national de la Cameroon radio television (Crtv) ce 14 avril 2026. C’est un pas de plus vers l’organisation de sa succession par Paul Biya. D’autant plus que désormais, plus rien n’empêche e président de la République de nommer le vice-président. La nouvelle constitution étant désormais applicable.     

Il reste donc à Paul Biya de faire valoir sa signature ; cette signature qui se fait de plus en plus rare ces dernières années. Après tout un mandat de sept ans sans remanier le gouvernement, Paul Biya a été réélu en octobre 2026, et n’a toujours pas bougé dans ce sens. Alors que la demande se faisait en plus en plus pressante, au regard de l’inaction du président qui a déjà perdu pas moins de cinq membres du gouvernement, et n’en a remplacé aucun. Dans un contexte de guerre de succession d’abord larvée, mais de plus en plus ouverte, et avec plus d’acuité dans les cercles du pouvoir.

Paul Biya a préféré commencer par un jeu de chaises musicales au parlement, avant d’engager une page qui n’était pas envisagée jusqu’à un passé récent : la modification de la constitution, pour introduire un poste de vice-président. Le projet de loi a été adopté par le parlement réuni en congrès le 4 avril dernier. Le président de la République l’a promulgué. Reste qu’il nomme son « assistant » et l’on pourrait avoir plus de visibilité sur le profil de ce dauphin dépouillé de prérogatives réelles. Cela survient au moment où le débat sur l’opportunité même d’une telle révision constitutionnelle, continue de faire rage dans l’espace public et les médias nationaux et internationaux.

Jusqu’ici, la constitution en vigueur était celle du 18 janvier 1996. Elle vient donc d’être révisée, en ce qui concerne les prérogatives du président de la République et du Conseil constitutionnel. Cela survient la veille de l’arrivée du pape au Cameroun. Un signe de bonne augure ? On le saura dans les prochains jours.

10 avril 2026 : Dieudonné Yebga réapparait à Boumnyebel

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Bapooh Lipot a de nouveaux alliés

Après de longs mois loin des projecteurs, Dieudonné Yebga est réapparu. A Boumnyebel, village du département du Nyong-et-Kelle en pays Bassaa, où Um Nyobè, mythique secrétaire général de l’Upc, a été abattu par les forces françaises. L’occasion pouvait s’y prêter : c’était le 10 avril 2026, jour anniversaire de l’Union des populations du Cameroun (Upc). L’ancien président du Manifeste pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), une des formations politiques nées des divisions de l’Upc, était un des invités spéciaux de Robert Bapooh Lipot, secrétaire général de l’UPC reconnue par le ministre de l’Administration territoriale (Minat). L’homme qui a joué un rôle clé dans la disqualification de la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle de 2025, en revendiquant avec le concours du Minat la présidence du Manidem. Pour être par la suite évincé du Ngog, la confrérie des initiés du grand groupe ethnique Bassaa. Depuis lors, les apparitions publiques de l’homme qui est honni par les partisans de Maurice Kamto, étaient devenues rares.  

Achille Mbembe

Du coup, sa prise de parole était attendue. Et en l’introduisant samedi dernier, le présentateur de la soirée a cru devoir indiquer avec insistance « président du Manidem», non sans mentionner l’épisode de la présidentielle. Mais si Dieudonné Yebga a évité de suivre la cadence, évitant ainsi de prononcer le nom d’Anicet Ekane à qui il discutait la présidence du Manidem qu’il avait perdue depuis longtemps, et qui est mort en détention dans les suites de cette crise à la tête du parti, il ouvrira une autre brèche, le sourire en coin : « Achille Mbembe avait dit que pour que l’UPC survive, il faut le tuer. Si on avait tué l’Upc, on serait aujourd’hui au pouvoir. On a compris Achille Mbembe trop tard». Justifiant ainsi la fragmentation de l’UPC. Ce qui, à son goût, a permis que l’upécisme ne meurt pas.

A l’occasion, l’on a appris que Dieudonné Yebga qui avait été exclu du Mbog par ses pairs dans le cadre des événements ayant marqué l’invalidation de la candidature de Maurice Kamto, notamment les bruits d’argent et ses relations avec Paul Atanga Nji le Minat, a déjà été réhabilité. «Il ne pouvait pas se retrouver au milieu des Mbombog sans avoir été réhabilité», souligne un fils du coin.

« Anicet Ekane s’est trompé de chemin »

Pour Bapooh Lipot, tous ces gens font partie de la famille de l’Upc car l’Upc est « l’âme immortelle de tout le peuple camerounais», a-t-il souligné. Insistant sur le Manidem, membre influent de cette famille upéciste. C’est que, si le parti a réussi à fonctionner dans la clandestinité depuis 1955 jusqu’au retour officiel du multipartisme en 1990, la gestion de ce legs aura été une équation difficile et compliquée. Alors que les gardiens du temps ressortaient de la brousse, ils ont rencontré entre autres opportunistes et intéressés qui n’ont pas toujours accompagné le combat de la même manière. D’où les luttes de positionnement qui ont donné lieu à ce qu’on a appelé autrefois UPC-H (faction Hogbe Nlend), UPC-N (faction Ntumazah), UPC-K (faction Kodock), pendant que les Yebga, Anicet Ekane,… optaient pour l’UPC-Manidem. En son temps, feu Anicet Ekane expliquait que « le plus important n’est pas le sigle UPC, mais l’idéologie UPC», justifiant ainsi la création de l’UPC-Manidem qu’ils estimaient être l’UPC des fidèles, pendant que ce qui demeurait UPC, protégée par Augustin Frédéric Kodock qui avait plusieurs fois été aux affaires sous Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, était considéré comme une affaire de « des traitres», des « imposteurs », selon les appellations que l’on entendait en ce début des années 90.

C’est le 78ème anniversaire de l’Upc qui a réuni ce petit monde à Boumnyebel.

Mais Bapooh Lipot n’a pas loupé l’occasion de revenir sur le cas Ekane : « Anicet Ekane n’a pas trahi l’Upc, mais il s’est trompé de chemin à la dernière minute», enfonce-t-il. Soulignant ainsi que l’upéciste qui a investi Maurice Kamto à la présidentielle, pour finir par mourir dans le cadre de la crie post-présidentielle, était resté upéciste jusqu’à sa mort. Autour de lui, nombre de leaders politiques qui flirtent avec le pouvoir, dont Célestin Djamen, ex cadre du SDF, qui avait rejoint le navire du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto, avant de faire défection après la crise post-électorale de 2018, pour se rapprocher du pouvoir. Outre Djamen et Yebga, Bapooh Lipot a fédéré autour de lui plusieurs membres des familles des martyrs de l’Upc, notamment ceux des familles Soppo Priso et Abel Kingué. Dans ce siège qu’il a érigé à la gloire des pères fondateurs de l’Upc, mais où trône un portrait géant de Paul Biya, avec un message : « voici nos martyrs».

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