samedi, mai 9, 2026
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Maladie : Le cri de détresse de Nguéa Laroute

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Ce que Nguéa Laroute est devenue

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, l’artiste camerounaise Nguéa Laroute apparaît essoufflée, amaigrie, noircie et pâle. L’auteure de « Hommage à Samuel Eto’o » ne cache pas son mal être. Elle dit souffrir de cancer. Et appelle à la solidarité pour poursuivre ses soins de santé. L’alerte est donnée par le forum facebook Quatrième pouvoir le 14 août. Ce groupe qui regroupe des « lanceurs d’alertes », est allé réaliser un direct sur sa page, depuis le domicile de l’artiste. Relayant les appels à l’aide lancés par l’artiste qui a disparu de l’espace public depuis quelques temps. Le lendemain, une équipe de reportage de la chaîne de télévision Canal 2 international prendra le relai. Amplifiant le cri de détresse de l’artiste. On y apprend que la malade a pris langue avec Samuel Eto’o qui, depuis n’est plus joignable : «Le docteur avait fait une proforma de 10 millions de Fcfa, pour mon opération au Maroc. J’ai fait parvenir à Samuel Eto’o comme il avait demandé. Mon fils Eto’o m’a promis la prise en charge. Mais depuis cette époque-là, il me fuit… », raconte-t-elle. « Peut-être la faute à son entourage? Oui oui», penche-t-elle. Mais « je ne veux pas de millions à mes obsèques si jamais je ne m’en sortais pas », prévient-elle.

Alors que le débat enfle sur l’indigence de l’artiste, elle laisse entendre qu’elle n’est pas une quémandeuse. Louise Koubinom de son vrai nom, rappelle qu’elle s’est occupée elle-même de ses soins de santé depuis trois ans, avant de s’essouffler. Et surtout, qu’elle sort de huit mois d’hospitalisation à l’hôpital Laquintinie de Douala. Pour justifier son épuisement financier. Déjà, plusieurs âmes sensibles réagissent à ce cri de détresse, selon des sources concordantes.

De la trahison politique au Cameroun

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Gouvernance: les paroles s’envolent mais la réalité reste !

Une fois de plus, le concept de trahison a été mis en avant au cours de la semaine que vient de s’achever. Ceci à la faveur de la nouvelle joute oratoire qui oppose les acolytes d’hier du parti Univers et de l’association « Onze millions de citoyens ».

Mais au-delà des considérations purement conjoncturelles, matérielles et personnelles, cette autre controverse renseigne sur une pratique qui nimbe la politique camerounaise presque depuis toujours.

La trahison, une pratique bien ancienne au Cameroun

Aussi loin qu’on évoque l’histoire du Cameroun contemporain, la question de la trahison est omniprésente. Il en est notamment de la relation entre le roi Njoya et Douala Manga Bell. C’est le lieu ici de lever l’équivoque au sujet de cette supposée trahison. Pour cela, il suffirait de se fier aux écrits de Germain Lumpet qui déclare : « Pour revenir à l’affaire proprement dite, elle illustre un cas typique d’une manipulation coloniale basée sur de tractations confuses entre les églises et le pouvoir impérialiste relayée par deux pasteurs protestants dont l’un Henri Martin traducteur fantaisiste du livre de Njoya Histoire et coutumes des Bamoun est expulsé de Foumban dans une obscure histoire de disputes autour des produits de la fête des récoltes pratiquée annuellement. Il me parait être le véritable dénonciateur de l’émissaire de Rudolph Douala Manga Bell, Ndamè, et l’autre, celui qui signe un article dans les études Camerounaises sous les initiales de P. J-R B (clairement pasteur Jean René Brutsch ) intitulé Autour du Procès de Rudolf Douala Manga Bell, vient de Douala pour remplacer le premier où il tente pour le moins de le protéger que de sauvegarder l’image de marque de l’église protestante. Claude Tardits dans sa monographie du royaume aborde ce sujet en termes de questions qui me paraissent refléter le choix cornélien auquel Njoya se trouvait obligé d’apporter une réponse. Il écrit : « la mission (de Bâle) n’était-elle pas assurée que Njoya se trouvait maintenant obligé de dénoncer son messager sauf à prendre le risque d’être éventuellement accusé lui-même de trahison ? Au cas où Njoya se serait tu, doit-on tenir pour certain que les gens de la mission de Bâle aurait respecté son silence, au risque à leur tour d’être accusés de trahison ? S’agit-il de la loyauté ou des pièges de la confiance ? (…) En tout cas, Njoya et Manga Bell ne se connaissaient pas assez pour entretenir une telle connivence et n’avaient certainement pas signé un pacte ou une convention d’assistance mutuelle. Aucun argument sérieux ne lie les deux personnages autour d’un idéal national Kamerunais, à vrai dire encore théorique. » .
Dans le Cameroun à proprement parlé, l’histoire de trahison la plus célèbre est assurément celle de Mayi Matip qui selon toute ressemblance aurait joué un rôle plus que trouble dans l’assassinat de Ruben Um Nyobè le 13 septembre 1958. Une accusation qui sera renforcée par les comportements ultérieurs de l’incriminé qui rejoindra quelques temps plus tard le camp du bourreau de son ancien mentor, avec armes et bagages, inaugurant les tourments auxquels l’Upc est encore en proie jusqu’à nos jours.

Les questions de trahisons connaitront une inflation particulière avec le retour au multipartisme. Et en interne le parti politique qui en connaitra les plus graves est à coup sûr l’Undp où Bello Bouba « trahira » Samuel Eboua en l’évinçant de la tête du parti, et où Tchiroma et Hamadou Moustapha à leur tour trahiront Bello en intégrant le gouvernement contre son avis. Plus tard, le Sdf leur ravira la vedette en terme « découverte » des « traitres » symbolisé par la vague d’exclusions sous le coup du fameux article 8.2, qui plus que tout aura fait le plus grand mal à cette formation politique.

Entre les partis politiques, ce ne sera pas aussi la grande confiance. Adamou Ndam Njoya sera accusé de trahison pour sa participation à la tripartite. L’Undp, l’Upc et le Mdr seront indexés pour avoir pris part aux élections législatives et municipales de mars 1992. Et plus tard, Fru Ndi sera accusé d’avoir pactisé avec le régime pour n’avoir pas défendu sa victoire contre Paul Biya.

Aussi, serait-on tenté de dire qu’à chaque évènement politique majeur son « traitre ». Et la récente élection présidentielle n’y a pas réchappé. Qu’il s’agisse du G20, notamment les Banda Kani, Bappoh Lipot que de Jean de Dieu Momo. Et surtout Cabral Libii. Il faut dire que le parcours du concerné est de nature à prêter le flanc à ces accusations. Mais là est un autre débat.

On est trahi de sa propre faute

La politique est essentiellement perçue sous nos cieux comme un jeu de ruse. A telle enseigne que lorsque que vous faite montre d’hypocrisie, de mesquineries en tous genre, on vous qualifie de « politicien ».

Par conséquent, l’homme qui s’engage dans ce champ d’activité se doit de prendre des mesures pour ne pas être « trahi » par ses partenaires, car cela est un allant de soi dans cette « profession ».

Et comme on a coutume de le dire, « nul ne saurait se prévaloir de sa propre turpitude », car être « trahi » en politique camerounaise c’est faire montre d’une incapacité et d’un manquement grave au « métier » puisque chaque politicien se doit de s’entourer à chaque fois de toutes les garanties juridiques et stratégiques dans ses relations avec ses « partenaires ».

Les traitres, une production de la société camerounaise

Cependant, la propension à la traitrise dans le landerneau politique camerounais est surtout favorisée par l’ensemble du corps social. Tout d’abord par le déficit d’exigence idéologique. Au prétexte du « pragmatisme » et d’une soi-disant originalité africaine, les politiciens camerounais se débinent devant l’exigence d’ancrage idéologique, généralement par paresse intellectuelle. Et en cela ils sont encouragés par les citoyens qui estiment que l’essentiel c’est de manger, de résoudre les problèmes des gens. Or, il se trouve que l’idéologie clarifie votre position et vous oblige à un minimum de cohérence. Sans idéologie, la roublardise, les retournements de vestes, et les prises de position au gré du sens du vent sont plus qu’aisés.

Ensuite, la société  camerounaise se montre peu regardante sur le parcours de ses acteurs politiques. Les revirements à la Tchiroma qui est parti de l’opposition pour le gouvernement, du gouvernement pour l’opposition, et plus tard de l’opposition pour le pouvoir une fois de plus ne sont rendus possibles que par l’absence de vigilance de la société. Car au prétexte qu’il faut absolument avoir des alliés et qu’il est toujours possible de faire son chemin de Damas à la Saint Paul, l’on se permet de donner une « seconde chance » à n’importe quel opportuniste.

Pire encore, essayer d’indexer le passé flou d’un candidat à la présidentiel, on vous taxe d’aigris. Alors que sous d’autres cieux, afin de s’assurer de la moralité des candidats, on va jusqu’à exhumer leur vie d’enfance, y compris les fréquentations de leurs parents et amis.

Enfin, la société camerounaise offre peu d’encadrement matériel à leurs politiciens. En effet, la politique est un emploi à plein temps, et la pratiquer coûte quel qu’en soit les cieux. Par conséquent, il convient de se mettre à la disposition des leaders « les moyens de leur politique ».

Paradoxalement, au Cameroun se sont les politiciens qui doivent financer et entretenir leurs militants et partisans. Et plus qu’ailleurs, la notion de « clientèle » prend tout son sens. Ce qu’il y a de plus grave, les « présidents » qui n’ont rien et qui ne donnent rien sont moqués, montrés du doigt, tandis que les « traitres » qui sont de grands « donateurs » sont célébrés et choyés par les populations, car ils peuvent aider. Un véritable éloge à la trahison !

Alors comment se surprendre, que face aux difficultés quotidiennes, un avocat qui n’a plus de clientèle et qui est réduit à la plus grande misère du fait de son engagement politique, ne rejoigne la mangeoire ?

Vivement une éthique politique

Expliquer les choses ainsi ne veut nullement les justifier. Il est clairement établi que le pays qui se sont sortis des capharnaüms semblables ou pires à celui dans lequel le Cameroun se trouve actuellement sont ceux où les hommes politiques ont assujetti leur engament à un idéal et une morale.

Il est alors impérieux pour notre société d’exiger de ses entrepreneurs politiques plus de probité, d’intégrité et de maturité.

 

Football/Lfpc : les dessous de la guerre

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Ennemis intimes

Dans une décision rendue public le 30 juillet dernier, le général Pierre Semengue a communiqué une liste des avocats et conseils « constitués pour conduire la saisine et la défense de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (Lfpc) devant les instances juridictionnelles suite aux résolutions de l’Assemblée générale de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) ». Il s’agit de Mes Dang Elise, Ngos Daniel Blaise, Wamba Makollo Georges, Nguh Sarah Ngwe, et le juriste Jean Marie Mvogo. Avec cette présence remarquée de Me Wamba Makollo qui défend les intérêts d’Etoile filante de Garoua dans les multiples procès diligentés contre la Fécafoot, avec des succès. Certes « aucun procès n’a encore été intenté, puisque les avocats sont encore en train de travailler», assure Ariane Nkoma, le chef de la cellule de communication de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc) ; mais il la décision du président de la Ligue indique que l’instance prépare un procès contre la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot). « Le rapport de la dernière assemblée générale de la Fécafoot dit que tous les points inscrits dans le projet de texte ont été adoptés à l’unanimité; or dans le projet d’ordre du jour des travaux envoyé au président de la Ligue, il était prévu un point qui concernait la Ligue », mentionne Ariane Nkoma. Dans ledit projet, il était prévu la modification des statuts de la Fécafoot, avec un nouvel article 33 : qui dispose que «l’Assemblée générale de la Fécafoot est compétente pour modifier les statuts types de la Ligue de football professionnel du Cameroun ».

Roger Milla

La Fécafoot entrait ainsi en conflit avec les statuts de la Lfpc qui, en l’article 24, accordent à l’Assemblée générale (AG) de l’instance le pouvoir d’« adopter les Statuts de la Ligue avant leur approbation par l’assemblée générale de la Fécafoot». Après l’ouverture des travaux du 26 juillet dernier, alors que le président de la Lfpc s’était retiré de façon brusque, des personnes avisées avaient vu le signe d’un mécontentement de celui qui se sentait à l’étroit. Et l’homme avait convoqué dans les minutes qui suivaient, une réunion de ses cadres et proches collaborateurs. Et « les conseils de la Ligue travaillaient même déjà avant l’Assemblée générale car à la Ligue, on voyait le mal venir », révèle une source proche de la Lfpc. Déjà que Seidou Mbombo Njoya, le président de la Fécafoot, et son équipe, avaient prévu de faire du général Pierre Semengue le président d’honneur de la Fécafoot. C’est « la porte de sortie qu’on lui montre », avait perçu un chroniqueur sportif. D’autant plus que, ceux qui ont occupé ce poste honorifique, ont fini par se brouiller avec la Fécafoot. Notamment Albert Roger Milla dont les avis n’étaient pas très souvent sollicités, et qui n’était pas toujours écouté.

Des sources proches de la Fécafoot confiaient que le nouvel exécutif de la Fécafoot voudrait « avoir à la tête de la Lfpc un nouvel homme pour conduire le pan du projet qui concerne cette institution ». Depuis sa création en 2011, la Lfpc n’a jamais connu une paix durable avec la Fécafoot. Moins ouverte sous Iya Mohammed, la guerre s’est amplifiée sous Tombi à Roko et même avec les deux normalisations. Chaque exécutif essayant de se passer de l’ancien chef d’Etat-major des armées, aujourd’hui à la retraite. Et la saison dernière a été particulièrement agitée, avec comme points de friction, les décaissements de la quote-part de la Fécafoot en faveur de la Lfpc, la gestion des arbitres des championnats professionnels, l’établissement, la validation des licences…

Super Makia : L’indomptable perd son dernier combat

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Super Makia du temps de sa gloire

Jacob Mbeng Makia, alias Super Makia est mort ce 1er août 2019 à la garnison militaire de Yaoundé, « des suites d’une courte maladie », a-t-on appris à l’annonce de la nouvelle. L’ex champion d’Afrique s’en est allé sur la pointe des pieds. Des sources disent que l’homme n’avait plus une santé au top de la forme depuis quelques temps. Mais ceux qui fréquentaient le quartier Dakar à Yaoundé pouvaient régulièrement voir cette troche d’un mètre soixante environ dans et aux environs de sa résidence, remarquable par ce buste bombé qui, malgré l’absence d’entretien résistait à la nature. Depuis qu’il a quitté définitivement les rings en juin 2014.

Loin des regards avisés de ce pays qu’il a porté au firmament pendant 28 ans. L’homme qui quitte le monde des vivants à 61 ans dont 40 dans la pratique du catch. Né le 28 février 1958, Super Makia n’a pas eu la chance de faire de longues études. Le handicap financier de sa famille n’empêchera pas l’étoile du natif de Kumba de briller. A peine l’école primaire bouclée, Jacob Mbeng émigre au Nigeria auprès d’une tante, et c’est là qu’il est piqué par le virus du catch. Enrôlé à la National School of Sport de Lagos en 1974, l’adolescent est retenu quatre ans plus tard parmi les 10 jeunes qui iront se perfectionner au catch à Hong-Kong. A 20 ans, commençait une aventure qui sera riche.

85 victoires, un nul, aucune défaite

De retour au Cameroun en 1982, c’est Guinness Cameroun qui engagea le jeune dans ses campagnes publicitaires. Et dès son premier combat professionnel en 1986, Super Makia détrôna le titre de champion d’Afrique nigérian des poids lourds. L’homme ne quittera plus jamais le sommet continental durant 28 ans. Comptabilisant 85 victoires en 86 combats. Seule « fausse note », un match nul, contre le Nigérian Johny Clang en 1990.

Super Makia décoré par l’ex ministre des sports

Les générations actuelles connaissent certainement peu de cette icône du catch camerounais et africain. Ils n’ont pas vécu les faits surréalistes et surnaturels de cet homme qui tirait des véhicules avec ses dents, et qui mangeait plusieurs poulets entiers en un seul repas. Après un passage à vide, l’homme a refait l’actualité seulement en juin 2014 à l’occasion de son jubilé. Le champion d’Afrique qui n’était que très rarement au-devant de la scène dans son pays, remettait sa ceinture en jeu au cours d’un jubilé organisé à Yaoundé, en affrontant l’Autrichien Kris Raaber alias Bambi Killer. Si le public n’assiste pas massivement à l’événement au Palais polyvalent des sports de Yaoundé, les férus du catch mondial ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de celui qui a ouvert et écrit à lui seul les plus belles pages de l’histoire du catch au Cameroun. « Il a fait les beaux jours du catch africain et c’est grâce à lui que je suis un grand de cette discipline », témoignait Heddi Karaoui, le champion d’Europe d’alors. « Je suis fier de ce que Super Makia a fait pour le catch en Afrique et même ici au Cameroun. Je demande aux autres catcheurs de ce pays de suivre son exemple », a reconnu Bambi Killer, quadruple champion du monde.

La jeunesse camerounaise a-t-elle eu le temps de s’abreuver à la source de ce talent doué ? Pas sûr, dans un contexte où le mouvement sportif national est à l’agonie depuis bientôt quatre ans. Super Makia, lui, s’était retranché à son domicile du quartier Dakar à Yaoundé. Mais ne manquait pas d’accompagner les rares jeunes sportifs qui lui rendaient visite. Jusqu’à sa disparition dans l’anonymat et sans la reconnaissance « méritée » de la Nation. « Il avait un mal de ventre », a confié Armand Ambassa, le reporter de Yaoundé Fm 94 qui a recueillis les premières informations au domicile du défunt dès l’annonce fatale.

 

Le Minfi va auditer Camair-co, Camwater et Cicam

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Obligations du trésor : déjà 100 milliards mobilisés

Le ministre des Finances veut s’assurer de la viabilité de la Cameroon Airlines corporation (Camair-Co), la Cameroon Water Utilities (Camwater) et la Cotonnière Industrielle du Cameroun (Cicam). Louis Paul Motaze a lancé, à cet effet, le 24 juillet dernier un triple appel d’offres national pour le recrutement d’un ou de plusieurs consultants devant effectuer des audits comptable et financier dans ces entreprises publiques. De sources du ministère, cet audit vise à améliorer les performances et réduire les risques budgétaires.

CAMAIR-CO : DEFINIR LE NIVEAU D’ENDETTEMENT

 Ainsi, le ou les consultants retenu (s) auront des missions spécifiques pour chaque institution. S’agissant de la Compagnie nationale aérienne, il devra procéder à l’analyse de l’état financier de l’entreprise au cours des trois dernières années. ce qui devra aboutir à la détermination des conditions nécessaires à l’équilibre des comptes, à sa rentabilité et surtout d’accorder une attention spécifique sur l’endettement. Cette étude, martèle le Minfi, sera réalisée sur le plan technique, commercial, institutionnel, organisationnel et règlementaire.

CAMWATER : TOUT SAVOIR SUR LA GESTION DU CONTENTIEUX AVEC CDE

 En ce qui concerne, l’entreprise chargée de distribution et de la commercialisation de l’eau potable, l’heureux élu a pour mission de faire un état des lieux. Ceci en mettant un accent particulier sur le contrat d’affenage/ gestion du contentieux avec la Camerounaise Des Eaux (CDE). Il devra également identifier les conditions nécessaires à l’équilibre des comptes et à la rentabilité.

 CICAM : S’ASSURER DE LA VIABILITE FINANCIERE

A la Cicam, le futur cabinet d’audit sera chargé comme les précédentes entreprises de faire un état de lieux de l’institution tout en les identifiant les conditions nécessaires à l’équilibre des comptes et à la rentabilité. Le ministère des Finances invite à cet effet le consultant retenu d’apprécier l’impact des mesures de restructuration mises en place par l’Etat et de procéder à un nouvel état des lieux par évaluation de la situation socio-économique, technique et financière de la société spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de pagnes et de serviettes de bain 100 % coton dans toutes ses dimensions.

Cet audit, précise le Minfi, s’inscrit dans le cadre du Programme Economique et Financier (PEF) appuyé par la Facilité Elargie de crédit (FEC). Rappelons que le Cameroun s’était engagé, dans le cadre de ce programme, à produire conjointement avec le FMI, des études progressives sur la situation des entreprises publiques afin d’améliorer leur viabilité, leur efficacité, leur compétitivité et la réduction des risques budgétaires.

Ghislaine Ngancha (Défis Actuels)

Ecole normale de Yaoundé: la date du concours reportée

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Les candidats aux concours d’entrée eu premier cycle de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé ont un mois de plus pour se préparer. « Les dates des concours d’entrée au premier et second cycle de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé, initialement prévues les 26 et 27 juillet 2019, sont reportées au 31 aout et 1er septembre 2019, respectivement », écrit le professeur Maurice Aurélien Sosso, recteur de l’université de Yaoundé I, dans un communiqué qu’il a signé le 02 aout dernier. Le même communiqué précise que les dates limites de recevabilité des dossiers dudit concours sont fixées au 20 aout 2019.
Si du côté de Ngoa Ekele, on n’évoque pas les raisons qui ont motivé ce report, du coté des candidats aux concours, on se dit fier de cette décision. Certains candidats rencontrés qui avaient déjà déposé leurs dossiers estiment que cet ajournement leur permettra de mieux se préparer à affronter l’examen. D’autres qui n’avaient pas pu postuler à cet examen y voient une deuxième chance.
News du Cameroun vous propose ci-dessus l’intégralité du communiqué.
Joseph Essama

Montée du tribalisme : à qui profite le « crime » ?

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L’unité du Cameroun s’effrite gravement. Et alors que le pays tente de survivre à ses grands maux notamment le népotisme, le clientélisme, la corruption et les détournements de deniers publics, le tribalisme, considéré comme le cancer le plus dangereux pour la cohésion nationale s’est ajouté à la liste et ne cesse de gagner du terrain. La gangrène se répand en effet à travers des groupes ethniques qui se cristallisent et se constituent en « systèmes idéologiques d’autodéfense ». Le drame, c’est que de nombreux acteurs du milieu sociopolitique du pays, en véritable « bactéries suceuses de sang » semblent se nourrir de la situation. « La monté en puissance de la haine dans les discours à caractère tribaliste profite forcément à ceux qui instrumentalisent le peuple. Ce sont assurément les élites politiques et économiques, les élites traditionnelles, religieuses et les acteurs centraux de pouvoir en place », tranche sous anonymat, un doctorant en science politique. « Dans un contexte de crise favorisé par la situation sociopolitique dans les régions anglophones, certains acteurs sont dans une posture de positionnement : vis-à-vis de l’Exécutif à qui on veut prouver son soutien ; vis-à-vis des prochaines joutes électorales ; et vis-à-vis de l’ethnie à laquelle on appartient, dans l’espoir d’être récompensé si jamais le pays venait à être divisé en régions indépendantes ou en Etats fédérés », explique-t-il.

Et si bon nombre de ces élites manipulatrices ne tiennent pas forcément compte des conséquences que peut engendrer une guerre civile au Cameroun, ce n’est surtout pas le « bas peuple » qui pourrait en tirer profit. Les Camerounais ordinaires, indique encore l’expert, vivent dans une même misère qui ne distingue pas leurs origines ethniques. « Il n’y a en effet pas de différence entre pauvres nordistes et pauvres sudistes, ni entre misérables anglophones et misérables francophones. Même s’ils sont instrumentalisés dans ce concours de haine par leurs élites respectives, les retombées de ces luttes ne sont pas destinées aux citoyens lambda », apprend-on.

Arthur Wandji (Défis Actuels)

Martin Eyebe Soppo : « la rareté des devises pousse les petits porteurs à faire varier les taux »

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« La rareté des devises pousse les petits porteurs à faire varier les taux »

Certains acteurs intervenant dans la vente et l’achat des devises pratiquent depuis quelques temps, des prix jugés trop élevés par certains clients. Comment comprendre cette surenchère ?

 C’est la rareté des devises sur des opérations marginales, conséquence de la guerre économique. On voit donc naitre ce qu’on appelle couramment des «boursicoteurs», des personnes qui jouent sur l’offre et la demande de devises en faisant des opérations de burse, sans nécessairement connaitre les mécanismes. Je dis bien des opérations marginales parce que toutes les monnaies sont territoriales, elles ne sont pas extra territoriales. Ça veut dire que l’argent, en termes de masse ne bouge pas des pays ou zones de leurs émissions. L’inconvénient avec la nôtre, c’est qu’elle est émise à partir d’un gisement référent qui est l’euro. On parlera alors de change à parité fixe pour sa convertibilité. Ainsi, si on n’exporte pas, on ne produit pas de devises et évidemment on n’a pas de CFA. Bien plus, on ne constitue pas de réserves. Si on n’a pas de devises, les petits porteurs qui boursicotent entre en jeux pour faire varier les taux. Je pense que l’enjeu est plus important que ça.

On note quelques fois des hausses des prix de vente des devises de l’ordre de 10 à 15 %. ces marges ne sont-elles pas exorbitantes ?

A mon avis ce sont des variations de taux spéculatifs dues à la rareté plutôt qu’autre chose. C’est difficile de gagner substantiellement, en termes de masse, sur un marché de change qu’on ne maitrise pas en faisant le jeu du hasard. Les positions d’achat ou de vente bénéficient de mécanismes beaucoup plus complexes qui nécessitent les conseils d’un cambiste avisé. Ce cambiste est un opérateur chargé de vendre, il est à la banque ce que le trésorier est à l’entreprise. Il y en a très peu ou pas du tout dans la zone du franc CFA pour des raisons simples et évidentes car cette fonction n’est possible qu’à partir du moment où les monnaies sont convertibles entre elles, ce qui n’est pas vrai pour le franc CFA qui évolue sur la contrepartie euro. Par contre, on pourrait bien supposer que notre compte réserve qui est en multi devises prenne des positions sur le Foreign Exchange (Forex), qui est un marché des changes où les devises sont achetées et vendues. Nous serions alors hors de l’Afrique avec l’aval administrative de l’État. En fait, sur les places de la zone franc CFA, on ne peut que se limiter à des petites variations fixes pour s’assurer de récolter les miettes non significatives qui nuisent à l’homme de la rue qui a besoin de change direct, immédiat pour des raisons diverses.

Que prévoit la règlementation en la matière ?

La règlementation prévoit beaucoup de chose, dont on ne peut vraiment pas débattre ici. Les banques agissent justement en fonction de cette règlementation. Lorsqu’on nous dit que les banques locales ont des réserves de change à l’internationale, c’est autorisé. Sinon elles ne peuvent pas émettre des lettres de crédit confirmé pour l’importation des produits dans leur espace. Une lettre de crédit commercialement n’est valable à l’étranger que si elle est irrévocable et confirmée. Sa confirmation ne peut se faire que si les comptes de l’émetteur sont approvisionnés en devises à l’extérieur, ce qui est tout à fait normale puisque la banque qui reçoit cet instrument n’est pas forcément au Cameroun et elle ne connait son interlocuteur qu’à travers un instrument qui doit témoigner de la crédibilité de l’émetteur. Ce qui est dommage et dramatique c’est qu’on nous fasse croire que les banques commerciales préfèrent conserver des devises à l’étranger pour faire du « traiding » avec des cambistes, cela rapporterait gros. On se demande de quelles banques locales parle-t-on? Quelles sont les banques locales qui ont la possibilité de jouer au Forex avec des cambistes ? Lorsqu’on sait que ce marché des changes est le marché sur lequel les devises dites convertibles (paire de devises) sont échangées l’une contre l’autre à des taux de change qui varient en permanence. Cette plateforme dont les places importantes sont, la New York Stock Exchange (Nyse), la London Stock Exchange (LES), la bourse de Singapour et la bourse de Tokyo fait un volume de transaction de plus 5 000 milliards de dollars par jour. Quelle banque locale qui irait jouer dans cet univers sans maîtriser les mécanismes au risque de tout perdre. A mon avis, c’est une forme de guerre économique déguisée, qui traduit pour ceux qui la mène des stratégies économiques ou autres dont il faudrait une bonne lecture, ce n’est pas une affaire de petits porteurs.

Existe-t-il des textes particuliers en ce qui concerne la fixation des taux et/ou des marges sur la base desquels ce type d’opération doit être fait ?

Oui bien sûr, mais là, nous sommes en Afrique, presque dans la rue sur des marchés qui ne sont pas organisées, d’où l’impression de désordre du fait que l’expression réelle sur les variations de taux est ailleurs. Vous évoquiez tout à l’heure des variations de 10 à 15 %, jamais vous aurez ce type de variation sur un marché de taux flottant, un régime de changes flottants, ou régime de changes flexibles, qui est le régime du système monétaire international dans lequel la valeur des monnaies subit des changements de cote toutes les 20 secondes. Alors les boursicoteurs africains peuvent s’amuser à convenance avec des taux fixés d’avance, preuve d’une masse monétaire non significative. Voyez-vous nous avons une monnaie fiduciaire parce que émise par une fiducie. Cette monnaie fiduciaire comprend les pièces et les billets de banque, c’est un instrument financier, une valeur d’actif au même titre que la cryto monnaie, Bitcoin qui est un instrument financier beaucoup plus interchangeable alors que les bases d’émission sont analogues au francs CFA. On peut comprendre que la place de contrepartie ne soit pas nécessairement là où le franc CFA circule.

Interview réalisée par Junior Matock ( Défis Actuels No 408)

Le Cameroun face à la montée de la haine inter-ethnique

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  Des gens meurent encore dans les régions du Nord- Ouest et du Sud-Ouest Cameroun. Chaque mois, les corps d’éléments des forces nationales de défense, des combattants séparatistes et ceux des habitants, « victimes collatérales » des affrontements entre les deux premiers groupes, s’amassent. Et alors même que les différentes parties sont loin, d’avoir trouvé une piste de solution définitive à cette crise dite anglophone, une nouvelle forme de dérapage menace depuis bientôt un an, la stabilité du pays : la prolifération des discours de haine vis-à-vis de certaines ethnies et le regain de propos tribalistes au sein l’opinion. Il devient de plus en plus difficile d’échapper à des dérives langagières dans les communications, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les médias.

De nouvelles habitudes qui alourdissent les menaces sur l’unité nationale et le risque de voir le pays plonger dans une guerre civile. L’élection présidentielle du 7 octobre 2018 est l’un des facteurs, qui a favorisé la montée en puissance des divisions liées notamment au repli identitaire. Responsables politiques, partisans et sympathisants surchauffés sur la toile ou dans les médias, comme bon nombre de citoyens, nombreux sont ceux qui, depuis cet épisode électoral, agissent dans le sens de maintenir le pays dans une hystérie collective qui s’est publiquement manifestée au Conseil Constitutionnel, lors du contentieux électoral. On se souvient en effet des déclarations de Maurice Kamto, candidat du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui lançait à Clément Atangana et ses collègues : « Par le tribalisme orchestré par les services de l’Etat qui instillent la haine dans les veines de la société camerounaise pour détruire le vivre-ensemble, la cohésion nationale et ultimement notre Nation si fragile, sans que ne bronche le candidat sortant, la preuve est faite que le candidat Biya Paul [qui sera élu au terme de ce scrutin, Ndlr] de se maintenir au pouvoir par tous les moyens et à tous les prix est au-dessus de toute chose, y compris le Cameroun même ».

QUI INSTRUMENTALISENT ?

Nombre de sociologues et politologues sont unanimes sur un point : le Cameroun est aujourd’hui au bord du gouffre. Et le risque de chaos est de plus en plus grand. Jusqu’ici, les premières hostilités se manifestent par une « guerre verbale » entre ressortissants de l’Ouest, du Centre, du Sud et de l’Est sur la place publique. Au point de se déporter au sein de certaines familles issues de mariages mixtes multiethniques. Souvent sous l’instigation ou l’instrumentalisation des parents ou de l’élite, les attitudes de repli identitaire et les actes d’intolérance et de stigmatisation des « autres » se multiplient. Dans un entretien avec l’agence de presse, Sputnik France, Richard Makon indiquait que ce sont quasiment tous les Camerounais qui, directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment, par action ou par abstention, instrumentalisent tant le fait que le spectre tribal. Le premier acteur de cette instrumentalisation étant l’Etat d’une part, « à travers ses politiques d’exclusion » dont la plus illustre expression est « la politique d’équilibre régional, enrégimentée par les gouvernants pour justifier de toutes les formes d’abus et de discriminations tribales, ethniques, sociales et sociologiques », et d’autre part à travers « l’ordonnancement juridique par lequel ont été «juridicisés» des concepts d’autochtones et d’allogènes, qui s’inscrivent dans la même logique que le concept « d’ivoirité », qui a été à l’origine du drame ivoirien », expliquait le politologue camerounais.

Risque de guerre civile

Toujours selon l’expert, le second groupe d’acteurs qui instrumentalisent est constitué des communautés ethniques, dont l’objectif est de positionner l’ethnie autant que possible au coeur de l’échiquier national pour profiter des meilleures positions de représentation. Alors que le troisième groupe d’acteurs est constitué des partis politiques et de la société civile, dont les stratégies, les mobilisations et les luttes « sont généralement influencées, ou du moins inspirées, par des causes tribales et identitaires, limitant ainsi leurs capacités à rassembler au-delà de leurs sympathisants originels ». Or « tous les risques possibles – sécession, conflits intercommunautaires, révolution populaire, contestation de l’autorité et des institutions, dégradation du climat social et aggravation de la crise sociale, humanitaire et économique, etc.- convergent vers un seul but, se fécondent pour créer une seule et unique catastrophe : la guerre civile ! », tranche Richard Makon.   

Arthur Wandji (Défis Actuels)

Change de devises: un business juteux

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Change de devises : un business juteux

S’ils se comptaient par dizaine il y a quelques années, les cambistes sont désormais estimés à plus d’une centaine dans la ville de Yaoundé. « Avant, ceux qui exerçaient ce métier étaient traités avec dédain. Mais aujourd’hui, la situation de pénurie de devises actuelle, fait que les bénéfices qu’on y   engrange attirent de plus en plus de personnes », confiait vendredi dernier Roland P, cambiste. « La profession est même déjà infestée par des personnes qui exercent d’autres fonctions », renseignait Roland P. Le cas de Sirène B, soustraitante   des produits internet de la Cameroon Télécommunications (Camtel), est assez illustratif. Elle ne s’est pas privée du plaisir d’ajouter à son curriculum vitae la fonction de cambiste. « J’ai appris par le truchement d’un voisin que la vente des devises est de plus en plus juteuse, je me suis   dit pourquoi ne pas me lancer dans cette activité pour multiplier mes sources de revenus ».   Désormais donc, bandoulière accrochée autour du cou, Sirène B fait le tour des administrations et autres institutions internationales basées à Yaoundé pour proposer des devises à ses clients autrefois acquis pour la vente d’internet. « Je profite du renouvellement des abonnements des forfaits internet pour leur proposer les devises ». A quel prix ? « 790 francs l’euro et 645 francs le dollar », lance-t-elle, sourire aux lèvres. « Tout compte fait, quand je parviens à convaincre certains fonctionnaires du système des Nations Unies qui vont en mission hors du Cameroun, je peux me retrouver avec 10.000 voire 30.000 par jour ».   Armand P, étudiant en Master, Sciences politiques  à l’Université de Yaoundé II-Soa, est un cambiste occasionnel. « Moi j’exerce beaucoup plus du côté de l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen. Mes cibles sont principalement les voyageurs. Quand un client est pressé d’embarquer, je peux lui vendre l’euro à 790, parfois 800 francs CFA », confesse-t-il. « Cela me permet d’épargner au moins   20.000 francs CFA tous les mois pour financer   mes travaux de recherche », explique-t-il. D’ailleurs, ajoute-t-il, « j’ai des collègues qui travaillent dans les boulangeries dans la nuit, mais   qui viennent ici en journée pour arrondir les fins   du mois ». Et de conclure, « la conjoncture   actuelle nous impose de nous adapter à certaines   situations vous savez. On n’y peut rien », conclu-t-il, flegmatique.

Par Junior Matock (Défis Actuels No 408)    

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