Jusque-là directrice adjointe de cette filiale de AGL, elle remplace à ce poste le français Jean-Luc Pallix, qui a pris d’autres fonctions au sein du groupe.
C’est une première depuis la création du terminal Bois de Douala en 1999 qu’une figure camerounaise va diriger cette structure. Solange Flore Yango entre désormais dans l’histoire. Elle a été désignée le 15 mai dernier par le Conseil d’administration pour prendre la Direction générale de l’entreprise.
Mais elle était déjà à la haute hiérarchie du terminal bois, car occupait jusque-là le poste de Directrice adjointe de cette structure, filiale du groupe AGL. Sa nomination intervient après le départ du français Jean-Luc Pallix, qui a été muté au sein du groupe AGL.
Solange Flore Yango totalise une solide expérience dans le secteur portuaire et logistique. Avant 2017, date à laquelle elle a pris fonction en tant que Directrice générale adjointe du Terminal Bois, elle a été Directrice commerciale & projets chez bolloré africa logistics pendant près de 10 ans. Ceci après son passage comme Chef service commercial chez Saga Cameroun.
Solange Flore Yango est titulaire d’un Master Professionnel en management des organisations obtenu à l’Ecole supérieure de sciences économiques et commerciales (ESSEC) de Douala. Elle a également suivi une formation au leadership organisationnel auprès du Chatered institute of Logistics and transport de Londres, de même qu’un coaching professionnel et PNL au CFCI Canada.
Avec cette nomination, le management du terminal bois du port autonome de Douala prend entièrement une coloration camerounaise. La présidence du conseil d’administration est assurée par l’homme politique Amadou Sali, ancien PDG de Douala International Terminal (DIT), et PCA de Camrail de 2009 à 2017. Il a été nommé en 2024 pour un mandat de deux ans.
Alors que les cours de vacances traditionnels sont souvent perçus comme une corvée par les enfants, le Buea Intensive English Program (BIEP) propose une approche radicalement différente pour l’édition 2025 de ses « Holiday English Classes » à Yaoundé. Loin des salles de classe et des manuels scolaires, ce programme mise sur l’immersion ludique, la confiance en soi et le plaisir d’apprendre.
« Les enfants ont besoin de se détendre, de s’amuser comme des fous pendant les vacances, pas de revivre les mêmes frustrations qu’en classe », lance Ning Ningamai Elijah. C’est tout le pari du BIEP, qui propose une alternative aux traditionnels cours de vacances : créer un espace d’interaction naturelle entre francophones et anglophones, où l’anglais devient une langue vécue plutôt qu’enseignée. Car ici, pas question de réciter des leçons. Le BIEP mise sur « l’acquisition et l’usage » naturel de la langue. Un peu comme lorsqu’un enfant apprend à parler sa langue maternelle, sans grammaire, ni dictée. Loin de la pédagogie classique, l’équipe adapte son programme aux âges, aux rythmes et même aux réalités personnelles de chaque participant.
Et les résultats sont là. « Les enfants gagnent en assurance, deviennent plus sociables, n’ont plus peur de parler anglais même avec des fautes. Ils comprennent que faire des erreurs, c’est aussi apprendre », témoigne Ning Ningamai Elijah. Au-delà de la langue, le programme développe des compétences comme l’art oratoire, la confiance en soi, l’autonomie numérique ou encore la prise de parole en public — autant d’outils utiles bien au-delà de la salle de classe. La méthode repose sur des activités centrées sur la vie réelle : jeux de rôles, cinéma, chants, sport, débats, discussions libres. Aucun élève n’est réduit à une moyenne ou un exercice, chacun est considéré comme une personne avec ses propres blocages, son histoire avec l’anglais, ses talents cachés.
Pour l’édition 2025, les Holiday English Classes s’ouvriront du 2 juin au 30 août à Yaoundé (Odza, Poste centrale, Bastos, Nkolbisson) et en ligne pour les enfants de 10 à 16 ans. Les familles peuvent choisir des formules flexibles (de 3 à 5 séances par semaine sur 4 à 12 semaines). Au menu : anglais vivant, encadrement bienveillant, attestations finales et une grande cérémonie de clôture. Pour les parents soucieux d’un apprentissage utile et agréable, les Holiday Classes du BIEP apparaissent comme une option à la fois moderne, humaine et redoutablement efficace.
Face aux défis économiques, sociaux et environnementaux actuels, le forum s’est fixé un objectif clair : faire des finances publiques un levier pour une société plus équitable et résiliente. Un engagement réaffirmé dans le discours du ministre des Finances, Louis Paul Motaze : « Ce thème est au cœur des préoccupations de notre nation. Il met en lumière notre aspiration commune à construire un système financier plus transparent et résolument tourné vers la durabilité de notre planète. » Signe de la montée en puissance de ce partenariat État-société civile, cette édition 2025 du Forum MINFI-Société Civile sur les finances publiques, s’inscrit dans la continuité de deux premières rencontres jugées « éclatantes de succès » par le ministre, grâce à des recommandations concrètes, certaines déjà traduites dans les textes. À l’instar de l’adoption en décembre 2024 de la loi sur la fiscalité locale, fruit direct du précédent forum.
Le renforcement de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des finances publiques est en effet un axe central du Code de Transparence et de Bonne Gouvernance de 2018. Ce texte consacre notamment la participation citoyenne à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation du budget de l’État. Pour le MINFI, ce forum est aussi une vitrine de cette ouverture progressive du cycle budgétaire à la société civile. Concrètement, la troisième édition a été l’occasion d’explorer deux grandes composantes transversales : la justice sociale et la finance climatique, à travers huit thématiques clés, notamment la santé, la fiscalité, la dette, les infrastructures inclusives, l’agriculture durable, la décentralisation, le genre et l’éducation. Autant de domaines scrutés par les OSC à travers une série d’analyses regroupées dans le rapport annuel Citizens’ Report, véritable socle du dialogue actuel.
« Nos actions de veille citoyenne visent à ancrer la gestion des finances publiques dans les réalités vécues des populations », a rappelé Christine Andela, coordonnatrice du du Groupe de Référence de la société civile pour la transparence des finances publiques, soulignant l’appui de la coopération allemande (GIZ) à ces initiatives. Les campagnes autour du budget citoyen, les ateliers de vulgarisation dans les quartiers et villages, ou encore les plaidoyers thématiques démontrent une volonté de faire descendre la discussion budgétaire à la base.
Une gouvernance budgétaire en mutation
Côté gouvernemental, les réformes engagées depuis 2018 — avec notamment le nouveau régime financier de l’État — ont permis de rénover les outils de gouvernance et d’impliquer davantage les acteurs non étatiques dans les mécanismes de programmation, de suivi et d’évaluation. « La résilience de nos finances publiques face aux chocs multiples, de la pandémie de Covid-19 aux tensions géopolitiques et sécuritaires, témoigne de la robustesse du cadre réformé », a déclaré Louis Paul Motaze. Mais les attentes restent fortes. Le forum a ainsi été l’occasion de rouvrir des dossiers sensibles comme la dette intérieure, l’efficacité de la décentralisation ou l’intégration du genre dans les budgets. À ce propos, le ministre a annoncé que des réflexions étaient en cours sur la création d’un centre d’excellence sur le genre, une autre recommandation issue du précédent forum. Si le dialogue progresse, les OSC appellent à aller plus loin dans la coproduction des politiques publiques. Pour Christine Andela, « l’enjeu aujourd’hui est d’aligner le contenu des réformes sur les aspirations concrètes des populations. » Une ambition qui suppose, selon elle, de renforcer les mécanismes d’accès à l’information, de transparence des dépenses et de reddition de comptes, notamment au niveau local.
Ce troisième forum apparaît comme un pas supplémentaire vers une gouvernance budgétaire plus ouverte et équitable, dans un contexte où la confiance entre institutions et citoyens reste une denrée précieuse. À l’heure des bouleversements climatiques et des inégalités croissantes, la justice sociale et la finance durable s’imposent comme des priorités indissociables de la gestion des deniers publics.
Repas de Corps Minfi Douanes 20 mai 2025 www.newsducamer.com
Dans une ambiance empreinte de fierté républicaine et de communion institutionnelle, le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a exprimé sa profonde satisfaction à l’endroit de l’Administration des Douanes camerounaises. C’était à l’occasion du traditionnel Repas de Corps organisé ce 20 mai à la salle des banquets de la Croix-Rouge camerounaise, dans le cadre des festivités marquant la 53ᵉ édition de la Fête Nationale de l’Unité.
Peu après le défilé devant le chef de l’État et les Corps constitués nationaux, défilé marqué par une participation inédite de la Douane, notamment par la présence remarquée d’un carré exclusivement féminin à Yaoundé, l’heure était à la reconnaissance du travail accompli. « Nous avons été témoins, ce matin, d’un moment d’histoire : la première participation d’un carré exclusivement féminin des Douanes au défilé du 20 mai. Ce fut, à n’en point douter, l’un des faits marquants de cette journée », a salué le ministre Louis Paul Motaze, visiblement ému par la symbolique de cet engagement.
Dans son allocution d’ouverture, le Directeur Général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, n’a pas caché son émotion face à l’exploit réalisé par ses équipes. « Vous êtes entrées dans l’histoire », a-t-il lancé à l’endroit des agentes ayant pris part au défilé, avant de poursuivre : « Par votre discipline et votre force de caractère, vous avez relevé le défi avec professionnalisme, porté haut les couleurs de la Douane, et prouvé que la réussite ne connaît pas de genre lorsqu’elle est portée par la volonté. »
Le ministre des Finances, pour sa part, n’a pas tari d’éloges à l’endroit de toute l’institution douanière, saluant tant les innovations que les résultats. « Je tiens à féliciter l’ensemble du personnel de la Douane pour son engagement constant, son efficacité sur le terrain, et surtout pour sa capacité à se réinventer dans l’action républicaine », a-t-il déclaré. Il a également transmis les félicitations du Chef de l’État, Paul Biya, pour la qualité du défilé et l’image positive renvoyée à la Nation.
Au-delà du cérémonial, la célébration a été l’occasion pour le Directeur Général des Douanes de dresser un rapide bilan des efforts menés sur l’ensemble du territoire. Pas moins de 1 640 personnels ont été mobilisés pour les défilés dans 45 sites à travers les dix régions du pays. À cette performance logistique s’ajoutent la participation de l’Administration à la Foire des Armées, une prestation médiatisée sur la CRTV dans « L’Unité Nationale en fanfare », ainsi qu’une implication active dans les activités sportives et de cohésion avec les autres corps de défense.
Signe de son engagement de proximité, Fongod Edwin Nuvaga a, dans les semaines précédant la fête nationale, effectué un tour d’horizon dans plusieurs régions du pays pour galvaniser les troupes et superviser les préparatifs. « Ce tour m’a permis de constater, partout où je suis passé, le sens du devoir et la rigueur avec lesquels nos agents se préparaient à cette célébration. Leur mobilisation force l’admiration », a-t-il souligné.
Le Repas de Corps, moment de fraternité militaire et institutionnelle, a clos cette journée symbolique dans la joie et la fierté du devoir accompli. Le visage de la Douane camerounaise, tel que présenté ce 20 mai, est celui d’une administration mobilisée, patriote et résolument tournée vers l’excellence.
Encadré
Les faits d’armes de la Douane soulignés par le ministre des Finances
Dans son allocution du 20 mai 2025 face aux douaniers, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, n’a pas manqué de souligner les performances remarquables de l’Administration des Douanes, qu’il a qualifiée de « pilier stratégique de la mobilisation des ressources internes ». Il a salué les résultats obtenus en matière de recouvrement des recettes, de lutte contre la fraude et de soutien au tissu économique national.
Parmi les faits d’armes notables cités par le ministre, figure la mobilisation exceptionnelle de plus de 1 000 milliards de FCFA de recettes douanières au cours de l’exercice budgétaire écoulé, malgré un contexte marqué par des tensions économiques régionales et internationales. Il a également mis en exergue les saisies record de marchandises prohibées et de produits de contrebande, obtenues grâce à un maillage renforcé du territoire et à la digitalisation croissante des procédures douanières.
Louis Paul Motaze a par ailleurs salué l’esprit d’innovation de l’institution, avec notamment la mise en œuvre de solutions technologiques de suivi des marchandises et d’analyse de risque, permettant d’optimiser le ciblage des contrôles tout en facilitant les opérations des opérateurs économiques de bonne foi.
Enfin, le ministre a félicité la Douane pour son engagement dans la sécurisation des frontières, sa participation active à la lutte contre les trafics illicites transfrontaliers, et son appui à la consolidation de la paix dans les zones sensibles. « Vous êtes aux avant-postes de la souveraineté économique et sécuritaire du Cameroun », a-t-il déclaré à l’endroit du Directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga.
Confirmant son engagement en faveur d’un monde numérique plus sûr, Orange Cameroun de concert avec les autres filiales du groupe, a lancé ce lundi 19 mai 2025 au stade de Bonamoussadi à Douala, le #ForGoodConnections Day, une initiative visant à sensibiliser les jeunes et leurs parents sur l’adoption d’habitudes digitales saines et des comportements responsables. « En partenariat avec l’ANAFOOT (Académie Nationale de Football), cet évènement propose sur un même site, dans la même journée, des activités sportives, des ateliers éducatifs et discussions animés par des personnalités inspirantes tel que l’international Salomon Olembe, et Annette Ngo Ndom, gardienne des Lionnes Indomptables, et des jeux interactifs conçus pour rassembler enfants âgés de 10 à 15 ans, parents et salariés bénévoles de l’entreprise afin de créer des expériences impactantees, favoriser le dialogue au sein de la cellule familiale et encourager la pratique de bonnes habitudes.
La finalité est de sensibiliser à grande échelle sur l’importance de la protection des enfants en ligne, informer sur les droits de ces derniers et les politiques de protection adoptées, les services et offres pour une enfance numérique protégée et mettre en lumière les initiatives d’Orange Cameroun dans ce sens. Nous espérons que les participants repartiront édifiés et tireront avantage des conseils pratiques essentiels à l’adoption d’un mode de vie numérique sain, reflétant la mission d’Orange » précisera M. Charles MBASSI, Chef de département Relations Institutionnelles & sécurité, représentant du Directeur des Affaires Institutionnelles et RSE. Le programme #ForGoodConnections ambitionne de sensibiliser sur les enjeux sociétaux liés au numérique en s’attaquant aux défis cruciaux qui touchent les jeunes à savoir : • Le cyberharcèlement ; • L’accès à des contenus inappropriés ; • Et le temps d’écran excessif (addiction aux écrans). Après le succès de la précédente édition tenue en 2024, le #ForGoodConnections Day de 2025 marque le début d’une campagne de sensibilisation qui ira jusqu’au mois de juillet dans 25 pays d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique, avec pour objectif d’atteindre environ 16 000 enfants et leurs parents.
Organisé par le groupe Jeune Afrique, en collaboration avec les autorités ivoiriennes, ce forum de haut niveau a rassemblé plus de 1 800 participants — chefs d’État, ministres, chefs d’entreprises, investisseurs et experts — autour des grands enjeux de croissance et d’intégration du continent africain. À la tribune comme en coulisses, Joseph Dion Ngute a multiplié les interventions et les rencontres, plaçant le Cameroun au cœur des débats. Placée sous le thème « Un New Deal public-privé peut-il rebattre les cartes en faveur du continent ? », l’édition 2025 de l’Africa CEO Forum entend repenser en profondeur le partenariat entre gouvernements et entreprises africaines.
Trois leviers structurants sont au cœur de cette ambition : l’amélioration de la gouvernance, l’optimisation des politiques publiques, et l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’objectif : poser les fondations d’un écosystème économique plus intégré, plus performant et résolument tourné vers l’action. Mandaté par le président Paul Biya, le Premier ministre a coanimé un panel stratégique avec ses homologues, notamment le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé. Les échanges ont porté sur l’intégration économique régionale, les partenariats public-privé et les opportunités d’investissement.
Présenter les atouts du Cameroun face aux investisseurs
Au cœur des discussions, les nouvelles frontières de l’innovation, de l’intelligence artificielle aux énergies renouvelables. Devant les investisseurs, Joseph Dion Ngute a défendu les atouts d’un Cameroun aux multiples ressources : un secteur agricole en croissance avec le cacao, le café et l’anacarde comme produits phares, un potentiel minier encore sous-exploité, et une dynamique touristique prometteuse. « Nous avons eu plusieurs rencontres avec des investisseurs qui souhaitent venir au Cameroun ; ils considèrent le Cameroun comme une terre d’opportunités. Nous les encourageons à concrétiser ces intentions », a confié le Premier ministre camerounais. Accompagné du Directeur général de l’Agence de promotion des investissements (API) et d’une délégation d’hommes d’affaires, il a mené une offensive diplomatique ciblée, enchaînant les entretiens avec de grands groupes, dont le PDG du groupe Jeune Afrique.
Les échanges ont permis de présenter plusieurs projets structurants. Une délégation d’investisseurs s’est notamment dite intéressée par le développement de la région de Kribi, autour du port en eau profonde. « Nous avons expliqué notre projet, surtout notre volonté de développer avec les autorités camerounaises la zone industrielle autour du port de Kribi, en attirant des industriels qui auront besoin d’électricité », a déclaré un représentant de B.I., important acteur énergétique au Cameroun. Ce dernier a rappelé l’engagement de son groupe dans plusieurs projets d’énergie dans le pays, notamment à Nachtigal. Un autre projet présenté au chef du gouvernement vise à structurer la filière porcine au Cameroun, avec pour ambition d’en faire le premier fournisseur régional de viande porcine en Afrique centrale.
Vers un nouvel élan des relations économiques Cameroun–Côte d’Ivoire
En marge du forum, Joseph Dion Ngute le chef du gouvernement camerounais a été reçu en audience par son homologue ivoirien. L’objectif est de relancer les relations économiques entre les deux puissances régionales. En effet, les échanges commerciaux entre le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont passés de 69,9 milliards à 53,2 milliards de FCFA entre 2022 et 2023. Les deux Premiers ministres ont convenu d’intensifier les flux logistiques et commerciaux, misant sur les filières agricoles à forte valeur ajoutée. Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par le retour du nationalisme économique à l’échelle mondiale. Face à ce repli, les opportunités de commerce et d’investissement Sud-Sud se multiplient, offrant aux entreprises africaines de nouveaux relais de croissance et d’innovation. « Le contexte transactionnel actuel impose à l’Afrique de lever, une bonne fois pour toutes, les obstacles qui freinent encore l’essor de son secteur privé. Il n’y a pas d’alternative », affirme Amir Ben Yahmed, président de l’Africa CEO Forum. « Grâce à son agilité stratégique, sa capacité d’innovation et sa réactivité face aux mutations économiques, le secteur privé constitue aujourd’hui le principal levier de transformation du continent. Donner aux entreprises les moyens de devenir le moteur du développement, c’est précisément l’ambition que porte l’Africa CEO Forum depuis sa création », ajoute-t-il.
Au-delà des bilatérales, le forum a abordé des thèmes majeurs : transformation digitale, industrialisation, croissance inclusive, innovation technologique, mais aussi souveraineté économique dans un contexte mondial dominé par le retour du protectionnisme. Le président ivoirien Alassane Ouattara a appelé à « une nouvelle donne économique africaine » centrée sur la bonne gouvernance, la création de valeur locale et le renforcement du commerce intra-africain. Pour le Cameroun, ce rendez-vous s’est imposé comme une opportunité stratégique.
La présence du Premier ministre à Abidjan traduit la volonté de Yaoundé de repositionner le pays comme un hub d’investissement et un acteur incontournable des dynamiques économiques africaines. « L’objectif de ce forum est de permettre à l’Afrique de faire un saut qualitatif. Nous observons qu’un peu partout dans le monde, le nationalisme économique s’installe, le protectionnisme revient, et l’Afrique doit saisir cette opportunité pour se rassembler et agir de manière collective », a conclu Joseph Dion Ngute. Les retombées attendues de cette participation pourraient se concrétiser dans les semaines à venir par la signature de nouveaux partenariats, en particulier dans les domaines de l’agro-industrie, de l’énergie, de la logistique et des infrastructures. Au cœur de la stratégie camerounaise : une diplomatie économique ambitieuse, articulée autour de la coopération régionale et d’une vision long terme de la transformation structurelle.
Monsieur le directeur général, quel est l’intérêt pour votre société de prendre part à ces travaux de l’Africa Capital Market Forum 2025 ?
Disons que pour nos sociétés de gestion de portefeuille, c’est toujours important de prendre part à ce type d’initiatives parce que cela nous permet de renforcer la communication sur notre métier. Mais surtout d’échanger avec les autres acteurs du marché pour comprendre un peu quels sont leurs défis et trouver ensemble des pistes de solutions. Alors, c’est une opportunité unique parce qu’on a pu rencontrer divers acteurs, y compris la Commission de Surveillance du Marché Financier (Cosumaf), échanger nos expériences avec les acteurs de marchés différents, ce qui nous permet, nous, en interne, de nous améliorer, mais surtout d’avoir des perspectives positives, car en fait, nous sommes dans un marché́ en construction.
Après avoir suivi tous ces travaux- là, tous ces débats, quels sont selon vous les défis qui interpellent nos marchés aujourd’hui ?
Je pense que le défi le plus important, c’est celui de la démocratisation de la bonne gouvernance. Car avec la bonne gouvernance, on l’a vu, il y a plusieurs leviers qui impactent la performance. Une bonne gouvernance va rassurer un peu plus les investisseurs. Une bonne gouvernance va nous permettre d’avoir un marché plus structuré. Mais une bonne gouvernance va surtout nous donner la crédibilité dont nous avons besoin pour rayonner dans la sous-région et au-delà de nos frontières. Étant donné que nous sommes dans un contexte socio-culturel où la gouvernance est un sujet assez particulier, s’approprier ces concepts étrangers est un challenge qu’il faut essayer de relever ensemble en tenant compte de nos réalités locales.
On a aussi parlé des mutations des parties prenantes, à savoir par exemple qu’on a désormais à faire à une nouvelle génération qui n’a plus les mêmes habitudes de consommation, qui utilise davantage les plateformes digitales. Pensez-vous qu’il est possible aujourd’hui, de mobiliser cette partie de la clientèle potentielle pour élargir la base du marché comme souhaité ?
De toute façon, c’est une ambition, mais c’est une ambition qu’il faudra considérer avec beaucoup de précaution, car qui dit digitalisation, qui dit démocratisation, dit aussi risque. Donc il faudra s’assurer que les acteurs et les outils qui sont mis en avant ici sont sécurisés, car nous gérons des données personnelles, il y a des flux financiers, et il ne faut pas se précipiter dans une course folle à la digitalisation par souci de mobilisation d’épargne, mais s’assurer que nous faisons les choses dans le bon ordre.
Nous sommes conscients qu’il y a un vrai gap en termes de collecte d’épargne, qui est aussi un défi en termes d’éducation financière. Nous devons nous positionner en tant qu’acteurs, et nous avons des associations qui sont là pour cela, afin de trouver avec les pouvoirs publics, les régulateurs et les organismes centraux, les bons outils qui sont adaptés à nos besoins. Que ce soit le salarié, le petit commerçant, l’homme d’affaires ou le militaire, il doit exister des produits adaptés à leurs besoins pour que l’épargne devienne systématique et une véritable habitude de consommation dans notre sous-région.
Dans la sous-région, quelle est l’évolution ? Qu’a-t-on gagné avec l’intégration des deux places financières ?
La première chose, c’est que nous avons un marché unifié. Nous regardons désormais dans une même direction en matière de bourse de valeurs mobilières. Cela montre qu’il y a déjà un marché qui peut se structurer. Mais aussi, nous avons eu une amélioration réglementaire qui nous permet aujourd’hui d’avoir des types de supports qui n’existaient pas auparavant, ainsi que des acteurs qui n’étaient pas encore reconnus dans la réglementation, notamment les conseils en investissement financier, les sociétés de gestion des Organismes de Placement Collectifs, les sociétés de gestion pour les actifs immobiliers, le capital-investissement… Tous ces corps de métier vont à terme nous permettre de dynamiser le marché. Nous sommes nous-mêmes en plein défi d’apprentissage de la réglementation et sur- tout de consolidation de notre environnement de marché. Nous pensons que c’est le bon moment pour être présents, car au-delà de la difficulté de mobilisation, nous avons besoin d’un marché solide et bien structuré.
Alors justement, en tant qu’acteur du marché, comment tirez-vous avantage de cette unification ?
Nous sommes une société de gestion de portefeuilles. En termes de processus, nous avons un fonctionnement unique, ce qui signifie que l’onboarding de nos clients, quelle que soit leur nationalité, n’est pas différent. Cela nous permet de nous adresser au client gabonais, camerounais, congolais ou tchadien de la même manière. Aujourd’hui, avec les outils numériques, nous pouvons effectivement attaquer le marché sous-régional dans son ensemble, ce qui nous offre autant de possibilités de croissance et de développement de nos activités. L’unification des marchés fait que nous avons désormais une bourse régionale située au Cameroun et un régulateur basé au Gabon, ce qui favorise l’intégration sous-régionale. Avant, honnêtement, je n’étais pas venu au Gabon depuis une dizaine d’années, mais depuis que nous sommes actifs dans le marché, nous effectuons des visites régulières au Gabon, qui nous permettent de mieux connaître le pays et de tirer profit de cette mixité, qui au final nous permet de renforcer notre activité dans la sous-région.
Comment appréciez-vous l’environnement réglementaire actuel ? L’environnement réglementaire actuel a réalisé un saut qualitatif ces deux dernières années. Pour nous, acteurs du marché, c’est un grand défi, car auparavant, l’appropriation des textes se faisait à un certain rythme et aujourd’hui, nous percevons une dynamique nouvelle. Certains textes semblent même futuristes, mais nous comprenons l’ambition de la Cosumaf. Il nous revient donc de nous arrimer à cette évolution. D’un point de vue commercial, les exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que les normes KYC (Know Your Customer, NDLR), ont complexifié nos opérations. Cela nous contraint à être rigoureux dans l’onboarding des clients, mais nous constatons que cette difficulté est de plus en plus comprise par nos clients, ce qui les rassure. Ils savent qu’en étant client dans l’Asset management ou dans le marché financier, leur épargne est protégée grâce aux exigences imposées par le régulateur.
Concernant votre société, quelles sont vos principales réalisations ce dernier mois ?
Nous sommes une jeune société de gestion d’actifs créée en 2022, agréée en mars 2023 par le régulateur, et nous avons pour ambition d’être présents dans toute la sous-région dans les trois à quatre pro- chaines années. Nous avons un focus particulier sur l’éducation financière, c’est même l’un des piliers de notre stratégie, car nous pensons qu’il faut éduquer, apprendre, donner les outils aux populations avant de gérer leur argent. On se rend compte que ce manque d’éducation financière est un vrai challenge, c’est pourquoi nous avons axé notre stratégie là-dessus. Nous avons mis en place plusieurs programmes « JOKORIE » au- près des étudiants, qui nous permettent de faire le tour de la sous-région en visitant les écoles et universités pour leur parler d’épargne et de construction de patrimoine, puisqu’ils seront les travailleurs de demain. Dans le même cadre, nous avons récemment organisé une table ronde à l’Assemblée nationale en France pour expliquer à la diaspora française que le marché́ sous-régional est un marché́ sérieux, qu’il y a de vraies opportunités de placement et qu’il existe des acteurs agréés qui peuvent les aider et les accompagner dans la construction d’un patrimoine en Afrique. Nous sommes donc dans cette démarche et continuons notre évolution, avec la gestion d’un portefeuille d’environ 15 milliards de FCFA.
Dans ce contexte où il y a une très faible culture boursière, comment vous organisez-vous pour répondre aux attentes des clients existants ?
Nous multiplions les initiatives d’éducation financière : séminaires, Jokorie, comme je l’expliquais. De plus, notre participation à ce type de plateforme, avec la résonance qu’elle peut avoir sur les réseaux sociaux, nous apporte visibilité et suscite la curiosité de nos clients, ainsi que de ceux qui ne le sont pas encore. Aujourd’hui, avec la puissance des réseaux sociaux, nous pouvons toucher plusieurs personnes à travers le monde. C’est lorsque nous aurons suffisamment de visibilité sur ce marché que les gens comprendront qu’il s’agit d’une activité sérieuse et porteuse. Je pense que la clé réside dans l’utilisation de la digitalisation, des réseaux sociaux et des actions récurrentes d’éducation financière sur le marché. C’est véritablement la clé de la réussite pour notre marché, qui est encore en construction.
Quels seront, selon vous, les leviers principaux à actionner pour dynamiser davantage le marché des capitaux dans notre sous-région ?
Pour moi, la clé réside dans une implication plus forte des pouvoirs publics, afin de renforcer les acteurs agréés et de simplifier le message autour de la gestion et de la culture financière. Nous devons bénéficier d’une meilleure visibilité dans les Assemblées nationales et les médias classiques pour expliquer aux citoyens l’utilité de leur épargne. Il serait pertinent de mettre en place des programmes fiscaux incitatifs et de promouvoir l’épargne publique. Encourager la constitution d’une épargne complémentaire via un pro- gramme d’épargne volontaire défiscalisé serait bénéfique. De plus, les fonds communs de placement sont des outils essentiels de l’Asset Management, qui devraient être distribués par les banques et les assureurs via leurs canaux afin d’en faire un réflexe de consommation. Les institutions financières ont un accès direct aux populations et pourraient ainsi démocratiser cet outil en l’intégrant comme une alter- native de placement pour leurs clients. Enfin, une communication plus structurée entre les pouvoirs publics, les associations et les acteurs du marché financier serait nécessaire. Actuellement, chacun agit de son coté, mais il faudrait que chaque pays instaure des canaux efficaces pour diffuser le message à travers les associations de bourse et de l’Asset Management. Une initiative pertinente serait de dédier une semaine annuelle à l’éducation financière, non seulement pour les acteurs du marché mais aussi pour les populations qui ne sont pas encore sensibilisées.
« Le Contineng, ce n’est pas juste un concert. C’est une célébration, un voyage, un témoignage », a déclaré l’artiste devant un parterre de journalistes ce jeudi 15 mai 2025 à Yaoundé. À travers cette initiative, Petit Pays entend marquer les esprits en célébrant 40 années d’une carrière hors normes, tissée de succès, de combats, de scandales et surtout… de musique.
L’événement Contineng – contraction imagée de “continent”, se veut une ode à l’Afrique et au Cameroun. Il réunira une pléiade d’artistes autour d’un hommage vibrant, dans une atmosphère de communion intergénérationnelle. « J’invite chacun à venir vivre ce moment unique où les générations se rencontrent. Que ce soit pour danser, chanter, se souvenir ou découvrir, le Contineng est à vous », a ajouté Rabba Rabbi, la voix empreinte d’émotion.
Une carrière légendaire
Avec plus de 50 albums à son actif, quatre disques d’or et des records de vente qui défient le temps – notamment son album Class F/M, écoulé à plus de 50 000 exemplaires en une journée – Petit Pays est sans conteste l’un des artistes les plus prolifiques du pays. Son style inimitable, entre soukous, makossa et ndombolo, et ses concerts souvent théâtraux – où il n’hésite pas à faire des entrées spectaculaires en cercueil ou à cheval – ont forgé sa légende.
Au-delà des chiffres, l’homme est une icône populaire, un miroir des aspirations d’un peuple. C’est d’ailleurs cette complexité qu’il entend mettre en scène samedi : « Les 40 ans que nous célébrons doivent parler au cœur. C’est le cœur qui doit s’exprimer. Nous allons réguler certaines choses avec les chansons, avec la jeunesse, avec les histoires de vie », a-t-il confié, le regard tourné vers l’avenir.
Un message national et panafricain
Le choix de Yaoundé pour ce coup d’envoi n’est pas anodin. « Nous avons choisi de commencer par Yaoundé, parce que c’est la capitale. Et Yaoundé me rappelle un peu mon histoire », a précisé l’artiste. Le spectacle Contineng entend amorcer une série d’événements à travers les dix Régions du Cameroun, dans une dynamique de partage, de mémoire et de reconnaissance.
En dépit des polémiques qui ont jalonné son parcours, Petit Pays reste fidèle à lui-même : entier, flamboyant, indomptable. Ce 17 mai, le Palais Polyvalent des Sports promet d’être le théâtre d’un moment suspendu, entre nostalgie et célébration, où les cris du public viendront répondre aux silences d’un homme qui, qu’on l’aime ou qu’on le critique, aura marqué son temps.
La Fondatrice de l’ONG Femme action et développement au Cameroun et en Centrafrique (FADEC) et promotrice du festival All Kassava livre les contours de l’évènement qui se tiendra du 24 au 27 juillet 2025, tout en soulignant les défis et potentiels de ce tubercule.
La deuxième édition du festival All Kassava est prévue à Douala en juillet prochain après une édition en novembre 2024. Pourquoi ce changement de timing et à quoi doit-on s’attendre ?
Le second semestre de cette année sera un peu mouvementé au Cameroun au regard de la météo politique qui affiche des nuages pleins d’activités politiques, notamment le cœur de notre démocratie qui se manifestera à travers l’élection présidentielle. Des énergies seront donc cristallisées autour de cette actualité en perspective. Nous nous sommes dit, avec nos différents partenaires et acteurs, qu’il était judicieux de le tenir en juillet. La tutelle a approuvé cette proposition. Même s’il y a la pluie, elle n’empêchera rien (sourire). C’est une grande fête, elle aura lieu même sous la pluie.
Tous les producteurs de manioc y sont attendus. Des agriculteurs, ceux qui transforment la matière première sous toutes ses formes, des industriels. Ce que beaucoup ne savent peut-être pas, de nombreuses industries de chez nous utilisent abondement de l’amidon qu’ils importent ! Notre but est de faire savoir à tous que de l’industrie pharmaceutique à l’industrie brassicole en passant par l’agroalimentaire, la transformation du bois en papier, l’industrie financière, des équipementiers, la fabrication de la colle, le manioc a de nombreux dérivés. Des choses connues juste par une toute petite poignée de personnes. Le festival All Kassava est donc ouvert à tous, afin que tous viennent découvrir l’or blanc et ses mille et un avantages. Ce qui pourrait susciter des vocations dans ce segment de notre économie en ces temps où la guerre commerciale est d’actualité et où les importations de blé connaissent une décrue. Le moment est venu de mieux cerner ce que nous produisons comme manioc et comment le mettre en valeur, et même effacer vigoureusement ces aprioris qui présentent le manioc comme une ressource alimentaire qui rendrait crétin. (Sourire). Le festival aura lieu à la maison du parti de Bonanjo, des enregistrements sont ouverts.
Selon vous, quelle est la plus-value du manioc comparativement aux autres tubercules ou spéculations ?
Nous trouvons, en toute honnêteté, que le manioc a beaucoup de débouchés, une panoplie de dérivés. Il s’agit d’un tubercule riche. Sans doute d’autres tubercules le sont aussi. Mais moi je suis fille du manioc, je suis de Bonomo Ba Mbenguè (banlieue de Douala, Ndlr). C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi le manioc car il est en train de perdre de sa valeur, le Mintoumba (forme de gâteau de manioc à l’huile de palme, ndlr), pareil. Le Bobolô (bâton de manioc issu de la Région forestière du Cameroun, ndlr), tous perdent de leur valeur. Notre but est donc de rehausser cette grandeur et renforcer le côté industriel. Un détail. Partout où les camerounais se trouvent dans le monde, ils sont prêts à consommer ces dérivés du manioc que je viens de lister, nous les appelons MMB (manioc, mintoumba, bobolô). Encore une fois donc, nous voulons que ce tubercule reprenne de la valeur. Ce qui permettra de promouvoir le développement durable. Les camerounais sont attachés à la culture du manioc par amour mais n’arrivent pas à s’en sortir parce qu’ils ne savent pas à qui le vendre. Il y en a qui veulent acheter, ils ne savent pas chez qui acheter, conséquence chacun est dans son coin. Notre but est donc de briser ces barrières. Nous avons une communauté au sein de laquelle les gens vendent.
En RCA, des investisseurs étrangers souhaitent créer 25 000 emplois directs à travers 10.000 hectares de champs de manioc. Qu’est-ce que le Festival All Kasava peut tirer de ce projet ?
Le projet de construction d’une industrie, je dirai de pointe au tour et sur le manioc en RCA est une opportunité réelle pour All Kasava. En 2024 lors de la première édition, la RCA était présente. Voir un tel projet se nouer après All Kasava est une fierté. Plus de 130 milliards de FCFA que ces investisseurs que vous évoquiez vont injecter dans la filière manioc en RCA est un gros challenge pour nous, une opportunité. Nous verrons en interne comment prendre langue avec les acteurs du projet pour que All Kassava joue un rôle dans cet univers.
Quelles sont les innovations prévues cette année ?
La première édition nous a permis de nous rendre compte qu’il y avait un besoin dans le sens de la promotion du manioc, de la visibilité de ce tubercule. Il y a donc eu un engouement autour de cette première édition. Cette année, il est question de ratisser large pour intéresser le producteur, où qu’il soit. Par ailleurs, à la première édition, nous avons pris l’engagement, avec l’accord du ministère de l’Agriculture, de mettre sur pied une interprofession pour porter la filière manioc ; réunir tous les acteurs du manioc afin de mieux analyser le manioc et ses dérivés. C’est un travail qui est en cours avec l’onction du Minader. Autre chose à souligner, la diaspora camerounaise basée en Europe voudrait participer activement au festival All Kasava. La dernière fois, il y avait déjà quelques membres de ladite diaspora, et cette fois-ci, ils veulent être plus actifs dans l’organisation et soutenir certains petits producteurs.
En termes de participation, quel bilan faites-vous de la dernière du festival All Kassava ?
Ça a été un sacré coup réussi, nous avons touché beaucoup de personnes au-delà de la Région du Littoral. C’est un festival national, mais aussi international. Nous avons eu des exposants provenant de six régions du pays. Il n’y a que l’Extrême Nord, le Nord, le Nord-ouest, l’Ouest qui n’ont pas pu être là, je crois, faute de moyens car cette organisation était notre première édition, nous n’avons pu les contacter à temps. Au niveau de la sous-région CEMAC, nous avons sensibilisé des pays. Nous avons eu des représentants de la RCA et du Gabon. D’autres pays seront là cette année. Il y en a qui voulaient venir de la RDC, mais ils n’ont pas eu de financements, d’autres des Caraïbes avaient aussi manifesté leur désir d’ être là. Mais nous avons eu des partenaires venant d’Espagne qui avaient présenté de nouvelles technologies en matière agricole comme des drones. Donc, le bilan a été positif pour une première édition. Les autorités nous ont beaucoup accompagnés : des autorités politiques, traditionnelles etc. Nous sommes parrainés par le MINADER (ministère de l’Agriculture et du développement rural), qui a veillé à la perfection de tout, de la sécurité des exposants, la facilitation du transport des marchandises entre autres. Nous avons touché une masse importante de personnes, en un mot, il y a eu de l’écho, un écho favorable car il faut le souligner, nous avons constitué une bonne communauté de près de 300 personnes. C’était cela le but car il était également question de mettre en réseau tous les acteurs de la chaîne de valeur.
Le directeur central de la production chez Eneo revient sur les défis auxquels fait face la centrale hydro électrique de Songloulou et sa capacité à répondre aux besoins énergétiques du Cameroun.
Monsieur le Directeur, comment se porte la centrale de Songloulou aujourd’hui ?
La centrale de Songloulou est stable, nonobstant le problème de RAG (Réaction Alcali-Granulat ndlr) qui a été vécu depuis la construction de l’ouvrage. Et à l’international, un benchmarking a été effectué pour suivre sur la durée ce phénomène. L’impact effectivement de Songloulou sur le dispositif RIS (Réseau inter connecté sud ndlr) n’est plus à démontrer. Elle a été constante et cette contribution restera. Songloulou est restée au top et a permis à un moment donné même d’arriver à un dépassement de capacité pour permettre tout à fait la stabilité du système. Nous avons vécu des problématiques liées à l’hydrologie. C’est la nature, mais effectivement tous les acteurs du système, travaillent en ce sens pour mitiger l’impact de ces problèmes hydrologiques sur l’alimentation des clients. Nous avons travaillé nécessairement sur le mix énergétique. Donc, nous faisons face aux changements climatiques qui ont un caractère pervers, soit par les déficits ou même des excès. Nous restons tout à fait vigilants et on reste allié avec les acteurs gouvernementaux sur le tracking de tout ce qui est mouvements et observations au niveau des changements climatiques.
Monsieur le directeur, est-ce que vous pourriez nous donner les éléments qui démontrent la position dominante de Songloulou dans le système de production de l’énergie électrique au Cameroun?
De manière pragmatique, les injections qui se traduisent par les énergies, on a la proportion de Songloulou par rapport à l’ensemble qui est injecté. Nous avons vu que Songloulou tourne autour de 35-36%. Donc 35% d’une entité est suffisamment parlante. Et ces dépassements où Songloulou va au-delà même de sa limite de production à des temps courts, tout à fait acceptés par les techniques. Ce sont des éléments qui illustrent cette pertinence et surtout la régularité sur le plan des disponibilités. Tout ce que nous menons comme activités, que ce soit des investissements ou la maintenance dans le but de garantir la fiabilité, permettre à ce que Songloulou en tout temps, de répondre aux besoins de la demande.
Entre 2015 et 2018, vous avez effectué des travaux sur la vanne d’évacuation.Aujourd’hui, il y a une note qui a été adressée au ministre de l’eau qui indique que la vanne est toujours défaillante et qu’elle laisse passer de l’eau. Qu’en est-il exactement?
Dans le barrage hydroélectrique avec des vannes d’étanchéité, il peut arriver effectivement des fuites d’ordre ponctuel, mais sans nécessairement avoir de lien avec les questions hydrologiques. Donc du coup, dans le cas des travaux de maintenance, on doit faire des travaux d’étanchéité, tant du point de vue du génie civil, on peut avoir des légères fissures qui sont étanchées. Nous continuons à travailler sur les évacuateurs et même dans la nouvelle perspective, dans ce programme Dam Safety, nous sommes en train de travailler pour anticiper le phénomène du déplacement du béton. On a dit que la RAG est irréversible et on veut mettre en place maintenant des systèmes qui intègrent même ce déplacement et faire en sorte que même s’il y a déplacement, il n’y ait pas de contraintes mécaniques, que les contraintes mécaniques soient tout à fait absorbées.
Comment comprendre qu’en ville, par exemple, même quand on a suffisamment de pluie, Eneo justifie les coupures d’énergie par le manque d’eau ?
C’est une conjugaison de deux aspects. C’est que quand on fait un remplissage au cours d’une année N-1, c’est pour sécuriser l’étiage de l’année N. Et l’année passée, en 2024, nous avons fini l’année avec un déficit de 2 milliards par rapport au remplissage de 2023. Maintenant, prenant le cas du RIS, il y a également les débits interannuels, donc indépendamment des réservoirs qui ont été très bas. Du coup, la somme des débits éclusés plus de débits interannuels, ça va être très insuffisant pour saturer l’ensemble des barrages qui sont installés sur le fleuve Sanaga. Maintenant, les pluies en ville, il faut que les pluies se situent encore dans le bassin versant et s’il pleut du côté où c’est le Djerem qui passe en cru pour remplir Mbakaou, ça aura un impact positif, mais il peut pleuvoir même six mois à Douala, de toute façon, les populations vont bénéficier de la fraîcheur, mais ça ne va jamais avoir une incidence sur l’augmentation des débits. Donc, il faut qu’il pleuve au bon endroit, soit dans le bassin versant intermédiaire, ça veut dire que ça rejoint directement le fleuve Sanaga, soit au niveau des réservoirs.