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Présidentielle 2018 : Maurice Kamto rejette le verdict de la cour constitutionnelle

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Kamto persiste et signe qu'il a gagné

A peine le Conseil constitutionnel a proclamé Paul Biya vainqueur de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, Maurice Kamto a réagi par la voie de sa page dédiée à cette élection, pour dénoncer le hod-up du Conseil constitutionnel. Le candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) réaffirme sa victoire tel qu’annoncée lors d’une conférence de presse donnée au siège de son parti le 8 octobre dernier. Cette fois-ci, celui que le juge suprême a déclaré deuxième, avance des chiffres qu’il dit être les vrais issus des urnes. Lesquels le donnent vainqueur avec 39,74% des voix. Devant son principal challenger.

Pour le professeur titulaire de droit, le Conseil constitutionnel es inféodé au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir et donc à la solde de Paul Biya qui dirige ce parti. Le vainqueur autoproclamé entend « exercer le mandat que [m’a] confié le peuple« .

EXCLUSIF: MAURICE KAMTO REJETTE LES RESULTATS DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Posted by Le quatrième pouvoir on Monday, October 22, 2018

La guerre post-électorale se poursuit. Alors que son directeur de campagne a été enlevé à son domicile ainsi que plusieurs de ses proches, ainsi qu’un journaliste de la chaîne de télévision Afrique media, après une émission de télé au cours de laquelle Paul Erric Kingue clamait la victoire de son candidat et son intention de ne pas respecter les résultats contraires.

Présidentielle 2018 : les Etats-Unis félicitent Elecam mais relèvent des irrégularités

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Donald Trump. Pas d'accord avec le Conseil constitutionnel du Cameroun

Dans un communiqué publié le 22 octobre, les Etats-Unis « se félicitent de l’amélioration remarquable de la Commission électorale camerounaise par rapport aux élections de 2011 ». Néanmoins, la diplomatie américaine déplore la persistances d’irrégularités : « Nous avons constaté un certain nombre d’irrégularités avant, pendant et après les élections du 7 octobre », écrit le Département d’Etat américain dans un communiqué rendu public à la suite de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle camerounaise. Certes « ces irrégularités n’ont peut-être pas affecté le résultat mais ont donné l’impression que les élections n’étaient ni crédibles ni véritablement libres et équitables », écrit Heather Nauert, porte-parole du Département d’Etat. Se fondant sur ces irrégularités, l’opposition avait déposé 19 recours jugés tous irrecevables par le Conseil constitutionnel. A propos, le pays de Donald Trump adoube la mission d’observation de l’Union africaine qui recommande que « le cadre actuel doit être renforcé afin de préserver les principes démocratiques de séparation des pouvoirs, d’équité, d’indépendance et d’impartialité».

On peut comprendre pourquoi la première puissance politique mondiale s’intéresse plus au peuple camerounais qu’au nouvel élu. « Les États-Unis félicitent le peuple camerounais pour les élections largement pacifiques », écrit le porte-parole du département qui gère la diplomatie américaine. « Nous exhortons toutes les parties – y compris le gouvernement – à respecter l’état de droit, à régler pacifiquement tout différend par la voie légale et à éviter les propos haineux », encourage-t-ils.

Le plus important pour Donald Trump au Cameroun, c’est la crise sociopolitique qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest depuis un peu plus de deux ans. Crise pour laquelle l’usage des hélicoptères de combat offerts par l’ami et partenaire du pays de Paul Biya, est proscrit. Dans cette sortie médiatique, « les États-Unis encouragent vivement les deux parties impliquées dans le conflit… à se concentrer sur le règlement des différends par un dialogue pacifique et à permettre un accès sans entraves aux travailleurs de l’aide humanitaire ».

Loin de là, Paul Biya qui vient ainsi de bénéficier de la confiance de la majorité des électeurs selon le Conseil constitutionnel, exhorte ses compatriotes à « se rassembler à présent pour relever, ensemble, les défis qui [nous] interpellent pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère ».

Election présidentielle : L’opposition traditionnelle désavouée

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Avec Joshua, l'opposition traditionnelle perd le leadership

Le plus grand perdant de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, est bien le Social democratic front (Sdf). Le parti jusqu’ici leader de l’opposition, perd sa deuxième place de tous les temps. N’espoir suscité par le choix porté sur Joshua Osih s’est vite estompé dès le démarrage de la campagne électorale pour l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Pour la première fois que le parti est conduit par un candidat autre que Ni John Fru Ndi son président, il perd du terrain et dégringole à la 4ème place. Derrière un Cabral Libii qui a su mieux surfer sur les atouts de la jeunesse que Joshua Osih que le Sdf a engagé.

Paul Biya aussi en chute

En revanche, parmi les anciens clients de l’élection présidentielle, le parti de Ntarinkon peut se targuer d’être dans le top 5. Mais avec un modeste score de 118 706 voix (3,35%). Les deux autres partis qui ont régulièrement concouru pour le palais d’Etoudi, talonnent leur ancienne tête de file. Dans le respect de l’ordre longtemps établi. Ainsi, Adamou Ndam Njoya de l’Union démocratique du Cameroun et Garga Haman Adji de l’Alliance pour la démocratie et le développement (Add) se classent 5ème et 6ème, avec respectivement 1,73% (61 220 voix) et 1,55% (55 048 voix).

Paul Biya, lui, a maintenu le tempo. Même s’il perd des plumes avec seulement 71,28% des suffrages valablement exprimés, contre 77,98% en 2011. Cela pourrait avoir été perçu à l’avance par l’équipe de campagne d’un candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui n’a pas soulevé de grandes masses à Maroua où le président sortant a effectué sa seule sortie de campagne électorale. Pour autant, le président sortant demeure imbattable depuis 1982. Même si, au regard de la forte contestation remarquée lors du contentieux post-électoral, la victoire de L’homme du Renouveau risque de beaucoup diviser au sein d’une opinion qui, toutes proportions gardées, s’est montrée très intéressée par la chose politique lors de la campagne électorale. Avec le retour des meetings populaires.

Présidentielle 2018 : Biya réélu sans surprise

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L'homme a su garder le sourire (Photo d'archives)

Après le 7 octobre reste égal à l’avant 7 octobre 2018. Paul Biya reste président de la République du Cameroun pour un nouveau mandat de sept ans. Ainsi l’a conclu le Conseil constitutionnel ce matin du 22 octobre 2018. Au terme de la session de proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Le candidat sortant l’emporte avec un total de 2 521 934 voix, soit 71,28%.

En seconde position arrive Maurice Kamto avec 503 384 voix pour 14,23%. Occupant une place régulièrement ‘’réservée’’ au Social democratic front (Sdf) de Ni John Fru Ndi. Le parti jusqu’ici leader de l’opposition perd du terrain et dégringole à la 4ème place avec seulement 118 706 voix, pour 3,35% des suffrages valablement exprimés. Cabral Libii réussit le passage en force qui le propulse au 3ème rang avec 221 994 voix, correspondant à 6,28%. Pour le reste, ce sont des scores d’accompagnateurs. Avec Matomba qui perd de l’espoir et se contente d’une 8ème place derrière Franklin Ndifor qui n’a pu battre Garga Haman. Akere Muna dont les bulletins de vote n’ont pu être retirés des bureaux de vote à quelques heures de l’ouverture desdits bureaux, ferme la queue avec 0,35% des voix.

Le classement des 9 concurrents
1er : Biya Paul (2 521 934/71,28%)
2ème : Kamto Maurice (503 384/14,23%)
3ème : Libii Li Ngue Cabral (221 994/6,28%)
4ème : Osih Joshua Nabangui (118 706/3,35%)
5ème : Ndam Njoya Adamou (61 220/1,73%)
6ème : Garga Haman Adji (55 048/1,55%)
7ème : Franklin Ndifor (23 687/0,67%)
8ème : Matomba Serge Espoir (19 704/0,56%)
9ème : Muna Akere Tabeng (12 262/0,35%)

Dieudonné Happi face au piège des vieux démons

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J'ai franchi le verrou

Alors que le Comité de normalisation de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) s’apprête à engager le processus électoral, l’Association des Clubs Amateurs de Football du Cameroun (Acaf) vient de jeter un discrédit sur l’assemblée générale extraordinaire du 10 octobre 2018 ayant adopté les textes. Dénonçant des irrégularités qui ont, à leur gout émaillé les travaux tenus à Mbankomo. Entre autres la corruption des délégués, le vote à mains levées, la violation du principe des 2/3 pour valider un vote,… Des accusations balayées d’un revers de la main par le comité de normalisation. Me Happi Dieudonné défendant l’assemblée générale qu’il a organisée pour la première fois depuis un an, peut se vanter que « selon les habitués des assemblées générales de la Fécafoot, c’est la première fois que des travaux de l’assemblée générale se tiennent dans un climat aussi démocratique ».

Ce qu’a salué le général Djibrilla Hamidou, émissaire de la Fédération internationale de football association (Fifa) en quittant le Cameroun. « La Fifa m’a mandaté ici pour m’assurer qu’il y ait adoption des statuts et du Code électoral, dans les conditions réglementaires et statutaires. C’est ce qui a été fait », a assuré le Nigérien. Confiant avoir ouvert son cœur aux 64 délégués qui détenaient le sort du football camerounais ce jour. « J’ai pu m’adresser moi-même aux délégués et à l’assistance, pour attirer leur attention. Il faudra que les gens arrêtent de donner cette image de l’Afrique. Je fais partie de la Commission des associations nationales au niveau de la Fifa. Nous avons souvent honte : quand vous avez 20 cas qu’on gère là-bas, 15 viennent de l’Afrique et les cinq autres dans le reste du monde. Ce n’est pas une bonne image de l’Afrique. Il faut qu’on arrête ça», avait-il plaidé. Pour sa part, Me Happi, se réjouissant de la traversée de cette première barrière. « C’est le plus beau jour de mon séjour à la tête de la Fécafoot ; je suis très heureux que nous ayons pu faire ce pas ensemble », avait-il salué l’accompagnement des patrons suprêmes du football camerounais. Par la suite, le patron de la Fécafoot avait invité les acteurs du football national à « ouvrir une nouvelle page de l’histoire du football camerounais ». Garantissant la neutralité du Comité qu’il préside.

En face, Abdouraman Hamadou et l’Acfac qui sont à l’origine de l’invalidation des résultats de la Normalisation I, ont une oreille sourde. Après avoir annulé les 26 mois de transition de Joseph Owona et compagnie, les contestataires sont de retour contre la Normalisation II. «Beaucoup ont tendance à soutenir qu’en cas d’échec c’est le comité de normalisation qui aura échoué. Faux et archi faux car il s’agit d’une œuvre collective de tous les acteurs du football camerounais. La responsabilité est commune et partagée. Les querelles intestines, les croc-en-jambe, les tacles irréguliers, la tricherie, l’imagination fertile négative doivent être abandonnés au profit du fairplay et de la recherche d’une victoire commune et méritée », a-t-il mis en garde Dieudonné Happi.

Football professionnel: Une crise interne rend hypothétique la reprise des championnats

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Malgré le respect à sa personne, pierre_semengue ne connaît pas la sérénité.

Le général Pierre Semengue, président de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc), annonce pour le 3 novembre 2018 la reprise des championnats de football professionnel au Cameroun. Un redémarrage qui risque de ne pas avoir lieu, en raison du climat qui règne au sein de la maison. Le conseil d’administration exige la tenue d’une session comme prévu par les textes. «On ne peut pas lancer la saison sans tenir un conseil d’administration ; c’est là-bas que tous les contours de la nouvelle saison seront définies », a dénoncé Franck Happi, le président du Syndicat des clubs de football d’élite de football du Cameroun (Sycec), association née des cendres de l’Association des clubs de football d’élite du Cameroun (Acec).

D’ailleurs, une partie du Conseil d’administration avait déjà programmé une session de ladite instance pour le 11 octobre dernier. Occasion au cours de laquelle Faustin Domkeu le vice-président, Franck Happi, président de l’Union de Douala, et d’autres, comptaient sauver la secrétaire générale Pauline Manguele à qui le président avait servi le 5 octobre une notification de sa mise à la retraite dès le 13 octobre. Laquelle secrétaire générale serait de connivence avec certains membres dissidents du conseil d’administration et de générale, sur certains dossiers contre Pierre Semengue. Ils n’y parviendront pas car Pierre Semengue se sépare de la patronne de l’administration trois jours avant la date annoncée. Après une rallonge qui durait déjà deux ans. « Le président n’a pas le droit de me limoger. Seul le conseil d’administration doit le faire », tente en vain celle qui avait hérité du poste sur un coup de tête du général président. « Madame Manguele est mise à la retraite, et c’est une procédure normale ; elle n’est pas limogée et donc le conseil d’administration n’a pas besoin de statuer sur le cas», explique-t-on à la Lfpc.

Conditions draconiennes

A ce jour, Pierre Semengue a fini par accepter la tenue d’une session extraordinaire du Conseil d’administration. Mais l’homme doute de l’authenticité des signatures apposées sur la demande. En récusant la qualité de certains de ses membres, Pierre Semengue exige l’authentification de ces qualités et des signatures des différents membres auprès du commissariat central de la ville de Yaoundé, ou du commandant de gendarmerie territorialement compétent. Les assises devant se tenir dans la cité capitale. En attendant, il dit « assurer la vacance du conseil d’administration ». La « taupe » intérieure écartée, Pierre Semengue n’a plus que les ennemis plus ou moins éloignés. A ceux-ci, le patron de la Ligue a d’autres armes. L’homme conditionne désormais l’engagement en championnats cette saison au respect de l’article 40, alinéa 2 de la loi du 11 juillet 2011, à savoir que « seules les sociétés sportives ayant signé une convention avec leur association sportive sont habilitées à s’affilier aux compétitions de la Lfpc ». Mais aussi et surtout, cette affiliation est conditionnée à la présentation d’un compte de gestion des fonds alloués par les pouvoirs publics lors de la saison dernière. Un compte de gestion certifié par un comptable agréé. Le patron de la Lfpc l’a signifié dans une circulaire signée la semaine dernière. Un coup qui devrait s’avérer fatal contre ses collaborateurs qui n’excellent pas dans l’art de la transparence. Du moins depuis l’avènement du professionnalisme en 2011, aucun club n’a présenté un bilan de sa gestion.

En revanche, la plupart des clubs engagés en championnats, ont connu des remous internes dus aux arriérés de salaires, excepté des clubs à l’organisation interne assez structurée telle que Coton sport de Garoua, l’Union sportive de Douala, Apejes de Mfou. Pierre Semengue n’est pas à son premier essai d’user de cette arme. Les dissidents dénoncent la « dictature » du président qui « n’est pas président de club et ne peut donc pas comprendre le poids des charges de ses collaborateurs ». Des voix se sont déjà élevées pour menacer de ne pas prendre part aux championnats tant que le conseil d’administration ne se tient pas. Entre temps, la caf veut voir tous les championnats s’arrêter au plus tard fin mai 2019, en raison de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui se déroule dès mi juin. Et c’est le Cameroun qui abrite le tournoi.

Paul Biya : Les secrets de la victoire

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Biya: Un bilan pour le moins parlant

Neuf candidats, un élu ! Avec la majorité des suffrages valablement exprimés, selon de nombreuses estimations, Paul Biya devrait être réélu à la présidence de la République du Cameroun. Le candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) est parti pour nettement battre ses adversaires à cette élection du 7 octobre dernier. Une performance qui devrait couronner un parcours inédit dans l’histoire de la politique africaine. Car s’il a déjà passé 36 ans à la magistrature suprême, Paul Biya, 85 ans, s’apprête à se voir offrir, sept années de plus au Palais présidentiel d’Etoudi. Ce sera son septième mandat. Même si, l’opposition, dont le Conseil Constitutionnel a rejeté tous les recours en annulation partielle ou totale de ce scrutin, accuse le régime d’avoir verrouillé le système électoral en faveur du président sortant.

Biya réélu ? C’est comme si c’était fait!

Quelques signes étaient pourtant au vert, pour une réélection du candidat Biya. A commencer par le timing de sa déclaration de candidature. Le champion du Rdpc a attendu le 13 juillet, soit quatre jours après avoir convoqué le corps électoral. Un calendrier savamment pensé. Et quel meilleur canal que Twitter pour annoncer son intention de briguer un septième mandat à la magistrature suprême ! « Je serai votre candidat à la prochaine élection présidentielle », avait écrit le chef de l’Etat sur son compte, se disant « conscient des défis que nous devons ensemble relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère ». Le président camerounais affirmait d’ailleurs que sa candidature était une réponse à des « appels incessants » de ses « compatriotes du Cameroun et de la diaspora ». Suffisant pour semer le doute dans les esprits de nombreux opposants qui ont vite fait de dire qu’ils rejetteraient le résultat de cette élection, par avance.

Paul Biya a également bien choisi les principaux mots de sa campagne : « Paix », « Unité », « Stabilité ». Tout un programme a été mis sur pied et les cadres du partis et même le gouvernement tout entier se sont portés garants de la victoire plusieurs mois auparavant. C’est que, en tant que président – candidat, Paul Biya a mis toutes les chances de son côté. L’homme du Renouveau disposait d’un certain nombreux d’avantages : une popularité indiscutable ; la stature ; le contrôle par son parti de la quasi-totalité des arrondissements du pays ; des militants (électeurs) implantés sur tout le territoire national ; des ministres du gouvernement prêts à mouiller le maillot pour lui assurer un « 100 % » de réussite dans leurs localités d’origine respectives ; une équipe de campagne qui maîtrise les rouages de la politique camerounaise, puissante, organisée et appelée à couvrir toute la nation ; un parti suffisamment préparé aux plans financier et de la mobilisation… Et une opposition qui est demeurée divisée, malgré l’alliance de la dernière minute entre les candidats Akere Muna et Maurice Kamto. « Même si elle n’était pas suffisante, compte tenu du fait qu’il fallait que d’autres candidats comme Joshua Osih et Cabral Libii se joignent à Akere et Kamto, cette alliance a néanmoins eu le mérite de non seulement répondre aux appels de certaines populations qui en rêvaient, mais aussi de faire trembler le parti au pouvoir qui a dû changer de stratégie », analyse un commentateur politique.

Le candidat du Rdpc a su faire discret. S’il n’a effectué qu’une seule descente sur le terrain de la campagne en allant à Maroua, son message aux électeurs des 10 régions n’en est pas moins clair. Le champion du parti des flammes a en effet joué la carte du « père de l’unité camerounaise ». D’ailleurs dans un clip de campagne diffusé abondamment sur les réseaux sociaux, le mot d’ordre était simple : « L’histoire du Cameroun n’est pas celle de frères et de sœurs qui s’entre-déchirent mais celle d’une famille qui reste unie dans la prospérité. Alors quand on parle du Cameroun, de notre Cameroun, du berceau de nos ancêtres, le meilleur choix restera toujours le choix de la stabilité, Paul Biya ». Face à des candidats que ses affidés ont associé à la crise anglophone, au tribalisme et à l’agitation médiatique, Paul Biya n’a pas besoin de s’exprimer abondamment : les Camerounais ont intégré le message qui a été répété par ses hommes dans les médias et sur le terrain de la campagne électorale. Le président (ré)élu ce 22 octobre devrait prêter serment d’ici au 7 novembre prochain.

Par Arthur Wandji

Election : Les chiffres qui donnent Biya vainqueur

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Plus que quelques heures avant la proclamation du résultat de l’élection présidentielle du 7 octobre dernier, par le Conseil constitutionnel. Si un ou deux candidats à ce scrutin peuvent encore retenir leur souffle, les électeurs eux, ne savent où donner de la tête. La guerre des chiffres ayant eu lieu au cours des derniers jours, avec des chiffres – supposés officieux mais crédibles – qui ont foisonné sur les réseaux sociaux ou dans certains supports médiatiques. Selon ces tableaux récapitulatifs des suffrages exprimés lors de cette élection, la victoire de Paul Biya serait sans appel. Des chiffres qui, à en croire ceux qui les divulguent, seraient issus du rapport de la Commission nationale de recensement après décompte des voix exprimées sur l’ensemble du territoire camerounais et dans la diaspora, donnant vainqueur le président sortant avec 71,28 % des voix, contre 14,23 % pour Maurice Kamto, candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), 6,28 % pour Cabral Libii, challenger de l’Union nationale pour l’intégration vers la solidarité (Univers) et 3,35 % pour Joshua Osih du Social democratic front (SDF). Un petit calcul permet également de comptabiliser 3 537 717 personnes dont les votes ont été pris en compte, pour un fichier officiel de 6 587 383 électeurs.

Biya vainqueur à quelques anomalies près

Or, toujours sur les mêmes réseaux sociaux, un second tableau « récapitulatif des suffrages exprimés par candidat sur le territoire national » fait état d’une victoire du candidat Paul Biya avec 71,09 % cette fois, devant Maurice Kamto (14,40 %), Cabral Libii (6,32 %) et Joshua Osih (3,19 %). Pour un total de 3 462 773 suffrages valablement exprimés. Le problème, c’est que, l’addition de tous les suffrages exprimés tels que présentés dans le tableau donne un total de 3 479 564 voix au lieu du total noté sur le document. Pire encore, l’ensemble des pourcentages des différents candidats sensé être de 100 % atteint les 100,48 %.

Une stratégie politique du régime?

Selon des commentateurs, le fait que des chiffres sensés provenir des rapports de la Commission nationale de recensement et dont la publication est interdite par la loi, se retrouvent sur l’espace public serait une stratégie politique mise en place par le pouvoir de Yaoundé qui voudrait préparer les Camerounais à accueillir le triomphe du président-candidat sortant. « Certes, les travaux de la commission nationale de recensement général des votes étaient publics, mais, prendre la décision de publier, ex-cathedra, les résultats de l’élection présidentielle, travail qui est dévolu au conseil constitutionnel, instance ayant le rôle de la publication des résultats, il y a, sans conteste, anguille sous roche », argue Serge Aimé Bikoi, sociologue.

Par Arthur Wandji

Aristide Mono : « L’opposition est en pleine renaissance »

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"la foule des meetings n'est pas l'électorat"

 

Le chercheur à l’université de Yaoundé II-Soa présente les leçons de l’élection présidentielle ainsi que la gestion des recours par le Conseil constitutionnel.

Quelles leçons peut-on tirer de l’élection présidentielle ?

 Ce que nous pouvons retenir du processus électoral qui s’achève, c’est d’abord la désacralisation de l’activité politique restée mystifiée pendant plusieurs décennies. L’irruption et l’investissement de quelques leaders incognitos ont stimulé l’engagement des masses même si cela s’est observé à des proportions peu considérables. On peut néanmoins saluer le pas qui a été fait. Les barricades morales érigées, qui constituaient jusqu’ici de véritables obstacles ou freins à l’engagement ont été déconstruites. Ensuite nous pouvons relever le fort taux d’abstention dans les zones anglophones qui laisse entrevoir deux probabilités notamment l’abstentionnisme actif c’est-à-dire le refus de prendre part au jeu à l’effet de le sanctionner et l’incapacité de l’Etat à garantir la sécurité des potentiels votants. Mais la première hypothèse me semble plus plausible et cela aura naturellement un impact sur la légitimité du président élu. Il faut par ailleurs noter la stratégie déficitaire de l’opposition qui a beaucoup tergiversé dans ses dynamiques d’alliance et de coalition, celle finalement obtenue a été très tardive et s’est avérée par conséquent inopérante. A coté, on peut relever la prolifération des Fake News ou alors des intox pour utiliser la terminologie française. Les intox se sont imposées comme des outils politiques pour donner un coup à un adversaire ou glaner la sympathie de l’électorat. On retient également le préjudice de la non inscription sur des listes électorales. Je pense que plusieurs non inscrits ont été surpris par la densité du jeu, malheureusement ils ne pouvaient se limiter qu’à la simple présence dans des sites de campagne, ne pouvant traduire leur soutien en vote. Ce qui explique ce contraste entre les grandes mobilisations observées et le score des urnes de l’opposition. Autre chose à retenir, c’est l’amplification de la tribalisation ou l’ethnicisation du champ politique camerounais. Les replis identitaires se sont affirmés davantage comme des ressources de conquête du pouvoir avec des dérives à haut risque sur les réseaux sociaux. La dernière leçon est la grosse négligence de l’opposition qui a tardivement conscience de l’impact du mauvais paramétrage du jeu, notamment la fiabilité douteuse d’Elecam, du Conseil constitutionnel, des hommes à la tête de ces institutions, du rôle de l’autorité administrative et du code électoral. Je pense que la pression pour un assainissement du jeu devait être menée des mois avant la tenue du scrutin et constituer le combat central des opposants.

Comparativement aux précédentes présidentielles, avez-vous le sentiment que le jeu démocratique a évolué ?

Contrairement à 2011, le marché électoral s’est doté d’un nouveau leadership politique jouissant d’une présomption de crédibilité poussée et d’un capital sympathique considérable. L’arrivée de Kamto, Akere Muna et Cabral Libii a irrigué l’opposition classique de nouvelles ressources moins entachées et exténuées comme Fru Ndi et Garga Haman. La deuxième innovation est l’effervescence autour des campagnes électorales, les nouveaux leaders ont fait reculer la désaffection politique. Des mobilisations étaient plus satisfaisantes qu’en 2011. Le troisième élément à considérer est l’accent mis sur le marketing politique avec l’intrusion des moyens modernes : l’investissement dans le branding et la capitalisation des nouvelles technologies d’information et de communication. Les réseaux sociaux par exemple ont été plus courtisés par des unités de campagne que les médias classiques. Il y a eu une véritable invasion des réseaux sociaux avec des impacts positifs considérables même si on peut regretter des dérives de certains internautes. Nous n’allons pas oublier le fundraising utilisé par plusieurs candidats. La portée de cette initiative a été double. D’abord la mobilisation rapide des fonds et ensuite l’implication des masses dans l’entretien des candidatures. On note aussi l’évolution des contenues des discours politiques. Il a été moins question des invectives routinières du « Biya Must Go ». Les programmes et projets de société ont été plus préférés en termes d’offres politiques.

Quel regard portez-vous sur la gestion du contentieux postélectoral par le Conseil constitutionnel ? Le contentieux électoral dans la forme a été très intéressant avec une mise en scène des acteurs digne d’une démocratie avancée. Les multiples interventions des hommes en noir ont permis de découvrir la liberté de ton, la liberté d’expression et le talent de ces avocats. Cependant, dans le fond, il y a une grosse déception. D’abord la transformation du contentieux en conférence nationale souveraine. Nous avons pratiquement vécu le procès des 36 ans de pouvoir du régime actuel avec d’un côté l’opposition qui relevait ses incapacités et de l’autre le Rdpc, Elecam, l’Etat et le Conseil constitutionnel qui défendaient ledit régime. Au-delà de cette illusion, nous avons relevé les insuffisances du droit électoral camerounais qui héberge plusieurs zones d’ombre, de silence et de flous juridiques qui ont été défavorables aux plaignants. Et c’est justement à ce niveau que l’impartialité du Conseil constitutionnel a été mise à rude épreuve. Les décisions des juges ont pris un véritable coup. Ces soupçons de partialité ont été renforcés par les biographies idéologiques des juges dont la plupart sont des anciens apparatchiks du parti au pouvoir. Aucun juge du Conseil constitutionnel n’étant ancien sociétaire d’un parti d’opposition, les soupçons de connivence avec l’ordre dirigeant semblaient justifiés.

Quel crédit accordez-vous à ses décisions ?

Au regard de ce qui vient d’être relevé sur la présomption de partialité flagrante des juges et les insuffisances du droit électoral, les conclusions du Conseil constitutionnel ne peuvent pas être exempte de toute querelle ou discussion. Pour toutes les parties ayant introduit un recours, il est clair que cette institution n’a pas joué un franc jeu. Les déclarations faites par des leaders de certaines formations partisanes en sont des illustrations.

Ne s’achemine t-on pas vers une réélection de Paul Biya ?

 Je pense que les recours de l’opposition n’ayant pas connu un aboutissement heureux, les résultats de la Commission nationale de recensement général des votes, qui donnent le candidat du Rdpc vainqueur, seront naturellement confirmés par le Conseil constitutionnel. Biya sera réélu.

Quel est le poids de l’opposition au terme de cette élection présidentielle ?

L’opposition s’est repositionnée comme alternative sérieuse même si les chiffres avancés par Elecam ne sont pas loin de ceux de 2011. Les mobilisations observées avec des modiques moyens montrent que cette opposition est en pleine renaissance, les Camerounais lui font à nouveau confiance. Le recours au G-20, le resserrement de la majorité présidentielle et le déploiement du parti au pouvoir pour museler irrégulièrement l’opposition prouvent que cette dernière fait à nouveau perdre au Rdpc sa quiétude d’après 1997. L’opposition, au-delà du score qui sera dit, est en pleine émergence. Si la dynamique observée durant cette présidentielle est sagement entretenue jusqu’aux législatives et municipales, il y aura naturellement une véritable érosion de l’hégémonie locale du parti au pouvoir. Les leaders comme Cabral sont entrain d’exhumer la passion chez les jeunes, Kamto de son coté ressuscite l’espoir d’une alternance, je pense tout simplement que demain ne sera plus comme avant.

Djibrilla Hamidou : « Que les gens laissent tomber leurs intérêts partisans »

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L'émissaire de la Fifa

Est-ce que vous êtes satisfaits de l’ambiance dans laquelle les travaux se sont déroulés ?

Oui, effectivement, l’essentiel a été fait, en ce qui me concerne. La Fifa m’a mandaté ici pour m’assurer qu’il y ait adoption des statuts et du Code électoral, dans les conditions réglementaires et statutaires. C’est ce qui a été fait. J’ai pu m’adresser moi-même aux délégués et à l’assistance, pour attirer leur attention. Il faudra que les gens arrêtent de donner cette image de l’Afrique. Je fais partie de la Commission des associations nationales au niveau de la Fifa. Nous avons souvent honte. Quand vous avez 20 cas qu’on gère là-bas, 15 viennent de l’Afrique et les cinq autres dans le reste du monde. Ce n’est pas une bonne image de l’Afrique. Il faut qu’on arrête ça. Il faut que le football cesse d’être dans les querelles des dirigeants, qu’il revienne dans les stades. C’est un peu dans ce sens que j’ai fait mon adresse à l’assistance. En tout cas, quand on m’a appris que ça fait près de six ans que la Fécafoot est en léthargie, je les ai interpellés pour demander s’ils savent que ça fait six générations de jeunes qui sont sacrifiés. Parce que nous, en tant que dirigeants du football, il ne faut pas qu’on oublie notre rôle d’éducateurs. Nous sommes des éducateurs, nous sommes là pour aider cette jeunesse-là à pouvoir éclore, à pouvoir s’épanouir à travers ce football. Est-ce que nous nous rendons compte de notre rôle ? De la responsabilité qu’on prend en sacrifiant pendant une période tout le football, l’avenir d’un certain nombre de jeunes ?

Est-ce que vous diriez en partant, que le football camerounais est définitivement sorti de sa crise ?

Je l‘espère, je ne suis pas un devin. Je ne peux pas parler à la place des Camerounais. Mais je pense qu’il est temps que les gens s’arrêtent, laissent tomber leurs intérêts partisans et s’occupent de l’intérêt national, de l’intérêt du football camerounais. Il est grand temps. Donc j’espère que les gens vont essayer d’aller de l’avant. Parce que comme je dis, au Cameroun aujourd’hui, vous avez des enjeux et des défis à relever : il y a cette Coupe d’Afrique qui arrive et tout ; il faut que les gens se concentrent sur l’essentiel, au lieu de perdre leur temps dans des invectives inutiles.

Sur le fonds, est-ce qu’on a avancé dans les textes ?

Bien sûr ! Écoutez : les textes ont été adoptés. Et comme je l’ai dit, l’assemblée générale est toujours souveraine. S’ils veulent amender les textes, ils pourront toujours le faire, quel que soit le nombre d’années. Il suffit de convoquer l’assemblée générale pour le faire. C’est l’Assemblée générale qui décide. On a beau faire des textes super bien, si les hommes qui doivent les appliquer sont de mauvaise foi, ça ne servira à rien, ça ne garantit rien. Donc les textes ne valent que ce que valent les hommes.

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