lundi, juin 1, 2026
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Covid-19: la Beac promeut les cartes bancaires et le mobile money

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La Beac promeut les cartes bancaires et le mobile money

La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) n’entend pas rester de marbre face à la propagation du Coronavirus dans l’ensemble des six pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Le gouverneur de la Beac, Abbas Mahamat Tolli, a pour ce faire, signé un communiqué le 15 avril dernier, dans lequel il invite les populations de la sous-région à recourir désormais aux moyens de paiements électroniques dans le cadre de leurs différentes transactions. Et ce, dans le but de limiter la propagation du Covid-19. « La Beac invite les populations de la Cemac à privilégier les paiements par carte à travers tous les canaux de paiements électroniques existants dans la sous-région, les paiements par mobile intra et inter opérateurs, ainsi que les paiements par transferts en guise de règlement », peut-on lire dans ce communiqué. Bien plus, écrit Abbas Mahamat Tolli, « dans leurs dépenses quotidiennes et dans la mesure du possible, les moyens de paiement électronique devront être utilisés en lieu et place des espèces, afin de réduire les risques de contamination inhérents à la manipulation des espèces, facteur de non distanciation sociale ». Mais bien avant de suggérer ces mesures, le gouverneur de la Beac a tenu à rappeler aux uns et aux autres que « les cartes bancaires, les mobiles et les autres instruments de paiement électronique sont désormais interopérables et, par conséquent, permettent l’échange des données transactionnelles entre eux à des fins de dénouement des opérations de paiement ». A cet effet, précise le communiqué de la Beac, « les porteurs des cartes bancaires, des mobiles, ainsi que les utilisateurs des systèmes et moyens de paiements, peuvent ainsi réaliser des opérations de paiements et de transferts des fonds dans la Cemac, à des coûts relativement moindres, et sans avoir à se déplacer ni à manipuler des espèces ». Par ailleurs, la Beac indique dans son communiqué que toutes ces mesures visent à accompagner les efforts des Etats de la sous-région, dans la lutte contre la propagation du Coronavirus, en encourageant les populations à pratiquer la distanciation sociale et à privilégier les moyens de paiements digitaux. Il convient de souligner que c’est lors du Comité de Politique Monétaire du 27 mars dernier que la Beac avait recommandé aux fournisseurs de services de paiement de la sous-région de baisser les coûts relatifs aux transactions de monnaie électronique et des paiements digitaux.

Junior Matock ( Défis Actuels 473)

Pouvoir : Kamto engage la procédure de constatation de la vacance

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Après l’expiration de son deuxième ultimatum, Maurice Kamto a saisi l’Assemblée nationale pour constater la vacance du pouvoir au Cameroun. Pour le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), « la loi réserve au seul président de l’Assemblée nationale, après avis conforme du bureau de cette institution, le privilège de la saisine du Conseil constitutionnel aux fins du constat de la vacance de la présidence de la République ». Cependant, « elle n’indique pas qui peut solliciter le président de l’Assemblée nationale à cette fin», relève-t-il. Du coup, « elle ouvre ainsi la possibilité à tout citoyen ou organisation politique», analyse-t-il. Alors « c’est pourquoi j’ai saisi, par un moyen laissant trace, le président et le bureau de l’Assemblée nationale, afin qu’en leur âme et conscience, ils assument leurs responsabilités devant vous et devant l’histoire», écrit-il dans une déclaration publié sur son compte facebook officiel. « J’ai pris les miennes», se vante le président du Mrc.

L’opposant politique avait annoncé le 3 avril dernier qu’il compte faire constater la vacance à la présidence de la République, si après expiration de son second ultimatum Paul Biya ne manifestait pas un signe de vie. Faisant remarquer à l’opinion que le Cameroun traverse « une situation politique inédite, caractérisée par l’absence prolongée et inexpliquée du chef de l’Etat en fonction ». Peu avant la première sortie de Maurice Kamto sur ce sujet, Kamwa la panthère, un activiste camerounais établi en Europe, avait annoncé le décès de Paul Biya. Plusieurs hauts dignitaires du régime de Yaoundé avaient réagi pour dénoncer cette « fausse information », en indiquant que le président Biya est vivant et exerce pleinement le pouvoir et les responsabilités que lui a confiées le peuple au terme de la dernière élection présidentielle. Sauf que, depuis plus de deux mois, Paul Biya n’est pas toujours apparu en public. Cependant des actes sont régulièrement signés au nom de l’Homme du 6 novembre. Pour les plus sceptiques, le pouvoir est exercé par un clan au nom du président.

La note de Maurice Kamto sur le sujet

Le 27 mars, Maurice Kamto avait donné sept jours à Paul Biya pour donner signe de vie, sinon le peuple prendra son destin en main. Au terme de ce premier ultimatum, le président du Mrc avait lancé le 3 avril, une opération de collecte de fonds pour organiser la riposte contre le coronavirus. Mais en même temps, un nouvel ultimatum de sept jours était donné au président de la république, pour la même requête. Il a expiré. Maurice Kamto a annoncé qu’il fera constater la vacance du pouvoir. Chose promise, chose due. Reste à savoir que crédit l’Assemblée nationale accordera à cette requête, et ce que réserve le candidat arrivé 2ème à la dernière élection présidentielle et qui jusqu’ici revendique la victoire.

Yaoundé : le secteur des transports routiers au ralenti

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La pandémie de coronavirus affecte principalement les déplacements de personnes.

Quartier Mvan à Yaoundé. Il est 10 heures ce vendredi 10 avril 2020. L’atmosphère est crispée. L’ambiance des grands jours qui a souvent régné dans ce site bondé d’agences de voyage a laissé la place à quelques rares passants. Ça et là, des bus sont garés dans les parkings. Et quelques passagers prennent leur temps devant les guichets. Aucun rang en vue. Du coup, « pas besoin de se bousculer ou de se précipiter », lâche Herman, un voyageur qui souhaite se rendre à Douala, capitale économique du Cameroun. Le jeunot sait qu’une fois son ticket payé, il devra attendre longtemps avant le départ du bus qui doit le transporter. « L’agence est presque vide, dit-il. Je suis le 11ème passager. Il va falloir attendre un bon moment pour atteindre les 50 passagers autorisés ».

Fermeture d’agences en vue ?

Depuis près de trois semaines en effet, le gouvernement interdit aux agences de transport interurbain d’effectuer des voyages avec plus de 50 passagers par bus. La faute à la propagation du coronavirus qui a déjà coûté la vie à 12 personnes dans notre pays. Une situation qui met un coup de freins à l’activité. « Il n’y a pas de passagers. Pour ne pas rester à la maison, on est obligé de forcer le travail. Avant la prise des mesures par le gouvernement, il y’avait de l’affluence mais maintenant ce n’est plus le cas », raconte un chauffeur de bus. L’agence qui l’emploie a revu le nombre de passagers à la baisse : « le bus de 70 places transporte 49 passagers pour respecter la distanciation et pour éviter les risques de contamination. Si à l’aller on peut enregistrer ce chiffre, il n’est pas probable que ce soit le cas au retour », lâche le chef d’agence. Les pertes sont énormes dit-on dans les agences de transport. « Les passagers voyagent par nécessité suprême, et en cas de force majeure. Ce qui a réduit le trafic Douala – Yaoundé. Avant, on pouvait effectuer plus de vingt voyages le vendredi mais avec l’arrivée du Covid-19, c’est à peine si on effectue six voyages. Le manque à gagner est énorme car les charges n’ont pas baissé », poursuit-il. Certains patrons envisagent même déjà de fermer boutique, le temps que la crise soit maîtrisée. « A l’allure où vont les choses, nous allons fermer pour un moment pour voir si la situation change », murmure-t-on à Buca Voyages.

Transport urbain

Pourtant, il n’y a pas que le transport interurbain qui est sérieusement touché par la crise. Le secteur du transport urbain n’est pas épargné. « Les conducteurs de taxis et de moto taxis sont invités à éviter des surcharges dans les transports publics : les forces de maintien de l’ordre veilleront particulièrement », avait indiqué le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Contraint d’appliquer cette mesure, Philippe, conducteur de taxi dans la ville de Yaoundé, a vu ses revenus baissés de 60 %. « Avant l’arrivée du coronavirus, je pouvais gagner 50 mille francs par jour ; une fois que je verse les 10 mille francs de recette journalière à mon patron, je fais le plein de carburant, il me restait de quoi nourrir ma famille au quotidien. Depuis deux semaines, je n’y arrive plus », dit-il. L’homme a trouvé une pirouette pour joindre les deux bouts : « je ne roule plus beaucoup dans la ville. Cela me permet de ne pas beaucoup consommer de carburant. De plus, le soir quand je gare le véhicule, je ne fais plus le plein de carburant. Il faut bien que mes enfants aussi mangent ». Comme Philippe, plusieurs conducteurs de taxi subissent de plein fouet les effets du coronavirus surtout que certains Camerounais qui ont fait le choix de rester à la maison. « Il n’y a presque plus personne dehors. Les gens sont chez eux. C’est vraiment difficile pour nous les taximen », lance Edgar, un chauffeur. Et d’ajouter : « les recettes sont médiocres. Ça ne donne pas ! Avant un chauffeur pouvait travailler 20 mille francs la demie journée. Maintenant, le chauffeur est incapable de travailler de 10 mille francs ». La situation est la même chez les conducteurs de mototaxi. « Avant a crise, je pouvais gagner 10 mille francs par jour. Maintenant, il n’est plus possible de travailler 5 000 francs CFA. Déjà, il n’y a pas beaucoup de clients qui sortent. On doit donc se battre entre nous pour transporter les rares clients qui sortent. Il faut batailler pour avoir 2000 frs par jour. On travaille juste pour pallier à certains besoins de la famille », avoue Christian.

Mesures d’accompagnement attendues

Dans cette « galère », les acteurs du secteur des transports ont les yeux rivés vers le gouvernement. « On attend toujours les mesures d’accompagnement », lâche Philippe. Ce conducteur de taxi, comme d’autres, espère une baisse du prix du carburant à la pompe. « Si l’Etat arrive à baisser le carburant, ce sera un véritable soulagement. Hélas, en attendant, on ne peut pas doubler le prix du transport ; puisque, vu le contexte, c’est le bas peuple souffre. Si on demandait au peuple de ne pas payer l’électricité, l’eau, et le loyer comme sous d’autres cieux, ceci pouvait avoir un impact sur le coût de la vie, et inéluctablement dans le transport », espère Victor, employé dans une agence de voyage.

Remise de peines : Mamadou Mota, Sisuku Ayuk, Mendo Ze… ne seront pas libérés

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Si aucun chiffre n’est donné au sujet du nombre de détenus qui seront libérés à la faveur de la commutation et des remises de peines décidée hier, apparaît à priori que les prisonniers politiques resteront en prison. A première vue, aucun détenu de poids ne bénéficiera de la clémence du président de la République. En effet, l’article 4 dudit décret restreint le bénéfice des mesures à ceux condamnés pour des peines autres que celles des prisonniers jusqu’ici considérés comme politiques et assimilés.
En commençant par les militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) encore détenus dans des geôles. Notamment Mamadou Mota et ceux qui ont été condamnés avec lui lors de la mutinerie de juillet 2019 à la prison centrale de Yaoundé. Le premier vice-président du Mrc et ses acolytes font partie des personnes « condamnées pour des pour une infraction commise pendant qu’elles se trouvaient en détention ». Ces militants du Mrc n’avaient pas déjà été libérés en même temps que Maurice Kamto, pour les mêmes raisons.

Le second groupe de détenus qui ne bénéficieront pas de la remise des peines, est constitué des leaders de la crise dite anglophone. L’article 4 du décret présidentiel n’accorde pas de faveur aux personnes détenues pour « atteinte à la sûreté de l’Etat, pour infractions prévues au chapitre 2 de la Loi N°2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme,… » Les chefs d’accusation retenus contre Ayuk Tabe et ses compagnons d’infortune appartiennent à ce groupe. Pour la 3ème occasion, les leaders de la cause anglophone arrêtés au Nigeria en janvier 2018 manquent à l’appel de la libération de prisonniers.

Remise de peines taillées sur mesure

Enfin, il y a le groupe des clients de l’Opération Epervier. Si Polycarpe Abah Abah a déjà purgé sa peine de six mois pour tentative d’évasion, il devra rester en prison comme Jean Marie Atangana Mebara, Gervais Mendo Ze, Urbain Olanguena Awono, Edgard Alain Mebe Ngo’o, Atangana Kouna,… Ils ont en commun et diversement cumulés contre eux les condamnations pour « corruption, détournement de deniers publics,…».

Ainsi, Paul Biya qui a tardé à prendre la locomotive de la décongestion des prisons qu’avaient tôt emprunté beaucoup de présidents africains, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus qui impose parmi les mesures barrières la distanciation sociale, travaillait à tailler les mesures à la dimension des prisonniers les plus ordinaires. A priori donc, aucune grosse plume ne sera élargie. Et même, la liste des critères restrictifs est si longue que le décret présidentiel risque de ne pas avoir l’effet escompté. La surpopulation carcérale au Cameroun est un secret de polichinelle. Selon des chiffres annoncés à titre indicatif par la radio nationale, le pays de Paul Biya compte un peu plus de 30 mille détenus, contenus sur moins du tiers de l’espace prévu. En cas d’infection à coronavirus dans le pénitencier de Kondengui par exemple, ce serait une hécatombe.

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Tourisme : la destination Cameroun en berne

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Déjà en berne, le tourisme camerounais vit des jours encore plus difficiles depuis l’avènement du nouveau coronavirus. Si la pandémie a contraint les gouvernements du monde à prendre des mesures conséquentes pour bloquer la propagation du virus, la fermeture des frontières terrestres, maritimes et surtout aériennes met un terme à l’arrivée des touristes en terres camerounaises. Le séisme est mondial et il commence déjà à avoir des répercussions sur le Cameroun. La première, c(est incontestablement le report à une date ultérieure, du Championnat d’Afrique des Nations (Chan) initialement prévu du 4 au 25 avril en cours.

« Comme avec le glissement de la date de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 initialement prévue au Cameroun, le report du Chan va entraîner un gros manque à gagner pour l’économie de notre pays en termes de recettes liées au tourisme », avoue sous le couvert de l’anonymat, un employé du ministère du Tourisme et des Loisirs (Mintourl). Si les chiffres officiels en termes de pertes n’ont cependant pas encore été communiqués, notre source croit savoir que ceux-ci ne seraient pas très loin des prévisions qui avaient été faites en marge de la CAN reportée de 2019. Selon les calculs de ce département ministériel, le Cameroun avait un objectif de 1000 touristes étrangers.

Lesquels devaient générer 75 milliards de francs CFA de frais de visa, 10 milliards de francs CFA de frais de timbres d’aéroport, 120 milliards de francs CFA de taxes touristiques reversées à l’Etat. Soit un total partiel de 205 milliards de francs CFA. Des investissements notamment attendus dans le transport, l’hébergement, la restauration, la communication téléphonique, l’artisanat et autres souvenirs, la visite des sites touristiques et les loisirs etc. Le coronavirus est donc venu fausser les prévisions. Et pas seulement pour le gouvernement. Les agences de tourisme et de voyages, habilitées à exercer sur le territoire national connaissent également les mêmes difficultés. Certains ont même dû mettre « une pause à durée indéterminée » à leurs activités.

Covid-19/Evènementiel : les entreprises étranglées

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Dans son plan de riposte contre la propagation du nouveau coronavirus, le gouvernement camerounais interdit les rassemblements de plus de 50 personnes. Une prescription qui n’est pas sans conséquence pour les petites entreprises, organisatrices d’évènements. « Dans l’événementiel, la situation est catastrophique et inédite en termes d’effondrement absolu d’une filière professionnelle », regrette Richard, promoteur d’une agence de communication.

La quasi-totalité des évènements pour lesquels son agence avait été sollicitée est annulée. « Il est devenu impossible d’organiser un simple anniversaire, dit-il, combien de fois une foire, un séminaire, une Assemblée générale, un mariage ? La situation est vraiment catastrophique ». D’après lui, il y a trois grandes familles d’événements professionnels : les événements récréatifs, sportifs et culturels ; les foires, salons et congrès ; et les évènements d’entreprises ou institutions (conventions de salariés, assemblées générales d’actionnaires, séminaires de commerciaux, lancements de produits…). Impossible d’organiser ces évènements qui regroupent pour la plupart du temps des centaines de personnes.

« Les organisateurs d’évènement eux-mêmes ont compris qu’il ne sert à rien de dépenser de l’argent pour un évènement dont la portée sera très très réduite car ne pouvant mobiliser qu’un nombre réduit de personnes cibles », appuie-t-il. Et il n’y a pas que les agences de communication ou événementielles qui sont touchées. D’autres Petites et Moyennes Entreprises évoluant notamment dans la location des salles, fabricants de décor, services traiteurs, prestataires techniques, hôtesses etc. ne sont pas épargnées.

Reconstruction Nord-Ouest et du Sud-Ouest : la difficile équation

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« Plusieurs sécessionnistes n’ont pas encore déposé les armes. Malgré le calme relatif observés dans ces les zones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, civils et militaires continuent à tomber au front de guerre ». Vielle de plus de trois ans, la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest continue à faire des victimes et inquiète Etah Divine Ashu, qui comme plusieurs camerounais se demande à quand la fin des hostilités.   Pour matérialiser le projet de paix qu’il a initié dans les deux zones en conflit, le président de la République a mis sur pied, le 3 avril dernier, un plan Marshall baptisé :  Plan Présidentiel de Reconstruction et de Développement des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest(Pprd-No/So). Ses objectifs : réhabiliter et aménager les infrastructures de base, revitaliser l’économie et promouvoir la cohésion sociale.  Une initiative saluée par plusieurs leaders qui félicitent les efforts consentis par le gouvernement dans le but ramener la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Pour l’avocat Agbor Balla, un des leaders de la contestation anglophone, « cette initiative est une preuve auprès des populations qui sont restées surplace et surtout des réfugiés internes et externes que le gouvernement est prêt à trouver une solution » à la crise qui sévit depuis plus de trois ans.

Difficile équation

Malgré la volonté de ramener la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, l’Etat reste confronter à quelques groupes sécessionnistes qui refusent de déposer les armes. Des pourparlers ont ainsi été engagés pour convaincre ces jeunes à accepter l’initiative de paix. « La paix est préalable aux activités de reconstruction du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. C’est parce que ce préalable est capital que le gouvernement a mis en place la caravane de paix qui discute directement avec les groupes armés pour les convaincre de déposer les armes. Plus de 1000 sont déjà convaincus et certains d’entre-deux sont déjà parmi nous, car on leur a trouvé du travail », explique le professeur Cosmas Cheka, chef de département de English Law à l’université de Yaoundé II. L’enseignant de droit estime que l’initiative de « reconstruction des zones touchées est en elle-même un outil de la recherche de la paix et le désarmement » et espère que « les jeunes qui sont encore armés seront finalement convaincus de désarmer ».  Même si les groupes armés ne déposaient pas les armes, « leur réticence ne devrait pas empêcher le travail de reconstruction ».  Barrister Agbor Balla pense de son côté que la reconstruction doit commencer, car nul ne sait quand la guerre prendra fin. Il propose que la reconstruction commence dans les zones déjà en paix. Pour lui, l’initiative ne doit pas seulement viser à reconstruire, elle doit aussi s’appesantir à construire, car à cause des trois ans de guerre, ces deux régions accusent un retard infrastructurel sur les autres régions du pays.

Dépolitiser le plan de reconstruction

Dans les principales villes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest les populations sont majoritairement favorables à la reconstruction, à condition que le processus soit « dépolitisé et intègre les populations locales », souhaite Paul Atancho, observateur résident à Bamenda. Un point de vue que partage Agbor Balla. « Je suis déjà fier que le vice-président de ce plan de reconstruction soit un cadre du SDF, car cela montre la bonne foi du gouvernement », se félicite-t-il. Pour une opération réussie, l’avocat international propose que l’initiative intègre, « les villageois, les hommes d’Eglises, la société civile, les ONG et les partis politiques », car ce sont tous ces acteurs qui sont concernés par la reconstruction et il est d’abord question de réussir l’opération dans les mentalités.

Joseph Essama

Commerce : les approvisionnements désormais grippés

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Pour certaines entreprises spécialisées dans la distribution des produits alimentaires, les commandes ont réduit, passant de 30 000 tonnes à 20 000 tonnes.

Gabriel O, responsable des approvisionnements dans une grande entreprise spécialisée dans la distribution des produits alimentaires se tourne les pouces depuis quelques semaines au siège de l’entreprise à Douala. La cause ? « Depuis que le gouvernement a annoncé les premières mesures suite à la survenance du Covid19, nos activités tournent au ralenti. Nos commandes à l’extérieur ont baissé, ceci est d’autant plus vrai en ce sens que pour nous qui évoluons dans la vente du matériel de construction, les navires transportant nos marchandises n’accostent plus au Port Autonome. Du coup, on a dû mettre beaucoup de collègues en congés techniques », explique-t-il. La réalité semble être a peu près la même dans cette autre entreprise qui fait dans la grande distribution des produits alimentaires. « Si au Port Autonome de Douala, la bouée de base prenait 10 à 15 navires au même moment, pour éviter qu’il y ait affluence, on préfère faire entrer deux ou trois, notamment les navires contenant les produits alimentaires. », souligne Clément P, autre responsable approvisionnement dans une autre grande entreprise.

En ce qui concerne nos commandes, poursuit-il, « si on prenait 30 000 tonnes par mois, maintenant on est dans les 20 000 à 21 000 tonnes pour le compte du mois de mars ». Bien plus, ajoute-t-il, « plus grave, on touche désormais les stocks de sécurité, chose qu’on ne faisait pas avant. Il y a même des entrepôts qu’on a pratiquement vidé pour répondre à la demande ». Il faut rappeler que, indique Clément P, « nous recevons de manière récurrente des visites du délégué régionale du commerce qui vient s’assurer que nos produits sont mis à la disposition des commerçants, car si on constate que nos magasins sont saturés alors que les produits manquent sur le marché, nous aurons des sérieux problèmes ». Cette baisse d’activité n’est pas sans conséquences dans la vie de ces entreprises. « Nous avons des collègues qui sont déjà à 20 jours de congés techniques. Au départ, il était prévu qu’on devait permuter les équipes à raison de sept jours de travail chacune. Les premiers sont allés depuis le 2 avril, ils étaient censés reprendre mercredi le 8 avril. Mais au contraire ils ont dû recevoir des mails d’attente dans lesquels on leur disait d’attendre une semaine de plus. Il s’agit là de presque la moitié du personnel. Et on menace même d’envoyer d’autres pour réduire les dépenses de l’entreprise ».

Covid-19 : baisse du chiffre d’affaires des entreprises de 25 % à 70 %

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Tel est l’un des impacts du Covid-19 sur les entreprises auquel il faut ajouter les mises en congés techniques et les licenciements en série.

Vincent Kouete, secrétaire exécutif adjoint du Groupement Interpatronal du Cameroun (Gicam) n’a pas fait mystère de son inquiétude sur les effets du Covid-19 sur les entreprises membres du Gicam. « La note s’annonce très salée pour nos entreprises », dit-il à l’entame de l’échange téléphonique avec Défis Actuels le 11 avril dernier. Avant de poursuivre « aujourd’hui, puisque l’heure est à sauver des vies, les entreprises ont pratiquement tout mis en berne. Douala, la capitale économique est désormais une ville en sommeil, il n’y a plus grand monde dehors, en dehors des débrouillards », souligne-t-il, dépité. Pour les entreprises structurées, ajoute-t-il, « c’est à la limite de la fermeture ou la faillite pour certaines ». Chiffre à l’appui, il argue que « pour le peu d’échantillon dont nous disposons en ce moment, plusieurs entreprises annoncent des baisses du chiffre d’affaires oscillant entre 25 % et 70 %, rien que pour le mois de mars 2020, comparé à la même période en 2019». Pour Protais Ayangma, président du groupement Entreprises du Cameroun (Ecam), les conséquences du Covid-19 sur les entreprises sont importantes et diverses : « du fait des incertitudes entretenues, de la réduction de la mobilité des personnes ou l’arrêt pur et simple de certaines activités, l’impact observable à court terme se traduit notamment par un ralentissement des investissements, une forte érosion de la production des entreprises et de leur chiffre d’affaires, une forte dégradation du portefeuille crédits des institutions financières, etc ». Plus grave déclare-t-il, « toute l’économie nocturne est en péril, bars, braiseurs, etc », avant de conclure que « les prévisions les plus optimistes tablent sur une perte d’au moins deux points de croissance de notre Produit Intérieur Brut ».

Congés techniques et licenciements en série

La violence avec laquelle la Covid-19 sévit sur les entreprises contraint désormais celles-ci à procéder à des mises en congés en série, voir à des licenciements. « Depuis le début du mois d’avril, une partie de notre personnel est en congés techniques », informe Solange B, responsable des ressources humaines dans une entreprise de la ville de Douala. La situation est identique dans cette autre entreprise brassicole basée dans cette même ville. « Ici chez nous, tous ceux qui avaient déjà 12 mois de présence ont été systématiquement mis en congés annuels depuis le 1er avril. Et pour ceux dont la présence sur le site n’est pas nécessaire, ils travaillent à partir de leurs domiciles. Toutes ces mesures visent à réduire les charges sur l’entreprise ». Claver P, responsable d’hôtel présente quant à lui un tableau bien plus sombre pour son activité. « Si la situation ne s’améliore pas, on va déboucher à des fermetures des établissements hôteliers, simplement parce qu’il n’y a plus de clients. On est passé d’une moyenne de 100 clients par jour à a peine 10. Et il s’agit pour la plupart des touristes qui ne peuvent pas se déplacer du fait de cette pandémie. Tout ceci a fait chuter nos recettes mensuelles de plus de 50 % », expliquait-il à Défis Actuels le 10 avril dernier.

Covid-19 : les secteurs économiques les plus affectés

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impact du covid-19 : la diversification des économies comme solution

La planète toute entière est secouée par une crise sanitaire causée par la propagation du nouveau coronavirus. S’il faut prendre au sérieux cette pandémie qui a déjà fait des dizaines de milliers de décès à travers le monde dont 12 au Cameroun depuis le début de l’année, l’une des premières victimes de ce virus est l’économie. Au Cameroun, la mise en œuvre par le gouvernement, des mesures de lutte contre la propagation de la maladie (fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes, arrêt des cours dans les établissements scolaires et les universités, fermeture des bistrots, restaurants et commerces à 18 heures etc.) a provoqué un coup d’arrêt brutal pour de nombreuses activités économiques.

Les entreprises du secteur privé sont prises en tenaille, et pourront connaitre une baisse de chiffre d’affaires pouvant évoluer entre 25 % et 70 %. Les patrons du secteur privé multiplient à cet effet les appels à l’aide à l’attention des pouvoirs publics. Le commerce est au ralenti. Et les effets de ce ralentissement pourraient entraîner un double choc. D’abord un choc de l’offre avec une baisse importante des approvisionnements. Selon les experts, certaines entreprises spécialisées dans la distribution des produits alimentaires voient leurs commandes dégringolées, passant de 30 000 tonnes à 20 000 tonnes. Alors que le second choc est relatif à la demande qui, elle, baisse également. Une baisse due notamment par une diminution des revenus des consommateurs. Si l’on n’en est qu’aux prémices de la crise sanitaire, l’impact sur des secteurs comme le commerce, les transports, l’hôtellerie et restauration, la religion et le tourisme, commence ainsi à se faire sentir.

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