vendredi, avril 10, 2026
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Yaoundé/Lutte contre les inondations: Le maire ressuscite un projet en gestation depuis 3 ans

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En pleine saison des pluies et ses habituelles inondations, la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY vient de relancer un projet conçu pour y mettre un terme, ou du moins réduire leur intensité. Il s’agit du Projet complémentaire d’assainissement pluvial durable de la ville de Yaoundé (Pcady). Concrètement, Luc Messi Atangana, le maire de la ville de Yaoundé a lancé un appel d’offres international ouvert pour le recrutement de prestataires dont la mission sera de construire des infrastructures d’assainissement pluvial sur la rivière Djoungolo. Le cahier de charges prévoit l’aménagement d’un bassin d’écrêtement, la construction du canal de drainage de la rivière Djoungolo, La reconstruction du collecteur de l’Avenue Kennedy, et pour finir la construction d’un collecteur se raccordant sur le canal du Mfoundi. «Ces travaux comprennent notamment, la mobilisation générale, les travaux préparatoires, les terrassements généraux, les purges, les enrochements pour substitution des matériaux compressibles, la réalisation des ouvrages d’assainissement d’eaux pluviales et de traversée, les travaux de chaussée et de revêtement en béton bitumineux etc.», peut-ton lire dans le document publié par la CUY dans lequel il est précisé que tous ces travaux doivent être exécutés dans un délai de 18 mois.

L’autre versant du projet

Ces prestations ne sont qu’une partie des travaux qui doivent être réalisés dans le cadre du Projet complémentaire d’assainissement pluvial durable de la ville de Yaoundé financé à hauteur 26,6 milliards de FCFA par la Banque africaine de développement (un apport de 90%) et le Cameroun (10%). L’autre versant du projet prévoit le renforcement de la prévention des inondations dans la Ville de Yaoundé à travers le curage des ouvrages de drainage dans le centre-ville. Le Pcady est annoncé depuis 2021. En 2022, l’échéance fixée par la BAD pour le premier décaissement en faveur du Cameroun dans le cadre de ce projet, Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement Urbain tentait de rassurer l’opinion publique qui s’inquiétait du retard accusé dans le démarrage des travaux. «Nous sommes sur un projet Pcady qui est un projet complémentaire du Projet d’assainissement de Yaoundé (Pady) qui est en cours de signature. Il va démarrer en 2023, pour curer ces drains sous la poste centrale», a-t-elle déclaré.

3 ans de retard

Un discours qu’elle a réitéré en juillet 2023, alors que sur le terrain, le chantier n’avait pas encore débuté. «Le Projet complémentaire d’assainissement pluvial durable de la ville de Yaoundé va permettre de construire un dalot de 4 m en face de la voirie municipale. Ce projet va également nous permettre de curer les ouvrages et collecteurs principaux enterrés de l’Avenue Kennedy et du Boulevard du 20 Mai, pour les débarrasser de nombreux déchets accumulés sur ces drainslà. Les accords de financement entre le Cameroun à travers le Minepat ont été signés et les travaux vont démarrer cette année (2023, Ndlr). Donc, d’ici quelques mois, quelques années, les questions d’inondations dans la ville de Yaoundé seront totalement gérées», a-t-elle déclaré.

Toutefois, la publication de l’appel d’offres susmentionné coïncide avec les prédictions faites par Gérard Essi Ntoumba, le Coordonnateur de l’unité opérationnelle du Pcady. «A ce moment, les dossiers d’appel d’offres sont en examen entre la Mairie de la Ville, le ministère des Marchés publics et la BAD. Après approbation par ces commissions d’examen, les avis d’appel d’offres seront publiés. En d’autres termes, ce n’est qu’après le dépôt de leurs offres, que nous saurons qui a soumissionné. Les travaux démarreront en 2024 après avoir signé ces contrats. Il y a un ensemble d’étapes dans la maturation du projet qui doivent être respectées, qu’on arrive à avoir des éléments d’entrée en vigueur. Donc, c’est une partie institutionnelle qui doit pouvoir se mettre en œuvre, à travers la signature d’un certain nombre de documents pour que la partie gouvernementale arrive à rentrer dans le respect de ses engagements », a-t-il déclaré dans le cadre d’une sortie médiatique en août 2023.

Christiane Kouamen, P. eng. Business development manager (CWar), tUGLiQ enerGie : « Il faut développer l’énergie nucléaire au Cameroun»

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Le Cameroun fait face ces dernières années à une pénurie persistante d’énergie électrique. Quel est votre diagnostic de la situation et quelles solutions préconisez-vous ?

 La pénurie persistante d’énergie électrique est attribuable à trois facteurs fondamentaux qui entravent l’équilibre fragile de l’écosystème de la chaîne d’approvisionnement en énergie. Comme vous le savez, les différents producteurs indépendants d’énergie génèrent de l’électricité qui, injectée sur le réseau de transport de la Sonatrel, est acheminée jusqu’aux infrastructures de distribution d’Eneo dont la responsabilité est de la livrer au consommateur final. Dans le contexte du Cameroun, la production d’énergie est déficitaire par rapport à l’ensemble des besoins de consommation. Ceci est accentué par la variation saisonnière et l’investissement insuffisant dans la construction de nouvelles centrales pour répondre à la demande croissante. D’autre part, les infrastructures de transport garantes de la disponibilité de l’énergie produite, sont vétustes et nécessitent une modernisation et une extension, étant donné que la moindre panne sur une des lignes rend indisponible une partie considérable de la production.

Les infrastructures de distribution présentent aussi les mêmes enjeux de vétusté même si les impacts ne sont pas aussi importants. Comme solution, on pourrait envisager, en premier lieu, la certification annuelle par l’ARSEL (Agence de régulation du secteur de l’électricité) de l’infrastructure de transport afin de garantir sa conformité aux normes de fiabilité et de performance attendues. C’est une façon d’anticiper et gérer le risque de voir une centrale viable isolée du réseau dans un contexte déjà déficitaire. En second lieu on devrait envisager la consolidation du mix énergétique à travers la diversification des sources de production, dans le but de réduire le déficit inhérent aux limites des sources actuelles. Notamment la volatilité des prix de combustibles fossiles des centrales thermiques, leur indisponibilité ou encore l’étiage en saison sèche pour ce qui concerne les centrales électriques alimentées par des cours d’eau à débit non régulé. Cette consolidation peut se faire avec l’ajout de centrales nucléaires qui sont des sources robustes, stables et fiables et ainsi que d’autres sources plus volatiles telles que le solaire et la thermique. Autre solution possible : la mise en place d’un programme d’efficacité énergétique chez les grands consommateurs.

Aujourd’hui, il existe des technologies qui permettent de réduire de 20% à 50% la consommation dans les installations industrielles, avec notamment l’adjonction de variateur de fréquence aux moteurs électriques dans les usines. Plutôt que de subventionner indéfiniment le tarif d’électricité pour les grands consommateurs, l’État pourrait plutôt subventionner les participants au programme d’efficacité énergétique. Cette approche est durable puisque les investissements en efficacité énergétique industrielle sont généralement rentabilisés au bout de cinq ans. Et toutes les parties s’en sortent gagnantes : réduction du déficit énergétique, réduction de l’enveloppe budgétaire des subventions et pour les consommations, réduction de leur facture pour la même productivité. Seuls les ménages resteraient éligibles aux tarifs d’électricité subventionnés.

Le fait de redéfinir la cible des subventions permettra de libérer les liquidités nécessaires pour investir dans les différents maillons de la chaîne, notamment les réseaux de transport, les producteurs pour la maintenance des centrales existantes et la construction de nouvelles infrastructures. Cette démarche va renforcer l’intérêt des investisseurs, producteurs indépendants, en adressant la question du manque de liquidité dans le secteur. Plusieurs sont réticents en raison du contexte de trésorerie déficitaire que connaît le secteur de l’électricité au Cameroun. Ces entités pensent prendre moins de risque en se positionnant dans l’accompagnement des grands consommateurs dans des projets d’auto-production. Mais là encore, les tarifs d’électricité subventionnés étant très bas, les offres deviennent peu compétitives et acceptables par les consommateurs et constituent un frein pour l’auto production dans certains cas. En combinant ces approches, le Cameroun pourrait progresser vers un système énergétique plus fiable et durable.

Vous évoquez le développement de l’énergie nucléaire comme une solution dans notre contexte ?

Absolument. Je pense que l’énergie nucléaire devrait être la base à laquelle s’ajoutent les autres formes d’énergie car elle peut être produite de façon importante et contrairement aux sources actuelles, la sienne est stable. Elle peut réduire la dépendance aux combustibles fossiles qui restent un risque pour la sécurité énergétique du fait de l’augmentation observée des prix de carburants, de l’indisponibilité périodique à laquelle s’ajoute l’intermittence des autres sources. Le Cameroun dispose de grandes réserves d’uranium, alors pourquoi pas? Mais il faut au préalable mettre en place les normes de sécurisation et la gestion des déchets radioactifs.

La mise en place des systèmes de production d’énergie nucléaires est réputée très complexe et coûteuse. Un pays comme le Cameroun peut-il ambitionner de réaliser un tel système ? Comment?

Nous savons qu’après les 2 réacteurs générant 1.8 GW en l’Afrique du Sud, le Kenya a lancé son programme d’énergie nucléaire en 2017 pour une construction en 2027. Quant à eux, le Niger, le Nigeria, le Sudan, le Ghana, le Maroc et l’Égypte évaluent leur état de préparation en collaboration avec l’agence internationale de l’énergie Atomique en vue du lancement de leur programme. Enfin, 4 autres pays dont l’Ouganda mènent des études de faisabilité en ce moment. Donc oui, le Cameroun peut avoir l’ambition d’inclure l’énergie nucléaire dans son mix énergétique de façon progressive en faisant une transition à partir des activités déjà en cours dans la gestion des déchets radioactifs au Cameroun. Il faut privilégier une approche multilatérale pour faire face à la complexité technique et aux risques que représente un programme d’énergie nucléaire. En mettant en place une coopération avec quelques-uns des pays africains qui sont à différentes étapes de déploiement de leur programme, l’État du Cameroun aura la capacité de mettre en place un Programme national d’énergie nucléaire robuste, enrichi par une diversité de perspectives.

Cette coopération sera l’occasion de développer de la ressource humaine et peut être consolidée par la mise en place d’un programme de formation universitaire des sciences nucléaires. Au-delà du développement de compétences, il faut gérer les défis géopolitiques liés à la prolifération nucléaire en mutualisant les efforts avec les pays voisins qui font face aux mêmes défis énergétiques. Notamment, le Gabon, le Congo, le Tchad. Cette mutualisation assure une transparence qui facilitera le déploiement des infrastructures d’une part et d’autre part, une meilleure gestion des risques financiers et politiques. La stratégie de financement d’un tel programme doit prendre en compte l’évolution rapide de la technologie nucléaire comparée au temps nécessaire pour le déploiement du programme qui peut aller jusqu’à 15 ans. Dans ce contexte, les Etats ou l’Etat porteur de projet doit garder sa souveraineté dans les premières phases en les finançant par de l’équité, et en développant une coopération avec plusieurs grandes nations dans le domaine. Avec l’Initiative Africaine pour le Financement de l’Énergie Nucléaire mise en place en début 2024 par la commission africaine pour l’énergie nucléaire, les pays africains peuvent générer des revenus de la mise en place des sites d’enfouissement pour la gestion des combustibles nucléaires comme cela se fait au Canada et en Finlande.

Il s’agit ici d’un potentiel de 4000 tonnes par année à raison de 1 million de dollars par tonne. Soit un revenu total estimé de 2 Milliards de dollars par année dédié au développement de centrales nucléaires sur le continent. La deuxième phase quant à elle peut être financée en mode BOT avec des développeurs ou par des accords de gouvernement à gouvernement notamment des Agences de crédits à l’exportation des pays fournisseurs d’équipements tel que : Kexim Bank de la Corée du Sud, Export Developement Canada, JBIC du japon et bien d’autres. Il faudra en parallèle continuer de viabiliser le secteur et créer un environnement favorable à ces investissements notamment par le réajustement des politiques de tarif d’achat et de vente d’électricité.

Il y a quelques années, vous avez mis sur pied un dispositif de facilitation de l’accès à l’électricité dans les zones rurales. Quelles étaient vos motivations, comment cela fonctionne-t-il ?

C’est vrai que le dispositif «Pay as you go» des systèmes solaires résidentiels de Klight a été décisif pour répondre aux besoins énergétiques des communautés non desservies ou mal desservies par le réseau énergétique existant. Compte tenu des prix élevés d’acquisition de système solaire résidentiel, nous facilitons l’accès en permettant aux bénéficiaires de répartir leur paiement sur plusieurs mois. Les systèmes sont conçus pour alimenter des appareils électriques tels que les téléphones portables, les lampes, les téléviseurs, les radios, etc. En réalité, après avoir réalisé un projet d’électrification rurale au Burkina Faso en 2013, en partenariat avec l’Ecole polytechnique de Montréal au Canada, et suite à l’observation des retombées sur le développement socio-économique des populations cibles, il était important pour moi de mettre sur pied cette initiative au Cameroun également. La motivation étant de réduire les conséquences de la fracture énergétique et numérique pour améliorer la qualité de l’éducation grâce à l’éclairage pour l’étude le soir, favoriser l’ouverture sur le monde à l’ère du numérique, l’accès à l’information et à du contenu éducatif en offrant l’accès à l’électricité pour la recharge d’outils TIC. Par cette initiative nous observons l’augmentation du nombre d’heures productives des populations dans une journée, qui n’est plus seulement rythmée par les jours et les nuits.

Quel bilan?

Concernant le bilan de cette opération, il est positif. Les populations se sont appropriées l’initiative et en sont les principaux ambassadeurs. Actuellement, nous desservons plus de 400 familles dans 3 régions. Des activités génératrices de revenus tels que les poissonneries, l’élevage, les centres de recharge de téléphone ont d’ailleurs été mis en place dans les communautés grâce à nos services. Quant aux perspectives, elles sont bonnes. Un accord de partenariat à été signé avec MTN -Cameroon. C’est un partenaire qui comprend l’importance de la disponibilité de l’énergie électrique pour l’accès à l’information et aux opportunités à l’ère du numérique. En effet MTN Cameroon a été séduit par la qualité et la performance de l’initiative K-light, au point de nous donner une place de choix dans sa stratégie de placement de produits à énergie solaire. Vous pourrez donc désormais trouver ses kits solaires K-Light dans les différents centres de services MTN. Ceci dit, certains défis persistent toujours, notamment le préfinancement qui reste élevé pour une tranche de la population en zone rurale.

Quels enseignements avez-vous tiré de cette opération et quelles en sont les perspectives ?

Je dois d’emblée souligner la force que représente la résilience communautaire. J’ai compris que même au Cameroun, les consommateurs peuvent être mis à contribution pour réduire le déficit énergétique et accélérer l’accès à l’électricité. Figurez-vous que si 10 000 ménages installent chacun 10kW, cela mobiliserait une capacité totale de 100 MW qui peuvent contribuer réduire le déficit pendant les pics de consommation ou certaines périodes d’étiage. Pour vous donner un ordre de grandeur, en 2013, le déficit de puissance journalière au Cameroun était de 100 MW Avez-vous des solutions semblables pour les zones urbaines ? Oui nous avons des solutions similaires pour les zones urbaines.

 Nous accompagnons les consommateurs industriels, miniers, commerciaux, résidentiels à travers le financement, la construction et l’opération de leurs propres mini-centrales de production d’électricité sur site. Ceci leur permet d’avoir un approvisionnement fiable lors des coupures d’électricité et de réduire leurs dépenses liées au carburant des groupes électrogènes. Nous leur offrons un plan de remboursement sur 8 ou 10 ans après lesquels ils deviennent propriétaires de la centrale.

Comment financez-vous des opérations aussi coûteuses ?

De par son expérience et ses réalisations, Tugliq Énergie que je représente dans la sous-région CWAR (Central & West Africa Region) a accès à des financements de fonds Canadiens et d’autres fonds internationaux destinés aux énergies propres. Les types de projets éligibles sont surtout ceux liés à des grands consommateurs notamment, les mines, les installations industrielles et commerciales.

Vous semblez particulièrement privilégier les énergies propres. Quelles sont vos motivations ?

Voyez-vous, selon le rapport conjoint de Boston Consulting Group et Shell, le marché de conformité carbone valait 850 Milliards de dollars en 2021 tandis que le marché volontaire valait 2 Milliards de dollars. Des valeurs qui ont respectivement doublé et quadruplé par rapport à 2020. N’est-ce pas là une aubaine pour le Cameroun? Et en particulier pour le secteur de l’électricité? Le gouvernement du Cameroun doit multiplier les efforts pour commercialiser ses crédits carbones sur le marché international. Les crédits carbones quant à eux représentent les réductions de gaz à effet de serre réalisées grâce ou les quantités de CO2 évitées lors avec le projet de production d’énergie propre entre autres. Les CER (un des certificats qui permettent d’enregistrer et de suivre l’électricité générée de façon propre) peuvent être vendus à des multinationales telles qu’OLAM, Nestlé et bien d’autres afin d’atteindre leur quota auprès d’organismes internationaux comme RE100. En combinant le potentiel des énergies renouvelables avec les mécanismes de marché comme le crédit carbone, le Cameroun a la possibilité de mobiliser des financements pour les projets du secteur de l’énergie électrique. Cependant, cela nécessite un engagement continu et une bonne coordination entre le gouvernement, le secteur privé et les organismes internationaux clés afin de faciliter l’intégration de son crédit carbone sur le marché international.

Initié au Cameroun un projet de conversion de gros véhicules du carburant au gaz naturel. Pourquoi ? Où en est ce projet ?

Oui en effet, le projet qui vise à convertir les véhicules existants à l’utilisation de gaz naturel comprimé permet de réduire les dépenses de carburants de 40%. Ceci a un impact aussi bien sur le coût de vie car il réduit directement le coût de transport, directement lié au coût de transport et donc de carburant et d’autre part ce projet permettrait de réduire l’enveloppe budgétaire que l’état alloue aux subventions de carburant. Les projets ont été présentés au gouvernement en 2016 avec des séances de travail subséquentes et il semblait bien comprendre le bien-fondé de ce projet.. Nous avons trouvé un accord de principe avec le fournisseur de kits de conversion pour la formation de la main-d’œuvre locale à l’installation de ces kits sur les véhicules.

Des discussions sont en cours avec l’entreprise canadienne en charge de la conception, la construction et la formation à l’opération des stations de ravitaillement en gaz naturel comprimé. Nous sollicitons toujours l’accompagnement du gouvernement pour ce projet qui permet de réduire jusqu’à 40% les dépenses de carburant puisque le gaz naturel est 30 à 40% moins cher que l’essence à quantité équivalente. Cette réduction allégera le déficit budgétaire lié aux subventions de carburant. Et représente une autre source de crédit carbone. Un appel à candidature sera lancé bientôt en vue de sélectionner des propriétaires de flottes de véhicules qui souhaitent être bénéficiaires de la première phase du projet.

Quels enseignements le Cameroun peut-il tirer de l’écosystème énergétique Canadien où vous avez exercé depuis plus d’une décennie ?

Les deux écosystèmes partagent certains défis en commun que le Canada sait gérer de manière durable. Le Cameroun pourrait tirer plusieurs enseignements de celui-ci, notamment la diversification des sources d’énergie, la gestion efficace des ressources, la mise en place de programmes d’efficacité énergétique subventionné, la mise en place d’un marché sous régional d’achat et de vente d’énergie pour combler le déficit. Comme la canada, le Cameroun peut participer à des partenariats internationaux dans le domaine de l’énergie pour bénéficier de l’expertise et du soutien technique d’autres pays et organisations. Il est vrai que le Cameroun a beaucoup de manquements dans le secteur, mais il a aussi ses forces qui avec un peu de créativité peuvent être bien valorisées à l’international.

Investissements étrangers: Le Cameroun a capté 610,3 milliards de FcFa d’IDE en 2023

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Le Cameroun occupe généralement des places peu honorables dans les classements sur le Doing business réalisés par des organismes internationaux et même locaux. En 2020, Yaoundé occupait la 67ème place sur 190. Reculant ainsi d’une place par rapport à 2019. Selon le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) qui a fait l’économie de cette performance dans un communiqué sans préciser la source d’où elle la tirait, indiquait par ailleurs que cette dernière maintenait le pays dans la liste des 25 pays sur 190 où le climat n’est pas favorable aux affaires. Toutefois, dans le même document, cette ancienne organisation patronale majeure camerounaise n’a pas oublié de mentionner les efforts consentis par le Cameroun pour améliorer le climat des affaires. «le Cameroun a entrepris, notamment dans le cadre du Cameroon Business Forum (CBF), plusieurs réformes pour améliorer son environnement des affaires avec pour objectif d’attirer des investissements locaux et directs étrangers nécessaires à la croissance économique, à la création d’emplois et à l’amélioration des conditions de vie de ses populations. Notre pays a enregistré des avancées non négligeables dans ce domaine. Plusieurs structures d’accompagnement des entreprises ont été créées. Il existe une panoplie de dispositifs de promotion de l’investissement privé au Cameroun. Le pays a diversifié ses partenaires commerciaux», peut-on lire dans ce manifeste. DES

Réformes Encourageantes

 Le Cameroun n’a pas dérogé à cette politique qu’il a poursuivie au fil des années en insistant notamment sur la facilitation des procédures de conformité administrative, indique le rapport sur l’économie camerounaise en 2023 publié par le Minepat. Ces efforts ont eu un impact considérable auprès des investisseurs étrangers qui ont accru leurs investissements sur le territoire national. En effet, en 2023 le Cameroun a capté 610,3 milliards de FCFA d’investissements directs étrangers (IDE). A en croire le ministère de l’Economie qui a révélé cette information dans le document susmentionné, ce montant est en hausse de 33,2 milliards de FCFA par rapport à celui enregistré en 2022. «Conjuguée aux ressources des investisseurs locaux, ces flux d’investissements ont permis de réaliser plusieurs projets d’envergure dans le sous-secteur des industries manufacturières singulièrement», indique le Minepat dans le rapport évoqué supra. Cependant, ce département ministériel est convaincu que ces investissements pourraient croître davantage, si le Cameroun s’attèle avec ardeur à la mise en œuvre de certaines réformes, ou du moins à une poursuite efficiente de celles qui sont déjà en cours d’implémentation. Il s’agit notamment de la digitalisation de l’administration publique, la facilitation de l’accès aux facteurs de production, l’innovation au sein des entreprises, l’amélioration de l’offre d’infrastructures.

A l’échelle de la Cemac

 Ces recommandations sont d’autant plus importantes si on met la lumière sur le fait qu’en 2023 le Cameroun, première économie de la zone Cemac, n’est que la 3e destination des investissements directs étrangers captés au cours de la période sous-revue dans la sous-région. Il est devancé par le Gabon et le Tchad, d’après des données compilées par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Dans le détail, les IDE reçus par le Gabon en 2023 sont ressortis à 1,15 milliard de dollars, correspondant à 706,3 milliards de FCFA, contre 678 milliards de FCFA en 2022, selon les données de la Cnuced. Au Tchad, le volume d’IDE capté est parti de 614 millions de dollars (376,8 milliards de FCFA) en 2022, à 913 millions (560,3 milliards de FCFA) de dollars en 2023.

Le Cameroun et le Congo-Brazzaville renforcent la promotion de l’artisanat

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L ’entente scellée entre Achille Bassileken III, ministre camerounais des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat, et son homologue congolaise, Jacqueline Lydia Mikolo, vient renforcer les partenariats entre ces deux pays. Paraphé en marge du Siarc 2024, les retombées de cet accord bilatéral sont multiples. D’abord, le Cameroun s’est vu attribuer le statut d’invité d’honneur à la 2ème édition de la Foire internationale de l’artisanat du Congo (Fiac), qui se tiendra à Brazzaville du 13 au 25 août 2024 sous le thème : « La transformation locale des ressources naturelles par les artisans, défis et perspectives ». Cette invitation, qui fait suite à celle du Burkina Faso, souligne l’attrait croissant du savoir-faire camerounais sur la scène continentale.

Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique régionale plus large et ouvre de nouvelles perspectives économiques. Notamment avec la mise en œuvre de la Zlecaf, qui regroupe potentiellement un marché de 1,3 milliard de personnes avec un PIB combiné de 3,4 milliards de dollars (2051,2 milliards de FCFA), élimine les droits de douane sur la plupart des biens et services, et garantit la libre circulation des artisans entre les pays participants. Les discussions ont notamment porté sur la participation du Cameroun à la 11ème conférence des ministres africains en charge de l’artisanat de l’espace du Comité de coordination pour le développement et la promotion de l’artisanat africain (Codepa), du 11 au 12 août 2024 au Congo, sur le thème : « Codepa: quelle approche pour une adhésion des États et une mobilisation des ressources pérennes pour l’organisation ». Cette plateforme a pour objectif d’élaborer des politiques panafricaines visant à promouvoir et à développer l’artisanat sur le continent.

La veille, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute a accordé une audience à Jacqueline Lydia Mikolo. « Le chef du gouvernement vient de nous le rappeler tout à l’heure que nous avons en commun avec le Cameroun, le travail du bois, celui du raphia et, de manière générale, tout ce que les mains peuvent permettre de faire », rapporte-t-elle. Partageant une riche biodiversité et un héritage culturel commun, le Cameroun et le Congo-Brazzaville unissent leurs forces pour valoriser leur artisanat. À l’occasion du Siarc 2024, une importante délégation congolaise est présente à Yaoundé pour présenter le savoir-faire de ses artisans, notamment dans le domaine du bois et du raphia.

Moh SylveSter Tangongho, directeur général du Trésor, de la Coopération financière et monétaire : «Au moins sept nouvelles banques vont s’implanter au Cameroun d’ici 2030»

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Qu’est ce qui, selon vous, justifie l’intérêt de l’industrie bancaire pour le marché camerounais, matérialisé par l’entrée de nouveaux groupes bancaires sur le marché?

Merci de nous donner l’occasion d’évoquer l’évolution récente du secteur bancaire dans notre pays, ainsi que les raisons de son attractivité. En effet entre 2018 et 2022, le secteur bancaire s’est enrichi de 4 nouvelles entités, faisant passer le nombre d’acteurs dans la profession de 14 à 18, soit une augmentation de 28,6%. Sur les quatre années, cela correspond à un rythme d’augmentation d’une banque par an. Notre pays devrait pouvoir conserver cette cadence, puisqu’un nouvel établissement devrait être agréé d’ici la fin de l’année, portant ainsi le nombre total de banques à 19. Ces chiffres traduisent effectivement un intérêt de l’industrie bancaire pour le marché camerounais. Intérêt justifié par plusieurs facteurs, notamment, politique, économique, et démographique. Sur le plan politique, il faut souligner la volonté du Président de la République Paul Biya, ainsi que de l’ensemble des chefs d’Etats de la sous-région, de dynamiser notre système financier, pour en faire un pilier essentiel du développement de nos pays.

 Cette volonté politique a été exprimée le 30 octobre 2017, lorsque les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), réunis en sommet extraordinaire à Ndjamena au Tchad, ont décidé de l’unification des deux marchés financiers de la sous-région. Elle a été réaffirmée en 2018, lorsque les chefs d’Etats ont pris l’engagement d’inscrire à la cote du marché boursier sous-régional, les actions de certaines entreprises relevant des portefeuilles publics. Alors, certains de vos lecteurs pourraient se demander, quel est le lien avec le secteur bancaire ? Le lien provient de ce qu’une grande partie (près de 50%) des acteurs du marché boursier, société de bourse et société de gestion de portefeuille, sont des filiales des banques.

Au Cameroun, comme ailleurs dans le monde, les synergies entre le secteur bancaire et le secteur financier sont très fortes. Le dynamisme de l’un, entraînant en général celui de l’autre, et vice-versa. La première raison de l’intérêt de l’industrie bancaire pour le marché camerounais, est la volonté politique réaffirmée des chefs d’Etats de dynamiser le secteur financier de notre sous-région, dont le Cameroun est la locomotive, pour en faire un élément essentiel du développement économique de nos pays. Les objectifs de transformation structurelle de notre économie, notamment en matière de densification des équipements publics (routes, ports, etc.) et d’amélioration de la productivité pour renforcer la substitution des importations par les productions locales (import-substitution) nécessiteront des financements importants que les banques pourront apporter.

 La deuxième raison du dynamisme de notre secteur financier est la structure résiliente et diversifiée de notre économie, à laquelle s’ajoutent les opportunités induites par la mise en œuvre de la transformation et les réformes structurelles de notre économie, impulsées par le CHEF DE L’ETAT dans sa vision du Cameroun à l’horizon 2035. Les banques s’établissent au Cameroun en raison de la résilience et de la diversification de notre tissu productif, mais également parce qu’elles souhaitent tirer profit des opportunités actuelles et futures qu’offrent le Cameroun à l’horizon 2035, notamment dans la phase de mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour la décennie 2020-2030 (SND30). Les objectifs de transformation structurelle de notre économie, notamment en matière de densification des équipements publics (routes, ports, etc) et d’amélioration de la productivité pour renforcer la substitution des importations par les productions locales (import-substitution) nécessiteront des financements importants que les banques pourront apporter Sur le plan démographique, le Cameroun, riche de son bilinguisme et de son multiculturalisme, est le pays le plus peuplé de la Cemac avec une population de 27 millions d’habitants.

75% de cette population est âgée de moins de 25 ans. En 2039, 60% de la population sera en âge de travailler ; population dont le dynamisme des femmes et hommes d’affaires qui la composent se démontre chaque jour. Dans cette population se trouvent toutes les catégories socioprofessionnelles: cadres ; entrepreneurs ; exploitants agricoles, etc., dont les besoins peuvent être adressés par les banques. Considérons à titre d’exemple un jeune actif de 20 ans ou 25 ans. Si sa banque peut s’adapter à l’évolution de ses besoins à chaque étape de sa vie, familiale ou professionnelle, elle se verra attribuer les mandats pour l’accompagner dans la réalisation de ses projets. Si tout se passe bien, une telle collaboration peut durer 40 ans ou plus. La troisième raison de l’engouement des banques pour le Cameroun, est la structure de sa démographie et le dynamisme de sa population, qui présentent des réelles opportunités de gains à court, moyen et long terme quel que soit le segment d’activités.

Quel a été l’impact du Covid-19 et de la crise Russo-ukrainienne sur le secteur bancaire Camerounais?

La pandémie à COVID-19, puis la crise russo-ukrainienne ont eu et continuent d’avoir des conséquences considérables sur les Etats et les entreprises. Quelles soient très grandes ; grandes ; petites et moyennes ; et très petites, les entreprises ont toutes souffert de la paralysie des circuits d’approvisionnements mondiaux. Elle a entraîné des retards importants de livraison des commandes, et une rupture partielle ou totale des activités de plusieurs entreprises. Pour celles d’entre elles qui avaient contracté des prêts auprès des banques, il leur était impossible de respecter leurs engagements, donc de rembourser leurs crédits. La première conséquence sensible a été l’augmentation du taux des créances brutes en souffrance. Ce dernier a grimpé de près de 2 points entre décembre 2019 et décembre 2020, en passant de 15% à 16,6% du volume des crédits accordés à l’économie.

Et encore, nous avons pu contenir la dégradation du taux des créances brutes en souffrance grâce aux efforts conjugués du Gouvernement, de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) et de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac). La deuxième conséquence, corollaire de la première, est le ralentissement de la progression de l’activité bancaire. A titre d’illustration, entre 2017 et 2018 puis entre 2018 et 2019, le total bilan des banques a respectivement progressé de 61% et de 35% ; le total des dépôts de 59% et 35% ; le total des concours du secteur bancaire de 63% et 36%. Entre 2019 et 2020 ; puis 2020 et 2021, les mêmes indicateurs ont respectivement progressé de 10% puis 13% pour le total bilan ; 12% puis 12% pour le total des dépôts ; 16% puis 16% pour le total des concours du secteur bancaire.

Comment l’État a-t-il réagi pour soutenir le secteur durant cette période difficile ?

Le secteur bancaire est régulé par la Commission bancaire de l’Afrique centrale. C’est elle qui édicte les règlements et instructions qui encadrent l’activité bancaire. Donc l’Etat ne pouvait pas prendre des mesures directes pour soutenir le secteur. En revanche, l’État a pris plusieurs mesures de soutien en faveur des entreprises dont les activités ont connu un ralentissement. L’objectif était de permettre qu’elles puissent continuer à honorer leurs engagements à l’égard de leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs banques. Le soutien de l’Etat au secteur bancaire a principalement été un soutien indirect, à travers les mesures fiscales et budgétaires prises pour accompagner les entreprises.

Sans être exhaustif, on peut citer parmi ces mesures : – L’autorisation de moratoires et de reports de paiement d’impôts en faveur des entreprises directement touchées par la crise COVID-19 ; – L’exonération de la taxe de séjour due pour le reste de l’exercice 2020 par les hôtels ; – L’exonération pour le deuxième trimestre de l’exercice 2020 du précompte mobilier et des taxes communales pour les petites entreprises (transports par taxis, motos-taxis…) ; – L’appui à la trésorerie des entreprises à travers la dotation spéciale de 25 milliards de FCFA pour l’apurement des stocks de crédits de TVA. Les mesures que je viens d’énumérer, prises par le Gouvernement sur Très hautes instructions du CHEF DE L’ETAT, ont permis de sauver des centaines d’entreprises et de milliers d’emplois, et par conséquent, de soutenir l’activité bancaire, en contenant la dégradation des taux des créances brutes en souffrance.

Quels sont les rapports aujourd’hui entre l’État du Cameroun et les banques camerounaises? Quelle place occupent-elles dans le financement de l’État?

L’Etat du Cameroun, et principalement le ministère des Finances, entretient avec les banques, des rapports de deux ordres. Premièrement, le ministère des Finances, en tant qu’Autorité monétaire, supervise certains aspects des activités des banques. A cet égard, il délivre et retire les agréments des banques, de leurs dirigeants et commissaires aux comptes ; effectue des missions de contrôle, etc. Par ailleurs, l’Etat à travers le ministère des Finances, s’assure en rapport avec la Beac et la Commission Bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) de la stabilité du secteur bancaire. Deuxièmement, le ministère des Finances en tant que bras financier de l’Etat entretient avec les banques, des relations de partenariat économiques et Financier. Sur ce point, les banques accompagnent régulièrement l’État dans le financement des projets structurants ou du déficit budgétaire. Globalement, l’État entretient de bonnes relations avec l’Association professionnelle des Etablissements de Crédit du Cameroun (Apeccam) et les banques.

 La plupart d’entre elles sont des partenaires de l’Etat. A ce titre, elles jouent un rôle important dans son financement. Les banques accordent les prêts commerciaux à l’Etat, et souscrivent également aux titres publics. Le Plan d’Urgence Triennal pour l’Accélération de la Croissance économique (Planut) pour lequel les banques ont mobilisé plus de 500 milliards FCFA ; la participation permanente aux émissions de Bons et d’Obligations du Trésor Assimilables, dont elles sont les principaux souscripteurs avec un montant minimum de 200 milliards par an, sont deux exemples concrets. Outre les concours à l’Etat, les banques à travers les sociétés de bourse qui sont leurs filiales, structurent les émissions d’emprunt obligataire sur le marché boursier et accompagnent le placement des titres publics auprès des investisseurs

Dans son dernier rapport sur le Cameroun, le FMI pointe la « vulnérabilité » du système bancaire camerounais en raison de sa trop forte exposition sur l’État. Partagez-vous cette crainte? Comment réduire cette exposition ?

Dans son récent rapport, le Fonds monétaire international (FMI) relève que l’Etat représente 35% du total des actifs du secteur bancaire. Bien que cette proportion tutoie les limites du ratio de concentration des risques sur une entité, je suis un peu plus confiant que le FMI. Je m’explique. Premièrement, l’augmentation de l’exposition de l’Etat vis-à-vis des banques ces dernières années est principalement due aux conséquences de la pandémie à COVID-19 et de la crise russo-ukrainienne. Ces évènements exceptionnels, et non prévisibles, ont contraint les gouvernements à augmenter leurs niveaux d’endettement pour assurer la réalisation des projets inscrits dans leurs budgets. Deuxièmement, dans le même rapport, le FMI souligne que l’exposition des banques sur l’Etat, est généralement pondérée à zéro, en d’autres termes qu’il n’y a pas de risque de défaut. Le risque de défaut est écarté en raison de ce que les mécanismes de sûreté mis en place sont très solides.

Les investisseurs, parmi lesquels les banques, sont remboursés grâce au débit d’office effectué par la Beac, sur le Compte Unique du Trésor. Comment réduire cette exposition ? A mon avis, l’exposition peut être réduite par trois (3) procédés. Le premier procédé est une réduction mécanique de l’exposition en raison de l’amortissement des dettes de l’Etat. Pour cela, il faut une décélération du rythme d’endettement de l’Etat, ou une croissance du bilan des banques qui soit plus rapide que le rythme d’endettement. Le deuxième consisterait à sortir les titres publics du bilan des banques en les distribuant aux particuliers. Pour cela, il faut élargir la base des investisseurs ; renforcer l’inclusion et l’éducation financière ; pour animer le marché secondaire. Le troisième procédé serait pour les banques d’augmenter leurs niveaux de fonds propres. Ce procédé est une modalité de l’évolution du bilan qui soit plus rapide que le rythme d’endettement. A ce propos, je constate que l’évolution des capacités financières intrinsèques des banques évolue moins vite que les besoins des populations et des gouvernements. Ce qui implique que l’on pourrait assister à une augmentation des taux d’intérêt exigés par les banques, et par ricochet à une diminution de la compétitivité de notre économie.

Le Cameroun a engagé un vaste programme de rapatriement des fonds publics logés dans les banques commerciales à travers l’opérationnalisation du Compte unique du Trésor (CUT), mais aussi de la caisse de dépôts et de consignations. Cette offensive, ne va-t-elle pas fragiliser davantage la liquidité de notre système bancaire ?

Toute réforme s’accompagne d’ajustements pour l’ensemble des parties concernées par ladite réforme. Celles relatives à la mise en place du Compte Unique du Trésor (CUT) et l’opérationnalisation de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) ne sont pas en reste. Mais vous savez, même quand le temps est laissé pour que les parties concernées par une réforme se préparent, au moment de son entrée en application, il y a toujours des derniers détails à régler, pour que toutes les parties concourent efficacement à la réussite de ladite réforme, tout en maintenant le standard et la qualité des prestations inhérentes à leurs métiers. Conscients de ce défi, les pouvoirs publics, dans leur volonté permanente de s’assurer de l’épanouissement du secteur privé, ont toujours initié un dialogue inclusif avec les acteurs concernés. Cela a été fait pour la mise en place du Compte Unique du Trésor. Les discussions sont en cours avec le secteur bancaire dans le cadre de l’opérationnalisation de la CDEC.

 Le but est de trouver la formule idoine qui ne fragilise pas le secteur bancaire et ne met pas en péril les objectifs poursuivis par les réformes. Le principe de la démarche du gouvernement est de procéder à un transfert progressif des fonds concernés sans entamer l’équilibre de la banque. Dans le cas du Compte Unique du Trésor, des calendriers de transfert des fonds des livres des banques vers le compte de l’Etat du Cameroun à la Beac ont été élaborés de commun accord avec chaque banque. Dans ce cas, les fonds se déplacent bien d’une institution à une autre. Pour la CDEC, l’option privilégiée est l’ouverture d’un compte CDEC dans chaque banque. En d’autres termes, les fonds et valeurs dévolus à la CDEC, qui se trouvent dans une banque, ne quitteront pas les livres de cette banque, mais seront transférés dans le compte de la CDEC ouvert dans ladite banque. Alors cela signifie que certains fonds qui n’étaient pas précédemment rémunérés, le seront désormais. En résumé, l’opérationnalisation du CUT et de la CDEC, soumettra les banques à la nécessité de procéder à quelques ajustements, mais la démarche choisie par l’Etat, permet que la liquidité ne soit pas impactée à court terme, et leur donne donc du temps pour s’adapter.

La Banque centrale a durci sa politique monétaire dans le but de ramener l’inflation à un niveau raisonnable. Jusqu’à quel point cette situation a-t-elle affecté la politique de financement du Cameroun sur le marché domestique (financier et monétaire) ?

La Banque Centrale prend les mesures qu’elle juge idoines pour remplir la mission qui lui est assignée, c’est-à-dire maintenir l’inflation en dessous du seuil communautaire de 3%. Les augmentations du Taux d’Intérêt des Appels d’Offres (TIAO) ainsi la ponction des liquidités d’Appels participent à atteindre cet objectif. Naturellement, la politique monétaire a un impact sur le coût et la politique de financement de l’Etat. Car, la politique monétaire est le déterminant principal du coût d’acquisition des ressources pour les banques, et le taux directeur de la banque centrale, le taux de référence à partir duquel, les investisseurs institutionnels comme les investisseurs privés déterminent la rentabilité qu’ils attendent d’un placement ou d’un investissement. Ainsi, la normalisation de la politique monétaire effectuée à travers le relèvement du TIAO et les ponctions de liquidité sur le marché, a entraîné non seulement le renchérissement du coût des ressources, mais aussi une diminution de la liquidité.

Par conséquent, l’argent étant plus cher et plus rare, les taux d’intérêt exigés par les investisseurs ont grimpé. A cet égard, les émissions récentes des titres publics des pays de la sous-région, bien que couronnées de succès, se sont faites à des taux plus élevés que ceux qui se pratiquaient il y a encore deux ou trois ans. Mais la normalisation de la politique monétaire n’est pas la seule cause du renchérissement des coûts des emprunts. En raison de leurs volontés d’accélérer le processus de développement de leurs pays, les gouvernements de la sous-région sollicitent régulièrement les marchés des capitaux. De ce fait, nous assistons à « forme concurrence » des Trésors publics sur les marchés. La demande étant plus forte que l’offre disponible, les coûts augmentent mécaniquement.

Enfin, comme je l’ai évoqué précédemment dans la question relative à la diminution de l’exposition du secteur bancaire à l’Etat, les capacités financières propres des banques sont de moins en moins suffisantes pour servir les besoins exprimés par nos populations et les projets portés par nos acteurs économiques : entrepreneurs, grandes entreprises et Etats. Face à ces constats, l’Etat, qui souhaite principalement avoir des financements de long terme, pour mieux maîtriser sa politique d’endettement, est contraint par les capacités actuelles du marché. Afin de répondre à la fois à sa volonté d’endettement sur le long terme, tout en s’accommodant aux caractéristiques du marché, il faut innover. Et c’est tout le sens de l’emprunt obligataire 2023 de l’Etat du Cameroun. Par sa structuration en plusieurs tranches de diverses maturités, Monsieur le ministre des Finances, a souhaité s’adresser à tous les investisseurs, chacun en fonction de sa sensibilité aux risques ou de sa stratégie de placement. Cet emprunt obligataire en plusieurs tranches vise à la fois à saturer les capacités de court terme, puis à amener progressivement le marché à tester les maturités de plus en plus longues.

Le marché domestique est-il encore capable aujourd’hui de soutenir la dynamique de mobilisation des fonds par les pouvoirs publics?

Demander si le marché domestique est encore capable de soutenir la dynamique de mobilisation des fonds par les pouvoirs publics, revient en d’autres termes à se demander si le potentiel de mobilisation des fonds dans notre pays (voire notre sous-région) est entièrement réalisé ou saturé. Ma réponse est que le potentiel de mobilisation des fonds pour les pouvoirs publics n’est pas entièrement réalisé. Pour plusieurs raisons. Mais je vais me limiter à ne citer que deux. La première tient à ce que certains acteurs du marché monétaire ne respectent pas leurs engagements. En effet, le cahier de charges des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) prescrit que les SVT doivent participer à toutes les opérations d’adjudication des titres publics du Trésor. Nous regrettons que plusieurs entreprises ayant acquis l’agrément de SVT ne se conforment pas au cahier des charges et donc ne respectent pas leurs engagements.

Deuxièmement parce que certaines niches de potentiels investisseurs n’ont pas encore été explorées. Je pense ici aux trésoriers des grandes entreprises et aux particuliers. Pour réaliser donc notre potentiel, nous devons redoubler d’efforts et aller au-delà de ce que nous faisons déjà aujourd’hui. Il s’agit de renforcer l’information et l’éducation économique et financière (votre groupe de presse est très engagé dans ce domaine, je salue vos efforts), accélérer l’inclusion financière, structurer et proposer des produits financiers qui adressent les besoins des plus petits investisseurs, etc. Il sera nécessaire pour atteindre cet objectif, de faire preuve d’ingénierie financière et d’innovation, notamment à travers le fractionnement des titres financiers, afin d’intéresser les plus petits épargnants, les entreprises et les ménages.

L’État a engagé le programme de restructuration de plusieurs banques : NFC et UBC. Où en est le projet à ce jour ?

La recapitalisation a-t-elle déjà eu lieu ? Que reste–t-il à faire ? Permettez-moi tout d’abord de rappeler que c’est à la suite des sollicitations respectives des actionnaires de NFC-Bank et d’UBC, que le président de la République a marqué son Haut Accord pour l’implication de l’Etat dans le processus de restructuration de ces deux banques. Ainsi, sous la Coordination de Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement, et la Supervision du ministre des Finances, nous avons élaboré et adopté, en étroite concertation avec les actionnaires des deux banques, un plan de restructuration qui a été validé par la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (Cobac). Nous saisissons cette occasion pour saluer la parfaite collaboration de la Cobac dans la conduite de ce dossier. De manière globale, le processus de restructuration des deux banques est achevé à 90%. L’Etat a pris des participations aussi bien chez NFC-Bank que chez UBC.

Les premières tranches de recapitalisation ont d’ores et déjà été versées. La recapitalisation des banques est bien entamée (une première tranche a d’ores et déjà été versée) et devrait s’achever au plus tard l’année prochaine, conformément aux dispositions règlementaires, qui accordent trois ans maximum aux actionnaires pour libérer entièrement leurs quotes-parts. Par la suite, il est prévu, pour chaque banque, sous le modèle de la Commercial Bank-Cameroun (CBC), l’élaboration d’un contrat d’objectifs et de performance, afin de remettre les banques sur la voie de la rentabilité. L’Etat n’ayant pas vocation à rester actionnaire majoritaire des deux banques à long terme, il envisage céder à moyen terme une partie des actions à des investisseurs de référence.

Quid de CBC qui est déjà sur de bons rails ?

 La restructuration de la Commercial Bank-Cameroun (CBC) est un exemple de réussite. Après avoir sauvé, puis remis la banque sur le chemin de la rentabilité, en assignant aux dirigeants des contrats annuels de performance, l’Etat conduit à présent, le processus de cession partielle de ses actions, conformément à la clause de désengagement contenu dans le plan de restructuration. Le Chef de l’Etat a marqué son haut accord pour que 51% des actions soient cédées à un investisseur de référence, 30% sur la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (Bvmac) et 17% conservé dans le portefeuille de l’Etat. Dans le cadre de ce processus, l’Etat se fait accompagner par un conseil, constitué sous forme d’un groupement d’entreprises internationales et nationales de premier plan, au rang desquels Rotschild & Company, Ernst&Young, Financia Capital et Chazai Wamba, pour ne citer que quelques-uns. La première phase du processus, consacré aux diligences opérationnelles, juridiques, informatiques, fiscales, … est quasiment achevée. La prochaine phase portera sur la valorisation de l’entreprise, ensuite ce sera la phase de recherche de l’investisseur de référence, puis enfin l’entrée en bourse de la banque.

La SND30 projette le nombre de banques à trente d’ici 2030, cette projection est-elle réaliste ?

La projection d’une trentaine de banques, j’y inclus les entreprises fournissant des services de banques, présentée dans la SND30 est réaliste. Avec le départ annoncé de Standard Chartered Bank Cameroon et l’agrément en cours d’Africa Golden Bank, qui a reçu l’avis conforme de la Cobac, le marché bancaire de notre pays comptera 18 institutions à la fin de l’exercice 2023. En considérant que nous continuerons à observer le rythme net d’au moins une nouvelle banque par an, le paysage bancaire camerounais se sera enrichi d’au moins sept (07) nouvelles banques d’ici la fin de l’année 2030, portant le total à vingt-cinq (25) banques au moins. Si à ce chiffre, nous ajoutons, les établissements de paiement, tels que MTN Mobile Money Cameroon et Orange Money Cameroon, qui offrent également des services de banque, et en faisant l’hypothèse conservatrice que nous aurons un nouvel établissement de paiement tous les deux ans, en 2030, au moins trois (3) nouveaux entrants seront arrivés sur ce marché, portant le total des acteurs à cinq (5). En ajoutant aux 25 banques, 5 établissements de paiement, nous aurons d’ici 2030, la trentaine d’acteurs prévue par la SND30.

L’Etat accélère la mise en œuvre du Pdcvep pour booster l’économie rurale

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Cette réunion, tenue en présence de représentants de la Banque Africaine de Développement, du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales, du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, ainsi que du ministère de la Décentralisation et du Développement local, rentre dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de développement des chaînes de valeur de l’élevage et de la pisciculture (Pdcvep).

Lors de cette première session, les échanges ont permis de faire le point sur les avancées de la convention, qui porte sur 28 marchés de viande et de poisson. Philippe Camille Akoa a souligné que, depuis la sélection des communes en 2022 et l’atelier de sensibilisation qui a suivi, des plans types ont été conçus par les équipes du Feicom et validés par le ministre de l’Elevage, des Pêches et Industries animales (Minepia). Grâce à cet accompagnement, 71% des marchés ont été engagés, avec 18 projets en cours d’exécution et 2 projets déjà achevés à Nkongsamba dans le Littoral et Nkambe dans la région du Nord-Ouest.

Le Pdcvep, dont le Feicom est un partenaire clé pour la composante infrastructures communales, vise à améliorer la compétitivité et l’hygiène des produits bovins, porcins et piscicoles. Ce projet ambitieux a pour objectif d’augmenter les revenus des acteurs de ces filières et de créer de nouveaux emplois. Il prévoit la construction d’infrastructures, la fourniture d’équipements, ainsi que des initiatives pour la protection de l’environnement et la gestion des déchets issus des processus de production, de transformation et de commercialisation des produits alimentaires.

 Le Pdcvep, un projet de cinq ans et dont le coût s’élève à plus de 65 milliards de FCFA dont 55 milliards de FCFA de la Banque africaine de développement (BAD), adresse les préoccupations de modernisation de l’appareil productif et permettra d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations et la rentabilité des exploitations bovines, porcines et piscicoles. Il s’agit en outre de relever la contribution des potentialités énormes de ce sous-secteur à la consolidation d’une croissance économique durable et inclusive et de permettre au Cameroun de jouer pleinement son rôle de principal bassin de production de la sous-région Afrique Centrale.

BVMAC : les chiffres  du premier trimestre 2024

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 Avec 21  transactions sur le marché des obligations et 61  sur le compartiment des actions, la  capitalisation moyenne trimestrielle  s’établit à GXAF 468,70.

 La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) affiche des chiffres positifs au terme des trois premiers mois de l’année en cours. Sur le compartiment des actions, 2 826 titres ont été transigés pour un volume de 98 588 980  FCFA soit 0,69%.  Ce taux est beaucoup plus élevé sur le marché des obligations  où on enregistre 21 transactions sur 11 valeurs.  1 568 119 titres  ont été échangés pour des transactions  estimées en termes financiers à  14 169 449 000 FCFA soit 99,31%.

Au total, ce sont 82 transactions effectuées par 13  sociétés de bourse pour un volume global de 1 570 945 titres soit une valeur 14 268 037 980 de FCFA au premier trimestre 2024. Selon la BVMAC, l’animation du marché a été influencée par les valeurs la Régionale, Safacam et Socapalm sur le compartiment actions et les valeurs obligataires de la BDEAC « BDEAC3 » et de l’Etat du Cameroun « ECMR6 et eCMR9 » sur le compartiment obligations.  Toutes ces transactions ont été conduites par 13 Sociétés de bourse sur les 24 agréées.  Soit un taux d’activité en valeur relative de 54,17%. SG Capital vient en tête en  nombre et volume de transactions.

  La synthèse trimestrielle publiée par la BVMAC laisse aussi voir l’évolution de l’indice boursier. Les fluctuations de l’indice BVMAC all share durant le premier trimestre 2024 sont portées principalement par les valeurs Safacam et Socapalm dont les résultats financiers vont aboutir à une distribution conséquente de dividende. « Cette dynamique pourrait s’expliquer par la tendance haussière maintenue sur les matières premières exportées dans la Cemac notamment des progressions de 25,8% et 8% sur les marchés de caoutchouc et de l’huile de palme », commente la place boursière.

  3,7 milliards de FCFA alloués aux exploitants agro-pastoraux pour lutter contre l’insécurité alimentaire 

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C’est un projet qui vise à accompagner les PME ainsi que les exploitants agro-pastoraux en milieu rural », a rappelé Remon Fohopa Kue, chef de la cellule d’appui à la coordination du projet Secal, à la sortie de la session du Comité de Pilotage du projet vendredi dernier à Yaoundé. Pour l’exercice 2024, une enveloppe budgétaire de 3,7 milliards de FCFA a été allouée au projet. Ces fonds permettront de renforcer les interventions en faveur du secteur rural, en se concentrant sur trois composantes principales : le renforcement des capacités des « accompagnants » pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, l’accompagnement des entreprises rurales dans l’identification, l’élaboration et la mise en œuvre de projets, ainsi que la facilitation de l’accès des bénéficiaires aux services financiers adaptés.

« Le projet Secal est l’une des réponses aux crises sécuritaires et tensions inflationnistes induites par les conséquences de la pandémie de Covid-19 et de la guerre russo-ukrainienne, qui ont fortement érodé les acquis de certaines actions menées par le gouvernement dans la lutte contre l’insécurité alimentaire au Cameroun. Ses interventions ont pour objectif d’accompagner les pouvoirs publics dans la mise en œuvre réussie de la stratégie de développement du secteur rural adossée à la SND30 », avait expliqué le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, lors du lancement en décembre 2023. L’AFD, partenaire financier, a octroyé une subvention supplémentaire d’environ 3,3 milliards de FCFA. L’enveloppe du projet qui s’étale de 2024 à 2026, va passer de 10,5 milliards à 13,8 milliards de FCFA et le projet est financé au titre du troisième Contrat de désendettement et de développement (C2D).

Pour la directrice de l’AFD au Cameroun, Virginie Dago, cette augmentation de fonds permettra d’étendre géographiquement le projet, ajoutant le bassin de production du Fako dans la région du Sud-Ouest aux cinq bassins initiaux, à savoir : la Bénoué, Lekié, Mayo-Kani, Moungo et Mifi. Les ressources supplémentaires serviront également à renforcer les activités d’accompagnement des bénéficiaires, notamment par la fourniture de petits équipements et l’octroi de « prêts d’honneur » à taux zéro et sans garantie. « Ce financement va permettre de renforcer les capacités de ces personnes, d’accroître leur niveau de revenu et de réduire l’incidence de l’insécurité alimentaire. Ce qu’on peut retenir, c’est que le gouvernement du Cameroun est aux côtés des populations pour apporter des solutions à leurs difficultés et essayer de réduire le taux de pauvreté », a conclu Remon Fohopa Kue.

La mise en œuvre de ce projet intervient dans un contexte où le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) estimait en avril dernier que 2,5 millions de personnes seront encore confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en 2024. L’assistance vitale et les services de protection étaient évalués à plus de 223,8 milliards de FCFA (soit 371,4 millions de dollars). Le même mois, le gouvernement camerounais et la FAO ont signé un document relatif au Projet d’urgence de lutte contre la crise alimentaire au Cameroun (Pulcca).

Le projet vise aussi à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à augmenter la résilience des ménages et des producteurs face aux chocs climatiques. Implanté dans les régions de l’Extrême-Nord, de l’Adamaoua, de l’Est, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le Pulcca vise à accompagner 265 490 personnes en situation d’insécurité alimentaire et de vulnérabilité, dont au moins 60 % de femmes et 30 % de réfugiés et déplacés internes, ainsi que 159 000 agriculteurs, éleveurs et pêcheurs, informe le Minader.

Douala: la CUD recherche des partenaires privés pour la gestion des parkings

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 Un avis d’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 20 août en vue de la sélection des prestataires qui vont assurer la gestion des parkings non réservés dans la ville via le contrat d’affermage.

 Les entreprises ou groupements d’entreprises ayant une parfaite expérience en matière de gestion des aires de stationnement sont interpellés par une offre de la Communauté urbaine de Douala (CUD). La mairie de la capitale économique est à la recherche de prestataires nationaux  pour la gestion des parkings non réservés.   Selon un avis d’appel à candidatures daté du 18 juillet dernier, les prestations portent sur cinq lots correspondant  pour chacun des cinq arrondissements de Douala. Les soumissionnaires peuvent postuler pour plus d’un lot  dans un délai allant jusqu’au 20 août 2024.

La gestion de ces parkings, apprend-on, se fera par voie d’affermage via des contrats prévus pour une période de trois ans renouvelables. L’affermage étant un contrat par lequel le contractant s’engage à gérer un service public contre une rémunération versée par les usagers. En d’autres termes, les entreprises ou groupement d’entreprises sélectionnées percevront directement les frais de stationnement et verseront à la mairie une redevance pour l’amortissement des investissements.

D’après la mairie de la ville dirigée par Roger Mbassa Ndiné,  cette initiative  vise à  optimiser les recettes fiscales de la ville. C’est dans la même lignée que la CUD  a lancé, il y a trois ans, un système de paiement digital des frais de parking via une application.  Ce projet avait connu une phase pilote au quartier Bonanjo avec une zone de parking matérialisée d’une capacité d’environ 200 places. Il devait s’étendre  progressivement à d’autres zones pour une capacité de stationnement de 14720 places.  Ce qui  devait occasionner, selon les projections, la multiplication par deux des recettes obtenues actuellement par le système manuel. Des revenus de l’ordre d’1 milliard de francs CFA pour un ticket de parking à 100 FCFA. Mais à ce jour, difficile de faire le point sur ce projet. Les prestataires recherchés pourront peut-être utiliser ce modèle de gestion intelligente.

Cameroun : des observateurs embarqués pour améliorer la pêche des crevettes

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 Le gouvernement tente  de repositionner la filière crevettière dont les produits sont interdits d’exportations vers l’UE là où ils se vendraient le plus cher.   Le pays a écopé de cette restriction du fait des lacunes dans le contrôle de la qualité sanitaire de ses crevettes. Mais globalement, la filière fait face  à un environnement des affaires difficile. La transparence est très limitée dans l’activité des navires de pêche industrielle, détenus en quasi-totalité par des sociétés et personnes physiques étrangères. L’environnement  est aussi sujet aux pirateries maritimes. Ce qui fait perdre une bonne partie de ces ressources  parfois acheminées clandestinement vers des pays voisins.

C’est pour faire face à tous ces défis que le gouvernement a manifesté son intérêt pour  que la chaine de valeurs des crevettes des grandes tailles au Cameroun soit  accompagnée dans le cadre du programme FISH4ACP. Il s’agit d’un programme quinquennal Piloté par la FAO et financé par l’Union européenne  et le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). 12 chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique  sont concernées. L’objectif étant de renforcer les retombées économiques et les avantages sociaux, tout en minimisant les effets de l’activité de pêche sur l’environnement.

 Il est précisément question  au Cameroun de mobiliser plus d’une quinzaine d’observateurs embarqués le long de la façade maritime du Cameroun.  Cette démarche dont la phase pilote va durer 10 mois, permettra d’avoir une bonne surveillance des produits tirés des eaux camerounaises.   « Notre ressource est dilapidée. Il y a une bonne partie qui va au Nigeria sans que personne ne le voit. Mais avec des observateurs en mer, la production n’ira plus ailleurs du coup la ressource sera préservée. A partir du moment où il y aura un contrôle sur la qualité des filets du matériel de pêche ils vont obliger tous les capitaines de bateau à respecter les normes. Du coup il y aura une amélioration. Les petites crevettes qui sont arrêtés à tort et à travers vont cesser et la production dans les jours à venir vont augmenter »,  commente le  président de la Plateforme des crevettes du  Cameroun, Louis Martin  Imounalok.  

Ces observateurs  issus de l’Institut de pêche et des Arts nautiques de Limbe vont  aussi  résoudre le problème de  l’existence de faibles données sur la pêche. «Ils  vont collecter  des informations à caractère biologique, c’est-à-dire les tailles des poissons, aussi bien ceux qui sont capturés que ceux qui sont rejetés en mer, parce que cela fait partie de la population de poissons nécessaire à l’évaluation des stocks. Il y a la profondeur des fonds marins, les zones de pêche. Tout cela est important pour établir l’origine des ressources qui sont pêchées. Parce qu’il y a un gros problème d’origine »  explique Pierre MEKE SOUNG, coordonnateur du programme fish4ACP à la  FAO.

La question de l’origine est essentielle pour le marché international. C’est essentiel pour améliorer la situation du pays entachée par l’attribution d’un carton jaune  de l’UE en 2021 puis d’un carton rouge  en 2023 pour des faiblesses du Cameroun à contrôler la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN).  Or la filière crevettière camerounaise emploie 1 800 personnes  pour une contribution  de 12% au PIB de la pêche.

Réactions

Aristide TAKOUKAM, président AMMCO

 « On aura plus facilement des données sur la pêche »

« L’Africa marine conservation organization travaille pour la protection de la biodiversité marine et aussi le développement de l’économie bleue au Cameroun.  L’accompagnement de Ammco dans ce programme d’observateurs embarqués c’est celui de la collecte des données par ce que Ammco a mis sur pied un outil qu’on appelle sirène qui est une application mobile  permettant de collecter les données sur la biodiversité  marine y compris sur les poissons. Ces données sont directement documentées dans un serveur et donc on parle de la sécurisation de la donnée et du partage de la donnée d’une façon beaucoup plus facile. Cet accompagnement va au-delà même des observateurs embarqués par ce que nous travaillons en collaboration avec la FAO depuis plusieurs années pour développer le programme sirène au sein de la pêcherie artisanale où nous allons équiper les pêcheurs avec cette application. Ce qui  va leur permettre de reporter les observations qu’ils ont de la pêche crevettière ou des petits pélagiques qu’ils vont ramener dans des débarquements et de répondre à un besoin important en termes de données sur la pêche. Il y a très peu de données sur la pêche et l’application sirène va permettre d’avoir des données en temps réel du Minepia comme des autres partenaires

Pierre MEKE SOUNG, coordonnateur du programme fish4ACP, FAO

 « C’est un projet qui est là, suite à la requête du gouvernement camerounais pour essayer d’examiner la situation de la chaîne de valeur crevette. C’est un projet qui a commencé depuis 2021 et qui cible cette crevette. Vous savez, le Cameroun veut dire crevette. Ce produit avait un tant soit peu, disparu de notre langage quotidien. Et le projet est donc venu remettre tout sous la sellette. Il y a eu une stratégie de mise à niveau qui a été validée en 2022 par Minepia et tous les partenaires présents. Et c’est cette stratégie qui est

mise en œuvre aujourd’hui à travers un des axes stratégiques : assurer une pêche durable. L’outil programme d’observateurs est un instrument de gestion des pêches qui vise à assurer la traçabilité des opérations de pêche en mer. Jusqu’à présent, les opérations de pêche se déroulent sous la déclaration du capitaine de pêche lorsqu’il débarque. Mais il se trouve qu’il y a d’autres informations nécessaires à l’évaluation des stocks qui ne sont pas collectées, comme les données sur les rejets et les captures accessoires, qui font partie de la communauté des ressources halieutiques et doivent être examinées ensemble en vue de l’évaluation des stocks. Raison pour laquelle les observateurs qui embarquent sont des aides à la collecte des données que fait le capitaine. Ils ne sont pas là pour inspecter ou contrôler le capitaine de pêche. Ce sont des aides, témoins de l’administration de pêche à bord des navires de pêche. C’est un programme pilote sur dix mois et donc, à partir de cela, nous aurons le temps d’apprécier les forces et les faiblesses de la mise en œuvre. Vous savez que c’est en traversant le pont qu’on le construit. C’est ainsi que nous allons nous assurer que tout ce que nous faisons est utile à toutes les parties prenantes, aussi bien les armateurs que l’administration des pêches qui est représentée. Le projet Fich4ACP est donc là pour soutenir la mise en œuvre de ce programme. »

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