lundi, avril 27, 2026
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La peste des petits ruminants : les pays de la CEEAC coordonnent leur riposte depuis Yaoundé

Quarante experts venus des États membres de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale se sont réunis à Yaoundé du 21 au 23 avril 2026 pour harmoniser la surveillance épidémiologique de la peste des petits ruminants. Une maladie qui coûte 2,1 milliards de dollars par an à l'économie mondiale et menace directement les moyens de subsistance de centaines de millions de familles rurales.

La peste des petits ruminants n’est pas une maladie ordinaire. Virale, hautement contagieuse, elle frappe les ovins et les caprins avec une brutalité qui ruine des éleveurs en quelques semaines. Le représentant résident de la FAO au Cameroun, le Dr Antonio Luís Querido, a posé les chiffres sur la table dès l’ouverture des travaux. « La PPR est une maladie virale à propagation rapide qui affecte plus de 70 pays d’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient et d’Asie, et menace la sécurité alimentaire de près de 300 millions de familles rurales. Chaque année, elle entraîne des pertes économiques estimées à 2,1 milliards de dollars américains. », indique-t-il.

En Afrique centrale, la situation reste préoccupante. La maladie demeure endémique dans plusieurs pays de la sous-région, où l’élevage des petits ruminants joue un rôle structurant dans la sécurité alimentaire et les échanges commerciaux locaux. C’est dans ce contexte que la FAO, avec l’appui de l’Union européenne, a réuni quarante participants à Yaoundé pour trois jours de travaux techniques dans le cadre du Programme panafricain d’éradication de la PPR.

Harmoniser pour ne pas se neutraliser

L’atelier poursuit un objectif précis. Renforcer les compétences techniques des services vétérinaires nationaux, normaliser les approches de surveillance, améliorer la collecte et l’analyse des données, et rendre opérationnels les réseaux régionaux de surveillance et de laboratoires. Autant de chantiers qui conditionnent la capacité de la sous-région à tenir l’objectif fixé par la communauté internationale en 2015 lors de la conférence d’Abidjan : l’éradication totale de la PPR à l’horizon 2030.

Car le risque est connu. Les efforts d’un pays peuvent être anéantis par la circulation virale chez son voisin. La Stratégie panafricaine 2023-2027, qui sert aujourd’hui de boussole aux interventions sur le continent, impose une harmonisation rigoureuse précisément pour éviter ce scénario. Les participants ont travaillé sur la cartographie des zones à risque, la validation de feuilles de route de surveillance et leur intégration dans les plans nationaux de chaque État membre.

Des acquis réels, des fragilités persistantes

La sous-région n’est pas au point zéro. Certains pays ont atteint une phase avancée de contrôle. D’autres consolident encore leurs bases diagnostiques. Le Dr Mimbang Guy Iréné, conseiller technique au ministère camerounais de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, a dressé un bilan nuancé. « Malgré ces acquis, des défis persistent, notamment la faible couverture vaccinale, les capacités diagnostiques encore limitées et l’insuffisance de la surveillance active, soulignant ainsi la nécessité d’intensifier les efforts pour inscrire durablement la sous-région sur la trajectoire de l’éradication de la PPR à l’horizon 2030, d’où la pertinence et l’importance des travaux qui nous réunissent ici aujourd’hui. »

Le représentant de la FAO a insisté sur la dimension collective de l’enjeu. « Il s’agit d’un enjeu économique majeur, en particulier pour le petit bétail, notamment les chèvres et les moutons », a rappelé Antonio Querido. « Cet atelier constitue une opportunité pour les États membres d’Afrique centrale de conjuguer leurs efforts en vue de son éradication. Cela demeure un défi collectif pour la région, compte tenu de son impact économique, notamment sur les communautés rurales. »

10,5 millions d’euros pour tenir la trajectoire

Derrière les ambitions, il y a un financement. Le Dr Ndongo Marcel, coordinateur régional du programme PPR en Afrique centrale, a précisé les contours de l’appui européen. « L’Union européenne a choisi d’appuyer cet effort à travers le programme « EU support to the eradication of PPR from Africa », mis en œuvre avec la FAO, pour un montant total de 10,5 millions d’euros pour la phase initiale, soit 8 millions d’euros pour le programme et 2,5 millions d’euros pour le Secrétariat PPR, dans un cadre pluriannuel aligné sur l’horizon 2030. »

À l’issue des trois jours de travaux, les résultats attendus sont concrets. Des cartes de risques actualisées, des réseaux régionaux fonctionnels, un plan régional de surveillance harmonisé et un engagement formel des pays participants. La route vers 2030 est balisée. Reste à la tenir.

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