vendredi, mai 8, 2026
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Nord-ouest/Sud-ouest : Les risques d’un enlisement de la crise

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Les-populations-sen-mêlent.jpg / AFP PHOTO / STRINGER

Lors de sa visite le 10 octobre dernier à Lyon, Paul Biya a promis à Emmanuel Macron l’accélération de la mise en œuvre des résolutions prises lors du Grand Dialogue National visant à trouver une solution définitive à la crise anglophone. Malgré cette volonté affichée du chef de l’Etat, les groupes séparatistes ne désarment pas. Au contraire, l’on assiste à une nouvelle montée en puissance de la violence dans les régions concernées par la crise. En une semaine seulement plusieurs personnes ont été tuées, dont un officier de police, un militaire, un ex-combattant. Alors qu’un prêtre aurait été enlevé. Les affrontements armés se multiplient en effet. Dans le Sud-Ouest, « onze ouvriers de la plantation située sur la route Tiko – Douala, ont eu les doigts et les mains coupés avec des machettes par les séparatistes. Quatre autres hommes ont ensuite été enlevés et restent introuvables », a précisé le gouverneur Bernard Okalia Bilai. De l’avis d’analystes, le retour à la paix dans ces deux régions anglophones est loin d’être un acquis.

Le politologue Aristide Mono pense par exemple que malgré le dialogue, « l’ennemi reste actif, et tient encore des positions importantes dans les deux régions en crise ». Pour lui, cette situation amène à questionner « les incidences positives réelles des défections médiatisées sur le retour à la paix dans les deux régions anglophones. Parce que la défection des généraux ambazoniens tel que cela a été présenté devraient entraîner la baisse ne serait-ce que relative de la violence ». Avec cette situation qui perdure, est-ce à présumer que les résolutions du Grand Dialogue National (GDN) n’ont pas été bien accueillies ? « Les résolutions prises lors du Grand Dialogue National ne concernent que ceux qui y ont pris part. De même, l’absence de représentation à cette rencontre des factions qui s’affrontent dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest exclut qu’elles se sentent concernées par les «affaires de Yaoundé» », commente pour sa part le chercheur Guy Beaudry Jengu. Un point de vue que ne partage pas le politologue Stéphane Zanga, pour qui, il est encore tôt de faire une évaluation du GDN. Il propose « d’attendre encore pour mesurer l’impact des recommandations du Grand Dialogue National inclusif sur la situation sur le terrain ».

Lourdes conséquences économiques

La guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest fait perdre beaucoup de ressources à l’Etat. Pour la seule année 2017, la crise a fait perdre un demi-point de croissance au Cameroun, indiquait un rapport du gouvernement cité par Jeune Afrique. Et si la situation perdure, « elle pourrait accroître le niveau de dépenses de défense et de sécurité, affectant ainsi les prévisions budgétaires », prévient la Banque Africaine de Développement (BAD). « Si la résistance de la violence se poursuit on assistera tout naturellement à l’amplification des conséquences économiques, humaines et sociales de cette crise. Ce qui va fatiguer les protagonistes qui se trouveront tous épuisés par les dépenses et les affres de la guerre. Au final l’un va capituler, seulement après combien de temps et à quel prix ? » se demande Aristide Mono.

Vers une nouvelle médiation ?

Alors que la situation d’insécurité perdure, plusieurs options se présentent. « L’Etat devra imposer la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, si l’implémentation des mesures visant à ramener la sérénité dans ces deux régions fait l’objet de rejet par les entrepreneurs du chaos », tranche Stéphane Zanga. Guy Beaudry Jengu, propose à son tour, qu’« un dialogue incluant véritablement les factions sécessionnistes soit organisé, pour permettre que les élections à venir se tiennent ». Pour sortir de cette crise Aristide Mono a un avis mitigé. « En plus de la mise en œuvre rapide des solutions populaires du dialogue. Soit l’Etat renforce ses capacités de défense et de sécurité pour mieux résoudre la crise par les armes, soit il entame des pourparlers directs avec des leaders séparatistes sous l’égide d’une médiation internationale afin d’obtenir un dépôt des armes », analyse-t-il.

Par Joseph Essama

Crise anglophone : cessez-le-feu : Julius Ayuk Tabe pose ses conditions

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Julius Ayuk Tabe est disposé à négocier, pour un retour à la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Nous n’y avons jamais été opposés », a avoué dans un récent entretien avec Jeune Afrique, le leader autoproclamé du mouvement indépendantiste qui fait durer la crise dans les régions anglophones du Cameroun depuis près de trois ans déjà. Condamné à la prison à perpétuité pour « sécession » et « terrorisme », le président du gouvernement intérimaire que les séparatistes anglophones veulent instituer dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pose cependant un certain nombre de conditions. « Ces négociations doivent être conduites par un structure indépendante, impartiale et crédible », dit-il. Ces négociations doivent « se dérouler en neutre et s’attaquer aux causes profondes de la crise ». L‘homme n’écarte pas de vu l’objectif du mouvement qu’il incarne à savoir, la sécession de la partie anglophone du pays, d’avec le reste des huit régions.

Pour lui, si des négociations sont ouvertes avec le régime de Yaoundé, il serait judicieux qu’un mécanisme soit mis en place dans l’optique de garantir la mise en œuvre des résolutions d’une telle assise. « L’ONU a la possibilité et le devoir de mettre fin à ce conflit, tranche Ayuk Tabe dans cet entretien. Nous regrettons d’ailleurs que, lors de sa récente visite au Cameroun, son secrétaire général, Antonio Gutierres, n’ait pas jugé utile de se rendre en Ambazonie [nom que les séparatistes ambitionnent de donner à l’Etat qu’ils rêvent d’instituer dans les régions anglophones du Cameroun, Ndrl.] ». Julius Ayuk Tabe persiste, bottant en touche la possibilité même de résoudre la crise par un débat inclusif sur la forme de l’Etat. « Encore une fois, les résolutions de l’ONU, qui ont accordé son indépendance au Southern Cameroon, n’ayant à aucun moment supprimé ses frontières internationales, les modifications de la Constitution de la République du Cameroun ne nous concernent pas », argue-t-il. Une question subsiste cependant.

Et si aucune négociation ne s’ouvrait ? « Que peut-il arriver de pire que ce qui se passe actuellement en Ambazonie ? Notre crédo est simple : l’indépendance totale ou la résistance à jamais », répond-t-il. Julius Ayuk Tabe avait été arrêté au Nigeria en janvier 2018, alors qu’il tenait une réunion avec neuf de ses collègues leaders séparatistes à Abuja. Extradés à Yaoundé, les dix compagnons sont incarcérés à la prison principale de Kondengui.

Par Joseph Essama

Incongruités et dangerosité des thèses fédéralistes et sécessionnistes

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Gouvernance: les paroles s’envolent mais la réalité reste !

Par Moussa Noya, politologue

A la faveur des revendications socioprofessionnelles des avocats et des enseignants, la récupération et la manipulation aidant, l’on a vu une floraison des thèses fédéralistes et sécessionnistes. Aussi, face à la proposition du Gouvernement camerounais de renforcement du processus de décentralisation en cours, un certain nombre d’acteurs politiques, anglophones et même francophones, présentent-ils la fédération ou la sécession comme les seules solutions viables à la situation qui prévaut depuis quelques temps dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest.

Mais à y observer de près, ces théories affichent de nombreuses failles et dangers pour la sureté nationale et la sécurité des citoyens.

La forme de l’Etat est un moyen et non une fin

Nombreux sont les fédéralistes, entrepreneurs politiques faisant preuve d’une bonne dose de mauvaise foi, qui font comme si une fois le fédéralisme adopté comme forme de l’Etat, tous les problèmes que rencontrent les populations se trouveront résolus comme par un coup de baguette magique.

Le fédéralisme est alors présenté, à des populations qui au demeurant ont souvent une connaissance institutionnelle et une culture politique lacunaires, comme un sésame qui ouvrira comme par enchantement la porte à une société digne des contes des mille et une nuits.

Cependant, ce paradis promis avec emphase par des acteurs politiques aux allures de manipulateurs, fait allègrement l’impasse sur la réalité qui veut que la forme de l’Etat soit plus un moyen qu’une fin en soi.

Ainsi, ils oublient de faire savoir que le Nigeria qui est un Etat fédéral, et qui est le plus proche et plus grand voisin du Cameroun est loin d’être un modèle de bonne gouvernance ou de cohésion nationale au sein des Etats fédérés.

En effet, le fait d’être un Etat fédéral ne fait qu’on soit automatiquement mieux gouverné, ou que l’on vive un bien-être généralisé. Indifféremment, qu’un Etat soit fédéral ou unitaire, il peut être corrompu, éprouver des difficultés à répondre aux besoins des populations, dictatorial et vénal.

Par ailleurs, la cohésion sociale n’est pas du tout garantie du fait qu’on soit fédéral, car au sein des Etats fédérés, il existe toujours des micro-identités, sous formes de tribus ou de clans, qui peuvent être mobilisés par des acteurs véreux, et adopter des positions et des postures conflictuelles.

Il apparait alors que quel que soit la configuration de l’Etat, la construction de la Nation, la légitimation du pouvoir, la cohésion sociale, la promotion du bien-être, la lutte contre la corruption, etc., participent plus de la volonté politique.

En outre, si la trajectoire historique et la configuration géographique d’un pays peuvent faire qu’on ait l’impression qu’il serait mieux qu’il soit fédéral, le cas de la République Démocratique du Congo démontre à suffisance que du temps où il était un Etat unitaire, il était plus soudé, plus stable et plus développé qu’actuellement où il a la forme d’une fédération. Alors gare aux prescriptions toutes faites.

Une surcharge institutionnelle

Mieux encore, le Cameroun a eu à faire pendant près d’une décennie l’expérience du fédéralisme. Qu’il est alors curieux de voir comment certains acteurs politiques qui ont bel et bien connu cette période, tendent à présenter de manière fort malhonnête cette époque comme étant un âge d’or.

En effet, durant les onze ans du fédéralisme, les Cameroun connaissait d’importantes difficultés structurelles du fait de la surcharge institutionnelle. Car l’on avait trois assemblées nationales, trois gouvernements, deux inspecteurs gouvernementaux, trois cours suprêmes, un vice-président et un président de la République.

A cela, il fallait ajouter de dizaines d’autres d’administrations qu’il fallait dupliquer de part et d’autre des Etats fédérés, sans compter des spécificités territoriales dont il fallait tenir compte comme la « House of Chiefs Assembly ».

Si l’on retournait au fédéralisme, et surtout dans la configuration que demandent ces opposants et activistes, l’on aurait alors pas moins de onze assemblées nationales, onze gouvernements, onze sénats, onze cours suprêmes, plusieurs vice-présidents, un président de la République, etc.

Auxquels il faudrait additionner d’innombrables autres institutions tels que le Conseil constitutionnel, la cour de sureté de l’Etat, la Haute cour de justice, les conseils régionaux et départementaux, les communes, etc.

Il est alors pour le moins embarrassant de voir ces opposants et activistes qui d’habitude se plaignent de la taille du gouvernement ou encore du cout de certaines institutions comme le sénat de la République, dont ils peignent souvent la vacuité de l’utilité, être aujourd’hui les partisans d’une telle inflation institutionnelle.

Surtout qu’une telle configuration hypertrophique des institutions demande d’importants moyens et ressources pour leur mise en place et implantation territoriale, la rémunération du personnel administratif et politique, etc.

Par ailleurs, la multiplication des institutions engendre forcement des conflits d’attributions comme on le vivait régulièrement sous le Cameroun fédéral. Situation qui serait décuplée dans une configuration de quatre, cinq ou encore dix Etats fédérés.

Exacerbations des replis identitaires

L’on est bien perplexe de voir comment certains entrepreneurs politiques et activistes ont une inclinaison oblique à présenter la zone anglophone comme étant une unicité culturelle. Or, les « anglophones » comme on les appelle sont répartis au sein des groupements tribaux et identitaires aussi variés que dans le Cameroun tout entier. Ainsi, l’on a des anglophones Grassfields apparentés aux bamilékés, certains qui sont des peulhs comme la communauté du milliardaire Baba Danpoulo, des peuplades côtières tels que les Bakweres de Chief Endeley ou encore des populations anglophones forestières notamment les Bafwas de Chief Mukete.

Et durant la période fédéraliste du Cameroun, l’on a eu aisément à constater et à observer comment ces entités tribales étaient manipulées à des fins électoralistes par les leaders anglophones. Donnant lieu à des confrontations épiques et iniques entre Emanuel Endeley, John Ngu Foncha, Ngom Jua ou encore Victor E. Mukete.

Il est alors clair que dans un pays où la manipulation tribale est le passe-temps favori de certains politiciens faisant preuve d’une inconsistance idéologique et d’une incohérence programmatique déconcertantes, le retour au fédéralisme serait une occasion idoine d’exacerbation des replis identitaires.

L’on n’ose pas alors imaginer les conflits qui en résulteront, surtout dans le cadre d’un Etat fédéral à dix Etats fédérés

Gare à la Sud-soudanisation de la politique camerounaise

Le Soudan a connu la plus longue guerre civile d’Afrique qui aura duré pendant plus de 27 ans. Les différents « experts » et « analystes » du Continent Africain y voyaient alors, sur la base du discours officiel des leaders politiques du Sud-Soudan, une confrontation sur la base identitaire entre d’une part les arabes et musulmans du Nord, et d’autre part, les bantous animistes et chrétiens du Sud. Et comme solution, la communauté internationale n’avait trouvé d’autre solution magique que la partition de l’Etat Soudanais, qui a été matérialisée en 2011.

Mais très vite, le monde va déchanter. Jamais le Sud-Soudan n’aura connu un tel niveau d’horreurs comme ce que l’on vit depuis quelques années. La lutte armée qui a succédé à la guerre civile est si violente qu’on est souvent dans des situations de génocides.

En fait, la communauté internationale est bien obligée de reconnaitre que le problème n’était ni religieux ni linguistique encore moins anthropologique. Il s’agissait tout simplement de conflit de pouvoir en vue de la maitrise des ressources pétrolières du Sud-Soudan.

Ainsi, quand l’on observe la vacuité de la plupart des positions et propositions de certains politiciens et activistes anglophones, et surtout leurs circonvolutions constantes dans leurs revendications, en vue d’instaurer à chaque fois une impasse dans les négociations, il est clair que le problème se trouve ailleurs que dans les griefs socioprofessionnels.

Il faut dire que depuis des lustres, l’exploitation pétrolière qui a cours dans la zone du sud-ouest du Cameroun constitue une véritable fixation pour certains entrepreneurs politiques anglophones. Ceux-ci sont alors prêts à faire feu de tout bois pour avoir la mainmise sur cette ressource, n’hésitant pas à distiller de dangereux fantasmes au sein des populations locales.

Le vrai problème de ces activistes n’est alors véritablement pas la marginalisation linguistique des anglophones, mais le pétrole.  Ainsi, certains entrepreneurs politiques anglophones, qui savent qu’ils n’ont nullement l’étoffe et savent pertinemment qu’ils ne peuvent pas être élus au plan national, espèrent qu’au travers du fédéralisme et surtout de la sécession, ils pourraient enfin avoir voix au chapitre et pourront ainsi gérer à leur seul profit, les ressources pétrolières de la zone anglophone. C’est justement ce qu’a avouer un « leader » anglophone comme Ayah Paul Abine, pourtant Avocat Général à la Cour suprême du Cameroun, qui pour expliquer l’incohérence de sa démarche politique, « vous les camerounais avez gérer notre pétrole pendant plus de quarante ans ! ». Se faisant ainsi le héraut de la cause sécessionniste, alors qu’il a été candidat à l’élection présidentielle au Cameroun, sous la bannière de People’s Action Party (PAP).

Il est alors urgent, pour les Camerounais qui sont encore lucides dans leur très grande majorité, d’éviter de tomber dans le piège de la Sud-soudanisation de la vie politique camerounaise.

 

 

Cameroun, une société des outrances !

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« Renaître ». Tel est le titre du nouvel opus littéraire de Nathalie Koah. Son deuxième après Revenge porn. Et pas besoin d’être sorcier pour deviner qu’il s’agira de revenir sur toute sa force intérieure qui lui aura permis de se remettre de sa mésaventure avec la star du football, Samuel Eto’o.

Mais au-delà de la critique littéraire, qui somme toute risque être anecdotique, ce qui est par ailleurs intéressant est l’accueil plutôt chaleureux réservé à l’ouvrage de cet auteur au passé plutôt sulfureux. Ce qui renseigne une fois de plus sur la société des outrances qu’est désormais le Cameroun.

Le Kongossa, nouvelle figure du journalisme

Alors qu’elles sont les choses les plus prohibées dans toutes les écoles de journalisme, qu’elles soient formelles ou informelles, les allégations sont devenues la règle dans la pratique du journalisme aujourd’hui au Cameroun. Pire encore, les invectives, les histoires inventées de toutes pièces, les chantages sont plus que répandues.

Mais ce qu’il y a de plus sidérant, c’est de voir la délectation du public pour ces ragots rapportés, faisant de leurs auteurs, véritables chauves-souris à la profession journalistes, les nouvelles figures de proue.

Aussi, n’est-il pas alors rare, de rentrer dans le bureau huppé d’un très haut responsable ou même d’un éminent professeur, et le trouver en de suivre une émission de Kongossa, ou de lire une de ces publications spécialisées dans la fantasmagorie journalistique. Allant jusqu’à en débattre du contenu.

Il n’est pas alors surprenant de voir d’illustres illettrés être les nouveaux magnats de la presse au Cameroun. Leur secret résidant dans leur capacité à tous les travestissements de la vérité, et leur forte inclinaison à la malhonnêteté.

Les prostituées, nouvelles stars de Facebook

Elles se prénomment Amélie, Valérie, Nathalie, Ingrid, etc. D’autres prennent les titres de « Pdg », « Reine du peuple », « Femme fatale », « Chef d’Etat », etc. Elles ont pour caractéristique commune de revendiquer haut et fort leur statut de prostituée de luxe.

Généralement installées en occident, elles sont omniprésentes sur Facebook. Leurs directs, les fameux « live », sur ce réseau social sont suivis au quotidien par des milliers voire parfois de dizaines de milliers de personnes. Leurs publications sont partagées de dizaines de milliers de fois. Tandis que le nombre d’abonnés sur leurs pages dépasse systématiquement la centaine de mille. De quoi faire pâlir d’envie même le président de la république.

Leur secret. La grossièreté la plus abjecte. Récits des ébats sexuels, injures des « homologues » et « amis », invectives des personnalités publiques, séances de striptease, danses déjantées, tout y passe.

Nyangono du Sud et Maahlox au top des charts

S’il en est qui bénéficient d’un succès similaire dans les réseaux sociaux, c’est Malhox le vibeur et Nyangono du sud. Mais leur célébrité est très loin d’être uniquement virtuelle, car ils sont désormais les visages les plus emblématiques de la musique camerounaise.

Il n’y aurait rien à redire si leurs mélodies et leurs textes, ou ce qui en tiendrait lieu, n’étaient pas aux antipodes des prouesses mélodieuses et voluptueuses dont le Cameroun a fait montre par le passé, au point de marquer l’Afrique et le monde. Qu’il est bien révolu le temps glorieux où les Manu Dibango, Black Style, Têtes brulées, Vincent Nguini et consorts envoûtaient le monde par la qualité de leurs sonorités vocales et instrumentales.

Désormais, c’est le règne du « fou fap », du « trou barbu », de la « bière c’est combien ici », et de la « bosse ». Avec cela, on remplit le palais des sports  de Yaoundé, et on est la coqueluche des Canal d’or, ovationné par la première Dame et l’entièreté du gouvernement.

Le « Djansang » se vend très bien

Longtemps conspuée, cachée et unanimement condamnée, la pratique de la dépigmentation de la peau est désormais pleinement assumée au Cameroun. Mieux encore, elle est revendiquée.

Les villes sont désormais pavoisées de plaques publicitaires des produits destinés à cet effet. « Immédiat clair », « là là clair », « teint métisse », « rapid clair », etc. sont vendus au vu et au su de tous, et leurs promotion se fait dans les médias les plus réputés.

Une nouvelle race de « femmes d’affaires » est ainsi née. « Dermatologues » d’un autre genre, elles sont de véritables stars et roulent carrosse. Il faut dire que le filon se  porte plutôt bien et semble inépuisable. Et ce ne sont pas les réprobations, de plus en plus rares, de quelques bien-pensants et autres « conservateurs » qui y changeront quelque chose.

L’injure comme idéologie politique

Le rachitisme des « projets de société » et autres « programmes » lors de la récente élection présidentielle a suffisamment renseigné sur la vacuité idéologique et programmatique de la très grande majorité des candidats.

Faute d’arguments construits, les débats politiques ont virés à la foire d’empoigne. Injures, quolibets, menaces, servant de succédanées. De pansement sur l’absence de visions et de propositions crédibles et alternatives.

C’est désormais à quel camp insultera le plus. On se trouve des « appellations » les plus dénigrantes les unes plus que les autres. En guise de réponse à toute critique, on s’attaque à son auteur. On s’en prend à son physique, sa famille, sa tribu, sa religion. Et presque jamais à ses idées.

Dans cette dynamique où la gadoue se dispute à vaudeville, de novelles célébrités sont nées. Et dans cette catégorie, Patrice Nganang à n’en point douter tient le haut du pavé. Et de nouvelles « vocations » sont nées. « Amer Kamer », « Jean Louis Batoum », « Dit Farabor », « Léon Messey », « Boris Bertolt », « Paul Tchouta », « Mathieu Youbi » et Cie  lui ont pour le moins allègrement emboité le pas.

La démolition des icônes consacrées

Dans cette perte de lucidité généralisée, on n’hésite plus à s’attaquer aux icônes. C’est ainsi qu’un Patrice Nganang, à l’activité d’écrivain et de scientifique encore embryonnaire, et à la reconnaissance internationale presqu’invisible, peut s’attaquer à un Achille Mbembe, et être applaudi par ses « fans ». Il en est de même de ces personnes n’ayant pas franchi le seuil du premier cycle du collège, qui remettent en question les diplômes et le savoir d’un Maurice Kamto. Que dire de ces « artistes » à la carrière jouvencelle voire pucelle qui estiment que « le Makossa est mort », car Ben Decca, Toto Guillaume, Guy Lobè, etc. n’ont rien fait.

Loin de toute idée de construire des temples avec des « dieux » infaillibles et non critiquables. La remise en question serait intéressante si celle si était basée sur des aspects techniques et théoriques dont on a la parfaite maitrise. Nul ne se plaindrait si la critique d’un Ni John Fru Ndi portait sur la cohérence de ses participations et non-participations aux différentes élections, par exemple. Si la pensée de Luc Sindjoun était attaquée sur ses fondements et postulats. Si la mélodie de Sam Mbende était questionnée sur la forme des gammes.

Mais le malheur veut que les seuls arguments soient : « cochons », « sardinards », « tontinards », « bulus », « tu mens », « fiches le camp », etc. Avec toute l’arrogance qui sied à l’ignorance.

Les poursuites judiciaires contre les opposants en Afrique: Une dangereuse judiciarisation de la politique

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Il ne se passe un seul mois en Afrique sans que l’on entende parler d’inculpation d’un opposant politique. C’est que les gouvernants des pays africains, dans leurs dérives totalitaires et autoritaires, ont l’art d’utiliser tous les moyens afin d’éliminer les différents concurrents, y compris la justice. Ce qui constitue un énorme risque pour la stabilité des Etats.

Epuration politique par voie judiciaire

Contrairement à ce que bon nombre de leurs partisans prétendent, c’est à leurs corps défendant que les dirigeants africains sont allés vers le multipartisme et la libéralisation politique. Par conséquent, bien qu’ils se drapent des oripeaux de la Démocratie, qui supposent la persuasion et la délibération,  ceux-ci ne tolèrent aucunement toute voix discordante.

C’est ainsi qu’il n’est pas rare de les voir user d’une violence bestiale à l’encontre de leurs opposants. Et parmi les moyens d’élimination politique désormais privilégiés, le temps des assassinats politiques systématiques étant révolus depuis la chute du mur de Berlin, il y a la justice.

Les opposants sont ainsi souvent embastillés pour des raisons des plus fallacieuses. Atteinte à la sureté de l’Etat, incitation à la révolte, rébellion simple, manifestations non autorisées, outrage au chef de l’Etat, troubles à l’ordre public etc., sont autant de motifs dont la vacuité n’a d’égale que l’absurdité de leur application.

En République Démocratique du Congo, la presse a donné un nom à cette stratégie d’épuration politique : « nettoyage préventif ». Cette méthode a été appliquée avec grand soin au cas de l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi.

En effet, depuis qu’il a rejoint les rangs de l’opposition en 2015, il va de procès en procès. C’est ainsi qu’il a déjà été poursuivi pour « fraude douanière », « détention illégale d’armes », « recrutement des mercenaires ». Récemment, c’est sous le prétexte d’une certaine « affaire immobilière » qu’il a été condamné à trois ans de prison afin qu’il soit inéligible et contraint à l’exil, suite à sa déclaration de candidature à la prochaine élection présidentielle.

Avant lui, c’est l’opposant Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC)qui a été trainé devant la cours suprême, par Wivine Moleka, au mois de février, pour une ancienne affaire de « dénonciation calomnieuse et imputation dommageable » à l’égard de cette députée de la majorité présidentielle, lors des élections législatives de novembre 2011 à Kinshasa. Alors qu’une entente à l’amiable, assortie de paiement par Vital Kamerhe de dommages-intérêts au profit de la plaignante, avait été trouvée et réglée entre les parties, celle-ci exige désormais des « excuses officielles » près de quatre ans plus tard.

Par ailleurs, les membres de la société civile, assimilés aux opposants font aussi l’objet du même traitement. C’est ainsi que les activistes des droits de l’Homme, Fred Bauma, de Lutte pour le changement (Lucha), et d’’Yves Makwambala, webmaître et graphiste du groupe Filimbi, ont été accusés des faits de « d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat » en mars 2015, à la suite d’une conférence de presse qu’organisait le mouvement citoyen pacifiste Filimbi dans les locaux de la maison de production Eloko Makasi dans la commune de Masin, en compagnie des membres de la Lucha ainsi que des mouvement sénégalais, Y en a marre, et burkinabé, Le balai citoyen, et qui traitait de l’alternance et de la bonne gouvernance en Afrique et en RDC.

Ce nettoyage préventif vise justement à décourager d’éventuels concurrents sérieux.

Décourager les concurrents sérieux

L’Histoire récente du Sénégal ou encore du Burkina Faso démontre que de plus en plus, les opposants les plus radicaux, et qui parviennent souvent à renverser le régime en place sont issus des rangs du parti au pouvoir.

C’est pour se prémunir contre ce genre de mauvaise surprise que les présidents africains n’hésitent pas à user du pouvoir judiciaire pour neutraliser leurs opposants. Ainsi, ils visent à enlever toute velléité chez leurs collaborateurs. C’est la stratégie du bâton et de la carotte. Vous êtes fidèles, et vous bénéficiez de tous les avantages, et même de l’impunité. Vous êtes épris de changement, alors vous êtes bannis et voués aux gémonies du milieu carcéral.

Et sachant que les chefs d’Etats ont souvent la haute mainmise sur le pouvoir judiciaire en Afrique, une peine de prison équivaut souvent à une condamnation à mort, eu égard à l’âge souvent avancé des concernés, mais surtout le peu de possibilité de se voir gracier. Du moins tant qu’on n’a pas ravalé sa « vomissure » et fait « amende honorable », comme ils aiment bien à le dire.

Soumission du pouvoir judiciaire à l’exécutif

En juillet 2015, la juge congolaise Ramazani Wazari qui a condamné Moïse Katumbi à une peine de 36 mois de prison ferme pour « faux et usage de faux », dans l’affaire de spoliation immobilière qui l’oppose à Alexandros Stoupis, a déclaré avoir subit des pressions. « J’ai été menacée de révocation et d’emprisonnement  (…) sur instruction de la hiérarchie, le fond de la cause n’a jamais été examiné juridiquement » a-t-elle déclaré depuis son exil en France après avoir quitté la RDC.

Si ce genre de prise de conscience est rarissime en Afrique, il n’est pas pour autant rare de voir des juges et magistrats être soumis benoitement aux désidératas du pouvoir exécutif, et notamment du président de la république.

Cette mainmise sur le pouvoir judiciaire s’explique tout d’abord par le fait que les juges et magistrats doivent leurs carrières et leurs promotions à la seule volonté du président de la république, qui est souvent président du conseil supérieur de la magistrature. D’ailleurs, le plus souvent, ces conseils n’existent que de nom puisque tous ceux qui y siègent sont ses obligés, nommés et promus par lui seul. Ainsi, les magistrats « récalcitrants » qui tiennent à dire le Droit en leurs âmes et conscience sont rétrogradés, nommés à des postes « ingrats » ou tout simplement révoqués.

Mais au-delà, de la carrière, il pèse sur ces eux parfois purement et simplement des menaces physiques. Leurs propres personnes et les membres de leurs familles sont pris pour cible.

C’est pour se mettre à l’abri de tous ces risques que les membres du pouvoir judiciaire choisissent de se soumettre face au pouvoir exécutif.

Risque de déstabilisation sociale

A usant et en abusant ainsi des institutions nationales à des fins personnelles, les présidents africains leur ôte toute crédibilité. Il s’en suit que les opposants pour faire entendre leurs voix, et espérer renverser la tendance, sont obligés d’opter pour la voix insurrectionnelle.

C’est ce qui explique en très grande partie les conflits et les crises en Afrique, qui sont le plus souvent la résultante des conflits de pouvoir. Aussi, les chefs d’Etats d’Afrique devraient éviter d’utiliser la justice pour se pérenniser au pouvoir car cela constitue un grave risque de déstabilisation.

Doing Business 2020 : Un expert conteste le classement du cameroun

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Le dernier rapport Doing Business 2020 que vient de publier la Banque Mondiale ne satisfait guère bon nombre de personnes issues de la classe socio-économique camerounaise. C’est le cas avec le directeur du Centre de Commerce Extérieur et des Relations Extérieures, Ibrahim Zakari. Il a récemment exprimé son courroux à Douala, au cours d’un point de presse. Ce dernier n’est pas passé par quatre chemins pour remettre en cause la 167ème place du Cameroun : « nous doutons de la sincérité des résultats proclamés dans le cadre du Doing Business 2020 ». Bien plus, a-t-il martelé, « le classement du Cameroun au 167ème rang du Doing Business 2020 ne saurait être justifié, vu les efforts consentis par le gouvernement dans le domaine de l’environnement des affaires ». Pour illustrer son argumentaire, Ibrahim Zakari souligne que « le Cameroun accorde une attention constante à la suppression des obstacles administratifs afin d’assurer une fiscalisation optimale ». Grâce à ces efforts, a-t-il ajouté, « cette année 2019, le Cameroun a pu monter dans le classement mondial des institutions spécialisées (l’université Cornell, et l’Insead) [de la facilité à faire des affaires]. De plus, les indicateurs retenus ne suffisent plus comme étant des éléments déterminants pour attirer les investisseurs. Les efforts de réforme au

Cameroun méritent largement d’être soulignés quand on sait que certaines régions de ce pays sont le théâtre de multiples crises et que de nombreux pays sont en proie aux conflits et aux violences dans le monde », déclare Ibrahim Zakari.

LE CAMEROUN EST LE PAYS LE PLUS ATTRACTIF EN AFRIQUE CENTRALE

Selon Ibrahim Zakari, « 43 % des entreprises étrangères sondées entendent investir au Cameroun en 2020. De plus, 500 entreprises s’affairent à agrandir leurs exploitations actuelles ou à établir de nouveaux centres au Cameroun ».

Prisonnier de luxe: le mystère des évacuations sanitaires

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Pourtant sollicité par plusieurs prisonniers de l’opération épervier, seuls quelques privilégiés bénéficient d’un bon de sortie
Il faut peut-être être élu parmi les prisonniers de luxe pour bénéficier de l’évacuation sanitaire. Le 22 octobre dernier, l’ancien Premier ministre (2004-2009), Ephraïm Inoni aurait été évacué en France pour subir des soins intensifs. Quelques semaines avant cette évacuation, un des membres de sa famille avait affirmé que l’ancien Premier ministre était dans un état d’agonie. Information confirmée par David Eboutou ancien pensionnaire de la prison centrale de Kondengui qui affirme l’avoir vu dans un état de santé critique. Ephraim Inoni est ainsi le deuxième prisonnier de luxe à bénéficier de l’évacuation sanitaire depuis début 2019. Au mois d’aout dernier, c’est l’ancien administrateur directeur général de la Cameroon Airlines, Yves Michel Fotso qui avait été amené vers le Maroc. Si ces évacuations sanitaires qui relèvent d’une sorte de grâce présidentielle répondent aux demandes des avocats et des organisations des droits de l’Homme, elles entretiennent néanmoins un cafouillage sur les critères qui font que tel prisonnier bénéficie de l’évacuation et que tel autre soit recalé. Plusieurs prisonniers de l’opération épervier sollicitent depuis des années une évacuation sanitaire. Jusqu’ici, ils n’ont reçu qu’une fin de non-recevoir. C’est le cas de Polycarpe Abah Abah, Marafa Hamidou Yaya, Urbain Olanguena Awono, ou encore Amadou Vamoulké. Des sources proches de la famille de l’ancien ministre des Finances, informent que Polycarpe Abah Abah est hospitalisé depuis plus de deux mois à l’hôpital de la Caisse de Yaoundé, ces multiples demandes d’évacuation sanitaire sont restées lettre morte auprès des autorités camerounaises. A côté de lui, l’ancien directeur général de la Crtv, Amadou Vamoulké, « meurt à petit feu, derrière les barreaux », dénonce Reporters Sans Frontières, qui recommande que l’ancien manager de la télévision nationale soit évacué « dans un centre spécialisé ». L’ONG de défense des journalistes appuie sa requête sur deux expertises médicales qui confirment qu’Amadou Vamoulké présente “un tableau déficitaire des deux membres, sévère et évolutif” qui nécessite des examens et des traitements « qui semblent difficiles à réunir sur place ». Elle recommande une « hospitalisation en France ».
              Evacuation à la demande du patient sous l’encadrement du médecin
« C’est le patient qui doit initier la demande d’évacuation sanitaire sous l’encadrement ou l’appui technique de son médecin », explique un médecin en service à l’hôpital central de Yaoundé. Simon Pierre Etemé avocat au barreau du Cameroun soutient que l’évacuation sanitaire se fait au cas où le patient est en danger. Et quand le plateau technique est insuffisant ou alors quand l’expertise locale en ressources humaines ne peut traiter son cas. Il ajoute que le dossier médical présenté en vue de l’évacuation sanitaire doit être validé par le Conseil national de la santé. Mais le juriste précise que « l’évacuation sanitaire doit tenir compte des critères objectifs et non subjectifs ». Or plusieurs dossiers répondant aux critères d’évacuation et validés par les experts ont été rejetés. Un fonctionnaire contacté au ministère de la justice avoue ignorer les critères dont se sert l’administration pour évacuer certains et refuser l’évacuation à d’autres. Il soupçonne que la hiérarchie est guidée la même logique qui conduit aux arrestations. « Si on vous demande ce qui justifie que plusieurs personnes sont accusées de détournement, certains sont arrêtés et d’autres restent en liberté, comment allez-vous répondre », questionne-t-il.
                          Le prix à payer
L’avocat Simon Pierre Eteme, explique que le refus de certaines évacuations peut s’expliquer à cause de la cherté de l’opération. Et ce sont les pouvoirs publics qui la prennent en charge, dit-il. Selon lui, quand le cas est grave, il faut prévoir un avion médicalisé et le cout de l’opération peut s’élever entre 45 et 50 millions de francs CFA pour la France. Dans le cas où il n’y a pas d’avion médicalisé, le malade doit occuper les six sièges arrière de l’avion quand son cas est grave, celle-là peut couter environ 15 millions de francs CFA. Pour les cas moins grave, l’opération peut prendre 5 à 6 millions de francs CFA. A ces frais, il faut en outre prévoir une somme d’environ 40 millions à verser au consulat en guise de caution. Il faut noter qu’une journée d’hospitalisation en France est évaluée à environ 1 millions de francs CFA. Toute chose qui selon lui, expliquerait que tout le monde ne soit pas évacué.

Nécrologie:Patrick Ekema raccroche son écharpe

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Le Cameroun vient de perdre un de ses vaillants soldats de la lutte contre la sécession anglophone. Dimanche dernier, le maire de la commune de Buea région du Sud-Ouest est passé de vie à trépas. Victime d’un arrêt cardiaque, selon les médecins, le magistrat municipal de de Buea, meurt au moment où les séparatistes annoncent la dernière « bataille contre l’occupation francophone ».
Patrick Ekema était connu pour le rôle qu’il a joué pour contrecarrer les élans séparatistes à Buea sa ville natale. Au moment où tout le monde reculait face aux séparatistes armés, Patrick Ekema était l’un des rares soutient du Cameroun qui osait affronter de front les groupes armés. A Buea, on le présentait comme « le dernier rempart du pouvoir de Yaoundé pour faire barrage au projet séparatiste ».
On se souvient qu’au plus profond de la crise anglophone, alors que les séparatistes multipliaient les exactions contre l’autorité de l’Etat, il avait organisé une marche avec quelques centaines de ses partisans, pancartes au vent, où on pouvait lire, entre autres message, « Non à la sécession ».
« Je suis un homme et donc je dois agir comme un homme. Un homme ne peut pas m’effrayer. Jamais, jamais de ma vie. Donc je ne sais pas ce qu’on appelle cible. Si quelqu’un me cible, je le cible donc nous nous ciblons. Comme au bureau, comme à la résidence et comme dans la vie sociale, je les attends. Je serai la toute dernière personne à quitter la ville », aimait-il martelé
Le 22 septembre 2017, sa résidence avait été prise d’assaut par un groupe de manifestants pro-indépendantistes, ses biens avaient été saccagés puis son domicile brulé. Depuis lors, il passait la plupart de son temps à Douala.

Cameroun-France: les coulisses de la visite de Jean-Yves Le Drian

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Cela faisait plusieurs années qu’une personnalité française de haut rang n’avait pas foulé le sol camerounais. Arrivé à Yaoundé le 23 octobre dernier, le ministre français de l’Europe et des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian est reparti le lendemain, après une visite chargée où il a rencontré le président de la République, la classe politique, les organisations de la société civile et le Groupement Inter Patronal (Gicam).
                  La libération de Maurice Kamto
Lors de leurs échanges, le président camerounais et son hôte ont évoqué les questions cruciales comme la crise anglophone, le Grand Dialogue National, les relations économiques et militaires entre les deux pays. « Avec Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, nous avons discuté de la coopération bilatérale entre le Cameroun et la France », a écrit Paul Biya sur sa page Facebook. Une source diplomatique a affirmé que « Le Drian a felicité le président camerounais pour les initiatives de paix qu’il a engagées en organisant le Grand Dialogue National et en libérant Maurice Kamto, et l’a encouragé à multiplier les initiatives d’apaisement ».
Après Paul Biya, Jean-Yves Le Drian s’est entretenu avec l’ensemble de la classe politique, les partisans de la majorité présidentielle, ceux de l’opposition et la société civile. Au menu des échanges, « nous avons abordé la manière dont le dialogue s’est déroulé, et avons souhaité que la France nous apporte tout son soutient pour la mise en place des recommandations qui y ont été faites », a confié Jean Nkuete, secrétaire général du Comité central du Rdpc. Cabral Libii ajoute que « en toute convivialité et franchise, il a été abordé certaines problématiques de l’heure au Cameroun. Un accent particulier a été mis sur la crise anglophone, qui engage la coopération entre la France et le Cameroun, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme dans le septentrion ».
La France va tenir sa place
Devant les chefs d’entreprises à Douala, le ministre français a affirmé que la France va tenir sa place en Afrique, face à la concurrence chinoise et russe. Il a ensuite promis un partenariat gagnant-gagnant aux pays qui font le choix de travailler avec les entreprises françaises. « En Afrique nous devons tenir notre place…parfois on a tendance à oublier que la France a des qualités industrielles et entrepreneuriales dans ce domaine », a-t-il lancé.
                             Contrecarrer la menace russe
La visite de l’homme d’Etat français est tombée au même moment où se tenait en Russie le tout premier sommet Russie-Afrique. Paul Biya avait donc le choix entre se rendre en Russie et recevoir son hôte français. La Russie a décidé d’ouvrir une nouvelle page avec le continent africain et a promis d’aider le Cameroun à lutter contre le terrorisme maritime. Pour contrecarrer cette offensive de Moscou, la France a opté de se mettre résolument aux côtés du Cameroun. Jean -Yves le Drian s’est ainsi rendu au Cameroun avec un navire de la marine française, qui a accosté au port de Kribi, le même jour que l’arrivée du ministre. Ce navire avait à son bord, 180 militaires français. Le bâtiment marrin dénommé « Somme », spécialisé pour le ravitaillement et le commandement contenait aussi du matériel militaire pour l’exercice « Grand Africa Nemo ». Selon la Crtv, cette mission est en prélude à « un exercice militaire sous régional. L’exercice Grand Africa Nemo vise la mise en place des stratégies concertées des pays pour la lutte contre l’insécurité maritime sur le Golfe de Guinée : la pollution maritime, la piraterie, les trafics illicites, le secours en mer. »
Joseph Essama

Port autonome de Douala: Paul Biya relance le le marché du terminal à conteneurs

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La note est tombée comme un cheveu dans la soupe et a envoyé les réseaux sociaux. Dans un courrier adressé au Directeur Général du Port autonome de Douala, le secrétaire général de la présidence de la République vient d’instruire la suspension du processus d’attribution provisoire du marché du terminal à conteneurs du Port autonome de Douala, initialement attribué aux Suisses. Le processus devrait en rester  là jusqu’à l’épuisement de la procédure judiciaire pendante actuellement devant devant la con suprême. Une procédure  enclenchee par le groupe Bolloré, en contestation de sa mise à l’écart dans ce marché pour lequel il concourt, en étant le concessionnaire sortant.

 

 La présidence de la République du Cameroun vient donc de relancer le marché au moment  où le ministre francais des affaires étrangère est en visite au Cameroun. Jean-Yves Le Drian a été reçu hier par le président de la République. ,l’emissaire du président Macron est venu parler de la situation sociopolitique qui prévaut au Cameroun, mais nul doute que cette crise qui pourrit la vie entre Yaoundé et le groupe Bolloré depuis quelques mois a ete abordee.

 

En effet, en janvier le groupe Bolloré a été écarté de la course pour la reprise du terminal à conteneurs du Port autonome de Douala. Un croc-en-jambe que la France n’a pas digéré. Le concessionnaire sortant a saisi les tribunaux mais pendant qu’on y était, le marché a eté attribué. Dans certains milieux à Yaoundé, on estime que l’injonction est venue de Paris. Alors que le suisse TIL a deja effectué une visite pour l’inspection des lieux. Le groupe Bolloré Le Pe le groupe Bolloré pourrait reprendre sa concession après avoir épuisé une concession de 15 années que Yaoundé ne voulait pas renouveler.

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