dimanche, mai 17, 2026
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Tristesse: Biyiti Bi Essam, l’ex ministre de la Communication, n’est plus

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Jean Pierre Biyiti Bi Essam n’est plus. L’ancien haut commis de l’Etat s’est éteint à Yaoundé vers 3h, selon des sources concordantes, citant des sources familiales. L’homme était rare sur la scène publique ces dernières années ; et même après son remplacement en février dernier comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun auprès de l’État d’Israël. 

Né le 20 juillet 1949 à Mvoula près d’Ebolowa dans la région du Sud, Jean Pierre Biyiti Bi Essam aura occupé des postes stratégiques au sein de l’appareil de l’Etat. Mais l’homme est journaliste de formation. Fruit de l’Ecole supérieure internationale de journalisme de Yaoundé (Esijy, l’ancêtre de l’Esstic), Jean Pierre Biyiti Bi Essam a fourbi ses armes à Cameroon tribune à sa sortie de l’école, puis à la Cameroon radio television (Crtv), où il a été directeur de l’information au début des années 90, avant de glisser dans le couloir politique.

L’argent du pape

D’abord chargé d’étude au ministère de la Recherche scientifique et technique entre 1991 et 1993, puis conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur, et enfin chargé de mission à la présidence de la République, l’homme a accumulé de l’expérience pour de hautes fonctions. Nommé secrétaire général du ministère des Postes et télécommunications (Minpostel), il héritera des clés du ministère de la Communication le 7 septembre 2007. A ce poste, l’homme vivra comme un cauchemar la visite du pape Benoît XVI en 2009. L’enveloppe de 130 millions FCfa destinée à la couverture médiatique de la visite du Saint-Père transite par son compte bancaire personnel. Ce qui alimenta une polémique qui jettera une ombre de disgrâce la tutelle auprès de la presse nationale. Biyiti Bi Essam sera finalement muté au ministère des Postes et télécommunications. Lors de son séjour, l’homme pilote le processus d’agrément d’un troisième opérateur de téléphonie mobile au Cameroun. Le choix porté sur Viettel (avec comme nom commercial au Cameroun, Nexxtel), alimentera une nouvelle polémique. Derrière l’opérateur vietnamien, se cachent des services de renseignement vietnamiens, apprendra-t-on.

Lorsqu’il quitte ce département ministériel, Biyi Bi Essam doit attendre trois ans au quartier, avant d’être nommé le 31 mai 2018, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Cameroun auprès de l’Etat d’Israël. Poste qu’il occupe jusqu’en février dernier, lorsqu’il est remplacé par Ndifontah Buma Nyamndi. Depuis, l’on n’a plus eu de nouvelles de l’homme. Jusqu’à ce qu’il passe l’arme à gauche. Avec cette disparition, Biyiti Bi Essam emport avce lui un pan de cette polémique sur l’argent de la visite du pape. Cela survient une semaine après la visite d’un autre pape, Léon XIV, au Cameroun.

Le salon Mboa Paris 2026 renforce son rôle d’interface économique pour les porteurs de projets

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La quatrième édition du Salon Mboa Paris accorde une place centrale aux entrepreneurs camerounais, avec un dispositif d’identification et d’accompagnement de projets présenté comme l’un des axes structurants de l’événement, selon les informations communiquées par les organisateurs. À travers cet appel, ouvert aux associations, start-up, artistes et créateurs, les initiateurs cherchent à attirer des initiatives à fort potentiel et à les mettre en relation avec des partenaires susceptibles d’en soutenir le développement.

Présentée le 17 avril 2026 à Douala, lors d’un cocktail réunissant des acteurs privés, dont Maviance, afin d’exposer les opportunités du salon aux entreprises locales, cette orientation a été portée par Fatimatou Ousmanou, présidente de l’association Mboa Paris. Elle traduit une inflexion dans le positionnement de l’événement. D’après les éléments fournis, il ne s’agit plus uniquement de proposer un espace de visibilité pour la diaspora camerounaise, mais de structurer un cadre d’intermédiation entre entrepreneurs, investisseurs et experts. Les organisateurs indiquent ainsi vouloir accompagner les projets retenus tant en matière de financement que de structuration.

Un salon qui revendique un rôle économique

Le communiqué diffusé par l’association met en avant cette évolution en insistant sur la vocation économique du rendez-vous parisien et sur la capacité de la diaspora à générer des opportunités concrètes.

« Cette édition s’étend sur cinq jours et propose un programme dense, mêlant networking, rencontres d’affaires, contenus de fond et célébration de l’identité camerounaise. L’ouverture se fera autour d’un dîner de gala privé réunissant décideurs, investisseurs et leaders d’opinion, suivi d’une journée dédiée aux échanges BtoB. Le 23 mai constituera le temps fort de l’événement, avec plus de 2 500 participants attendus pour des master class, des conférences et un espace d’exposition », précisent les organisateurs.

Selon ces mêmes sources, l’événement entend capitaliser sur les résultats avancés lors de l’édition précédente. Plus d’un milliard de FCFA de transactions immobilières auraient été enregistrées en marge du salon 2025, un indicateur mis en avant pour illustrer sa capacité à générer des flux économiques. Pour 2026, les projections tablent sur plus de 4 000 visiteurs, une centaine d’entreprises et 42 intervenants.

Une dynamique diasporique en recomposition

L’appel à projets s’inscrit dans un mouvement plus large observé au sein des diasporas africaines. Au-delà des transferts financiers traditionnels, celles-ci cherchent désormais à intervenir directement dans l’investissement productif et l’accompagnement entrepreneurial. Mboa Paris tente de s’aligner sur cette évolution en structurant un espace de mise en relation sectorielle couvrant notamment la mode, le sport, la musique et la technologie.

Dans cette optique, l’association s’est entourée de l’expertise d’un pays réputé pour sa capacité à mobiliser efficacement sa diaspora autour de projets à forte portée économique. Le communiqué de presse précise ainsi que « la diaspora ivoirienne a été choisie pour inaugurer ce dispositif, avec pour ambition de partager ses meilleures pratiques en matière de mobilisation diasporique au service du développement national ». Ce choix traduit une volonté de positionner le salon comme une plateforme d’échange transnationale, où circulent les expériences de mobilisation des ressources et des compétences entre pays voisins.

La stratégie de visibilité du salon repose également sur un dispositif baptisé « La Piol », mis sur pied par Sembe Agency et présenté comme un levier de promotion des exposants via des créateurs de contenus. Selon les organisateurs, ce mécanisme vise à amplifier la portée des initiatives présentées durant l’événement.

Créée le 22 mars 2023, l’association Mboa Paris fédère les Camerounais d’Europe autour de leur épanouissement à l’international et de leur contribution au développement du Cameroun. En partenariat avec JFN Center, elle affirme avoir déjà formé une trentaine de jeunes Camerounais à l’entrepreneuriat, à l’innovation appliquée et à la transformation numérique depuis son lancement. À travers cette nouvelle édition, les organisateurs entendent consolider cette dynamique en faisant du salon un espace d’intermédiation durable entre entrepreneurs, investisseurs, experts et membres de la diaspora.

MC14 : les progrès stagnent, mais 66 pays maintiennent leur moratoire sur le commerce électronique

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Par Henri Kouam, Directeur Exécutif CEPI et Hawaing Djamo, Coordonnateur National

Introduction

La conférence interministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) MC14 s’est tenue du 26 au 29 mars et a réuni des délégués et des ministres du monde entier. De nombreux sujets ont été abordés et débattus, et bien qu’aucune décision majeure n’ait été prise à Yaoundé, il est désormais admis qu’il est nécessaire de redoubler d’efforts pour inclure et encourager les pays en développement comme le Cameroun à rejoindre le système commercial multilatéral.

  1. Organe d’appel de l’OMC : toujours en difficulté ?

Il est communément admis que l’OMC doit être réformée, notamment son système de règlement des différends, paralysé par le manque de juges à l’Organe d’appel. Les États-Unis persistent à perturber son fonctionnement et bloquent les nominations, au détriment des petits pays. Pour le Cameroun et l’Afrique, un arbitre fonctionnel est indispensable pour protéger les petits pays vulnérables face aux grandes puissances commerciales. Malheureusement, les États-Unis exercent leur droit de veto depuis 2017 et bloquent les nominations à l’Organe d’appel de l’OMC. Un seul pays devrait-il pouvoir prendre en otage l’économie mondiale ? Probablement pas.

  1. Agriculture et sécurité alimentaire : absentes des discussions !

Les règles de l’OMC relatives aux stocks publics sont régies par l’Accord sur l’agriculture (AA), qui autorise les gouvernements à constituer des stocks et à distribuer des denrées alimentaires. À ces fins, l’annexe 2 précise que tout achat effectué dans le cadre d’un programme de sécurité alimentaire doit être réalisé aux prix du marché, sous peine de poursuites judiciaires contre les pays en développement. Par ailleurs, si ces pays achètent à des prix garantis, ils dépasseront le seuil minimal autorisé de soutien susceptible de fausser les échanges.

Une clause de paix adoptée comme solution provisoire lors de la conférence ministérielle de Bali de 2013 empêche les poursuites judiciaires contre les pays en développement. Cependant, les négociations en vue d’une solution permanente restent au point mort depuis les 12e et 13e conférences ministérielles. Nous suggérons

L’exemption des aliments achetés à prix administrés du calcul des subventions

§ Mise à jour du prix de référence de 1986-1988 (considéré comme obsolète en raison de l’inflation)

§ Élargissement de la gamme de produits.

  1. Commerce numérique : 66 pays choisissent le libre-échange !

Les membres de l’OMC n’ont pas réussi à parvenir à un consensus lors de la 14e Conférence ministérielle à Yaoundé, au Cameroun. La question de la prolongation du moratoire de longue date sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques (moratoire sur le commerce électronique) a été abordée. Toutefois, 66 pays ont adhéré à une initiative plurilatérale visant à maintenir un taux de droit de douane nul sur les échanges de commerce électronique, ce qui témoigne d’une évolution vers des accords plus souples et de moindre portée au sein de l’OMC. Ce moratoire, en vigueur depuis 1998, est renouvelé tous les deux ans.

  1. Subventions à la pêche : À l’ordre du jour

Les subventions néfastes vident et polluent nos océans. Les négociations sur les subventions à la pêche — essentielles pour réglementer les pratiques contribuant à la surpêche — sont reportées à la prochaine Conférence ministérielle. Mais la question des subventions concerne aussi d’autres produits comme le coton, le maïs, les produits énergétiques, etc.

  1. Les pays en développement bénéficient-ils d’une certaine marge de manœuvre ?

L’OMC utilise le terme « traitement spécial et différencié » (TSD), un outil essentiel qui permet aux pays en développement de disposer du temps nécessaire pour mettre en œuvre les règles. Cependant, ces pays devraient-ils perdre tous leurs avantages une fois sortis de cette phase ? Des progrès se profilent à l’horizon.

« Pourtant pas complètement régler, les ministres ont également adopté deux décisions MC14 qui avaient été approuvées précédemment par les membres à Genève : l’une sur l’amélioration de l’intégration des petites économies dans le système commercial multilatéral ; l’autre sur le renforcement de la mise en œuvre précise, efficace et opérationnelle des dispositions relatives au traitement spécial et différencié dans les accords sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) et les obstacles techniques au commerce (OTC) ».

  1. Réduire intelligemment la bureaucratie

L’Afrique a tendance à multiplier les incitations qui frôlent l’exploitation. Si une entreprise minière forme un ressortissant du Botswana, elle est remboursée jusqu’à 200 % du montant investi. L’Afrique a des incitations très encourageantes et il faut attirer les investissements sans toutefois avoir des incitations exagérées. L’agrément volontaire de L’OMC sur la Facilitation des investissements pour le développement (FID) a été évoqué, mais nous n’avons pas eu beaucoup de discussions sérieuses sur les incitations.

Conclusion:

Des progrès ont été réalisés, mais ils restent limités. Les ministres du Commerce ont adopté deux décisions déjà approuvées à Genève. Il s’agit notamment d’intégrer les petites économies au système commercial multilatéral et d’améliorer la mise en œuvre précise, efficace et opérationnelle des dispositions relatives au traitement spécial et différencié en matière de mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) et d’obstacles techniques au commerce (OTC). C’est une première étape importante pour permettre aux pays en développement de disposer du temps et des moyens nécessaires pour s’adapter et s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales.

Réserves de change: Les pays de la CEMAC de plus en plus dépendants des réserves du Cameroun

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Selon un rapport de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sur le contrôle du Compte d’opérations arrêté au 31 décembre 2025, la structure des réserves extérieures de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) connaît une évolution marquée. Les données compilées par les cabinets Grant Thornton et Forvis Mazars montrent que le Cameroun détient à lui seul 1 274,7 milliards de FCFA d’avoirs en devises hors Compte d’opérations, sur un total régional de 1 954,7 milliards, soit plus de 65 %.

Dans le même temps, plusieurs économies de la zone enregistrent des replis significatifs. La Guinée équatoriale voit ses réserves fortement diminuer, tandis que le Gabon affiche désormais une position négative. Le Compte d’opérations constitue le cœur du dispositif monétaire de la zone.

Concrètement, il s’agit d’un compte ouvert au nom de la BEAC auprès du Trésor français, sur lequel les États membres déposent une partie de leurs réserves en devises, principalement en euros et en dollars. Ces réserves correspondent aux monnaies étrangères utilisées pour financer les importations, honorer la dette extérieure ou stabiliser la monnaie.

Leur centralisation permet de garantir la convertibilité du franc CFA en euro, c’est-à-dire la capacité d’échanger la monnaie locale contre une devise internationale. Dans ce dispositif, deux compartiments coexistent.

Le Compte d’opérations centralise l’essentiel des réserves, tandis que le Compte spécial de nivellement sert à ajuster les déséquilibres de liquidité à court terme entre les États. Or, selon le rapport, les revenus générés par ces placements se sont fortement contractés en 2025. Les intérêts créditeurs cumulés atteignent 110,6 milliards de FCFA, contre 190,9 milliards en 2024, soit une baisse de 42 %.

 Ces intérêts correspondent à la rémunération des réserves déposées. Plus les taux d’intérêt internationaux sont élevés, plus ces dépôts rapportent. Le document précise que « les moyennes arithmétiques des taux de la facilité de prêt marginal […] et du taux de refinancement […] ont été respectivement de 2,66 % et 2,41 % » en 2025.

Dans le cas de la CEMAC, ces taux servent de base pour rémunérer les dépôts logés sur le Compte d’opérations. Parallèlement, les volumes placés diminuent. Les disponibilités du Compte d’opérations passent de 4 768,5 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2024 à 3 664,7 milliards fin 2025.

Autrement dit, non seulement les placements rapportent moins, mais les montants placés eux-mêmes reculent, ce qui traduit soit une mobilisation accrue des réserves par les États, soit une moindre capacité à en accumuler.

LE CAMEROUN, PIVOT D’UN SYSTÈME DÉSÉQUILIBRÉ

La recomposition apparaît plus nettement encore à travers la répartition du solde du Compte d’opérations entre les États. Ce solde représente la part des réserves attribuée à chaque pays dans le compte commun. Le Cameroun demeure le principal contributeur avec 1 816,9 milliards de FCFA en 2025, contre 2 164,3 milliards en 2024, soit une baisse d’environ 347 milliards.

Ce recul suggère que le pays a soit mobilisé une partie de ses réserves, soit réduit ses dépôts dans le système central. En parallèle, il renforce nettement sa position hors Compte d’opérations. Ses avoirs atteignent 1 274,7 milliards de FCFA en 2025, contre 1 016,6 milliards un an plus tôt, soit une progression d’environ 258 milliards. Cette évolution contraste avec la situation d’autres États.

Le rapport souligne notamment que « la position du Compte d’opérations de l’État gabonais ressort débitrice à FCFA -166,355 milliards au 31 décembre 2025, traduisant une situation de déséquilibre significative », tout en précisant qu’aucune mesure corrective n’a encore été arrêtée. Une position débitrice signifie qu’un pays a retiré davantage de devises qu’il n’en a déposées dans le système.

Dans le même temps, la Guinée équatoriale enregistre une chute marquée de ses avoirs hors Compte d’opérations, qui passent de 213,6 à 92,6 milliards de FCFA entre 2024 et 2025, soit une baisse de 121 milliards, équivalente à 56,6 %. Le Tchad voit ses avoirs dans le Compte d’opérations reculer de 659,6 à 508,6 milliards, tandis que le Congo enregistre une légère diminution. Dans ce contexte, le Cameroun apparaît comme le principal point d’ancrage de la liquidité extérieure de la zone.

DES RÉSERVES HORS CIRCUIT EN HAUSSE MAIS FORTEMENT CONCENTRÉES

Les réserves hors Compte d’opérations correspondent aux devises détenues en dehors du mécanisme centralisé. Elles peuvent être conservées directement par la banque centrale ou placées sur d’autres supports financiers. Elles offrent davantage de flexibilité dans la gestion, mais réduisent la mutualisation régionale. Plus ces réserves sont détenues en dehors du circuit commun, moins le système collectif joue pleinement son rôle de stabilisateur.

En 2025, ces réserves atteignent 1 954,7 milliards de FCFA, contre 1 897,8 milliards en 2024. Cette progression globale masque toutefois une forte concentration. Le Cameroun en détient 1 274,7 milliards de FCFA, loin devant le Tchad avec environ 360 milliards, le Congo avec 215,5 milliards et la RCA avec 120,4 milliards. À l’inverse, le Gabon affiche une position négative de -108,5 milliards, signe d’une absence de réserves nettes dans ce compartiment.

DES INDICATEURS EN AMÉLIORATION À INTERPRÉTER AVEC PRUDENCE

Le rapport met également en avant le ratio des réserves de change hors Compte d’opérations rapportées aux avoirs extérieurs nets. Cet indicateur mesure la capacité de la zone à couvrir ses engagements extérieurs avec ses réserves disponibles. En 2025, ce ratio progresse fortement. Il passe de 67,66 % en janvier à un pic de 108,62 % en octobre, avant de s’établir à 95,97 % en décembre. Un niveau supérieur à 100 % signifie que les réserves dépassent les engagements extérieurs nets, ce qui constitue en théorie un signal positif pour la stabilité financière.

Cependant, cette amélioration doit être interprétée avec prudence. Elle peut également résulter d’une baisse des importations, d’un ralentissement de l’activité économique ou d’une contraction des flux financiers, et non uniquement d’une accumulation de devises.

Carte biométrique : 3048 jeunes ont bénéficié de 57 914 services à coût réduit et gratuitement

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Le 21 avril 2026 à Yaoundé, au Centre multifonctionnel de promotion des jeunes de référence de Yaoundé, le gouvernement a franchi une nouvelle étape dans le déploiement de ce dispositif, avec la signature de trois accords de partenariat supplémentaires. Pilotée par l’Observatoire national de la jeunesse, cette extension cible des secteurs à fort potentiel d’employabilité, notamment l’agriculture, les sciences appliquées et la conduite d’engins lourds. Le réseau opérationnel atteint désormais près de 300 prestataires agréés.

L’architecture du dispositif repose sur un portefeuille d’environ 30 000 services accessibles aux détenteurs de la carte. L’offre agrège formations techniques, prestations subventionnées, stages académiques et professionnels, ainsi que des opportunités d’insertion directe. L’objectif est explicite : réduire les coûts d’accès aux compétences et fluidifier la transition vers l’emploi.

Sur le terrain, les premiers retours d’expérience confirment des effets d’entraînement, bien que circonscrits. Étudiant en master à l’université de Yaoundé I, Francis Zakari Abega évoque un accès facilité à une formation agricole, ouvrant des perspectives d’activité et de financement. D’autres bénéficiaires, à l’instar de Linda Menkoa, mettent en avant des bourses de formation ayant accéléré leur insertion professionnelle. Selon le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, plus de 3 000 cartes ont été distribuées dans les Centres multifonctionnels de promotion des jeunes, pour un volume de près de 58 000 services fournis à coût réduit ou gratuitement. Ces structures jouent un rôle nodal, en intégrant des unités de proximité et des incubateurs, tout en constituant des points d’ancrage administratifs pour les jeunes.

Au-delà de sa fonction initiale d’identification, la carte évolue vers un outil de gouvernance économique. Elle conditionne désormais l’accès à certains financements publics, notamment à travers des mécanismes de garantie dédiés aux jeunes porteurs de projets. Sa version de seconde génération, développée en partenariat avec des institutions financières, intègre une fonctionnalité de porte-monnaie électronique, permettant de sécuriser et tracer les flux d’aide publique. Cette mutation traduit une volonté d’encadrer plus finement l’allocation des ressources et de limiter les asymétries d’information.

Cependant, l’efficacité opérationnelle du dispositif reste entravée par plusieurs contraintes structurelles. L’enrôlement constitue le principal point de friction. Malgré le déploiement d’unités mobiles, l’accès à la carte demeure complexe pour une partie des jeunes, en particulier dans les zones à faible connectivité. Les procédures de pré-enrôlement en ligne, combinées aux exigences administratives, génèrent des coûts d’accès implicites qui limitent l’inclusion.

Par ailleurs, le déficit d’information réduit la portée du programme. Une proportion significative de la cible ignore encore les usages concrets de la carte ainsi que l’étendue du réseau de partenaires. Cette opacité informationnelle affaiblit l’attractivité du dispositif et freine sa diffusion. En l’absence d’un écosystème lisible et accessible, la carte peine à atteindre un effet de masse critique.

Dans ces conditions, la carte jeune biométrique illustre une politique publique en phase d’expansion, mais encore marquée par des déséquilibres d’exécution. Entre consolidation institutionnelle et contraintes de terrain, le dispositif révèle les limites d’une stratégie d’insertion qui, pour atteindre son plein rendement, devra lever les barrières d’accès, renforcer la diffusion de l’information et stabiliser son réseau opérationnel.

La cession de Chococam suspendue aux arbitrages de la Cemac, du fisc et de la BEAC

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La cession de la participation majoritaire de Tiger Brands dans la Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam) demeure conditionnée à une série d’autorisations administratives et réglementaires, retardant ainsi le bouclage de l’opération. Lors de l’audience accordée le 20 avril 2026, le ministre du Commerce a échangé avec Mandla Langa, accompagné du directeur général de Tiger Brands, Tjaart Kruger, de son directeur financier, Thushen Govender, ainsi que du promoteur de Minkama Capital, Fabrice Ndjodo. Ensemble, ils ont passé en revue les exigences présentées comme déterminantes pour la finalisation effective de la transaction.

Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre, le ministère du Commerce précise que « la finalisation de la transaction demeure subordonnée à l’accomplissement de plusieurs conditions préalables ». Parmi celles-ci figurent notamment « l’approbation de la Commission de la concurrence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), les autorisations de contrôle des changes, ainsi que la délivrance des quitus fiscaux en faveur de Chococam et de Tiger Brands ». Le document souligne également que ces démarches ont constitué le cœur des échanges, les investisseurs ayant « sollicité cette audience afin de coordonner les procédures réglementaires et de s’accorder sur le calendrier de réalisation ».

Feu vert régional et encadrement des flux financiers

Le principal verrou identifié concerne l’avis de la Commission de la concurrence de la Cemac. Cette instance sous-régionale est chargée d’examiner les opérations de concentration afin de s’assurer qu’elles ne portent pas atteinte à la concurrence au sein de l’espace communautaire. En l’espèce, elle devra déterminer si la prise de contrôle de Chococam par Minkama Capital est susceptible de créer une position dominante ou de fausser le jeu du marché dans le secteur agroalimentaire.

À ce filtre régional s’ajoute le contrôle des changes, un dispositif encadré par la Banque des États de l’Afrique centrale. Ce mécanisme vise à superviser les mouvements de capitaux entre résidents et non-résidents. Dans le cadre de cette opération, il s’agit de s’assurer que les flux financiers liés à la cession — notamment le paiement des parts détenues par Tiger Brands — respectent la réglementation en vigueur dans la zone franc. Cette étape est essentielle pour sécuriser les transferts de fonds et garantir la conformité de l’opération vis-à-vis des autorités monétaires.

Autre exigence mentionnée : la délivrance des quitus fiscaux. Ce document atteste qu’une entreprise est en règle vis-à-vis de l’administration fiscale, qu’elle a acquitté l’ensemble de ses obligations et ne présente pas d’arriérés. Dans une opération de cession, ce certificat est indispensable pour sécuriser juridiquement la transaction et éviter le transfert de passifs fiscaux non déclarés au nouvel acquéreur.

Fondée en 1965, Chococam a connu plusieurs évolutions capitalistiques, reflétant les différentes phases de structuration de l’industrie chocolatière au Cameroun. Après l’entrée du groupe suisse Barry Callebaut en 1997, l’entreprise passe, en 2008, sous le contrôle de Tiger Brands, qui détient aujourd’hui 74,69 % de son capital.

Dans une note financière publiée le 11 novembre 2025, Tiger Brands indique avoir conclu un accord en vue de céder cette participation majoritaire au fonds Minkama Capital, avec l’appui du groupe bancaire BGFIBank. Attendue au second semestre 2026, la transaction doit marquer la sortie du groupe sud-africain après dix-sept années de présence et ouvrir une nouvelle phase dans l’évolution du capital de cette entreprise emblématique du tissu industriel camerounais.

La peste des petits ruminants : les pays de la CEEAC coordonnent leur riposte depuis Yaoundé

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La peste des petits ruminants n’est pas une maladie ordinaire. Virale, hautement contagieuse, elle frappe les ovins et les caprins avec une brutalité qui ruine des éleveurs en quelques semaines. Le représentant résident de la FAO au Cameroun, le Dr Antonio Luís Querido, a posé les chiffres sur la table dès l’ouverture des travaux. « La PPR est une maladie virale à propagation rapide qui affecte plus de 70 pays d’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient et d’Asie, et menace la sécurité alimentaire de près de 300 millions de familles rurales. Chaque année, elle entraîne des pertes économiques estimées à 2,1 milliards de dollars américains. », indique-t-il.

En Afrique centrale, la situation reste préoccupante. La maladie demeure endémique dans plusieurs pays de la sous-région, où l’élevage des petits ruminants joue un rôle structurant dans la sécurité alimentaire et les échanges commerciaux locaux. C’est dans ce contexte que la FAO, avec l’appui de l’Union européenne, a réuni quarante participants à Yaoundé pour trois jours de travaux techniques dans le cadre du Programme panafricain d’éradication de la PPR.

Harmoniser pour ne pas se neutraliser

L’atelier poursuit un objectif précis. Renforcer les compétences techniques des services vétérinaires nationaux, normaliser les approches de surveillance, améliorer la collecte et l’analyse des données, et rendre opérationnels les réseaux régionaux de surveillance et de laboratoires. Autant de chantiers qui conditionnent la capacité de la sous-région à tenir l’objectif fixé par la communauté internationale en 2015 lors de la conférence d’Abidjan : l’éradication totale de la PPR à l’horizon 2030.

Car le risque est connu. Les efforts d’un pays peuvent être anéantis par la circulation virale chez son voisin. La Stratégie panafricaine 2023-2027, qui sert aujourd’hui de boussole aux interventions sur le continent, impose une harmonisation rigoureuse précisément pour éviter ce scénario. Les participants ont travaillé sur la cartographie des zones à risque, la validation de feuilles de route de surveillance et leur intégration dans les plans nationaux de chaque État membre.

Des acquis réels, des fragilités persistantes

La sous-région n’est pas au point zéro. Certains pays ont atteint une phase avancée de contrôle. D’autres consolident encore leurs bases diagnostiques. Le Dr Mimbang Guy Iréné, conseiller technique au ministère camerounais de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, a dressé un bilan nuancé. « Malgré ces acquis, des défis persistent, notamment la faible couverture vaccinale, les capacités diagnostiques encore limitées et l’insuffisance de la surveillance active, soulignant ainsi la nécessité d’intensifier les efforts pour inscrire durablement la sous-région sur la trajectoire de l’éradication de la PPR à l’horizon 2030, d’où la pertinence et l’importance des travaux qui nous réunissent ici aujourd’hui. »

Le représentant de la FAO a insisté sur la dimension collective de l’enjeu. « Il s’agit d’un enjeu économique majeur, en particulier pour le petit bétail, notamment les chèvres et les moutons », a rappelé Antonio Querido. « Cet atelier constitue une opportunité pour les États membres d’Afrique centrale de conjuguer leurs efforts en vue de son éradication. Cela demeure un défi collectif pour la région, compte tenu de son impact économique, notamment sur les communautés rurales. »

10,5 millions d’euros pour tenir la trajectoire

Derrière les ambitions, il y a un financement. Le Dr Ndongo Marcel, coordinateur régional du programme PPR en Afrique centrale, a précisé les contours de l’appui européen. « L’Union européenne a choisi d’appuyer cet effort à travers le programme « EU support to the eradication of PPR from Africa », mis en œuvre avec la FAO, pour un montant total de 10,5 millions d’euros pour la phase initiale, soit 8 millions d’euros pour le programme et 2,5 millions d’euros pour le Secrétariat PPR, dans un cadre pluriannuel aligné sur l’horizon 2030. »

À l’issue des trois jours de travaux, les résultats attendus sont concrets. Des cartes de risques actualisées, des réseaux régionaux fonctionnels, un plan régional de surveillance harmonisé et un engagement formel des pays participants. La route vers 2030 est balisée. Reste à la tenir.

Nécrologie: Décès de Roger Betala, une référence du journalisme économique au Cameroun

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Le journalisme économique camerounais perd l’un de ses artisans les plus discrets et les plus constants. Roger Betala est décédé ce 21 avril, laissant derrière lui une profession en deuil et plusieurs générations de journalistes orphelins d’un repère.

Pendant des décennies, il a incarné, sur les ondes de la CRTV, une certaine idée de l’information économique : rigoureuse, pédagogique et accessible. Sa voix, à la fois solennelle et rassurante, traduisait les fluctuations des marchés, expliquait les politiques publiques et mettait en perspective les enjeux macroéconomiques avec une rare clarté. À une époque où ces questions restaient souvent confinées à des cercles d’initiés, Roger Betala avait choisi de les porter au grand public, avec exigence et sobriété.

Formé en sciences économiques, il avait fait du journalisme une extension naturelle de son savoir académique. Mais au-delà des compétences techniques, c’est une posture professionnelle qui aura marqué ses pairs : celle d’un homme peu enclin aux clivages, convaincu qu’il n’existe qu’une seule boussole — le bon journalisme. Ni les querelles entre presse publique et privée, ni les logiques d’alignement ne semblaient altérer sa ligne : informer juste, sans bruit inutile.

Ceux qui l’ont côtoyé évoquent un homme à la présence reconnaissable : visage poupin, sourire en coin, élégance constante. Mais derrière cette apparente légèreté, se cachait une discipline rigoureuse et un profond respect du métier. Il était de ceux qui préparaient, vérifiaient, reformulaient, jusqu’à atteindre la précision juste.

Roger Betala fut également un bâtisseur. Il compte parmi les fondateurs de l’Association des journalistes économiques du Cameroun (AJEC), contribuant à structurer une spécialité encore émergente et à fédérer des professionnels autour d’une pratique exigeante.

Les circonstances de son décès, survenu à la suite d’une intervention chirurgicale consécutive à une chute, suscitent émotion et interrogations au sein de sa famille et de ses proches. Mais au-delà de ces zones d’ombre, c’est l’empreinte d’un parcours qui demeure.

Avec la disparition de Roger Betala, c’est une certaine idée du journalisme économique qui vacille : celle d’une parole mesurée, d’une expertise patiemment construite et d’un engagement sans ostentation. Une voix s’est tue, mais son écho continuera d’habiter les rédactions et les consciences professionnelles.

Le Cameroun médiatique lui doit beaucoup. Et aujourd’hui, il lui dit simplement adieu.

Paix, corruption, gouvernance : le message de Léon XIV reconfiguré par l’opinion au Cameroun

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La première lecture qui s’impose est celle des responsables gouvernementaux, prompts à inscrire la visite dans le registre de l’unité nationale. Achille Bassilekin III, ministre des PME, y voit avant tout un moment de cohésion. Pour lui, la visite constitue « un véritable stimulant dans l’union des cœurs » et le signe que « le Cameroun s’est uni pour aller à la rencontre du pape ». Une formulation qui lisse les tensions structurelles que le souverain pontife avait pourtant nommées explicitement.

Plus révélateur encore, le positionnement de Grégoire Owona, qui opère une jonction directe entre le discours papal et la ligne gouvernementale. « Nous sommes sur le très bon chemin que le Président Biya nous a montré », affirme-t-il. La parole du pape devient ici une caution implicite de l’action publique — une captation politique qui dit beaucoup sur les usages du religieux dans le champ institutionnel camerounais.

Louis Georges Njipendi, lui, retient surtout la portée psychologique du message. Il insiste sur « l’appel à ne plus avoir peur » et la « sérénité » transmise. Le registre est celui de la stabilisation sociale dans un contexte de fragilité institutionnelle persistante. Chez les fidèles, la réception est plus émotionnelle et spirituelle. Adoum Garoua résume un sentiment largement partagé. « Le Cameroun est donc béni, nous sommes comblés. »

La visite prend ici la dimension d’un marqueur de légitimité, presque divine, du territoire national. Mais cette ferveur s’accompagne d’une attente. Dans la sphère citoyenne, l’émotion ne masque pas le scepticisme de fond. « Nous pensons que le message ne sera pas tombé dans les oreilles de sourds », formule un observateur, posant la vraie question : celle de la traduction du discours pontifical en politiques publiques effectives.

 Augustin Bala, maire de Yaoundé 5e va plus loin en convertissant directement le message en agenda de gouvernance. Pour lui, la visite impose « de mettre en avant la lutte contre les inégalités et l’accès au bien-être ». Une lecture normative qui révèle le potentiel mobilisateur d’une parole extérieure au champ politique national.

LES INTELLECTUELS INTRODUISENT LA NUANCE

Les observateurs analytiques apportent un autre niveau de lecture. Onana Raphaël souligne la radicalité inhabituelle du discours papal dans un contexte diplomatique. « Brisons les chaînes de la corruption, transformons l’histoire aujourd’hui. » Une parole directe, ciblant explicitement les dérives de gouvernance, qui tranche avec les précautions habituelles du langage diplomatique.

 Jean-Marc Soboth rappelle toutefois le cadre institutionnel dans lequel cette parole s’inscrit. « Le discours du pape est préparé par la Nonciature apostolique. » Un rappel utile qui repositionne la spontanéité apparente du message dans une architecture diplomatique structurée.

Vincent Sosthène Fouda déplace quant à lui le débat sur le terrain théologique. « La paix n’est pas l’absence de conflit, mais la capacité de marcher au cœur du chaos. » Une définition qui engage une lecture bien plus exigeante que celle des discours officiels.

 LES FRACTURES QUE LA VISITE EXPOSE

Certaines réactions révèlent des tensions que la ferveur collective tend à masquer. Tiriane Balbine Nadège Noah choisit d’instrumentaliser la symbolique papale pour interroger la légitimité institutionnelle interne. Elle évoque « le pape de l’illégalité constitutionnelle » et interpelle directement le pouvoir politique.

Le registre est celui de la contestation, pas de la réconciliation. Dans le champ religieux, l’abbé Etienne Bakaba recentre le débat sur l’orthodoxie catholique et neutralise les comparaisons locales. « Le pape garantit la fidélité à la foi apostolique. » Une manière de clore certains débats internes à l’Église camerounaise que la visite avait rouverts.

 UN CATALYSEUR, PAS UN CONSENSUS

Pierre Nka offre peut-être la synthèse la plus lucide de l’état du pays au sortir de la visite. « Un Cameroun avec un verre à moitié plein, avec l’urgence de la fabrique des alternatives. » Ni euphorie ni désillusion. Un point de bascule potentiel, sans garantie de transformation.

C’est précisément là que réside la portée réelle du voyage de Léon XIV. Sa parole n’a pas produit un consensus — elle a exposé les lignes de fracture. Entre foi et politique, entre espoir et scepticisme, entre récupération institutionnelle et introspection collective, le message pontifical agit comme un révélateur. Il dit moins ce que le Cameroun est que ce qu’il cherche encore à devenir.

Sénat : Nfor Tabe Tando mort, un partisan de l’unité nationale, est mort

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Le Sénat camerounais est en deuil : Nfor Tabe Tando Ndiep Nso est mort. Le 2ème vice-président de la Chambre haute du parlement s’est éteint à l’âge de 75 ans. La nouvelle a été confirmée par des sources familiales.

C’est une figure politique majeure que le Cameroun perd. Chef traditionnel de premier degré de Bachuo-Ntaidans la Manyu dans la région du Sud-Ouest, Nfor Tabe Tando est un militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir. Sénateur depuis la première législature en 2013, l’homme qui a été réélu en 2018, était président du groupe parlementaire du parti au pouvoir au sein de cette Chambre haute, 2ème vice-président de la Chambre et vice-président de la Commission des lois constitutionnelles. Son dernier fait politique aura été la participation à l’adoption par le parlement réuni en congrès, de la modification de la loi fondamentale, survenue le 4 avril dernier.

Partisan de l’unité nationale

Mieux que le parlement, le régime de Yaoundé perd un acteur clé de la quête de la paix dans les régions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest, en proie à une crise séparatiste depuis novembre 2026. L’homme a à maintes reprises pris position en faveur de l’unité nationale et de la fin des hostilités entre les combattants « ambazoniens » et les forces de défense et de sécurité nationales. En mai 2019, l’on a appris du journal L’Anecdote, que chief Tabe Tando était engagé dans des négociations avec 500 combattants séparatistes, afin qu’ils déposent les armes. Dans un contexte marqué par la nomination récente de Joseph Dion Ngute comme premier ministre, et qui avait alors effectué une tournée dans les deux régions, en promettant aux populations et aux combattants que le Grand dialogue national était une opportunité de trouver des solutions à la crise. S’adressant aux populations en Pidgin, un anglais créole parlé localement. Tabe Tando avait ainsi le terrain fertile pour sa mission. Si quelques combattants ont été sensibles à la main tendue du négociateur, les armes n’ont jamais cessé de crépiter sur le terrain. Chief Tabe Tando s’en va s’en avoir connu la fin de cette guerre.

Né le 29 octobre 1950, Tabe Tando quitte la scène quelques jours seulement après une autre figure importante du Sénat : Marcel Niat Njifenji, premier président de cette institution, dont les obsèques ne sont pas encore organisées.

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