mercredi, mai 20, 2026
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Port de Douala-Bonabéri : l’œuvre de modernisation se poursuit

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Le dernier fait majeur dans les grands chantiers de modernisation engagés par le top management actuel du Port Autonome de Douala, c’est la signature, le 12 septembre 2025, avec Douala Port Power Corporation SA (DPPC SA), d’une convention relative à la construction d’un système indépendant de production et de distribution d’électricité au Port de Douala-Bonabéri. Ce projet qui vise la production de l’électricité pour répondre à la demande énergétique croissante au Port de Douala-Bonabéri, tout en réduisant l’empreinte carbone par l’utilisation de technologies modernes, verra la construction d’une centrale électrique de 102 MW pour un coût de 257 milliards de FCFA, couplée à la construction d’un gazoduc partant de Kribi pour Douala, dont le coût est 140 milliards de FCFA. Mais également, l’extension de la capacité de cette centrale électrique (de 102 MW à 300 MW à terme), pour un coût de 230 milliards de FCFA sur 10 ans. Le coût total du projet est de 628 milliards environ.

UN TERMINAL VRAQUIER DE DERNIÈRE GÉNÉRATION EN CONSTRUCTION

Mais, on se souvient qu’il n’y a pas longtemps, le 25 juillet 2025 précisément, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, procédait à la pose de la première pierre du projet de construction d’un terminal vraquier de dernière génération sur la rive droite du Wouri. Un projet qui vise à désengorger les installations existantes, accroître du pays, et soutenir la montée en puissance de l’industrie nationale et régionale. Cette extension sur la rive droite, ajoutera 900 mètres linéaires de quai, trois nouveaux postes à quai (53, 54, 55), 36 hectares de terre-pleins, et un important dispositif logistique comprenant des zones de stockage, de manutention, et de raccordement routier, ferroviaire et énergétique.

 De manière précise, le nouveau terminal intègrera des unités de stockage de 120 000 tonnes, des entrepôts de 3 000 et 12 500 m², des bâtiments administratifs, des ateliers de maintenance, entre autres. Fruit d’un partenariat public-privé (PPP) de type Build-Operate-Transfer (BOT), ce projet sera entièrement financé et réalisé par le groupe britannique Kharam Trading Holding, via sa filiale Africa Ports Development (APD). Et, l’Etat à travers le PAD, de son côté, percevra 258 milliards FCFA de recettes sur la durée de l’exploitation de 25 ans.

EXTENSION DU QUAI 17 DU TERMINAL À CONTENEURS

Toujours dans la même lancée des travaux de modernisation du Port de Doula-Bonabéri, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, au même mois de juillet 2025, procédait à la pose de la première pierre des travaux d’extension du quai 17 du terminal à conteneurs. Il s’agit de construire 250 mètres linéaires de quai et aménager un terre-plein de 7,9 hectares. Au total, les travaux d’extension devront couvrir une superficie de 1200 mètres linéaires des voies RTG exploitables sur une durée de 10 ans. D’une durée de 30 mois, ces travaux seront réalisés par la société NEGRI qui, d’ores et déjà, a paraphé une convention y afférente avec le PAD, calquée sur le modèle de partenariat public-privé.

À travers cette modernisation des infrastructures et équipements portuaires, Cyrus Ngo’o, ambitionne de faire passer le trafic annuel de 380 000 EVP, à plus d’un million d’EVP à l’horizon 2030. Avec des incidences financières énormes sur les chiffres d’affaires annuels de la RTC et d’autres régies, ainsi que sur les redevances versées au PAD.

Port autonome de Douala : 150 ans d’ancrage économique

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Le Port de Douala-Bonabéri, qui célèbre en 2025 son cent cinquantenaire, est une infrastructure dont l’histoire se confond avec celle de l’économie camerounaise. Selon le discours prononcé le 26 septembre 2025 par le directeur général du Port autonome de Douala (PAD), les « premiers jalons » de cette plateforme furent posés en 1868 par les Allemands, présents sur le fleuve Wouri depuis 1851.

 Leur objectif était de créer un débouché stratégique pour l’exportation du cacao, du café, du bois et de l’huile de palme, tout en important les équipements nécessaires à la colonie. Durant 45 années d’occupation allemande, Douala devint un centre névralgique du commerce colonial. Dès 1904, l’infrastructure est administrée par le Service officiel de navigation fluviale et de cabotage et dispose déjà de quais, de jetées et d’ateliers modernes.

La compagnie Woermann-Linie, fondée en 1885, relie Hambourg à Douala en seize jours. En 1911, la côte du Cameroun accueille 536 navires, dont 170 à Douala transportant près de 493 000 tonnes de marchandises. Après la Première Guerre mondiale, la France hérite du site. Dès 1922, un premier projet d’extension est lancé, estimé à trois millions de francs français, centré sur le dragage et l’amélioration des superstructures.

Une seconde phase suit au lendemain de la Seconde Guerre. En 1947, un avant-projet est adopté et confié à la Société des Grands Travaux de Marseille. Les chantiers menés entre 1948 et 1954 offrent au port 1 800 mètres de quais en eau profonde et 25 000 m² de magasins-cales, dimensionnés pour un trafic d’un million de tonnes. À l’indépendance, en 1960, le Cameroun hérite de six ports d’État et deux privés, mais Douala concentre entre 1966 et 1968 près de 87 % du trafic.

Les entreprises françaises conservent alors une position dominante, les syndicats d’acconiers et sociétés de transit continuant à opérer. Pour accroître les capacités, trois programmes d’investissement sont initiés. Le premier, lancé en 1969 avec l’appui de la Banque mondiale (778 millions FCFA), permet la construction d’un quai minéralier et l’aménagement d’un parc à bois. Le second, inscrit dans le quatrième plan quinquennal (1977-1981), est lancé en 1976 par Paul Biya, alors Premier ministre, et exécuté par Boskalis sous la direction de Simon Ngann Yonn.

Estimé à 120 millions de dollars, il confère au port sa configuration actuelle. Le troisième, financé en 1983 par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (22,5 millions de dollars), complète l’équipement avec de nouveaux quais, entrepôts et installations pour les conteneurs. La réforme de 1998, créant le Port autonome de Douala, visait à transformer le PAD en instrument de souveraineté économique. Mais les injonctions des institutions de Bretton Woods « en faveur du désengagement de l’État provoquent un délitement du patrimoine foncier et immobilier, et une chute de compétitivité ». Le port vit alors « au rythme des congestions », selon les mots du directeur général, jusqu’à la reprise en main décidée par l’État.

Depuis 2016, conformément aux instructions présidentielles énoncées en 2011, un programme de normalisation et de modernisation est engagé. Les activités renationalisées, les investissements récents et les nouvelles infrastructures replacent le PAD dans une dynamique de croissance. À l’occasion de son 150e anniversaire, l’institution rappelle que cette infrastructure n’est pas seulement une installation commerciale, mais un « patrimoine commun et une fierté nationale », au cœur du commerce extérieur du Cameroun et de l’intégration régionale.

Alerte sur les impacts négatifs de la pêche industrielle sur les riverains

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 Violation de la zone réservée à la pêche artisanale, violences infligées par des officiers étrangers, pillage des poissons… A travers un film, l’ONG anglaise EJF met en évidence la vulnérabilité des communautés côtières camerounaises et appelle à des mesures gouvernementales urgentes.

 Malgré des avancées dans les réformes en matière de pêche, beaucoup reste encore à faire pour préserver les plus de 200000 pêcheurs que compte le Cameroun, pense Environmental Justice Foundation (EJF). L’ONG anglaise de défense du droit fondamental de l’homme à un environnement naturel sûr tire la sonnette d’alarme dans un film publié il y a quelques jours. Dans cette production réalisée dans les zones côtières du Cameroun, l’ONG   met en évidence les impacts de la pêche illicite sur les riverains.

Le film présente des pêcheurs artisanaux dont les moyens de subsistance sont détruits ou menacés par des chalutiers appartenant à des étrangers qui se livrent à des activités illégales. L’une des pratiques occurrentes est la violation de la zone réservée exclusivement à la pêche artisanale. La loi dispose en effet que ces navires de pêche ne doivent pas pêcher dans les cinq milles nautiques à partir de la côte. Mais cette limite n’est pas respectée.  Conséquence, les ressources sont pillées et se font rare pour les riverains.  « C’est le poisson qui nous sauve. Grâce au poisson nous envoyons nos enfants à l’école. Grâce au poisson nous achetons tout ce que vous voyez ici. Mais aujourd’hui, ils ne s’arrêtent pas. Nuit, jour… Parfois ils viennent en nombre, 10 ou 12. », témoigneAbel Benson Okonniyin pêcheur. 

Outre les menaces sur l’environnement, le film recense le non-respect de certains droits humains pour les ouvriers qui travaillent dans ces chalutiers.   Les équipages travaillant à bord de ces navires décrivent divers abus : absence de contrat, de nourriture et d’eau insuffisantes, des violences infligées par des officiers étrangers.

EJF souligne la nécessité pour les autorités, de renforcer urgemment la transparence dans la gouvernance des pêches. Le pays a pourtant révisé sa loi sur la pêche et l’aquaculture en décembre 2024 et a adhéré à la Charte mondiale pour la transparence des pêches en avril dernier. Pour EJF, il faut plus pour que ces textes aient des effets. « Le gouvernement camerounais a pris certaines mesures encourageantes, mais il faut aller beaucoup plus loin pour garantir l’application effective de la loi, sanctionner les contrevenants et faire de la transparence la norme. Ce n’est qu’à cette condition que le Cameroun pourra assurer une pêche durable, légale et éthique. », a indiquéSteve Trent, Directeur général et fondateur d’EJF.

Il recommande notamment l’adoption urgente du décret d’application de la nouvelle loi sur la pêche, sinon les pêcheurs illégaux continueront de dévaster les moyens de subsistance des populations et les écosystèmes marins.

Des opportunités de marché pour le renouvellement de la voie ferrée Douala-N’gaoundéré 

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 Les entreprises nationales et internationales intéressées sont appelées à se préparer pour répondre aux exigences de ce projet dont les appels d’offre seront lancés entre fin 2025 et le premier semestre 2026.

 A Doualades responsables du concessionnaire du chemin de fer, Camrail, du ministère des Transports et de ses partenaires financiers ont rencontré les acteurs économiques. Ils ont en effet tenu des consultations préludes au lancement des appels d’offres pour les projets de réhabilitation et de modernisation des infrastructures ferroviaires du corridor Douala-N’Djamena et du tronçon Bélabo-Ngaoundéré.  

Ce projet d’une valeur de près de 500 millions d’euros, soit environ 327 milliards de francs CFA se décline en deux composantes. La première financée à hauteur de 152 milliards FCFA par la Banque mondiale, consiste au renouvellement de la ligne Douala-Yaoundé longue de 238 km (rails UIC54, traverses béton bi-bloc).  Il est aussi question de réhabiliter les ouvrages d’art (viaducs, tunnels, ponts, ouvrages en terre et hydrauliques) et de moderniser la signalisation. La deuxième composante dont le coût évalué à 167,3 milliards FCFA est soutenue par la Banque européenne d’investissements, l’Union européenne et l’Agence française de développement. Il s’agit ici du renouvellement du tronçon Belabo-Ngaoundéré (330 km).

Les entreprises spécialisées sont appelées à capter cette opportunité de marché. Les récentes consultations ont ainsi permis de dévoiler les détails du projet et les exigences techniques et administratives pour l’appel d’offres qui sera lancé entre la fin de cette année et le premier semestre 2026.  « Nous souhaitons que les entreprises nationales et internationales, qu’elles soient individuelles ou en consortium, se positionnent. Il s’agit de mobiliser les meilleures expertises et de garantir la transparence des appels d’offres. Cette rencontre était donc pour intéresser toutes entreprises, nationales ou internationales, qui peuvent se constituer d’ailleurs en groupement selon les cas, et tous les bureaux d’études qui pourront donc accompagner le projet dans le cadre de la mise en œuvre, en assurant la maîtrise des différentes activités qui vont être menées sur le terrain » explique le représentant du ministre, Claude Misse Ntone.

 Parmi les exigences, les entreprises en course doivent apporter des garanties de promotion de l’emploi des femmes, de soutien aux communautés locales par des initiatives en matière d’éducation, de santé et de sécurité etc.  Les entreprises retenues devront par ailleurs recruter au moins 30 % de main-d’œuvre locale. 

Le corridor Douala-N’djamena concentre environ 40 % du PIB du Cameroun et du Tchad. Mais l’infrastructure vieillissante limite l’efficacité, accroit le temps de transit ferroviaire entre le départ du port de Douala et l’arrivée à la plateforme de Ngaoundéré, ainsi que les coûts. Les travaux qui   devraient permettre de réduire ces aléas, sont prévus pour démarrer au premier semestre 2027 et s’achever en 2030.

Le Cameroun ouvert à un nouveau programme avec le FMI

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«Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a parlé du nouveau programme avec le FMI. Le fait effectivement que la dernière revue a été conclue de manière satisfaisante et nous ce qu’on retient c’est la volonté de l’ensemble de l’assemblée de vouloir continuer à discuter avec le FMI et potentiellement à ouvrir les négociations pour un nouveau programme. C’est quelque chose qui nous réjouit évidemment », a déclaré Sébastien Dibling, chef de la coopération à la délégation de l’Union européenne pour le Cameroun et pour la Guinée équatoriale, le 17 septembre 2025, lors de la seizième session du Comité de pilotage de la plateforme de dialogue sur les finances publiques.

Les discussions, cependant, n’en sont qu’à leurs balbutiements. Aucun détail sur le montant potentiel ou les contours précis du futur cadre de coopération n’a filtré. Cette éventualité survient alors que le rideau est officiellement tombé le 8 mai 2025 sur le programme économique et financier adossé à la Facilité élargie de crédit (FEC) et au Mécanisme élargi de crédit (MEDC). Mis en place en juillet 2021 pour trois ans et prolongé d’une année supplémentaire, ce cadre a permis au Cameroun de bénéficier de financements réguliers destinés à soutenir sa trésorerie. Comme dans la plupart des accords de ce type, chaque revue validée donnait lieu à un décaissement. Pour des agences de notation comme Fitch Ratings, la poursuite de ce partenariat apparaît comme une nécessité économique.

Dans un contexte régional où plusieurs pays ont dû rééchelonner leur dette, Fitch a souligné, le 9 mai 2025, que la stabilité camerounaise – avec une dette en devises régionales représentant 6,1% du PIB en 2024 et seulement 1,6% du PIB arrivant à échéance annuelle – était intrinsèquement liée au maintien du soutien des créanciers officiels, notamment du FMI. L’agence a explicitement averti qu’une absence d’accord constituerait « un risque majeur » pour la soutenabilité budgétaire et l’accès aux financements extérieurs, d’autant plus cruciaux que les conditions d’emprunt sur les marchés internationaux se durcissent.

VERS QUEL NOUVEAU TYPE DE PROGRAMME ?

Entre 2021 et 2025, hors versement final lié à la huitième revue, le FMI aura apporté environ 500 milliards de FCFA au Cameroun. Un appui utile, mais jugé limité à l’échelle des besoins. Surtout que sous d’autres cieux , l’institution de Breton Woods se montre plus généreuse. En mars 2025, le Côte d’Ivoire a conclu un accord avec le FMI permettant des décaissements attendus de 4,8 milliards de dollars, soit environ 2 762 milliards de FCFA, soit un montant près de 5 fois supérieur à celui perçu par le Cameroun lors de la dernière revue.

Cette différence s’explique peut-être par l’efficacité dont a fait montre ce pays d’Afrique de l’ouest dans l’exécution de son programme économique avec le FMI. En effet, En mars 2025, le pays a validé la quatrième revue de son programme MEDC-FEC et la troisième revue de son FRD. À l’époque, le FMI saluait des progrès reconnus dans la gestion budgétaire, la mobilisation des recettes, la diversification de l’économie et la résilience climatique. L’institution financière anticipait également une croissance au-delà de 6 % en 2025, tirée par l’agriculture, les services et les industries extractives, ainsi qu’une amélioration du compte courant.

Quelques mois auparavant au Cameroun, le FMI se montrait moins disert en compliments sans verser dans l’alarmisme. Son communiqué suite à la septième revue du programme camerounais, en janvier 2025, mettait davantage l’accent sur la nécessité de poursuivre les réformes pour consolider les acquis et accélérer la croissance, tout en relevant des retards dans les projets d’investissement. Si les performances macroéconomiques étaient jugées « encourageantes », le ton général soulignait davantage les défis persistants que les succès éclatants. Un discours réitéré en juillet 2025, dans le communiqué qui annonçait la conclusion de la 8e revue du programme économique avec le FMI, et le décaissement imminent de 82 milliards FCFA en faveur du Cameroun, portant à 793 millions de dollars l’ensemble des appuis financiers obtenus auprès de l’institution.

Le FMI a attiré l’attention du Cameroun sur plusieurs défis. Il notamment encouragé une meilleure mobilisation des recettes fiscales hors pétrole, une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques, ainsi qu’une réduction des arriérés intérieurs. Même si le niveau d’endettement du pays reste soutenable et commence à baisser, les risques de surendettement demeurent élevés. Des progrès sont également attendus dans les domaines de la gouvernance, de la transparence budgétaire et de la gestion des entreprises publiques, en particulier dans les secteurs de l’énergie et du raffinage. La mobilisation de moyens financiers plus conséquents auprès de ce bailleur de fonds passe peut-être par la mise en œuvre efficiente de ces dernières recommandations

Extrême-nord : un prêt de 89 milliards FCFA pour booster l’entrepreneuriat

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Le Cameroun a officialisé à Yaoundé, un accord de prêt de 89,2 milliards de FCFA avec le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, et le directeur général de l’institution pour l’Afrique centrale, Léandre Bassole, ont paraphé le document.

Selon le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Mnepat), les fonds financeront le programme CAP2E (« Bâtir les Capacités et les Compétences pour l’Employabilité et l’Entrepreneuriat ») dans la région de l’Extrême-Nord entre 2025 et 2030. Le projet s’inscrit dans le Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’ExtrêmeNord (Psrdren).

Le but visé est de renforcer les compétences techniques et professionnelles des jeunes et des femmes, soutenir la création d’activités économiques, et réhabiliter des infrastructures sociales de base en les adaptant aux contraintes climatiques. Ce financement arrive dans un contexte où la dynamique entrepreneuriale de la région reste marginale. Selon le rapport d’analyse de l’annuaire statistique 2024 du ministère des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), Maroua, chef-lieu de l’Extrême-Nord, n’a enregistré que 2,2 % des créations de PME en 2024 à travers son Centre de formalité et de création d’entreprises (CFCE). Cela correspond à 579 PME créées, contre 954 en 2022, traduisant une baisse nette de l’activité.

Le document note que « la dynamique de création des PME reste concentrée à Yaoundé (46,6 %) et Douala (32,2 %) », laissant l’Extrême-Nord en position périphérique. La faiblesse s’observe aussi dans le domaine de l’économie sociale. Le Minpmeesa souligne que la région n’a concentré que 1,7 % des organisations de l’économie sociale (OES) créées en 2024, plaçant l’Extrême-Nord parmi les zones les moins actives malgré un fort potentiel agropastoral.

Pour essayer de corriger ces manquements, le programme CAP2E prévoit la construction et l’équipement de centres de formation, des subventions ciblées pour les jeunes filles et les personnes vulnérables, et des appuis direct aux entrepreneurs locaux par des prêts ou des aides financières.

Le Psrdren précise que le programme ciblera « prioritairement les jeunes, les femmes et les personnes vulnérables », catégories qui représentent l’essentiel du chômage et de la précarité dans la zone. Sur le plan méthodologique, le financement est structuré en « financement axé sur les résultats », une formule qui conditionne les décaissements à l’atteinte d’objectifs mesurables.

Centrales de Guider et Maroua :   37 000 tonnes de CO2 à réduire par an

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Le projet apporte une contribution dans la lutte contre le changement climatique en même temps qu’il soutient les communautés locales environnantes.

 Attendue courant 2026, la mise en service des centrales solaires modulaires de Maroua et de Guider dans la région de l’Extrême nord, est présentée comme un projet durable. Implémenté dans une région fortement menacée par la poussée du désert, le projet va selon les estimations, contribuer à éviter l’émission d’environ 37 000 tonnes de CO2 par an.  Ce qui participe à la lutte contre le changement climatique.

Le projet comprend également des actions de développement local au profit des habitants de la zone environnante. A travers un programme communautaire mené par ENEO et Release By Scatec, des femmes et des jeunes sont soutenus dans leur autonomisation.  Les actions portent également sur l’approvisionnement en eau potable, la formation agricole, la plantation d’arbres et l’agriculture mécanisée pour améliorer les conditions de vie autour de ces centrales solaires, à travers la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus pour les petites familles.

Release est un opérateur privé norvégien spécialisé dans les énergies renouvelables, qui propose des solutions solaires photovoltaïques et de stockage par batterie modulaires, via un modèle flexible de location avec option d’achat.  Il permet aux sociétés nationales d’électricité d’accéder à une énergie propre, fiable et abordable, sans investissement initial significatif ni garantie souveraine. Son capital est majoritairement détenu par Scatec ASA et Climate Fund Managers.

Université de Yaoundé 1: les droits universitaires désormais payables via MTN Mobile Money

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Ce mardi 23 septembre 2025, amphithéâtre 300 de l’Université de Yaoundé I. La salle est comble. Étudiants, enseignants et personnels administratifs découvrent un outil qui pourrait transformer leur quotidien : le paiement digital des droits universitaires via MTN Mobile Money. Une innovation portée par Mobile Money Corporation (MMC) en partenariat avec l’institution, avec un mot d’ordre martelé : rapidité, sécurité et transparence.

Le principe est simple : l’étudiant se connecte sur le portail uy1.univpay.cm, saisit son numéro de matricule, choisit le type de paiement – préinscription, droits partiels ou frais complets – puis valide l’opération avec MoMo. Quelques secondes plus tard, un reçu numérique est généré, consultable à tout moment. Fini les longues files d’attente devant les guichets et les incertitudes sur la validation des paiements. « Nous voulons simplifier la vie des étudiants et moderniser la gestion administrative », affirme Alain Nono, CEO de MTN Mobile Money.

Une réponse aux réalités sociales et technologiques

La digitalisation du paiement des droits universitaires dépasse la seule question de confort. Elle répond aussi à un défi d’équité. Pour les étudiants résidant en zones rurales, loin des caisses universitaires, l’initiative représente un gain de temps et d’argent considérable. Plus besoin de parcourir des kilomètres pour déposer un reçu ; un simple téléphone portable suffit. Le professeur Jean Njoya, vice-recteur chargé des affaires académiques, souligne l’importance de cette adaptation : « C’est un outil qui rapproche l’université des réalités technologiques de nos jeunes et qui s’inscrit dans la massification de l’enseignement supérieur ».

Au-delà des étudiants, l’université elle-même est gagnante. Le système assure une traçabilité complète des transactions grâce à des tableaux de bord dynamiques et des rapports détaillés par faculté et département. Le risque de fraude est réduit, la transparence des encaissements renforcée. Dans un contexte où les critiques sur la gestion des fonds universitaires ne manquent pas, l’outil devient un instrument de crédibilité et de gouvernance financière.

Inclusion financière et rôle de MTN

Ce partenariat illustre aussi l’essor du mobile money au Cameroun. Avec moins de 20 % de la population disposant d’un compte bancaire, le téléphone est devenu la première porte d’accès aux services financiers. Factures, transferts d’argent, achats quotidiens : MoMo s’installe désormais dans la sphère académique. MTN, déjà présent dans presque toutes les universités publiques – de Douala à Dschang, en passant par Maroua et Buea – confirme son rôle de catalyseur de l’inclusion financière. Si l’initiative est largement saluée, quelques interrogations subsistent chez les étudiants. Sécurité des transactions, fiabilité du système en cas de panne, remboursement en cas d’erreur : autant de préoccupations légitimes. MTN se veut rassurant. « Nos infrastructures ont été renforcées, et des mécanismes de gestion des désagréments sont prévus », assure la firme.

Une réforme qui dépasse l’université

L’enjeu est national. En généralisant ce mode de paiement, le Cameroun harmonise ses procédures universitaires et modernise son système éducatif. Plus qu’une simple innovation administrative, le paiement digital des droits universitaires traduit l’adaptation d’un secteur clé de l’économie à la révolution numérique. Pour les étudiants, c’est aussi la preuve que la digitalisation n’est pas un concept abstrait, mais un levier concret pour alléger leurs charges et valoriser leur temps.

Lait : le Minepia veut combler un déficit de 450 000 tonnes

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Le Cameroun veut réduire une facture d’importations de produits laitiers estimée à 35 milliards FCFA par an. Pour y parvenir, le gouvernement à travers le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (Minepia) accélère le déploiement de sa politique d’import-substitution en dotant les acteurs de la filière laitière d’équipements modernes et en leur ouvrant un accès facilité au crédit à travers un partenariat signé avec la Bange Bank Cameroun. L’objectif est de combler l’écart entre une demande nationale évaluée à 630 000 tonnes de lait par an et une production locale qui plafonne à 180 000 tonnes, en grande partie autoconsommées dans les zones pastorales. Résultat, les métropoles comme Douala et Yaoundé restent tributaires des importations de lait en poudre, crème, beurre et yaourts.

« Le marché est là, le potentiel est là, la balle est dans votre camp », a insisté le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, lors de la cérémonie. Selon lui, l’appui de l’État s’inscrit dans la continuité de la vision présidentielle d’une « agriculture de seconde génération », moderne, productive et créatrice de valeur ajoutée. Il rappelle que cette dynamique a déjà permis au pays d’atteindre l’autosuffisance en volaille et en porc, autrefois massivement importés.

Un plan d’investissement structurant

La relance de la filière laitière s’appuie sur deux leviers majeurs : le Plan national de développement de la filière laitière, estimé à 305,6 milliards FCFA sur dix ans, et le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH) pour la période 2024-2026. Des mesures fiscales incitatives, telles que l’exonération des droits de douane sur les équipements de production et de transformation, visent à alléger le coût des investissements. Sur le terrain, l’État multiplie les actions concrètes : distribution de trayeuses, tanks réfrigérés, ensileuses, écrémeuses et barattes, importation de génisses de race montbéliarde pour l’amélioration génétique, mise à disposition de cryo-générateurs pour l’insémination artificielle, et inauguration d’une unité de production de lait UHT à Ngaoundéré.

Une filière en quête d’investisseurs privés

Le gouvernement entend aussi mobiliser le secteur privé. Il propose la gestion de 35 centres de collecte et mini-laiteries, construits par des projets publics mais encore sous-exploités, aux investisseurs prêts à les remettre en activité. Le but est de bâtir une industrie nationale capable d’approvisionner les grands centres urbains et de viser les marchés de la sous-région. Pour accompagner cet essor, la Bange Bank a lancé une offre dédiée, « Agribanking », orientée vers le financement des filières agricoles et pastorales. « Nous avons créé des produits financiers adaptés aux besoins des producteurs et transformateurs de lait. La banque doit se mettre au service des populations pour leur permettre de produire », a affirmé son représentant.

Un levier économique et social

Au-delà de la souveraineté alimentaire, la relance de la filière laitière porte un enjeu économique et social majeur : réduire le déficit de la balance commerciale, créer des emplois dans la production et la transformation, et stimuler l’entrepreneuriat rural. En misant sur une meilleure organisation de la chaîne de valeur et sur l’investissement privé, le Cameroun espère transformer son potentiel laitier encore sous-exploité en véritable moteur de croissance inclusive.

Plus de 2 milliards FCFA investis par Eneo sur son réseau dans le septentrion entre 2023 et 2025

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Les fonds ont permis de mener divers travaux permettant de renforcer l’offre énergétique et de réduire les coupures dans les régions du Nord, de l’extrême nord et de l’Adamaoua.

 Au cours des deux dernières années, l’énergéticien Eneo déclare avoir contribué à l’amélioration des conditions d’accès à l’électricité dans le septentrion pour un taux d’électrification de 35%.  22% pour la région de l’extrême nord, 32% pour le nord et 53% pour l’Adamaoua. L’entreprise affirme avoir mobilisé un montant de plus de 2 milliards de francs CFA d’investissement pour renforcer le réseau de distribution dans le Réseau Interconnecté Nord (RIN) qui dessert ces trois régions.

 L’entreprise recense plus de 1 900 poteaux haute tension et plus de 2 600 poteaux basse tension   défectueux qui ont été remplacés, de même que 60 transformateurs.  On cite également la création de 16 nouveaux postes HTA/BT ; le renforcement de 24 postes existants, l’entretien de plus de 3 000 km de réseau HTA aérien ; plusieurs tronçons souterrains du réseau HTA réhabilités et des postes mobiles de réinjection (PMR) installés.  

Dans l’ensemble, les investissements ont principalement été réalisés dans les villes de Ngaoundéré, Meiganga, Tibati, Banyo, Tignère, Ngaoundal, Touboro, Garoua, Guider, Poli, Lagdo, Tchollire, Figuil, Maroua, Mora, Mokolo, Kousseri, Kaélé entre autres.  Ce, à côté d’autres investissements dans la production ou encore d’actions permettant d’améliorer la qualité du service. Eneo revendique à ce titre, la réduction de 48% de la durée des coupures dues aux incidents sur le réseau de distribution dans le septentrion.

 En termes de perspectives, il est question à travers la phase 2 du projet solaire de Maroua et de Guider, de renforcer la continuité du service.  Car, le réseau interconnecté nord dépend essentiellement de la centrale hydroélectrique de Lagdo. Mais il faut conjuguer avec les aléas hydrologiques et la demande croissante. D’où la diversification du mix énergétique pour réduire la dépendance de Lagdo.

Les centrales solaires dont l’extension est en cours vont permettre de renforcer la production pendant la saison sèche notamment et contribuer à la réduction des interruptions pour les ménages et industries.  D’autres projets du gouvernement sont également annoncés, notamment la construction de la centrale hybride Bini à Warack.

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