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Affaire des joueurs expatriés : Mouelle Kombi désavoue Séidou Mbombo Njoya

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« J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur le fait que le cadre juridique fixé par le Chef de l’Etat que vous évoquez étant connu depuis fort longtemps de la Fécafoot, le problème posé n’aurait pas dû l’être aussi tardivement au regard des contraintes d’un tel dossier, du nécessaire temps d’appréciation à laisser aux différents niveaux hiérarchiques et des délais contraignants d’engagements définitif des joueurs pour la compétition concernée». C’est la substance de la réponse de Narcisse Mouelle Kombi à Séidou Mbombo Njoya. Le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) ajoute cependant avoir transmis la demande du président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) « à la très haute hiérarchie ».

En clair, le Minsep n’a pas encore donné son accord au patron de la Fécafoot pour faire sélectionner les joueurs expatriés comme l’a fait croire ce dernier. Du coup, Thomas Libih, l’entraîneur national qui a ainsi mis dos au mur ses employeurs, notamment la Fécafoot qui lui a fait admettre des joueurs expatriés dans le groupe qui prépare le Mondial U17, a les mains libres pour donner sa liste à la Fifa. Ce soir. Lui qui ne voyait déjà pas d’un bon œil ce croc-en-jambes contre le décret du président de la République.

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« Comme suite à votre lettre du 11 octobre… je vous invite en exécution des instructions du ministre des Sports et de l’éducation physique, à constituer et à communiquer à la Fifa, la liste définitive des joueurs sans tenir compte de quelque restriction que ce soit, et m’en rendre compte ». C’est la réponse du président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) à l’entraîneur national adjoint par intérim des Lions indomptables cadets, au sujet des joueurs de la diaspora.

A en croire Séidou Mbombo Njoya, le Pr Narcisse Mouelle Kombi a donné son accord pour la sélection des joueurs devant prendre part à la Coupe du monde des cadets. Ce qui suppose que le ministre a donné son accord à la Fécafoot pour que le décret du 26 septembre 2014 soit violé.

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Dans une lettre adressée au secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) le 11 octobre dernier, Thomas Libih écrit que « nous demeurons dans l’incertitude quant à la participation des joueurs de la diaspora. La hiérarchie ne nous ayant pas formellement indiqué ce qu’il en est de l’application du décret du 26 septembre 2014 portant sur la réorganisation et le fonctionnement des sélections nationales de football signé par le président de la République». Lequel texte restreint les sélections nationales U17 et moins, aux joueurs évoluant dans les championnats organisés par la Fécafoot. Or au moment où l’homme boucle son stage préparatoire pour la Coupe du monde U17, il dispose de six joueurs évoluant en Europe dans le groupe: Pineda Etienne Eto’o de du Mallorca en Espagne, Enzo Tchato de Montpellier, Barel Fotso du centre de formation de l’As Roma en Italie, Jordan Konango de As Monaco en France, Aurel Tiki de l’Olympique lyonnais et Bryan Djile de Saint-Etienne toujours en France. Les deux premiers étant les

L’attitude de l’entraîneur national adjoint, qui assure l’intérim du principal, semble trahir l’auteur des convocations adressées à ces joueurs qui ont en commun d’être nés d’anciens Lions indomptables, aujourd’hui plus ou moins proches des hautes sphères du football camerounais. De toutes les façons, Thomas Libih ne se poserait plus de questions s’il avait lui-même convoqué ces joueurs au début du dernier stage.

Certes la Fifa ne pose aucune barrière quant à la participation des joueurs évoluant hors des frontières nationales, mais en interne, le président de la République a fermé les portes aux joueurs de la diaspora. Et le Cameroun ne risque rien en sélectionnant ces joueurs. Pour autant, l’homme pourrait s’attirer les ennuis avec le sommet de l’Etat qui verrait en lui un violeur des lois de la République. L’homme se trouve entre le marteau et l’enclume. Lui qui, malgré la Coupe d’Afrique des nations U17 remportée il y a quelques mois, n’a pas été confirmé comme entraîneur principal.

Emeutes de Sangmélima : Comprendre le comment du pourquoi !

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Les dernières images sont celles de dizaines de jeunes ressortissants de l’Ouest, majoritairement Bamoun, juchés sur des motos, avec quelques bagages, souvent le strict nécessaire, en train de quitter en vague la ville de Sangmélima. Une scène qui rappelle à bien des égards celles des déplacés en période de guerre.

Les jours précédents ont été horribles dans cette ville. Des centaines de boutiques brulés et mises à sacs. Des hommes, des femmes et des enfants battus et blessés. Des domiciles pillés. Nombreux sont ceux qui ont tout perdu. Des scènes qui ne sont pas sans rapport avec celles vécues il y a quelques semaines en Afrique du Sud où des étrangers étaient traqués, et qui avaient été condamnées par l’ensemble de l’humanité y compris les Camerounais.

Alors plusieurs questions se posent : comment en sommes-nous arrivés à ce que des Camerounais soient traqués et chassés dans une localité de leur pays ? Comment des jeunes peuvent-ils se livrer pendant des jours à de tels actes répréhensibles ? Pourquoi une telle passivité des forces de maintien de l’ordre, pourtant réputées très violentes en des circonstances similaires, voire moindre ? Etc.

La banalisation du tribalisme

Les mois précédents et suivants la récente élection présidentielle ont été marqués par une inflation du repli identitaire et une libération du discours tribaliste. Derrière les vocables « sardinards » et « tontinards » qui sont nés et se sont vulgarisés, au point d’être désormais intégrés dans le discours commun, se dessinent les contours de la division politique de la société camerounaise sur un fond communautaire. Aussi, « tontinard » est-il dans une large mesure synonyme de Bamiléké, et « sardinard », celui du grand groupe Béti et assimilés.

L’on a alors assisté à la naissance de nouveaux chantres « politiques » qui ont pour principales caractéristiques leurs discours tribalistes, qui sont à des moments purement et simplement des appels au génocide. Les réseaux sociaux sont infestés de dizaines de groupes à caractère tribaux, tandis que les médias sont classés, se positionnent, et sont jugés, très souvent, à partir de l’appartenance ethnique de leurs propriétaires.

Alors que l’on avait assisté ces vingt dernières années à une forme de civilisation des mœurs politiques qui laissaient espérer une forte évolution de l’intégration nationale, l’on est revenu aux revendications identitaires primaires, et plus que jamais le délit de faciès semble être consacré.

Sous-scolarisation et toxicomanie

Au-delà des chiffres sur les taux de scolarisation et de réussite aux examens officiels qui peuvent être flatteurs à certains points, il est facile et loisible de constater l’abaissement drastique du niveau de culture de la jeunesse camerounaise, qui est souvent très peu outillée pour comprendre et mesurer les enjeux de certaines pratiques.

Pire encore, il est tout aussi loisible de constater le niveau de dépravation de cette jeunesse qui se vautre désormais au quotidien dans l’alcool et surtout la drogue. A ce sujet, il est facile de remarquer à quel point les whiskies en sachet et le Tramadol font des ravages au sein des villes et des villages. Un phénomène de toxicomanie qui touche au-delà des jeunes, l’ensemble de la société, y compris les personnes âgées.

Oisiveté et pauvreté de la jeunesse

La jeunesse camerounaise est aujourd’hui fortement marquée par l’oisiveté. Une situation qui peut être aisément mesurée par son omniprésence dans les réseaux sociaux, ainsi que son appétence pour des activités ludiques. Il n’est pas alors rare de voir des groupes de jeunes massés aux entrées de quartiers pour bavarder en longueur de journées, et souvent des sujets dont ils ont peu de connaissances.

Cette situation est largement rendue possible par le chômage endémique qui frappe jusqu’aux titulaires de doctorats, dans un pays où pourtant tout reste à faire. Il s’en suit que les Camerounais, et majoritairement les jeunes vivent dans une pauvreté généralisée.

Envie et jalousie des cadets sociaux

Cet état des choses fait naitre des envies et des jalousies au sein de la société, et notamment chez les cadets sociaux. Surtout que l’on a très souvent l’impression de vivre dans un contexte de grave injustice où une minorité s’est emparée de la très grande majorité des ressources, au détriment de la majorité, et ce souvent sans faire preuve d’un quelconque mérite particulier.

L’on assiste alors à la floraison d’un discours haineux, porté sur le dénigrement de tous ceux qui « émergent ».

Ils se développent également des rancœurs contre ceux-ci, qui sont largement stigmatisés et accusés des pratiques des plus perverses. La mystification de la société, autre conséquence de la paupérisation des populations, et qui voudraient qu’on ne réussisse que parce qu’on se livre à des activités suspectes, n’aidant pas à l’amélioration de la situation.

C’est ainsi que lors de la réunion de concertation du 11 octobre, les jeunes de Sangmélima ont en partie expliqué leurs agissements par le fait que « le corps mutilé et en putréfaction de leur ami l’est du fait des pratiques de certains ressortissants de cette communauté qu’ils soupçonnent d’être les auteurs des disparitions de certains des leurs parmi lesquels des élèves. Ils ont à cet effet évoqué la pratique du  » Bois blanc » qui consisterait à enlever un individu, l’assassiner et cacher le corps en forêt jusqu’à ce que celui-ci soit en état de putréfaction avancé, ce qui permet aux auteurs de revenir plus tard recueillir les ossements humains et quelques organes humains. Ces jeunes iront jusqu’à affirmer que ce trafic macabre se ferait avec la complicité des grumiers qui viennent souvent stationner au lieu-dit AVEBE-YEKOMBO. »,selon le témoignage de David Eboutou.

Ces rancœurs des cadets sociaux sont souvent aussi fondées sur les « humiliations » quotidiennes, portant sur des banalités telles que les relations amoureuses, où les uns voient leurs « sœurs » ou leurs « femmes » préférer les « autres » du fait de leur confort matériel.

Davantage, il se nourrit un sentiment de revanche sociale généralisé où les cadets sociaux veulent tout simplement prendre la place des possédants. C’est ce qui ressort des écrits de Joseph-Marie Zambo Belinga dans son article « Démocratisation, exacerbation identitaire et rivalités ethniques: le cas du Sud-Cameroun», et dans lequel il fait savoir que les violences enregistrées dans la région du Sud en 1992, au lendemain de l’élection présidentielle, au-delà de leurs fondements politiques, étaient aussi largement marquées par des considérations économiques. Aussi a-t-on vu le déguerpissement des femmes Bamilékés des marchés visaient leur remplacement par des femmes « autochtones », de même que l’on a vu la naissance des poissonneries, des boutiques, et des agences de transport afin de permettre aux fils et filles du « coin » de faire préemption sur des secteurs d’activités qui étaient jusqu’alors dominés par des « étrangers ».

Défaillance et manipulation des élites

Cette dynamique avait été largement structurée et encouragée par l’élite du Sud Cameroun, qui comme ailleurs joue un rôle prépondérant dans l’encadrement des populations.

Comme le font savoir le même Tierno Bah et Saïbou Issa dans un article intitulé, « Relations inter-ethniques, problème de l’intégration nationale et de la sécurité aux abords du Lac Tchad » : «La boulimie de positionnement en a fait, et ne cesse d’en faire des instruments de propagande et d’antagonismes interethniques dont elles se servent comme “rampe de lancement” vers les hautes sphères de l’État ».

En effet, dès sa naissance au Cameroun, l’essence de la politique étatique a été pensée sous un modèle communautaire. Une forme de démocratie consociative qui voudrait que les membres du gouvernement, au sens large du terme, le soient davantage du fait de leur appartenance à telle ou à telle autre communauté. La légitimation provenant davantage de la reconnaissance en tant que « porte-étendard » de sa communauté que d’une quelconque qualification.

Les populations socialisées à cette réalité au travers de différents rites tels que les meetings et motions de remerciement ainsi que les discours ambiants, ont intégrés le fait que leurs élites sont ni plus ni moins que leurs représentants à la table, au sens propre comme figuré, du gouvernement. Par conséquent, ces populations attendent tout de ces élites (emplois, logements, infrastructures, etc.), qui pour eux sont l’incarnation de l’Etat. Et ce indifféremment de leur position et de leurs fonctions officielles.

Ces élites incapables de répondre à toutes ces attentes, et qui sont alors qualifiées d’égoïstes, sont alors obligées, pour préserver leur domination sociale, de trouver des subterfuges. Logique qui prend souvent la forme des discours populistes et le visage du bouc-émissaire. Ainsi, expliquent-ils à leurs populations que si elles sont pauvres et sont au chômage, c’est parce que les « autres » ont « arraché » ce qui leur revenait. L’enfer c’est les autres.

Les populations ainsi manipulées et faiblement cultivées n’hésiteront pas alors à s’en prendre aux citoyens venus d’ailleurs et présentés comme étant la source de tous leurs malheurs.

« Le village présidentiel »

Le patrimonialisme qui sévit en Afrique a pour principal corollaire l’impunité des gouvernants et de leurs affidés. Ainsi, l’on considère l’accession d’un proche à une haute fonction non seulement comme l’occasion de s’approprier les ressources publiques mais surtout comme le moyen de s’offrir tous les passe-droits, comme le décrit si bien la belle chanson de Donny Elwood, « Mon frère est en haut ».

Cette situation d’impunité est aggravée lorsqu’il s’agit du « village présidentiel ». En effet, tout fonctionnaire affecté dans le village du président se doit de montrer patte blanche, car s’il n’a pas affaire directement à la femme, la sœur, le frère, le cousin, le neveu, la nièce, la belle-sœur ou la belle-mère du président, il en aura avec l’ami ou l’ami de l’ami de l’un d’eux. Ce qui au finish revient au même, car l’impétueux qui se risquerait à être rigoureux pourrait voir sa carrière prendre une tournure des plus douloureuses. Et ce ne sont pas les mémoires de l’ancien gouverneur Abakar Mahamat qui diront le contraire.

Aussi existe-t-il chez les originaires du village du président un sentiment de suprématie qui leur autorise toutes les brimades contre tous ceux venus d’ailleurs, qu’importe leurs fonctions ou activités. Situation rendue largement incontrôlable par l’impunité conférée par leur « pouvoir de proximité ».

Nord-ouest et Sud-ouest : Toutes les résolutions du grand dialogue national

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Bilinguisme et cohésion sociale : Pour une utilisation équitable de l’anglais et du français

La Commission en charge de ce volet recommande notamment que cela commence par un apprentissage des deux langues officielles du Cameroun dès la maternelle.

Après celle en charge de la Décentralisation et du Développement local, la Commission du Bilinguisme, diversité culturelle et cohésion sociale était sans doute le deuxième groupe de travail dont les résolutions étaient très attendues. Parce qu’à la base, la crise anglophone est partie d’un certain nombre de récriminations liées à la pratique du bilinguisme. Et donc celle-ci, se devait de trouver et proposer des solutions adéquates afin que le Cameroun ne retombe plus dans les mêmes travers. Après cinq jours de débats, le groupe de travail présidé par Joshua Osih le numéro 2 du Social Democratic Front (SDF), a plaidé pour l’adoption d’une loi qui prévoit clairement l’utilisation équitable des deux langues officielles (le français et l’anglais) dans tous les domaines de la vie nationale. Et cela devrait passer par la mise sur pied de véritables établissements bilingues appelés à contribuer à l’amélioration de la pratique du bilinguisme dans toutes les couches de la société par la création et la mise en œuvre de programmes d’apprentissage des deux langues dès la maternelle. La Commission Osih propose également qu’il soit prévu des quotas pour les personnes originaires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest lors des concours, recrutements et nominations dans les services publics.

En ce qui concerne la diversité culturelle, la promotion des multiples identités du pays a été largement encouragée. urtout dans un contexte où l’on note la résurgence du repli identitaire et du communautarisme. La Commission milite à cet effet pour un enracinement de la diversité culturelle par une mise en oeuvre stricte de l’équilibre régional et un accès équitable aux services publics et aux corps des forces de sécurité ; l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme de cours sur la fraternité intercommunautaire, la restauration de la confiance entre communautés et l’engagement civique pour renforcer la cohésion sociale nationale ; et le développement des principes du dialogue social, de la cohésion sociale et du vivre ensemble.

Système éducatif : Cours de rattrapage pour les enfants non scolarisés

Le but étant de combler les retards accumulés par les élèves et étudiants au cours de ces trois années de crise.

Avant octobre 2016, date du début de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, plus de 6000 écoles étaient opérationnelles dans ces parties du pays. En décembre 2018, moins de 100 écoles ouvraient encore leurs portes tandis que près de 5900 établissements ont été fermés et plus de 40 incendiés, selon le Centre pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique (Chrda). Pis encore, en juin 2019, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) a répertorié plus de 600 000 enfants issus de ces régions, non scolarisés. Une situation suffisamment inquiétante et pour laquelle toute une Commission a été mise sur pied lors du Grand Dialogue National, à l’effet d’élaborer des solutions adéquates et efficaces non seulement pour un retour des élèves et étudiants dans les salles de classe et les amphis, mais également pour renforcer le système éducatif. Celle-ci a émis la proposition selon laquelle tout devrait être mis en œuvre au plan politique, pour assurer le retour à la paix dans les deux régions anglophones avant que les écoles ne puissent rouvrir, et l’organisation de cours spéciaux de rattrapage pour combler les retards accumulés par les enfants depuis trois ans. La Commission souhaite également que les pouvoirs publics veillent à ce que les réformes du secteur de l’éducation intègrent la nécessité de maintenir les deux sous-systèmes éducatifs qui doivent d’ailleurs être dynamiques et futuristes, en reconnaissant les forces et les spécificités singulières de chaque sous-système. Le gouvernement est aussi appelé à travailler en collaboration avec les syndicats d’enseignants, un secteur à réglementer et à promouvoir en vue d’une meilleure organisation visant à assurer une synergie au niveau régional au niveau national.

Système judiciaire : Eriger la section de la Common law en une chambre

Basée à la Cour suprême, cette Chambre telle que souhaitée devrait comprendre toutes les sections traitant de questions spécifiques de la Common Law.

Le Cameroun devrait pouvoir garder ses deux systèmes judiciaires : la Common Law d’inspiration anglo-saxonne pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et la Civil Law pour les huit autres régions du pays. La Commission chargée du système judiciaire en a décidé ainsi, au terme du Grand Dialogue National. Même si elle milite pour que chacun des deux systèmes conserve ses spécificités avec la possibilité d’harmoniser certains points convergents, la Commission planche néanmoins pour un meilleur traitement et une meilleure considération des avocats dans l’exercice de leurs fonctions. En leur permettant notamment d’avoir librement accès à leurs clients sur les lieux de détention. Il a d’ailleurs été proposé la création d’une école de droit qui devrait en priorité, assurer la formation des avocats et de tous les patriciens du droit en général. Et aussi la traduction de tous les instruments juridiques dans les deux langues officielles et assurer leur publication simultanée. Désormais, il serait bon que le pouvoir tienne compte du critère de la maîtrise préalable de l’anglais et de celle du système juridique de la Common Law lors du déploiement du personnel judiciaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. D’ailleurs, l’une des résolutions contenues dans le rapport final des travaux invite Yaoundé à « ériger la Section de la Common Law de la Cour suprême du Cameroun en une Chambre à part entière comprenant toutes les sections traitant de questions spécifiques de la Common Law ». Non sans mentionner l’amélioration des mécanismes de coopération juridique afin d’engager des procédures judiciaires pour faire comparaître les personnes qui financent le terrorisme à partir de l’étranger.

Retour des réfugiés et déplacés : L’amnistie générale comme gage

En espérant qu’elle rencontre l’assentiment des pouvoirs publics, cette proposition vise à garantir le retour de tous.

Pour réfléchir sur des moyens visant à convaincre toutes les populations qui ont fui la crise dans les régions anglophones pour se réfugier au Nigeria voisin ou dans les autres régions du Cameroun, de retourner dans leurs villes et villages, une Commission a siégé au cours du Grand Dialogue National qui s’est achevé le 4 octobre dernier. Présidé par le Cardinal Christian Tumi, ce groupe de travail chargé du « retour des réfugiés et des déplacés internes » a tablé sur quatre grands axes prioritaires allant des mesures préparatoires au suivi du retour de ces derniers jusqu’à leur réinsertion, en passant par les modalités à mettre en place dans les meilleurs délais. Ainsi donc, il a été recommandé au pouvoir de Yaoundé de prendre des mesures visant à accorder une amnistie générale pour favoriser le retour de toutes ces personnes, même celles qui pourraient être soupçonnées d’avoir joué un rôle dans l’enlisement de la crise. L’autre initiative devrait consister à « créer des canaux de communication pour un meilleur déploiement de l’armée et une plus grande liberté de mouvement de la population, et prendre des mesures pour la construction de logements décents en faveur des personnes déplacées ». Les membres de cette Commission estiment en effet que le gouvernement devrait procéder dans un premier temps au désarmement des sécessionnistes en favorisant le retour des militaires dans leurs casernes, afin de donner plus de place aux forces de maintien de l’ordre (police et gendarmerie). Il a aussi été recommandé d’autonomiser la direction de la protection civile et de l’étendre sur l’ensemble du territoire afin de renforcer son action auprès des personnes en détresse. Et de procéder au recensement de toutes les personnes déplacées et évaluer leurs besoins socioéconomiques de base (écoles, établissements de santé, logements …) à l’effet de leur fournir entre autres appuis, des « kits de réinstallation et de réintégration ».

Zones touchées : Créer un fonds spécial pour la reconstruction et l’emploi

C’est l’une des principales mesures dont les participants au Grand dialogue National souhaitent voir l’implémentation à court terme.

Trois régions étaient concernées par les travaux de la Commission en charge des réflexions sur la reconstruction et développement des zones touchées par la crise : le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord. Ainsi donc, afin d’élaborer un vaste programme de rétablissement, de reconstruction et de développement des régions sus-mentionnées, dans l’optique d’améliorer les conditions de vie des populations et de renforcer la cohésion sociale et l’unité nationale, il a été proposé de créer un fonds spécial pour la reconstruction desdites régions et l’emploi des anciens combattants. En plus, il faudra poursuivre et achever les projets d’investissements publics lancés avant la crise dans les régions agitées, le développement prioritaire du secteur agro-pastoral et la création d’une commission chargée d’évaluer les biens détruits dans chaque division des régions concernées tels que les routes Babajou-Bamenda, Loum-Tombel-Kumba, Mundemba-Akwa, etc.

Par ailleurs, les commissaires ont proposé de créer un plan de réajustement spécifique pour ces trois régions. Une sorte de plan Marshall qui serait différent du plan de développement national. Les délégués ont insisté pour que des personnes ressources soient formées afin de soutenir les populations ciblées telles que les personnes déplacées. Ils insistent également sur l’utilisation stricte de matériaux et de main-d’œuvre locaux pour la reconstruction.

L’on a également prôné la réhabilitation des installations et des infrastructures publiques détruites ou rendues obsolètes du fait de leur inutilisation en raison de la crise, en particulier dans les 13 secteurs de l’éducation, de la santé, des transports, de l’énergie, de l’eau et des communications et la reconstruction des infrastructures économiques prioritaires pour soutenir ou relancer les systèmes de production par la remise en service des entreprises publiques agro-industrielles dans les régions touchées (CDC, Pamol, Unvda, Semry, Sodecoton).

Au sein de cette Commission, l’on a aussi songé à « l’indemnisation des particuliers, des congrégations religieuses, des palais des chefs, des communautés et des unités privées de production et de prestation de services au titre des pertes subies, et la mise en place de programmes d’assistance sociale directe aux victimes » et « la création volontariste d’emplois durables pour les jeunes et les femmes, en particulier dans les régions touchées par la crise », peut-on lire dans le rapport final des travaux.

Désarmement et réintégration des ex-combattants : Pour le renforcement du processus

Outre les actions qui sont déjà menées par le Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration, de nouvelles pistes de solution ont été proposées.

Le chef de l’Etat y a songé longtemps à l’avance, en créant le 30 novembre 2018 par voie de décret un Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (Cnddr). Le Cnddr dont la mission est d’organiser, d’encadrer et de gérer le désarmement, la démobilisation et la réinsertion de ceux qui désirent répondre favorablement à l’offre de paix de Paul Biya en déposant les armes, s’intéresse autant aux groupes armés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qu’aux ex-combattants de Boko Haram. Si les actions menées par cet organe ont déjà permis de récupérer plusieurs dizaines de repentis, le Grand Dialogue National aura permis à la Commission chargée de cet aspect de présenter de nouvelles pistes de solution. Notamment élaborer et mettre en oeuvre une stratégie holistique de communication qui met l’accent sur l’offre de paix du chef de l’Etat ; établir des ponts entre ces jeunes, le Cnddr et les forces de défense et de sécurité ; mettre fin à la production des armes de fabrication artisanale et renforcer la lutte contre la prolifération d’armes légères. En s’inspirant de ce qui se fait déjà dans la région de l’Extrême-Nord avec les ex-combattants de Boko Haram, les commissaires recommandent aussi la formation des repentis du Nord-Ouest et Sud-Ouest à des activités génératrices de revenus, afin de leur garantir une certaine autonomie financières et ainsi les éloigner de toutes tentations de récidives. Tout en envisageant « la prise en charge de ces jeunes aussi bien aux plans spirituel, psychique que physique à travers des programmes de désintoxication suite à la consommation excessive de stupéfiants et à un endoctrinement intensif par certains membres de la diaspora ».

Rôle de la diaspora : On demande l’adoption de la double nationalité

Les Camerounais résidant à l’étranger estiment que ce serait une assurance pour ceux qui veulent contribuer au développement de leur pays.

Une pléthore de politiques et d’idées ont été émises sur le rôle de la diaspora dans la crise et la contribution au développement du pays. Et dont le plus importante concerne la mise en place d’une réforme du Code de la nationalité en vue de l’adoption de la double nationalité ou des nationalités multiples. Les Camerounais résidant à l’étranger estiment que ce serait une assurance pour ceux qui veulent contribuer au développement de leur pays. Eux qui militent aussi pour l’adoption d’un principe de la représentation de la diaspora aux niveaux parlementaire et gouvernemental avec par ailleurs l’espoir qu’un ministère dédié à elle soit créé. De même que les membres de ladite Commission conseillent au gouvernement de créer un Haut Conseil de la diaspora dans les pays d’accueil avec des dirigeants élus, la qualité de membre étant conditionnée par la possession d’une carte consulaire. Et de désigner une équipe chargée de prendre langue avec les membres radicalisés de la diaspora anglophone et créer une agence transnationale d’investissement et de développement pour la diaspora.

 

Décentralisation et développement local : Pas de fédéralisme, mais un statut particulier pour le Noso.

Il a également été recommandé la suppression de la disposition relative à la nomination des délégués du gouvernement.

C’était la Commission la plus attendue de ce grand dialogue. Parce que, même si elle concerne la Décentralisation et le Développement local, elle a été le cadre de discussions parfois houleuses sur la forme de l’Etat. Avec notamment un groupe de participants favorable au retour au fédéralisme à deux, voire dix Etats. Mais il n’en sera rien. La majorité l’a emporté sur la mise en place d’une décentralisation plus efficace. Même s’il a été recommandé à cet effet que le gouvernement accorde aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest un statut spécial conformément à l’article 62 alinéa 2 de la Constitution qui stipule que la loi peut prendre en considération les spécificités de certaines régions en ce qui concerne leur organisation et leur fonctionnement. Il a également été question au terme des travaux en Commission, de réclamer en guise de piste de solution à la crise anglophone, la mise en place effective des régions dans les meilleurs délais ; de verser une allocation spéciale à chaque municipalité de cette partie du pays pour faciliter la reprise effective des activités économiques. Mais encore. Les délégués recommandent par ailleurs la suppression de la disposition relative à la nomination des délégués du gouvernement au titre du régime spécial applicable à certaines localités « excepté Yaoundé et Douala », a-t-on appris. Il est également proposé de : réduire substantiellement les prérogatives de l’autorité de tutelle ; renforcer l’autonomie financière des collectivités locales, la Commission a recommandé et d’appliquer effectivement l’article 23 alinéa 2 de la loi portant orientation de la décentralisation qui stipule que la loi de finances fixe, sur proposition du gouvernement, la fraction des recettes de l’Etat affectée à la dotation générale de la décentralisation. A cet égard, les participants ont proposé qu’un pourcentage de 10 à 15% du budget de l’Etat soit alloué aux Collectivités Territoriales Décentralisées. Et de supprimer le principe du Guichet Unique du Trésor qui retarde le transfert effectif des fonds aux autorités locales.

De l’avis d’un membre de la Commission concernée, il convient de relever que certaines recommandations méritent de faire l’objet d’un traitement spécifique. Il s’agit notamment de celles visant à : accorder un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ; prendre des mesures spécifiques pour assurer un statut égal au français et à l’anglais dans tous les aspects de la vie nationale ; renforcer l’autonomie des Collectivités Territoriales Décentralisées ; améliorer les infrastructures des services judiciaires dans tout le pays ; renforcer le Programme d’assistance humanitaire afin de mieux satisfaire les besoins des déplacés internes ; mettre en place un plan spécial de reconstruction en faveur des zones touchées par la crise ; diffuser largement l’offre d’amnistie faite par le chef de l’Etat aux combattants qui déposent les armes et s’insèrent dans le processus de réintégration ; et désigner une équipe chargée de prendre langue avec les membres radicalisés de la diaspora.

Dossier réalisé par Arthur Wandji

Lions indomptables : Conceicao sur un air de renouveau tronqué

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En amical contre les Aigles de Carthage, les Lions indomptables ont arraché un nul vierge. Accrochant ainsi la 29ème nation mondiale de football, en en étant 50ème. Mais le score ne reflète pas la physionomie de la rencontre. Les Camerounais ont livré un jeu pour le moins stérile, sans réelles occasions de buts. Privés de son capitaine Eric-Maxim Choupo Moting, les Lions indomptables n’ont que très rarement inquiété la défense tunisienne, encore moins le portier adverse très peu sollicité. N se contera de quelques rares intentions manifestées par Karl Toko Ekambi, mais qui n’en est pas allé au-delà. Les joueurs de Toni Conceiçao et François Omam Biyik ont péché dans la construction du jeu, avec peu d’actions menées de la défense aux buts adverses. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé que la Tunisie a manqué son sujet à domicile à Radès ce 12 octobre 2019. Les locaux ont plutôt manifesté une volonté de manger du Lion. Poussés par un public qui découvrait aussi le nouveau sélectionneur de son équipe fanion, et qui n’accordait le caractère amical de la rencontre qu’aux organisateurs, les tunisiens ont été plus proches des buts camerounais. N’eût été la maladresse de Taha Yassine Khenissi qui a vendangé (58’) un pénalty par Sassi, les champions d’Afrique 2017 auraient mordu la poussière.

Si François Omam Biyik a signé la liste des joueurs devant prendre part à ce regroupement, pour l’avoir confectionnée, son supérieur devrait assumer les résultats qui créditent son compte ainsi ouvert à la banque des Lions indomptables. Lui qui devrait certainement avoir donné son quitus. Ne serait-ce que pour la forme. Et l’on peut déjà lire l’allure que le technicien, portugais compte donner à sa ligne. Déjà, il se dessine une sorte de « révolution ». Comme l’on devrait s’y attendre. Les premiers signes étant les retours annoncés de certains joueurs qui avaient déjà tourné le dos par leur seule volonté, ou poussés vers la sortie. C’est le cas d’Allan Nyom dont la sortie de la tanière entre 2015 et 2016 était tumultueuse, Salli Edgard et de Gaetan Bong. En revanche, des doyens résistant au rajeunissement de la tanière tels Idris Carlos Kameni libèrent de l’espace. Ce qui était presque attendu, avec le retour de Jacques Songho’o au poste d’entraîneur adjoint en charge des gardiens de buts. Entre temps, Fabrice Ondoa semble avoir retrouvé la place de titulaire. Sauf si les plans du nouveau staff sont ailleurs.

Le nouveau staff peut accuser les nombreux forfaits enregistrés, notamment ceux du capitaine Choupo Moting et de Moumi Ngamaleu; mais en gros, c’est l’ossature de l’heure, avec quelques exceptions. Quoi qu’il en soit, une nouvelle ère s’ouvre dans la tanière des Lions indomptables. Mais les vraies formes des lignes que veut tracer le nouveau staff technique des Lions indomptables ne seront véritablement perceptibles que lors des prochains regroupements. Toni Conceiçao aura eu le temps de superviser les joueurs et aura pris le contrôle de la tanière.

Les 11 entrant
Tunisie : Ben Mustapha, Kechrida, Bronn, Meriah, Maaloul, Skhiri, Chaalali (Ben Mohamed), Sassi, Sliti (Rafia), Khaoui (Srarfi), Khenissi, Layouni.
Cameroun : Ondoa, Collins, Onguéné (Dawa), Ngadeu, Oyongo, Djoum, Kunde, Zambo Anguissa (Fuchs), Bassogog, Toko Ekambi (Salli), Ganago.

Sangmélima : le virage tribaliste amorcé

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destruction de commerces à Sangmélima

Malgré l’appel au calme lancé par le préfet du Dja et Lobo hier, la ville de Sangmélima s’est réveillée ce matin sur une nouvelle note amère. Les violences sont montées d’un cran. Dans les vidéos faites par des témoins et qui sont mises en circulation sur les réseaux sociaux, on aperçoit des scènes de pillage de commerces détruits et incendiés. Des sources parlent tantôt de deux morts, tantôt de trois. Sous le regard de forces de l’ordre spectatrices.

La police débordée, devient spectatrice

Et pourtant, selon des sources crédibles, la nuit est tombée sur la capitale du département natal du président de la République, sous le signe de la paix. Le maire André Noël Essian et Bonaventure Mvondo Assam, respectivement maire de la ville et cousin de Paul Biya, ayant usé de leur influence pour ramener les populations surexcitées à la raison. C’était sans compter sur la détermination des extrémistes à reprendre la guerrilla le lendemain.
Face à la situation, le préfet convoque une réunion de crise qui aura lieu demain, avec comme invités les autorités administratives et sécuritaires de la ville, les élites extérieures et intérieures du Dja et Lobo, les leaders politiques et religieux, les leaders de jeunes, de commerçants, de mototaxis. Réunion qui sera présidée par le gouverneur de la région du Sud, Félix Nguele Nguele.

Tout est parti de la mort d’un jeune de 27 ans, le nommé Assam Bélinga Benjamin Junior. Le corps retrouvé serait mutilé, apprend-on. Une précision non évoquée par le préfet du Dja et Lobo dans le communiqué publié hier soir. Alors que les populations suspectent un ressortissant Bamoun, le préfet Koulbout Aman David cite un autochtone comme principal suspect, avec pour complice un allogène.

Ci-dessous, les précisions du gouverneur du Sud au sortir d’une réunion de crise tenue ce jour

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Tensions: Émeutes à Sangmélima

Nord-Ouest / Sud-Ouest :Paul Biya face au piège du statut spécial

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Le Grand Dialogue National s’est refermé le 04 octobre dernier avec, entre autres grande résolution la proposition des membres de la Commission de la Décentralisation et du développement local, de l’attribution statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, à l’effet de taire définitivement les revendications de fédéralisme et de sécession soulevées par les anglophones. Les recommandations du Palais des Congrès se sont appuyées sur la constitution du 16 janvier 1996, qui dispose en son article 62 que « la loi peut tenir compte des spécificités de certaines régions dans leur organisation et leur fonctionnement ». Et pour justifier cela, les commissaires du Grand Dialogue National ont précisé que cette mesure spéciale contribue au respect de la spécificité de la communauté anglophone. Aussitôt proposé comme recommandation phare parmi les solutions à la crise anglophone, ce statut special a réveillé les vieux démons qui somnolaient dans les autres régions.

Généralisation des revendications

C’est la région de l’Extrême-Nord qui a emboité le pas des revendications. Dans cette partie qui a longtemps souffert des exactions de Boko Haram, certains natifs estiment qu’elle est le « dindon de la farce de la politique du renouveau » et exigent aussi, un statut spécial comme celui qui a été accordé aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Nous suggérons au chef de l’Etat d’accorder également le même statut à la région de l’Extrême-Nord qui paye le lourd tribut de la guerre contre Boko Haram, qui a perdu ses enfants, dont l’économie est totalement déstructurée et qui a besoin de reconstruction. Nous sommes loyaux fidèles, nos enfants sont les enfants de la République. Comment allons-nous leur expliquer que la prime à la guerre dans les régions anglophones, aux revendications par les armes est le statut spécial ? » s’inquiète un chef traditionnel de cette localité, qui s’est confié à nos confrères de L’œil du Sahel. Il n’y a pas seulement le statut spécial. La région de l’Extrême-Nord exige aussi la libération de ses fils (Marafa Hamidou Yaya, Iya Mohammed et Amadou Vamoulké, détenus depuis plusieurs années, comme l’ont été les anglophones et les militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Visiblement le Grand Dialogue National et surtout le statut spécial qui est en voie d’être accordé aux deux régions anglophones ont ouvert la boite de pandore. Un internaute originaire du septentrion plaide pour un statut spécial en faveur des régions du Nord et de l’Extrême-Nord. « Pour moi, l’Extrême-Nord et le Nord, qui sont les deux régions les plus pauvres du Cameroun méritent amplement un statut spécial », dit-il. Pour lui, ce statut permettra à ces deux localités de rattraper le niveau de développement des autres. Dans la région de l’Est, on n’entend pas louper l’occasion. Des voix se s’élèvent déjà pour réclamer un statut spécial. « La région de l’Est est très pauvre, mais regorge d’un sous-sol immensément riche. C’est l’une des régions les moins scolarisées, l’une des moins couvertes en hôpitaux et routes etc. Elle mérite un statut spécial pour permettre à ses fils de profiter à suffisance de ses richesses. » Et toutes les régions comptent en profiter pour poser leurs revendications sur la table. Les autres régions ont déjà de prime à bord, demander la libération des prisonniers de l’opération épervier. Il est fort probable qu’elles multiplient les doléances dans les prochains jours. « Si toutes les régions bénéficient d’un statut spécial, qu’aura-t-il de spécial encore », se demande dans un commentaire un internaute. En plus de cette interrogation, la vraie question reste : le statut spécial qui est en voie d’être accordé aux régions anglophones et la libération de 333 détenus de cette crise vont-ils conduire à l’apaisement ? Même s’il est prématuré de donner une réponse, juste quelques jours après la fin du Grand Dialogue National, quelques indices permettent néanmoins de dire, sans risque de se tromper qu’on est loin de sortir de l’auberge. Ces mesures à défaut de résoudre le problème risquent plutôt d’inventer à l’infini des problèmes au sein des huit autres régions.

Dieudonné Essomba: « Le statut spécial est une source permanente de problèmes »

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L’une des grandes résolutions prises lors du Grand Dialogue National consiste à doter les régions anglophones d’un statut spécial, selon vous, cette mesure peut-elle résoudre le problème de fond que posent les anglophones ?
Pas du tout ! Les Anglophones n‘ont jamais réclamé des passe-droits, ni un statut administratif particulier au titre de Camerounais spéciaux et différents des autres. Ce qu’ils demandent, c’est un modèle d’organisation qui leur restitue la souveraineté que l’ex-Southern Cameroon, Etat fédéré, partagé avec l’ex-République du Cameroun, également Etat fédéré. Les deux Etats fédérés étant alors couronné par un Etat fédéral. Or, la solution de statut spécial signifie ceci : « votre Southern n’existe plus ! Il a disparu, totalement absorbé par la République du Cameroun, et son seul vestige serait de vous accorder un statut spécial ! » En fait, un tel discours est plutôt humiliant et c’est une très mauvaise solution qui va plutôt aggraver les tensions au lieu de les atténuer !

Quel danger que court le Cameroun en accordant un statut spécial aux deux régions anglophones ?

Les dangers sont très nombreux. Le premier est la solution elle-même qui est la reconnaissance de l’exclusion dont les Anglophones se sont toujours plaints et que le gouvernement a toujours niée ! Cela donne donc un puissant argument aux sécessionnistes qui peuvent s’y appuyer pour montrer que le gouvernement lui-même a reconnu sa faute, ce qui le contraint à négocier au lieu de tenter d’imposer ses solutions à lui.
En second lieu, cette solution gèle la spécificité anglophone au lieu de la dissoudre. Le fait de leur conférer ce statut spécial est le message évident qu’ils sont intrinsèquement différents des autres Camerounais et le resteront à jamais. On crée par là un abcès de fixation définitif qui sera une source permanente de tensions sécessionnistes.
En troisième lieu, cette mesure va déclencher un effet de contagion généralisée et surtout, logiquement et politiquement fondée. L’ex-Southern et l’ex-République étaient les deux entités fédérées du Cameroun qui disposaient des droits symétriques et en principe égaux. On ne voit donc pas très bien ce qui peut justifier que les Régions issues de l’ex-Southern aient plus de droits que celles issues de la République du Cameroun ! Cela n’a aucun sens logique ! Dès lors qu’une seule région a des droits spéciaux, les autres ont le droit et la légitimité d’y prétendre, et on ne voit pas très bien comment on pourrait empêcher cette extension aux autres régions qui vont les réclamer immédiatement ! Je ne parle pas des difficultés opérationnelles que va présenter la gestion de ce statut spécial. Comment va-t-on adopter la loi ? En disant : « la présente loi est valable pour tous les Camerounais, sauf les Anglophones ? »

Vous venez d’affirmer que cette mesure risque de déclencher une contagion généralisée de revendications. Que peut-il advenir si les revendications des autres régions ne bénéficient pas de la même sollicitude que celles des Anglophones ?
Il n’est pas anthropologiquement possible de conférer un statut spécial aux régions de l’ex-Southern sans susciter des réclamations du même statut dans les régions issues de l’ex-République qui était son alter ego. Le gouvernement n’aurait aucun argument pour s’opposer à de telles réclamations ! Cela signifie que tout avantage accordé par le Gouvernement à l’ex-Southern le sera également à l’ex-République. Et si le gouvernement refuse, ces Régions pourraient tout aussi bien être tentées d’utiliser les méthodes ambazoniennes dont on voit bien qu’elles ont fait leurs preuves.

Selon vous quel aurait été l’idéal pour résoudre définitivement la crise anglophone ?
On ne peut pas résoudre la crise anglophone en dehors de la genèse du problème. Le Cameroun est né fédéral, avec deux Etats. Il faut tout simplement actualiser le modèle, en tenant compte d’une part, des engagements qui avaient été pris à la Conférence de Foumban en 1961, et d’autre part, des évolutions ultérieures du pays. Cela signifie qu’on aura un modèle d’Etat fédéral formé d’Etats fédérés francophones et d’Etats anglophones, ayant tous le même niveau d’autonomie. Toutefois, les postes majeurs de représentation dans l’Etat Fédéral se présenteront en double : si le Chef est francophone, son adjoint est anglophone et vice-versa. Cela implique automatiquement que le Cameroun ait un vice-président élu au même moment que le président, comme aux Etats-Unis. Et il en sera ainsi de l’essentiel des postes de l’Etat fédéral qui sera réduit vraiment à l’essentiel. Il ne sert à rien de tricher ou de tenter de gagner du temps, car le temps joue en faveur les sécessionnistes. De manière plus générale, ce modèle va nous permettre de limiter la très dangereuse compétition qui oppose les Communautés dans les avantages de l’Etat, à savoir les emplois publics, les postes de pouvoir, les infrastructures collectives et les rentes comme les marchés publics. Les élections sont devenues au Cameroun un véritable bras-de-fer tribal, et si le pouvoir de Yaoundé n’est pas dispersé, la succession du président actuel va se jouer à la machette. Il faut désamorcer cette bombe qui pèse sur la tête du Cameroun et fédéraliser immédiatement le pays.

Crise dite anglophone : Un cadre du Sdf aux arrêts

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Paddy Asanga ne retournera pas de sitôt en Allemagne. Le secrétaire régional à la communication du Social democratic front (Sdf) pour l’Allemagne, a été arrêté à Yaoundé ce jour par la police et mis aux arrêts. L’inforamtion qui circulait sur les réseaux sociaux, a été confirmée par Serge Aimé Bikoï, journaliste en service à la Radio Tiéméni Siantou (Rts) qui a partagé le plateau d’Equinoxe television avec ce Camerounais vivant en Allemagne. Selon le chef service politique de la Rts, « Paddy Asanga, a été arrêté à la suite d’une visite aux prisonniers de la crise socio-sécuritaire».

L’homme aux arrêts est un activiste de la crise qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Fédéraliste, comme le veut l’idéologie de son parti, Paddy Asanga avait répondu à l’appel du chef de l’Etat et a pris part au Grand dialogue national (Gdn) qui s’est tenu au Palais des Congrès de Yaoundé du 30 septembre au 4 octobre 2019, en vue de trouver des solutions de sortie de crise dans ces deux régions qui subissent les affres de la crise sécessionniste depuis 2016.

Dans un communiqué de presse signé de son président Jean Robert Wanko, le Comité exécutif régional Sdf d’Allemagne « réclame la libération immédiate et inconditionnelle de Paddy Asanga ». Cet acte pourra conforter les membres de la diaspora qui ont redouté que l’invitation de Yaoundé soit un piège à eux tendu. Le Cameroun a mal à sa diaspora avec laquelle les relations sont très souvent tendues.

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