mercredi, mai 20, 2026
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Forum Minfi/Société Civile : Vers un financement plus équitable de la santé ?

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Les acteurs de la société civile sont des partenaires pour le gouvernement. Ce n’est pas un rapport d’antagonisme qui vous lie aux pouvoirs publics », a déclaré Louis Paul Motaze, ministre des Finances à l’ouverture de la troisième édition du Forum d’échanges entre le MINFI et les Organisations de la Société Civile (OSC) spécialisées en finances publiques, tenu le 21 mai 2025 à Yaoundé. Le ministre a voulu clarifier les rôles et redéfinir les lignes de coopération : le citoyen comme sentinelle, et non comme adversaire.

Cette rencontre s’inscrit dans une démarche participative et transparente engagée par le département ministériel pour améliorer la gestion des finances publiques. L’implication des OSC est perçue comme essentielle, non seulement pour leur force de proposition, mais aussi pour leur rôle dans le contrôle citoyen et la veille budgétaire.

Placé sous le thème : « Une gestion des finances publiques pour améliorer la justice sociale et la finance climatique », le forum s’est appesanti sur le financement de la santé, domaine dans lequel les inégalités persistent et les défis sont majeurs. « Depuis plus de six ans, 20 % des financements du secteur de la santé sont alloués aux structures de base, qui tentent difficilement de répondre aux besoins de 80 % de la population. Parallèlement, 80 % des financements sont dirigés vers des structures sophistiquées, qui ne desservent que 20 % des citoyens. Cette répartition inversée des ressources compromet la justice sociale dans notre pays » a indiqué Christine Andela, coordonnatrice du Groupe de Référence de la société civile pour la transparence des finances publiques.

Cette déclaration s’est basée sur rapport élaboré par la société civile et baptisé « Citizen Lenses Report », qui dresse un bilan du système actuel de financement de santé, tout en proposant des pistes de solution. Selon ce document rendu public le 21 mai dernier, les dépenses totales de santé s’élevaient à 874 milliards de FCFA en 2019, représentant environ 4 % du PIB national. Pourtant, les ménages assument à eux seuls près de 71 % de ces dépenses, souvent par paiement direct, sans mécanisme de mutualisation ou de solidarité. Ce mode de financement, lourd et inéquitable, place une pression considérable sur les foyers, en particulier les plus vulnérables.

Autre déséquilibre mis en lumière est l’allocation budgétaire entre les niveaux de soins. Le niveau primaire, qui traite pourtant plus de 82 % des cas de santé, ne reçoit que 28 % du budget, contre 52 % pour le niveau tertiaire, qui ne couvre que 2 % des prises en charge. Un déséquilibre que le gouvernement entend corriger à travers le Plan Sectoriel Santé 2020-2030, qui fait des soins de santé primaires (SSP) le socle d’un système de santé plus équitable et plus performant. L’étude prospective sur l’investissement dans les SSP, également dévoilée à cette occasion, présente trois scénarios de mise en œuvre sur cinq ans (minimal, moyen, ambitieux), avec des retours sur investissement particulièrement prometteurs.

Dans le scénario le plus ambitieux, l’investissement annuel de 301 milliards de FCFA pourrait générer un gain économique de plus de 10 milliards de dollars sur cinq ans, avec un ratio coût/bénéfice estimé à 3,7, pouvant même atteindre 7 sur neuf ans. Ce rapport met en avant les solidarités communautaires comme levier potentiel de financement. Ces formes locales de mutualisation, parfois informelles mais bien ancrées dans les habitudes sociales, pourraient être intégrées dans une logique plus large de Couverture Santé Universelle (CSU). Pour cela, un cadre réglementaire et institutionnel serait nécessaire, afin de structurer et renforcer ces initiatives endogènes. Au-delà des chiffres, c’est une vision nouvelle du système de santé que propose les OSC. Un mécanisme plus équitable, plus centré sur la prévention et l’accès universel, et mieux aligné sur les objectifs de développement humain. La participation active de la société civile, en tant que relais de terrain et catalyseur de solutions locales, est apparue comme un atout clé pour la réussite de ces ambitions.

En président les travaux, le Ministre Louis Paul Motaze a réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire de la transparence budgétaire et de l’investissement dans la santé une priorité. « Ensemble, nous devons bâtir un système de finances publiques qui réponde aux besoins réels des populations, notamment dans les secteurs sociaux. Les OSC sont des alliés précieux pour relever ce défi collectif », a-t-il conclu.

Lions indomptables: Marc Brys se passe d’André Onana

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André Onana ne sera pas du regroupement des Lions indomptables de juin 2025. Ainsi en a décidé Marc Brys, le sélectionneur national. Dans la liste qu’il vient de rendre publique pour le compte du prochain regroupement de la sélection nationale, le technicien en chef n’a pas retenu le gardien titulaire. Une grande première pour celui qui a jusqu’ici compté essentiellement sur son numéro un, quel que soit l’enjeu de la rencontre. « C’est moi qui décide», a toujours clamé le technicien belge, y compris lorsqu’il a une fois été interrogé sur l’hyper-titularisation d’André Onana, même dans des matchs sans enjeu. L’homme a même reconnu que le concerné a déjà essayé de l’amener à céder le poste à ses adjoints dans certaines rencontres.

La liste de Marc Brys pour juin 2025.

Pour le compte du mois de juin 2025, les Lions indomptables devraient participer à un tournoi amical. Marc Brys a préféré faire avec les seconds. Ainsi, au poste de gardien de but, l’on aura Simon Ngapandouetnbu, Simon Omossola et Devis Epassy. Avec certainement une prééminence du dernier cité, qui a jusqu’ici été le second d’André Onana. Omossola, lui, revient après une longue absence. De même, en défense, ce sont des seconds couteaux. En dehors de Faï Collins et Castelletto, ce sont des remplaçants qui sont appelés. Pareil au milieu et en attaque. Parmi les titulaires incontestés, seul le capitaine Vincent Aboubakar sera de la partie. Ignatus Ganago, lui aussi, revient, pour essayer de se refaire une santé, et de la confiance.

Finances publiques : Richard Evina Obam (DG-CDEC) répond à Babissakana

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« POSITIONNER LES INSTITUTIONS FINANCIERES PUBLIQUES A LA FRONTIERE TECHNOLOGIQUE DE LA FINANCE » : ET SI L’INGENIEUR FINANCIER BABISSAKANA PATAUGEAIT DANS LA SEMOULE ?

Dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre 2025, l’espace public camerounais est inondé d’une production épistolaire débordante, signe de sa vitalité démocratique et expression d’une fertilité intellectuelle réelle. Par une lettre publiée le 6 novembre 2024, l’ingénieur financier Babissakana s’adresse directement au Président de la République, lui demandant de se retirer du pouvoir, et de ne pas briguer un nouveau mandat à l’élection prochaine. Alors que le landerneau politique camerounais en était encore à méditer sur le retentissement de ce pavé jeté dans la marre, le même ingénieur financier revient à la charge par une lettre de réforme adressée à l’homme à qui il demandait de se retirer du pouvoir, publiée dans plusieurs tabloïdes de la place avec un impact tonnant sur les réseaux sociaux. Dans cette sortie tonitruante aux relents populistes, l’intéressé prétend éclairer le Chef de l’Etat sur le dialogue en cours concernant la supervision de la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC) entre le Gouvernement et les institutions financières de la CEMAC notamment la BEAC et la COBAC. Il se targue aussi de découvrir des insuffisances d’organisation de principales institutions financières publiques et recommande de manière emphatique des mesures clés de réorganisation permettant de positionner lesdites institutions à la frontière technologique de la finance, dans l’optique de l’amélioration continue de leurs performances tout comme celles de la place financière du Cameroun. Prétendant clore le débat, cette démarche présomptueuse appelle des mises au point sur son contenu au regard de l’impérieux souci de conformité vis-à-vis de la règle de droit établie dans toute organisation (I), de la pertinence ou non du dogme de l’infaillibilité du régulateur bancaire (II), de la prétention d’une applicabilité universelle du Plan comptable des établissements de crédit (III). Il convient aussi de relever le caractère continue, durable et inachevé de l’implémentation de la comptabilité patrimoniale dans la plupart des Etats (IV), ainsi que la soumission servile de cet intellectuel aux excès du capitalisme financier avant d’identifier les vrais défis pour l’attractivité de la place financière camerounaise (V).

1 L’impérieux respect de la règle de droit : un prérequis pour toute volonté de positionnement des entités publiques à la frontière technologique de la finance

La frontière technologique désigne le niveau le plus avancé de la recherche dans un domaine donné et à un moment précis. Elle renvoie aux dernières innovations et découvertes. Ce n’est pas ce que semble faire Monsieur Babissakana au regard de la règle de droit. Pour démontrer la faillite de l’Etat camerounais sur la qualité de son ingénierie financière, l’ingénieur financier invoque, sans aucunement mentionner le moindre fait tangible de leur non application, trois instruments internationaux :

–           le Traité du 16 Mars 1994 instituant la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale et la Convention du 5 Juillet 1996 régissant l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC). Il oublie que cette convention a été remplacée par celle du 25 Juin 2008 régissant l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) ;

–          le Traité du 10 Juillet 1992 instituant la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA) ;

–           le Traité du 21 Septembre 1993 instituant la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES).

Tous ces textes internationaux régulièrement ratifiés par le Cameroun sont scrupuleusement respectés et aucun manquement n’a jusque-là relégué notre pays en position de rattrapage technologique dans le domaine de la finance. Le pays de Paul BIYA reste exemplaire dans le domaine du respect de ses engagements internationaux. En ce qui concerne particulièrement la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC), il est clair que le service public de dépôts et consignations ne fait pas partie des matières transférées à la communauté par l’Etat. La CDEC demeure un instrument national régi par l’ordre juridique interne. Pour preuve, ce n’est que maintenant que la BEAC et la COBAC essayent par tous les moyens, vaille que vaille, de trouver par le biais d’un règlement CEMAC au forceps, l’insertion de la supervision des Caisses des Dépôts dans l’ordre juridique communautaire. Peut-on chercher à réglementer ce qui est déjà réglementé ? Les subterfuges utilisés par ces instances communautaires visent à trouver une base juridique à la volonté des banques camerounaises de se trouver un allié communautaire dans leur obsession à ne pas transférer les ressources dévolues à la CDEC par la loi. Cet activisme du lobby bancaire traduit un phénomène bien connu, celui regrettable de la capture du régulateur par les régulés en fonction de leurs intérêts.

En effet, dans l’orthodoxie du droit, la méthode communautaire est fondée sur le principe d’attribution ou principe de la spécialité c’est-à-dire que la compétence communautaire est une compétence d’attribution tandis que la compétence de principe ou « compétence des compétences » revient aux Etats. En d’autres termes, ce sont les Etats qui déterminent eux-mêmes leurs propres compétences en transférant de manière souveraine les matières à la communauté. Ainsi l’article 2 de l’additif au Traité de la CEMAC dispose que « les organes et les institutions de la Communauté agissent dans les limites des attributions et selon les modalités prévues par le présent additif, par les conventions de l’UEAC et de l’UMAC et par les statuts respectifs des organes et institutions ». Dans le même sillage, l’article 8 de la Convention de l’UEAC et l’article 2 de la Convention de l’UMAC, précisent que ces deux institutions « n’agissent que dans la limite des objectifs que le Traité de la CEMAC et que leurs conventions respectives leur assignent. Elles doivent respecter l’identité de chaque Etat membre ».

            Il faut rendre justice à notre ingénieur financier lorsqu’il fait de la CNPS le modèle à suivre dans le cadre de la Convention CIPRES. En effet, il s’agit effectivement de la meilleure illustration par laquelle la compétence d’attribution de tout organe supranational se trouve appliquée. Les Etats (y compris le Cameroun) ont décidé de transférer leurs compétences en matière de gestion de la prévoyance sociale dans le cadre d’un Traité régulièrement conclu et ratifié. Ce qui n’est pas le cas du FEICOM, de la CAA ou de la CDEC qui exercent des activités relevant de la souveraineté des Etats n’ayant pas été formellement transférées à l’échelon supranational.

En tout état de cause, la COBAC doit respecter le principe de la spécialité qui limite la compétence d’une entité à un champ d’action spécifique défini par son acte constitutif et n’agir que dans les limites de ses missions statutaires.

2 Le dogme de la supervision de toutes les institutions financières de l’Etat par la COBAC : loin de la panacée, plutôt une hérésie

Les missions fondamentales d’un régulateur bancaire consistent à protéger les épargnants, faire respecter les règles applicables au secteur bancaire et veiller à la stabilité du système financier en prévenant les crises systémiques. Que le régulateur bancaire se situe à l’échelon national ou à l’échelon communautaire, il reste spécialisé dans le domaine des opérations de banques. En zone CEMAC, la Convention du 16 Octobre 1990 portant création de la COBAC ensemble son annexe, précise que le régulateur est chargé de « veiller au respect par les établissements de crédit des dispositions législatives et réglementaires édictés par les autorités nationales, par la BEAC et par elle-même et qui leur sont applicables et de sanctionner les manquements constatés ». Les compétences de la COBAC sont clairement énoncées par les textes communautaires dans le cadre du principe de la spécialité ou de l’attribution.

D’où vient-il que notre ingénieur financier affirme de manière sentencieuse que le « régulateur naturel » de la CDEC, de la CAA et du FEICOM est la COBAC ? Ce fétichisme obnubilant autour de la COBAC par une volonté d’extension de ses compétences est sujet à caution.

S’agissant du FEICOM, son rôle est le financement des collectivités territoriales décentralisées dans le cadre d’une politique publique tirée du fait que le Cameroun en vertu de sa Constitution, est un Etat unitaire décentralisé. Cet établissement public à caractère économique et financier dispose de ressources issues de la fiscalité et de la coopération internationale. La COBAC serait-elle devenue un contrôleur des deniers publics destinés au financement de la politique nationale de décentralisation ? Quant à la CAA, établissement public à caractère spécial, il s’agit de l’organisme public en charge de la gestion de la dette publique et du financement des projets publics. Où a-t-on vu au monde un régulateur bancaire superviser la gestion de la dette souveraine d’un Etat ? S’agissant de la CDEC, c’est un établissement public à caractère spécial créé par la loi du 14 Avril 2008 pour assurer le service public des dépôts et consignations. Les ressources gérées par la CDEC sont des deniers publics maniés par un comptable public. La COBAC serait-elle devenue une instance de supervision des comptables publics ? La question se pose de savoir quel est le texte communautaire qui habiliterait la COBAC à réguler des institutions régies souverainement par l’ordre juridique interne et hors du champ d’application de ses textes organiques. Ce travestissement délibéré des missions du régulateur bancaire ne peut être que source d’incertitude dans une trajectoire hasardeuse. En prétendant outrancièrement positionner les institutions financières publiques camerounaises à la frontière technologique de la finance par une idolâtrie excessive de la COBAC, l’enfant terrible de BOGANDO propose sans tact au Chef de l’Etat des dispositifs sans fondements juridiques, dénudés de références doctrinales, dénués d’efficacité opérationnelle avérée et jamais vus nulle part ailleurs au monde au regard de la comparaison internationale.

3 La prétention du plan comptable des établissements de crédit à être la norme comptable de référence universelle

Le décret du 15 Avril 2011 portant organisation et fonctionnement de la CDEC consacre l’application des règles comptables de droit privé à cette institution. L’ingénieur financier propose au Chef de l’Etat que cette institution soit soumise au plan comptable des établissements de crédits.

Le plan comptable des établissements de crédits, conçu pour les établissements bancaires n’est pas adapté pour encadrer les opérations d’une institution publique telle que la CDEC. Par sa finalité prudentielle, il est calibré pour le suivi des risques bancaires, la solvabilité institutionnelle et la régulation du crédit intermédié. Il n’a pas vocation à régir les missions fiduciaires, ou de financement de développement exercées par les établissements publics lorsqu’ils interviennent dans la sphère financière en intermédiation de marché.

En revanche, le système comptable OHADA révisé en 2017 constitue un cadre normatif solide, moderne et adapté aux entités économiques complexes. Il est appliqué non seulement aux entreprises commerciales de droit privé mais également aux institutions publiques à vocation financière intervenant sur les marchés de capitaux et aux établissements faisant appel public à l’épargne. Il offre une méthodologie qui permet aux entités comme la CDEC, la possibilité de produire une information financière fiable, consolidée, transparente et conforme aux attentes des investisseurs, des bailleurs et des autorités de tutelle. De nombreuses entités financières y compris les Caisses de Dépôts ou des sociétés intervenant en bourse ont adopté ce référentiel sans être soumises à la logique bancaire du Plan comptable des établissements de crédits. Imposer ce référentiel comptable à la CDEC revient à méconnaître la lettre et l’esprit du droit bancaire CEMAC, le périmètre d’application des normes prudentielles ainsi que les distinctions fondamentales entre activité bancaire, missions fiduciaires et action publique. Une analyse des textes applicables, de la nature juridique de la CDEC et de bonnes pratiques internationales démontre que la position de l’ingénieur financier est juridiquement infondée, doctrinalement discutable et économiquement inadaptée. La CDEC assure une mission de service public à vocation fiduciaire régi par la loi du 14 Avril 2008. Elle ne saurait être assimilée à un établissement de crédit car elle n’effectue nullement des opérations de banques qui sont la réception des fonds du public, l’octroi des crédits et la mise à disposition des systèmes et moyens de paiement à une clientèle tel que prévu par les textes communautaires.

Un autre argument souvent mis en avant consiste à soutenir que la CDEC pratiquerait une forme d’intermédiation financière ce qui justifierait son rattachement au Plan comptable des établissements de crédits. C’est une confusion conceptuelle majeure car l’intermédiation bancaire suppose la transformation des ressources collectées en crédits, l’exposition à un risque de crédit et une logique de rentabilité fondées sur les écarts de taux et d’échéance. A l’opposé, la CDEC exerce une mission fiduciaire comme tiers de confiance recevant des fonds pour compte des tiers, les sécurisant et les affectant conformément aux règles de droit public. Elle ne mène aucune activité spéculative et n’engage aucun risque rémunéré. Assimiler cette fonction de gestion sécurisée à une intermédiation bancaire revient à commettre une erreur doctrinale manifeste et à ignorer les standards de classification institutionnelles largement admis dans le monde. Imposer ce référentiel à une entité multifonctionnel comme la CDEC reviendrait à créer une insécurité juridique, à alourdir inutilement la charge administrative et à brouiller la frontière entre régulation bancaire et gouvernance publique.

4 L’implémentation de la comptabilité patrimoniale de l’Etat : un chantier inachevé au Cameroun comme ailleurs

Sous un ton alarmiste, l’ingénieur financier présente l’opinion défavorable émise le 15 Octobre 2024 par la Chambre des comptes de la Cour Suprême sur les états financiers de l’Etat du Cameroun pour l’année 2023. Il estime non seulement que cette opinion défavorable traduit le niveau faible et inadéquat de l’ingénierie financière de l’Etat mais aussi, que le Ministère des finances serait incapable dans ses fonctions de tutelle financière sur les entités publiques et ne peut être à la hauteur de meilleurs normes comptables et financières reconnues.

Il faut d’emblée relever ici que l’Etat n’est pas comparable à une entreprise commerciale en raison de la dichotomie entre les enjeux de rentabilité propre au secteur privé et les objectifs d’intérêt général incombant à la puissance publique. On ne saurait raisonnablement juger la performance publique sur les critères liés à la bonne présentation de son bilan, son compte de résultat, le tableau des flux des opérations de trésorerie et l’état annexé. La performance publique accepte certes la vérité des chiffres mais ses indicateurs de performance sont plus qualitatifs que quantitatifs.

S’agissant de la réforme comptable en zone CEMAC, les directives communautaires avaient prévu pour 2022 leur internalisation en droit interne à travers l’adoption d’une comptabilité patrimoniale inspirée de la comptabilité des entreprises privées. Cette réforme a pour objectifs la maîtrise de la richesse exacte de l’Etat à travers un recensement, un inventaire de tous les éléments d’actif dans les comptes de l’Etat en vertu des standards et normes internationaux. Il est donc question d’identifier tous les actifs de l’Etat dans chaque arrondissement, département et région. Une mission lourde et complexe.

On convient qu’il s’agit d’un travail qui s’inscrit dans une perspective pluriannuelle comme dans l’ensemble des pays concernés par cette lourde réforme. Un pays comme la France qui nous a précédé sur cette voie par la loi organique portant loi de finances (LOLF) en 2001 n’a soumis ses états financiers à certification qu’en 2006 soit cinq ans après. La Chambre des comptes est donc dans son rôle en émettant une opinion défavorable sur les états financiers de l’Etat. Mais ce retard consenti dans la mise en place d’une comptabilité patrimoniale ne saurait être considéré comme le baromètre pertinent pour l’évaluation de l’organisation de l’ingénierie financière de l’Etat.

5 Le fétichisme servile autour des vertus de certains instruments du capitalisme financier : une conception parcellaire de la gouvernance financière publique

 L’Ingénieur financier Babissakana semble vouer un culte aux vertus du capitalisme financier à savoir cette forme de capitalisme où la finance et la spéculation dominent et où les marchés financiers jouent un rôle central dans la détermination des valeurs et relations économiques au détriment d’un capitalisme productif des biens et services. Ce qui laisse croire que les institutions, même celles qui ont pour raison d’être l’intérêt général, ne doivent leur légitimité qu’au fait d’être dûment supervisées par le régulateur bancaire. Il s’agit d’une conception très étriquée de l’action publique dont la gouvernance mérite d’être perçue à large spectre. Comment soumettre à la même grille d’analyse le FEICOM, la CAA, la CDEC sous la régulation « naturelle » de la COBAC lorsqu’on sait que ces institutions financières ont des vocations différentes alliant à la fois des missions de service public et quelques activités concurrentielles dans un environnement socioéconomique caractérisé par sa complexité et sa mutabilité ?

En effet, les problématiques de régulation sont aujourd’hui plurielles et multiniveaux, caractéristique de l’action publique post-moderne. Et le culte effréné de l’infaillibilité du régulateur bancaire ou financier est aujourd’hui battu en brèche au regard des enseignements tirés de l’histoire des récentes crises financières. C’est le cas des manquements de la Securities Exchange Commission (SEC) qui s’était « endormie au volant » au regard des rendements irréalistes procurés par les fonds BMIS fondés sur une pyramide de Ponzi (schéma frauduleux par lequel les rendements sont générés par l’argent de nouveaux investisseurs plutôt que par les investissements légitimes).

L’acharnement de la COBAC à superviser des activités autres que les opérations de banques, relève d’un phénomène très décrié de la capture du régulateur par les régulés. En effet, le lobby bancaire camerounais dans sa volonté de ne pas transférer les ressources dévolues à la CDEC par la loi, s’est trouvé un nouvel allié en la COBAC, poussée à faire obstruction au service public de dépôts et consignations, matière souveraine relevant de l’ordre juridique national.

Par ailleurs, le fait d’être supervisé par le régulateur bancaire ne saurait être une condition sine qua non pour être admis aux opérations de marché comme le soutient notre ingénieur financier. Il s’agit simplement d’obtenir l’agrément de l’autorité de régulation compétente, la Commission de surveillance du marché financier (COSUMAF). L’accès au marché financier est règlementé et nécessite le respect des conditions strictes aux fins de garantir la sécurité et la transparence des opérations par le respect des principes de bonne gouvernance. Le préalable serait donc celui d’une bonne information financière caractérisée par la tenue d’une comptabilité fiable et sincère dûment certifiée par des commissaires aux comptes.

En somme, les vertus du capitalisme financier sur la réduction de la pauvreté, la croissance durable et la mobilité des capitaux pour une meilleure allocation des ressources ne sont plus à démonter pour les Etats. Mais les dérèglements de la finance observés au cours des dernières crises financières appellent une réflexion plus nuancée sur la nature de nouvelles régulations pour tenir compte des avantages comparatifs des Etats dans leur interaction à la mondialisation. De fait, l’attractivité de la place financière camerounaise réside plutôt dans la fédération de ressources humaines et économiques susceptibles de faire rayonner à l’international en offrant des infrastructures solides, des talents et un climat des affaires intéressant. Dans des environnements en transition comme le Cameroun, l’éducation financière serait aussi un chantier fertile. En clair, le positionnement des institutions à la frontière technologique de la finance ne passe pas nécessairement par la canonisation de certains instruments du capitalisme financier dans un environnement mouvant et complexe de globalisation. Ce positionnement n’est pas non plus tributaire de la stigmatisation systématique et outrée de la gouvernance financière de l’Etat dans un contexte de construction vicié par la compétition politique ambiante. A moins qu’on ne soit en mission commandée dans une entreprise de mercenariat.

Richard EVINA OBAM, Haut Fonctionnaire

Jean Pierre Ndoumbe Ndika : Le sous-préfet « rebelle » et outrageux

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Atanga Nji a pourtant interdit la pratique à l'origine des faits

La vidéo circule en boucle sur les réseaux sociaux. Un sous-préfet donnant des directives aux invités au cocktail de fin du défilé de la 53ème édition de la Fête de l’Unité. C’est Jean Pierre Ndoumbé Ndika, sous-préfet de Dembo, un arrondissement du département de la Bénoué, région du Nord : « Tous les chefs ici présents n’ont pas atteint le niveau de la contribution qui leur a été demandé… Quand c’est pour demander de l’aide, ils sont champions. Monsieur le commandant de brigade, il faut prendre les noms de ces messieurs, vous les entendez sur procès-verbal… J’ai déjà envoyé tous vos noms au Préfet, au Gouverneur et même au Minat. Nous ne pouvons pas continuer dans ces conditions. Le 11 février, la fête de vos enfants, vous ne voulez pas contribuer ; le 20 mai, vous ne voulez pas contribuer. Mais vous voulez le développement, l’eau, l’électricité », se lance le Chef de terre contre les Lawans, chefs traditionnels de 3ème degré. L’homme ne s’arrête pas là. Excepté le lamido qui visiblement a contribué à ma hauteur des exigences du sous-préfet, doivent passer devant une cour martiale version Ndoumbè Ndika : instruction a été donnée au Commandant de brigade d’entendre sur procès-verbal, tous les chefs de 3ème degré de son territoire de commandement. Les services de renseignement y sont mêlés. « Celui qui ne sera pas là, nous allons le ramasser, il va dormir au parquet, même s’il part se cacher au Nigeria », prévient-il.

Le sous-préfet saisit l’occasion devant le parterre d’invités, pour humilier les autorités traditionnelles : « Quand c’est pour porter de beaux gandouras et épouser plusieurs femmes, vous êtes champions. Vous ne faites pas avancer la République. Vous connaissez seulement vous asseoir, on vous tape le tam-tam, les femmes vous font les salamalecs… vous faites des enfants multiples et beaucoup vadrouillent dehors. Je vous dis, faites extrêmement attention. Ça doit finir », hausse-t-il le ton. En soulignant que « cette même semaine, deux d’entre eux sont venus dans mon bureau me demander de l’argent pour aller se soigner au centre de santé». L’homme leur interdit l’accès à ses services désormais : « À partir d’aujourd’hui, ne venez pas demander de l’aide financière dans mon bureau. Même pour venir faire signer vos papiers, réfléchissez à deux fois avant de venir », extrapole celui qui est commis à cette tâche gratuitement, au bénéfice de tout citoyen, qui qu’il soit.  

Interdiction du Minat

Ce n’est pas que les chefs traditionnels n’ont rien apporté au sous-préfet pour l’organisation des festivités du 20 mai. Selon des sources crédibles à Dembo, « les chefs ont contribué à hauteur de 10 000 Fcfa chacun, comme ils ont l’habitude de le faire lors des célébrations antérieures ». Ce qui n’est pas du goût du sous-préfet qui « cette fois-ci, a demandé une somme de 20 000 Fcfa par chef ». De quoi choquer le sous-préfet. Et pourtant, en février 2024, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), a formellement proscrit cette habitude qu’avaient développé les autorités administratives dans l’organisation de fêtes été cérémonies officielles pour lesquelles l’Etat leur octroie un budget. « Mon attention a été appelée de manière régulière sur des pratiques peu orthodoxes consistant à recourir à des quêtes et à solliciter des contributions auprès des prestataires et des promoteurs du secteur privé pour l’organisation des cérémonies officielles. De telles pratiques, du reste répréhensibles, procèdent des dérives qui sont contraires à l’éthique et à la déontologie professionnelles. Elles participent, en outre, à la fragilisation de l’autorité des chefs des circonscriptions administratives, et par ricochet, de l’autorité de l’État. Aussi, ai-je l’honneur de vous demander de bien vouloir enjoindre les chefs de circonscriptions administratives de vos ressorts de commandement respectifs, de surseoir dorénavant à de telles pratiques avilissantes pour le corps préfectoral », peut-on lire dans la lettre de ), Paul Atanga Nji à ses collaborateurs de la préfectorale. Jean Pierre Ndoumbè Ndika qui est sous-préfet de Dembo depuis 2021, n’en a cure.

Aucune réaction officielle du Minat jusqu’à présent. Mais sur place à Dembo, l’on est outré par cette attitude de cette autorité « qui a cette habitude d’être indécent et irrévérencieux envers les collaborateurs et les subalternes». Mais déjà, l’on apprend qu’aucun des chefs humiliés n’a fait le déplacement de la résidence du maire où avait lieu la réception après le défilé. De même, aucun d’entre eux ne s’est présenté à la brigade de gendarmerie. Le commandant en question, n’a jusqu’ici rien entrepris dans le sens de les y contraindre.

SDF : 35 ans, un passé nostalgique et un avenir incertain

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« Les pères fondateurs ont planté une graine de révolution sociale dans notre peuple, une graine de sacrifice, de conviction et d’une foi indomptable en le destin de notre nation. Aujourd’hui, cette graine est devenue un arbre robuste, enraciné dans chaque région, dont les branches touchent chaque Camerounais. Un arbre de justice, de dignité et d’opportunités. » En ces termes, Joshua Osih a résumé les 35 ans d’existence du Social democratic front (SDF). Trente-cinq années de combats sur un terrain politique camerounais hostile, qui aura été particulièrement aride pour le Parti de la balance. En témoignent les résultats du parti aux différentes élections depuis son arrivée sur la scène politique nationale : après une victoire manquée de justesse à la présidentielle de 1992 (36,9% pour Ni John Fru Ndi, juste derrière Paul Biya 39,9%, dans un contexte où des voix se libèrent de plus en plus pour donner raison au Chairman qui réclamait la victoire), le parti qui avait déjà boycotté les législatives et municipales de 1992, remettra ça en 1997, donnant le champ libre au pouvoir et ses alliés de dominer la scène nationale. Lorsqu’il revient aux législatives, c’est pour récolter 43 places de députés. En 2004, Ni John Fru Ndi reculera pour se contenter de 17,4% des suffrages, puis 10,71% en 2011. Amorti par le poids de l’âge et luttant pour sa santé, l’homme de Ntarinkon céda le bâton de pèlerin à Joshua Osih. La dégringolade fut encore plus rude. Le candidat du SDF récolta 3,35% des suffrages, derrière de nouveaux visages : Maurice Kamto et Cabral Libi’i respectivement.

Le temps aura ainsi eu raison du parti qui incarna le changement au « retour » du multipartisme. Depuis les six morts de Up station Bamenda le 26 mai 1990, jusqu’à nos jours, le parti aura souffert le martyr dans un système où l’esprit du parti unique résiste à toute tentative d’ouverture. Si des acteurs commencent à se libérer pour attester que John Fru Ndi avait gagné les élections, le système électoral est de plus en plus mis en cause dans l’organisation des différents scrutins. La fraude se porte de mieux en mieux. Entre temps, le SDF a abandonné l’option radicale pour se ranger dans un conformisme qui semble lui faire défaut. Si Fru Ndi et les siens ont opposé une fin de non recevoir à Jean Tsomelou l’ancien secrétaire général et plusieurs barons de l’ancienne équipe sur le « retour au SDF originel », le parti qui souffre mieux que tous les autres, de la crise sécessionniste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, tente de se relever en lorgnant son ancien fief, le Nord-Ouest. Le Littoral et l’Ouest semblant virer vers Maurice Kamto et ses alliés que sont entre autres Jean Michel Nintcheu, député vomis du SDF.

Joshua Osih qui a repris le gouvernail du SDF à la mort de Fru Ndi et qui a bénéficié de la mise à l’écart des anciens barons partisans de la politique dure, le sait et croit pouvoir surmonter la pente : « En célébrant cet anniversaire, nous faisons bien plus que marquer une date : nous renouvelons un pacte. Nous réaffirmons l’audace de l’espoir, la discipline du service et le courage de l’action que l’avenir exige de nous. Le chemin fut ardu, semé d’épreuves, mais notre détermination demeure inébranlable. Que ce jour résonne comme un appel clair : bâtir un Cameroun prospère, inclusif et pleinement démocratique », se bombe-t-il. Face à la forte concurrence que lui oppose le MRC de Maurice Kamto et le Pcrn de Cabral Libi’i, le SDF de Joshua Osih devra reconquérir la confiance populaire et faire des propositions séduisantes pour le changement qu’il a incarné.

La directrice de l’OMC en mission à Yaoundé pour préparer la 14e Conférence ministérielle

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La cheffe de l’organisation multilatérale est venue au Cameroun renforcer les engagements entre le Cameroun et l’OMC à l’approche de cet événement diplomatique et économique de tout premier plan. Cette mission intervient après quatre précédentes missions techniques du Secrétariat de l’OMC dans le pays. Le Dr Okonjo-Iweala, dont l’agenda s’annonce chargé, conduira plusieurs séances de travail avec les autorités gouvernementales, dont le Premier ministre et le ministre des Relations extérieures. L’objectif est de s’assurer que les préparatifs logistiques et diplomatiques de la CM14 avancent conformément aux standards internationaux.

Le programme prévoit aussi une inspection des infrastructures majeures telles que le Palais des Congrès, site prévu pour les travaux, ainsi que plusieurs hôtels et sites touristiques appelés à accueillir les délégations internationales. Un accord-cadre, définissant les responsabilités respectives du Cameroun et de l’OMC, doit également être signé durant le séjour.« Le choix du Cameroun pour organiser la CM14 est une décision visionnaire », a déclaré Dr Okonjo-Iweala. Cette reconnaissance, perçue comme une victoire diplomatique majeure, souligne le positionnement stratégique croissant du Cameroun sur l’échiquier économique mondial. La Directrice Générale n’a pas manqué de saluer le soutien du président Paul Biya, qui avait appuyé sa candidature à la tête de l’OMC en 2020 et renouvelé son soutien lors de sa récente réélection.La CM14 représente une occasion unique pour le Cameroun de donner corps à sa Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). À travers l’accueil de cet événement, le pays espère attirer davantage d’investissements, renforcer sa diplomatie économique, et asseoir son image de hub régional pour le commerce et les négociations internationales.

Mobiliser les acteurs locaux

Le séjour de Dr Okonjo-Iweala comporte aussi une dimension économique locale importante. Elle rencontrera le patronat camerounais ainsi que le Réseau des Femmes d’Affaires pour évoquer leur intégration dans le système commercial multilatéral. Une visite est également prévue à la Chaire OMC de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC), où se tiendra un forum diplomatique sur l’avenir du commerce mondial. Ce dialogue avec les milieux d’affaires vise à mieux préparer les entreprises camerounaises, en particulier les PME, à tirer profit des mécanismes d’accès au marché mondial et des accords de facilitation du commerce.  L’OMC n’est pas qu’un forum de négociation commerciale. C’est également un levier de développement durable. Ses accords, ratifiés par la quasi-totalité des États commerçants, visent à créer des opportunités, promouvoir la transparence, sécuriser les échanges et contribuer à la création d’emplois. Dans un contexte mondial marqué par l’instabilité des chaînes d’approvisionnement, le Cameroun peut tirer un avantage stratégique de sa participation active à l’OMC.

Un tournant historique pour Yaoundé

La tenue de la CM14 à Yaoundé en mars 2026 s’annonce déjà comme un tournant historique pour le Cameroun et les pays africains en général. « Nous voulons que Yaoundé marque le premier pas de ce New Deal que nous souhaitons de l’Organisation mondiale du commerce », avait déclaré Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre camerounais du Commerce le 4 mai 2025 à l’occasion de la réunion des pays francophones d’Afrique et de l’Océan Indien en prélude de leur participation à la 14e Conférence ministérielle de l’OMC.

Joël Mana : une voix pour le journalisme de paix

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L’ancien journaliste de Défis Actuels et plusieurs chaînes camerounaises, a décidé depuis quelques jours de se lancer dans du journalisme « humanitaire ». Une information confirmée par l’ONG Peace Humanity.

Le journalisme se specialise aujourd’hui au journalisme de paix. Et traite plus des sujets qui ont trait à la question des enfants vulnérables.

Suivi depuis plusieurs années par des chaînes occidentales et ONG internationales, le jeune journaliste camerounais, a plusieurs fois été aperçu dans des zones de guerre. Sa présence dans ces lieux n’était pas pour des couvertures médiatiques, ou reportages commandés. L’objectif était pour lui de protéger de nombreux enfants privés de leur joie par la guerre.

Selon l’annonce faite hier 23 mai, lors d’une réunion à Streaming Média, en Europe, il a été cité comme espoir pour le journalisme de paix en Afrique. Ne voulant pas se prononcer sur cette information, Joël Godje Mana, a tout de même déclaré qu’il doit cette initiative au promoteur de Défis Actuels , François MBambou ,par sa manière de gérer son personnel qu’il d’il s’agissait de ses enfants. À Hervé Tiwa et Jean Mari Molo Olinga journalistes camerounais qui ont creusé en lui, cet intérêt pour dénoncer les actes de guerre qui privent les enfants de leur joie.

« Je ne suis pas parfait. J’ai tout eu dans mon enfance. Des belles choses surtout. Et je peux imaginer la douleur d’une mère qui voit son enfant souffrir. Ma vie est très mystérieuse, plein de secrets et de remords. Pour me faire pardonner je me sacrifie pour l’avenir de nos enfants », a-t-il déclaré il y a quelques mois au Sénégal à RTS.

Une éducation scolaire diversifiée

Timide et très travailleur, Joël Godje Mana est un journaliste pétri d’un parcours académique et professionnels intriguant. Ayant fait des études dans 8 régions du Cameroun, il obtient son premier diplôme (Certificat d’études primaire) à Bafia, département du Mbam-inoubou , région du Centre Cameroun. Dans l’extrême nord Cameroun, après avoir repris la classe de 3eme, il obtient le (brevet d’études du premier cycle), dans la ville de Moutourwa, département du Mayo-kani. Suivra l’obtention la même année de deux baccalauréats . Un baccalauréat A4 Espagnol au Cameroun dans la ville de Poli, département du Faro, région du Nord et un baccalauréat tchadien, littéraire. Les portes de l’Université lui sont ainsi ouvertes.

L’université

Il débute en science politique (communication) à l’université de Yaoundé 2 soa, puis en histoire des relations internationales à l’université de Maroua, en suite Journalisme à l’ISTIC- ESSTIC de Yaoundé, et finira par un Master en communication digital de l’Université de Marseille France étant au Cameroun. Dès sa première année en formation journalistique, il se fait remarqué par ses professeurs et ses Camarades qui voient en lui un passionné du métier. Il est ainsi porté rédacteur en chef du Journal Istic-News, ensuite président de l’association du département communication. Bien plus, il sera recruté en première année par le Journal Actualité du Cameroun de cet même établissement.

Parcours professionnel

Depuis sa première année à l’ecole de journalisme, il a signé plusieurs contrats . D’abord remarqué par Pan Eco Média– Yaoundé ensuite Seycus Santé France, ensuite Le Journal intégration – Yaoundé, K-news24– Douala, Infos Matin – Yaoundé, Aurore plus – Douala, LTM TV – Yaoundé, Horizon 3 – Yaoundé, Diaspo Média– France, Afrique54. Net et La voix des décideurs – Yaoundé, Artisan de paix et Radio Salama – Garoua, Blasting News France – France, Organisation Des Entreprises Africaines – Yaoundé…Pour ne citer que ceux-là.Aujourd’hui, il assure plusieurs correspondances dans des chaînes françaises et tchadiennes. Restant toujours dans l’ombre, il voudrait que seuls ses actes parles. Notons qu’en 2022, il est cité parmis les 100 meilleurs journalistes qui font l’actualité Camerounaise. Une chose qu’il doit à « NewsduCamer », a-t-il affirmé.

Aujourd’hui encore, le Cameroun, est porté par l’un de ses fils. Qui sera certainement d’ici peu, dragué par plusieurs médias et ONG internationaux. Car, au Yémen, au Soudan, au Tchad, en RDC il continue sa lutte dans l’humanitaire. En s’associant à des ONG qui viennent en soutien aux couches vulnérables. À l’exemple de l’ONG Ennedi Humanitaire, porté par la grande famille Deby Itno. Choisi pour porter l’initiative Africa Forum Média Peace (1ere édition) , qui aura lieu pour la première fois l’année prochaine en Afrique du Sud, il saura sûrement mettre en avant la protection des enfants en période de guerre.

Presidentielle 2025: Cabral Libi’i, candidat du Pcrn

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A moins de trois mois de la convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle 2025, le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) vient de designer Cabral Libi’i pour être son candidat. C’était au cours d’un congrès du parti sur le sujet ce 23 mai 2025 dans la localité de Nkolafamba, près de Yaoundé. C’était une évidence tant les congressistes étaient partisans du député. Lequel a longtemps dévoilé ses ambitions.

Cela survient trois jours après la célébration de la fête de l’Unité. Occasion au cours de laquelle les deux  »presidents » du parti étaient tous invités à la tribune au Boulevard du 20 mai. Si Cabral Libi’i y a été convié seul, son concurrent Robert Kona, soutenu par le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, était accompagné de son épouse. Les deux hommes étaient assis côte-à-côte. Tout comme Me Paulin Ndjorwe et Dakole Kaigama le fils du fondateur du parti, pour le compte du Mouvement démocratique pour la défense de la République (MDR). Alors que le Minat fait fi des décisions de justice pour reconnaître des hommes non reconnus par les instances statutaires du parti et même là justice, les présidents légitimes gardent leur calme et avancent sans bruits vers la présidentielle.

Toutes les parties sont attendues devant Élections Cameroon (Elecam) et le Conseil constitutionnel, où se joue le contentieux préélectoral. C’est un moment très attendu pour les joutes électorales à venir. Le MDR, toutes tendances confondues, a opté pour un soutien à la candidature de Paul Biya, alors qu’au Pcrn, Cabral Libi’i a tôt fait de se déclarer contre l’homme du 6 novembre 1982.

Fécafoot : Guibaï Gatama refuse la pitance de Samuel Eto’o

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Guibaï Gatama a refusé l’argent de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). C’est une lettre de Guibaï Gatama adressée au secrétaire général de l’instance qui trahit une opération suspecte : « Une somme de 264 004 Fcfa a été déposée dans mon compte Mobile money (…) dans l’après-midi du 21 mai 2025, par la Fédération camerounaise de football (Fécafoot)… N’ayant été informé de rien et ne sachant à quelles fins ces ressources sont destinées, j’ai, le plaisir de vous les retourner à toutes fins utiles », lit-on dans le courrier signé du 22 mai 2025. Par la suite, le journaliste et membre du Comité exécutif de la Fécafoot, annonce que, « un montant de 265 000 Fcfa, représentant le principal et les frais de transaction a été déposé ce 22 mai 2025 dans votre compte…. A l’institution financière Afriland first bank». 

A ce qu’il semble, cet argent déposé sur le compte mobile de Guibaï Gatama, représenterait les frais de participation aux travaux du Comité exécutif (Comex) de la Fécafoot. Travaux qui se tiennent ce jour au Krystal hôtel de Douala, en prélude à l’Assemblée générale de l’instance qui se tient demain au même lieu. Une surprise tant le membre n’assiste plus aux travaux du Comité exécutif de la Fécafoot, depuis qu’il a été menacé par Samuel Eto’o le président de la Fécafoot. Celui à qui le patron de la Fécafoot avait assuré qu’il a « le bras long de jour comme de nuit», avait ensuite été exclu du Comex de la Fécafoot. Le non aligné a attaqué la décision devant les juridictions sportives et a eu gain de cause. Avant de décliner par la suite toutes les convocations de la Fécafoot, qui ne respectent pas les règles en la matière.

Synafoc, championnats proessionnels

En refusant l’argent de la Fécafoot, Guibaï Gatama n’a pas également pris part aux travaux du Comex. Ces assises se tiennent au moment où la maison du football camerounais traverse des périodes des plus troubles. Avec des championnats d’élite perturbés par des démissions et retraits de clubs, l’absence de subventions, des conflits entre clubs et arbitres,… mais aussi, ces assises se tiennent quelques mois après le retrait de l’agrément au Syndicat national des footballeurs du Cameroun (Synafoc) dont le président est Gérémi Njitap Fotso, pour le remplacer par l’Association nationale des footballeurs du Cameroun (Anfc) nouvellement créée et dirigée par Lucien Mettomo, réputée très proche de Samuel Eto’o. C’était lors des travaux de novembre 2024. Lesquels ont vu Guibaï Gatama manquer à l’appel de Samuel Eto’o. Le journaliste avait décliné la convocation, au motif qu’elle n’avait pas été faite dans les règles de l’art. C’est que la convocation n’avait pas été accompagnée du projet d’ordre du jour comme prévu dans les textes de la Fécafoot. Et c’est outre les décisions illégales que prenait Samuel Eto’o, au nom du Comité exécutif sans l’avoir jamais consulté, le journaliste lui reprochait également ces réunions du Comité exécutif convoquées sans signifier le projet d’ordre du jour que les membres découvraient séance tenante. Rien n’a changé à ce jour puisque le patron de la Fécafoot persiste à violer les textes de la Fécafoot sr cet aspect des choses.

Ces assises se tiennent après le rendez-vous manqué d’avril dernier. Initialement prévu les 11 et 12 avril 2025 au Centre d’Excellence de la CAF, respectivement pour le Comité exécutif et l’Assemblée générale. Un communiqué du président de la CAF signé le 4 avril a annulé lesdites assises. Sans justifications.

Télécommunications : Le Cameroun et le Tchad signent pour le roaming gratuit

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Cette rencontre n’a pas été une simple réunion technique ; elle a constitué un véritable espace de dialogue stratégique », a déclaré la Ministre Minette Libom Li Likeng, dans une adresse empreinte d’optimisme. Elle s’exprimait au nom du gouvernement camerounais, en saluant « l’esprit de fraternité, de responsabilité et d’engagement mutuel » qui a marqué les échanges tout au long de la mission tchadienne, menée du 13 au 16 mai, et visant à rétablir une coopération numérique longtemps entravée.

 Les travaux, qui ont réuni les opérateurs historiques CAMTEL et SOTEL-Tchad, ainsi que les régulateurs ART et ARCEP, ont permis de poser les jalons d’une nouvelle ère dans l’interconnexion des réseaux entre les deux pays. Leurs conclusions se déclinent en engagements concrets autour de trois priorités : la sécurisation des infrastructures, la transparence dans la supervision, et la révision des tarifs de location de fibre. Parmi les mesures phares figurent l’accord de CAMTEL pour permettre au Tchad l’installation d’équipements de monitoring à la sortie du câble sous-marin, une ouverture inédite dans un secteur longtemps cloisonné. « Une interconnexion plus fiable, mieux maîtrisée », promet Yaoundé.

Sur le plan tarifaire, la nécessité d’adapter les prix à la réalité du marché régional a fait consensus. Les deux parties ont convenu d’un ajustement pour les capacités dépassant les 100 Gbps, un pas important vers une tarification plus juste, favorable à l’inclusion numérique et à la compétitivité des opérateurs tchadiens. Mais au-delà de la technique, c’est la politique des fréquences qui a occupé une place centrale dans les discussions.

Une réunion conjointe entre l’ART et l’ARCEP, tenue le 15 mai, a abouti à des mesures conservatoires immédiates : réduction de la puissance d’émission, révision de l’accord bilatéral sur la coordination des fréquences, et mise en œuvre effective du free roaming CEMAC. Lors de cette rencontre, les responsables des télécommunications des deux pays ont abordé la coordination des fréquences aux frontières et l’itinérance mobile, en présence des opérateurs Orange Cameroun et MTN Cameroon. « Cette rencontre a permis de poser les bases d’une coordination renforcée en matière de gestion des fréquences aux frontières et de mise en œuvre effective du free roaming sous-régional, conformément aux directives de la CEMAC », a déclaré la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications. 

Signés en novembre 2021, les protocoles d’accord bilatéraux entre les États membres de la CEMAC visent à faciliter la libre circulation des communications téléphoniques sans surcoût pour les populations. Après un délai de trois mois accordés en mars 2025 aux parties prenantes pour finaliser la mise en œuvre du projet, le Cameroun et le Tchad actent aujourd’hui l’entrée en vigueur du mécanisme d’itinérance gratuite. Une avancée qui pourrait transformer l’expérience des abonnés mobiles en Afrique centrale, leur permettant de communiquer sans frais supplémentaires entre les pays de la sous-région.

Objectif est de désenclaver numériquement les zones frontalières et assurer la souveraineté numérique des deux États. « Les défis sont communs, les solutions doivent l’être aussi », a insisté la Ministre, qui appelle à une « solidarité active » pour transformer les avancées actées en réalité durable.

Les prochains mois s’annoncent déterminants, avec la finalisation des tronçons critiques, l’audit des performances réseau, les contrôles accrus des opérateurs interconnectés, et la mise en place de comités mixtes de suivi. Une réunion d’évaluation est déjà prévue pour mi-juillet à Yaoundé. Au terme de cette séquence, les deux pays réaffirment leur volonté de bâtir un espace numérique interconnecté, sécurisé et prospère. « Ce que nous engageons aujourd’hui est plus qu’un chantier technique. C’est une vision partagée de l’avenir numérique de notre sous-région », a conclu la Ministre. Une vision qui devra désormais se traduire sur le terrain. Car la connectivité, au-delà des câbles, est aussi une affaire de confiance.

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