dimanche, mai 31, 2026
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Emeutes à Kondengui : Monsieur le Ministre garde des sceaux, Accusé, levez-vous !  

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Des citoyens pensionnaires de la tristement célèbre maison d’arrêt « Kondengui » ont exprimé leur ras le bol au sujet de leurs conditions de séjour et de détention. Alors que le Ministre Garde des sceaux clame avoir informé « qui de droit » ; allez donc savoir qui c’est ? La réponse, la réplique et la riposte ont été brutale, sans pour autant apporter de solutions aux problèmes posés. Quelle sottise !

Moi Saint-Eloi Bidoung, je suis contre les injustices que rien ne justifie, c’est au nom de l’indifférence, de la méchanceté, de l’ignorance et arrogance de nos magistrats que je m’insurge. Je suis contre le commerce judiciaire qui se déroule à ciel ouvert au siège de troisième pouvoir, je suis contre des comptoirs de vente de l’anxiété aux usagers ouverts dans nos tribunaux. C’est au nom de ce qui précède, que j’organiserai une manifestation en gilet jaune samedi, avec de nombreux amis volontaires et aussi suicidaires que moi, pour exiger que gouvernement déclare « recevable », mon Projet de loi qui obligera les aspirants aux métiers de la magistrature (civils et militaires) à faire un stage de deux mois comme détenus dans une prison. Deux mois à vivre comme un vulgaire bandit en détention. Deux mois à vivre d’une infecte bouillie de maïs une fois les trois  jours, deux mois à dormir à même le sol et se faire péter au nez, toutes les nuits, par un autre détenu au ventre  enfumé de haricot pourri. Deux mois à se faire agresser sexuellement par d’autres hommes plus costauds. Deux mois dans l’enfer du Kosovo. Avec diarrhées carabinées, sifflante, persistante, gales, teignes, came no go.

 Nos juges ont choisi de réparer des injustices en commettant des injustices. Nous sommes déterminés à porter nos gilets pour descendre dans la rue même si l’eau d’Abraham donne le palu, même si les gaz lacrymogènes donnent la grippe et la conjonctivite.  Ce n’est plus tolérable, acceptable encore moins supportable. Je suis sûr que plusieurs d’entre vous  viendront m’apporter des oranges en prison. Comment vais-je faire pour échapper à une interpellation pour terrorisme, tentative de meurtre, tentative d’assassinat, tentative de suicide et rébellion ? Moi Saint-Eloi Bidoung, je préfèrerai être mort pour l’idéal de justice que prône Paul Biya que d’être vivant dans un pays ou les injustices se conjuguent au pluriel. Oui, vous serez nombreux à essayer de me voir dans ma cellule. Ceux qui à qui je dois de l’argent vont alerter   Transparency international, International crises group, Human rights watch et le Département d’Etat américain pour qu’ils condamnent ma détention arbitraire et exiger ma « libération immédiate et sans conditions ». J’exige dans mon projet de loi, que tous les magistrats séjournent en prison. Pour que le ministre de la Justice soit le garde des sceaux et non le « garde ses sots ».

Lenteurs, senteurs et menteurs judiciaires.

Sauf tout le respect que je dois à certains de mes camarades de faculté aujourd’hui magistrats  à plusieurs grades dans les Cours et tribunaux de la République, je crois que les magistrats civils et militaires sont à l’origine du mouvement qui a renversé les fûts de haricot bouillie à Kondengui. Si les hommes en robes noires avaient rapidement jugé les voleurs de poules qui caquètent dans la cour de prison depuis des années, alors qu’ils n’étaient passibles que de quelques mois de prison, les tapageurs des « marches blanches » de Janvier allaient trouver assez de places. Ils auraient attendu sagement  l’investiture de leur « président élu », sans se marcher sur les orteils lors de la distribution des bols de maïs avarié. Mais que fait son honneur, Monsieur le procureur de la République ? Il est dans les senteurs de ses fonctions. Organise, occasionne les lenteurs et engorgement judiciaires dans la République. Et voilà un monde comme un enfer, une prison de Kondengui remplie à 70% de prévenus. Ce sont les vacances judiciaires ici ! Repassez nous voir après 45 renvois, étalés sur huit ans de procès, pour une cause passible de six mois avec sursis. Quelle sottise ! Mais alors ! Il n’avait qu’à construire des bagnes supplémentaires, s’ils veulent nous voir tous en prison. Puisque tous, les magistrats et nous, nous traficotons nos compteurs Enéo, nous insultons Paul Biya en cachette, et certains d’entre nous vont jusqu’à bricoler des marchés publics et se faire payer au trésor public.

Pénitencier en pénitence

Il faut des prisons. Le nombre de délinquants en divagation, de criminels en liberté et de bandits à cols blancs dans la haute administration du pays, est sans cesse croissant.  Que ceux qui étaient chargés de construire la prison de Ngoumou, dans la Mefou et Afamba, commence enfin ce chantier. Ou alors qu’ils remettent les centaines de millions de FCFA du projet au trésor public, on trouvera sûrement un autre criminel en sursis pour le faire. Ou alors qu’ils soient déférés à kondengui, au Kosovo, aux côtés de voleurs à la tire du marché central qui occupent indûment les « mandats ». Je crois plutôt, sauf avis contraire du ministre de la Justice, que cette bande de malfrats qui ont remporté les marchés de construction des prisons secondaires doivent être arrêtés et châtiés pour atteinte à la fortune publique, atteinte à la sûreté de l’Etat du Cameroun, terrorisme, complot contre les institutions, attentat contre le président de la République et  association de malfaiteurs leur iront  mieux. Ce serait beaucoup mieux que les crimes de détournements de fonds publics en bandes organisées, faux et usages de faux, corruption, trafic d’influence et escroquerie qui leur permettent d’être en liberté ; et même de se faire regarder sur les écrans de télévisions.

Un crime organisé que cette affaire de prison à construire, dans plusieurs départements du Cameroun depuis  bientôt 10 années. Pourtant les locataires ne manquent pas. Ne vous demandez plus pourquoi l’opération « Epervier » est en veilleuse. C’est tout simplement faute de places libres. Ceux qui étaient commis pour la construction de prisons ayant détourné les milliards des projets, freinent désormais l’opération «  Epervier ». Ils savent que si le rapace se réveille, ils iront dormir pendant des années au « Kosovo », avec les dangereux condamnés à mort qui violent les nouveaux prisonniers, encore ventrus, fessus, dodus et joufflus comme les hautes personnalités de la criminalité d’Etat. Pour vous dire combien ce pays est méchant.

Je crois bien que je vais manifester avec mon gilet jaune. D’abord, je sais que vous allez me supporter. Je suis engagé pour que les prisonniers des « marches blanches » soient libérés tous. Et qu’ils soient remplacés par les détourneurs des fonds des chantiers des nouvelles prisons. Je suis déterminé à faire rendre gorge les organisateurs de la CAN 2019.

Monsieur le Ministre garde des sceaux que les élèves en magistrature de l’Enam soient astreints à un séjour obligatoire à Kondengui et à New-Bell pendant deux mois avant leurs prestations de serment de magistrats. Cela leur apprendra, plus tard, à diligenter les causes avec célérité. Puisqu’ils sauront que deux mois à Kondengui valent plus de deux heures en enfer.

Christophe Bobiokono : « 80 % de la population carcérale est en attente de jugement »

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Une mutinerie a secoué la prison centrale de Kondengui le 22 juillet dernier. Quel commentaire faites-vous de cet événement ?

Je n’ai personnellement pas été surpris par la révolte de certains détenus de la prison centrale de Kondengui, parce qu’on la voyait venir. La semaine précédente, on avait noté que certains prévenus du MRC interpellés à la suite des manifestations publiques, avaient refusé de quitter le box des accusés devant le Tribunal de première instance de Yaoundé – centre administratif où ils étaient poursuivis en flagrant délit après 30 jours d’une détention administrative, simplement parce que la présidente du tribunal avait renvoyé leur procès sans avoir répondu à une demande de mise en liberté introduite par leurs avocats. Ce sont des scènes qui ne sont pas régulières… Tout comme l’agression en pleine prison quelques semaines plus tôt des policiers qui s’y étaient introduits pour organiser une fouille.

En revanche, j’ai été surpris que cette révolte tourne en une mutinerie avec des actes de vandalisme, parce que cela était largement évitable. Le dialogue avec l’autorité politique chargée de la Justice aurait pu abréger les revendications en journée. L’entrée en scène des grands bandits dans cette situation, situation dont il est urgent de comprendre les tenants et les aboutissants, est franchement incroyable pour qui connaît un peu la réalité intérieure du pénitencier.

Au-delà des causes évoquées çà et là, à savoir les lenteurs judiciaires, les détentions préventives dont les délais légaux sont dépassés, les incarcérations abusives, la surpopulation, les mauvaises conditions carcérales, quelles peuvent être les autres causes profondes de la crise dans les prisons camerounaise ?

Ceux qui se révoltent ont le sentiment que le recours à la Justice est tout juste utilisé pour les faire souffrir et non pour les juger réellement. Ils se recrutent surtout, si l’on s’en tient à ceux qui se sont exprimés, parmi les militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et leurs sympathisants et les personnes interpellées dans le cadre de la crise anglophones. Ils se considèrent comme des détenus politiques. A partir de là, vu le contexte international et les facilités qu’offrent les nouvelles technologies de l’information, ils sont prêts à tout pour remettre en cause leur incarcération. Le fait de les mettre au contact des prisonniers de droit commun n’est pas très heureux. Il y a des risques de radicalisation prévisibles.

A qui doit-on imputer les responsabilités de cette situation ? Et le ministre de la Justice dans tout ça ?

C’est au gouvernement de manière générale qu’il faudrait imputer cette situation. Ce qui se passe dans les prisons et devant les tribunaux, dans le cas des prévenus du MRC surtout est conforme à ce que le ministre de l’Administration territoriale a déjà annoncé par avance. Dès ce moment, cela accroît le sentiment que la justice n’est qu’un instrument d’oppression des opposants qui essaient de se soulever contre l’ordre établi sur certaines questions précises. La justice donne l’impression d’être totalement aux ordres, ce qui met plus en exergue le rôle du ministère de la Justice dans ce qui amène les justiciables à se révolter. N’oublions pas que, malgré l’érection de la justice en pouvoir judiciaire dans le Constitution de 1996, la justice reste une simple autorité judiciaire dans son fonctionnement quotidien, puisqu’aucun texte nouveau n’a été pris depuis lors pour renforcer l’indépendance de la magistrature vis-à-vis de l’exécutif. Et comme le ministère de la Justice est aussi chargé de l’administration pénitentiaire, ça renforce naturellement les attentes des justiciables en détention vis-à-vis du ministre de la Justice. Il apparaît donc très clairement comme le principal responsable politique des situations décriées.

Au regard du bilan des récentes mutineries dans les prisons de Kondengui à Yaoundé et de Buea, doit-on craindre que les revendications des détenus au Cameroun atteignent un niveau plus extrême dans les mois ou années à venir si la situation ne change pas ?

Si la situation ne change pas, c’est-à-dire si le gouvernement continue à interpeller massivement les militants des partis politiques pour les punir contre le fait de manifester publiquement contre certains dysfonctionnements, cela va aggraver le problème des conditions de vie dans les prisons et augmenter le risque de radicalisation des détenus de droit commun. Ça ne peut conduire qu’à des situations potentiellement explosives. Les revendications des détenus, dans ces conditions, vont être de plus en plus régulières si la justice ne se montre pas plus diligente à l’égard de ceux qui se considèrent comme des prisonniers politiques. Cela pourrait compliquer la gestion quotidienne des prisons.

On évoque une surpopulation en milieu carcéral au Cameroun. Quels sont les chiffres dans les prisons camerounaises (nombres de détenus, ceux qui ont déjà été jugés, ceux qui sont en attente du jugement, combien de gardien de prison pour combien de prisonnier) ?

Je n’ai pas les chiffres actualisés. Mais les données mises à disposition par le ministère de la Justice en 2015 lors de la réunion annuelle des chefs de cours qui fut entièrement consacrée à la surpopulation carcérale indiquaient que, sur l’ensemble du pays, sur 17 000 places disponibles dans les prisons camerounaises, il y a plus de 26 000 détenus. Et, en général, 80 % de cette population concerne des personnes en attente de jugement. Dans l’ensemble aussi, le constat était qu’au Cameroun, le ratio geôlier-détenus était de 1/12, alors que la norme se situe à 1/6. Il est urgent de mettre en œuvre toutes les solutions déjà identifiées par l’administration, notamment le ministère de la Justice, depuis 2015 pour certaines, pour qu’une solution soit trouvée. Par exemple, il est incompréhensible que les peines alternatives prévues par le Code pénal promulgué en 2016 ne soient pas encore définies pour être mises en application.

Certains pensent que ces mutineries pourraient dégénérer au-delà des murs de prisons. Penez-vous que cela soit possible ? ?

Tout ce que je peux dire, c’est qu’en observant ce qui se passe dans notre pays, il y a des catégories de personnes qui ont intérêt à ce que des conflits importants se créent et perdurent pour des raisons multiples. Certains ont beaucoup profité de certaines crises pour s’enrichir ou pour renforcer leur importance sur l’échiquier politique national. C’est difficile qu’ils souhaitent que la paix revienne partout, en dépit des discours des uns et des autres.

Que doit (peut) faire l’Etat pour éviter que de tels débordements se reproduisent ?

Il faut un vrai dialogue avec une réelle volonté des autorités publiques à résoudre les problèmes qui se posent, notamment dans le milieu carcéral. Les discours n’ont plus leur place ; il faut des actes concrets. Il faut une saine application des lois sur les libertés publiques. Il est important que la confusion entretenue par la loi sur le terrorisme cesse. Lorsque cette loi était en projet, de nombreux observateurs avaient prévenu qu’elle offrirait le prétexte à certains abus : nous y sommes. Il est par exemple difficilement compréhensible que la justice prenne six mois pour découvrir qu’une ménagère interpellée sur son lieu du travail n’a rien à voir avec les charges d’insurrection qu’on met facilement sur son dos. Le pouvoir judiciaire mérite de devenir un vrai pouvoir indépendant de l’exécutif. Il faudrait que les autorités publiques et certains hauts responsables de l’administration ou de la justice convaincus d’abus de par leurs positions, soient mises en situation de devoir en répondre devant la justice. Bref, il faut plus de justice dans la gestion de notre pays.

 

Catch : Super Makia est mort

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La nouvelle est tombée comme un couperet. Super Makia n’est plus. L’ancien champion d’Afrique de catch s’est éteint à son domicile à Yaoundé ce 1er avril des suites d’un mal de ventre, selon Armand Ambassa, journaliste en service à la Cameroon radio television (Crtv).

C’est une grosse perte pour le catch camerounais dont il était l’icône presque irremplaçable. Né le 28 février 1958 à Kumba, Mbeng Jacob Makia de son vrai nom, révendique 85 victoires en 86 combats menées dans sa carrière. Aucune défaite. Juste un match nul contre le Nigerian Johny Clango en 1990. Quatre ans après avoir été sacré champion d’Afrique en terre nigériane où le Camerounais a battu le Nigerian Times Man Udo.

Le natif de Kumba avait désormais dominé la scène africaine jusqu’en 2014 lorsqu’il organisa son jubilé à Yaoundé. Mais le champion d’Afrique était devenu une institution. Lui dont la résidence était en confondue à un moment au siège de la Fédération camerounaise de catch. Et le sportif à la retraite se donnait avec enthousiasme pour servir les rares jeunes intéressés par cette discipline sportive. Jusqu’à ce que ce mal de ventre qui le tenaillait par moments, décide du sort fatal.

Nécrologie : Sadou Hayatou est mort

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Sadou Hayatou n’est plus. La nouvelle a été annoncée en mi-journée ce 1er août 2019. Sans précisions sur les circonstances de la disparition qui n’est pas subite. C’était un secret de polichinelle ; Sadou Hayatou était souffrant depuis de longues années et sa disparition de l’espace public le justifiait.

Né en 1942, Sadou Hayatou est issu de la famille royale qui règne sur la ville de Garoua. Avec des frères au sein de la haute administration nationale et internationale comme Issa Hayatou et Alim Hayatou. Diplômé en sciences politiques, l’homme a gravi les pentes de l’administration, pour connaître une propulsion rapide après avoir été directeur des produits de base au ministère du développement industriel et commercial en 1969. devenu vice-président de l’Alliance des pays producteur de cacao entre 1969 et 1970, le prince devint président de l’organisation interafricaine du café de 1970 à 1971, avant de rejoindre le secteur bancaire comme directeur général adjoint de la Bicic (Banque internationale pour le commerce et l’investissement au Cameroun en 1974 et directeur général deux ans plus tard et enfin administrateur directeur général en 1979.

Le 25 avril 1991, il est nommé Premier ministre de la République du Cameroun. Un poste mis entre parenthèses depuis la déchéance de Bello Bouba Maïgari après la tentative de coup d’Etat du 6 avril 1984. A peine un an à l’Immeuble Etoile et Sadou Hayatou est remplacé par Simon Achidi Achu, et est nommé directeur national de la banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Pendant quinze ans. La maladie obligea l’homme à quitter les affaires pour se consacrer à ses soins de santé. Depuis, Sadou Hayatou n’était plus apparu en public.

Le MRC menace de boycotter les élections législatives, municipales et régionales

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Plus besoin de spéculer dessus, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) vient de clore le débat. Si la situation actuelle perdure jusqu’en février prochain, date prévue pour le double scrutin municipal et législatif, le parti de Maurice Kamto ne prendra pas part aux élections. Pour être en lice dans le cadre des prochaines consultations électorales, le parti exige que : la crise anglophone soit résolue, que le gouvernement mette sur pied un dialogue inclusif, qu’il libère tous les prisonniers arrêtés dans le cadre de la crise anglophone et des manifestations pacifiques organisées par le MRC, qu’un nouveau code électoral consensuel soit mis sur pied. En plus de ces conditions, le MRC requiert que « Elecam et le Conseil Constitionnel soient totalement indépendants ». « Comment voulez-vous que le MRC participe aux élections, alors qu’Elecam et le Conseil Constitutionnel sont à la solde du régime », se demande Tiriane Noah, présidente par intérim de cette formation politique. La remplaçante de Maurice Kamto confie que « l’élection présidentielle ne s’est pas tenue dans les zones anglophones à cause de l’insécurité qui s’y vit et les élections à venir risquent de connaitre le même sort. » Elle est donc ferme ! « Le MRC n’ira pas aux élections pour se retrouver une fois de plus dans de nouvelles revendications », a-t-elle déclaré, au cours de la conférence de presse qu’elle a organisée, lundi dernier au siège de son parti à Yaoundé. L’actuelle responsable du parti de Maurice Kamto, indique que son parti ne peut pas aller au scrutin, alors que tous ses leaders, qui doivent le représenter aux élections sont derrière les barreaux. Elle précise néanmoins que malgré « l’acharnement qui est systématiquement mené contre le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun », ce parti travaille sur le terrain et continue de former les Camerounais, et de les inscrire sur les listes électorales et sur les listes de son parti.
Enlèvement de 24militants
Au cours de cette conférence dont l’objet portait sur « la situation désespérée du premier vice-président Mamadou Yaoukouba Mota, déporté au SED et la disparition de 23 militants du MRC à la suite des mutineries des prisons de Kondengui et de Buea », le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun s’est dit inquiet des nouvelles qui lui parviennent du Secrétariat d’Etat à la Défense, relativeS à l’état de santé de son premier vice-président. Sans langue de bois, le MRC accuse le président de la République, Paul Biya et son régime d’être responsables de la situation que vit ses militants. « Nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale que nous tiendrons M Biya Paul et son régime pour entièrement responsable de ce qui arrive à notre premier vice-président, ainsi qu’à 23 autres militants du MRC qui ont été violement enlevés de la prison centrale de Kondengui, puis maltraités à la suite des évènements de la nuit du 22 au 23 juillet 2019 », lit-on dans le communiqué publié à cet effet. Le parti de Maurice Kamto, affirme que malgré les communiqués « presque rassurants du gouvernement sur les évènements de Kondengui et de la prison de Buea », il est sans nouvelle de 24 de ses militants, dont certains seraient morts, selon « les rumeurs persistantes qui circulent ». Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) « demande l’ouverture d’une enquête internationale sous l’égide de l’ONU, sur les conditions, et le bilan humain de l’intervention des forces de sécurité lors des mutineries des prisons de Kondengui et de Buea ». Au sujet de la responsabilité supposée de son vice-président Mamadou Mota, dans les émeutes de Kondengui, l’avocat du MRC, maitre Serge Emmanuel Chendjou a noté que « contrairement au titre d’harangueur de foule, qu’on veut lui attribuer lors de ces émeutes, Mamadou Mota a joué le rôle de traducteur et de médiateur entre les prisonniers contestataires, qui sont pour la plupart anglophones et le régisseur de prison. » Il donne pour preuve, la vidéo qui circule dans les réseaux sociaux et dans laquelle ont peut voir Mamadou Mota, traduire les revendications des prisonniers arrêtés dans le cadre de la crise anglophone.
Joseph Essama

Marcelin Vounda Etoa : « Les prix des manuels scolaires ne changent pas »

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Quel bilan faites-vous de la première année d’implémentation de la politique du livre unique ?

 Les retours que nous avons des parents sont bons ; ils se disent soulagés du fait de l’allègement du poids et du coût du cartable ; ils sont aussi satisfaits que les livres ne changent plus année après année. On observe également un assainissement des pratiques et des usages dans les différents corps de métiers de la chaîne du livre et du manuel scolaire : éditeurs, distributeurs et libraires sont de plus en plus en accord et travaillent en meilleure intelligence. Il reste toutefois à imposer aux chefs d’établissements privés surtout, le respect rigoureux des listes officielles des manuels et de leurs prix. Il faut rappeler à tous ceux qui ne se conforment toujours pas encore entièrement à la nouvelle politique du livre et du manuel scolaire qu’ils ont intérêt à le faire, au risque d’y être contraints, avec des sanctions à la clé.

Les listes des manuels scolaires pour l’année 2019/2020 ont récemment été rendues publiques. Quels sont les changements majeurs ?

Rien ne change ni sur le nombre ni sur les prix des manuels des cycles Maternel et Primaire. A la Maternelle, les parents continueront d’acheter les 03 manuels exigibles à moins de 5 000 francs CFA et à un prix compris entre 13 000 et 18 500 francs CFA pour tous les manuels du Primaire, selon les classes. Au cycle secondaire, à l’exception de la classe de 2nde de l’Enseignement Général et du manuel d’Allemand de Terminale, il n’y aura non plus ni manuel nouveau ni augmentation de prix. Le changement qui survient en 2nde francophone exclusivement est dû à l’entrée en vigueur des nouveaux programmes de cette classe, consacrée par l’arrêté n°227/18/2008 du Minesec du 23 août 2018. Cet arrêté induisait que les manuels soient conformés à l’Approche par les Compétences et organisés selon une nouvelle présentation des modules d’enseignement.

L’année dernière, les listes des manuels ont été signées par les deux ministres avec un jour d’écart, et en début du mois de juin. Y-a-t-il une explication au fait que cette année le ministre de l’Education de Base (Minedub) ait signé la sienne le 28 mai et le ministre des Enseignements secondaires (Minsec) le 17 juillet ?

Aucun manuel des cycles Maternel et Primaire n’ayant été changé, le Minedub a signé ses listes le 28 mai pour rassurer les acteurs de la chaîne de production et de commercialisation des manuels et leur donner la possibilité d’être prêts à satisfaire le marché le plus tôt possible. Quant au Minesec, quoique dans l’ensemble les manuels n’aient pas changé, elle ne pouvait pas signer une liste partielle. Il a fallu attendre la fin du processus de l’évaluation des nouveaux manuels de Seconde par le Cnamsmd pour que la liste à signer soit exhaustive. Or cette année, le processus d’évaluation des nouveaux manuels a été amélioré par l’obligation faite aux éditeurs de prendre en compte les observations et les corrections pertinentes suggérées par les évaluateurs d’une part et par l’Inspection générale de pédagogie du Minesec d’autre part.

Ce retard dans la signature de la liste du Minesec ne prête-t-il pas à des conséquences fâcheuses sur la disponibilité des manuels ?

Les éditeurs dont les manuels ne nécessitaient pas des corrections majeures ont été informés à temps qu’ils devaient en engager sans délais la production, une fois les corrections validées. Les autres qui ont bénéficié de la double expertise du Conseil et de l’Inspection Générale de Pédagogie ont, pour certains, réussi à intégrer les corrections dans des délais qui ne compromettent pas leur disponibilité ; pour les autres, il a été convenu de leur donner un temps plus long en maintenant les manuels de l’année dernière sur les listes pour un an.

Certains manuels ont fait l’objet de longues ruptures de stocks ou carrément de pénuries l’année dernière, tandis que des disciplines telles que l’histoire, la géographie, Art, langues et cultures nationales… ne disposent toujours pas de manuels. Quelles sont les stratégies adoptées pour pallier à ces problèmes ?

Ces pénuries ont été essentiellement le fait d’éditeurs qui impriment leurs manuels à l’étranger et qui laissent aux diffuseurs et aux libraires le soin de les commander, de les payer à l’avance avant de les rapatrier au Cameroun. Le constatant, les autorités camerounaises font désormais obligation aux éditeurs dont les manuels ont été agréés, de les rapatrier eux-mêmes sur le lieu de leur commercialisation qui est le territoire camerounais. Tous les éditeurs ont dorénavant obligation d’avoir un entrepôt capable de contenir au moins cinquante mille exemplaires de chacun de leurs manuels inscrits sur les listes officielles. Le Cnamsmd effectue depuis le début du mois de juillet des visites in situ de ces points de stockage. Plusieurs disciples de la classe de Seconde et d’autres classes d’ailleurs (en très grande partie dans l’Enseignement Technique) ne sont toujours pas pourvues en manuels. Madame le ministre des Enseignements Secondaires dont la haute attention a été attirée sur ce malheureux constat a instruit son Inspection générale des Enseignements de mettre à l’ouvrage les inspections de ces disciplines pour que des équipes de travail soient constituées à l’effet de rédiger des manuels. Le Cnamsmd qui n’a pas qualité pour rédiger des manuels appelle également l’attention des éditeurs sur ce besoin urgent.

Propos recueillis par Ghislaine Ngancha (Défis Actuels)

Samuel Tela : « Le Basket Fund va faciliter une meilleure disponibilité des ressources financières »

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Samuel Tela, directeur de la Trésorerie au Minfi

Qu’est-ce qui motive la création de ce compte unique et qu’est-ce qu’il vient résoudre comme problème ?

La réunion de ce jour que le ministre des Finances a présidé, avec les principaux Partenaires Techniques et Financiers (PTF), rentre dans un cadre général de modernisation des finances publiques. Donc le point mis en exergue lors des discussions c’est l’opérationnalisation d’un compte unique dédié aux fonds de contrepartie des projets à financement conjoint entre le Cameroun et ses différents Partenaires Techniques et Financiers. En fait, tel que les fonds de contrepartie sont gérés, ils sont disséminés dans les banques commerciales. Alors, en même temps qu’on constate qu’il y a des fonds oisifs dans certaines banques, il y a des projets qui manquent de ressources. Le ministre des Finances a signé une convention avec la Banque centrale, à l’effet de créer un compte unique qui doit centraliser tous les fonds de contrepartie, afin de garantir un meilleur financement des projets de développement.

Comment est-ce que le processus de centralisation va se faire ?

Le processus de centralisation va se faire avec l’accord des bailleurs. C’est pour cette raison que le ministre des Finances a invité les principaux Partenaires Techniques et Financiers, afin d’obtenir leur adhésion à ce nouveau mécanisme. Une mission conduite par les services du ministère de l’Economie et des Finances a permis de recenser un certain nombre de comptes ouverts dans les banques commerciales qui recevaient les fonds de contrepartie et pour lesquels un certain nombre de ressources étaient oisives. Il est donc question de rapatrier en priorité ces ressources oisives, afin de constituer la caisse de base de ce Basket Fund ouvert à la banque centrale.

Quel est l’avantage lié à la centralisation de ces ressources ?

La centralisation des ressources va permettre une meilleure allocation des fonds entre les différents projets. L’étude faite en 2017 a révélé environ 400 comptes ouverts par l’Etat dans les banques commerciales pour recevoir les fonds de contrepartie. En réalité, le financement individualisé des différents projets a fait que certains projets qui ne sont pas très dynamiques sur le terrain, ont des ressources oisives. Tandis que des projets ayant une maturité avérée, ont de la peine à mobiliser des ressources suffisantes. C’est pour cette raison que le fait de rassembler toutes ces ressources dans un panier unique, va faciliter une meilleure exécution et surtout une meilleure disponibilité des ressources.

Propos recueillis par Junior Matock (Défis Actuels)

Chantal Elombat Mbedey : « La mise à niveau des entreprises est vitale pour l’économie camerounaise »

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Quelle est l’importance de la mise à niveau des entreprises pour un pays comme le Cameroun ? Permettez-moi tout d’abord de rappeler que le concept de mise à niveau a été élaboré par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), dans l’optique de répondre au besoin, d’amélioration de la compétitivité des entreprises du secteur industriel face aux défis posés par la mondialisation. La mise à niveau est un processus continu qui vise à préparer et adapter l’entreprise à son environnement au niveau des exigences du libre-échange, et à y introduire une démarche de progrès via le renforcement des points forts et la résorption des faiblesses de l’entreprise.

Au Cameroun, la nécessité de la mise à niveau des entreprises s’est imposée dans un contexte marqué par la signature d’un Accord de Partenariat Economique (APE) avec l’Union européenne. Cette convention implique une ouverture des marchés respectifs des deux parties, ce qui va nécessairement entrainer une rude concurrence entre les entreprises. Il s’agit donc à la fois d’une menace et d’une opportunité pour notre économie. Pour tirer profit de cet accord de libre-échange, le gouvernement a pensé mettre à niveau les entreprises camerounaises pour qu’elles puissent produire aux normes, se développer et être compétitives. Le marché de l’Union européenne avec ses environ 350 millions de consommateurs potentiels est une niche formidable que nos entreprises peuvent exploiter à condition de disposer d’un système de production moderne et performant. La mise à niveau est donc vitale pour l’économie camerounaise puisqu’en plus des APE, il faut tenir compte de l’avènement plus ou moins imminent de la zone de libre-échange continentale qui va décupler les menaces pour nos entreprises, mais aussi les gisements d’opportunités.

Le Cameroun qui ambitionne d’être émergent à l’horizon 2035 se doit de suivre les expériences de certains pays qui ont utilisé la mise à niveau pour développer leur tissu industriel et renforcer leur économie. À titre d’illustration, des enquêtes qualitatives de suivi réalisées par le Bureau de Mise à Niveau tunisien ont notamment démontré l’efficacité de cette politique. Ces enquêtes ont prouvé que la mise à niveau est à la base de l’éclosion de l’économie tunisienne, l’installation de nouvelles firmes industrielles dans ce pays,et la création des partenariats divers avec des multinationales.

Quel est concrètement le rôle du Bureau de Mise à niveau ?

Le Bureau de Mise à Niveau (BMN) a été créé par un arrêté du Premier ministre, chef du gouvernement, le 16 décembre 2011 dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de compétitivité de l’économie camerounaise. Le BMN est placé sous la tutelle technique du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), et financière du ministère des Finances (Minfi).C’est le lieu de réitérer avec emphase que le Bureau de Mise à Niveau est chargé de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière d’appui à la mise à niveau et à la restructuration des entreprises industrielles.

Quels sont les résultats à ce stade, du Programme National de Mise à Niveau conduit par le BMN ?

Je voudrais d’abord rappeler que la mise à niveau est une démarche volontaire des entreprises qui sont sa cible. Sans être exhaustif, pour cette phase de pérennisation de la mise à niveau, le BMN a entre autres déjà enregistré 611 adhésions d’entreprises au Programme national de mise à niveau ; 263 pré diagnostics ont été réalisés ; 117 entreprises ont été retenues par le comité de pilotage (Copil/BMN) ; 82 plans de mise à niveau ont été validés ; les primes sur investissements matériels prévus s’élèvent à 1 691 millions de  Francs CFA ; les primes sur investissements immatériels prévus (hors diagnostics) s’élèvent quant à elles à 2 841 millions de francs CFA. Nous avons accompagné 09 entreprises certifiées aux normes internationales ISO 9001 et OHSAS 18001.

Le Programme Industrialisation Valorisation des Produits Agricoles (Pivpa) également conduit par le BMN, s’achève cette année. Y a-t-il des raisons d’être optimiste concernant l’avenir de ce secteur au Cameroun ?

Je dois préciser que le Pivpa ne s’achève pas cette année. C’est un programme qui est censé se déployer par triennat. C’est le premier triennat qui se termine en décembre 2019. Mais nous sommes très optimistes, et pensons que le Pivpa va se poursuivre. Le Pivpa est un fruit de la coopération fructueuse entre la France et le Cameroun. Il a été créé pour doper la compétitivité du secteur privé agroalimentaire du Cameroun, à travers un accroissement substantiel de sa productivité, afin que ce secteur tire le meilleur profit de la globalisation des échanges commerciaux. Ce programme pourrait donc bénéficier du deuxième triennat 2020-2022 du 3e C2D (Contrat de Désendettement et de Développement) au regard de la contribution du secteur secondaire, et particulièrement du poids en valeur ajoutée manufacturière dans l’économie camerounaise.Au vu des résultats que nous sommes en train d’enregistrer, et du potentiel économique de ce secteur, il y a évidemment tout lieu d’être très optimiste au sujet de son avenir.Nous sommes également confiants dans le fait que le gouvernement, et notre partenaire français qui sont conscients de l’importance de la mise à niveau pour l’économie camerounaise, vont étendre le spectre des secteurs concernés par le Programme National de Mise à Niveau.

Emmanuel Pohowé : « remettre l’homme du Septentrion debout »

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Qu’est ce qui a motivé la création de la « Dynamique Septentrionale du Cameroun » (DSC) ? 

Pour la petite histoire, la Dynamique Septentrionale du Cameroun (DSC), en seulement quelques semaines d’existence, a connu une mutation profonde. Il s’est d’abord agit de la Dynamique Septentrionale du Littoral (DSL). C’est-à-dire une association qui regroupe les ressortissants des trois régions septentrionales du Cameroun, à savoir l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua, mais également ceux que nous avons appelé la diaspora. Il s’agit des fils et filles originaires de ces régions et installées dans la partie Sud du pays depuis des décennies. Voilà la Dynamique telle qu’elle se présentait au départ.

Mais avec les dynamiques migratoires des populations, notamment les mouvements liés aux affectations et autres objectifs des employés, beaucoup de ceux qui sont aujourd’hui dans la région du Littoral pourraient se retrouver dans d’autres régions. Le débat était donc de savoir s’il faut à partir de ce moment dénier à ces personnes la qualité de membre de la Dynamique. Il fallait donc trouver un mécanisme qui ne soit pas un obstacle pour les membres qui partiraient de la région du Littoral pour une raison ou une autre.

Bien plus, dans la démarche qui a conduit à cette création, nous nous sommes ouverts à d’autres personnes ressources. Lors de nos échanges avec ces ressortissants des régions septentrionales résidants dans d’autres localités, il nous a été fortement conseillé d’ouvrir cette association pour qu’elle devienne nationale. Voilà ce qui est de la mutation au niveau de la forme. Mais dans le fond, nos principales motivations restent la promotion des cultures soudano-sahéliennes avec un retour marqué vers nos coutumes ancestrales et le développement des activités socioéconomiques pour l’épanouissement de nos communautés respectives.

Quels sont les objectifs de cette association ? 

Nous avons été marqués par le fait que la circulation des hommes à la recherche du bien-être et des intérêts divers a entrainé la chute des barrières artificielles qui séparaient les peuples et a précipité l’avènement de la mondialisation. Cette mondialisation caractérisée par la poursuite des intérêts particuliers et la recherche absolue du gain a eu pour conséquences la montée du nationalisme, de l’individualisme et de la xénophobie dans le monde en général ; et comme conséquences dans les Etats africains en particulier et notamment au Cameroun la montée du repli identitaire, le rejet des coutumes ancestrales et la perte des repères sociaux et culturels jadis considérés comme des vecteurs de paix et de rassemblement.

Dans ce contexte, notre vision s’articule autour des objectifs majeurs, à savoir  la conscientisation des peuples du Septentrion et en particulier notre jeunesse sur les grands enjeux économiques, sociaux et culturels de l’heure, la promotion d’une solidarité agissante entre les personnes appartenant aux différentes communautés originaires des régions du Septentrion résidant sur toute l’étendue du territoire national, le développement d’un « vivre-ensemble » plus harmonieux entre les fils et filles du Septentrion et les communautés autochtones qui nous accueillent partout où nous sommes installés. Tout ceci s’illustre mieux à travers notre devise : Dignité, Vérité, Liberté.

Pourquoi ce réveil seulement aujourd’hui ? 

Le Cameroun connait des moments difficiles. L’Etat fait face à de nombreux engagements. Et il devient de plus en plus très difficile à l’Etat d’apporter des solutions à tous les problèmes des Camerounais, notamment les jeunes et du genre. Nous devons par conséquent redoubler d‘ingéniosité pour sortir de la situation de manque d’emplois.  Nous sommes allés puiser dans les valeurs ancestrales soudano sahéliennes pour remettre l’homme au centre de nos préoccupations et remettre l’homme du Septentrion debout pour son épanouissement intégral.

Comment êtes-vous parvenu à rassembler tout ce monde ? 

La modeste personne que je suis est simplement l’élément fédérateur. En tant que chef traditionnel, je sais au moins une chose : pour être un bon leader, il faut toujours se battre pour rassembler le maximum. Accepter de prendre des coups, l’humiliation au besoin. Nous sommes allés humblement vers l’ensemble des communautés. L’adhésion s’est faite, j’allais dire, de façon naturelle. C’est évident que tout le monde ne peut être d’accord sur tout. Heureusement que nous avons réussi pour le moment à intéresser le plus grand nombre de ressortissants des régions septentrionales. Nous couvrons tout le département du Wouri à travers des démembrements au niveau des quartiers et des arrondissements. In fine, il faut vraiment mourir un peu en vous pour que vive l’autre. Et c’est la capitalisation de ce passé dans les hommes que Dieu a mis sur notre route qui fait son chemin bâti sur la vérité.

Quelles sont les priorités de la D.S.C, notamment dans un contexte où l’homme originaire des régions septentrionales est considéré comme un travailleur réservé à certaines tâches ?

Nous axons notre priorité sur la formation et la création des entreprises capables d’absorber un bon nombre de jeunes aujourd’hui sans emploi. Aussi, nous faisons un travail psychologique et pédagogique en disant aux jeunes que le « Rêve Camerounais » est possible, c’est-à-dire qu’on peut partir de rien et atteindre les sommets de la société. Beaucoup de nos dirigeants actuels en sont de parfaits exemples. De même, une commission économique travaille sur le montage des projets. Nous en avons déjà quelques-uns dans les tiroirs et n’attendons que de finaliser les détails pour les implémenter. En gros, notre développement devra intégrer fondamentalement l’entrepreneuriat responsable.

Y a-t-il pas d’inquiétudes de récupération politique dans le contexte actuel ?

Nous en sommes conscients, mais comme je vous l’ai dit, les communautés originaires du Septentrion sont aujourd’hui suffisamment intelligentes, matures et organisées pour se laisser distraire par quelques personnes dont l’unique objectif est la sauvegarde de leur position politique. C’est une position que nous rappelons à chacune de nos rencontres. Car il est évident que même si l’association est apolitique, nous n’allons pas empêcher à ceux qui militent dans les partis politiques d’être membres. Les membres sont conscients que certains des dirigeants ont des positions politiques bien affichées, mais il n’est pas question de venir à la DSC les faire valoir vaille que vaille. Nous n’excluons personne. Nous ne combattons personne. Nous nous battons pour le bien être socioéconomique de nos adhérents. Nous faisons tout pour que l’aspect création de richesses, promotion de nos compétences prenne le dessus sur le reste.

Les communautés originaires des régions septentrionales résidant dans le Littoral vous plébiscitent comme président de la DSC. Ceci n’illustre-il pas leur volonté de voir émerger de nouveaux leaders dans cette métropole économique ?

Difficile de répondre à cette question. Il fallait peut-être adresser cette question aux chefs traditionnels, leaders d’association, autorités religieuses et même leaders politiques.  Je sais une seule chose : les communautés des régions Septentrionales étaient à la recherche d’un homme de grande qualité morale, intègre et assez proche des communautés pour comprendre leurs préoccupations et aspirations. Bref, un leader éclairé. Je ne suis pas le seul ayant ces qualités-là, mais ils ont décidé de porter leur choix sur ma modeste personne qui peut être considérée comme serviteur courageux, intègre et quelque part compétent pour résoudre un certain nombre de problèmes.

Comment les communautés autochtones du Littoral apprécient-elles cette initiative ?

La Dynamique Septentrionale du Cameroun a son siège à Douala, chef-lieu du département du Wouri dans la région du Littoral. Nous sommes en terre « SAWA », je puis vous assurer qu’il y’a pas meilleure illustration du « Vivre-ensemble » que celle qui existe entre les communautés autochtones SAWA dans leur globalité et les différentes communautés originaires des régions Septentrionales. Ces communautés nous soutiennent dans cette initiative et nous le démontrent à suffisance chaque jour à travers leur grande hospitalité surtout que nous sommes tous issus de la même « souche primaire ».

Aussi, c’est dans cette solidarité africaine légendaire et partagée que nous trouvons la vraie essence du ‘’vivre ensemble’’ ici sur les berges du Wouri, terre cosmopolite et vivier de paix.

Interview réalisée par Douworé Ousmane

Communication : que cachent les désaccords au sein du gouvernement ?

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Le Cameroon Business Forum s’ouvre ce lundi à Douala.

Les divergences de tempérament au sein du gouvernement Dion Ngute commencent à faire tache d’huile. Et au sein de l’opinion cela ne laisse personne indiffèrent. Au lendemain des émeutes qui ont secoué la prison centrale de Kondengui, des disparités sont apparues au sein du gouvernement. Dans sa sortie publiée un jour après les malheureux évènements de Kondengui, le ministre de la communication René Emmanuel Sadi a, d’un ton mesuré, fait savoir qu’« en dépit de leurs velléités insurrectionnelles, le gouvernement reste attentif  aux appels de ces compatriotes détenus et entend continuer à œuvrer pour ce qui est de sa responsabilité à une diligence des procédures en cours dans le strict respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire.»  Au lendemain de cette communication gouvernementale, le ministre l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, a organisé une réunion de sécurité le jeudi 25 juillet 2019, dans la ville de Yaoundé. Cette rencontre portait sur la mutinerie de Kondengui. Prenant la parole devant toutes les autorités administratives de la région du centre et, Paul Atanga Nji a sans le citer, accusé le MRC d’être à l’origine des émeutes qui ont secoué la prison centrale de Kondengui. « Il s’agissait des revendications fantaisistes d’un parti politique qui a pour sport favoris, la perturbation à l’ordre public », a-t-il déclaré.  Et d’un ton martial, il a indiqué qu’en « aucun cas, il ne doit y avoir un début de perturbation à l’ordre public dans la ville de Yaoundé » Pour lui, « le Cameroun sera le Waterloo, des fauteurs de troubles, des apprentis sorciers, et des prophètes de malheur » « On ne va pas admettre aux fauteurs de troubles de prendre la rue », a-t-il fermement martelé.

Ce n’est pas la première fois que Paul Atanga Nji prend le contre-pied de la communication d’un membre du gouvernement. On se souvient qu’au lendemain de la visite de travail du Premier ministre Joseph Dion Ngute, en mai dernier dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Le chef du gouvernement avait affirmé que dans le cadre de la résolution de la crise anglophone, « le gouvernement était prêt à discuter de tous les sujets sauf de la sécession ». Quelques jours plus tard, Paul Atanga Nji a dédit son supérieur hiérarchique. Il a à son tour annoncé sur les ondes de la télévision France 24 que le gouvernement, pour résoudre la crise sociopolitique dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest, le gouvernement pourra aborder tous les sujets sauf ceux concernant la forme de l’Etat.

Au sein de l’opinion, cette divergence de point de vue est différemment interprétée. Si plusieurs partisans de « l’ordre républicain » saluent les « sorties musclées » du ministre de l’Administration territoriale, plusieurs commentateurs estiment que cette pluralité d’opinions au sein du gouvernement cache mal les dissensions qu’il y’a entre Joseph Dion Ngute et ses collaborateurs. « Ce qui signifie que le premier ministre n’a pas assez d’ascendant sur les membres de son gouvernement », écrit Paul Bemi sur sa page Facebook.  Pour d’autres, il ne s’agit pas des dissensions au sein du gouvernement « cela relève tout simplement du tempérament belliqueux de Paul Atanga Nji », qui pour Darryl Messi, est un « va-t’en guerre ».

Joseph Essama

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