jeudi, mai 7, 2026
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Législatives et municipales 2020 : Les ratés qui ont coûté des voix à l’opposition

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Beaucoup d’appelés, peu d’élus ! Au soir de la proclamation des résultats officiels des élections municipales et législatives qui se sont tenues le 9 février dernier, il y aura des cris de joie, mais surtout des grincements de dents au sein de l’opposition. Si certaines tendances laissent présager une légère reconfiguration au sein des conseils municipaux et de l’Assemblée nationale due notamment à quelques victoires des principaux adversaires du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) au pouvoir, reste que ces derniers ont multiplié des erreurs plus ou moins fatales pour le changement tant revendiqué.

Le Mrc et l’appel au boycott

Si les résultats officiels de ce double scrutin ne sont pas encore connus, de grandes tendances se dessinent. Et annoncent la « razzia » du Rdpc. Sans doute à cause du fort taux d’abstention né de l’influence du principal parti de l’opposition, le MRC, qui avait appelé au boycott de ces élections, peu de temps après le début de l’opération des dépôts de dossiers de candidature. « Le MRC appelle les Camerounais à ne pas aller voter et à rester chez eux le 9 février 2020 afin de ne pas cautionner les élections qui ne ramèneront pas la paix dans notre pays », a déclaré Maurice Kamto, rival malheureux de du président Paul Biya, libéré début octobre 2019 après avoir passé plus de huit mois derrière les barreaux, pour avoir organisé des marches visant à contester les résultats de la présidentielle de 2018. « Organiser des élections au Cameroun aujourd’hui, qui plus est des élections locales, sans avoir rétabli la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, c’est donner le message que les populations [de ces régions] ne sont pas des Camerounais et, ce faisant, consacrer la partition de fait du pays », avait ajouté M. Kamto, invitant « tous les partis politiques de l’opposition, l’ensemble de la société civile, les organisations et autres forces religieuses » à boycotter ce double scrutin. Un appel qui a non seulement été bien accueilli par certains partis de l’opposition comme le Cameroon Peoples’s Parti (CPP) de Kah Wallah, des figures influentes de la société civile telles que l’avocate Alice Nkom, les militants et sympathisants du MRC, mais aussi une grande partie des citoyens inscrits sur les listes électorales qui ont vite fait de dénoncer l’organisation de ces élections, s’inquiétant de leur crédibilité, au moment où le pays est confronté à de multiples crises. Conséquence, « peu de Camerounais ont voté et le Rdpc s’est retrouvé seul dans de dizaines de circonscriptions, constate un analyste politique. Dommage pour l’opposition qui a gâché une occasion de faire reculer le parti au pouvoir aussi bien au sein des conseils municipaux, qu’au sein de l’Assemblée où le Rdpc revendiquait 148 sièges sur 180 avant ces élections ».

Projets mal ficelés

Comme à chaque élection, les différents partis de l’opposition et leurs candidats respectifs avaient chacun son projet de société selon la commune ou la circonscription concernée. Seulement, les mêmes mots (expressions) sont revenus à chaque fois. Ainsi donc, l’on a parlé de : mettre fin aux crises ; développer les localités et le pays ; protéger et faciliter l’épanouissement des populations ; améliorer la qualité de l’éducation, investissement ; créer des emplois pour les jeunes ; améliorer l’offre en électricité et en eau potable de façon régulière ; éclairer les quartiers, les villages et les villes etc. Le problème, « c’est qu’en plus d’être redondants, ces différents projets de société avec la faiblesse d’être très peu détaillés notamment en terme de faisabilité », explique P. Mang, enseignant et habitant du quartier Ekounou dans la Commune de Yaoundé IV. « Les candidats ont eu de la peine à expliquer de manière précise, comment ils entendent implémenter leurs projets, dit-il. C’est bien de promettre des forages, de l’éclairage public etc. Mais ce qu’on attend c’est de savoir : qui va financer ces projets ? A hauteur de combien ? Dans quel délai ces projets seront mis en œuvre ? Et comment la population va-t-elle pouvoir en profiter ? Ce sont des choses qui ont manqué dans les projets présentés par les candidats notamment de l’opposition qui, au final, ont donné l’impression d’aller à ces élections juste pour justifier le statut d’opposant ».

Campagne au rabais

Qui n’a pas entendu un candidat de l’opposition se plaindre de la « petite » enveloppe qui lui a été octroyée par le ministère de l’Administration Territoriale pour financer la campagne ? Tous, ou presque, ont en effet « pleurniché » sur les « faibles » sommes qui leur ont été versées. Du coup, nombreux ont opté pour une campagne au rabais. Si certains ont été aperçus qu’à de très rares occasions, d’autres par contre, ont choisi les réseaux sociaux comme principal canal pour battre campagne. Mais pour quel résultat ?

Par Arthur Wandji

Nyong et Kelle : Cabral Libii dompte l’Upc

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Encore en route ici pour la Sanaga maritime, Cabral tient déjà le Nyong et Kelle

Pour la prochaine mandature, l’Union des populations du Cameroun (Upc) ne sera pas représentée dans le département du Nyong et Kelle, ni dans les conseils municipaux, ni à l’Assemblée nationale. En revanche, l’Upécisme ne mourra pas dans ce fief du parti des pionniers de la lutte pour l’indépendance. Du moins c’est le combat que veut s’approprier Cabral Libii. « Le combat est si noble que nous n’avons besoin de l’autorisation de personne pour nous l’approprier », a lancé le président du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) à ses partisans à Boumnyebel, le village d’origine de Ruben Um Nyobe qui est vu ici comme le cordon ombilical de l’upécisme. C’est dans ce village de l’arrondissement de Ngog-Mapubi que la tête de liste du Pcrn aux législatives dans le Nyong et Kelle a tenu son dernier meeting de campagne le 8 février 2020. A l’occasion, l’homme a réitéré et proclamé son attachement à l’upécisme. Mieux, Cabral Libii s’est fondu dans la peau du Mpodol. «Il y a un illustre mort natif de Boumnyebel ; Um Nyobe, il s’appelait. Si le destin a voulu que je lui succède, rien ne pourra m’empêcher d’y arriver. Je suis heureux de pouvoir le réveiller » s’est-il vanté. Réagissant aux commentaires d’un speaker qui estime que « Cabral réveille les morts chaque fois qu’il arrive ici à Boumnyebel ». Et l’homme refuse d’être emprisonné dans la personne de Um Nyobe, alors que l’upécisme globalisait le Cameroun entier. « J’étais dans le village d’Ossende Afana. J’y ai trouvé Ossende joseph, son frère cadet, qui m’a donné sa canne, sa dernière canne, et m’a dit :’’fils je te donne le pouvoir’’. Je ne sais pas si tout cela est une prémonition », relativise-t-il. Mais reste convaincu que « je serai le président de la 3ème République si vous le voulez ». Et « le changement commence dès demain », proclamait Cabral à Boumnyebel. Alors « si vous avez décidé que je sois celui-là qui va achever le combat des Um Nyobe, vous savez ce qu’il reste à faire », a-t-il interpellé la foule. Et « tant que nous vivrons, le combat des illustres se poursuivra », a-t-il assuré.

Après avoir échoué à atterrir au Palais présidentiel en 2018, Cabral Libii a décidé de reprendre l’élan par les voies de l’Assemblée nationale. Conduisant la liste de son parti dans le Nyong et Kelle, l’homme a saisi l’opportunité de l’absence de l’Upc à ce double scrutin dans son fief, pour essayer de gagner du terrain. Et rien ne semble l’en empêcher. « Il a son aura, mais l’absence de l’Upc ici dans le Nyong et Kelle lui est profitable. Comme le Pcrn prône la même idéologie que l’Upc, à savoir le patriotisme et la lutte pour l’indépendance, beaucoup de militants de l’Upc se sont alignés derrière Cabral », selon Edgard Auguste Beng, directeur départemental de campagne du Pcrn pour le Nyong et Kelle.

Et les résultats dans l’urne sont évocateurs. Déjà, dans son centre de vote du lycée bilingue d’Eséka, Cabral Libii a raflé la mise. Dans son bureau de vote, le Pcrn a remporté les municipales avec 57 voix, devançant le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) qui dispose de 16 voix, contre six et trois pour le Parti uni pour la rénovation sociale (Purs) dont la tête de liste n’est autre qu’Albertine Ngo Pondi, l’épouse de Serge Espoir Matomba, premier secrétaire du Parti uni pour la rénovation sociale (Purs), et le Mouvement démocratique des paysans camerounais (Mdpc). Aux législatives, le Pcrn conduit par Cabral Libii l’emporte également avec 68 voix, suivi du Rdpc (10). Le Purs ferme la queue avec quatre voix. Le Pcrn n’avait donc en réalité d’adversaire que l’abstention : sur 143 inscrits dans ce bureau de vote, seulement 82 électeurs se sont manifestés. La même allure est observée dans la plupart des bureaux de vote du Nyong et Kelle.

Noun : trois morts pendant le déroulement des élections

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Le sultanat Bamoun a perdu des fils lors de ces élections

Le gouvernement, par la voix du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, est allé vite en besogne en déclarant que les élections législatives et municipales du 9 février 2020 se sont déroulées dans le calme et sans incidents majeurs. Et pourtant, à Koupa-Matapit, un village de l’arrondissement de Foumban, département du Noun, région de l’Ouest, le dernier double scrutin législatif et municipal a été ensanglanté.

Trois personnes ont été tuées dans des affrontements entre militants pendant le dépouillement des votes. « Des jeunes, qu’on soupçonnait, d’être des partisans du RDPC, ont débarqué pour créer le trouble dans un bureau de vote où les suffrages étaient favorables au parti concurrent, l’UDC. Une bagarre générale a déclenché, entraînant la mort de trois personnes », a expliqué une source à Cameroon-Info.Net. « Un de nos militants a été assassiné pendant cette pagaille », a affirmé l’honorable Patricia Ndam Njoya, élue et dirigeante de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC), parti politique de l’opposition, présidé par Adamou Ndam Njoya. De son côté, le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, Roi des Bamoun et responsable régional du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), a aussi réagi en adressant un message de condoléances aux familles des victimes. « Après l’assassinat de deux de ses fils à Koupa-Matapit, suite un acte de barbarie d’une autre époque, S.M le Sultan Roi des Bamoun, a le profond regret d’adresser ses sincères condoléances aux familles éprouvées par ces actes odieux. Le Roi déplore par ailleurs ces agissements qui sont non seulement ignobles et barbares mais condamnables par toutes les religions et par toutes les lois d’ici et d’ailleurs. Leurs mémoires resteront à jamais gravées dans nos esprits. Puissent leurs âmes reposer en paix dans le meilleur des paradis et que la terre de nos ancêtres leur soit légère », a écrit le monarque dans un communiqué publié le 12 février 2020. La commune de Foumban, bastion imprenable de l’UDC, a été remportée une fois de plus à la majorité absolue, à l’issue des élections communales, par la liste du parti d’Adamou Ndam Njoya, qui y a été fait maire depuis 1996.

Par Arthur Wandji

Législatives et municipales : Les remontées de terrain dans quelques localités

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Ouest la razzia du Rdpc

Dans les 08 départements de la région de l’Ouest, les premières évaluations faites par les Etats-majors de partis politiques créditent le Rdpc de 19 sièges de député, contre 2 pour Union des Mouvements Socialistes de Pierre Kwemo (dans le Haut Nkam) dans la même région. Ainsi les résultats détaillés par département pourraient présentés : 4/4 députés pour le Rdpc dans le département de Bamboutos et 4/4 communes ; 01/ 3 députés pour le Rdpc dans le Haut-Nkam et 5/7 communes. Les deux autres sièges aux législatives dans le Haut-Nkam ont été remportés par l’Union des Mouvements Socialistes (UMS) qui aurait également emporté deux communes dont celle très convoitée de Bafang. Dans sa razzia, le parti au pouvoir obtient 2/2 députés dans les Hauts Plateaux et 4/4 communes ; 2/2 députés dans le Koung-Khi et 3/3 communes ; 4/4 députés dans la Menoua et 5/5 communes ; 2/2 députés dans la Mifi et 2/3 communes. La commune de Bafoussam 1er revient au SDF. 2/2 députés dans le Nde et 4/4 communes sont raflés par le Rdpc et le seul député du Noun est du Rdpc. Mais l’UDC rafle 4/9 communes dans le Noun.

Au centre, le Rdpc frôle les 100 %

Dans la région du Centre, quelques échos reçus jusqu’ici annoncent le Rdpc vainqueur dans plusieurs localités. Ainsi le parti au pouvoir remporterait 7/7 sièges de députés dans le Mfoundi, ainsi que toutes les communes de ce département ; 1/1 siège dans la Mefou et Akono et 4/4 communes ; 2/2 sièges dans la Mefou et Afamba, ainsi que 7/7 communes ; 2/2 sièges dans le Nyong et So’o ; 3/3 députés dans le Mbam et Inoubou. 2/2 dans la Haute Sanaga ; 5/5 députés dans la Lekie ; 2/2 députés dans le Nyong et Mfoumou. Dans la même région, le Pcrn de Cabral libii remporterait les trois sièges de députés qui étaient disputés.

Extrême-nord

Dans la région de l’Extrême-Nord, à Maroua notamment, le Front pour le Salut National du Cameroun (Fsnc) d’Issa Tchiroma remporte avec une majorité relative la commune de Maroua 2. Le Rdpc remporte avec une majorité relative les communes de Maroua 1 et 3. Les deux partis se partagent les deux sièges de député de la circonscription du Diamaré-Centre. Le Rdpc rempile le seul poste de député du Diamaré-Ouest et remporte la commune de Meri. Dans le Mayo-Sava, le Rdpc remporte les trois communes de Tokombere, Mora et Kolofata et conserve les quatre sièges de député. Dans le Logone et Chari, le Rdpc remporte les quatre sièges de député et les 10 communes de ce département. Dans le Mayo-Kani Sud, le Mouvement pour la Défense du Cameroun (MDR) de Dakole Daissala remporte les deux sièges de député et met la main sur les communes de Dziguilao, Touloum et Moulvoudaye. Le Rdpc remporte celle de Guidiguis. Dans la localité du Mayo-Kani-Nord, le Rdpc obtient trois sièges de députés et les trois communes de cette circonscription politique que sont Kaele, Moutourwa et Mindif. Dans le Mayo-Danay Le Rdpc rafle les cinq sièges de député de ce département : Mayo-Danay -Est, Mayo Danay-Sud et Mayo-Danay-Nord et rempile les 11 communes (Yagoua, Gueme, Wina, Gobo, Gueré, Maga, Kai-Kai, Datcheka, Tchatibali, Doukoula et Kalfou). Du côté du Mayo-Tsanaga l’Undp remporte les communes de Hina, Roua et Koza. Le parti de Bello Bouba s’accapare aussi l’unique siège de député de la circonscription de MayoTsanaga-Est. Le Rdpc gagne cinq sièges de députés (Mayo-Tsanaga Nord et Mayo-Tsanaga-Sud) et remporte les communes de Mokolo, Mogode, Mozogo et Bourha.

Adamaoua

Dans l’Adamaoua, département du Faro et Deo l’Undp remporte l’unique siège de député et rafle les communes de Tignere, de Galim-Tignere et de Kontcha. Le Rdpc remporte celle de Mayo-Baleo. Mayo-Banyo (Adamaoua). Le Rdpc obtient les deux sièges de député et les communes de Bankim et de Mayo-Darle. Le candidat de l’Undp devient maire de la commune de Banyo. Dans le département du Djerem , l’Undp remporte la commune de Tibati, le Rdpc celle de Ngaoudal et l’unique siège de député de cette localité. Dans la Vina l’Undp remporte les trois sièges de député et gagne les communes de Ngaoundéré 1, Ngaoundéré 2, Nyambaka et Martap. Le Rdpc remporte les communes de Belel, Ngan-Ha, Mbe et obtient une majorité relative à Ngaoundéré 3.

Nord

Le Septentrion n’a pas déroulé le tapis rouge au Rdpc. Selon les échos du terrain le parti au pouvoir a mordu la poussière dans certaines localités au bénéfice notamment du l’UNDP, même si dans l’ensemble il est sorti vainqueur. Les communes de Mok,yo Oulo, Pitoa et Lagdo seraient ainsi tombées dans l’escarcelle du FSNC de Issa Tchiroma Bakari. Son parti jubile d’ailleurs dans la perspective d’avoir un siège au parlement. Dans le Mayo-Rey, l’Undp aurait écrasé le Rdpc à Touboro avec près de 10.000 voix d’écart et le Rdpc et conserve ses communes de Madingring, Rey-Bouba et Tcholliré. Dans le Faro, le Rdpc remporte l’unique siège de député et les communes de Poli et Beka. Dans Mayo-Louti (Nord), trois partis se partagent les trois communes de ce département. L’Undp gagne Guider, le Rdpc, Figuil et le Fsnc de Tchiroma, Mayo-Oulo. Dans la Bénoué, le Rdpc remporte les communes de Garoua 1, 2 et 3. Le parti au pouvoir gagne également celles de Dembo, Bardaké, Touroua, Gashiga, Ngong et obtient une majorité relative à Bibémi. Le Fsnc remporte les communes de Pitoa et Lagdo et l’Undp, celle de Baschéo.

Nord-Ouest : le Rdpc rafle la quasi-totalité des communes

Dans la région du Nord-Ouest, le Rdpc sort vainqueur et remporte 28/30 communes que comptent la localité. Le Social Democratic Front perd ainsi tous ses fiefs historiques de Boyo, Bui, Ndonga Mantung, Menchum, Mezam, Momo et ne conserve que deux communes à Bamenda I et II. Même si les résultats des législatives dans le Nord-Ouest et ceux du Sud-Ouest ne sont pas encore connus, on peut croire que cette élection a sonné le glas du SDF, car ce parti risque de perdre son groupe parlementaire à l’Assemblée. Le candidat du SDF aux élections municipales dans la commune de Douala V Carlos Ngoualem, après avoir reconnu sa défaite, a estimé que son parti doit faire un bilan de la dernière campagne et en tirer les leçons et les conséquences qui s’imposent.

Littoral : Nourane députée, Nintcheu repêché

Dans la région du Littoral, le fait majeur qui marque ces élections, est l’entrée annoncée au parlement de Nourane Foster, candidate du Pcrn. Selon les résultats qui fuitent des quartiers généraux de certains partis, l’on observe que pour les législatives dans la circonscription du Wouri Est, le Rdpc aurait raflé 2 sièges de députés, tandis que le parti de Cabral Libii aurait remporté un siège. Le candidat sortant du SDF, Jean Michel Nintcheu lui, a été repêché. Et devrait occuper le dernier siège en jeu dans cette partie de la région du Littoral. Pour ce qui est des municipales, le SDF et l’Undp pourraient quitter le conseil municipal de la mairie de Douala IIe, au profit du Rdpc qui aurait raflé les 41 conseillers municipaux de la commune. Selon les mêmes résultats, le Rdpc contrôlerait aussi le seul poste de député de cette localité. Dans le Moungo, l’on note aussi l’éventuel retour de Paul Eric Kingue qui selon ses propres dires, aurait remporté le scrutin à la mairie de Njombé-Penja. Le candidat du Mouvement Patriotique pour un Cameroun Nouveau (Mpcn), annonce aussi que son parti a gagné la mairie de Dibombari.

Par Joseph Essama

Brice Sado Tséwui* : « M. le président, À trente ans, j’aurais tellement aimé avoir vos trente ans…»

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M. le président, si Dieu m’accorde la même grâce que vous, alors dans 60 ans, j’aurai votre âge. Je serai certainement quelque part dans un coin reculé de ce pays, assis matin et midi, remuant dans ma tête fatiguée par le temps, les souvenirs de mes 30 ans ! De ma vie ! Comme aujourd’hui vous vous souvenez des vôtres.

M. le président, à 30 ans, vous étiez un haut fonctionnaire de ce pays et vous n’avez d’ailleurs jamais cessé de l’être ! À 30 ans vous aviez un charisme et une carrière qui présageaient un avenir prometteur aux générations futures. À 30 ans vous aviez 30.000 raisons de réussir car le pays avait posé les fondations d’une construction solide et grandiose ! Je ne sais pas quel bilan personnel vous faites de votre gouvernance depuis 38 ans, mais une chose est sûre, vous devez être fier de vos 30 ans…

M. le président, dans 60 ans j’aurai votre âge, et le souvenir que j’aurai de mes 30 ans, c’est donc les réalités que je vis aujourd’hui…
M. le président, à 30 ans, j’ai des diplômes sans emploi. À 30 ans je n’ai pas de famille, comment puis-je en avoir si je n’arrive pas à me nourrir moi-même? À 30 ans, je n’ai pas de toit, je n’ai pas de carrière, je ne vois que des barrières. À trente ans, je n’ai pas d’eau, pas d’électricité. À 30 ans je me demande ce que seront mes prochains 30 ans, tellement l’avenir est obscur. À trente ans, j’aurais tellement aimé avoir vos trente ans…

M. le président, vous n’avez pas besoin de moi, c’est moi qui ai besoin de vous, votre vie n’a été que paradis depuis que vous avez 30 ans ! Ouvrez-nous les portes et laissez-nous entrer, nous voulons aussi de bons souvenirs pour nos 30 ans !
En passant, je ne fais partie d’aucun « petit » parti politique, je suis juste un citoyen éclairé qui vis dans le noir, en attendant un peu de lumière, que je n’ai pas depuis 30 ans !!!

#POUR LA BEAUTÉ DES CHOSES
*Brice Sado Tséwui se présente comme journaliste et étudiant en communication

Nyong et Kelle : Cabral Libii et Paul Biya luttent contre l’abstention

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le vote sociologique aurait joué dans le nyong et Kelle

Les listes du Rdpc et du Pcrn étaient les poids lourds dans le bastion de l’Upc.
Toutes proportions gardées, le taux d’abstention aura été le fait majeur des élections législatives et municipales dans le Nyong et Kelle. De Boumnyebel à Eséka en passant par Bondjock, Matomb, Dibang, il revient que les électeurs se sont beaucoup mobilisé en début de matinée, puis ont disparu des bureaux de vote aux alentours de midi. Comme au palais de justice d’Eséka où les deux bureaux de vote ont parfois été des déserts humains en mi-journée, faute d’électeurs. Puis en début d’après-midi, l’affluence a été bonifiée : « je suis d’abord allée à la messe ; c’est après que je suis allée voter», confesse une chrétienne. Les leaders religieux relevant du catholicisme, version romaine, ayant concentré les messes de cette journée électorale entre 6h et 8h. Ainsi que ceux qui avaient de petites courses et commissions à) faire : « je suis allé au champ très tôt, si bien qu’à l’ouverture des bureaux de votes, je rentrais déjà», a assuré un agriculteur.

Sauf qu’à la fin, les chiffres trahissent une réalité : le triomphe de l’abstention. Quelques chiffres : au marché d’Eséka, le bureau A, a enregistré 40 votants contre les 78 électeurs attendus (dont six membres du bureau de vote qui se sont inscrits séance tenante), et dans le bureau B, 186 votants contre 417 inscrits attendus. Au lycée bilingue où a voté Cabral Libii, la tendance a été presque la même. Ainsi, le bureau de vote de celui qui s’est classé 3ème à la dernière élection présidentielle, 82 votants ont rempli leur devoir citoyen contre 143 attendus ; pendant que dans l’autre bureau de vote, 164 électeurs sur 364 attendus.

Ceux qui se sont déplacés pour choisir les députés et conseillers municipaux de la prochaine mandature, avaient deux poids lourds qui se disputaient le terrain laissé par l’Union des populations du Cameroun (Upc) dont les listes ont été annulées dans le Nyong et Kelle du fait de la double investiture. Baleguel Nkot et Bapooh Lipot, les secrétaires généraux des deux factions du parti des crabes, ayant investi des listes dans ce département fief de l’Upc. Le Rdpc de Paul Biya et le Pcrn de Cabral Libii se sont donc avérés être les plus redoutables concurrents sur les quatre validés dans le département. Outre ces deux partis, le Parti uni pour la rénovation sociale (Purs) de Serges espoir Matomba et le Mouvement démocratique des patriotes camerounais (Mdpc) complétaient la liste.

Discours : Ce que Paul Biya a dit à sa jeunesse

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Mes chers jeunes compatriotes,

Il n’y a pas si longtemps, m’adressant à la Nation, je vous disais que le septennat en cours devait être décisif. Je pensais bien entendu à notre accès à l’émergence à l’horizon 2035 qui validerait nos avancées dans le domaine de la démocratie et du progrès économique et social. Eh bien, je crois que les faits sont en train de me donner raison.

Il fallait en priorité régler  le problème, depuis longtemps pendant, de la mise en œuvre de la décentralisation. Le Grand Dialogue National a ouvert la voie à l’adoption, par le Parlement, du Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées et d’une loi qui assure l’égalité de l’usage du français et de l’anglais. Ces textes ont été promulgués par mes soins dans les meilleurs délais.

Rien ne s’oppose donc plus à leur application. Il s’agit en réalité d’une véritable révolution pacifique qui répond aux aspirations de nos concitoyens à une meilleure participation à la gestion des affaires locales. A quoi s’ajoutent les dispositions d’un statut spécial pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui tient compte de leurs particularités sociales et culturelles.

Mais, me direz-vous, pourquoi nous parler d’un problème qui ne nous concerne pas spécifiquement ? Il y a, à cela, deux raisons :

– D’une part, vous serez la première jeune génération à bénéficier des opportunités qui vont se présenter à ceux qui voudront s’investir dans la gouvernance locale. Et je vous engage vivement à le faire.

– D’autre part, le nouveau processus de décentralisation a valeur d’exemple. Il apporte la preuve que les problèmes liés à l’évolution de notre société peuvent se régler par la concertation sans recourir à la violence.

Mes chers jeunes compatriotes,

Je voudrais insister sur ce point, car il n’y a que trop d’endroits dans le monde – et notamment en Afrique – où la violence fait le malheur des peuples. Nous ne voulons pas de cela au Cameroun. Notre objectif demeure l’établissement d’une société pacifique, démocratique, juste et prospère.

C’est pourquoi nous poursuivrons nos efforts pour avancer dans cette voie, en mettant l’accent sur le développement de notre système éducatif.

Déjà parvenu à un niveau de qualité reconnu, il continuera de faire l’objet d’une attention particulière du Gouvernement. A titre d’exemple, tous types d’enseignement confondus, ses dotations budgétaires représentent, en 2020, environ le septième  des dépenses de l’Etat.

Des jeunes ayant reçu une bonne éducation et une bonne formation auront naturellement les meilleures chances de se comporter en citoyens responsables et d’accéder à l’emploi.

Ce dernier problème reste préoccupant, surtout s’agissant des jeunes. Il n’y a pas en effet, pour le moment, adéquation entre la demande et l’offre d’emplois. L’Etat et le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle font tout ce qu’ils peuvent pour apporter des réponses. Le premier par ses recrutements dans la fonction publique et l’armée. Le second par la mise en œuvre de différents programmes d’aide à l’emploi.

Mais, il faut bien reconnaître  que ces efforts, même s’ils sont appréciables, ne sont pas de nature à régler un problème qui tient au fait que notre économie ne crée pas suffisamment d’emplois. Malgré ce handicap, on peut toutefois se réjouir de ce que, selon les statistiques, un peu plus de 500.000 emplois ont été créés l’an dernier dans le secteur moderne de notre économie.

La situation actuelle de celle-ci est la résultante des différentes crises qui se sont produites au cours des vingt dernières années. J’ai évoqué récemment cette question dans mon message de fin d’année à la Nation.

J’ai dit en substance que notre économie évoluait de façon plutôt satisfaisante et que notre croissance était repartie à la hausse. Mais je précisais aussi que le contexte international demeurait incertain et que nous devions faire des efforts supplémentaires pour rester sur la trajectoire de l’émergence. Antérieurement, j’avais eu l’occasion de déplorer notre dépendance excessive   vis-à-vis de l’extérieur et de suggérer de l’alléger.

C’est tout le sens de notre politique de développement qui vise à moderniser notre agriculture, à stimuler notre industrialisation, notamment en transformant nos matières premières agricoles et minérales, et à développer le numérique. Nous pourrons ainsi faire baisser nos importations, augmenter nos exportations et créer de nouveaux bassins d’emplois. C’est à vous, mes chers jeunes compatriotes, que reviendra cette tâche exaltante au cours des prochaines décennies.

Par ailleurs, le Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique poursuivra ses activités au bénéfice des jeunes dans les domaines de l’éducation civique et de l’intégration nationale, de leur insertion économique et de l’application du Plan Triennal Spécial Jeunes. C’est le cas avec l’initiative Youth Connekt Cameroon, récemment lancée à Yaoundé.

Ces différents programmes concernent plusieurs centaines de milliers de jeunes.

Au registre des satisfactions que nous pouvons légitimement éprouver, je mentionnerai les succès remportés par nos jeunes sportifs sur la scène internationale. Qu’il s’agisse :

– du 2ème titre de champion d’Afrique des Nations de notre équipe de football messieurs des moins de 17 ans en avril 2019,

– du 2ème titre de championne d’Afrique de notre équipe nationale de volley-ball dames en juillet 2019 et

– de la consécration, en janvier 2020, de notre équipe nationale féminine de football comme meilleure équipe du continent,

Je crois que nous pouvons être fiers de notre jeunesse sportive qui fait flotter très haut les couleurs du Cameroun.

Aujourd’hui, les Camerounaises et les Camerounais, dans leur grande majorité, peuvent manger à leur faim, se faire soigner, aller à l’école, au collège, au lycée, à l’université, ont le droit de s’exprimer et de voter librement.

 

Mes chers jeunes compatriotes,

Il n’y a pas si longtemps, lors d’un Conseil Ministériel, j’avais demandé au Gouvernement d’envisager la mise en place d’un plan national de lutte contre la consommation des drogues et de l’alcool. Celle-ci avait alors atteint la côte d’alerte au sein de la jeunesse camerounaise. J’invite encore aujourd’hui le Gouvernement à se mobiliser davantage pour lutter contre ce fléau.

Je saisis également l’occasion de cette Fête de la Jeunesse pour, une fois de plus, lancer un appel à nos jeunes compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ceux qui se sont laissé enrôler dans des bandes armées et qui continuent d’entretenir un climat d’insécurité dans ces deux régions doivent déposer les armes, à l’exemple de ceux, nombreux, qui l’ont déjà fait et qui vivent tranquillement au sein de nos communautés. Je continue de les exhorter à sortir de la brousse et à retrouver leurs autres jeunes concitoyens qui mènent une vie normale au sein de la société.

Mes chers jeunes compatriotes,

Je ne peux pas ne pas évoquer, avant de conclure, un événement récent qui bouleverse nos consciences : le meurtre, à Yaoundé, d’un jeune professeur de mathématiques par un de ses élèves. Cet acte, à peine croyable, en dit long sur les dérives de nos sociétés modernes.

J’en appelle aux parents, aux hommes de religion et aux enseignants pour que, grâce à l’éducation qu’ils dispensent, de tels faits ne puissent se reproduire. Je vous demande également de réfléchir à ce qui s’est passé, d’en mesurer la gravité et de prendre l’engagement de ne jamais commettre de tels actes.

Je saisis cette occasion pour exprimer de nouveau aux malheureux parents concernés mes très sincères condoléances.

Mes chers jeunes compatriotes,

Il y a soixante ans – j’avais alors votre âge, le Cameroun accédait à l’indépendance. Les jeunes de l’époque en avaient rêvé et elle est devenue réalité.

La tâche était immense. Nous en étions conscients. Il aura fallu beaucoup d’efforts, mais aussi de sang et de larmes, pour arriver où nous en sommes. Ce sont des générations de jeunes comme vous qui y ont consacré leur vie. Nous n’avons pas à avoir honte de ce qu’ils ont fait.

Aujourd’hui, les Camerounaises et les Camerounais, dans leur grande majorité, peuvent manger à leur faim, se faire soigner, aller à l’école, au collège, au lycée, à l’université, ont le droit de s’exprimer et de voter librement.

Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire. Nous le ferons ensemble. Nous bâtirons ensemble la société juste et prospère que nous appelons de nos vœux.

Mes chers jeunes compatriotes,

Pour le bien de notre pays, j’ai besoin de vous.

Bonne Fête de la Jeunesse !

Vive la jeunesse camerounaise !

Et vive le Cameroun !

 

Elections du 9 février 2020 : le satisfecit d’Atanga Nji

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Atanga nji fait le point de la situation sur le terrain

« Les élections municipales et législatives se sont tenues dans le calme et la transparence dans l’ensemble du territoire ». C’est le constat que dresse Paul Atanga Nji, cette nuit, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote. Ainsi, « le mot d’ordre de boycott lancé par certains responsables de partis politiques, qui en réalité ont eu peur de participer aux élections, a été ignoré par l’immense majorité des Camerounais ». Y compris dans les régions anglophones où des séparatistes avaient menacés de mort les populations, si elles allaient voter. «S’agissant du Nord-ouest et du sud-ouest, les populations sont sorties massivement pour accomplir leur devoir civique dans toutes les circonscriptions administratives », selon le ministre de l’Administration territoriale. Prenant à témoin « les images diffusées dans les télévisions et les réseaux sociaux depuis ce matin, [qui] sont le témoignage le plus éloquent de l’engouement et de l’enthousiasme des populations du Nord-ouest et du sud-ouest ».

Toujours est-il que ; à l’observation, et selon des confrères qui ont couvert les élections dans ces deux régions, les populations n’ont pas écouté les menaces des sécessionnistes. Même si certaines informations et images tournées par des sécessionnistes, ont laissé croire que des électeurs ont été tués à coups de machettes. Mais il est certain que l’on a voté dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. A la satisfaction du gouvernement qui malgré les assurances, redoutaient une amplification de ces menaces par des partis politiques comme le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto et le Cameroon people’s party (Cpp) de Kah Walla qui ont appelé au boycott des élections.

L’homme est si sûr de la tenue régulière des élections, qu’il sait à l’avance que « les éventuelles réserves, du reste mineures, qui pourraient être soulevée par les partis politiques en compétition ne peuvent pas entacher la crédibilité du scrutin et la sincérité des résultats lorsqu’’ils seront proclamés par les instances compétentes ». En admettant que « seules ces instances ont le droit de publier les résultats des élections ». Lui qui sait d’office qu’il ne devrait pas y avoir de réserves ; ou que « d’éventuelles réserves » ne pourront pas entacher la crédibilité des résultats. En tout état de cause, Paul Atanga Nji invite les partis politiques et les électeurs à « attendre le verdict des urnes… seules les urnes parleront », a-t-il indiqué.

Législatives et municipales 2020 : 6 millions 853 mille électeurs aux urnes

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Paul Biya votant

Les électeurs camerounais de l’intérieur du pays se relaient aux urnes depuis ce matin pour renouveler le mandat des 180 députés de l’Assemblée nationale et les exécutifs des 360 communes du territoire national. Une élection dont l’enjeu n’est pas à proprement parler le vainqueur de ce double scrutin, le 3ème du genre depuis le retour du multipartisme, mais davantage le taux de participation. Le parti devenu le leader de l’opposition au sortir de l’élection présidentielle de 2018, à savoir le Mouvement pour la renaissance du Cameroun de Maurice Kamto, ayant décidé de ne pas prendre part au vote, et appelant au boycott. Une position déjà adoptée depuis 2018 par le Cameroon people’s party (Cpp) de Kah Walla, posant des conditions préalables telles que la résolution du conflit dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest, la révision du code électoral, le départ du président. Un an après, le Mouvement pour la réconciliation nationale (Mrc) s’est approprié le combat, pendant que le Cpp et la plateforme Stand up for Cameroon va plus loin en exigeant le départ du président Biya du pouvoir. Cela dans le cadre d’une transition politique que cette plateforme appelle de tous ses vœux. Mais c’est le Mrc qui a focalisé l’attention depuis la veille du dépôt des listes électorales, lorsque Maurice Kamto a décidé de ne plus investir ses candidats. Depuis lors, le parti continue de s’imposer dans les débats politiques, même pendant la campagne électorale. Le parti dominant l’espace public par une communication agressive et une surexposition médiatique qui ont fini par l’opposer parfois aux autres partis politiques dits de l’opposition.

Quoi qu’il en soit, le chien aboie, la caravane passe. Yaoundé a maintenu les élections à la date choisie par le président de la République : le 9 février. Et ce sont exactement 6 853 498 électeurs qui sont attendus aux urnes réparties dans 22 000 bureaux de vote disséminés sur le territoire national. Pour désigner les 180 prochains députés de la Chambre basse du Parlement camerounais et les 360 maires. En course, 236 listes de députés issues de 35 partis politiques. En ce qui concerne les municipales, sur les 592 listes déposées, 549 ont été déclarées éligibles. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) part largement favori. Le parti au pouvoir concourt seul dans 134 circonscriptions aux législatives. Du coup, l’enjeu pour beaucoup de partis est la participation, tant dans les 46 autres circonscriptions, le parti au pouvoir dispose encore de moyens conséquents pour pouvoir au moins partager les sièges, s’il ne les remporte pas tous. Le défi que pourraient relever le Social democratic front (Sdf) et le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), seuls partis qui disposent de moyens tant financiers qu’humains est de pouvoir obtenir un groupe parlementaire. Ces deux partis qui sont en course dans des circonscriptions importantes comme le Wouri, le Nyong et Kelle, les Bamboutos, le Moungo, les régions du nord-ouest et du Sud-ouest.

Les urnes livrent les résultats dès 18h, heure de fermeture des bureaux de vote. En l’absence du Mrc, le Pcrn de Cabral Libii semble présenter la principale alternative aux yeux des observateurs. Les tribulations du Sdf dont la participation a fait l’objet d’une danse Bafia (succession d’avancées et de reculades), ont enfoncé davantage ce parti dont le fief est presque coupé de la vie de la nation, du fait de la guerre séparatiste que mènent des mouvements armés dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest. Et justement, la participation qui était d’environ 5% à la présidentielle dans ces deux régions, pourrait davantage baisser cette fois-ci. La guerre s’étant intensifiée et des positions encore radicalisées. La politique du bâton et de la carotte du gouvernement ne ramenant pas encore la paix définitive. Même si le ministre de l’administration territoriale (Minat) Paul Atanga Nji a rassuré l’opinion que des mesures sécuritaires spéciales ont été prises pour que les populations brisent les cordons de la peur pour aller voter. Mais dès la nuit, les séparatistes ont engagé des actions de saccage d’édifices publics et ciblant les sites devant abriter le scrutin.

Boumnyebel : L’onction populaire pour Cabral Libii

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L'étudiant sur les pas du professeur

Cabral Libii est arrivé à la place des fêtes de Boumnyebel au milieu d’une marée humaine. Précédé d’un cheval, le candidat à la députation était debout dans un véhicule 4×4, tenant un chasse-mouche qu’il agitait. La foule surexcitée exultait, clamant des « sauveur », « Mpodol ». Ce dernier nom qui signifie en langue Bassa locale, « porte-parole », « leader ». Référence faite à Ruben Um Nyobe, ex secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (Upc), figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Cameroun.

Et l’homme qui a surpris la classe politique nationale pour occuper le troisième rang à l’élection présidentielle de 2018, ne s’est pas fait prier pour accepter ce titre. « Un des speakers a dit que je ressuscite les morts ; je ne sais pas, mais il me semble que c’est vrai car je ne sais pas d’où sort tout ce monde, à cette heure-ci (19h). J’ai l’impression que je ne suis pas à Boumnyebel. De Pitoa, Makari , à Lolordorf, partout où je suis passé, ça a été la même chose», a-t-il commencé. « Et puis il y a mort et mort. Il y a un illustre mort natif de Boumnyebel ; il s’appelait Um Nyobe. Je suis heureux de pouvoir le réveiller. J’étais dans le village d’Ossende Afana. J’y ai trouvé Ossende joseph, son frère cadet, qui m’a donné sa canne, sa dernière canne, et m’a dit :’’fils je te donne le pouvoir’’. Je ne sais pas si tout cela est une prémonition », a-t-il enchainé. Redisant son destin présidentiel en cours de réalisation. « Tant que nous vivrons, nous e combat des illustres se poursuivra », a-t-il proclamé devant une foule qui n’arrêtait d’applaudir. Revendiquant son « upécisme », l’orateur refuse de laisser aux seuls militants de l’Upc l’héritage des Um Nyobe, Ouandié, Moumié,… « Nous n’avons besoin de l’autorisation de personne pour nous approprier ce combat », a-t-il indiqué. Et fustige « ceux qui voient en nous la cause de leurs problèmes ». Allusion intelligente aux militants de l’Upc.

C’est le dernier meeting du leader du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn). Lui qui est candidat aux législatives dans le Nyong et Kelle. « Le changement doit commencer demain. Si vous avez décidé que je sois celui-là qui va achever le combat des Um Nyobe, vous savez ce qu’il reste à faire. A Ngog Mapubi ça doit être 100%. Honte à celui qui prendra 2000F pour ramener le bulletin du Pcrn! honte à celui qui hypothéquera son avenir et celui de ses enfants à 1500F! », a-t-il mis en garde. Non sans fustiger l’adversaire. « Ils sont incapables de gagner une élection dans leurs villages sans tricher !» « Ils sont incapables de convaincre leurs frères et leurs parents de voter, sans leur donner à manger ou de l’argent car ils n’ont aucun bilan après 38 ans de pouvoir ». La foule est en extase. « S’ils gagnent encore dans les mêmes conditions, ce sera la faute à vous» ; a-t-il attiré l’attention. De quoi refroidir quelque peu la foule. « Vous devez non seulement voter, mais veiller sur votre vote», a-t-il sensibilisé. Prêchant à des convertis. « Il y a eu les grandes ambitions, puis les grandes réalisations, et aujourd’hui les grandes arrestations. Allez-vous accepter que cela continue ?» a demandé Bienvenu Ndjip, 3ème candidat du Pcrn aux législatives.

Les candidats aux législatives ont été présentés. Chacun déclinant sa filiation. Chacun des speakers a rassuré la foule sur son engagement à travailler pour le peuple. La communauté anglophone qui a accueilli le leader en chanson, a été rassurée à chaque fois : « N’ayez pas peur ; vous êtes chez vous. Si par la grâce de dieu et la volonté du peuple nous sommes élus demain, nous nous battrons pour mettre un terme à la crise anglophone», a promis Cabral Libii. Avant de prendre congé de la foule, direction Douala où il devait tenir le dernier meeting de campagne à Nkongmondo. Au bénéfice de Nourane Fotsing , l’autre joker de l’équipe Pcrn et cadidate aux législatives. L’homme veut mettre son aura au service de ses candidats partout à travers le territoire.

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