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Promotion : Yang Philemon rebondit à la présidence

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Le chômage n’aura pas duré longtemps pour lui. Philemon Yang a été nommé ce 17 avril Grand chancelier des ordres nationaux. L’ex Premier ministre remplace à ce poste Peter Mafany Musonge, un de ses prédécesseurs. Après dix-huit mois de repos. L’ancien haut-commissaire du Cameroun au Canada a quitté l’Immeuble Etoile le 4 janvier 2019, après 11 années comme Premier ministre chef du gouvernement. Depuis hier, le natif de Jiketem-Oku dans le Bui libère Mafany Musonge d’un poste qu’il cumule avec ses fonctions de président de la commission du bilinguisme et du multiculturalisme. Après avoir démissionné du Sénat pour incompatibilité de fonctions, Peter Mafany Musonge a conservé les deux autres postes. Jusqu’à ce 17 avril 2020. Après avoir ouvert les travaux de la Grande chancellerie lundi dernier, en vue de l’étude des dossiers de décorations au titre du 20 mai prochain, Peter Mafany Musonge cède la place à un de ses successeurs à la primature pour la suite.

Magistrat devenu politique

Âgé de 73 ans, Yang Philemon effectue ainsi un grand retour aux affaires, pour poursuivre une carrière très longue. Magistrat de formation, l’homme a très vite été happé par la politique. Nommé vice-ministre de l’Administration territoriale dans le premier gouvernement du Premier ministre Paul Biya le 30 juin 1975, l’homme occupera un poste plein en 1978 en tant que ministre de l’élevage et des industries animales, avant d’être muté en novembre 1979 aux Mines. Après une année de sabbat, l’homme entamera un long séjour diplomatique comme Haut-commissaire du Cameroun au Canada. Vingt années après, il est rappelé au pays par Paul Biya pour être secrétaire général adjoint de la Présidence de la République. C’est de là qu’il atterri à l’Immeuble Etoile comme Premier ministre le 30 juin 2009.

Covid-19 : La Fécafoot veut soulager financièrement ses licenciés

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« La Fécafoot, après concertation avec le Comité technique transitoire (CTT) et la Ligue de football féminin du Cameroun (Lffc), a décidé d’apporter un appui spécial à 25 joueurs et encadreurs de chacune des équipes de l’Elite one et, de l’élite two et à 20 joueuses et encadreurs de la Première division de la Ligue de football féminin». L’annonce est contenue dans un communiqué signé de Benjamin Banlock, le secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). La décision rendue publique ce 17 avril donnait 24h aux différents clubs pour fournir le liste des personnes devant bénéficier de cet appui.

C’est la contribution de la Fécafoot à l’atténuation des peines de ses licenciés en proie à l’invasion du Covid-19. Avec la pandémie qui s’abat sur la population mondiale, le gouvernement camerounais, comme l’ensemble des pays du monde, a pris des mesures barrières visant à restreindre les mouvements des personnes et l’interdiction des regroupements de plus de 50 personnes. La Fécafoot a ainsi suspendu ses championnats, le temps du confinement. A la suite de la Fédération internationale de football association (Fifa) a décidé de la suspension ses activités et les compétitions qu’elle organise ; en invitant ses associations à suspendre les compétitions jusqu’à la fin de la pandémie. La Confédération africaine de football (CAF) a suivi le pas. La Fécafoot s’y est également mise.

Mais depuis plus d’un mois, en l’absence d’activités, dans un contexte où le football tend à devenir une activité professionnelle, la Fécafoot a cru devoir soulager les souffrances de ses licenciés qui vivent du ballon rond. « Cet arrêt d’activités, notamment des championnats professionnels et de football féminin, prive les joueurs et les joueuses de leur principale source de revenus et les installe dans une incertitude, une fébrilité, voire une précarité préjudiciable à la stabilité des équipes et à une bonne reprise des compétitions à la fin de la crise sanitaire », justifie la Fécafoot.

Depuis l’arrivée du covid-19 au Cameroun, la Fécafoot a déjà enregistré trois décès sur les 22 enregistrés sur le territoire national. D’abord Samuel Wembe, puis Bernard Momo (ex président de l’Aigle de la Menoua et ex maire de Dschang) la semaine dernière, et hier son directeur administratif et financier Ebeneser Nzonlia.

Coronavirus : Paul Biya envisage bientôt la fin de la maladie au Cameroun

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Après plusieurs semaines de « confinement », Paul Biya est apparu le 16 avril. Dans une audience avec l’ambassadeur de France au Cameroun. Et c’est d’ailleurs Christophe Guilhou qui rend publique les premières images de cette audience sur son compte twitter, en indiquant avoir trouvé un Paul Biya « toujours alerte ». L’ambassadeur de France déclare avoir parlé de la lutte contre le Covid-19 avec le président Biya en promettant l’aide de son pays au Cameroun. Passant de la parole à l’acte, le diplomate a conduit une délégation de son pays à la remise de dons par des entreprises françaises basées au Cameroun, au ministre de la Santé publique. Avant de rencontrer Madeleine Tchuente, la ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation (Minresi) dont le ministère est engagé dans les opérations de lutte contre la pandémie, devra produire de la chloroquine pour les besoins de la cause. A cette occasion, la France a promis son appui dans le cadre de la recherche et même de la fabrication de ce médicament, objet d’un autre pan de la guerre entre firmes pharmaceutiques.

Paul Biya, lui, entrevoit déjà la fin de la crise sanitaire dans son pays. Il n’a pas donné une date précise, mais le président de la république, en prorogeant de 15 jours le confinement que le Premier ministre a décrété le 17 mars, et prorogé deux fois déjà, a annoncé la date de reprise des cours dans les établissements scolaires et professionnels. L’école a été fermée en même temps que démarrait le confinement partiel au Cameroun. C’est dire que, même si le nombre de cas d’infection continue de grimper au Cameroun, les autorités gouvernementales croient que la fin de l’invasion du virus est proche. Pour autant, Paul Biya laisse une fenêtre ouverte à des réajustements car il conditionne la reprise des cours à l’évolution positive de la situation sanitaire.

Désiré Mbock Géoffroy : Cavaye jette, Paul Biya prend

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Dans un décret rendu public hier soir, Paul Biya nomme Désiré Mbock Geoffroy président du conseil d’administration de la Société nationale d’investissements (SNI). Le diplômé de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) replace à ce poste le Pr Joseph Owona nommé il y a trois jours membre du Conseil constitutionnel. Fonction incompatible avec celles de membre d’un conseil d’administration de société publique ou parapublique.
En remplacement de celui qui y a passé plusieurs années, Paul Biya a pensé à un homme désavoué par Cavaye Yeguie Djibril. Le président de l’Assemblée nationale a limogé Geoffroy Mbock en juin 2019, à peine un an après l’avoir lui-même nommé à la tête du secrétariat général de l’Assemblée nationale. Dans un contexte de cohabitation difficile entre les deux personnalités de la Chambre basse du Parlement. Entre juin 2019 et le 15 avril, les fonctions étaient assurées par le secrétaire général adjoint de l’instance. Jusqu’à ce que Cavaye Yeguie Djibril nomme au poste l’ex député du Nkam Gaston Komba.

Dr Celestin Bedzigui: « n’accepter l’apport du FMI que s’il est fait à un taux concessionnel »

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« n’accepter l’apport du FMI que s’il est fait à un taux concessionnel »

Au regard du choc financier soudain que représenterait une riposte efficiente au coronavirus et qui pourrait se situer dans la fourchette 150 à 500 milliards de francs CFA et au regard du poids actuel du service de la dette dans notre budget qui en avoisine 20 %, il s’impose que soit mise en œuvre une stratégie permettant que soit évitée une défaillance de l’État dans ses obligations régaliennes, ou que l’État soit en « defaut » au niveau de ses paiements tant auprès de ses créanciers privés du Club de Londres qu’auprès de ceux du Club de Paris qui sont partenaires publics de la coopération bilatérale et multilatérale, ce qui pourrait dégrader durablement la qualité de la signature du Cameroun. Étant donné que la part de la dette vis-à-vis des institutions de Bretton woods représente une proportion importante du stock de celle-ci, c’est bien vers elles que doivent être orientées prioritairement nos démarches. Au guichet Bird, nous devrions solliciter un abandon partiel de dette et un rééchelonnement du solde. Au guichet IDA, nous devons demander un don au plafond maximal autorisé. L’intervention du FMI ne devra être acceptée que si le concours accordé est fait à un taux concessionnel. Ceci veut dire que la récente offre faite à un taux non concessionnel devrait être repoussée par le gouvernement. Il est important de souligner que d’autres voies doivent être explorées ; je pense notamment à la BAD qui offre et octroie des appuis aux Etats qui les sollicitent.

Dr Ariel Gnitedem, économiste: « le soutien du Fmi est opportun et pertinent »

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« Le soutien du Fmi est opportun et pertinent »

Il est nécessaire pour le Fonds Monétaire International (FMI); de procéder à un allègement de la dette des pays africains. Ce n’est pas seulement pour un pays comme le Cameroun que ceci sera important, mais pour l’ensemble du continent. Il faut déjà noter d’entrée de jeu que trois crises menacent les pays africains en général et le Cameroun en particulier à la sortie de la lutte contre le coronavirus, à savoir la crise économique sans précédent comme c’est le cas pour les pays occidentaux. Pour le continent africain, il faut craindre trois autres crises, à savoir la crise alimentaire, la crise sociale et la crise d’endettement. L’Afrique risque de déboucher sur un endettement massif, d’une amplitude similaire au niveau d’endettement que le continent avait connu avant les plans d’ajustement structurel. Parce que les déficits budgétaires vont s’amplifier et alimenter la dette. Pour lutter efficacement contre le Covid-19, et particulièrement pour mettre en place les mesures d’accompagnement, les pays africains d’expression française qui n’ont pas la main sur le deuxième levier de la politique économique, à savoir la politique monétaire, seront obligés d’actionner uniquement la politique budgétaire. Ils seront obligés de passer par ce qu’on appelle les drones budgétaires pour pouvoir faire face à cette crise. Cela va donc amener ces pays à creuser le déficit budgétaire. Cela suppose que tout ce qui a été mis en place à travers les programmes du FMI depuis 2017, et qui a permis de baisser les déficits budgétaires, va être annuler par les efforts de lutte contre le Covid-19. En clair, il devient pertinent et opportun d’alléger la dette de ces pays et donc du Cameroun. Il faut d’ailleurs signaler que l’allégement de cette dette n’est qu’une partie de solution à apporter pour sauver l’économie. Il faut aussi dire que le soutien que le FMI peut apporter s’inscrit dans le cadre de son article 4 qui prévoit une assistance aux pays membres qui en demandent ou qui sont en détresse. Il faut donc voir jusqu’où le FMI peut aller, parce qu’il faut dire d’emblée que les besoins du Cameroun pour financer la lutte contre le covid-19 son plan sont très élevés, je ne pense pas que le FMI soit en mesure, toute seule, de couvrir cette demande. Il est bien vrai que quand le FMI agit, cela ouvre la porte à la contribution des autres partenaires techniques et financiers du Cameroun, notamment les partenaires bilatéraux et multilatéraux, mais cela ne suffira pas. Je dois dire d’ailleurs pour anticiper, que cela sont des solutions qu’il convient de mettre en place pendant le Covid-19. A la sortie de cette pandémie, il faudra penser à mettre en place un plan d’envergure, une sorte de Plan Marshal qui a été mis en place à la sortie de la deuxième guerre mondiale. C’est vers cela qu’il tendre.

Propos recueillis Junior Matock ( Par Défis Actuels 473)

Allègement de la dette: pourquoi le Cameroun est absent de la liste du Fmi

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Pourquoi le Cameroun est absent de la liste du FMI

Le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) a publié le 13 avril dernier une liste de 25 pays donc 19 africains, devant bénéficier de l’allègement du service de la dette, afin de leur permettre de mieux répondre à la crise sanitaire actuelle, le Covid-19. À la suite de la publication de cette liste, une polémique a déclenché au sein de l’opinion, au sujet de l’absence du Cameroun sur cette liste. Mais de l’avis des experts, il n’y a pas matière à se triturer l’esprit. « Je ne comprends pas pourquoi on devrait épiloguer sur le sujet, le FMI a clairement indiqué dans son communiqué que les pays qui bénéficient de cet allègement sont notamment ceux qui sont les plus pauvres et le plus vulnérables », explique Florent P, économiste. « Bien qu’il soit touché par le Covid19, le Cameroun parvient encore à gérer au mieux de ses capacités cette pandémie, et d’ailleurs, le fait de ne pas publier sur cette première liste ne suppose pas que le pays n’en bénéficiera pas, il faut être patient », poursuit la même source. D’ailleurs, Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI a précisé dans son communiqué que cet acte posé à l’endroit des pays les plus vulnérables, va leur permettre de « couvrir leurs obligations en matière de dette envers le FMI pour une première phase au cours des six prochains mois et les aidera à canaliser une plus grande partie de leurs maigres ressources financières vers les secours médicaux d’urgence et autres secours vitaux ». Dans la même perspective, d’aucuns avancent que le FMI essaye dans un premier temps d’apporter son soutien aux pays qui sont mal en point et qui peinent à faire face à cette pandémie. Le journal pan-africain Jeune Afrique, dans un article publié le 7 avril dernier sur son site internet, annonçait que le Cameroun est dans la liste d’attente du FMI, et il est prévu que son cas soit examiné « d’ici à la fin du mois (d’avril ndlr) ». Pour Celestin Bedzigui, économiste, « l’intervention du FMI ne devra être acceptée que si le concours accordé est fait à un taux concessionnel. Ceci veut dire que la récente offre faite à un taux non-concessionnel devrait être repoussée par le gouvernement ».

Par Junior Matock ( Défis Actuels 473)

Covid-19: la Beac promeut les cartes bancaires et le mobile money

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La Beac promeut les cartes bancaires et le mobile money

La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) n’entend pas rester de marbre face à la propagation du Coronavirus dans l’ensemble des six pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Le gouverneur de la Beac, Abbas Mahamat Tolli, a pour ce faire, signé un communiqué le 15 avril dernier, dans lequel il invite les populations de la sous-région à recourir désormais aux moyens de paiements électroniques dans le cadre de leurs différentes transactions. Et ce, dans le but de limiter la propagation du Covid-19. « La Beac invite les populations de la Cemac à privilégier les paiements par carte à travers tous les canaux de paiements électroniques existants dans la sous-région, les paiements par mobile intra et inter opérateurs, ainsi que les paiements par transferts en guise de règlement », peut-on lire dans ce communiqué. Bien plus, écrit Abbas Mahamat Tolli, « dans leurs dépenses quotidiennes et dans la mesure du possible, les moyens de paiement électronique devront être utilisés en lieu et place des espèces, afin de réduire les risques de contamination inhérents à la manipulation des espèces, facteur de non distanciation sociale ». Mais bien avant de suggérer ces mesures, le gouverneur de la Beac a tenu à rappeler aux uns et aux autres que « les cartes bancaires, les mobiles et les autres instruments de paiement électronique sont désormais interopérables et, par conséquent, permettent l’échange des données transactionnelles entre eux à des fins de dénouement des opérations de paiement ». A cet effet, précise le communiqué de la Beac, « les porteurs des cartes bancaires, des mobiles, ainsi que les utilisateurs des systèmes et moyens de paiements, peuvent ainsi réaliser des opérations de paiements et de transferts des fonds dans la Cemac, à des coûts relativement moindres, et sans avoir à se déplacer ni à manipuler des espèces ». Par ailleurs, la Beac indique dans son communiqué que toutes ces mesures visent à accompagner les efforts des Etats de la sous-région, dans la lutte contre la propagation du Coronavirus, en encourageant les populations à pratiquer la distanciation sociale et à privilégier les moyens de paiements digitaux. Il convient de souligner que c’est lors du Comité de Politique Monétaire du 27 mars dernier que la Beac avait recommandé aux fournisseurs de services de paiement de la sous-région de baisser les coûts relatifs aux transactions de monnaie électronique et des paiements digitaux.

Junior Matock ( Défis Actuels 473)

Pouvoir : Kamto engage la procédure de constatation de la vacance

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Après l’expiration de son deuxième ultimatum, Maurice Kamto a saisi l’Assemblée nationale pour constater la vacance du pouvoir au Cameroun. Pour le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), « la loi réserve au seul président de l’Assemblée nationale, après avis conforme du bureau de cette institution, le privilège de la saisine du Conseil constitutionnel aux fins du constat de la vacance de la présidence de la République ». Cependant, « elle n’indique pas qui peut solliciter le président de l’Assemblée nationale à cette fin», relève-t-il. Du coup, « elle ouvre ainsi la possibilité à tout citoyen ou organisation politique», analyse-t-il. Alors « c’est pourquoi j’ai saisi, par un moyen laissant trace, le président et le bureau de l’Assemblée nationale, afin qu’en leur âme et conscience, ils assument leurs responsabilités devant vous et devant l’histoire», écrit-il dans une déclaration publié sur son compte facebook officiel. « J’ai pris les miennes», se vante le président du Mrc.

L’opposant politique avait annoncé le 3 avril dernier qu’il compte faire constater la vacance à la présidence de la République, si après expiration de son second ultimatum Paul Biya ne manifestait pas un signe de vie. Faisant remarquer à l’opinion que le Cameroun traverse « une situation politique inédite, caractérisée par l’absence prolongée et inexpliquée du chef de l’Etat en fonction ». Peu avant la première sortie de Maurice Kamto sur ce sujet, Kamwa la panthère, un activiste camerounais établi en Europe, avait annoncé le décès de Paul Biya. Plusieurs hauts dignitaires du régime de Yaoundé avaient réagi pour dénoncer cette « fausse information », en indiquant que le président Biya est vivant et exerce pleinement le pouvoir et les responsabilités que lui a confiées le peuple au terme de la dernière élection présidentielle. Sauf que, depuis plus de deux mois, Paul Biya n’est pas toujours apparu en public. Cependant des actes sont régulièrement signés au nom de l’Homme du 6 novembre. Pour les plus sceptiques, le pouvoir est exercé par un clan au nom du président.

La note de Maurice Kamto sur le sujet

Le 27 mars, Maurice Kamto avait donné sept jours à Paul Biya pour donner signe de vie, sinon le peuple prendra son destin en main. Au terme de ce premier ultimatum, le président du Mrc avait lancé le 3 avril, une opération de collecte de fonds pour organiser la riposte contre le coronavirus. Mais en même temps, un nouvel ultimatum de sept jours était donné au président de la république, pour la même requête. Il a expiré. Maurice Kamto a annoncé qu’il fera constater la vacance du pouvoir. Chose promise, chose due. Reste à savoir que crédit l’Assemblée nationale accordera à cette requête, et ce que réserve le candidat arrivé 2ème à la dernière élection présidentielle et qui jusqu’ici revendique la victoire.

Yaoundé : le secteur des transports routiers au ralenti

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La pandémie de coronavirus affecte principalement les déplacements de personnes.

Quartier Mvan à Yaoundé. Il est 10 heures ce vendredi 10 avril 2020. L’atmosphère est crispée. L’ambiance des grands jours qui a souvent régné dans ce site bondé d’agences de voyage a laissé la place à quelques rares passants. Ça et là, des bus sont garés dans les parkings. Et quelques passagers prennent leur temps devant les guichets. Aucun rang en vue. Du coup, « pas besoin de se bousculer ou de se précipiter », lâche Herman, un voyageur qui souhaite se rendre à Douala, capitale économique du Cameroun. Le jeunot sait qu’une fois son ticket payé, il devra attendre longtemps avant le départ du bus qui doit le transporter. « L’agence est presque vide, dit-il. Je suis le 11ème passager. Il va falloir attendre un bon moment pour atteindre les 50 passagers autorisés ».

Fermeture d’agences en vue ?

Depuis près de trois semaines en effet, le gouvernement interdit aux agences de transport interurbain d’effectuer des voyages avec plus de 50 passagers par bus. La faute à la propagation du coronavirus qui a déjà coûté la vie à 12 personnes dans notre pays. Une situation qui met un coup de freins à l’activité. « Il n’y a pas de passagers. Pour ne pas rester à la maison, on est obligé de forcer le travail. Avant la prise des mesures par le gouvernement, il y’avait de l’affluence mais maintenant ce n’est plus le cas », raconte un chauffeur de bus. L’agence qui l’emploie a revu le nombre de passagers à la baisse : « le bus de 70 places transporte 49 passagers pour respecter la distanciation et pour éviter les risques de contamination. Si à l’aller on peut enregistrer ce chiffre, il n’est pas probable que ce soit le cas au retour », lâche le chef d’agence. Les pertes sont énormes dit-on dans les agences de transport. « Les passagers voyagent par nécessité suprême, et en cas de force majeure. Ce qui a réduit le trafic Douala – Yaoundé. Avant, on pouvait effectuer plus de vingt voyages le vendredi mais avec l’arrivée du Covid-19, c’est à peine si on effectue six voyages. Le manque à gagner est énorme car les charges n’ont pas baissé », poursuit-il. Certains patrons envisagent même déjà de fermer boutique, le temps que la crise soit maîtrisée. « A l’allure où vont les choses, nous allons fermer pour un moment pour voir si la situation change », murmure-t-on à Buca Voyages.

Transport urbain

Pourtant, il n’y a pas que le transport interurbain qui est sérieusement touché par la crise. Le secteur du transport urbain n’est pas épargné. « Les conducteurs de taxis et de moto taxis sont invités à éviter des surcharges dans les transports publics : les forces de maintien de l’ordre veilleront particulièrement », avait indiqué le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Contraint d’appliquer cette mesure, Philippe, conducteur de taxi dans la ville de Yaoundé, a vu ses revenus baissés de 60 %. « Avant l’arrivée du coronavirus, je pouvais gagner 50 mille francs par jour ; une fois que je verse les 10 mille francs de recette journalière à mon patron, je fais le plein de carburant, il me restait de quoi nourrir ma famille au quotidien. Depuis deux semaines, je n’y arrive plus », dit-il. L’homme a trouvé une pirouette pour joindre les deux bouts : « je ne roule plus beaucoup dans la ville. Cela me permet de ne pas beaucoup consommer de carburant. De plus, le soir quand je gare le véhicule, je ne fais plus le plein de carburant. Il faut bien que mes enfants aussi mangent ». Comme Philippe, plusieurs conducteurs de taxi subissent de plein fouet les effets du coronavirus surtout que certains Camerounais qui ont fait le choix de rester à la maison. « Il n’y a presque plus personne dehors. Les gens sont chez eux. C’est vraiment difficile pour nous les taximen », lance Edgar, un chauffeur. Et d’ajouter : « les recettes sont médiocres. Ça ne donne pas ! Avant un chauffeur pouvait travailler 20 mille francs la demie journée. Maintenant, le chauffeur est incapable de travailler de 10 mille francs ». La situation est la même chez les conducteurs de mototaxi. « Avant a crise, je pouvais gagner 10 mille francs par jour. Maintenant, il n’est plus possible de travailler 5 000 francs CFA. Déjà, il n’y a pas beaucoup de clients qui sortent. On doit donc se battre entre nous pour transporter les rares clients qui sortent. Il faut batailler pour avoir 2000 frs par jour. On travaille juste pour pallier à certains besoins de la famille », avoue Christian.

Mesures d’accompagnement attendues

Dans cette « galère », les acteurs du secteur des transports ont les yeux rivés vers le gouvernement. « On attend toujours les mesures d’accompagnement », lâche Philippe. Ce conducteur de taxi, comme d’autres, espère une baisse du prix du carburant à la pompe. « Si l’Etat arrive à baisser le carburant, ce sera un véritable soulagement. Hélas, en attendant, on ne peut pas doubler le prix du transport ; puisque, vu le contexte, c’est le bas peuple souffre. Si on demandait au peuple de ne pas payer l’électricité, l’eau, et le loyer comme sous d’autres cieux, ceci pouvait avoir un impact sur le coût de la vie, et inéluctablement dans le transport », espère Victor, employé dans une agence de voyage.

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