lundi, juin 1, 2026
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Lions indomptables A’ : Yves Clément Arroga limogé

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Le temps n'aura pas joué pour Arroga

Yves Clément Arroga n’est plus l’entraîneur principal des Lions indomptables A’ depuis cette mi-journée du 21 octobre 2020. Ainsi en a décidé Narcisse Mouelle Kombi au terme d’une réunion de crise tenue au ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep). La tutelle ne dit pas explicitement que l’entraîneur principal est limogé, mais le met tout de même à la disposition de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), alors qu’il nomme à sa place Martin Ndtoungou Mpile, jusqu’ici membre du collectif des superviseurs à la tête duquel se trouve Ngweha Ikouam Fils. Emmanuel Ndoumbe Bosso, le premier adjoint échappe à cette frappe chirurgicale. David Pagou, un autre membre du collectif des superviseurs, arrive comme second adjoint. C’est cette nouvelle équipe qui va poursuivre la préparation du Cameroun pour le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2020 qui se joue à domicile entre le 16 janvier et le 7 février 2021.

Yves Clément Arroga paie le prix des contre-performances de la sélection nationale des joueurs locaux. Sur quatre matchs amicaux joués durant le dernier stage préparatoire, les Lions indomptables A’ ont obtenu une seule victoire. Contre Fauve Azur (1-0), une équipe de deuxième division. Après avoir essuyé une défaite contre la Panthère sportive du Ndé, et deux matchs nuls contre l’équipe nationale du Soudan du Sud que PWD de Bamenda a humiliée (3-0). Dans un environnement trouble marqué d’une part par l’inefficacité des attaquants, et un climat de plus en plus instable dans la tanière. En cours de stage, le staff technique a remercié huit joueurs (sans raisons officielles), puis a convoqué dare-dare cinq autres. Le collectif des superviseurs nommés n’a pas toujours été en paix avec le staff technique.

Narcisse Mouelle Kombi ravale ses vomissures un peu plus d’un an après. Le Minsep avait nommé à la tête de la sélection nationale des joueurs locaux un technicien étranger aux championnats locaux car venant d’Espagne où il résidait ; contre l’assentiment de la fédération. Yves Clément Arroga n’a jamais pu s’acclimater avec la réalité locale, malgré qu’il se soit rapproché des entraîneurs locaux pour préparer ses sélections. Alors que l’homme se battait à donner une âme à son équipe, la pandémie du Covid-19 s’est invitée à table pour saler une addition déjà amère.

cela survient à quelques mois du CHAN qui démarre le 16 janvier à Yaoundé. Le Cameroun jouera donc avec un nouvel entraîneur. Un homme qui lui-même n’avait déjà pas eu les coudées franches lors du CHAN 2016 au Rwanda. Quatre ans après, Ndtoungou Mpile qui rechignait à composer avec le staff-scout de la Fécafoot, sous la conduite de la direction technique nationale, revient par le couloir qu’il n’avait pas accepté de gaieté de coeur en son temps.

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Subvention de l’Etat : La dernière balle du général Semengue

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Pierre Semengue

Subvention de l’Etat : La dernière balle du général Semengue
Le président de la Ligue mise désormais sur l’absence de comptes d’exploitations pour ramener les présidents de clubs dans son camp.
Dans des courriers adressés aux présidents de clubs des championnats professionnels, le président de la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC) exige des « justificatifs de dépenses des subventions reçues de l’Etat », ainsi libellé à l’objet. Avec la mention « première et dernière relance». La requête ayant été servie le 5 octobre dernier. Le général Pierre Semengue avait donné 72h aux présidents de clubs pour fournir ces justificatifs, à la suite d’une lettre du ministre des Finances qui l’interpellait sur l’objet de la requête. A ce jour, aucune réaction enregistrée. « Le délai de 72h à vous imparti pour la production desdits documents étant largement dépassé, j’ai l’honneur de vous inviter à nouveau, à produire lesdits justificatifs au plus tard le mardi 20 octobre 2020», essaie-t-il encore de relancer ses membres. Non sans leur rappeler que « le renouvellement du versement de la subvention étatique est conditionné par la production desdits justificatifs».

Une vieille rengaine que l’homme agite très souvent lorsqu’il se sent attaqué ou affaibli dans l’éternelle guerre qu’il livre avec les membres de la LFPC. Cette fois-ci, Pierre Semengue qui sent les choses se compliquer davantage, a pris soin de mettre en copie non seulement le ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep) et le ministère des Finances (MINFI), mais aussi le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe). Une invitation sibylline adressée aux gendarmes de fonds publics, pour qu’ils s’intéressent à ses adversaires internes à la Ligue. Eux qui, de sources sûres, n’ont jamais rendu compte de la gestion des subventions de l’Etat aux clubs professionnels, depuis sept ans. De l’argent destiné dès le départ, à soutenir les salaires des joueurs. Il s’avère que cet appui qui devrait être de 100.000F pour un joueur de 1ère division et 50.000F pour celui de 2ème division s’est révélé être finalement le salaire même du joueur. Salaire payé avec retard, et pourtant l’Etat a toujours reversé sa quote-part dans le financement du football professionnel.

Soupçons de détournement de deniers publics

L’année dernière, le Syndicat national des footballeurs du Cameroun (Synafoc) a saisi la Fédération internationale de football association (FIFA) pour exiger le paiement d’arriérés de salaires des joueurs. Dans l’enquête, le Synafoc faisait état de certains clubs dont les joueurs n’ont reçu aucun salaire. Aucune saison sportive ne s’est jamais terminée sans des bruits de bottes dans des clubs, au motif d’arriérés de salaire. En clair, la subvention de l’Etat n’a pas toujours servi la cause prévue par l’Etat.

Une arme de poids pour le président de la Ligue sous la menace d’un limogeage par certains membres de la Ligue. Lesquels projettent une assemblée générale extraordinaire pour le 29 octobre prochain. Occasion au cours de laquelle ils comptent démettre Pierre Semengue. Ce dernier annonce la sienne pour le 6 décembre, pour élire de nouveaux membres du Conseil d’administration, en remplacement des démissionnaires. Le Minsep n’a pas encore réagi à cet autre développement. Narcisse Mouelle Kombi qui a créé un Groupe de travail devant permettre une application « pacifique » de la sentence du Tribunal arbitral du sport (TAS) réhabilitant la Ligue que la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) avait suspendue en août 2019, ne devrait pas intervenir dans cette autre querelle interne à la Ligue. Il n’en est pas coutumier. La tutelle des sports a déjà prescrit la relance des championnats professionnels, en perspective du CHAN que le Cameroun abrite en janvier prochain. Mais il semble que la préoccupation de l’Etat n’est pas le premier souci des clubs. Pierre Semengue a programmé le démarrage de la saison pour le 31 octobre. Il a invité les clubs à procéder aux formalités d’engagement pour la nouvelle saison. Ces derniers n’ont pas pour certains, l’intention de s’y mettre avant d’avoir vu la fin de la guerre LFPC-Fécafoot qui devrait indiquer l’organisateur du championnat.

CHAN 2020 : Les Lions indomptables A’ ne rassurent pas

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Arroga n'est pas serein

La sélection nationale n’a enregistré qu’une victoire en quatre matchs amicaux. Le staff cherche encore un attaquant qui marque.
Malgré leur victoire contre Fauve Azur samedi dernier, les Lions indomptables A’ ne rassurent pas (encore). C’est la première victoire de la sélection nationale des joueurs locaux du Cameroun depuis la reprise des stages préparatoires pour le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2020. Après une défaite (0-1) face à la Panthère du Ndé, et deux nuls vierges contre le Soudan du Sud. Le Soudan du Sud que PWD de Bamenda a pourtant laminé 3-0. Du coup, l’incertitude continue de planer sur la sélection camerounaise qui avait déjà de la peine à assurer lors des stages pré-Covid. Yves Clément Arroga avait indiqué être à la recherche d’un « tueur » sur le front de l’attaque. Le patron de l’encadrement technique continue de chercher des mois après. Dans ses quatre sorties test, seul Léon Boyomo a pu trouver le chemin des buts. Et face à un club de Ligue 2.

Désormais, la pression monte. Des critiques en viennent à appeler au limogeage de l’entraîneur principal, « pour limiter les dégâts». En revanche certaines sources parlent d’un climat délétère au sein du staff où un collège de superviseurs semble faire ombrage à l’entraîneur en chef. Mais Yves Clément Arroga qui résiste aux pressions, y croit tout de même. Lui qui prône le « jeu en possession ». Lequel est axé sur la domination par le port du ballon, et un pressing à outrance sur l’adversaire dès la perte du ballon. Malgré les nuls des deux matchs joués contre la sélection fanion du Soudan, la sélection a tout de même fait montre d’un engagement certain. Avec notamment une possession de balles estimée à 65 et 64%. Et après une fébrilité observée lors du match aller, au retour les Lions indomptables A’ ont signé 15 tirs pour neuf cadrés. Et la mayonnaise semble commencer à prendre. Avec cette victoire face à Fauve Azur. Peut-être le fait de nouveaux joueurs convoqués après que huit autres aient été remerciés. Toujours est-il que le Cameroun est en quête d’attaquants adroits.

La préparation se fait avec des joueurs qui sortent d’une période blanche de six mois du fait de la pandémie du covid-19. Yves Clément Arroga attend beaucoup de la reprise des championnats professionnels. Mais la guerre qui persiste entre la Ligue et la Fécafoot et même au sein de la Ligue, risque de ne pas favoriser une reprise de sitôt. Pour le moment, Pierre Semengue a prévu le démarrage de la saison pour le 31 octobre prochain. Cependant, certains présidents de clubs n’entendent pas prendre part à un championnat organisé par le général. Le CHAN aura lieu du 16 janvier au 7 février 2021. Le Cameroun, pays organisateur, aura comme adversaires au premier tour, le Mali, le Zimbabwé et le Burkina Faso.

Droits humains : Des acteurs de la chaîne pénale se mettent à jour

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Formation des journalistes par JADE

« Les objectifs ont été largement atteints ». Etienne Tsasse n’a pas caché sa satisfaction au terme du séminaire de formation/recyclage des acteurs de la chaine pénale et des journalistes et acteurs de la société civile, sur les droits humains en général et sur le droit de la presse en particulier que Journaliste en Afrique pour le développement (JADE) a organisé à Douala du 13 au 16 octobre 2020 à Douala. En témoigne « l’engouement des participants lors des travaux, sur leurs relations avec les forces de l’ordre, sur comment réagir face aux exactions dont ils sont souvent victimes», a constaté le coordonnateur de JADE Cameroun. Au terme de quatre jours de travaux animés par des avocats, journalistes en retrait. Avec le concours de JUDH (Association des juristes pour les droits humains), une association camerounaise de juristes pratiquants, et de Caractères sans frontières, une association française de journalistes. Sur des modules tels que liberté de presse et droits humains, les instruments juridiques encadrant la liberté de la presse, l’éthique et la déontologie du journaliste, la loi sur la cybercriminalité, la loi sur le terrorisme. Mais aussi, l’occasion a été offerte aux journalistes, acteurs de la société civile, avocats et Forces de maintien de l’ordre d’échanger autour de la collaboration qu’ils devraient entretenir sur le terrain de l’exercice de leurs métiers, à l’aune des droits de l’homme. Question de « rapprocher les principaux intervenants impliqués dans la promotion des droits humains…pour rechercher des synergies d’action dans la promotion des droits humains », a-t-on expliqué à JADE Cameroun.

Pour l’organisation, « ce séminaire se justifie par le contexte national marqué par la crise sécuritaire dans les régions du Nord-ouest, du Sud-ouest, et de l’Extrême nord. Des crises marquées par des arrestations, des crimes atroces. Mais aussi la crise sociopolitique de l’heure qui a entraîné des marches », selon Etienne Tsasse. « Et chaque fois que les journalistes se sont rendus sur le terrain de ces crises, ils ont souvent été victimes d’arrestations arbitraires, assimilés à des terroristes, et emprisonnés. Ce climat de tensions, de violations des droits et de la liberté de la presse, nous a poussés à nous demander qu’est-ce qu’on peut faire pour faire bouger les choses. La réponse était que les journalistes qui sont au-devant de la scène soient formés sur leurs propres droits, puis sur les droits humains en général, pour désormais leurs informations puissent être axées sous l‘angle des droits humains », a-t-il justifié.

Pour les organisateurs de ce séminaire de formation, les journalistes, principales cibles des travaux de Douala, devraient pouvoir affiner leurs plumes et s’engager davantage sur le terrain de la défense et la promotion de droits de l’homme à travers une production journalistique dense en termes de quantité et de qualité.

Téléphonie : Paul Biya suspend la collecte de la taxe

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Paul Biya décide d'un deuil nationl

En pleine polémique sur la « nouvelle » taxe sur les téléphones et autres terminaux numériques, Paul Biya a décidé de ramener le dossier au placard. Dans un courrier adressé au secrétaire général des Services du Premier ministre, Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence de la République demande au premier ministre Joseph Dion Ngute de « surseoir la mise en œuvre de la collecte par voie numérique des droits de douane et taxes sur les téléphones et terminaux importés ». Les opérations qui n’avaient pas encore véritablement débutées sont donc suspendues. Elles devaient démarrer le 15 octobre dernier, par le paiement par le consommateur de 33% de la valeur du téléphone acheté, sorti d’usine. Montant que devaient collecter les opérateurs de téléphonie mobile à la source, en retranchant sur le crédit de communication, à défaut d’obtenir l’accord de l’acheteur de payer de son propre gré.

Paul Biya n’a pas laissé tomber cette taxe qui devrait être collectée sous cette forme dans le cadre de l’application de la loi des finances 2019. Le président de la République demande au Premier ministre de « soumettre à sa Haute sanction un mécanisme plus approprié de recouvrement desdits droits de douane et autres taxes». A charge pour le gouvernement de trouver un autre mécanisme moins porteur de polémiques. Les chiffres donnés par le Pr Pierre Alaka Alaka, expert fiscaliste et membre de l’Ordre national des conseils fiscaux, font état de ce que les droits de douane sont passés de deux milliards par mois à 100 millions FCfa. Amenant l’Etat à déduire que le gap est redistribué aux contrebandiers qui se nourrissent ainsi de la délinquance des importateurs. «La réforme dit que l’importateur qui veut dédouaner à la frontière paie les droits et taxes et vend u produit dédouané. Celui qui ne veut pas dédouaner a l’obligation d’informer son client sur le statut non dédouané de son téléphone qu’il vend », explique un chroniqueur économique. Paul Biya prescrit un recul nécessaire à la réflexion en vue de mieux aborder le sujet.

Ayah Ayah : « Les enseignants et les élèves ont peur pour leur vie »

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Malgré la situation sécuritaire tendue, la rentrée scolaire a effectivement eu lieu la semaine dernière, dans plusieurs écoles de Buea et Bamenda, quel commentaire faites- de cette actualité ?

Tout d’abord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ne se limitent pas dans les grandes villes de Buea et Bamenda. Il y a plus d’une dizaine de départements dans ces deux régions. Depuis l’année scolaire passée, ces deux villes nous font rêver qu’une rentrée scolaire paisible est possible dans la partie anglophone du pays. Malheureusement, cette éventualité ne se limite que dans les grandes villes. Quand on observe ce qui se passe dans les périphéries et même au sein de certains quartiers des grandes agglomérations, on comprend que l’on est très loin d’une reprise effective des cours dans les deux régions anglophones.

Plusieurs parents   ont encore peur d’envoyer leurs enfants à l’école et à côté plusieurs enseignants craignent de regagner les salles de classe. Pensez-vous qu’à cette allure l’école peut effectivement reprendre partout ?

 Année après année depuis le début de cette crise qui s’est transformée en guerre, on revit les mêmes scénarii. Une guerre sans pitié qui se déroule à huis-clos, avec des milliers de morts des deux côtés et la radicalisation approfondie des belligérants. Ce sont les civiles, parmi lesquels les enseignants et les élèves qui paient le prix le plus fort. Les parents meurent d’envie d’envoyer leurs enfants à l’école après tant d’années passées à la maison.  Mais les parents se trouvent confrontés aux menaces des séparatistes qui promettent la mort à ceux qui n’obéissent pas   aux mots d’ordre. Face à une telle situation, il ne faut pas en vouloir aux parents et aux enseignants qui, par peur pour leur vie, choisissent de boycotter la rentrée, à leur corps défendant. Mais nous tenons à saluer les enseignants, les élèves et les parents qui malgré ces menaces et au prix de leur vie, ont choisi le chemin de l’école.

 Plusieurs leaders séparatistes qui prônent le retour à l’école ont indiqué que les écoles doivent observer les villes mortes et ne doivent pas chanter l’hymne national, ni étudier l’histoire. Est-ce que cela ne participe pas à renforcer la peur dans les esprits des parents et des enseignants ?

La situation sur le terrain est extrêmement compliquée. Nous observons plus de radicalisation au jour le jour et la naissance de nouveaux groupes armés. A l’heure actuelle et contrairement à la situation que prévalait au début de la crise, il existe plusieurs groupes armés à la tête desquelles se trouvent plusieurs leaders qui ne s’accordent pas sur plusieurs points, surtout sur celui de la rentrée scolaire. L’année scolaire passée, certains leaders avaient déjà appelé à la reprise des classes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, un appel qui n’a pas été respecté. D’autres voix se sont ajoutées à celle-là cette année, mais pour le moment, il est très tôt d’évaluer l’impact de cet appel. Mais demander que les élèves ne chantent pas l’hymne national et que l’histoire ne soit pas enseignée, c’est compliquer davantage la situation déjà complexe. C’est dans l’intérêt de l’ensemble du peuple camerounais et à la communauté internationale d’œuvrer agressivement pour un cessez-le-feu au plus vite, pour permettre aux enfants de fréquenter sereinement et aux belligérants de mener un dialogue inclusif, pour adresser les causes profondes de cette crise devenue très critique.

Interview réalisée par Joseph Essama

Nord-Ouest/ Sud-Ouest : Comment la rentrée scolaire divise les séparatistes

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Une lueur d’espoir point-telle à l’horizon ? Si tout va pour le mieux, la campagne menée par le gouvernement et certains leaders séparatistes en faveur de la reprise de l’école dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest augure de bons résultats.  Seulement, plusieurs parents d’élèves et les enseignants sont encore pris dans un dilemme.  Celui de faire le choix entre écouter la voix du gouvernement et celle de certains leaders séparatistes qui prônent le retour à l’école, et s’exposer aux affres des autres groupes séparatistes qui maintiennent le boycott de l’éducation. La semaine dernière, la rentrée scolaire a été très timide dans plusieurs localités des régions anglophones.  A Buea, dans le Sud-Ouest où la situation sécuritaire est moins tendue, plusieurs écoles n’ont pas ouvert leurs portes, rapportent les journaux locaux. A côté, d’autres établissements, notamment le lycée bilingue de Molyko, le lycée presbytérien de Buea et plusieurs écoles privées ont accueilli les apprenants.  Si dans le chef-lieu de la région,  les élèves ont pu reprendre les cours dans certains établissements après près de 4 ans passés à la maison, dans l’arrière-pays, la situation semble plus complexe. Dans le département de la Meme par exemple, plusieurs sources rapportent que les enseignants et les élèves sont restés chez eux, du fait des menaces que n’arrêtent de proférer certains groupes séparatistes locaux, contre ceux qui voudront reprendre le chemin de l’école.  C’est la même situation dans le département du Lebialem, un des épicentres de la crise anglophone. Pourtant, il y’a quelques semaines, plusieurs leaders séparatistes avaient milité en faveur de la reprise des cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « La lutte de la libération du Southern Cameroon ne concerne plus le boycott scolaire. Cette phase de la résistance est terminée », soutenait un communiqué signé par plusieurs leaders sécessionnistes. Selon eux, la situation sécuritaire actuelle permet que les élèves puissent reprendre le chemin de l’école. Et dans les zones encore en proie aux combats entre les sécessionnistes et les forces de l’ordre, « les forces d’Ambazonie devraient permettre la scolarisation des enfants en toute sécurité », conseillait Mark Bareta un des signataires du communiqué.  Un appel qui est visiblement tombé dans les oreilles des sourds, car certains groupes séparatistes continuent de brandir la menace contre ceux qui oseront rejoindre les salles de classe. Pour Njine Baneh Elvis, le secrétaire national en charge de la Communication du Parti de l’Action Populaire (PAP), « plusieurs parents gardent encore les enfants à la maison parce que l’insécurité qui règne dans certaines régions anglophones n’encouragent pas les parents à envoyer les enfants à l’école. Les enseignants aussi ne peuvent pas risquer d’aller à l’école alors qu’ils ont vu les images de leurs collègues décapités parce qu’ils ont voulu faire leur travail », affirme-t-il. Avant d’ajouter qu’il faut que « l’Etat prenne ses responsabilités pour que l’ordre revienne dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ».   

Joseph Essama

Sylvain Thévoz, député suisse : « Monsieur Biya sait qu’il n’est plus le bienvenu à Genève »

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Vous avez initié depuis 2019, une pétition demandant aux autorités helvétiques de déclarer Paul Biya, le président de la République camerounaise, persona non grata. Sur quoi se fonde votre requête ?

 Le droit de pétition est un droit constitutionnel en Suisse. La pétition « Pour que Genève déclare Paul Biya persona non grata » a été lancé suite aux événements de juin 2019 et a récolté plus de 15 000 signatures. A l’époque, l’indignation était générale suite aux violences exercées par les gardes du corps de Paul Biya à l’encontre d’un journaliste de la RTS (Radiotélévision Suisse). Ce dernier avait été brutalement molesté et son matériel professionnel confisqué. Par la suite, ces gardes du corps ont été condamné par la justice pénale genevoise. L’indignation ayant conduit au lancement de cette pétition portait aussi sur le train de vie royal et les dépenses somptuaires de Monsieur Biya et sa suite à l’hôtel Intercontinental. Si Genève est la capitale des droits humains et reçoit quantité de chefs d’État dans l’exercice de leur fonction ainsi que dans le cadre de négociation politiques, des sessions de l’ONU, elle n’a pas pour fonction d’être un lieu de villégiature pour dictateurs, ni un lieu d’hébergement pour les biens mal acquis. Cette pétition avait donc un contenu conjoncturel (condamner les violences de juin 2019) et structurel (refuser à ce que l’hôtel intercontinental soit une base arrière pour les dépenses pharaoniques de Paul Biya avec l’argent du peuple camerounais).  

Dans votre requête, vous semblez mettre en avant la question des droits de l’homme. Et les autorités camerounaises évoquent à leur tour, l’agression d’un chef d’État en exercice.  Que dites-vous à propos ?

En aucune façon et à aucun moment Monsieur Paul Biya n’a été agressé ou molesté à Genève. Bien au contraire. Il y a trouvé un accueil de qualité et le respect de sa personne. Des droits fondamentaux qui aujourd’hui ne sont, et de loin, pas garantis pour toutes et tous au Cameroun.  

Vous évoquez des montants pharaoniques et insistez sur le fait que l’argent utilisé par Paul Biya pour ses séjours à Genève est celui du contribuable. D’où tenez-vous ces chiffres et pensez-vous qu’un chef d’État n’a-t-il pas droit à des séjours privés ?

Je tiens ces chiffres de différentes ONG sérieuses et de médias de référence. A aucun moment d’ailleurs la présidence de la République du Cameroun ne les a contestés. Si Monsieur Paul Biya souhaite, en toute transparence, communiquer les chiffres de ses somptueux voyages, et ce depuis 38 ans qu’il dirige le Cameroun, je les étudierai bien volontiers. Un chef d’Etat a bien évidemment droit à des séjours privés, pour autant que ce ne soit pas l’argent des autres et de son peuple qui les paie. La transparence est un élément fondamental de la démocratie. Quand elle vient à manquer, on doit tirer la sonnette d’alarme. Accueilleriez-vous dans votre maison quelqu’un qui est accusé d’avoir du sang sur les mains qui ne peut vous dire d’où il tire l’argent qu’il dépense ni même si c’est le sien ?

Vous n’avez pas réussi à convaincre le Conseil du Canton de Genève à voter pour que Paul Biya ne séjourne plus à Genève.  Qu’est ce qui peut expliquer cela ?

Je n’ai malheureusement pas réussi à convaincre la majorité de droite du Grand Conseil de Genève. La pétition pour déclarer Paul Biya persona non grata a été refusée ( 47 contre 23 voix)  par une majorité qui navigue à court terme et n’a pas perçu l’intérêt pour Genève et la Suisse de condamner ces pratiques déviantes de vol et de recel de biens mal acquis. Toutefois, l’écho politique a été important. La prise de conscience augmente concernant ces pratiques d’un autre âge. Le peuple suisse se prononcera le 29 novembre sur un article constitutionnel rendant responsables les multinationales ainsi que leurs filières de leurs agissements à l’étranger. Les flibustiers de la finance, les multinationales pirates nuisent à des populations et pays entiers et détruisent in fine tant l’image que les intérêts de la Suisse. Les actionnaires et le grand capital servent uniquement leur intérêt à court terme. Si le peuple vote OUI à cette modification constitutionnelle le 29 novembre, cela permettra à ce que la Suisse ne soit plus le cache-sexe des entreprises pirates et nuisibles.

Le Canton de Genève ayant rejeté votre requête, quelle sera la suite de votre démarche ?

La prochaine étape sera pour nous de veiller à ce que Genève ne soit pas une ville où des hors-la-loi, fussent-ils chefs d’Etat en exercice, viennent se pavaner et dépenser en toute impunité l’argent de leur peuple. La prochaine étape sera de gagner la votation du 29 novembre « pour des multinationales responsables », afin que le pouvoir de l’argent ne domine pas sur les traités internationaux et les droits fondamentaux des peuples. Genève est la capitale des droits humains. La neutralité helvétique est saluée et reconnue loin à la ronde. Il n’est pas question de la laisser salir par celles et ceux qui ne voient que leur intérêt égoïste et à court terme. De nombreux combats nous attendent. Nous restons à disposition de toutes celles et ceux qui luttent, à Genève et ailleurs, pour le respect des droits humains. Nous sommes prêt-e-s à agir, ensemble.

Pensez-vous que votre requête a eu assez d’échos dans le monde ?

Tout à fait ! Au regard de l’écho médiatique et des pressions diplomatiques le message est bien passé. Monsieur Biya sait qu’il n’est plus le bienvenu à Genève. Je tiens évidemment à remercier toutes les militantes et militants qui se sont mobilisés pour relayer cette pétition, et avec courage montrer que l’argent n’achète pas tout. Monsieur Biya est reparti tête basse de Genève.

Interview réalisée par Joseph Essama

Reconnaissance: Le prix Nobel de la paix attribué à la FAO

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Le comité Nobel a décerné le prix Nobel de la paix 2020 au programme alimentaire mondial (PAM). Pour la porte-parole du Comité Nobel, le PAM a joué un rôle important cette année dans la recherche de l’équilibre et la paix mondiale. Dans un contexte où « la famine est de plus en plus utilisée comme arme de guerre », a-t-elle déclaré. « Toute la communauté mondiale doit contribuer à lutter contre la famine« , a-t-elle lancé. Sensibilisant l’opinion internationale sur l’urgence qu’il y a à s’engager dans ce combat.

Les pronostics ont donc été déjoués. des personnalités d’envergure mondiale tels Donald Trump ont été annoncées par certains internautes. Mais beaucoup plus l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et dans une certaine mesure le Pr Didier Raoult, dans leurs rôles de premier plan joué dans la lutte contre le Covid-19. Mais le Comité Nobel ne l’a pas vu ainsi.

Régionales 2020 : les grandes affiches

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On connait l’identité des candidats aux élections des conseils régionaux. Au total, 16 partis politiques (106 listes) sont sur la ligne de départ dans la catégorie de «délégués de départements ». Sans le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ni le Social Democratic Front (SDF). Entre guerre de dissidence, bataille entre personnalités, enjeux nationaux… les futures élections régionales, les premières du genre au Cameroun prévoient quelques duels en perspective.

Adamaoua : l’UNDP en pôle pour gérer la région

Il est des batailles locales qui sont en fait des combats nationaux. Ce sera le cas dans la région de l’Adamaoua où un duel sans merci va opposer l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (Undp) au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc). A première vue, le parti de Bello Bouba Maïgari est bien parti pour damer le pion à son principal adversaire. Enfin, si l’on s’en tient aux résultats des dernières élections municipales. Dans la première confrontation prévue dans le département du Mayo-Banyo, c’est pourtant le Rdpc qui fait office de favori dans la course à l’élection des 13 conseillers régionaux possibles. Le parti au pouvoir contrôle en effet totalement les communes de Bankim (31 conseillers municipaux) et du Mayo-Darlé (25 conseillers municipaux). Quand l’’Undp ne disposent que des 41 conseillers municipaux de la commune de Banyo. L’autre département où le Rdpc est assuré de faire élire 14 conseillers régionaux c’est le Mbéré où il totalise 106 conseillers municipaux contre 6 pour l’Undp et 4 du Pcrn. Mais c’est là que devrait s’arrêter le diktat du parti au pouvoir ; car dans les trois départements restant, la menace porte un nom : l’Undp.

Dans la Vina où il faut élire 25 conseillers régionaux, le parti de Bello Bouba Maïgari et ses 118 conseillers municipaux part vainqueur devant le Rdpc (98 conseillers). Idem dans le département du Faro-et-Déo (9 conseillers régionaux à élire) où l’Undp et ses 75 conseillers municipaux s’apprêtent à coiffer au poteau le Rdpc et ses 25 conseillers municipaux. Dans le Djerem (9 conseillers régionaux à élire), l’Undp (35 conseillers municipaux) part également vainqueur devant le Rdpc (31 conseillers municipaux). L’Undp est donc en pôle pour le contrôle du Conseil régional de l’Adamaoua.

Le Centre si convoité

En choisissant de se présenter dans son fief, le Nyong-et-Kéllé (région du Centre), le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Prcn) veut garder intactes, ses chances de décrocher des places dans le prochain conseil régional du Centre. Le parti de Cabral Libii a la mainmise sur cinq des dix communes du département notamment Matomb, Eséka, Makak, Messondo et Ngog-Mapubi. L’élection s’annonce donc serrée dans cette circonscription où le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) sera en compétition, tout comme le Purs de Serge Espoir Matomba et l’UPC. Autre duel-clé à surveiller toujours dans la région du Centre, l’opposition entre le Rdpc, le Front Démocrate Camerounais (FDC) de Dénis Emilien Atangana, le Parti pour l’Alliance Libérale (PAL) de Célestin Bédzigui et le RPD.

Littoral : ça se joue entre le PCRN et le RDPC

Rivalité annoncée également entre le Pcrn et le Rdpc dans la région du Littoral. Les deux partis s’affrontent dans trois des quatre départements que compte la région. Notamment dans le Nkam où s’est invité le PURS de Serge Espoir Matomba. Si la commune de Nkondjock est dirigée par Serge Alexis Lombat Diback du Pcrn, les autres sont parées aux couleurs du Rdpc. Dans le département de la Sanaga-Maritime, l’UPC et le Mldc comptent jouer les trouble-fêtes face au parti du «Flambeau ardent» et le Pcrn qui se sont partagé les communes dudit département. Le duel entre les deux partis aura également lieu dans le Wouri, même si le Rdpc qui trône à la tête des six communes part largement vainqueur devant un Pcrn qui peut profiter de possibles remous au sein du parti au pouvoir pour se positionner.

Nord : le choc des « alliés »

Le Front pour le Salut National du Cameroun (Fsnc) va prendre part aux premières élections régionales du pays. La formation politique que préside le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle Issa Tchiroma Bakary est en course dans deux de quatre circonscriptions dans la région du Nord. Notamment dans le département du Mayo-Louti où le parti a assuré un bon résultat lors des élections municipales du 9 février dernier. Le Fsnc contrôle en effet la mairie du Mayo-Oulo avec 41 conseillers municipaux. Mais le parti de l’ex ministre de la Communication devra affronter une rude concurrence pour le contrôle de ce département. L’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (Undp) est également bien implantée dans la zone. Le parti fondé le 9 février 1991 dirige la mairie de Guider et compte 45 conseillers municipaux. Autre parti à l’affût, Rdpc. Il contrôle la mairie de Figuil avec ses 35 conseillers municipaux. Les trois partis qui ont souvent noué des alliances à la veille d’élections présidentielles vont devoir opérer des choix stratégiques. Eux qui s’affrontent également dans le département de la Bénoué.

Par Joseph Essama

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