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1 800 industries alimentaires créées en 7 ans

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Ministre des Mines, des Industries et du Développement Technologique, Gabriel Dodo Ndocke

Entre 2009 et 2016, l’industrie alimentaire a connu une forte hausse en termes de création d’entreprises, passant ainsi de 764 à 2 564. La révélation a été faite par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt), Gabriel Dodo Ndocke, au cours du Conseil de cabinet tenu le 28 mai dernier à la Primature. Au cours de la période sous revue, rajoute le ministre, l’on a observé un dynamisme remarquable dans la transformation industrielle de certaines spéculations notamment : l’huile de palme, le cacao, le thé et le sucre. « La transformation des produits agricoles représente aujourd’hui 28 %de la valeur ajoutée du secteur secondaire hors pétrole », a souligné le Minmidt.

Malgré le dynamisme de l’industrie de transformation et la hausse considérable d’entreprises créées, Gabriel Dodo Ndocke reconnait que : « le tissu industriel demeure très déséquilibré ». Ceci, ajoute-t-il, « dans la mesure où 3 % d’entreprises produisent à elles seules plus de 95 % de la valeur ajoutée et l’essentiel du chiffre d’affaires du secteur secondaire ». De plus, le Minmidt indique que l’obsolescence de l’outil de production, l’insuffisance des infrastructures de transport, les difficultés de l’accès aux financements et aux facteurs de production ainsi que l’indisponibilité de la matière première sont autant de contraintes qui entravent l’essor de l’industrie de la transformation des produits agricoles au Cameroun.

Et pour juguler ce problème, Gabriel Dodo Ndocke a fait savoir que la valorisation industrielle des matières premières d’origine agricole dépend de trois grands leviers, notamment la structuration institutionnelle, une structuration opérationnelle et le renforcement des instruments de soutien des petites et moyennes industries.

Nord-Ouest/Sud-ouest : De la crise politique au désastre social et économique

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C’est un désastre pour l’économie camerounaise. Du fait de la crise sociopolitique qui secoue les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest depuis plus de deux ans, les indicateurs économiques de l’Etat sont en chute libre. Un rapport du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) sur la situation révèle que le Trésor camerounais a déjà perdu plus de 6 milliards de francs CFA en termes de recettes fiscales pour l’Etat au titre de l’acompte de l’impôt sur les sociétés. Le manque à gagner en termes de chiffres d’affaires pour les entreprises pouvant dépasser les 270 milliards de francs CFA. D’ailleurs, sur 1 511 entreprises créées dans ces deux régions depuis 2011, rares sont celles qui résistent au vent de la crise. Alors qu’on recense déjà à près de 6 500 emplois perdus sur les sites agroindustriels en arrêt de production.

Les régions anglophones concentrent pourtant une part importante des activités agricoles du Cameroun (café, thé, cacao, palmiers à huile, plantain etc.). Le Nord-Ouest représente environ 70% de la production nationale du café arabica, tandis que le Sud- Ouest fournit 45 % du cacao camerounais. Le problème ? Le climat délétère qui règne dans ces deux régions met à mal aussi bien la production que la collecte, le commerce et le transport des produits. La crise impacte négativement les exportations de cacao [génératrices de devises, Ndlr.] et par conséquent la balance des paiements. Il y a longtemps que le Sud- ouest a perdu sa place de leader dans la production nationale de cacao au bénéfice de la région du Centre, passant de 45,45 % des ventes nationales de cacao à 32 %, soit une perte de 43000 tonnes sur la campagne 2017/2018. La perte financière qui en découle est de l’ordre de 56 milliards de francs CFA en valeur de recettes d’exportation (rapatriement de devises), dont 35 milliards de francs CFA de recettes des agriculteurs du Sud-Ouest en considérant les cours du cacao sur le marché mondial. Cette perte devrait avoir connu une hausse à la fin du premier trimestre de cette année 2019.

Cdc : 35 milliards de francs Cfa de pertes

A Buea, la Cameroon Development Corporation (CDC), le deuxième employeur du pays après l’Etat, est à l’agonie. Seuls 7 sites sur 29 sont encore fonctionnels. La Direction de l’entreprise évalue les pertes à près de 35 milliards de francs CFA. En possession de terres réputées pour leur fertilité, la CDC compte aujourd’hui 40 000 hectares de plantations d’hévéa, de palmiers à huiles et de bananeraies à l’abandon. Sur le site, l’usine où étaient empaquetés chaque jour 70 tonnes de bananes destinées à l’exportation est partie en fumée, brûlée par les sécessionnistes. A l’instar de cette unité de production, 63 % des activités de la CDC sont à l’arrêt. Une bonne partie des 22 000 employés a déserté les plantations, menacé par des séparatistes qui leur reprochent de travailler pour « la République ». Or, à mesure que la crise s’enlise, les dommages ne cessent de s’aggraver avec leurs lots de souffrance. « Nous avons enduré des pertes financières énormes, confie Franklin Ngoni Njie, directeur général de la CDC au micro de France 24 Télévision. Pour donner une estimation très prudente du manque à gagner, on parle de 53 millions d’euros au bas mot. Alors même si la sécurité revient, cette entreprise a besoin d’au moins 46 millions d’euros pour survivre. Si nous n’avons pas accès à ces financements, nous ne pourrons continuer nos opérations ». Le retour à la sécurité et au calme étant la première solution aux problèmes. Chose qui tarde à être implémenter face à la résistance des sécessionnistes.

C’est en effet en novembre 2016 que tout commence avec un mouvement d’humeur mené par des enseignants et des avocats anglophones. Se disant comme marginalisés, ils réclamaient un meilleur traitement, au même titre que leurs confrères francophones. Leurs revendications ont été jugées légitimes, non seulement par les organisations de la société civile, mais également par les pouvoirs publics, qui ont répondu favorablement à la majeure partie de leurs doléances. La situation semblait donc sous contrôle jusqu’à ce qu’une autre vague de protestataires, manipulés par une poignée de ressortissants anglophones résidant en Occident, voie le jour dans ces deux régions. Les leaders ont affiché leurs ambitions : la séparation des régions du Noud- Ouest et du Sud-Ouest du reste du pays. Alors que d’autres sont plutôt favorables au dialogue pour un retour au fédéralisme. Deux options que le président Paul Biya n’est pas prêt d’accepter.

Arthur Wandji
Source : Défis actuels

Can 2019 : pourquoi le Cameroun ne peut plus être disqualifié

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Historien du football, Claude Kana explique les raisons pour lesquelles la procédure
engagée par les Comores au Tribunal arbitral du sport (TAS) est vouée à l’échec.
Ils sont nombreux, fans de foot et même des juristes qui m’ont contacté depuis le weekend dernier pour savoir quelles étaient les chances pour que les Lions Indomptables ne soient pas en Egypte au mois de juin pour défendre leur titre. J’ai rapidement répondu à la question, mais si elle revient, je me fais le devoir d’expliquer un peu plus en détails.

L’article 92 des statuts et règlements de la CAF stipule que : « le retrait de la CAN six mois avant le début de la compétition entraîne la disqualification du pays organisateur défaillant, sa suspension durant deux ans, et une amende d’un million de dollar ». C’est sur la base de cet article que s’est fondée la Fédération comorienne pour saisir le TAS, pour demander la disqualification du Cameroun et la suspension pour une période de 2 ans. La probabilité pour que le Cameroun soit disqualifié est quasi nulle, voici les 4 raisons :

1 – Le TAS est un tribunal arbitral. Par conséquent chaque partie à un différend doit payer une consignation, afin que le tribunal soit légalement saisi. Les Comores n’ont pas payé de consignation, demandant à la CAF de payer pour les 2 parties. Vous conviendrez avec moi que la CAF ne payera pas pour se faire déjuger. Donc il n’y a aucune décision à attendre du TAS, qui a tout simplement rejeté la demande. Il ne tranchera pas sur le fond.

2 – Pour qu’un pays soit disqualifié, il doit s’être retiré, ou avoir été déclaré défaillant. Or, en l’espèce, dans toutes les communications, la CAF a pris le soin d’expliquer qu’il s’agissait d’un changement de date. Le Cameroun, qui organisera l’édition de 2021 ne rentre donc pas dans le champ d’application de l’article 92. Il a fait des investissements colossaux, et la CAF en est consciente.

3 – Si par extraordinaire, on rentrait sur le fond, au jour d’aujourd’hui, les Comores n’ont plus ce qu’on appelle en droit « l’intérêt pour agir » ou la « qualité pour agir ». Ils ont finalement fini 4e de la poule. Donc si le Cameroun est disqualifié, c’est le Malawi qui serait qualifié et non les Comores. On imagine donc mal les Comores en train d’aller payer la consignation alors qu’ils n’ont aucun intérêt.

4 – La dernière raison est politique. Le retrait de l’organisation de l’édition 2019 a donné lieu à un imbroglio néfaste à la CAF, donnant une impression d’amateurisme. La CAF n’a pas intérêt à ce que le feuilleton continue. Si le Cameroun est disqualifié pour deux éditions, ce n’est pas sûr que la Côte d’Ivoire et la Guinée qui ont accepté de « glisser » reviennent au statu quo. Et puis, sur l’échiquier du football africain, le Cameroun ne pèse pas le même poids que les Comores. Voilà pourquoi on doit arrêter les spéculations et se mettre au travail, car on a un titre à défendre.

Dr Claude Kana, historien du football

Intégration: Air Cemac liquidé

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La compagnie panafricaine Air Cemac met définitivement la clé sous le paillasson après dix-huit ans de service. Les chefs d’Etat et de gouvernement de la sous-région ont entériné le 24 mars dernier, la décision de liquidation de l’entreprise prise par les ministres des Transports des pays partenaires en 2018. Outre l’abrogation de ladite compagnie et la fixation de son siège, ils ont également décidé à N’Djamena au Tchad, lors des travaux de la 14e conférence de la Cemac, de rétrocéder les apports des Etats membres au Fonds de Développement de la Communauté (Fodec). Le boni de cette liquidation évaluée à 7, 569 milliards de francs CFA sera par ailleurs transféré à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale.

Créé en 2001 avec un capital initial de 10 milliards de francs CFA, Air Cemac était destiné à desservir les capitales des six pays de la sous-région (Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad), de développer des services pour une vingtaine d’autres villes du continent et d’explorer les lignes internationales. Mais, la compagnie n’a malheureusement pas pu réaliser ces objectifs. Selon les experts, cet échec s’explique par l’absence d’investissement pour la compagnie et l’incapacité de certains pays à contribuer à la réussite de ce projet. Ils estiment en effet que plusieurs pays impliqués dans le projet ont accordé la priorité à leur compagnie nationale au détriment d’Air Cemac. De plus, le capital avait commencé à être consommer sans que la compagnie panafricaine ne soit réellement en activité. « La compagnie, qui avait son siège à Brazzaville (au Congo, Ndlr), Du fait de ses difficultés, le capital initial de la société estimé à 10 milliards de francs CFA s’est évaporé, avant même que la compagnie ne commence son fonctionnement en 2013 », écrit nos confères de Tribune d’Afrique.

Ghislaine Ngancha
Source : Défis actuels

Le Gicam s’allie au Port autonome de Kribi

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Promouvoir le commerce extérieur et développer la chaine logistique de valeur. Tel est l’objectif de la convention de partenariat signée le 2 avril dernier entre le président du Goupement Inertpatronal du Cameroun (Gicam), Célestin Tawamba et le directeur général du Port Autonome de Kribi (PAK), Patrice Melom. « La signature de ce jour permet désormais au Port autonome de Kribi de partager l’information sur les atouts, le modèle économique, et les plans de développement envisagés aussi bien en faveur du Port qu’au bénéfice de tous les acteurs qui gravitent autour de cette grande infrastructure », fait savoir Patrice Melom. Et d’ajouter : « Nous avons justement choisi le Gicam, pour bénéficier de cette expertise sur le monde des affaires, tant sur le plan national, qu’international, afin de conquérir au mieux des partenaires d’affaires ».

Ainsi, selon les termes d’accord, le Gicam devra accompagner le PAK en termes de communication sur les opportunités d’affaires ; la remontée d’informations sur les critiques visant à améliorer les offres et les activités du PAK. Il devra également renforcer les capacités de son personnel de la plateforme portuaire à travers des formations et des séminaires. En retour, le PAK devra mettre à la disposition du Gicam les informations nécessaires à la réalisation de ses missions, contribuer à mettre sur pied un dispositif de soutien aux PME et de développement de l’investissement et accorder une attention particulière aux préoccupations des entreprises relayées par le Groupement. « Une démarche qui permettra de sensibiliser et d’identifier les entreprises pour une meilleure gestion axée sur les résultats d’une dynamique plurielle. Etant en maxime composée des entreprises qui ont des activités industrielles, nous aurons besoin du Port Autonome de Kribi à juste titre pour atteindre nos objectifs », explique Célestin Tawamba. Pour lui, le PAK est un outil qui différencie le Cameroun des pays de la sous région et même de l’Afrique Sub-saharienne. Il est un instrument structurant de l’économie camerounaise, cartouche supplémentaire pour vendre la destination Cameroun aux investisseurs, à laquelle on doit ajouter la communication sur la base d’éléments palpables.

Par ailleurs, le directeur général du PAK a demandé la mise sur pied au plutôt d’un Comité de suivi de cette convention afin que la phase d’implémentation soit amorcée.

Transport aérien : Le ciel camerounais est de plus en plus convoité

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De par sa position géographique en Afrique centrale, le Cameroun attire de plus en plus de compagnies étrangères dans son ciel. La preuve, selon l’Autorité Aéronautique du Cameroun (CCAA), cette attirance des compagnies étrangères pour le ciel camerounais au cours de cette saison d’été est due à la fiabilité du système de sécurité et de sûreté aérien mis en place. « Cet attrait des compagnies pour la destination Cameroun témoigne de la fiabilité du système de supervision de la sécurité et de la sûreté aériennes en vigueur dans notre pays », apprend-on auprès de la CCAA. De plus, l’Autorité aéronautique indique que la position géographique du Cameroun dans la sous-région Afrique centrale explique aussi cette ruée des compagnies étrangères. « La position géographique du Cameroun est très stratégique. Le pays est un peu comme une porte d’entrée ou une ouverture aux autres pays de la sous-région », ajoute un expert.

19 compagnies autorisées à desservir le pays

En effet, dès l’été 2019, du 31 mars au 26 octobre 2019, révèle l’Autorité Aéronautique, 19 compagnies aériennes vont assurer la desserte du Cameroun. Il s’agit de : Air Côte d’Ivoire, Air France, Afrijet, Asky, AJK, Brussels Airlines, Camair-Co, CargoLux, Ceiba International, Congo Airways, Tchadia Airlines et Solenta Aviation Gabon, Cronos airlines, Ethiopian Airlines, Kenya Airways, Royal Air Maroc, Rwandair, Trans Air Congo et Turkish Airlines. Comparativement à la saison d’hiver 2018-2019, deux nouvelles compagnies, notamment Tchadia Airlines et Solenta Aviation Gabon rejoignent les 17 autres qui opéraient déjà des vols réguliers vers le Cameroun. A titre de rappel, c’est en octobre dernier que le transporteur tchadien a commencé ses activités, succédant ainsi à Toumai Air Tchad qui a fermé ses portes il y a six ans. La compagnie aérienne a d’ailleurs effectué son vol inaugural le 11 mars en direction de l’aéroport international de Douala. S’agissant de Solenta Aviation Gabon, la compagnie était d’abord spécialisée dans l’acheminement de marchandises avant de muter en 1995 vers le transport de passagers.

Cinq compagnies en attente

A côté de ses nouveaux venus, cinq autres compagnies sollicitent la desserte du Cameroun parmi lesquelles Egypt Air, Air Algérie, Air Sénégal, Arik Air et Tropical Air Gabon sollicitent la desserte du Cameroun. Ils ont à cet effet, enclencher des procédures en vue de l’ouverture des lignes en direction de la capitale politique Yaoundé et la capitale économique Douala. Notons qu’Air Algérie, Tropical Air Gabon et Egypt air vont expérimenter pour la première fois les lignes camerounaises. Alors que Air Sénégal, née de la défunte compagnie nationale Senegal airlines qui a desservi le Cameroun jusqu’en 2013, reprend tout simplement les activités après six ans. Il en est de même pour Arik Air qui veut marquer son retour après la suspension de la ligne Lagos-Douala en 2015.

Ghislaine Ngancha
Source : Défis actuels

Crise Anglophone : un lourd bilan social

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Depuis près de deux ans, la crise dite anglophone dicte sa loi dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. C’est la guerre ouverte entre le pouvoir central et les séparatistes autoproclamés de l’Etat imaginaire qu’ils appellent « l’Ambazonie ». Depuis, des violences ont éclaté et le bilan est lourd. Plus de 500 civils ont été tués depuis le début du conflit, selon le centre d’analyse International Crisis Group (ICG). Or officiellement, aucun chiffre n’est rendu public sur le nombre de morts et de blessés enregistrés dans les deux camps.

Des écoles partent en fumée

Les violences débordent le cadre des affrontements entre manifestants séparatistes et forces de l’ordre. A Buea comme à Bamenda, l’on note des actes de vandalisme, des commerces pillés, pire encore, des hôpitaux et des établissements scolaires sont incendiés pour avoir ouvert leurs portes aux rares élèves déterminés à poursuivre leurs études. Ce sont entre autres, les cas du collège Saint Pius de la ville d’Ekondo Titi (département du Ndian, dans la région du Sud-Ouest), le collège évangélique de Bamenda, le Baptist Comprehensive college de Nkwen, le Sacred heart college, l’un des internats les plus prestigieux de la région, l’école publique d’Atuakom de Bamenda et le Maflekumen Higher Institute of Health and Science situé à Tiko. Au moins huit écoles sont déjà parties en fumée.

437 000 Déplacés selon l’ONU

Du coup, pour poursuivre l’éducation de leurs enfants en toute tranquillité, certains parents ont choisi d’envoyer leurs dans des villes comme Douala, Yaoundé, Dschang, Mbouda etc. La conséquence de cet exode étant le surpeuplement des écoles, collèges et lycées des autres régions. ce qui, selon les acteurs du système éducatif, impacte négativement sur le pilotage des élèves et étudiants au niveau pédagogique.

Les salles de classe et les amphis accueillent plus d’apprenants que le nombre prévu, les enseignants sont surchargés et certains commenceraient même à se décourager. Or, à côté des élèves et étudiants qui ont dû quitter les zones touchées par cette crise anglophone, il y a ceux qui ont choisi l’immigration. Selon l’ONU, 437 000 personnes ont été déplacées dans les régions anglophones, et plus de 32 000 autres ont fui au Nigeria voisin.

Intimidation et psychose

Les populations vivent en effet dans la peur notamment à cause du maintien de l’opération de « villes mortes » qui plombent les activités économiques, mais aussi des messages d’intimidation et autres tracts véhiculés par les séparatistes qui menacent de s’en prendre violemment aux enfants qui s’entêtent à aller à l’école. Dernièrement, la psychose est montée d’un cran avec l’enlèvement de vingt joueurs de l’équipe de football de l’université de Buea, capitale du Sud-Ouest du Cameroun, alors qu’ils s’entrainaient. Retenus en captivité pendant plus d’une journée, les cops ont été ensuite libérés après avoir subi des actes de tortures.

Cameroon business forum : climat des affaires : les mesures urgentes attendues

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Une feuille de route a été arrêtée à Douala le 18 mars dernier, au terme de la 10ème édition du Cameroon Business Forum (CBF). Celle-ci contient les actions à mettre en oeuvre pour une amélioration continue de l’environnement des affaires au Cameroun. Portant sur dix aspects précis, ces mesures prioritaires doivent être exécutées dès le mois prochain.

Ainsi, en matière de facilitation de création d’entreprises, la feuille de route prévoit « d’intégrer les services de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale au Centre de formalité de création d’entreprises ». Aussi, est-il envisagé « d’étendre l’application mybussiness.cm dans trois capitales de régions en l’occurrence Bamenda, Bafoussam, Ebolowa », tout comme « l’informatisation du processus de délivrance des registres de commerce et de crédits mobiliers dans les tribunaux de première instance des villes de Douala Yaoundé et Garoua », sans oublier le « vote à 10 millions le seuil du capital minimum des Société à Responsabilité Limitée tout le capital ayant recours alternatif aux notaires ». Pour ces trois dernières actions, leur mise en oeuvre à pour date butoir décembre 2019. Et les responsables désignés à cet effet sont à la fois la Cnps, le ministère de la Justice et le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa).

En ce qui concerne l’obtention de permis de construire, l’Etat et les hommes d’affaires ont convenu « d’homologuer et revoir à la baisse les coûts des autorisations administratives d’occupation des sols », mais également de « finaliser le processus d’engagement décennal pour les professionnels de la construction notamment les architectes les ingénieurs agissant comme maitres d’oeuvre ». Tout ceci devra se faire dès le mois de juin prochain. En matière d’accès à l’électricité, il est prévu dès décembre 2019 : « d’étendre la phase pilote de Scada ( nouveau module de téléconduite du système électrique), la distribution aux autres postes de distribution et de répartition de Douala ». Le volet transfert de propriété n’est pas en reste. Il a été décidé « d’opérationnaliser la mutualisation des formalités d’enregistrement fiscal et foncier se déroulant au même endroit à Douala et Yaoundé », dès avril prochain.

Pour ce qui du commerce transfrontalier, deux actions majeures sont envisager : « adopter et implémenter un plan de fin de projet pour la dématérialisation des opérations de commerce extérieur » et « supprimer les contrôles intermédiaires de transport des marchandises en transit et les checkpoints conventionnels ».

Règlement des différends et protection des investisseurs

Sur des points précis, il est consigné dans la feuille de route du CBF, « d’initier la création des tribunaux de commerce et autoriser la création des tribunaux pilotes à Douala Yaoundé Buea et Bamenda », et « d’initier la reforme en vue de la mise en place des juges de mise en état ». Ainsi que la « finalisation de la révision de la loi sur les établissements classés ».

Payements des impôts et taxes

Placées sous la responsabilité du ministère des Finances (Minfi), les actions à mener dès juin prochain portent sur la : « finalisation de la mise en place du télépaiement au profit des grandes et moyennes entreprises ; procéder à la dématérialisation complète des procédures contentieuses et de contrôle ; conduire une étude en vue de la diminution du nombre de paiements annuels par entreprises ; finaliser l’institution du timbre fiscal électronique pour les formalités en lignes, procéder à la dématérialisation de la procédure d’enregistrement des décisions de justice ».

Accès aux crédits et gouvernance

Dans le but de faciliter l’accès aux crédits des entreprises, il a été confié au Comité Nation de Crédit de veiller, dès le mois prochain, à « opérationnaliser le répertoire national des sûretés mobilières ». De même, aux responsables du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), du Minpmeesa et à la plateforme du secteur privé, il a été demandé de : « finaliser l’élaboration d’un livre blanc pour appuyer le développement du secteur privé ; finaliser l’élaboration d’une charte nationale de la Petite et Moyenne Entreprises ».

Junior Matock
Défis actuels

Zones anglophones : de la crise politique au désastre social et économique

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C’est un désastre pour l’économie camerounaise. Du fait de la crise sociopolitique qui secoue les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest depuis plus de deux ans, les indicateurs économiques de l’Etat sont en chute libre. Un rapport du Groupement Inter-Patronal du Cameroun (Gicam) sur la situation révèle que le Trésor camerounais a déjà perdu plus de 6 milliards de francs CFA en termes de recettes fiscales pour l’Etat au titre de l’acompte de l’impôt sur les sociétés. Le manque à gagner en termes de chiffres d’affaires pour les entreprises pouvant dépasser les 270 milliards de francs CFA. D’ailleurs, sur 1 511 entreprises créées dans ces deux régions depuis 2011, rares sont celles qui résistent au vent de la crise. Alors qu’on recense déjà à près de 6 500 emplois perdus sur les sites agroindustriels en arrêt de production.

Les régions anglophones concentrent pourtant une part importante des activités agricoles du Cameroun (café, thé, cacao, palmiers à huile, plantain etc.). Le Nord-Ouest représente environ 70% de la production nationale du café arabica, tandis que le Sud-Ouest fournit 45 % du cacao camerounais.

Le problème ? Le climat délétère qui règne dans ces deux régions met à mal aussi bien la production que la collecte, le commerce et le transport des produits. La crise impacte négativement les exportations de cacao [génératrices de devises, Ndlr.] et par conséquent la balance des paiements. Il y a longtemps que le Sud-Ouest a perdu sa place de leader dans la production nationale de cacao au bénéfice de la région du Centre, passant de 45,45 % des ventes nationales de cacao à 32 %, soit une perte de 43000 tonnes sur la campagne 2017/2018. La perte financière qui en découle est de l’ordre de 56 milliards de francs CFA en valeur de recettes d’exportation (rapatriement de devises), dont 35 milliards de francs CFA de recettes des agriculteurs du Sud-Ouest en considérant les cours du cacao sur le marché mondial. Cette perte devrait avoir connu une hausse à la fin du premier trimestre de cette année 2019.

CDC : 35 milliards de francs CFA de pertes

A Buea, la Cameroon Development Corporation (CDC), le deuxième employeur du pays après l’Etat, est à l’agonie. Seuls 7 sites sur 29 sont encore fonctionnels. La Direction de l’entreprise évalue les pertes à près de 35 milliards de francs CFA. En possession de terres réputées pour leur fertilité, la CDC compte aujourd’hui 40 000 hectares de plantations d’hévéa, de palmiers à huiles et de bananeraies à l’abandon. Sur le site, l’usine où étaient empaquetés chaque jour 70 tonnes de bananes destinées à l’exportation est partie en fumée, brûlée par les sécessionnistes.

A l’instar de cette unité de production, 63 % des activités de la CDC sont à l’arrêt. Une bonne partie des 22 000 employés a déserté les plantations, menacé par des séparatistes qui leur reprochent de travailler pour « la République ». Or, à mesure que la crise s’enlise, les dommages ne cessent de s’aggraver avec leurs lots de souffrance. « Nous avons enduré des pertes financières énormes, confie Franklin Ngoni Njie, directeur général de la CDC au micro de France 24 Télévision. Pour donner une estimation très prudente du manque à gagner, on parle de 53 millions d’euros au bas mot. Alors même si la sécurité revient, cette entreprise a besoin d’au moins 46 millions d’euros pour survivre. Si nous n’avons pas accès à ces financements, nous ne pourrons continuer nos opérations ».

Le retour à la sécurité et au calme étant la première solution aux problèmes. Chose qui tarde à être implémenter face à la résistance des sécessionnistes. C’est en effet en novembre 2016 que tout commence avec un mouvement d’humeur mené par des enseignants et des avocats anglophones. Se disant comme marginalisés, ils réclamaient un meilleur traitement, au même titre que leurs confrères francophones. Leurs revendications ont été jugées légitimes, non seulement par les organisations de la société civile, mais également par les pouvoirs publics, qui ont répondu favorablement à la majeure partie de leurs doléances.

La situation semblait donc sous contrôle jusqu’à ce qu’une autre vague de protestataires, manipulés par une poignée de ressortissants anglophones résidant en Occident, voie le jour dans ces deux régions. Les leaders ont affiché leurs ambitions : la séparation des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du reste du pays. Alors que d’autres sont plutôt favorables au dialogue pour un retour au fédéralisme. Deux options que le président Paul Biya n’est pas prêt d’accepter.

Crise anglophone: plus de 40 milliards de perte pour les entreprises brassicoles

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Plus de 40 milliards de perte pour les entreprises brassicoles.

Les entreprises brassicoles, industries meunières, industries laitières, dont les unités de production sont installées hors des régions du Sud-ouest et du Nord-ouest sont également impactées par la crise. Le climat d’insécurité a conduit au retrait des représentations commerciales et même à une impossible couverture de plusieurs zones de ces Régions. Plusieurs entreprises ont été contraintes au démantèlement des infrastructures logistiques et de commercialisation lorsque celles-ci ont échappé aux vandalismes et destructions. De manière détaillée, les entreprises de fabrication des boissons observent notamment des pertes de chiffres d’affaires allant jusqu’à 40 milliards de francs CFA. Les actes de vol et de vandalismes ont déjà coûté à ces dernières plus de 500 millions de francs CFA en pertes matériels sans compter les sommes déboursées par leurs employés pour échapper aux rackets et autres menaces. Les industries meunières, bien que n’ayant pas minoterie installée dans ces régions voient également leurs activités souffrir de ce climat d’insécurité. Des camions de livraison leur appartenant ou à des tiers travaillant directement ou indirectement pour leur compte ont été incendiés. Les livraisons auprès des clients ont baissé, même si l’intensité diffère d’une entreprise à une autre. Elles vont notamment de 5 % à 40 % pour les entreprises les plus impactées. Le manque à gagner pour l’ensemble de la filière pourrait ainsi avoisiner 4,9 milliards francs CFA. Les entreprises ont notamment perdu le contact avec des clients boulangers et autres grossistes, le nombre de livraison a chuté, drastiquement dans certains cas. Des licenciements pouvant atteindre 15 % des effectifs sont en étude si la situation perdure. Dans le secteur des services à l’agriculture, à savoir la distribution des produits phytosanitaires, machinisme agricole, conseil agricole, commercialisation,) s’en trouvent impactés. Le document du Gicam indique que pour la distribution des produits phytosanitaires en particulier, la chute des activités atteint 60 % des ventes en raison notamment des difficultés que rencontrent aussi bien les agro-industries que les petits producteurs de ces régions qui ont dû déguerpir les champs pour se réfugier dans les villes ou ailleurs.

Junior Matock (Défis Actuels)

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