lundi, juin 1, 2026
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Brice Sado Tséwui* : « M. le président, À trente ans, j’aurais tellement aimé avoir vos trente ans…»

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M. le président, si Dieu m’accorde la même grâce que vous, alors dans 60 ans, j’aurai votre âge. Je serai certainement quelque part dans un coin reculé de ce pays, assis matin et midi, remuant dans ma tête fatiguée par le temps, les souvenirs de mes 30 ans ! De ma vie ! Comme aujourd’hui vous vous souvenez des vôtres.

M. le président, à 30 ans, vous étiez un haut fonctionnaire de ce pays et vous n’avez d’ailleurs jamais cessé de l’être ! À 30 ans vous aviez un charisme et une carrière qui présageaient un avenir prometteur aux générations futures. À 30 ans vous aviez 30.000 raisons de réussir car le pays avait posé les fondations d’une construction solide et grandiose ! Je ne sais pas quel bilan personnel vous faites de votre gouvernance depuis 38 ans, mais une chose est sûre, vous devez être fier de vos 30 ans…

M. le président, dans 60 ans j’aurai votre âge, et le souvenir que j’aurai de mes 30 ans, c’est donc les réalités que je vis aujourd’hui…
M. le président, à 30 ans, j’ai des diplômes sans emploi. À 30 ans je n’ai pas de famille, comment puis-je en avoir si je n’arrive pas à me nourrir moi-même? À 30 ans, je n’ai pas de toit, je n’ai pas de carrière, je ne vois que des barrières. À trente ans, je n’ai pas d’eau, pas d’électricité. À 30 ans je me demande ce que seront mes prochains 30 ans, tellement l’avenir est obscur. À trente ans, j’aurais tellement aimé avoir vos trente ans…

M. le président, vous n’avez pas besoin de moi, c’est moi qui ai besoin de vous, votre vie n’a été que paradis depuis que vous avez 30 ans ! Ouvrez-nous les portes et laissez-nous entrer, nous voulons aussi de bons souvenirs pour nos 30 ans !
En passant, je ne fais partie d’aucun « petit » parti politique, je suis juste un citoyen éclairé qui vis dans le noir, en attendant un peu de lumière, que je n’ai pas depuis 30 ans !!!

#POUR LA BEAUTÉ DES CHOSES
*Brice Sado Tséwui se présente comme journaliste et étudiant en communication

Nyong et Kelle : Cabral Libii et Paul Biya luttent contre l’abstention

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le vote sociologique aurait joué dans le nyong et Kelle

Les listes du Rdpc et du Pcrn étaient les poids lourds dans le bastion de l’Upc.
Toutes proportions gardées, le taux d’abstention aura été le fait majeur des élections législatives et municipales dans le Nyong et Kelle. De Boumnyebel à Eséka en passant par Bondjock, Matomb, Dibang, il revient que les électeurs se sont beaucoup mobilisé en début de matinée, puis ont disparu des bureaux de vote aux alentours de midi. Comme au palais de justice d’Eséka où les deux bureaux de vote ont parfois été des déserts humains en mi-journée, faute d’électeurs. Puis en début d’après-midi, l’affluence a été bonifiée : « je suis d’abord allée à la messe ; c’est après que je suis allée voter», confesse une chrétienne. Les leaders religieux relevant du catholicisme, version romaine, ayant concentré les messes de cette journée électorale entre 6h et 8h. Ainsi que ceux qui avaient de petites courses et commissions à) faire : « je suis allé au champ très tôt, si bien qu’à l’ouverture des bureaux de votes, je rentrais déjà», a assuré un agriculteur.

Sauf qu’à la fin, les chiffres trahissent une réalité : le triomphe de l’abstention. Quelques chiffres : au marché d’Eséka, le bureau A, a enregistré 40 votants contre les 78 électeurs attendus (dont six membres du bureau de vote qui se sont inscrits séance tenante), et dans le bureau B, 186 votants contre 417 inscrits attendus. Au lycée bilingue où a voté Cabral Libii, la tendance a été presque la même. Ainsi, le bureau de vote de celui qui s’est classé 3ème à la dernière élection présidentielle, 82 votants ont rempli leur devoir citoyen contre 143 attendus ; pendant que dans l’autre bureau de vote, 164 électeurs sur 364 attendus.

Ceux qui se sont déplacés pour choisir les députés et conseillers municipaux de la prochaine mandature, avaient deux poids lourds qui se disputaient le terrain laissé par l’Union des populations du Cameroun (Upc) dont les listes ont été annulées dans le Nyong et Kelle du fait de la double investiture. Baleguel Nkot et Bapooh Lipot, les secrétaires généraux des deux factions du parti des crabes, ayant investi des listes dans ce département fief de l’Upc. Le Rdpc de Paul Biya et le Pcrn de Cabral Libii se sont donc avérés être les plus redoutables concurrents sur les quatre validés dans le département. Outre ces deux partis, le Parti uni pour la rénovation sociale (Purs) de Serges espoir Matomba et le Mouvement démocratique des patriotes camerounais (Mdpc) complétaient la liste.

Discours : Ce que Paul Biya a dit à sa jeunesse

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Mes chers jeunes compatriotes,

Il n’y a pas si longtemps, m’adressant à la Nation, je vous disais que le septennat en cours devait être décisif. Je pensais bien entendu à notre accès à l’émergence à l’horizon 2035 qui validerait nos avancées dans le domaine de la démocratie et du progrès économique et social. Eh bien, je crois que les faits sont en train de me donner raison.

Il fallait en priorité régler  le problème, depuis longtemps pendant, de la mise en œuvre de la décentralisation. Le Grand Dialogue National a ouvert la voie à l’adoption, par le Parlement, du Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées et d’une loi qui assure l’égalité de l’usage du français et de l’anglais. Ces textes ont été promulgués par mes soins dans les meilleurs délais.

Rien ne s’oppose donc plus à leur application. Il s’agit en réalité d’une véritable révolution pacifique qui répond aux aspirations de nos concitoyens à une meilleure participation à la gestion des affaires locales. A quoi s’ajoutent les dispositions d’un statut spécial pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui tient compte de leurs particularités sociales et culturelles.

Mais, me direz-vous, pourquoi nous parler d’un problème qui ne nous concerne pas spécifiquement ? Il y a, à cela, deux raisons :

– D’une part, vous serez la première jeune génération à bénéficier des opportunités qui vont se présenter à ceux qui voudront s’investir dans la gouvernance locale. Et je vous engage vivement à le faire.

– D’autre part, le nouveau processus de décentralisation a valeur d’exemple. Il apporte la preuve que les problèmes liés à l’évolution de notre société peuvent se régler par la concertation sans recourir à la violence.

Mes chers jeunes compatriotes,

Je voudrais insister sur ce point, car il n’y a que trop d’endroits dans le monde – et notamment en Afrique – où la violence fait le malheur des peuples. Nous ne voulons pas de cela au Cameroun. Notre objectif demeure l’établissement d’une société pacifique, démocratique, juste et prospère.

C’est pourquoi nous poursuivrons nos efforts pour avancer dans cette voie, en mettant l’accent sur le développement de notre système éducatif.

Déjà parvenu à un niveau de qualité reconnu, il continuera de faire l’objet d’une attention particulière du Gouvernement. A titre d’exemple, tous types d’enseignement confondus, ses dotations budgétaires représentent, en 2020, environ le septième  des dépenses de l’Etat.

Des jeunes ayant reçu une bonne éducation et une bonne formation auront naturellement les meilleures chances de se comporter en citoyens responsables et d’accéder à l’emploi.

Ce dernier problème reste préoccupant, surtout s’agissant des jeunes. Il n’y a pas en effet, pour le moment, adéquation entre la demande et l’offre d’emplois. L’Etat et le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle font tout ce qu’ils peuvent pour apporter des réponses. Le premier par ses recrutements dans la fonction publique et l’armée. Le second par la mise en œuvre de différents programmes d’aide à l’emploi.

Mais, il faut bien reconnaître  que ces efforts, même s’ils sont appréciables, ne sont pas de nature à régler un problème qui tient au fait que notre économie ne crée pas suffisamment d’emplois. Malgré ce handicap, on peut toutefois se réjouir de ce que, selon les statistiques, un peu plus de 500.000 emplois ont été créés l’an dernier dans le secteur moderne de notre économie.

La situation actuelle de celle-ci est la résultante des différentes crises qui se sont produites au cours des vingt dernières années. J’ai évoqué récemment cette question dans mon message de fin d’année à la Nation.

J’ai dit en substance que notre économie évoluait de façon plutôt satisfaisante et que notre croissance était repartie à la hausse. Mais je précisais aussi que le contexte international demeurait incertain et que nous devions faire des efforts supplémentaires pour rester sur la trajectoire de l’émergence. Antérieurement, j’avais eu l’occasion de déplorer notre dépendance excessive   vis-à-vis de l’extérieur et de suggérer de l’alléger.

C’est tout le sens de notre politique de développement qui vise à moderniser notre agriculture, à stimuler notre industrialisation, notamment en transformant nos matières premières agricoles et minérales, et à développer le numérique. Nous pourrons ainsi faire baisser nos importations, augmenter nos exportations et créer de nouveaux bassins d’emplois. C’est à vous, mes chers jeunes compatriotes, que reviendra cette tâche exaltante au cours des prochaines décennies.

Par ailleurs, le Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique poursuivra ses activités au bénéfice des jeunes dans les domaines de l’éducation civique et de l’intégration nationale, de leur insertion économique et de l’application du Plan Triennal Spécial Jeunes. C’est le cas avec l’initiative Youth Connekt Cameroon, récemment lancée à Yaoundé.

Ces différents programmes concernent plusieurs centaines de milliers de jeunes.

Au registre des satisfactions que nous pouvons légitimement éprouver, je mentionnerai les succès remportés par nos jeunes sportifs sur la scène internationale. Qu’il s’agisse :

– du 2ème titre de champion d’Afrique des Nations de notre équipe de football messieurs des moins de 17 ans en avril 2019,

– du 2ème titre de championne d’Afrique de notre équipe nationale de volley-ball dames en juillet 2019 et

– de la consécration, en janvier 2020, de notre équipe nationale féminine de football comme meilleure équipe du continent,

Je crois que nous pouvons être fiers de notre jeunesse sportive qui fait flotter très haut les couleurs du Cameroun.

Aujourd’hui, les Camerounaises et les Camerounais, dans leur grande majorité, peuvent manger à leur faim, se faire soigner, aller à l’école, au collège, au lycée, à l’université, ont le droit de s’exprimer et de voter librement.

 

Mes chers jeunes compatriotes,

Il n’y a pas si longtemps, lors d’un Conseil Ministériel, j’avais demandé au Gouvernement d’envisager la mise en place d’un plan national de lutte contre la consommation des drogues et de l’alcool. Celle-ci avait alors atteint la côte d’alerte au sein de la jeunesse camerounaise. J’invite encore aujourd’hui le Gouvernement à se mobiliser davantage pour lutter contre ce fléau.

Je saisis également l’occasion de cette Fête de la Jeunesse pour, une fois de plus, lancer un appel à nos jeunes compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ceux qui se sont laissé enrôler dans des bandes armées et qui continuent d’entretenir un climat d’insécurité dans ces deux régions doivent déposer les armes, à l’exemple de ceux, nombreux, qui l’ont déjà fait et qui vivent tranquillement au sein de nos communautés. Je continue de les exhorter à sortir de la brousse et à retrouver leurs autres jeunes concitoyens qui mènent une vie normale au sein de la société.

Mes chers jeunes compatriotes,

Je ne peux pas ne pas évoquer, avant de conclure, un événement récent qui bouleverse nos consciences : le meurtre, à Yaoundé, d’un jeune professeur de mathématiques par un de ses élèves. Cet acte, à peine croyable, en dit long sur les dérives de nos sociétés modernes.

J’en appelle aux parents, aux hommes de religion et aux enseignants pour que, grâce à l’éducation qu’ils dispensent, de tels faits ne puissent se reproduire. Je vous demande également de réfléchir à ce qui s’est passé, d’en mesurer la gravité et de prendre l’engagement de ne jamais commettre de tels actes.

Je saisis cette occasion pour exprimer de nouveau aux malheureux parents concernés mes très sincères condoléances.

Mes chers jeunes compatriotes,

Il y a soixante ans – j’avais alors votre âge, le Cameroun accédait à l’indépendance. Les jeunes de l’époque en avaient rêvé et elle est devenue réalité.

La tâche était immense. Nous en étions conscients. Il aura fallu beaucoup d’efforts, mais aussi de sang et de larmes, pour arriver où nous en sommes. Ce sont des générations de jeunes comme vous qui y ont consacré leur vie. Nous n’avons pas à avoir honte de ce qu’ils ont fait.

Aujourd’hui, les Camerounaises et les Camerounais, dans leur grande majorité, peuvent manger à leur faim, se faire soigner, aller à l’école, au collège, au lycée, à l’université, ont le droit de s’exprimer et de voter librement.

Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire. Nous le ferons ensemble. Nous bâtirons ensemble la société juste et prospère que nous appelons de nos vœux.

Mes chers jeunes compatriotes,

Pour le bien de notre pays, j’ai besoin de vous.

Bonne Fête de la Jeunesse !

Vive la jeunesse camerounaise !

Et vive le Cameroun !

 

Elections du 9 février 2020 : le satisfecit d’Atanga Nji

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Atanga nji fait le point de la situation sur le terrain

« Les élections municipales et législatives se sont tenues dans le calme et la transparence dans l’ensemble du territoire ». C’est le constat que dresse Paul Atanga Nji, cette nuit, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote. Ainsi, « le mot d’ordre de boycott lancé par certains responsables de partis politiques, qui en réalité ont eu peur de participer aux élections, a été ignoré par l’immense majorité des Camerounais ». Y compris dans les régions anglophones où des séparatistes avaient menacés de mort les populations, si elles allaient voter. «S’agissant du Nord-ouest et du sud-ouest, les populations sont sorties massivement pour accomplir leur devoir civique dans toutes les circonscriptions administratives », selon le ministre de l’Administration territoriale. Prenant à témoin « les images diffusées dans les télévisions et les réseaux sociaux depuis ce matin, [qui] sont le témoignage le plus éloquent de l’engouement et de l’enthousiasme des populations du Nord-ouest et du sud-ouest ».

Toujours est-il que ; à l’observation, et selon des confrères qui ont couvert les élections dans ces deux régions, les populations n’ont pas écouté les menaces des sécessionnistes. Même si certaines informations et images tournées par des sécessionnistes, ont laissé croire que des électeurs ont été tués à coups de machettes. Mais il est certain que l’on a voté dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. A la satisfaction du gouvernement qui malgré les assurances, redoutaient une amplification de ces menaces par des partis politiques comme le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto et le Cameroon people’s party (Cpp) de Kah Walla qui ont appelé au boycott des élections.

L’homme est si sûr de la tenue régulière des élections, qu’il sait à l’avance que « les éventuelles réserves, du reste mineures, qui pourraient être soulevée par les partis politiques en compétition ne peuvent pas entacher la crédibilité du scrutin et la sincérité des résultats lorsqu’’ils seront proclamés par les instances compétentes ». En admettant que « seules ces instances ont le droit de publier les résultats des élections ». Lui qui sait d’office qu’il ne devrait pas y avoir de réserves ; ou que « d’éventuelles réserves » ne pourront pas entacher la crédibilité des résultats. En tout état de cause, Paul Atanga Nji invite les partis politiques et les électeurs à « attendre le verdict des urnes… seules les urnes parleront », a-t-il indiqué.

Législatives et municipales 2020 : 6 millions 853 mille électeurs aux urnes

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Paul Biya votant

Les électeurs camerounais de l’intérieur du pays se relaient aux urnes depuis ce matin pour renouveler le mandat des 180 députés de l’Assemblée nationale et les exécutifs des 360 communes du territoire national. Une élection dont l’enjeu n’est pas à proprement parler le vainqueur de ce double scrutin, le 3ème du genre depuis le retour du multipartisme, mais davantage le taux de participation. Le parti devenu le leader de l’opposition au sortir de l’élection présidentielle de 2018, à savoir le Mouvement pour la renaissance du Cameroun de Maurice Kamto, ayant décidé de ne pas prendre part au vote, et appelant au boycott. Une position déjà adoptée depuis 2018 par le Cameroon people’s party (Cpp) de Kah Walla, posant des conditions préalables telles que la résolution du conflit dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest, la révision du code électoral, le départ du président. Un an après, le Mouvement pour la réconciliation nationale (Mrc) s’est approprié le combat, pendant que le Cpp et la plateforme Stand up for Cameroon va plus loin en exigeant le départ du président Biya du pouvoir. Cela dans le cadre d’une transition politique que cette plateforme appelle de tous ses vœux. Mais c’est le Mrc qui a focalisé l’attention depuis la veille du dépôt des listes électorales, lorsque Maurice Kamto a décidé de ne plus investir ses candidats. Depuis lors, le parti continue de s’imposer dans les débats politiques, même pendant la campagne électorale. Le parti dominant l’espace public par une communication agressive et une surexposition médiatique qui ont fini par l’opposer parfois aux autres partis politiques dits de l’opposition.

Quoi qu’il en soit, le chien aboie, la caravane passe. Yaoundé a maintenu les élections à la date choisie par le président de la République : le 9 février. Et ce sont exactement 6 853 498 électeurs qui sont attendus aux urnes réparties dans 22 000 bureaux de vote disséminés sur le territoire national. Pour désigner les 180 prochains députés de la Chambre basse du Parlement camerounais et les 360 maires. En course, 236 listes de députés issues de 35 partis politiques. En ce qui concerne les municipales, sur les 592 listes déposées, 549 ont été déclarées éligibles. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) part largement favori. Le parti au pouvoir concourt seul dans 134 circonscriptions aux législatives. Du coup, l’enjeu pour beaucoup de partis est la participation, tant dans les 46 autres circonscriptions, le parti au pouvoir dispose encore de moyens conséquents pour pouvoir au moins partager les sièges, s’il ne les remporte pas tous. Le défi que pourraient relever le Social democratic front (Sdf) et le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), seuls partis qui disposent de moyens tant financiers qu’humains est de pouvoir obtenir un groupe parlementaire. Ces deux partis qui sont en course dans des circonscriptions importantes comme le Wouri, le Nyong et Kelle, les Bamboutos, le Moungo, les régions du nord-ouest et du Sud-ouest.

Les urnes livrent les résultats dès 18h, heure de fermeture des bureaux de vote. En l’absence du Mrc, le Pcrn de Cabral Libii semble présenter la principale alternative aux yeux des observateurs. Les tribulations du Sdf dont la participation a fait l’objet d’une danse Bafia (succession d’avancées et de reculades), ont enfoncé davantage ce parti dont le fief est presque coupé de la vie de la nation, du fait de la guerre séparatiste que mènent des mouvements armés dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest. Et justement, la participation qui était d’environ 5% à la présidentielle dans ces deux régions, pourrait davantage baisser cette fois-ci. La guerre s’étant intensifiée et des positions encore radicalisées. La politique du bâton et de la carotte du gouvernement ne ramenant pas encore la paix définitive. Même si le ministre de l’administration territoriale (Minat) Paul Atanga Nji a rassuré l’opinion que des mesures sécuritaires spéciales ont été prises pour que les populations brisent les cordons de la peur pour aller voter. Mais dès la nuit, les séparatistes ont engagé des actions de saccage d’édifices publics et ciblant les sites devant abriter le scrutin.

Boumnyebel : L’onction populaire pour Cabral Libii

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L'étudiant sur les pas du professeur

Cabral Libii est arrivé à la place des fêtes de Boumnyebel au milieu d’une marée humaine. Précédé d’un cheval, le candidat à la députation était debout dans un véhicule 4×4, tenant un chasse-mouche qu’il agitait. La foule surexcitée exultait, clamant des « sauveur », « Mpodol ». Ce dernier nom qui signifie en langue Bassa locale, « porte-parole », « leader ». Référence faite à Ruben Um Nyobe, ex secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (Upc), figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Cameroun.

Et l’homme qui a surpris la classe politique nationale pour occuper le troisième rang à l’élection présidentielle de 2018, ne s’est pas fait prier pour accepter ce titre. « Un des speakers a dit que je ressuscite les morts ; je ne sais pas, mais il me semble que c’est vrai car je ne sais pas d’où sort tout ce monde, à cette heure-ci (19h). J’ai l’impression que je ne suis pas à Boumnyebel. De Pitoa, Makari , à Lolordorf, partout où je suis passé, ça a été la même chose», a-t-il commencé. « Et puis il y a mort et mort. Il y a un illustre mort natif de Boumnyebel ; il s’appelait Um Nyobe. Je suis heureux de pouvoir le réveiller. J’étais dans le village d’Ossende Afana. J’y ai trouvé Ossende joseph, son frère cadet, qui m’a donné sa canne, sa dernière canne, et m’a dit :’’fils je te donne le pouvoir’’. Je ne sais pas si tout cela est une prémonition », a-t-il enchainé. Redisant son destin présidentiel en cours de réalisation. « Tant que nous vivrons, nous e combat des illustres se poursuivra », a-t-il proclamé devant une foule qui n’arrêtait d’applaudir. Revendiquant son « upécisme », l’orateur refuse de laisser aux seuls militants de l’Upc l’héritage des Um Nyobe, Ouandié, Moumié,… « Nous n’avons besoin de l’autorisation de personne pour nous approprier ce combat », a-t-il indiqué. Et fustige « ceux qui voient en nous la cause de leurs problèmes ». Allusion intelligente aux militants de l’Upc.

C’est le dernier meeting du leader du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn). Lui qui est candidat aux législatives dans le Nyong et Kelle. « Le changement doit commencer demain. Si vous avez décidé que je sois celui-là qui va achever le combat des Um Nyobe, vous savez ce qu’il reste à faire. A Ngog Mapubi ça doit être 100%. Honte à celui qui prendra 2000F pour ramener le bulletin du Pcrn! honte à celui qui hypothéquera son avenir et celui de ses enfants à 1500F! », a-t-il mis en garde. Non sans fustiger l’adversaire. « Ils sont incapables de gagner une élection dans leurs villages sans tricher !» « Ils sont incapables de convaincre leurs frères et leurs parents de voter, sans leur donner à manger ou de l’argent car ils n’ont aucun bilan après 38 ans de pouvoir ». La foule est en extase. « S’ils gagnent encore dans les mêmes conditions, ce sera la faute à vous» ; a-t-il attiré l’attention. De quoi refroidir quelque peu la foule. « Vous devez non seulement voter, mais veiller sur votre vote», a-t-il sensibilisé. Prêchant à des convertis. « Il y a eu les grandes ambitions, puis les grandes réalisations, et aujourd’hui les grandes arrestations. Allez-vous accepter que cela continue ?» a demandé Bienvenu Ndjip, 3ème candidat du Pcrn aux législatives.

Les candidats aux législatives ont été présentés. Chacun déclinant sa filiation. Chacun des speakers a rassuré la foule sur son engagement à travailler pour le peuple. La communauté anglophone qui a accueilli le leader en chanson, a été rassurée à chaque fois : « N’ayez pas peur ; vous êtes chez vous. Si par la grâce de dieu et la volonté du peuple nous sommes élus demain, nous nous battrons pour mettre un terme à la crise anglophone», a promis Cabral Libii. Avant de prendre congé de la foule, direction Douala où il devait tenir le dernier meeting de campagne à Nkongmondo. Au bénéfice de Nourane Fotsing , l’autre joker de l’équipe Pcrn et cadidate aux législatives. L’homme veut mettre son aura au service de ses candidats partout à travers le territoire.

Législatives et municipales 2020 : Les femmes veillent pour la paix

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Un code : le 8243. C’est le numéro que met en service par la plateforme « Femmes camerounaises pour des élections pacifiques et l’éducation à la paix », pour le fonctionnement de la Salle de veille mise sur pied par ce regroupement d’associations dont la plus connue est Wilpf Cameroon. Ce numéro vert est mis à la disposition du public à l’occasion du double scrutin de ce 9 février 2020, à l’effet de dénoncer tout acte jugé conflictogène ou de nature à perturber la paix sociale. Ce numéro utile acquis grâce au partenariat avec la Cameroon telecommunication (Camtel), a été rendu public au cours de la cérémonie d’inauguration de la Salle de veille et d’alerte des femmes mise en place par le une plateforme créée en 2016 et regroupant une trentaine d’organisations de la société civile, en prélude à l’élection présidentielle de 2018.

La Salle de veille et d’alerte en question a pour objectif de « contribuer par le monitoring, la veille citoyenne et l’alerte permanente, à la promotion et au renforcement du processus électoral pour des élections apaisées ». La Salle de veille comprend une chambre technique qui reçoit les informations de terrain venant des 150 observateurs que la société civile compte déployer à travers le territoire, ainsi que des citoyens ordinaires ; une chambre d’analyse constituée d’experts avec divers profils ; et la chambre de réponses composée de « personnalités sélectionnées selon des critères d’impartialité et de rigueur ». C’est le fruit de partenariats et appuis techniques et financiers divers que sont la Camtel, le Foreign office and Commonwealth office, Wanep, le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix, le Haut-commissariat de Grande Bretagne au Cameroun et le système des Nations unies.

« Au moment où le Cameroun prépare les élections municipales et législatives prévues le 9 février 2020 après la présidentielle du 7 octobre 2018, le contexte sécuritaire et politique est marqué par plusieurs conflits et crises, des appels au boycott de certains partis politiques, des menaces extrémistes contre tous ceux qui iraient exprimer leurs droits de vote et ceux qui se sont présentés comme candidats, la contestation persistante des résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2018 et bien d’autres facteurs conflictogènes susceptibles d’engendrer de nouvelles violences électorales », a observé Wilpf Cameroon, organisation porteuse du projet. En plus, ajoute Sylvie Ndongmo, la présidente de Wilpf Cameroon, « les conditions juridico-politiques marquées par un Code électoral contesté par plusieurs acteurs du processus, ne garantissent pas la tenue d’un double scrutin non violent ». Alors l’Ong qui œuvre pour la préservation de la paix et la dans la prévention des conflits, pense «qu’il est légitime de redouter, tout comme en 2018, des violences électorales dont les femmes et les jeunes paient toujours un lourd tribut ».

En procédant à l’inauguration de la Salle de veille, Rowan James Laxton, le Haut-commissaire de Grande Bretagne au Cameroun, a salué l’initiative, en indiquant que « c’est une initiative qui peut contribiuer au renforcement de la paix et de la démocratie au Cameroun». Surtout que « les femmes savent mieux faire le plaidoyer pour la paix dans le monde, et ont un rôle très important pour la culture de la paix». Et « les élections sont un moment crucial pour la démocratie », a-t-il conclu.

Double scrutin à Mefo: tapis rouge déroulé à Minette Libom Li Likeng et au Rdpc

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Après le meeting d’Aloum, en cette matinée du 05 février 2020, c’est sur Mefo que le ministre et toute sa suite ont mis le cap. Autre lieu, autre décor mais pratiquement la même mobilisation. Des militants et sympathisants hyper motivés et bercés par des rythmes locaux agréables à l’écoute, accueillent le ministre et lui accordent toute leur attention.
Prenant la parole en premier, le président de la sous-section Rdpc de Mefo, Obam Mvondo fait allégeance au ministre et porte la voix des militants de la localité. « Une voix qui résonnera très fort et se fera entendre à travers les urnes le 09 février prochain ». Le président de la section Rdpc de la Mvila II, Raymond Mbida lui emboite le pas en qualifiant le double scrutin législatif et municipal, d’une bataille perdue d’avance par l’opposition qui n’a d’ailleurs pas pignon sur rue dans cette localité. Le président du secteur Rdpc de Ngoto 2, Calvin David Banga Mbom lui réitèrera son message se rapportant à la garantie de la victoire du Rdpc. Il plaide pour une victoire retentissante, une victoire à 100% des voix, en faveur des candidats du parti des flammes.
Madame le ministre des Postes et Télécommunications quanta elle, va axer comme à son habitude, son discours sur d’autres notions de la politique. A Mefo, c’est la question de la décentralisation qui oriente son allocution. Elle laisse entendre qu’à travers cette décentralisation tant souhaitée par le chef de l’Etat, « la gestion des affaires de la République sera une affaire collective, une affaire de tous. Les ressources seront transférées par l’Etat central aux collectivités territoriales décentralisées que sont les communes. Chacun devra donc se prendre en charge à son niveau et ce sera pour le bien de tous » a expliqué Minette Libom Li Likeng qui, pour s’assurer qu’elle est comprise, a davantage parlé en Bulu qu’en français. Campagne de proximité oblige !
Avant de quitter les lieux, le Minpostel a remis aux militants de Mefo et des localités environnantes parmi lesquelles Oveng, Nkong Yesok, Onoyong et Foulassi 2, des pagnes et des machettes. Un don qui a réjoui à plus d’un titre, ces militants et militantes qui n’ont pas caché de manifester leur joie lorsque le ministre quittait les lieux pour son troisième meeting prévu à Akonda, à une dizaine de kilomètres plus loin.

Correspondant à Mefo

Emmanuel Gustave Samnick : « Aucun journaliste n’a le droit de diffamer »

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Depuis le mois de décembre dernier, au moins trois journalistes ont été condamnés et au moins un jeté en prison sans jugement, qu’est-ce qui peut expliquer cette recrudescence de plaintes et de condamnations contre les journalistes ?

Vous parlez de « recrudescence » comme s’il s’agissait d’une maladie ou d’une épidémie… Pour moi, il s’agit d’une simple coïncidence et non d’un plan malicieux orchestré par les tenants du pouvoir pour museler la presse. Les journalistes étant des acteurs sociaux susceptibles d’engendrer des conflits par leur activité, ils sont d’office des justiciables de droit commun. En plus, tous les mis en cause dans les cas que vous évoquez ne sont pas des journalistes. Je fais le distinguo avec l’affaire « Kalara» où cette publication sérieuse semble effectivement victime d’un complot. Mais, d’une manière générale il ne suffit pas d’intervenir régulièrement dans les médias pour être journaliste !

Selon vous est-ce le pouvoir qui devient trop répressif ou ce sont les journalistes qui ne respectent plus la déontologie ?

Je préfère parler des médias plutôt que des journalistes. Certains mis en cause ces derniers temps ne connaissent même pas la différence entre un reportage et une chronique, mais vous les affublez facilement du titre ronflant de journaliste. A mon avis, ce sont les médias qui vont de plus en plus à la dérive au Cameroun, en partie à cause du laxisme et même de la complicité des pouvoirs publics. Vous et moi nous connaissons des pontes du régime qui entretiennent en kiosque des journaux à gage et qui sollicitent souvent ces « justiciers du micro » qui ont investi les radios urbaines et détruisent des vies à longueur de journée avec un cafouillis de médisances diffusées en direct sur les ondes, très souvent en toute impunité.

Certains estiment que ces journalistes ne sont pas poursuivis pour leurs opinions, mais plutôt pour diffamation. Est-ce que ce n’est pas une façon pour les gouvernants de camoufler les atteintes à la liberté de la presse ?

Aucun journaliste n’a le droit de diffamer, au nom de la liberté de la presse. Chacun doit faire son travail mais le métier de journaliste a aussi ses règles ; et ce n’est pas parce qu’on laisse toujours faire les francs-tireurs qu’ils doivent se dire qu’ils sont sur le droit chemin, qu’ils ont le droit de vie et de mort sur des citoyens qui, eux, n’ont pas l’arme de la plume ou du micro. Les pouvoirs publics, avec leur concept de « tolérance administrative », ont plutôt favorisé le libertinage de la presse en vantant plutôt la pluralité (plus de 600 journaux, plus de 70 radios, une trentaine de chaînes de TV) au lieu d’encourager la qualité. Ce libertinage organisé est un cancer qui est préjudiciable non seulement à l’équilibre social du pays mais aussi à la bonne santé de la presse elle-même.

N’avez-vous pas l’impression que la presse va à la dérive ? Comment peut-on corriger cela ?

C’est ce que je vous dis depuis le début de cette interview : la presse camerounaise est dans la rue, envahie par des braconniers de la plume et du micro. La solution, c’est que tout l’espace public se normalise au Cameroun. On n’aura pas une presse libre et professionnelle tant que les feux de circulation ne sont pas respectés, qu’aucun chantier n’est livré dans les délais sans surfacturation, que l’on urine allègrement contre les murs des édifices publics, que des ministres d’un même gouvernement et d’un même parti politique ne s’étripent pas par radios et journaux interposés à leur solde… Vous voulez quelle presse responsable, dans un pays où l’unité de détournement de deniers publics c’est le milliard de francs CFA ; où chaque chef d’une moindre structure est un roitelet qui ne rend compte à personne tant qu’il est en fonction ; où la Conac, le CNC, la CNDHL, le Conseil économique et social, etc, sont plus des gadgets de la République que des agences de régulation ou des organes de promotion ?

Propos recueillis par Joseph Essama

Liberté de la presse : Ces hommes de médias aux prises avec la justice

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La chape de plomb est-elle suspendue sur la presse camerounaise ? En près de deux mois, au moins trois journalistes ont été condamnés et un animateur jeté en prison. C’est le 20 décembre dernier que ce vent de restrictions, qui continuent de souffler aujourd’hui contre la presse s’est déchaîné. Christophe Bobiokono, directeur de publication du journal Kalara, est condamné après un procès expéditif à deux ans de prison avec sursis, pour diffamation’’ et ‘‘outrage à corps constitué’’. Il doit verser une amende de 2.5 millions francs CFA et s’acquitter de la somme de près de 10 millions de francs CFA au titre de dommages et intérêts. Sa collègue Irene Mbezele (auteure de l’article) est condamnée pour la même affaire à verser 1,5 million de francs CFA. Les deux journalistes sont ainsi condamnés suite à l’affaire qui les opposait depuis plus d’un an à l’honorable Fotsine Fotso, député du Rdpc. A la suite de ces condamnations, Reporters Sans Frontières (RSF) a réagi en dénonçant « vigoureusement la célérité avec laquelle la justice a jugé puis condamné un directeur de publication et sa collaboratrice à une peine de prison pour des faits de diffamation dans une affaire qui n’a d’autre but que de réduire au silence le média d’investigation qu’il dirige ». « Ce journaliste a été auditionné, jugé puis condamné à une peine extrêmement lourde en une nuit, comme s’il venait de commettre un coup d’Etat alors qu’il n’était poursuivi que pour diffamation et que les faits remontent à plus d’un an », avait regretté Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF.

07 jours plus tard, l’épée de Damoclès a tranché la tête d’un autre journaliste à Douala. Adalbert HIOL, Journaliste d’investigations et Directeur de Publication du journal « Ades-Infos Jeunesse en Action » est condamné à 18 mois d’emprisonnement ferme, 2 000 000 francs Cfa d’amende, 555 100 Francs Cfa de dépens, soit une contrainte par corps de deux ans et des Dommages et intérêts de 10 millions de francs CFA. L’ONG Mandela Center a dénoncé cette condamnation, affirmant que « le journaliste Adalbert HIOL n’a jamais eu droit à un procès libre, juste et équitable qui consacre la prééminence du droit dans une société démocratique. » Le journaliste était poursuivi dans une affaire de diffamation, propagation de fausses nouvelles et injures à l’endroit du Prof. Njock Louis Richard, directeur de l’hôpital Laquintinie de Douala.

Le 17 janvier 2020, l’animateur et chef de chaîne de la radio « Amplitude Fm », Martinez Zogo est arrêté suite à une plainte déposée au Secrétariat d’Etat à la Défense, par Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil, indiquent nos confrères du journal « Info Matin », dans sa parution du 22 janvier dernier. L’animateur est accusé selon nos confrères d’outrages à l’endroit de l’épouse du directeur du Cabinet Civil. Après quelques jours de garde à vue, il a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui.

12 journalistes en danger

Comme lui, plusieurs hommes de médias croupissent en prison en attente de leur jugement, c’est par exemple le cas de Paul Chouta arrêté depuis plus de 6 mois et qui est toujours en détention provisoire. Entre 2017 et 2019, « une douzaine de journalistes camerounais ont été arrêtés, intimidés ou menacés par des acteurs étatiques et non étatiques », indiquait l’ONG African Freedom of expression exchange dans un rapport sur la liberté de la presse au Cameroun.

Par Joseph Essama

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