mercredi, mai 20, 2026
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Yaoundé 6 : Camwater facilite l’accès à l’eau potable aux populations

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Pour la Cameroon Water Utilities (Camwater), les travaux d’urgence de renforcement et d’extension du réseau d’eau potable lancés à Yaoundé VI visent à répondre de manière immédiate aux besoins criards des populations en matière d’accès à l’eau potable. D’une durée de trois semaines, ces travaux comprennent : la pose de 1 100 mètres linéaires de conduite de transfert en fonte ductile DN400, reliant le réservoir d’eau potable de la Chapelle TKC au carrefour Entrée Simbock ; l’extension et la densification du réseau tertiaire dans plusieurs quartiers de Yaoundé VI  et une campagne intensive de vulgarisation des procédures allégées de branchement, permettant un service ultra-rapide aux ménages.

Cette infrastructure stratégique, précise-t-on, permettra de fluidifier le transfert d’eau potable et d’assurer une desserte satisfaisante des quartiers Mendong Maetur, Simbock, Jouvence, Ebom, Damas, Mbalngong, entre autres. Donc pour Blaise Moussa, le Directeur général de la Camwater, qui a présidé cette cérémonie de lancement de ces travaux aux côtés du gouverneur du Centre, Nasséri Paul Béa, du préfet du Mfoundi et du maire de la Commune de Yaoundé, «  c’est trois choses en une seule occasion. C’est le lancement des travaux de ce projet d’extension de réseaux secondaires de 400 mm de diamètre vers des confins beaucoup plus éloignés pour satisfaire les quartiers Ebome, Damas, Mendong, Nkolsier, Mbalgong, Montée-Jouvence, Damas, ainsi de suite, pour un meilleur accès à l’eau potable. Ceci sera accompagné, renforcé par une campagne d’extension du réseau au niveau tertiaire, c’est-à-dire vers les ménages, et la campagne de facilitation des branchements, va se poursuivre. D’ailleurs, une agence a été créée dans ce quartier, à Mendong, une autre a également été créée à Ahala, un quartier qui sera aussi satisfait, pour que les populations soient plus proches de leur service public d’eau potable ».

Les bornes fontaines de retour

Et, Blaise Moussa dit croire, « qu’avec tout ça, les populations sentiront une meilleure amélioration de leurs conditions en ce qui concerne l’eau potable, et surtout l’eau potable publique, qui est moins chère, la moins chère du Cameroun, 1000 litres à 350 francs, il faut le faire ». Au-delà de ces travaux, le DG de Camwater a annoncé le retour des bornes fontaines dans cette Commune pilote. Ces bornes fontaines, a-t-il précisé sont déjà de retour à Ngaoundéré, où il y en a  déjà 70, mais également à Kribi. Des leçons seront donc tirées de leur exploitation actuelle, pour les étendre dans d’autres communes. Car, comme a tenu à le préciser le DG de Camwater, « populations doivent être impliquées ». Mais, pour Blaise Moussa, « le principe, ce n’est pas la bonne fontaine publique. Le principe, ce n’est pas le camion d’approvisionnement. Le principe, c’est que chaque citoyen, chaque ménage puisse disposer, n’est-ce pas, de robinet et ouvert et d’un compteur à moindre coût avec des facilités ».

Face à la pression démographique croissante et aux défaillances récurrentes du réseau secondaire à Yaoundé VI, rappelle-t-on, le gouvernement a ordonné des mesures d’urgence pour stabiliser et améliorer l’approvisionnement en eau potable. Ces travaux répondent donc à trois objectifs prioritaires : renforcer la capacité de transit entre les réservoirs stratégiques et les zones de forte consommation ; étendre le réseau de distribution vers les zones encore mal desservies et accélérer les raccordements grâce à la campagne « 200 000 branchements neufs », désormais facilitée par des procédures simplifiées et un délai de réalisation ultra-rapide (moins de 72 heures dans certaines zones).

Blaise Nnang

Présidentielle 2025: de nouvelles menaces sur les opposants

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« S.E. Paul Biya a donné des instructions fermes pour un scrutin présidentiel bien organisé et crédible dans un environnement sécurisé et apaisé». Paul Atanga Nji l’a rappelé en fin de semaine dernière lors d’une mission de travail à Douala avec les autorités administratives, en prélude à la campagne électorale qui s’est ouverte ce 27 septembre 2025. Indiquant que « c’est à ce titre que le Minat, en sa qualité d’Agent du gouvernement pour les élections, accordera des accréditations aux observateurs nationaux et étrangers, afin qu’ils constatent par eux-mêmes la vitalité de la démocratie camerounaise conçue par Son excellence Paul Biya, champion des causes justes ». L’homme n’a pas manqué d’allumer Michèle Ndoki : « c’est encore le lieu d’inviter la jeune dame avocate de Douala qui se réclame d’une certaine appellation et qui a la prétention d’accréditer les observateurs pendant le scrutin présidentiel avec ses acolytes, à mettre un terme à cette imposture». L’ancienne cadre du Mouvement pour la renaissance du Cameroun n’a pas été clairement citée, mais la description laisse clairement voir cette avocate engagée depuis peu dans la préparation de l’observation électorale, à travers une association chargée de former des scrutateurs et observateurs indépendants. « L’accréditation des observateurs relève des prérogatives exclusives du Minat qui vous parle», insiste-t-il.

A l’occasion, le Minat a indiqué que le Minat a mis à la disposition des partis politiques et des observateurs électoraux, deux documents : le guide de l’observateur et le cadre juridiquequi régule l’ensemble du processus électoral. Afin que chaque acteur concerné puisse mieux se mettre à jour. « Ces documents importants rappellent à chaque candidat et à chaque observateur ses droits et obligations durant le processus électoral », précise-t-il. Proférant des menaces à l’encontre d’éventuels fauteurs de troubles. « Le ministre de l’Administration territoriale et les autorités administratives de par leurs prérogatives, ont l’obligation de protéger les personnes et leurs biens, et surtout de mettre hors d’état de nuire les acteurs politiques véreux et d’autres acteurs de la société civile qui ont pour sport favori de défier l’autorité de l’Etat ».

Interpellations annoncées

Faisant valoir que « malgré nos efforts visant à créer un environnement sécurisé pour un scrutin présidentiel bien organisé et apaisé, le Minat constate avec regret et amertume que certains candidats à l’élection présidentielle, qui n’ont aucune envergure politique et qui sont politiquement présents dans à peine dix (10) arrondissements sur les 360 que compte le pays, sont en train de poser des actes graves qui ont pour but de perturber l’ordre public avant, pendant et après le scrutin présidentiel. Ces politiciens véreux espèrent obtenir par la rue ce qu’ils sont incapables d’obtenir dans les urnes».  Atanga Nji leur promet l’enfer : « Tous les candidats qui participent à l’élection présidentielle connaissent les règles du jeu et ont l’obligation de les respecter. Après le 12 octobre 2025, les candidats qui auront des réclamations ou des récriminations justes ou fantaisistes, devront utiliser les voies de recours légales au risque d’être considérés comme des hors-la-loi et traités comme tels sans la moindre complaisance», menace-t-il. Promettant que le séjour des personnes interpellées dans ce cadre sera « très long».

C’est une rhétorique à laquelle le Minat a habitué l’opinion depuis quelques années. Au lendemain de l’élection présidentielle de 2018, Paul Atanga Nji avait engagé une  »guerre » contre Maurice Kamto et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dont le leader avait proclamé sa victoire à cette élection. Des  »marches blanches » avaient été organisées pour protester contre la  »victoire volée  ». Avec comme conséquences des morts et des personnes incarcérées dont certains n’ont pas retrouvé la liberté aujourd’hui. Maurice Kamto et le MRC ne sont plus en lice cette fois-ci mais le Minat qui a joué une partition pour l’invalidation de la candidature de l’opposant, a désormais de nouvelles cibles.

Nécrologie: Serge Pouth est mort

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La nouvelle est tombée comme un couperet ce matin. Serge Pouth n’est plus. Selon des sources familiales relayées par la Cameroon radio télévision (Crtv), le journaliste a rendu son dernier soupir à l’hôpital général de Yaoundé, des suites de diabète.

C’est la fin d’une ère peu glorieuse pour ce journaliste de culture. En effet, Serge Pouth a été amputé d’une jambe. La maladie l’ayant rongé. Alors que le malade avait terminé sa rééducation, l’espoir retrouvé s’est vite estompé. Et Serge Pouth a cassé sa pour aux premières heures de ce 29 septembre.

La Crtv son employeur et la famille du journalisme camerounais perdent une belle et grosse voix. Serge Pouth avait servi le poste national de la Crtv des années durant. D’abord à la FM105 à Douala, à Poala FM à Bafoussam, avant d’être ramené au poste national à Yaoundé. Les auditeurs ont été gavés de Grands reportages sur des sujets pertinents agrémentées tant par la profondeur des sujets que par la voix suave de cet érudit qui avait la maîtrise de l’art du verbe. La semaine dernière,la Crtv rediffusait une émission que le journaliste spécialisé en culture avait animée avec Ange Ebogo Emérant de regrettée mémoire. Quelques jours plus tard, le journaliste a rejoint son invité dans l’au-delà.

Portrait : Cyrus Ngo’o, l’homme qui a remis le Port de Douala au cœur de la compétitivité

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Un après-midi de février 2022, le Palais des Congrès de Yaoundé vit au rythme de Promote, une foire des acteurs de l’économie nationale. Les allées bruissent de délégations, de discours et de signatures de partenariats. Cyrus Ngo’o, Directeur général du Port autonome de Douala (PAD), vient de quitter le stand institutionnel consacré à la première plateforme portuaire du Cameroun. Contre toute attente, il bifurque vers un autre stand, celui d’une entreprise de presse privée locale.

Sous la tente, le responsable du journal est saisi de surprise : on ne s’attend pas, dans ce genre de manifestations, à recevoir la visite impromptue d’un haut responsable public. Mais Cyrus Ngo’o ne se contente pas d’un salut poli. Il prend le temps de serrer des mains et de prononcer quelques mots simples, mais lourds de sens : « Nous voyons le travail que vous abattez à propos du Port autonome de Douala. » Le geste paraît anodin. Il ne l’est pas. Dans un univers médiatique souvent confronté à l’indifférence ou à la méfiance des grandes institutions, ces paroles sont perçues comme un signe de considération. C’est un baume, une reconnaissance inattendue. Et, au-delà du symbole, l’épisode éclaire une facette de l’homme : Cyrus Ngo’o n’est pas seulement un gestionnaire de chiffres et de grues portuaires. Il est aussi un dirigeant qui, au milieu des tempêtes qu’il a lui-même traversées à la tête du PAD, sait reconnaître la valeur du travail des autres.

Le 24 août 2016, un décret présidentiel nomme Cyrus Ngo’o, Directeur général du PAD, principale porte d’entrée du commerce extérieur camerounais. À 50 ans, l’administrateur civil prend les rênes d’une institution fragilisée par la congestion, les lenteurs administratives et un climat interne difficile. Membre du conseil d’administration avant sa nomination, il avait une idée des faiblesses. A sa prise de fonction, il impulse une « nouvelle dynamique ». Ce mot d’ordre se traduit par la transparence, la pédagogie et la rupture avec le statu quo.

Dès 2017, il initie une réforme majeure avec la création de régies autonomes pour reprendre en main des activités stratégiques — gestion des conteneurs, dragage, remorquage, immobilier. Cette réappropriation nationale des leviers portuaires marque une inflexion historique. Les résultats suivent rapidement. La régie du terminal à conteneurs, réinvestissant ses marges, enregistre de meilleures performances que l’ancien concessionnaire. La régie de dragage assainit le chenal, débarrassé de vingt-cinq épaves qui gênaient la navigation depuis des décennies.

Le temps d’attente des navires diminue, les coûts baissent et le port améliore son image d’efficacité. L’engorgement longtemps décrié est un triste souvenir. Parallèlement, des investissements massifs modernisent les infrastructures : plus de 44 milliards de FCFA sont injectés entre 2020 et 2024 pour acquérir grues, portiques et tracteurs portuaires. Pour la première fois, les dockers disposent d’équipements conformes aux standards internationaux. La digitalisation suit, avec la modélisation BIM, la dématérialisation des procédures et une meilleure circulation de l’information.

 Au-delà de la technique, Cyrus Ngo’o impose une nouvelle culture organisationnelle : transparence, responsabilité et ouverture. Le port est désormais perçu comme un bien commun au service de l’économie nationale. Les grands projets en cours confortent cette ambition : réhabilitation du duc d’Albe pétrolier, nouveau quai polyvalent bois, terminal mixte de vrac de 280 milliards de FCFA, extension du terminal à conteneurs pour atteindre un million d’EVP d’ici 2030.

À Dibamba, une zone industrielle et portuaire de 517 hectares est développée avec ARISE, destinée à désengorger la ville et créer une plateforme logistique intégrée. Natif de Messamena dans le HautNyong, Cyrus Ngo’o, 59 ans, est un administrateur civil. Longtemps, conseiller technique auprès du Premier ministre, il a coordonné des grands projets de l’État, dans divers domaines : énergie, mines, travaux publics, eau, télécommunications.

Résultats financiers du PAD : entre croissance et renforcement de la trajectoire financière

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L’impact économique du Port autonome de Douala ne fait pas débat. Selon une étude menée par l’Institut national de la statistique et citée par Cyrus Ngo’o en 2023, dans le cadre d’une interview à la CRTV, l’activité du PAD génère « à peu près 85 % des recettes douanières du pays, et 21,5 % des recettes internes de l’État. Le Port de Douala c’est à peu près 48 % de l’ensemble des emplois créés au niveau local, et 18 % à l’échelle nationale. »

Des chiffres qui expliquent pourquoi cette plateforme est souvent qualifiée de « poumon économique du Cameroun ». Alors que le Port Autonome de Douala (PAD) entre dans son 150e année d’existence, son histoire récente, depuis l’arrivée de Cyrus Ngo’o à sa direction générale en 2016, est marquée par une transformation financière significative, mais non dénuée de turbulences. L’examen des résultats publiés à l’issue des conseils d’administration successifs, présidés par Shey Jones Yembe, permet de retracer une évolution en trois actes : un redémarrage, une expansion rapide, puis une période de consolidation sous tension. Le premier exercice complet sous cette direction, celui de 2016, avait posé des bases modestes mais stables.

Selon le communiqué issu de la 67e session du Conseil d’administration, le résultat net s’était établi à 940,5 millions de FCFA, avec un résultat avant impôts de 2,16 milliards de FCFA. L’année 2017 avait confirmé les difficultés avec un net recul, le résultat net tombant à 455,5 millions de FCFA, une contreperformance attribuée à l’époque à « un ralentissement des activités » et à un « déficit de fluidité ». Le véritable tournant intervient en 2018. Les comptes adoptés ont révélé une spectaculaire progression du chiffre d’affaires, qui a « presque doublé » pour atteindre 60 milliards de FCFA, contre 38,018 milliards un an plus tôt. Le résultat net a suivi, grimpant à 2,043 milliards de FCFA.

Cette dynamique expansive s’est poursuivie jusqu’à un pic en 2021, où le PAD a enregistré un bénéfice net de 22,605 milliards de FCFA, selon les données des sessions 109e à 112e du Conseil en mai 2023. Cependant, le cycle haussier semble avoir trouvé sa limite à partir de 2022. Cette année-là, le bénéfice net a entamé une baisse, chutant à 16,059 milliards de FCFA, puis à 14,44 milliards de FCFA en 2023, selon les états financiers approuvés lors des 118e et 119e sessions en juin 2024.

Le communiqué précisait que cette performance était notamment tirée vers le bas par les résultats négatifs de la Douala Port Security (DPS) et de la Régie déléguée de dragage (RDD), affichant « un résultat net négatif cumulé de plus de 7,5 milliards ». La tendance s’est confirmée pour l’exercice 2024, dont les comptes ont été examinés lors des 124e, 125e et 126e sessions en juin 2025. Le résultat net s’est établi à 12,5 milliards de FCFA, contre 14,4 milliards en 2023, soit une nouvelle diminution de 1,9 milliard de FCFA.

Le chiffre d’affaires a également connu « une légère baisse, passant de 119,6 milliards de FCFA en 2023 à 114,1 milliards de FCFA ». Malgré cette contreperformance annuelle, le total du bilan, lui, continue de croître, s’affichant à 505,4 milliards de FCFA fin 2024, signe d’un ancrage structurel solide.

Le patrimoine immobilier du PAD, un actif de rentabilité

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Le 30 mai 2023, le Conseil d’administration du Port autonome de Douala (PAD) a décidé de la création de la Régie du Patrimoine Immobilier. Un acte qui marque la prise en main de la gestion de l’actif résiduel de l’Ex-Office national des ports du Cameroun (ONPC), transférés au PAD. Ce patrimoine couvre une superficie de 20,7 hectares constituée de 23 propriétés immatriculées, dont 22 bâties dans la ville de Douala et une non bâtie dans la ville de Yaoundé.

Parmi les missions confiées à cette nouvelle structure, la maîtrise de tous les actifs immobiliers actuels et à venir, leur développement, leur entretien, leur maintenance et l’exploitation par la mise en location, la recherche et l’acquisition de nouveaux immeubles. Quelques actions importantes de valorisation sont déjà visibles depuis la mise en place de cette régie. En mars dernier en l’occurrence, une sélection d’entreprises a été effectuée afin de bâtir de nouveaux logements à la suite d’un appel public international à manifestation d’intérêt lancé en décembre 2024.

Ce projet sera réalisé en partenariat public-privé (PPP) par un ou plusieurs prestataires, qui vont concevoir, financer, construire, exploiter les logements, puis les rétrocéder à la régie au terme d’un délai qui sera déterminé par les conventions. Les aménagements immobiliers seront réalisés sur 12 sites, dont 11 situés à Douala et un à Yaoundé. Prévu pour démarrer début 2026, il consistera à construire 12 immeubles dans les quartiers Bonanjo et Bepanda à Douala, ainsi qu’au quartier Tsinga à Yaoundé. Ils comprendront des logements d’habitation, des bureaux et des parkings pour véhicules. Autre projet d’envergure, la construction d’un hôtel 5 étoiles sur le domaine privé portuaire.

Dans quelques mois seront lancés au plateau Joss à Douala, les travaux de construction d’un complexe hôtelier. Le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD) a signé le 01 er août dernier, une convention de partenariat à cet effet avec la société Leilak Estates corporation Sarl basée aux Etats Unis. L’investissement d’environ 160,3 milliards de FCFA sera entièrement recherché par le partenaire privé sans aval ni caution du PAD et de l’Etat du Cameroun.

Gestion : le PAD à l’ère de la renationalisation des activités

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C ’est l’une des réformes majeures impulsées par l’actuel top management du Port Autonome de Douala : la nationalisation des activités. Et, celle-ci n’a toujours pas été un long fleuve tranquille. On en veut pour preuve, l’éviction du consortium Bolloré-Maersk du terminal à conteneurs, en décembre 2020 et contentieux judiciaire qui s’en est suivi. En effet, après 15 ans de concession du terminal à conteneurs, par le couple Bolloré-Maersk, à travers Douala International Terminal (DIT), le PAD a repris cette activité à travers la Régie du terminal à conteneurs (RTC) pour poursuivre les activités de DIT, non sans avoir réquisitionné au passage les près de 400 employés de cet opérateur.

Dans la même mouvance, dans le but d’autonomiser le dragage du port qui grevait considérablement les caisses de l’entreprise, soit environ 156 milliards FCFA en 10 ans, le PAD la Régie Déléguée du Dragage (RDD), a acquis de nouveaux équipements inaugurés, le 13 octobre 2020, par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Et, la drague aspiratrice de 3000 m3 de puits, baptisée Monts Mandara, propriété du PAD est entrée en action dans le chenal, principale autoroute du Port de Douala-Bonaberi, pour des travaux d’entretien de cet espace qui permet l’accès aisé des navires sur les quais du port.

 « Avec la reprise en main du dragage par le PAD, le Cameroun retrouve sa pleine souveraineté sur la principale autoroute d’accès du Port de Douala-Bonaberi. Audelà de la réduction drastique des coûts de cette activité, et la fin du chantage permanent exercé par les multinationales qui étaient chargées du dragage, le PAD voudrait en faire une activité génératrice de revenus pour l’entreprise à travers la location de ses équipements et l’exploitation des sédiments issus du dragage », précise l’autorité portuaire de Douala.

 Et comme le rappelait le DG du PAD, Cyrus Ngo’o, « L’activité de dragage est tenue par des Camerounais. Leur engagement permet au PAD de faire des économies de près de 9 milliards de FCFA par an, là où les multinationales faisaient dépenser plus de 10 milliards de FCFA par an au PAD, et cela pendant 15 ans ».

QUID DE LA SÉCURITÉ ET DU PESAGE

 Afin de sécuriser le port, le PAD a également créé Douala Port Security (DPS). Cette régie chargée de la sécurisation de l’espace portuaire, qui a recruté plusieurs centaines de jeunes, qui ont par la suite été formés avec le concours d’une unité d’élite de l’armée camerounaise. « Hier poreux et dangereux à certains égards, le port de Douala-Bonabéri est devenu sinon le port le plus sûr de la côte ouest-africaine, du moins parmi les plus sûrs », se satisfait Cyrus Ngo’o. Les activités de remorquage des navires ont également été reprises par le PAD, à travers une régie dédiée. Quant aux activités de lamanage (amarrage des navires), elles ont également été nationalisées, puisqu’elles ont été confiées à Fako Shipping and Transport Company, une entreprise basée dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, qui a créé une société de projet de droit camerounais, baptisée Douala Mooring Company (DMC).

Pour sa part, Douala Port Weighing Services S.A.S. (DPWS), filiale de Business Facilities Corporation Group S.A. (BFC GROUP S.A.), une unité opérationnelle de droit camerounais a été créée en 2019, à l’occasion du transfert de la compétence de pesage au groupe suscité, en vue de mettre à la disposition des décideurs, des informations relatives à la quantité de matières entrant et sortant du port de Douala, et aussi de préserver le patrimoine routier et ferroviaire du domaine public portuaire de Douala-Bonabéri.

Avec la Régie du dragage, le PAD économise environ 5 milliards de FCFA par an

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Cette mutation repose sur la création d’une Régie déléguée du dragage (RDD), mise en service en 2018 puis opérationnalisée en 2020. Selon le directeur général de la RDD, Samuel Ngondi Eboua, qui intervenait en février 2024 au salon Promote de Yaoundé, « la régie est l’aboutissement d’un processus engagé par le PAD pour rétablir la souveraineté de l’État du Cameroun sur l’entretien de la principale autoroute d’accès et de sortie des biens de notre pays, tout en réduisant les charges d’exploitation du port ».

156 milliards engloutis en quinze ans Entre 2005 et 2020, le dragage externalisé avait pris des allures de gouffre financier. Les multinationales chargées d’entretenir le chenal d’accès au port – parmi lesquelles l’opérateur espagnol Boluda – ont facturé en quinze ans plus de 156 milliards de FCFA, selon les chiffres communiqués par le PAD. Ce coût colossal représentait en moyenne 10,5 milliards par an, une charge qui pesait lourdement sur la trésorerie de l’autorité portuaire.

Le problème n’était pas uniquement budgétaire. Le PAD reconnaît avoir été confronté à un « chantage régulier » de la part de ses prestataires, qui conditionnaient la qualité des services à des rallonges financières. Une situation jugée intenable par l’autorité portuaire. C’est dans ce contexte qu’est née la Régie déléguée du dragage. Entièrement financée par le PAD, elle dispose de ses propres équipements nautiques. Le parc a été renforcé par l’acquisition, auprès des constructeurs internationaux d’unités modernes. Ces investissements stratégiques permettent désormais d’assurer un dragage continu et autonome du chenal, des darses et des quais. Le cahier de charges assigné à la RDD est de maintenir une profondeur minimale de 7 mètres, rétablir les profondeurs de conception aux pieds de quais, assurer la maintenance régulière des équipements, tout en garantissant la préservation de l’environnement. Mais la régie ne se limite pas aux aspects techniques. Elle a également une mission commerciale : valoriser les résidus de dragage, vendre ses prestations à d’autres clients potentiels et développer de nouvelles niches de recettes.

DES ÉCONOMIES SUBSTANTIELLES

Le coût annuel du dragage, qui dépassait les 10 milliards de FCFA lorsqu’il était confié aux multinationales, est désormais contenu à environ 4 à 5 milliards de FCFA. Autrement dit, l’opération permet au PAD de réaliser chaque année une économie moyenne de 5,5 à 6 milliards de FCFA. Sur une décennie, la facture globale devrait ainsi s’alléger d’au moins 55 milliards de FCFA, soit l’équivalent du financement de plusieurs infrastructures portuaires ou logistiques au Cameroun. Pour le PAD, l’opération produit un double effet.

L’assainissement des finances et le rétablissement de la souveraineté nationale. « L’autonomisation du dragage neutralise progressivement les charges liées à cette activité par la vente des services et des résidus de dragage », souligne la direction générale. Une logique de rationalisation qui tranche avec la dépendance passée vis-à-vis des opérateurs étrangers.

UNE PORTÉE NATIONALE ET STRATÉGIQUE

Le dragage du fleuve Wouri n’est pas un détail technique, c’est la condition même de la survie du Port de Douala-Bonabéri, porte d’entrée de quasi-totalité des importations et exportations camerounaises, mais aussi un hub vital pour le Tchad et la Centrafrique. Les navires doivent affronter la remontée du fleuve, rendue complexe par les marées et les fortes pluies de Douala. Sans dragage régulier, c’est toute la chaîne logistique nationale et régionale qui serait paralysée.

Modernisation : la régie du terminal à conteneurs de plus en plus performante

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En juin dernier, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe a procédé à la pose de la première pierre du projet d’extension du terminal à conteneurs de Douala-Bonabéri. Un chantier qui vise à augmenter les capacités opérationnelles du Port Autonome de Douala pour répondre à l’évolution projetée des trafics portuaires. De 12 millions actuellement, on estime à 23 millions de tonnes à l’horizon 2030, et autour de 45 millions de tonnes d’ici 2050. Des volumes bien au-delà de la capacité actuelle du port, évaluée à environ 13,5 millions de tonnes. Le terminal à conteneurs, qui représente quasi 17% du domaine portuaire, est l’un des plus sollicités en raison de l’importance de l’activité des conteneurs dans les échanges commerciaux nationaux et internationaux.

Pour réaliser ce projet, un partenariat public-privé a été conclu avec la société française Négri avec un coût d’investissements évalué à 47, 2 milliards de F CFA. Cette extension consiste à la construction de 250 mètres linéaires de quai supplémentaire, à l’aménagement de 7,9 hectares de terreplein arrière et 1200 mètres linéaires supplémentaires des voies terrestres. Ce qui va permettre d’augmenter les capacités d’accueil des navires et l’accroissement des installations d’acconage.

LES 5 ANNÉES DE LA RTC

C’est en décembre 2019, par une résolution du conseil d’administration du PAD que la RTC a été créée pour reprendre la gestion et l’exploitation du terminal à conteneurs du port de Douala après la fin de la concession de Douala international terminal (DIT), détenue par le consortium Bolloré-APMT. En cinq années de fonctionnement, le bilan est reluisant. Entre 2020 et 2024, la Régie du terminal à conteneurs (RTC) du port de Douala déclare avoir reversé au Port de Douala, des redevances d’un montant total de 89,2 milliards de FCFA.

 Des chiffres qui connaissent une courbe croissante depuis le lancement des activités de la RTC en 2020. Cette année-là, les redevances encaissées étaient de 15,7 milliards de FCFA puis sont passées à 16,5 milliards de FCFA en 2021, 17,9 milliards de FCFA en 2022, 19,1 milliards de FCFA en 2023 et 20 milliards de FCFA en 2024. Soit une hausse de 27,3% en cinq ans et 3,7 fois ce que reversait l’ex-concessionnaire dont les redevances tournaient autour de 4 milliards par an.

En cinq ans, la RTC revendique aussi un investissement de plus de 44 milliards de FCFA sous fonds propres, qui ont permis de réduire les délais de traitement des navires « On a dépassé tous nos objectifs. Nous sommes passés d’un chiffre d’affaires de 49 milliards et nous tutoyons aujourd’hui 61 milliards de FCFA. Le trafic est passé de 320 000 boîtes et nous allons frôler les 380 000 boîtes à la fin de cette année. Sur la cadence navire, nous sommes aujourd’hui à 27 mouvements par navire, nous avons ce que nous appelons ici le temps de livraison au Cameroun, parce que ça c’était une grosse plainte.

 Aujourd’hui, quand un camion arrive ici, il fait à peine 1 heure, il prend son conteneur et peut sortir », indique Lin Dieudonné Onana Ndoh, le directeur délégué de la RTC lors d’une rencontre avec la presse en fin d’année dernière.

Perspectives : un objectif de plus de 20 % du trafic des marchandises à l’horizon 2030

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Le port de Douala prépare son extension vers un nouveau site en eau profonde à l’île de Manoka dans l’arrondissement de Douala 6ème. C’est l’un des projets phares de son schéma directeur de développement 2020-2050 qui vise à répondre aux défis à long terme du commerce maritime. Diverses initiatives sont prévues pour permettre au PAD de conserver son statut de port majeur de la côte ouest africaine.

Dans la première phase de cette ambition, il est question d’engager plusieurs projets de développement dont certains sont déjà visibles, afin de moderniser et d’optimiser les infrastructures du site de Bonabéri. En second lieu, étendre le port vers le nouveau site en eau profonde de Manoka. On peut citer dans la première phase consiste, l’enlèvement des épaves ; le dragage; la mise en service des nouveaux postes pétrolier et de chargement de bois ; l’extension du terminal à conteneur et la construction de nouveaux quais, terminaux, magasins etc.

Cette phase devrait s’achever en 2035 et porter la capacité du port à 23 millions de tonnes par an dès 2030. Le projet d’extension, qui devrait s’achever en 2050, consiste à la construction de quatre postes conteneurs pouvant accueillir les plus grands navires du monde, un terminal céréalier et deux postes vraquiers. Le projet intègre aussi la construction des zones logistiques; des infrastructures de tourisme et de loisirs etc. « Cette extension sera indispensable pour le traitement du trafic futur du port de Douala dont les prévisions sont évaluées à environ 45 millions de tonnes à l’horizon 2050 , bien loin des 12 millions de tonnes actuels associées à une forte dynamique de croissance de la taille des navires exigeant des profondeurs plus importantes au plan d’eau. », précise Cyrus Ngo’o, le DG du PAD.

Le Port Autonome de Douala prévoit ainsi d’augmenter de plus de 20 % le trafic des marchandises sur sa plateforme en 2030. Avant d’atteindre 45 millions de tonnes à l’horizon 2050. Dans l’optique de réaliser cette ambition, le port de Douala est ouvert aux potentiels investisseurs. Plusieurs délégations d’hommes d’affaires étrangers effectuent constamment des visites au PAD. Le directeur général PAD et le président du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (Carpa), Dieudonné Bondoma Yokono, ont par ailleurs signé, en mai 2024 à Douala, un accord-cadre de coopération.

Les deux institutions mettent ainsi leurs efforts ensemble en vue d’attirer les investissements privés sur la place portuaire. Les termes de cet accord qui couvre une période de trois ans, prévoit que le Carpa devra aider le port à identifier et à attirer des partenaires privés. Dans le cadre ses partenariats publics privés, le PAD opte généralement pour des partenaires pouvant mobiliser les financements nécessaires, finaliser les études, réaliser les infrastructures et superstructures, les exploiter sur une période convenue avant de les céder au PAD.

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