mercredi, juin 10, 2026
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Achille Bassilekin III, ministre des PME : « créer des conditions d’accès des PME au crédit »

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PME
Achille Bassilekin III, ministre des PME

Monsieur le ministre, quel était le but de l’atelier de sensibilisation des PME sur l’arrimage à la normalisation que vous avez présidé le 21 juillet dernier à Yaoundé ?

Je voudrais confirmer que le gouvernement est mobilisé dans la mise en œuvre de la politique d’import-substitution. Et en ce qui concerne le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, nous avons décidé de réunir une trentaine de Très Petites Entreprises (TPE) qui sont impliquées dans la production des produits qui généralement sont prédominants dans l’importation pour que la dynamique de l’import-substitution prenne véritablement son contenu. Nous avons donc identifié trois secteurs clés
qui sont présentés comme prioritaires dans la Stratégie Nationale de Développement à savoir : celui du bois et ameublement, de l’agroalimentaire et celui de la confection du cuir et du textile. Il s’agit pour nous de former les promoteurs de ces produits aux normes et qualités qui régissent ces secteurs, de façon à ce que la production de ces PME et TPE puisse répondre aux standards des qualités pour non seulement satisfaire la demande locale des consommateurs mais également être en mesure de séduire les consommateurs sur les marchés étrangers. C’est un processus que nous démarrons avec déjà cet échantillon de TPE et de PME qui va donc se renforcer parce que nous voulons à terme, avoir un échantillon assez représentatif de TPE et de PME qui répondent aux exigences de qualité avec des standards qui soient élevés de façon à ce que nous puissions substituer aux importations massives dans ces secteurs, les produits locaux qui répondent à ces exigences.

Vous avez fait mention d’une ligne de crédit qui est ouverte dans votre ministère en faveur de ces promoteurs, qu’est-ce qu’il faut retenir en termes de conditionnalités ?

Il faut dire que, nous avons pu négocier avec un certain nombre de partenaires financiers qui nous accompagnent quelques lignes de crédit qui sont aujourd’hui logées auprès d’un certain nombre de banques de la place. C’est des lignes de crédit aux taux d’intérêt plus assouplies que des conditions commerciales classiques et donc, qui sont offertes aux Très Petites Entreprises ou aux promoteurs des PME qui veulent renforcer leur capacité productive, moderniser leur outil de production, ou tout simplement dynamiser avec le secteur dont ils ont la charge. Je voudrai donc dire que nous ne sommes pas une banque, mais en revanche ces crédits, lorsqu’elles ont pu être négociées ont le tout dernier est avec la Banque Européenne d’Investissement (BEI) qui a donc permis que aussi bien la Commerciale Bank Cameroun (CBC) que le Crédit Communautaire d’Afrique (CCA) et ceci suivait parallèlement d’autres lignes qui avaient été ouvertes auprès de la Société Générale, auprès de Pro- PME Financement S.A. C’est pour dire combien nous sommes déterminés à créer les conditions pour que les TPE et PME puissent facilement avoir accès à des lignes de crédit qui leur permettent de desserrer l’étau dans le cadre du renforcement des capacités productives. Et e cela, il faut dire que c’est un processus qui est continu, d’ailleurs, nous avons pu obtenir il n’y a pas longtemps à travers la Banque Africaine de Développement (BAD) quelques crédits similaires qui vont accompagner le PME/TPE qui ont été affectés dans le cadre de la Covid et avant cela également, l gouvernement continu à renforcer ses efforts en la matière pour que finalement le marché de l’accès aux crédits soit beaucoup plus ouvert aux promoteurs des TPE et des PME.

Propos recueillis par Axel Abanda

Cameroun – compétitivité : les PME s’arriment aux normes

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PME

Les microentreprises et l’Anor ont organisé jeudi dernier, un atelier de sensibilisation dans le cadre du développement d’un secteur privé productif à même de favoriser la compétitivité des entreprises nationales dans la dynamique du développement des PME manufacturières. Une étape primordiale dans la mise en œuvre de la politique du « mix import-substitution et la promotion des exportations ». En effet, l’enjeu de cette journée portait sur l’amélioration de la compétitivité des produits camerounais de grande consommation et d’inverser la tendance à l’importation massive des produits similaires. « Spécifiquement, il s’agit de présenter les mécanismes mis en place pour réduire les coûts d’acquisition des normes et des prix préférentiels pour les Petites Entreprises (PE). Mais aussi de présenter le catalogue des normes existantes pour les produits issus des filières prioritaires choisies », a déclaré Stéphane Junior Ond, directeur des PME au ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa).


D’après les termes de référence desdits travaux de réflexion, l’objectif de la rencontre visait le recensement des nouveaux produits pour lesquels le besoin de l’accompagnement à l’acquisition des normes s’impose notamment le primaire, le secondaire et le tertiaire. L’atelier a vu la participation des responsables du Minpmeesa, du Minepat, du Mincommerce, de l’Anor et d’une vingtaine d’entreprises. A en croire les experts de la normalisation, 2 732 normes ont déjà été établies. « Dans les centres de formalité de création d’entreprises, 15 591 PME ont pu être créées sur l’étendue du territoire avec une croissance de 45,96 % en 2021, dont une prépondérance chez les promoteurs de tranche d’âge qui varie entre 35 et 45 ans », a dévoilé Achille Bassilekin III, patron du Minpmeesa au sortir des échanges.

Transformation de L’économie
Selon la boussole du gouvernement (SND 30), la vision du secteur industriel à l’horizon 2030 est de faire du Cameroun le commutateur (fournisseur d’énergie électrique), le nourricier (fournisseurs des produits agro-industriels) et l’équipementier (fournisseur de biens d’équipement notamment les meubles) de la Ceeac et du Nigeria. Pour le développement de ce secteur, deux principales orientations sont retenues, à savoir : la promotion de l’industrie manufacturière et le rattrapage technologique. Ces orientations permettront d’une part de faciliter l’insertion économique mondiale du Cameroun et d’autre part d’accélérer l’import/substitution. En termes d’objectifs, il s’agira de : porter la part du secteur secondaire dans le PIB à 36,8% à l’horizon 2030 ; porter la Valeur Ajoutée Manufacturière (VAM) de 14,5 % en 2017 à 25 % en 2030 ; et porter la part des exportations des produits manufacturiers à 54,5 %. Ce modèle de croissance économique tirée par l’industrie manufacturière exige de faire passer la productivité totale des facteurs d’une contribution moyenne de 5 à 16 % ces dernières années à une cible de 30 à 40 % du taux de croissance du PIB à moyen et long terme. Pour atteindre ces objectifs, les priorités du Gouvernement porteront sur : l’industrie de l’énergie, l’agro-industrie, le numérique, les filières bois, textile confection-cuir, mines- métallurgie-sidérurgie…

Par Axel Abanda

Cameroun – réformes : booster la mise à niveau des entreprises

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entreprises

Le constat est amère : « La situation financière et juridique du Bureau de Mise à Niveau (BMN) des entreprises camerounaises ne lui permet pas de remplir efficacement ses missions ». C’est pour trouver des pistes de solutions nécessaires pour résoudre les insuffisances structurelles et donc le rendre plus efficace, que l’Organisation des Nations unies pour le Développement Industriel (Onudi) vient de réaliser une étude sur l’évolution du modèle institutionnel, économique et opérationnel du Bureau de Mise à Niveau. Et dont les conclusions ont été présentées le 21 juillet 2022 à Yaoundé, au cours d’un atelier présidé par le secrétaire général du ministère de l’Economie Jean Tchoffo.

Plaidoyer pour plus d’autonomie
Ainsi, au terme de l’étude, le chef de mission de l’Onudi, Ridha Ben Mosbah recommande à travers ce qu’il appelle le «scénario médian ou intermédiaire», la transformation du BMN en une agence autonome aux plans juridique et financier. La mission de l’Onudi s’est entretenue avec les différentes parties prenantes. Au cours des échanges, une conviction certaine s’est dégagée sur « l’importance du Programme National de Mise à Niveau et son rôle moteur dans le nécessaire rattrapage technologique avec une forte recommandation sur la nécessité de recentrer le BMN sur son métier, de diversifier son offre de services et de multiplier ses partenariats, tout en veillant à pérenniser ses ressources financières, mais aussi d’étoffer et stabiliser son staff et lui accorder une autonomie de gestion en le dotant du statut d ‘une agence ». Toutes choses, explique l’Onudi, qui permettrait la mise à disposition du BMN, de son propre budget de fonctionnement et d’investissement, afin d’améliorer sa réactivité vis-à-vis des entreprises à servir, d’autant plus que la nouvelle cible du programme de mise à niveau est constituée des entreprises qui opèrent dans des secteurs porteurs, tels l’agroalimentaire, la chimie, le bois et ameublement, le textile et confection, BTP. Aussi la sidérurgie, la métallurgie, tourisme et hôtellerie, mécanique, cuir et chaussures, électricité et dérivés, services liés à l’industrie.


Pour les consultants de l’Onudi, en acquérant le statut d’agence, le BMN bénéficierait en effet : d’un alignement au modèle juridique des établissements et entreprises publics, d’une indépendance juridique, d’une autonomie financière, d’une diversification de ses prestations au profit des entreprises, d’une meilleure réactivité et d’un partage des frais avec d’autres partenaires. « La nouvelle Agence, argue Ridha Ben Mosbah, va diversifier et intensifier son offre de services qui inclura désormais aussi bien la restructuration des entreprises en difficulté, la mise à niveau, que l’appui à l’internationalisation. Elle servira également de passerelle privilégiée des entreprises pour accéder aux autres services de l’écosystème d’appui, notamment le financement et le conseil ». Reste maintenant au gouvernement camerounais d’appliquer les recommandations de cette étude financée par l’Agence Française de Développement (AFD). Créé en 2011, le BMN déploie des outils tels que le Programme National de Mise à Niveau (Pnman). A ce jour, près de 800 entreprises ont volontairement adhéré à ce programme phare du BMN. Et au moins un milliard de F CFA de primes sur investissements matériels ont été octroyés à ces dernières.

Génocides au Cameroun : La France n’est pas encore prête à demander pardon

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  • Emmanuel Macron reconnaît  »des pages glorieuses, heureuses, de construction commune » dans le passé commun entre le Cameroun et la France,  »mais il a aussi eu des moments douloureux, tragiques». Interpellé en conférence de presse au sujet du contentieux historique entre la France et le Cameroun lors de sa visite officielle au Cameroun, le président français n’a pas cru devoir reconnaître les crimes commis par la France au Cameroun. « C’est aux historiens de faire la lumière sur le passé », pense Emmanuel Macron.  »Il faut continuer à écrire cette histoire et essayer de l’écrire ensemble», propose-t-il. « C’est pourquoi ce que je souhaite, c’est que nous puissions avoir et lancer ensemble un travail conjoint d’historiens camerounais et français qui pourraient ainsi avoir accès à la totalité de nos archives», a-t-il indiqué. A cet effet, le dernier successeur du général De Gaulle à préféré proposer au Cameroun une  »commission conjointe » constituée d’historiens auxquels on adjoindra des artistes, pour revisiter les archives afin de se déterminer. Et pourtant, l’homme reconnaît que « des historiens se sont penchés sur ce passé ; ils nous disent qu’un conflit a eu lieu. Le mot guerre est employé… ».
  • Dans cette optique, «je prends ici l’engagement solennel d’ouvrir nos archives en totalité à ce groupe d’historiens conjoints qui nous permettront d’éclairer ce passé sur des situations individuelles sur des périodes que vous évoquiez et pour qualifier très précisément les choses », a-t-il assuré. Avec l’espoir de démêler l’écheveau. Afin de pouvoir ressortir «l’implication de la France, le rôle aussi des autorités camerounaises de l’époque avant et après l’indépendance » sur ces événements au cours desquels « choses se sont mêlées sans doute plus que vous ne l’avez dit, mais avec une gravité et une responsabilité qu’il convient d’établir factuellement », souligne-t-il. Et d’insister : « L’intégralité des archives françaises seront ouvertes« .
  • En clair, les victimes des massacres des forces françaises en pays Bassa et Bamileke n’auront pas droit à de la repentance de la part des Français, encore que l’ancienne puissance tutélaire de l’ex Cameroun oriental n’est pas encore prête à reconnaître le rôle de son pays dans ces événements sombres de l’histoire du Cameroun. Les réparations sont alors à renvoyer dans les profondeurs d’un futur incertain. Ainsi, la mémoire des Um Nyobe, Ernest Ouandie, Félix Moumie, Ossende Afana,…continuera d’être piétinée par leurs tortionnaires.
  • Ces premiers dirigeants de l’Union des populations du Cameroun (Upc) qui ont été persécutés et assassinés pour étouffer les velléités indépendantistes. Pierre Mesmer, Haut commissaire de la France au Cameroun de 1956 à 1958, a reconnu des actes de torturé et le génocide perpétré par les forces sous son commandement. Mais Emmanuel Macron rejette ces témoignages et propose de commencer par revisiter les archives par une commission conjointe qu’il faudra prendre le temps de constituer, lui donner « un calendrier de travail, pour qu’elle rende ses travaux dans un calendrier approprié et rapproché ».
  • Sept ans après que son prédécesseur François Hollande ait lui aussi promis d’ouvrir les archives pour que soit établie la vérité sur les crimes de la France au Cameroun. Entre temps, le président Paul Biya se contente de vivre en spectateur les batailles entre son peuple et les dirigeants français. Du moins Paul Biya autant que son prédécesseur Ahmadou Ahidjo, n’ont jamais officiellement posé le problème à la France.

Cameroun-infrastructures : Le Minfi fixe les taux du droit de péage de l’autoroute Kribi-Lolabé

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L'autoroute Kribi-Lolabé
Péage Mbeka

Les tarifs du droit de péage sur l’autoroute Kribi-Lolabé sont connus. Dans une correspondance adressée le 20 juillet 2022 au directeur général de Kribi Highway Management, société créée par le chinois China Harbour Engineering Company (Chec), constructeur de l’autoroute Kribi-Lolabé, le ministre camerounais des Finances Louis Paul Motazé fixe les tarifs du péage de l’autoroute Kribi Lolabé. Selon ce communiqué les tarifs vont varier entre 600 et 5600 francs CFA. Dans les détails, les conducteurs de motocyclettes à trois roues débourseront 600 francs CFA, contre 1200 francs CFA pour les conducteurs de pick-up et de véhicules de tourisme de moins de 9 places. Les chauffeurs de camionnettes et bus de transport de moins de 20 places payeront 2 200 francs CFA, contre 2800 francs CFA pour les conducteurs de camions moyens et bus de transport de plus de 20 places. Les chauffeurs de grands camions à quatre essieux ou plus vont débourser 5 600 FCFA.


Selon Louis Paul Motaze, pour mieux optimiser le contrôle des recettes, les agents du ministère des Finances auront accès aux informations liées à la collecte des recettes de cette infrastructure à distance. «Il convient de vous réitérer les conclusions de la réunion tenue le 21 juin 2022 dans mes services, au cours de laquelle il vous a été demandé de prendre les dispositions nécessaires en vue d’installer au sein du ministère des Finances la plateforme de traitement des données des recettes collectées au niveau des postes de péage, ainsi que celle liée aux modalités des paiements dématérialisés. Ainsi, vous veillerez au bon fonctionnement de cette plateforme de manière à permettre aux équipes du ministère des Finances d’avoir un accès à distance aux informations liées à la collecte des recettes et à leur versement», écrit le ministre, qui a ensuite relayé certains aspects du partenariat entre l’État du Cameroun et le gérant de l’autoroute.


A noter que l’autoroute de 38 km qui a couté 250 milliards francs CFA, a été financée à 85% par un prêt d’Eximbank Chine et à 15% par Chec. Pour rembourser cet argent et permettre à Chec de rentabiliser son investissement, Kribi Highway Management va l’exploiter pendant 31 ans, selon l’accord signé 30 décembre 2020 avec l’État du Cameroun.

France: d’énormes parts de marchés perdues au Cameroun

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Le 24 juin 2021, dans le cadre du « Forum diplomatique », concept créé par les étudiants de l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), Christophe Guilhou avouait que « la part de marché des entreprises françaises au Cameroun est passée de 40% dans les années 1990 à 10% aujourd’hui ». L’ambassadeur de France au Cameroun faisait ainsi constater qu’au cours des 30 dernières années, les entreprises françaises ont perdu au total 30% des parts de marché au pays de Paul Biya. Une chute qui n’est pas loin de s’arrêter. D’autant plus que dans le même temps la gestion du Port autonome de Douala était en train d’échapper au contrôle du Français Bolloré et son partenaire danois Maersk. Au profit d’une régie interne pour gérer le plus grand port d’Afrique centrale. Avant cette autre défaite de la France sur le terrain commercial camerounais, Yaoundé décidait de la nationalisation de la Société nationale de raffinage (Sonara). Ce qui survenait en plein chantier de modernisation de l’entreprise nationale de raffinage du pétrole camerounais jusqu’ici vendu brut à la France prioritairement.

« Entre 2000 et 2014, le Cameroun a capté 2750 milliards de FCfa d’investissements directs étrangers (Ide), dont 1850 milliards de FCfa provenant de la Chine. Ce qui représente environ 67% des Ide entrant au Cameroun », relève la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED). L’institutiononusienne ajoute que « les autres Ide provenaient des pays tels que la France, les États-Unis, le Nigéria ».

Sur le terrain commercial, le Cameroun est encore la destination de 23,9% des exportations chinoises selon les chiffres de l’Institut national de la statistique (Ins) pour l’année 2018 qui font état de ce que la Chine est encore le principal fournisseur du Cameroun avec 18,5% des produits consommés contre 8,3% pour la France, 5,6% pour le Nigeria et 4,8% pour les Pays-Bas. En matière d’importations en général, l’Ins révélait que la France (6,3%) n’arrive qu’en 4ème position, derrière l’Italie (14,7%) et les Pays-Bas (6,4%).

Cette décote du label français dans l’espace économique camerounais est le fait de l’arrivée de nouveaux partenaires issus tant de l’émergence de nouveaux partenaires européens et asiatiques (Chine, Turquie, Italie, Russie, etc) que de nouvelles puissances africaines (Maroc, Afrique du Sud). Sur le terrain infrastructurel, la France jadis préférée dans les projets d’infrastructures ne s’est pas réajusté. Avec implémentation du Projet des Grandes réalisations, le gouvernement camerounais a trouvé un partenaire financier jaloux de la couleur de son portefeuille : Eximbank China. La banque publique chinoise qui a financé la plupart des projets, a presqu’imposé les entreprises devant réaliser lesdits projets. Et la priorité est généralement revenue aux entreprises chinoises. Ainsi, Razel doit se battre pour trouver de la place aux côtés des CCCC, CHEC, Sinohydro, Huawei, ZTE,…

Le sentiment anti-français montant y est pour beaucoup. Les avantages offertes par les nouveaux partenaires du Cameroun sont parfois plus avantageux, à un moment où le passé  »colonial » hante les relations entre le Cameroun et l’ex-puissance tutélaire qui perd déjà des marchés ailleurs en Afrique au profit d’autres partenaires, avec des résultats probants, sans s’intéresser forcément aux questions de démocratie et de droits de l’homme parfois réglées à géométrie variable.

Visite de Macron : Bapooh Lipot, l’UPC et la realpolitik

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 »Tout en souhaitant la bienvenue au Cameroun au président français, le Parti historique rappelle à juste titre à la France que la coopération avec l’Afrique et plus particulièrement avec le Cameroun doit se reconstruire loin d’un processus de négation de la singularité des peuples et de la dignité humaine comme l’a été la colonisation ». Dans un communiqué de presse signé au nom de l’Union des populations du Cameroun (UPC), Robert Bapooh Lipot interpelle la France au moment où arrive à Yaoundé Emmanuel Macron. Le président français qui effectue une visite officielle au Cameroun du 25 au 27 juillet 2022. Pour le secrétaire général de la faction de l’UPC reconnue par le ministère de l’Administration territoriale (Minat),  »ce rappel est primordial dans un contexte où sous le poids des exigences de la colonisation, une partie de la classe politique française se greffe des leaders de plus en plus nostalgiques de la colonisation et militent pour la déstabilisation des États africains ».

Emmanuel Macron arrive dans un contexte marqué par de nombreux appels à un assainissement des relations entre la France et le Cameroun. La question de la lutte pour l’indépendance, avec le massacre des populations en pays Bamileke et Bassa que l’histoire s’attelle à dépoussiérer, pour rappeler à la mémoire collective le rôle joué par la France dans ces crimes. Le  »Parti historique » est attendu au front du  »combat » pour la restauration de la vérité. Mais l’homme n’est pas au front avec cette cause spécifique. Le nom de Um Nyobe n’apparaît pas dans le communiqué de l’ancien député du Nyong et Kelle. L’homme qui revendique la succession politique du Mpodol est resté dans sa logique de l’éloignement du combat extrémiste et collabore désormais avec le régime Ahidjo-Biya qui a remplacé les anciennes puissances tutélaires. Successeur politique d’Augustin Frédéric Kodock qu’il revendique être. En témoigne sa nomination comme président du conseil d’administration de la Société camerounaise de recouvrement des créances (SRC).

Réconciliation

Dans cette posture qui tranche avec celle plus vindicative des Anicet Ekane (du Manidem) et des Henriette Ekwe, Robert Bapooh Lipot milite néanmoins pour  »une réconciliation de la France avec les nouvelles générations africains ». A son sens,  »le devenir meilleur de la coopération de la France avec l’Afrique se construira nécessairement par la transcendance des mythes de la méfiance, des stratégies avilissantes, du nationalisme de la négation de la dignité des peuples africains et d’une volonté hégémonique visant à mettre entre parenthèss la souveraineté des États africains ». Une posture que l’homme politique prescrit à la France d’aujourd’hui afin qu’elle puisse se refaire une image auprès de l’Afrique.

Visite d’Emmanuel Macron : Maurice Kamto recadre Etoudi au sujet de la démocratie et des libertés publiques

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Cameroonian opposition leader of Movement for the Rebirth of Cameroon (MRC) and former presidential candidate Maurice Kamto gives a press conference on January 30, 2020 in Paris. - Cameroon's main opposition leader Maurice Kamto was released from jail on October 5, 2019 after a military court ordered his release at the behest of veteran President Paul Biya. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

« La démocratie apaisée impulsée par le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, fait face de manière récurrente à des velléités de bravade par certains acteurs socio-politiques des lois établies en matière des libertés publiques, notamment celles régissant les manifestations publiques. A cet égard, depuis 2018, date de la dernière élection présidentielle au Cameroun, on a enregistré dans l’espace public, des manifestations à caractère insurrectionnel et/ou régionaliste, menées par des partisans des partis politiques à l’idéologie extrémiste. Au regard de la diversité sociologique et culturelle de la Nation camerounaise, cette violation permanente du cadre réglementaire régissant les libertés publiques est de nature à mettre à mal la cohésion et l’équilibre du pays si chers au Chef de l’Etat camerounais ».

Cet extrait du dossier de presse préparé par les services de communication de la présidence de la République du Cameroun à l’occasion de la visite officielle du président français énerve le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Et le président national de ce parti politique de l’opposition a tenu à dénoncer l’allusion à son parti. « L’emploi du pluriel pour désigner les formations politiques prétendument « à idéologie extrémiste », que ce dossier considère comme étant, « depuis 2018 », les auteurs « des manifestations à caractère insurrectionnel et/ou régionaliste » est un vernis beaucoup trop léger pour tromper quiconque : c’est le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun qui est visé » est convaincu Maurice Kamto.  »Pour l’histoire, notre parti ne saurait garder le silence devant ce tissu de mensonges propagés dans un style qui ne dissimule guère la haine que lui voue le régime », dénonce le leader de l’opposition camerounaise.

Pour Maurice Kamto,  »le Cameroun d’aujourd’hui est aussi éloigné de la démocratie libérale que la prestidigitation l’est par rapport à la réalité, avec le régime en place comme vendeur de l’illusion démocratique ». L’homme qui a fait les frais de la violence politique que son parti subi depuis la présidentielle 2018 indique que  »si la liberté de manifester constitue un droit constitutionnellement consacré, son exercice effectif est rendu simplement illusoire par un régime politique intrinsèquement étranger à l’idée même de liberté et qui contrôle de manière autocratique l’ensemble de l’appareil de l’Etat et les espaces d’expression citoyenne ». Pour être plus concret,  »des honnêtes citoyens participant en octobre 2018, janvier et juin 2019, septembre 2020 à des manifestations pacifiques organisées par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun pour réclamer la fin de la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et un dialogue national inclusif pour résoudre la crise, la réforme consensuelle du système électoral, la transparence dans la gestion des fonds publics affectés la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations au Cameroun, ont été arrêtés par centaines, torturés et placés en détention » cite-t-il.

Faisant observer que, alors que le MRC est ainsi brimé et persécuté depuis 2013, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, manifeste librement. De quoi se moquer du théoricien de la  »démocratie apaisée  ». En revanche, Maurice Kamto refuse de saisir l’occasion de la venue d’Emmanuel Macron pour solliciter le pouvoir français pour la libération de ses partisans encore en détention. Ceux qui sont encore vivants.

Ci-dessous, le communiqué de Maurice Kamto

COMMUNIQUE
Au sujet du dossier de presse de la Présidence de la République à l’occasion de la visite officielle du Président de la République française au Cameroun.

Dans le cadre de la visite officielle du Président de la République française au Cameroun, les 25-27 juillet 2022, le Cabinet civil de la Présidence de la République du Cameroun a publié un document intitulé « Dossier de presse ». Il s’agit donc d’un outil de communication à destination des médias qui aurait dû, à défaut d’être complet sur les questions abordées, remplir le critère essentiel d’exactitude factuelle, donc de la crédibilité. Faute de quoi, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un outil d’une propagande fondée sur une manipulation des faits.
Ainsi, à la page 12 de ce dossier, le paragraphe consacré aux libertés politiques place le Cameroun au rang des « grandes démocraties libérales », où les libertés publiques sont régies notamment par la Constitution et les lois sur la liberté d’association. S’agissant en particulier des manifestations publiques, le fameux dossier de presse affirme :
« La démocratie apaisée impulsée par le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, fait face de manière récurrente à des velléités de bravade par certains acteurs socio-politiques des lois établies en matière des libertés publiques, notamment celles régissant les manifestations publiques. A cet égard, depuis 2018, date de la dernière élection présidentielle au Cameroun, on a enregistré dans l’espace public, des manifestations à caractère insurrectionnel et/ou régionaliste, menées par des partisans des partis politiques à l’idéologie extrémiste. Au regard de la diversité sociologique et culturelle de la Nation camerounaise, cette violation permanente du cadre réglementaire régissant les libertés publiques est de nature à mettre à mal la cohésion et l’équilibre du pays si chers au Chef de l’Etat camerounais. »
L’emploi du pluriel pour désigner les formations politiques prétendument « à idéologie extrémiste », que ce dossier considère comme étant, « depuis 2018 », les auteurs « des manifestations à caractère insurrectionnel et/ou régionaliste » est un vernis beaucoup trop léger pour tromper quiconque : c’est le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui est visé. Pour l’histoire, notre parti ne saurait garder le silence devant ce tissu de mensonges propagés dans un style qui ne dissimule guère la haine que lui voue le régime.
Le Cameroun d’aujourd’hui est aussi éloigné de la démocratie libérale que la prestidigitation l’est par rapport à la réalité, avec le régime en place comme vendeur de l’illusion démocratique. Si la liberté de manifester constitue un droit constitutionnellement consacré, son exercice effectif est rendu simplement illusoire par un régime politique intrinsèquement étranger à l’idée même de liberté et qui contrôle de manière autocratique l’ensemble de l’appareil de l’Etat et les espaces d’expression citoyenne. Pire, des honnêtes citoyens participant en octobre 2018, janvier et juin 2019, septembre 2020 à des manifestations pacifiques organisées par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) pour réclamer la fin de la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et un dialogue national inclusif pour résoudre la crise, la réforme consensuelle du système électoral, la transparence dans la gestion des fonds publics affectés la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations au Cameroun, ont été arrêtés par centaines, torturés et placés en détention. Après des procès iniques, en l’absence de la plupart des accusés devant des Tribunaux militaires placés sous l’autorité politique et hiérarchique directe de la Présidence de la République, nombre de ces prisonniers politiques du régime ont été condamnés jusqu’à sept années de prison sous des prétextes aussi fallacieux que ridicules d’insurrection. Un de nos militants détenu à la prison de New Bell à Douala, est mort en juin 2022. Dans le même temps, les militants du parti au pouvoir ont non seulement le loisir de manifester sans déclaration préalable, mais aussi le privilège associé de détruire, à l’occasion et en toute impunité, des biens publics ! Telle est « la démocratie apaisée » impulsée par le régime en place, à savoir une machine d’épuration politique bien huilée à laquelle participent, dans une orchestration digne des systèmes autocratiques d’une autre époque, un appareil répressif d’une férocité inimaginable.
Depuis sa création en 2012, le MRC fait l’objet d’un ostracisme et d’une répression systématiques de la part de l’appareil politico-administratif et sécuritaire de l’Etat, alors même qu’il a opté pour le changement dans la paix et par les urnes dans notre pays et ne s’en est jamais départi. L’élection présidentielle d’octobre 2018 et ses lendemains ne marquent qu’une saison, certes importante, dans l’entreprise au long cours du régime visant à empêcher l’émergence d’une force politique alternative crédible au Cameroun. Dans cette entreprise toujours en cours, aucune arme n’est négligée : tantôt le MRC est traité de « petit parti » ; tantôt de « parti régionaliste » mais systématiquement interdit de manifester sur l’ensemble du territoire, notamment dans des parties du pays considérées comme « le socle granitique » du parti au pouvoir ; tantôt de parti insurrectionnel voulant renverser le régime par la force, mais sans armes, alors que ses manifestants pacifiques et pacifistes n’ont que leur Manuel du Marcheur pacifique et leur foi en la possibilité d’un avenir meilleur pour tous les Camerounais.
Malgré ces efforts multiformes de déstabilisation financés par les ressources de l’Etat, le MRC a gagné la bataille des idées au Cameroun et son candidat s’est vu voler sa victoire nette à l’élection présidentielle d’octobre 2018. Depuis lors, et plus que jamais avant, le MRC est dans le viseur des clans qui se disputent pour la succession.
Le fameux dossier de presse montre à quel point certaines personnes au sein du régime en place au Cameroun sont psychorigides, incapables d’envisager les relations avec ceux qui pensent différemment autrement que sous l’angle du mépris, de la haine, de la terreur et de l’exclusion. Enfermées dans une logique obsidionale, elles refusent toute ouverture, la construction des relations apaisées, fraternelles. On se demande comment elles comptent sortir le pays du gouffre où elles l’ont plongé si elles sont à ce point inaptes au dialogue, à construire des passerelles, à concevoir une évolution politique qui permette à notre pays de réussir une alternance/transition pacifique pour le bonheur de notre peuple.

Fait à Yaoundé, le 24 juillet 2022

Le Président national
Maurice KAMTO

Commande publique : les experts de la Cemac se réadaptent

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Cemac
Experts de la Cemac

Dans le cadre de la finalisation du projet de stratégie relative à la commande publique dans la Cemac par le Cabinet Fidal, les experts des groupes de travail de la Cemac (GTC) et des Etats membres (Gtem) ont participé, du 18 au 21 juillet 2022 à Douala, à l’atelier de l’élaboration d’une stratégie et d’un cadre règlementaire sur les Partenariats Publics-Privés (PPP) en zone Cemac. L’objectif de cet atelier a-t-on appris, était d’échanger sur le projet de stratégie de la commande publique préparé par les experts du cabinet Fidal à la suite d’une mission circulaire réalisée dans les Etats de la Cemac, et de recueillir les observations des Groupes de travail susmentionnés. Pour ce faire, le projet a été soumis, avant tout, aux experts du Groupe de travail de la Commission pour discussion et arbitrages. Après amendements sur certains points, ce projet a été présenté aux Experts du Gtem pour appréciation. En attendant la lecture des actes, il convient, néanmoins, de préciser que le projet se décline en six (06) axes : Notamment, l’harmonisation du champ d’application des cadres juridiques de la commande publique des Etats membres de la CEMAC ; l’harmonisation des cadres juridiques relatifs à la commande publique des Etats membres de la zone. Mais également de l’opérationnalisation des cadres institutionnels relatifs aux (PPP) des Etats membres de la Cemac ; la mise en place des mécanismes de soutien au développement des projets; la clarification des règles applicables aux projets en fonction de leur territorialité et l’adaptation des textes connexes au droit de la commande publique. Par ailleurs, un atelier de validation dudit projet, incluant les structures non étatiques et les partenaires techniques et financiers, est prévu en septembre 2022.

Cap sur le Cameroun
En effet, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2023-2025, présenté par le ministère des Finances, l’on apprend que l’État du Cameroun poursuit l’identification des biens pour la captation locale de la commande publique. « Des travaux ont été conduits par le gouvernement en 2021 afin d’identifier les produits pour lesquels l’État devra prioritairement et progressivement orienter sa consommation vers le secteur productif local. Une liste provisoire desdits produits mettant notamment en exergue les mobiliers de bureau en bois, les boissons, ainsi que les produits de l’industrie textile a déjà été élaborée. Les travaux relatifs à l’analyse du potentiel de production des filières concernées par les biens identifiés sont en cours de finalisation ». En clair, la politique d’import-substitution est prônée par le Cameroun dans un contexte où, selon les services du ministère des Finances, rien qu’au premier trimestre 2020, le pays a dépensé 190,6 milliards de FCFA pour importer 1 089 801 tonnes de biens pouvant être produits localement. Ainsi, dans le détail, au cours de la période sous revue, les papiers et cartons (14955 tonnes) ont coûté 7,8 milliards de FCFA. L’emballage en matières textiles (888 tonnes) a induit une dépense de 1,9 milliard. Les articles de friperie (19256 tonnes) reviennent à 10,5 milliards de FCFA. Les meubles en bois (2 161 tonnes) ont coûté 1,4 milliard de FCFA alors que le pays, lui-même, est producteur de bois. Dans le même temps, le Cameroun a importé 57008 tonnes de poissons congelés pour un montant de 38,9 milliards de FCFA. 115 293 tonnes de riz qui ont englouti un montant de 32,8 milliards. Pour le blé, le pays a déboursé 41,4 milliards de FCFA pour 249 425 tonnes. Pour les 473 tonnes de maïs importés, 300 millions de FCFA ont été dépensés. Les gruaux et semoules de maïs (5222 tonnes) ont aspiré 1,3 milliard. Les tourteaux de soja (7580 tonnes) ont coûté 1,7 milliard. L’huile de palme brute (17 152 tonnes) a coûté 6,9 milliards de FCFA. Le sucre (15575 tonnes) a englouti 3,9 milliards de FCFA. Pour les jus de fruits, le pays a dépensé 400 millions pour une quantité de 386.

Par Axel Abanda

BEAC : La Centrafrique réaffirme son attachement au franc CFA

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Beac
Francs CFA

La République Centrafricaine ne devrait pas suspendre son projet de cryptomonnaie, officialisée le 22 avril 2022. Mais ce projet devrait désormais se poursuivre sous la surveillance étroite de la Beac, la banque centrale des pays de la Cemac. C’est en tout cas ce qui ressort du communiqué qu’a publié le 20 juillet dernier, le conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique Centrale. Selon les conclusions publié à l’issue des travaux, «après avoir examiné les implications de la loi régissant la cryptomonnaie en République centrafricaine sur l’architecture règlementaire de la communauté en matière monétaire et financière, le conseil d’administration a accueilli favorablement l’expression par la RCA de son attachement à la monnaie unique et au respect des statuts de la Banque des États de l’Afrique centrale, des textes régissant l’union monétaire et ses engagements communautaires», peut-on lire dans le communiqué ayant sanctionné les travaux de Douala. Par ailleurs, apprend-on du communiqué signé par Hervé Ndoba, président du conseil et ministre des Finances et du Budget de la RCA, le conseil d’administration de la Beac a «pris bonne note de la sollicitation par la République centrafricaine, de l’assistance de la Beac et des instances compétentes de la communauté, pour l’élaboration d’un cadre normatif régissant les cryptoactifs dans la Cemac».


Les informations diffusées aussi bien par le communiqué du conseil d’administration de la Beac que des sources proches du Comité ministériel de l’Umac, citées par Investir au Cameroun, viennent d’abord rétablir la sérénité dans les relations entre la RCA et ses pairs de la Cemac. Ensuite avec la France qui selon les accords de coopération monétaire avec les pays de la zone franc, parraine le franc CFA. Des relations qui se sont brouillées depuis l’adoption par la RCA d’une loi sur la cryptomonnaie en avril 2022. Après l’adoption par la RCA d’une loi sur la cryptomonnaie, la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (Cobac) avait affirmé son opposition face à cette décision. «Il est interdit aux établissements assujettis ainsi qu’à leurs partenaires techniques dans le cadre des services de paiements d’échanger ou de convertir, de régler ou de couvrir en devise ou francs CFA, les transactions relatives aux cryptomonnaies ou ayant un lien avec celles-ci», peut-on lire dans la note de l’institution publiée après la légalisation du bitcoin par la RCA. « La teneur de la loi régissant la cryptomonnaie adoptée en République centrafricaine peut s’analyser comme une remise en cause des accords de coopération monétaire en vigueur en Afrique centrale», avait par la suite réagi le gouverneur de la Beac, Abbas Mahamat Tolli. Le 14 juillet 2022, au cours de la conférence de presse ayant ponctué le Comité de politique monétaire de la Beac, ce dernier à une nouvelle fois recommandée aux agents économiques de la Cemac, la prudence face aux cryptoactifs.

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