Crise : Maurice Kamto interdit aux obsèques de Penda Ekoka

Un communiqué du vice-président du mouvement Act-Agir l’annonce.

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Kamto_ekoka ne rendra pas hommage à son ancien allié

Le nom Maurice Kamto ne figure pas dans le communiqué rendu public ce 23 août 2021 et signé du Pr Yap Boum II. Mais le vice-président du mouvement Act-Agir trouve des termes pour décrire le personnage que la famille biologique et le mouvement Agir dont Christian Penda-Ekoka (CPE) était le président, ne veulent pas voir aux obsèques du disparu. «Comme vous êtes nombreux à le savoir, les derniers moments de vie de notre président ont été marqués par une cabale extrêmement violente, malsaine et injuste orchestré par des membres et sympathisants de son allié politique », justifie l’auteur. « Cet épisode a profondément meurtri CPE qui s’est étonné du silence de cet allié», ajoute-t-il.

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La cause est donc connue. La mort n’a pas tourné la page de la polémique née au sujet de la gestion de l’initiative Survie Cameroun Survival Cameroon (Scsi) lancée par le Pr Maurice Kamto dans le cadre de la riposte contre le Covid-19 et dont la gestion a été confiée à Christian Penda Ekoka avec qui le candidat arrivé officiellement deuxième à la dernière élection présidentielle, a cheminé durant cette épreuve. Si Penda Ekoka rejoint la coalition, il reste un acteur de la société civile et donc détaché des affaires internes au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto. Lequel déclarait justement avoir voulu confier la gestion de l’opération Survie Cameroun à une personnalité neutre et dotée d’une rectitude morale avérée. Mais la gestion financière de l’opération qui a récolté un peu plus de trois milliards de francs CFA, est à l’origine de la crise entre les deux hommes. Le gestionnaire n’ayant pas dressé un bilan des mois après, l’ordonnateur s’est engagé dans un exercice difficile, tant il se trouve des failles dans les comptes. Kamto parle de problèmes techniques, Penda Ekoka dément. Sans accuser l’autre de détournements. Jusqu’à ce que la mort du principal gestionnaire survienne le 8 août dernier des suites de maladie au Canada. Sans que l’opinion n’ait eu droit à une confrontation des idées et arguments. Entre temps, les partisans de l’un et l’autre se sont livrés à des invectives sous fond de soupçons et d’accusations. Sous le regard passif de leurs leaders.

Du temps où tout allait encore bien entre les deux hommes

Alors, « prenant acte de cette situation, le mouvement Act-Agir, en parfaite solidarité avec la famille de notre regretté président, prie les auteurs et acteurs de cette cabale abjecte, au nom de la décence, de la dignité et surtout du respect de la mémoire de l’illustre disparu, de s’abstenir de toute participation aux différentes cérémonies organisées à l’occasion de cette grande perte», a décidé Yap Boum II. Pour le vice-président d’Act-Agir, « cela évitera tout dérapage et permettra de consacrer toute notre énergie à rendre un hommage à Christian Penda Ekoka dont la vie mérite d’être célébrée en toute sérénité».

Les chemins des deux hommes s’étaient croisés lors de la conquête du palais présidentiel en 2018. Penda Ekoka avait rejoint la coalition pro-Kamto pour vaincre Paul Biya à la tête du pays depuis le 6 novembre 1982 et dont le long séjour ne rime pas avec développement du pays. Le candidat qui avait ainsi rallié à sa cause un ancien conseiller économique de Paul Biya, était devenu le plus craint par le camp au pouvoir. Et dès le lendemain de l’élection, la coalition de l’opposition avait revendiqué la victoire. Une sortie qui a eu pour effet le passage par la case prison des principaux alliés et de centaines de leurs partisans à travers le territoire. Les leaders, eux, s’en sont sortis avec neuf mois de bagne. Occasion au terme de laquelle des fissures se sont montrées sur le voile unitaire de la coalition.

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